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rci. Qui ne connaît les conséquences fâcheuses (le l’abus des cosmétiques? On sait que beaucoup de femmes, pour perpétuer leur empire, surchargent souvent de couleurs factices leur peau altérée par les ravages du temps; les divers fards qu’empruntent celles d’entre elles qui sont destinées à paraître en public , irritent presque toujours la peau du visage, et y font naître des éruptions qm font disparaître son éclat naturel. Les actrices de la capitale m’ont souvent consulté sur cet étrange inconvénient.
Moyens curat ifs qu'on doit employer pour guérir la couperose. Le traitement de la couperose est devenu bien plus efficace depuis qu’on a mieux déterminé les analogies frappantes qui rattachent cette maladie au groupe des dermatoses dartreuses; pour procéder avec fruit dans ce traitement, il convient d’examiner d’abord ce qui se passe organiquement chez les individus qui réclament nos soins à cet égard. On sait que les nerfs de la face forment en quelque sorte des anses autour des vaisseaux qui les avoisinent, et sympathisent d’ailleurs avec toutes les parties du système sensible. Or, il est manifeste que leur excitement continuel , résultant du développement d’une quantité plus ou moius considérable de pustules dartreuses , doit faire affluer le sang vers le j visage. Ce liquide doit par conséquent trouver des obstacles et stagner sans cesse dans les vaisseaux capillaires du réseau cutaué. C’est d’après cette considération physiologique, qu’il faut recourir à tous les moyens qui peuvent apaiser ce foyer constant d’irritation. C’est ce qui m’a déterminé à recourir dans quelques occasions aux saignées locales. J’en ai fait usage avec un succès manifeste, malgré l’aversion que doit d’abord in- : spirer l'application inusitée des sangsues sur le i visage, surtout chez les personnes douées d’une extrême susceptibilité nerveuse.
Dans beaucoup de circonstances, cette évacua- ! tion saDguineestun excellent moyen préparatoire. Ensuite, on a recours au soufre, que l’on prescrit sous diverses formes, et presque toujours extérieurement. On peut dire que ce remède est aux dermatoses dartreuses, ce que le mercure est aux affections syphilitiques; à Paris, nous nous servons principalement pour combattre les tristes effets duua- 1 rus gutta-rosea , des bains sulfureux artificiels de Tivoli où des Néothermes. C’est dans ces établissements que nos malades se font administrer des douches à l’arrosoir sur la face , douches qui doivent être administrées avec autant d'habileté que d’intelligence. Cette eau médicinale, savamment préparée de nos jours, par des chimistes exercés, i fait disparaître la maladie en peu de mois, lorsque d’ailleurs, elle n’est point entretenue par des causes d’un caractère très-grave. On est véritablement surpris des modifications heureuses qui s’opèrent dans l’état physique de la face. J’ai vu nombre de femmes, venues de nos provinces, recouvrer en peu de temps et par le seul effet de ces arrosements artificiels, autant de fraîcheur que de santé. Aussi , je conseille à toutes de préférer constamment les eaux sulfureuses à cette multitude de topiques et de cosmétiques secrets,
que les charlatans distribuent, en les qualifiant des titres les plus pompeux ; ces applications extérieures, qui émanent de l’ignorance avide, n’opèrent que trop souvent des rétrocessions fatales.
J'indique fréquemment aux personnes qui reçoivent mes soins, l’emploi d’une eau factice qu’on compose à volonté par le mélange d’une solution de sulfure de soude ou de sulfure de potasse, avec de l’acide sulfurique plus ou moins affaibli. On pratique des lotions utiles avec cetle préparation, dont on verse une petite quantité dans une cuvette d’eau chaude. Le mode d’adminislralioti du soufre est aujourd’hui connu de tous nos pharmaciens.
