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rière et en avant elles s’unissent au sternum, les unes directement, elles sont nommées vraits côtes parles anatomistes, et elles sont au nombre de six ; les six autres ne se fixent au sternum que par l’intermédiaire des fibro- cartilages qui prolongent ces côtes, et que l’on a nommés cartilages costaux ; les deux dernières fausses côtes, à cause de leur mobilité, ont été nommées côtes flottantes. Les côtes concourent à former les cavités de la poitrine et à protéger les organes qui y sont contenus ; elles jouent un rôle important dans la respiration.
Côtes (Maladies des). Les côtes comme tous les autres os peuvent être le siège de fractures, de luxations et de toutes les maladies qui affectent le tissu des os. Les luxations sont trèsrares et elles ne peuvent avoir lieu que lorsque les côtes sont fracturées, du moins pour un grand nombre d'entre elles , puisqu’elles sont maintenues en avant et en arrière par le sternum et la colonne vertébrale. Les fractures au contraire sont assez fréquentes, et elles peuvent avoir lieu, soit par un cboc direct, soit par une pression violente sur la poitrine qui tendrait à courber davantage l’arc qu'elles forment, et par conséquent à provoquer leur rupture. Ces der- , nières fractures sont moins dangereuses, toutes choses égales d’ailleurs, que les premières, parce que les fragments de l’os rompu font saillie en dehors, et par conséquent que les esquilles tendent moins à déchirer le poumon , et surtout encore i parce qu'il y a absence de contusion sur le lieu même de la fracture : cependant toutes ces choses ne sont que relatives, et subordonnées à la cause qui peut produire la fracture, car un corps lourd , une voiture , par exemple, qui aurait déterminé une fracture de la nature de celles que nous venons d’indiquer , pourrait occasionner des désordres de la dernière gravité.
Le traitement de ces fractures est à la fois local et général ; on maintient ordinairement les fragments en contact au moyen d’un bandage de corps bien serré et bien fixé ; il est même à remarquer que le malade est d’autant plus soulagé que le bandage est mieux appliqué et serré avec assez de force. Le traitement général est dirigé contre l'inflammation du poumon, ou de la plèvre , qui sont toujours plus ou moins lésés dans ces sortes de fractures; il consiste en saiguées, sangsues, cataplasmes et autres moyens propres à combattre ces inflammations; le foie et quelques organes du ventre peuvent être également blessés lorsque la fracture a lieu sur une des côtes qui recouvrent ces organes. J. -P. Beaude.
coton (: mat.méd .), s.m. C’est une bourre blanchâtre et filamenteuse, qui entoure le fruit du Cotonnier, Gossypium, plante de la famille de Malvacées J., de la Polyandrie Monadelphie de Linnée; arbuste qui croît dans l’Inde, en Afrique, en Amérique. Le coton s’emploie pour faire des moxas; on s’en sert pour remplacer la charpie, les chirurgiens anglais lui donnent même la préférence. On l’a employé, dit-on, avec succès contre les brûlures en couvrant immédiatement avec du coton cardé la partie brûlée, et le laissant jusqu’à parfaite cis.
catrisation. (V. Brûlure.) On prépare avec le coton et l’acide nitrique une substance fulminante que l’on a nommée coton-poudre ou pyroxilène ; dissoute dans l’éther sulfurique, cette substance forme \ecollodion, liquide plastique employé en chirurgie. J. B.
cou ou coi. (anal.), s. m. (Ce dernier mot sert plus particulièrement à désigner le rétrécissement circulaire que présentent certaines parties : on dit? par exemple, le col de la vessie, le col de l’utérus, etc.) En latin collum, cervix , en grec trachelos , portion rétrécie du corps comprise entre la tête et la poitrine.
Le cou a une forme à peu près cylindrique , comme on le sait; il est un peu plus long chez la femme que chez l’homme. Ou a aussi remarqué que les individus qui avaient cette partie du corps courte étaient prédisposés aux attaques d’apoplexie à cause de l’abord plus facile du sang au cerveau. La portion cervicale de la colonne vertébrale qui donne au cou sa solidité est située plus en arrière qu’en avant; des muscles assez forts entourent cette tige osseuse postérieurement ; antérieurement se trouvent des nerfs et des vaisseaux considérables, le larynx, le pharynx, l'œsophage et plusieurs muscles importants.
