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d’en troubler le cours , notaient jour par jour les symptômes, et attendaient patiemment l’apparition de la crise qui devait faire juger le mal.
Cette médecine expectante pouvait être fort utile sans doute ; et il ne saurait entrer dans l’esprit d’aucun homme de sens d’en nier les trèsréels avantages dans une multitude de cas où la nature se suffit évidemment à elle-même. Mais dans les affections qui menacent de désorganiser rapidement nos tissus, d’y éteindre la vie en quelques jours, en quelques heures même, ou de laisser dans la profondeur de nos organes des altérations sourdes, qui plus tard nous conduiraient infailliblement à la mort, ne vaut-il pas mieux, n’est-il pas mille fois préférable d’agir promptement et activement, sans attendre les bienfaits toujours incertains d’une crise tout-à fait éventuelle par elle-même? C’est cette expectation qui a fait accuser, à tort ou à raison, le plus illustre de tous les médecins, et qui, à notre avis, était en même temps le plus grand philosophe de l’antiquité (qu’Esculape et Minerve nous pardonnent de rappeler cet impertinent blasphème) , qui l’a fait accuser, disons-nous, de regarder ses malades mourir.
Mais quelle que soitl’opinion qu’on se forme touchant la conduite pratique du père de la médecine, n’est-il pas vraisemblable que cette doctrine est en grande partie, et en principe surtout, fondée sur l’influence des nombres suivant le mode de philosopher de Pythagore, ainsi que porterait à croire le conseil qu’il donne à son fils Thessalus de s’adonner à la science des nombres, qui devait, prétendait-il, le conduire à la connaissance de tout ce qui doit arriver durant le cours d’une maladie ?
Nous ne pousserons pas plus loin nos remarques à cet égard; nous prierons seulement de faire attention que ce que nous combattons ici, c’est bien plutôt la valeur et la détermination des jours critiques, que l’incontestabilité des crises ellesmêmes. Que si nous nous refusons à admettre la reconnaissance et la distinction des premiers d’une manière absolue, nous sommes fort éloigné de nous inscrire contre la possibilité et la réalité des dernières. Les crises, dans certaines maladies, sont hors de doute ; et il faudrait n’avoir jamais observé, pour en contester les signes précurseurs, la manifestation et les effets, tantôt heureux, tantôt funestes; aussi ne sont-ce pas ces axiomes que nous repoussons. Nous croyons seulement que, dans le plus grand nombre des cas, les phénomènes décrétoires ne suivent pas la marche régulière qu’on leur a assignée , et qu’ils peuvent arriver chaque jour de la maladie. Nous pensons aussi que la théorie tout humorale sur laquelle s’est appuyé jusqu’à notre époque le système des crises est erronée de tous points , et qu’il n’est plus permis de voir dans ces mouvements tumultueux et subits, qu’ils aient été prévus ou non, autre chose que des mutations du siège de la maladie primitive, que des déplacements de l’irritation morbide qui se transporte d’un lieu à un autre, que des changements enfin qui deviennent favorables, si l’organe qui se trouve secondaire-
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ment affecté est moins important par les fonctions qui lui sont dévolues, d’une structure moins délicate, etc., mais fâcheuses ou même mortelles dans la supposition contraire. Ainsi restreinte, expliquée et épurée, nous ne faisons plus aucune difficulté d’avouer et de professer cette doctrine, avec tout ce qu’il y a de médecins non prévenus, éclairés et observateurs. F.-E. Pltsson.
crispations ( méd .), s. f. (d ecrispare, rider). On donne le nom de crispation au resserrement spasmodique qui s’observe dans quelques organes. On dit que la peau est crispée lorsqu’elle est serrée, ridée, douloureuse, et que les bulbes des poils sont saillants; cette action peut être produite soit par le froid, soit par l’action thérapeutique de quelques médicaments. On nomme crispation nerveuse des mouvements convulsifs qui peuvent être produits par plusieurs causes diverses, elles que Y hystérie, les convulsions, Yépilepsie, etc. (V. ces mots.) J. B.
crista-galli. V. au Supplément.