Au surplus , pour mieux seconder l’effet local des douches et des lotions sulfureuses, il importe de ne pas négliger les indications commandées par l’état morbide des organes intérieurs. Si le vnrus gutta rosea tient à quelque sécrétion empêchée, il faut s’empresser de la rétablir, lorsque les menstrues se suspendent ou coulent laborieusement, la saignée du pied, les sangsues à la vulve, ont produit quelquefois un effet remarquable. Les laxatifs modérés conviennent dans l’état de constipation. Ce qui prouve que la guérison des malades tient parfois à la manière dont on entretient les évacuations , c’est qu’on voit d’ordinaire le nombre des pustules diminuer, aussi bien que l’irritation du visage, quand les fonctions intestinales reviennent à leur état normal.
Je ne saurais assez recommander d’éviter toutes les causes qui peuvent influer sur le développement de la couperose. Les excès habituels que commettent certains individus voraces, qui se gorgent de viandes succulentes et fortement épicées, qui mangent et boivent à toutes les heures et sans aucune retenue , rendent quelquefois infructueux tous les avantages qu’on pourrait obtenir de nos méthodes curatives.
Il y aurait sans doute beaucoup d’autres points de doctrine à exposer sur le meilleur mode de curation qui convient à l’espèce de maladie dont il s’agit. Mais dans un livre qui traite de tant de sujets divers, on ne peut donner que des préceptes généraux. Le secret de l’art est de les étendre ou de les modifier, pour les appliquer aux cas individuels. Quand je décrirai d’autres affections qui se rapportent au genre varus, j’aurai occasion c'a reparler de cette incommodité si disgracieuse, qui, ainsi que je l’ai déjàdit, eslun des fruits amers de notre civilisation.
Baron Alibert,
Professeur à ta faculté de médecine de Paris, Médecin en chef de l'hopitai de St-Louis.
coupure. (V. Plaie.)
courbature (path.), s. f. Mot très-usité et trèsvague , par lequel on désigne des états qui, souvent, ne se ressemblent point au premier abord ou diffèrent par la suite. Ce qu’on appelle courbature s’observe au début de la plupart des maladies et ne conserve ce nom, jusques à la fin, que lorsque la marche est bénigne et la durée éphémère. Quoiqu’il en soit, voici le groupe de symp-
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tûmes gui caractérisent la courbature: lassitude, brisement des membres, malaise ou douleur dans les reins, les jointures; frissons, chaleur augmentée à la peau, sèche ou humide ; mal de tête, ordinairement frontal; dégoût des aliments, soif, bouche pâteuse ou amère; pouls fréquent et élevé, etc. On a aussi donné le nom d’embarras gastrique ou de fièvre éphémère à cet état simple qui dure d’un à trois jours et se termine spontanément, d’ordinaire, par des sueurs, le vomissement ou la diarrhée, des urines colorées et sédimenteuses, ou une hémorrhagie nasale , menstruelle , hémorrhoïdale. Si les symptômes de la courbature bien traitée se prolongent au-delà de deux ou trois jours, il faut craindre qu’ils n’aient été que les signes avant-coureurs d’une maladie plus sérieuse.
Les causes connues et presque toujours appréciables de celte espèce d’embarras stomacal, ou de fièvre éphémère gastrique ou inflammatoire, servent puissamment à en dévoiler la simplicité et à faire présager sa courte durée. Presque toujours la courbature peut être manifestement rapportée à quelque écart d’hygiène, tels qu’une indigestion, un refroidissement ou l’insolation, une fatigue de corps ou d esprit, une émotion, etc., et la réaction de l’organisation, qui a momentanément ployé , est vive et prompte comme l’action des causes qui ont interverti ses mouvements réguliers.