Considéré en avant, le cou nous offre en haut et sur la ligne médiane une saillie formée par le larynx, plus prononcée chez les hommes que chezles femmes et nommée vulgairement pomme d'Adam. Cette saillie, surmontée par l’os hyoïde , est recouverte en bas parla glande thyroïde, dont l’usage est inconnu, et qui acquiert un si grand développement dans riufirmilé connue sous le nom de goitre. On peut sentir au-dessous du larynx la trachée-artère, tuyau cartilagineux qui fait suite à cet organe. En plaçant le pouce de chaque côté du larynx, on sent aussi facilement les battements de l’artère carotide, artère qui se dirige verticalement pour se rendre au cerveau et à la face ; elle est accompagnée en dehors par la veine jugulaire interne, et en dedans par le nerf pneumo gastrique. Derrière le larynx et la trachéeartère, et un peu à gauche, sont placés le pharynx et l’œsophage, canal musculo-membraneux destiné à porter les aliments dans l’estomac. De nombreux muscles existent aussi dans cette région et concourent à lui donner sa forme extérieure ; ils sont compris entre trois plans aponévrotiques. Parmi ces muscles se trouvent les sterno-cléido-mastoïdiens, qui forment à la surface de la peau ces deux saillies musculaires , si apparentes surtout chez les personnes maigres, saillies qui, partant de chaque côté de l’angle de la mâc hoire , viennent presque se réunir en formant un V au sommet de l’os sternum. Entre les points de leurinsertion inférieurese trouve l’enfoncement connu sous le nom de fourchette du cou ; la veine jugulaire externe, dans un trajet presque vertical, recouvre et croise de chaque côté la saillie du st6rno-cléido-mastoïdien. On saigne quelquefois sur cette veine ; il est alors facile de la rendre saillante et visible à travers la peau en serrant un peu la partie inférieure du cou.
La peau de cette région est fine; elle adhère en partie â un muscle nommé peaucier, qui est analogue au pannicule charnu des quadrupèdes.
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La partie postérieure du cou porte plus particulièrement le nom de nuque; elle est formée par des muscles nombreux destinés à maintenir la tête dans la rectitude; le plus superficiel de tous est le trapèze', au-dessous se trouvent lesplenius et Y angulaire, et enfin, dans un troisième etun quatrième plan, le sacro-lombaire, les complexus, le transversaire épineux, etc. La peau est plus épaisse dans cette région qu’en avant; elle est le plus souvent couverte de poils.
Cou (Maladies du). 1» Blessures. La présence des nerfs, de nombreux vaisseaux, des conduits aériens et d’autres organes importants rendent ces blessures en général dangereuses. (V. Plaie.) Les complications les plus fréquentes sont Yhèmorrhagie, Y emphysème, lu présence de corps étrangers , et divers accidents dus â la lésion des nerfs et de la moelle épinière (voyez ces divers mots). Les bords des plaies en travers du cou sont maintenus réunis en inclinant la tête du côté lésé; un bandage approprié la retient dans cette position. Les plaies en long sont réunies au moyen de bandelettes agglutinalives.
2° Tumeurs du cou. Indépendamment du goitre (V. ce mot), une foule de tumeurs différentes peuvent avoir leur siège au cou. Un des symptômes les plus fréquents des scrofules est l’engorgement permanent des glandes cervicales; ces glandes se ramollissent alors peu à peu et forment des abcès, qu’on doit ouvrir â une époque convenable. (Y. Scrofules.) On a encore observé au cou des loupes, des tumeurs fibreuses , cystiques , anévrismales, etc. Dans quelques cas leur présence peut occasionner la compression des voies digestives et aériennes; elles réclament presque toujours un traitement chirurgical. J. P. Beaude.
couches ( path . ). {y. Accouchement.) Faussecouche. (V. ce mot.)