CRISTALLINE (path.), s. f. On adonné autrefois ce nom à une maladie syphilitique caractérisée par des végétations à l’anus. (V. Syphilis.) On désigne aussi sous ce nom des pustules transparentes qui se développent aux parties génitales. — Capsule cristalline. C’est l’enveloppe du cristallin. (V. Œil.)
cristallin ( anat .) , s. m. (de cristallinus, qui a l’apparence du cristal). On désigne sous le nom de cristallin un corps lenticulaire transparent qui est situé dans l’œil et qui a pour fonction de réunir les rayons lumineux en faisceaux sur la rétine. C’est le cristallin qui devient opaque et empêche la vision dans la maladie désignée sous le nom de cataracte. (V, Œil, Vision .) J. B.
critique ( path .), adj. On a donné le nom de jours critiques à certains jours des maladies où les anciens croyaient que se manifestaient ordinairement les crises. On applique aussi ce mot pour caractériser le phénomène qui détermine la crise, ainsi on dit : une hémorrhagie critique, une diarrhée, une éruption critique, pour indiquer que la crise est produite par ces symptômes eux-mêmes. (V. Crise.) On donne le nom de temps critique, d'âge critique, â l’époque où l’éruption menstruelle cesse chez la femme, et l’on veut indiquer par ce mot toutes les maladies auxquelles elles sont sujettes pendant cette période de la vie. (V. Menstruation.) J. B.
crochet [accouch.), s.m. Non donné à un instrument employé dans les accouchements, et qui a pour but de favoriser la sortie du fœtus. Les crochets sont aigus ou mousses; le crochet aigu, qui est destiné à être enfoncé dans certaines parties du corps du fœtus et à l’attirer au dehors, n’est jamais employé que lorsqu’on a la certitude de la mort. Le crochet mousse est formé par une branche de fer recourbée, et arrondie à son extrémité afin qu’elle ne puisse blesser l’enfant; il s’applique sur le vivant et dans les endroits où les membres s >nt recourbés sur eux-mêmes afin d’en favoriser la sortie. C’est ordinairement sur les aisselles, au pü du jarret, que cet instrument est appliqué ; on ne doit s’en servir que lorsque les doigts sont
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insuffisants pour remplir le même usage. La partie de la branche du forceps que l’accoucheur tient dans la main peut très-bien servir do crochet mousse.
crochu (os) [anat.), s. f. C’est un des os de la seconde rangée du carpe qui servent à former le poignet. (Y .Main.)
croissance ( physiol. ) , s. f. On entend par croissance le développement que les sujets prennent en hauteur; nous avons parlé de l’augmentation du volume des organes au mot Accroissement. Quoique ces deux mots, croissance et accroissement, soient presque synonymes, nous avons cependant réservé le premier pour traiter spécialement de l'accroissement eu hauteur. Le corps humain présente deux périodes remarquables dans les phénomènes de la croissance : i’une se passe dans le sein de la mère et fait partie de la vieutérine du sujet, il ensera traité aux motsOüologie, Ombryologie; l’autre a lieu après la naissance, et c’est celle dont seulement nous parlerons ici.