Le traitement de la courbature doit être simple comme l’affection elle-même : il suffit d’écouter l’instinct, et de laisser agir la nature médicatrice, à laquelle revient de droit tout le bénéfice de la guérison. La lassitude invite au repos, le frisson appelle une douce température, le dégoût commande la diète , la soif indique les boissons aqueuses, acidulés , mucilagineuses, qu’il ne faudrait pas prendre froides pourtant. Si la sueur survient, on l’aide doucement par la température plus élevée des boissons mucilagineuses, des couvertures suffisantes. Si le vomissement se déclare, on le favorise avec de l’eau tiède; la diarrhée de même par de simples lavements. On ne se hâte pas d’arrêter une hémorrhagie. Il est des cas où un émétique , une saignée , enlèvent une courbature comme par enchantement, mais il n’y a que le médecin qui puisse en juger l’opportunité. Qu’on n’oublie pas d’ailleurs que, pour des esprits non exercés dans l’art de guérir, les symptômes de Ja courbature sont équivoques , et que , loin de constituer un état simple et distinct, ils peuvent marquer l’invasion de quelque grave maladie.
A. Lagasquie,
Docteur en Médecine , membre de la Commission d'Égypte.
courge (bot.), subst. fém.cucwr&ifa.Genreassez nombreux de la famille des Cucurbitacées. Les courges sont en général originaires des pays chauds et notamment de l’Inde et de l’Afrique; eMes sont cultivées aussi dans les contrées méridionales de l’Europe; leurs formes très-variées et très -variables rendent leur détermination assez difficile pour les botanistes, et l’inconstance de leur reproduction fait souvent le désespoir des
horticulteurs. Les principes qui les composent présentent aussi des différences assez sensibles. Les espèces comestibles sont la courge pépon melonnée, celle à moelle ou de Valparaiso, les giraumons, les potirons, les citrouilles (dont il a été parlé page 395) , et les Pastissons.
Courge pépon, pépon melonné, barbarine, -■ucuriita polymorjpha verrucosa. Cette espèce est généralement de forme allongée; elle simule assez exactement le concombre ; son écorce est mince, verruqueuse, sa pulpe assez sèche, mais cependant d’un goût agréable , son odeur est musquée; on en prépare des potages et des plats d’entremets dont l’usage est bien approprié à la suite des maladies inflammatoires.
La courge a la moelle ou de Valparaiso, peu commune aux environs de Paris, mérite cependant la faveur dont elle jouit dans d’autres con trées; elle offre beaucoup d’analogie avec la précédente et jouit des mêmes propriétés.
Courge giraumon a verrues. Cette espèce affecte généralement une forme oblongue; son volume est assez considérable ; l’écorce de couleur vert foncé est persemée de taches ou verrues d’un vert iaunâtre, elle enveloppe une chair assez ferme, dont la saveur rappelle celle du potiron.
courge giraumon veinée. Elle diffère delà précédente par les veines rubanées et les traces de côtes qui sillonnent sa surface; sa chair est aussi plus compacte et plus nourrissante. Nous nous sommes assuré de l’existence de cette dernière propriété par une sorte d’analyse mécanique du fruit : cinq cents grammes ont fourni vingt-cinq grammes d’un principe amylacé analogue à la fécule de pomme de terre , mais cependant d’une ténuité pins grande. La pulpe récemment extraite fait la base de certaines pâtes cosmétiques justement estimées aux Antilles ; la propriété qu’elle a de blanchir par le contact de l’air, contribue vraisemblablement â lui conserver la faveur dont elle jouit depuis longtemps auprès des dames créoles. La proportion assez notable de principe gélatineux qu’elle contient permet d’ailleurs de croire que ses vertus sédative et rafraîchissante ne sont pas tout-â-fait illusoires.
Courge giraumon non veinée et oblongue.
Cettevariété légèrement oviforme diffère peu par son aspect du concombre cultivé ; sa chair est cependant plus aqueuse et d’un grain plus serré; lorsqu’on la coupe transversalement, elle laisse exsuder des gouttes ou larmes gélatineuses d’une extrême limpidité. Cette eau de végétation est employée avec succès par quelques praticiens contre les opbthalmies et notamment l’inflammation du bord des paupières. Le giraumon non veiné est moins nutritif que le précédent et partant plus indigeste.