coude ( anat .), s. m. ( cubitus ) On désigne ainsi l’articulation humêro - cubitale avec les parties molles qui l’entourent. Il est essentiellement formé par l’union des os radius et cubitus avec l’os du bras; la saillie osseuse qui forme sa partie pointue en arrière appartient au cubitus et porte le nom d ’olécrâne ; elle vient se loger lorsque le bras est étendu dans une cavité que présente Yhumérus à son extrémité inférieure; de chaque côté du coude il est facile de sentir une éminence osseuse :ce sont deux apophyses qui appartiennent à l’humérus; l’une en dehors est nommée épicondyle, l’autre en dedans s’appelle épitrochlée; entre cette dernière saillie et l’olécrâne existe une rainure où se trouve logé le nerf cubital ; aussi un choc ou la compression en ce point est-elle très-douloureuse : il en résulte une sorte d’engourdissement qui se propage jusqu’au petit doigt en suivant le trajet du nerf. L’articulation du coude est fortifiée par quatre ligaments; à sa partie antérieure se trouve ce qu’on nomme le pli du coude Cette région du corps présente quelque intérêt a être examinée, parce qu’elle est le point où se pratique le plus souvent la saignée. En fléchissant l’avant-bras sur le bras, il est facile de sentir au
milieu de ce pli comme une sorte de corde tendue, qui n’est antre chose que l’extrémité inférieure du tendon du muscle biceps ; si l’on palpe avec le doigt indicateur la partie du pli du coude placée en dedans de ce tendon , après quelques tâtonnements on parviendrai sentirlesbattements de l’artère brachiale; au-dessus de cette artère existe fréquemment une veine nommée médiane basilique; c’est en saignant celle-ci qu’on a pu dans quelques cas blesser l’artère, accident très-grave. Les trois autres veines du bras peuvent être ouvertes sans danger. Des muscles, des nerfs et des vaisseaux du bras et de l’avant-bras Forment les autres parties molles du coude. (V. Avant-bras.)
Coude (Maladies du). Les fractures et les luxations du coude ont déjà été décrites à l’article Avant-bras (maladies de 1’); les autres affections de cette articulation ne présentent rien de bien particulier. (Voyez en général Articulations (Maladies des). Les anévrysmes du pli du coude, suite d’une saignée malheureuse, ne sont pas très-rares. Après le genou le coude est de toutes les articulations la plus sujette à être atteinte de l’affection nommée tumeur blanche (V. ce mot). Le principal symptôme de cette maladie, comme on le verra, est un gonflement de l’articulation accompagné le plus souvent de douleur. On observe très-fréquemment en arrière du coude, entre la peau et l’olécrâne, une petite poche nommée bourse muqueuse; dans quelques circonstances cette poche peut se remplir de liquide et former une tumeur ( hygroma ). On emploie pour la guérir la compression et les topiques résolutifs ; si ces moyens ne réussissent pas, il faut avoir recours à l'incision ou à la ponction. J. B.
coude-pied {anat.), s. m. Partie la plus élevée du pied correspondant à l’articulation tibio-tarsienne : celle-ci est formée par les os de la jambe, le tibia en dedans et le péroné en dehors, qui s’unissent à l’os calcanéum. Le coude-pied présente latéralement deux saillies osseuses connues sous le nom de malléoles ou chevilles du pied ; l’une d’elles, l’externe , appartient au péroné, l’autre au tibia ; le calcanéum est enchâssé entre ces deux éminences. (Voyez pour plus de détails et pour les maladies du coude-pied le mot Pied.) J. B.