Les giraumons sont incontestablement de tous les fruits du même genre ceux qui jouissent de la propriété nourrissante au plus haut degré ; cependant leur peu de sapidité oblige, dans les pays chauds principalement, à les associer à des substances alimentaires d’un goût plus relevé.
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pour re Jre leur digestion plus facile. Cuits dans le lait ils entrent dans la composition d’entremetsqu’on nomme vulgairement giraumonades et qui sont assez estimés.
potiron pépon, cucurbita pepo. Cette espèce se distingue par le volume souvent considérable qu’elle atteint en quelques mois; sa forme est globuleuse, déprimée cependant au sommet et à la base; elle offre des traces de côtes dans le sens de sa longueur ; sa chair de couleur jaune est ferme et peu sapide, lorsqu’il est frais ou récent; mais elle devient savoureuse par la cuisson.
L’usage alimentaire du potiron est assez commun; cuit au lait, il forme un potage sain et agréable qu’on ne met peut-être pas assez à profit dans le régime diététique ; on en prépare une sorte de conserve en l’unissant au sucre dans des proportions convenables ; quelques personnes enfin le font entrer dans la composition du raisiné, qu’il rend plus doux et plus laxatif.
Les graines de potiron ou mieux les amandes qu’elles renferment font partie des quatre semences froides; réduites en pâte avec une quantité suffisante d’eau , puis le mélange étant passé, le produit forme une émulsion tempérante que quelques praticiens emploient de préférence à celle obtenue avec les amandes douces, amygdalus communis.
Les semences de potiron fournissent en outre par expression une huile fixe , assez douce pour être employée dans les usages alimentaires. Suivant une remarque très-judicieuse de M. Delongchamp , la culture du potiron devrait être mise à profit sous ce rapport , principalement dans les pays qui ont pour industrie spéciale la propagation et l’élève des bestiaux. On pourrait en effet leur donner non-seulement la pulpe ou chair, mais encore les tourteaux qui résulteraient de l’extraction de l’huile. Tout en partageant l’opinion de cet économiste habile, nous devonsdire cependant que le principe amylacé, et conséquemment nutritif, est loin d’y être aussi abondant qu’il paraît le croire, et que le volume souvent prodigieux de ce fruit semblerait l’indiquer ; dans les diverses expériences auxquelles nous nous sommes livré pour extraire ce principe, nous n’en avons trouvé que des traces, eu égard cependant à la quantité de pulpe sur laquelle nous agissions, et qui n’était pas moindre de 2,000 grammes.
Les principales variétés de potiron sont : 1° Le gros potiron jaune; c’est le plus commun ; 2» le petit potiron jaune; c’est le plus hâtif; 3° le gros potiron vert; 4° le petit potiron vert,; 5° le potiron no;r, abondant, et cultivé principalement dans la Bresse ; 6° le potiron blanc, assez rare aux environs de Paris ; 7° le potiron verruqueux ou brodé , dont la chair est très-ferme; 8» enfin le potiron d’Espagne , qui est incontestablement le meilleur de tous.
On doit à M. Sageret, qui s’est occupé avec beaucoup de succès de la fécondation croisée, une nouvelle variété de potiron qu’il nomme potiraumont et qui se distingue des autres par des caractères invariables. Cet habile horticulteur, se
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fondant sur l’amélioration qu’apporte la culture dans la saveur des fruits, n’hésite pas à dire que nous verrons quelque jour sur nos tables des potirons de cent à cent cinquante livres, flattant le goût et l’odorat au même degré que les melons.
courge pastisson , bonnet d'électeur , de prctre, artichaut de Jérusalem ou d'Espagne, couronne impériale. Cucurbita melo pepo,vei pepo clipeifcrmis.
Ce fruit, comme le prouve suffisamment la diversité de ses noms, prend des formes très-variées; tantôt il est rond, offre des côtes trèssaillantes dans une partie de son étendue et simule ainsi avec assez d’exactitude le bourrelet ou la couronne impériale ; tantôt il est allongé en forme de comcornbre, ou bien encore il présente celle d’un champignon non développé. Sa chair est ferme, peu savoureuse. On l’associe ordinairement avec des substances plus sapides. Les graines généralement, assez difformes et comme tronquées, sont émulsives.
Cette espèce est assez riche en principes nutritifs; bien que son volume soit bien inférieur à celui des potirons, elle fournit néanmoins une quantité de fécule beaucoup plus considérable; cette fécule est d’une extrême ténuité, elle se rapproche des amidons d’orge et de blé par ses caractères physiques , et jouit des mêmes propriétés chimiques. Couverchel,
Membre de l'Académie de médecine et de la société de pharmacie.
cours de ventre (méd.). (V. Diarrhée.)
course ( hyg.), s. f. (Y. Gymnastique .)
cousin (entomol.), s. m..(cuZea:). Genre d’insectes diptères très-connus e t dont il existe un assez grand nombre d’espèces dans nos climats. l a plus commune de toutes est le culex pipiens. Ces insectes sont munis d’une trompe cylindrique creuse renfermant un suçoir très-délié et piquant, composé de cinq petits filets dentelés ; c’est avec cet instrument destiné à aspirer le sang, que les cousins nous font ces piqûres toujours accompagnées d’une cuisson et d’une douleur assez vives; la peau rougit et s’enfle légèrement autour de la petite plaie. Les personnes dont la peau est fine et délicate sont surtout poursuivies par ces insectes fréquents en été et en automne; un bourdonnement importun annonce leur présence ; on a remarqué qu’il est des années où ils se montrent en plus grand nombre que dans d’autres. Il parait aussi qu’ils versent dans les piqûres qu’ils font un liquide irritant particulier; ces blessures sont néanmoins le plus souvent sans gravité ; mais elles déterminent une démangeaison qui est fort désagréable et qui souvent persiste plusieurs jours.
On se garantira des cousins en s’éloignant des mares et des autres lieux où les eaux sont stagnantes ; c’est en effet dans ces endroits que ces insectes se rencontrent , leurs larvés vivant dans l’eau. On peut aussi pendant la nuit se préserver le visage au moyen d’un tissu de gaze; c’est ce qu’on nomme un moustiquaire dans les Antilles, où les cousins existent en grand nombre. Quand on a été
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piqué par un de ces insectes, on ne doit pas se gratter, ce qui ne ferait qu’augmenter l’irrilation. Ii faut se contenter de mouiller la petite plaie avec un peu d’extrait de Saturne, ou de vinaigre, ou même d’eau salée et de salive; la douleur se dissipe alors assez promptement; l’ammoniaque liquide (alcali volatil), étendu dans deux ou trois parties d’eau, a été employé aussi avec un grand avantage, ce moyen est même préféré comme agissant d’une manière plus sûre. J. B.
couteau ( chir .), s. m. En chirurgie on donne ce nom à un instrument tranchant d’une assez grande dimension et qui est destiné à pratiquer des amputations; la dimension et la forme des couteaux varient suivant l’usage auquel on les destine : il y en a de tranchant sur les deux côtés, ces cou teaux sont nommés interosseux ; les couteaux courbes ne sont plus employés aujourd'hui ; tous les couteaux sont droits, pointus, et à lame fixe sur le manche. La longueur de la lame varie depuis quatre à cinq pouces jusqu’à douze ou treize pouces. Il existe aussi des couteaux particuliers pour certaines opérations. J. B.
COUTELIERS-ÉMOULEURS et AIGUISEURS (pafft.,
hyg. pub.). Les ouvriers éraouleurs ou aiguiseurs qui sont chargés d’aiguiser les instruments tranchants en les mettant en contact avec une meule de grès à laquelle on imprime un mouvement de rotation, sont sujets à une foule de dangers que nous allons énumérer ici.
lo Ils ppuvent être blessés par la rupture des meules. Cette rupture est attribuée à l’effet delà force centrifuge; 2° à une dilatation des coins ou chevilles qui assujettissent la meule sur un axe en fer auquel on a donné le nom d’arbre; 3» à ce que la meule, étant mal montée, se démonte et se brise ; 4° à réchauffement de la meule , lorsqu’on repasse en sec; 5° au frottement delà surface de la meule d'une manière inégale , de telle sorte qu’elle vienue présenter alternativement des saillies ou des retraits plus ou moins marqués.