couenne {path.), s. f. On nomme couenne inflammatoire une pellicule jaunâtre plus ou moins épaisse qui se forme sur le caillot du sang après la saignée; c’est principalement dans les maladies inflammatoires, et surtout dans celles qui affectent les sujets d’un tempérament sanguin , que l’on observe ce phénomène ; quelques médecins le regardaient autrefois comme un signe certain qu’il existait un principe inflammatoire dans le sang tant que ce résultat s’observait après la saignée. Il est démontré maintenant que cette couenne peut se produire sans que l’inflammation soit très-forte et qu’elle manque même quelquefois dans des cas ou l’inflammation est très-vive; une disposition particulière du sujet, ia forme de l’ouverture de la veine et la rapidité plus ou moins grande dans l’écoulement du sang, sont des causes
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qui produisent ou empêchent la formation de la couenne; on a remarqué cependant qu’elle est plus fréquente dans les maladies inflammatoires et lorsque les saignées ont été faites par des ouvertures larges. La formation de cette pel licule, dont l’épaisseur varie beaucoup. est déterminée par la coagulation d’un liquide albumineux qui surnage au sang et qui se prend en masse en même temps que se forme le caillot. Cette partie incolore du sang est très-abondante dans certains cas; chez quelques animaux et chez le cheval par exemple, elle existe en beaucoup plus grande quantité que chez l’homme ; c’est du moins ce qui résulte des expériences faites par un vétérinaire distingué, M. Leblanc, ancien professeur à l’école vétérinaire d’ Al fort.
On a donné aussi le nom de couenne à certaines altérations ou taches de la peau qui sont d’une couleur fauve et couvertes de poils rudes ; le seul moyen qui puisse convenir pour guérir ces maladies est l’extirpation par l’instrument tranchant.
couleurs ( méd. ) , pâles couleurs. (Y. Chlorose.)
couleur. Coloration des s\\crenes.(V. Bonbons).
couleuvres. Y. Brijone.
coulisse ( anai .), s. f. On donne ce nom à des rainures qui existent dans les os et qui donnent passage â des tendons. 11 existe sur l’humérus une coulisse licipitale qui donne passage à l’un des ten- j dons du biceps ; ces coulisses existent spéciale- j ment aux poignets et aux malléoles. J. B. j-
coup (path.) s. m. On désigne dans le langage ordinaire beaucoup de lésions sous ce nom, et nous renverrons pour chacune de ces choses aux articles particuliers qui en traitent : ainsi coups, violences extérieures , V. Contusions; coup, contre-coup, V. Chutes, Commotion; coup de feu , blessures par arme de guerre, V. Plaies; coup de sang, V. Apoplexie; coup de soleil. V. Insolation. J. B.
coup de fouet (chir.), s. m. On désigne sous ce nom une douleur vive qui se fait sentir dans le mollet, et que l’on croyait être autrefois produite par la déchirure d’un tendon long et mince qui appartient au muscle plantaire grêle; l’analogie de cette douleur avec celle que produit un coup de fouet lui avait fait donner ce nom. Aujourd’hui il est démontré que la rupture de ce petit tendon n’est que très-rarement la cause de cet accident, si même il est certain qu’elle ait été observée. C’est ordinairement à la déchirure de quelques faisceaux des fibres , des muscles jumeaux et soléaires qui par leur volume forment le mollet, que l’on doit les accidents nombreux qui ont été attribuée à la première cause que nous avons signalés; le traitement de ces affections est ordinairement très-long et demande un repos très-prolongé. Y. Muscle ( Maladies du). J. B.
couperose ou goutte-rose (méd.), s. f. ( Parus gutta rosea), gutta rosacea de beaucoup d’auteurs. Psydracia acné d’Aëlius, acné de Willan et de Bateman, rubedo faciei, etc. Cette maladie cutanée qui figure dans le groupe des dermatoses dar-
treuses, est si commune, qu’elle doit être particulièrement signalée dans un dictionnaire de médecine usuelle. Le nom qu’elle porte lui vient de ce qu’elle imprime à la face une couleur rougeâtre et comme rosacée. Elle établit communément son siège sur les joues, les pommettes, le nez, le front, les tempes, etc.; comme elle est peu douloureuse, il est des personnes qui s’habituent en quelque sorte à cette dégoûtante infirmité, sans s’inquiéter de la guérir.
Description de la couperose. La couperose est spécialement caractérisée par un assemblage de petites pustules de forme conique, plus ou moins proéminentes, dont le pourtour est d’un rouge plus ou moins foncé. Le peu de matière ichoreuse et parfois purulente que contiennent ces pustules se convertit par sa dessiccation en une croûte ou écaille légère , laquelle se détache après avoir adhéré plus ou moins longtemps à la surface cutanée. Quand ces pustules ont parcouru leurs périodes, ii s’en forme d’autres absolument analogues aux précédentes; ainsi se perpétue cette éruption opiniâtre qui se trouve déjà décrite dans mes ouvrages, sous le nom de varus gutta rosea, et qui fait partie du groupe des dermatoses dartreuses. Quelques auteurs anglais ont eu recours au mot acné, pour indiquer ce genre d’indisposition on de disgrâce physique; mais ce vieux mot ressuscité d’Aëtius ne saurait convenir dans un temps où la nomenclature se perfectionne.
J’ai déjà dit que le siège des pustules était à la face. On remarque même qu’elles s’y distribuent régulièrement et d’une manière symétrique sur les deux côtés du visage; cependant il arrive quelquefois qu’un de ces deux côtés1 se trouve plus affecté que l’autre, particulièrement le côté droit. J’ai dit aussi que les pustules proéminaient au-dessus du niveau du tégument. Cependant il est de ces pustules dont l’élévation est à peine sensible et qui sont comme ensevelies sous l’épiderme. Quelquefois même on n’aperçoit qu’une rougeur plus ou moins prononcée à la surface de la cuticule.
Il est des circonstances où les pustules sont plus volumineuses que de coutume; elles sont dures au toucher et arrivent difficilement à suppuration. Les individus disgraciés de cette sorte sont cités dans les lieux qu’ils habitent, comme des types de laideur; leur aspect inspire une sorte de répugnance , toutes les fois que leur visage se couvre d’aspérités et de petites tumeurs sarcomateuses. Fades inæqualis et horrida.
On n’ignore pas du reste que les individus atteints de ces éruptions dégoûtantes sont assez fréquemment 1 objet des épigrammes du vulgaire, naturellement porté à la raillerie. On se moquait à Rome de l’infirmité qui affligeait depuis longtemps Pompilius :
On se souvient encore à Paris d’un fameux nouvelliste nommé Métra , qui fréquentait le jardin des Tuileries. Sa face, couverte et comme hérissée de petites excroissances pédiculées , était d’un rouge écrevisse. Comme il portait habituellement un manteau écarlate , la bizarrerie de son costume, jointe à celle de son teint, prêtait beaucoup
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à rire aux oisifs de la capitale, et il se vit souvent offensé dans les caricatures du temps.
L’état d’intumescence qui s’opère dans les diverses parties de la face est un des plus graves inconvénients de la couperose. Le nez grossit souvent dans toutes ses dimensions , ainsi que le tissu graisseux des pommettes. Cet accident est surtout ordinaire chez les femmes, et il est quelquefois difficile d’y porter remède. On peut, il est vrai, à l’aide d’un fard plus ou moins ingénieusement inventé , cacher chez elles les ravages du temps, corriger des teintes défectueuses, effacer jusqu’aux traces d’une légère imperfection cutanée ; mais les prestiges et les soins étudiés delà coquetterie la plus raffinée ne sauraient dissimuler ces engorgements partiels , qui se forment dans l’épaisseur du tégument, qui changent les rapports et la configuration des traits , qui enlèvent à la physionomie sa finesse, sa régularité et tout son charme.
Nous avons dit néanmoins plus haut que beaucoup de personnes se familiarisent en quelque sorte avec ce genre d’incommodité. Toutefois , il est assez fréquent de voir qu’elles éprouvent à la face des démangeaisons très-incommodes. Il est même des circonstances où ces mêmes personnes ressentent comme des bouffées de chaleur qui montent au visage, soit après le repas, soit après un exercice fatigant. C’est surtout lorsqu’elles approchent du feu qu’elles se trouvent plus ou moins inquiétées. L’action du calorique provoque sur la peau du visage une sensation analogue à celle que pourraient déterminer les piqûres simultanées de plusieurs épingles ; les malades portent involontairement leurs mains à la face , comme pour en détourner des mouchesimportunes ou autres insectes qui seraient venus s’y attacher.