Nous ne pouvons pas signaler ici tous les accidents qui sont la suite de la rupture des meules, et qui ont été exposés dans plusieurs ouvrages qui traitent de l’industrie ; nous nous bornons seulement à citer l’observation suivante : En 1762, les voisins d'un coutelier de Strasbourg, nommé Haller, qui était occupé à repasser, furent épouvantés par un bruit causé par la rupture de sa meule, qui avait quinze pouces et pesait quarantecinq livres. Cette meule se réduisit en fragments plus ou moins volumineux. M. Haller, enlevé avec la planche sur laquelle il était couché pour repasser, fut jeté à 5 pieds de distance de la machine ; il avait été blessé aux lèvres et au menton et avait perdu connaissance. M. Morand père, qui se trouva à Strasbourg , se rendit, le quatrième jour après l’accident, chez Haller. Là, il apprit: 1° que la meule s’élait partagée en plusieurs morceaux , dont les deux plus gros pesaient environ quinze livres ; 2» que les éclats de cette meule avaient été lancés dans une fenêtre et avaient brisé un châssis où il y avait douze carreaux ; 3° enfin ,
que d’autres fragments avaient été portés à plus de dix pieds dans la rue. La meule qui avait éclaté était en grès ordinaire; elle était neuve lorsque l’accident arriva. En effet, M. Haller s’en était servi la veille pour la première fois. Enfin M. Morand fut d’avis que la trop grande vitesse imprimée à la meule pouvait être la cause de sa rupture , et ce fut à la suite de cette idée émise par M. Morand que M. Songy , coutelier à Paris, présenta à l’Académie des sciences, en 1763, une note sur un moyen qu’il avait imaginé pour pouvoir, en même temps qu’il travaillait à ses meules ou polissoirs , faire mouvoir les roues qui les faisaient tourner. Le moyen proposé par M. Songy consiste à faire tourner la roue au moyen d’une pédale qu’il y a jointe. On reconnut au procédé de M. Songy le double avantage d’épargner des journées d’hommes et de prévenir tout accident provenant d’une trop grande vitesse imprimée à la meule; mais ce procédé ne fut pas appliqué.
Dans quelques grandes fabriques de coutellerie, et notamment dans celle qui est sur la Marne, à Chaumont, on a établi pour les ouvriers aiguiseurs des appareils qui les préservent en partie des accidents causés par la rupture des meules. Ces appareils consistent en une auge à émoudre , garnie d’une barre cintrée représentant une anse ou une chappe. Cette barre est en fer, de 48 lignes de largeur sur six lignes d’épaisseur; elle est scellée par ses deux extrémités dans l’auge en pierre. Une autre barre de fer qui prend dans l’extrémité de l’auge , où elle est aussi scellée, vient joindre la chappe, sur laquelle elle est rivée : il y a une distance d’environ trois pouces entre cette barre et la meule, et autant de distance entre la barre et la planche qui porte l’émouleur.
En outre , aujourd’hui une grande partie des meules sont montées d’après un nouveau procédé, qui consiste à introduire dans la meule un arbro de nouvelle construction. On a aussi commencé à abandonner dans les manufactures d’armes le mode de fixer la meule à l’arbre par des coins. Cette ancienne méthode est cependant encore en usage dans quelques établissements.