Des circonstances d'organisation peuvent influer aussi sur le développement de la couperose. Après cette courte description, il n’est pas inutile d’offrir en raccourci les principales circonstances d’organisation qui influent sur le développement de cette maladie cutanée, dont la civilisation paraît avoir favorisé les progrès; car les sauvages n’en sont point affectés, si j’en crois les médecins voyageurs qui ont eu occasion de les étudier et de les connaître ; telles sont les causes qui tiennent à l’âge, au sexe, au tempérament, aux fonctions digestives, aux ex crétionshabi tuelles.au système hémorrhoïdal, à la menstruation, même à l’hérédité.
Il est en effet une époque de la vie où cette maladie est plus fréquente. Les femmes qui approchent de l’âge du retour, les hommes parvenus au milieu de leur carrière, sont le plus exposés à ses atteintes. La couperose attaque aussi les jeunes filles; il en est beaucoup qui se trouvent écartées du mariage par cet inconvénient funeste. Dans quelques cas , on apperçoit même sur les joues desplus petits enfants nésde parents couperosés, des rougeurs boutonneuses, qui, pour un observateur attentif, sont le rudiment de cette affection.
Enfin, il est d’observation journalière , que le varus gutta-rosea attaque spécialement le sexe féminin. J’affirme en effet, d’après mes calculs
réitérés, que la proportion des femmes attaquées par cette maladie est plus considérable, lorsqu’on la compare à celle des hommes du même âge. La rétrocession, la suppression et tous les obstacles accidentels qu’éprouve le flux menstruel, sont des causes organiques qui ne sont pas sans importance et dont il faut tenir un compte particulier.
Des circonstances extérieures qui peuvent déterminer le développement de la couperose chez l’un ou Vautre sexe* Les gens du monde sont généralement très-portés â croire que la couperose décèle un penchant à l’ivrognerie ; de là vient que beaucoup de personnes éprouvent une sorte de honte d’en être atteintes. Cependant, combien d’individus chez lesquels la plus extrême sobriété ne saurait corriger une disposition souvent héréditaire; avouons toutefois que les excès de la table et l’usage habituel des boissons vineuses et spiritueuses peuvent â la longue altérer le visage et donner lieu à de tels accidents.
Quelquefois la couperose est le résultat de la vie sédentaire, des occupations de cabinet, auxquelles l’homme des villes se trouve plus ou moins assujetti; elle est fréquente chez ceux qui se livrent aux travaux de la pensée ; tels sont les gens de lettres, les négociams, les jurisconsultes. On fait la même remarque pour les femmes qui séjournent dans les comptoirs, dans les ateliers de broderie , qui ont une trop grande application à la peinture ou à d’autres arts analogues.
On a surtout observé que les hommes et les femmes qui passent les nuits à jouer, qui se fatiguent par des spéculations, qui sont en proie aux anxiétés continuelles que donne le passage rapide de l’espoir à la crainte sont enclins à cette maladie. Tout ce qui favorise l’afflux du sang vers la tête peut , à la longue, contribuer à son développemènt. D'ailleurs, la physionomie offrant presque toujours l’expression des sensations intérieures, elle doit nécessairement perdre ses plus beaux caractères toutes les fois qu'à l’effet physique de la maladie viennent se joindre les suites non moins fâcheuses d'une passion aussi insensée que celle du jeu. J’ai déjà cité quelque part l’histoire d’une jeune dame qui attirait d’abord tous les regards par la grâce infinie de sa figure. On apercevait seulement sur le visage quelques boutons épars qui décelaient le germe du genre d’éruption dont il s’agit, mais qui n’altéraient en rien l’harmonie et la régularité de ses traits. Entraînée par de mauvais exemples, elle fréquenta les assemblées tumultueuses, et s’exposait sans cesse dans les salons à l’action irritante des bougies allumées; on la trouvait constamment assise auprès des tables de jeu. Qu’arriva-t-il? Son teint ne tarda pas à se flétrir; sa face fut bientôt couverte par les pustules hideuses du varus guttarosea; elle devint un objet d’horreur pour ceux dont elle avait été aimée et qui l’avaient tant admirée. Elle continua à s’épuiser par des veilles, et consuma ses jours dans les plus amères inquiétudes.
La couperose reconnaît encore bien d’autres causes, qu’il serait peut-être trop long d’énumé-
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