Les ouvriers aiguiseurs sont aussi sujets à des coupures qui peuvent être attribuées à deux causes principales : 1° à la maladresse de l’ouvrier; mais ces coupures sont rares; 2° A ce que l’on aurait répandu sur la meule uu corps gras. Dans ce cas, la pièce qu’on aiguise glisse avec rapidité sur la meule graissée et trompe l’ouvrier, qui peut se blesser. Ces blessures sont très-rares; nous n’en avons eu à notre connaissance qu’un seul cas ; il était dû à ce qu’il y avait de l’huile mêlée à l’eau dans laquelle trempe la meule. La blessure était peu grave; il fallut cependant démonter la meule pour la dégraisser.
Il n’est pas rare de rencontrer chez les ouvriers couteliers des varices et des ulcères aux jambes ; nos recherches nous ont fait connaître que chez les aiguiseurs l’emploi de la meule à sec est dangereux; que la non-ventilation d’ateliers mal éclairés et enfumés par la houille est nuisible à la santé; que le non-emploi de la lampe à abat-jour et du garde-vue donne lieu à l’affaiblissement des
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yeux chez ces ouvriers qui sont alors forcés de quitter leur profession à un âge où d’autres ouvriers aussi vieux, mais qui ont pris des précautions, peuvent encore travailler; que la déformation des apprentis qui exercent trop jeunes cet état se fait remarquer chez les enfants de gens pauvres dans la proportion de un sur quinze (près de sept sur cent). Ces difformités pourraient être prévenues , au moins en partie , si les maîtres avaient le soin de corriger chez leurs apprentis les positions du corps nuisibles à la santé. Enfin, les ouvriers aiguiseurs sont sujets aux rhumatismes articulaires chroniques, et quelquefois aux affections de poitrine , parce qu’ils sont toujours entourés d’humidité.
Ces ouvriers sont plus sobres qu’ils ne l’étaient il y a trente ou quarante ans ; la profession ne paraît pas agir sur leur longévité , ils succombent par suite d’imprudences , et surtout par la négligence et l’insouciance qu’ils apportent à la conservation de leur santé. Le métier de coutelier est très-lucratif; les bons ouvriers peuvent gagner jusqu’à 5 francs par jour. Dans les environs de Nogent il y a 3,300 couteliers; ilspeuventtravailler jusqu’à 55 ans.
Les conseils à donner aux maîtres couteliers sont les suivants : 1° prendre des précautions pour que les meules soient montées à l’aide de nouveaux procédés , afin de diminuer les causes de rupture et par suite les chances d’accidents ; 2° avoir soin que le3 corps gras ne puissent salir ces meules; 3° veiller à ce que le mouvement imprimé à la roue, et par suite à la meule, pendant le travail , ne soit pas trop accéléré ; 4° faire recouvrir ou entourer d’un bâti en bois et de grillages en fer ou en fil de fer les parties de leurs mécaniques, arbres, volans, courroies, etc., qui pourraient accrocher les ouvriers; 5<> examiner avec soin les meules avant de les employer; 6° veiller à ce que les apprentis placés à l’étau ne prennent pas de fausses positions qui puissent déterminer chez eux une déformation ; enfin , exiger que l’air des ateliers soit renouvelé , et diminuer autant que possible les causes d’humidité.
Les ouvriers, de leur côté, doivent faire usage, lorsqu’ils ont des varices, de bas lacés; se servir de lampes à abat-jour, de visières , et même de conserves en temps utile , afin de préserver leur vue ; porter des sabots lorsqu’ils travaillent dans des lieux bas et humides , et se vêtir convenablement, pour éviter les affections rhumatismales; enfin, se nourrir sobrement, et ne pas se livrer à la boisson et à la débauche , ce que nous ne saurions trop recommander en parlant des maladies des artisans et de l’hygiène de toutes les professions.
S. Fürnaki, A. Chevallier,
Docteur en médecine , membre Membre du Conseil de salubrité ,
de l'académie de médecine Professeur à l'école de phar-
de Païenne. macie.
cocTuniER ( anat .), s.m. C’est le nom d’un muscle de la cuisse qui est long et étroit, il s’attache supérieurement à l’os de la hanche (épine iliaque antérieure et supérieure) , et inférieurement à la