Les physiologistes ont remarqué que le développement en hauteur des enfants ne suivait pas de règles constamment progressives, et que le corps ne s’augmentait pas d’une dimension toujours constante pour un laps de temps déterminé; ainsi on remarque chez un grand nombre de sujets des variations nombreuses , et presque toujours inattendues: tel enfant qui a cru d’une manière rapide pendant les premières années de sa vie, voit souvent sa croissance subitement arrêtée, ou bien ralentie plus ou moins longtemps ; plus tard elle reprend avec force et énergie, ou quelquefois elle conserve un caractère de lenteur, jusqu’à l’époque où doit cesser cette fonction. C’est ordinairement de dix-huit à vingt ans que cesse l’accroissement en hauteur : pour quelques sujets il est terminé beaucoup plus tôt , rarement il so prolonge plus tard. Cette époque est caractérisée chez tous les animaux par un phénomène qui se fait remarquer dans le système osseux : c’est la soudure desépiphyses. Les os (V. ce mot) sont primitivement cartilagineux chez le fœtus : des points d’ossification se développent dans l’épaisseur de ces cartilages ; ces points sont plus ou moins nombreux pour chaque os. Dans les os longs des membres ils sont au nombre de trois , un pour le milieu ou corps de l’os, et un pour chaque extrémité; les points d'ossification des extrémités ne se réunissent pas immédiatement au corps de l’os; ils sont séparés par une substance cartilagineuse qui doit s’ossifier plus tard , et ce sont ces extrémités des os longs que l’on a nommées épiphyses. Certains auteurs pensent que l’accroissement en hauteur ue peut avoir lieu qu’autant que ces épiphyses ne sont pas soudées au corps de l’os, attendu que l’allongement de ce dernier n’a lieu, disent-ils, que parla substance cartilagineuse qui se trouve à son extrémité, et qui se développe constamment , quoiqu’elle soit progressivement envahie par l’ossification. On pourrait cependant objecter à ce que cette explication présente d’absolu,en refusant au tissu osseux la faculté d’augmenter d’étendue sans l’intermédiaire d’une sub-
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stance cartilagineuse, l’exemple des os de la tête: cette partie du corps cesse de présenter des cartilages dans son squelette même avant l’âge de dix ans , et cependant elle croît en volume jusqu’à une époque fort avancée , que Gall n'a pas craint, d’après ses observations, de fixer à quarante ans.
Il est un fait fort important à constater dans la croissance, et qui se reproduit chez tous les animaux, c’est que le développement qui a lieu dans le premier temps de la vie eslinfiniment plus considérable que celui qni doit se manifester après. A trois ans un enfant a ordinairement acquis la moitié de la hauteur qu’il doit avoir dans i’àge adulte. Harriberger a publié une table qui établit la proportion de croissance pour les diverses périodes de la jeunesse; il a observé que de dix-huit mois à quatre ans et demi , l’enfant croissait d’un peu plus de quatre pouces par ans ; que de quatre ans et demi à treize ans, la croissance n’était plus que de vingt lignes, terme moyen , dans une année; que de treize ans à dix huit cette quantité n’était plus que de huit lignes. L’accroissement de l’homme ne suit pas toujours, ainsi que nous l’avons dit, cette marche régulière; souvent on le voit avoir lieu d’une manière très-rapide dans les premiers temps de la vie : on cite l’exemple d’une jeune fille qui , née dans les environs Wurtzbourg , avait en naissant vingt-trois pouces de long, et cependant ne pesait qu’environ deux livres de plus qu’un enfant oniinaire; quinze jours après sa naissance elle avait déjà quatre dents; à sept mois les cheveux devinrent bruns tt tombaient jusqu’à la moitié du dos; à neuf mois cette enfant fut réglée, et les parties sexuelles se couvrirent de poils bruns et crêpés ; à dix-nruf mois sa taille avait deux pieds six pouces ; à six ans elle élait de trois pieds neuf pouces, et l’enfant pesait cinquantequatre livres. La croissance continua dans cette proportion jusqu’à l’âge de douze ans, époque à laquelle ce sujet succomba à une fièvre grave.
On pourrait citer un grand nombre d’exemples de ces développements précoces, dans hsquels des enfants ont atteint de bonne heure la stature ordinaire de l’homme; an a vu d’autres enfants chez lesquels l’accroissement n’avait eu lieu que pour certains organes, et spécialement pour les organes génitaux. On cite l'exemple d’un enfant de trois ans chez lequel les parties génitales avaient acquis le développement qu’elles présentent ordinairement chez l’adulte; ce jeune garçon avait la voix formée et recherchait la société des femmes. Mais il est à remarquer que l’accroissement ne continue pas chez cessujetsdanslamême proportion jusqu’à l’âge adulte. Une fois que le corps de ces enfants a acquis ce développement précoce , il cesse de s’accroître , et l’on a même remarqué que dans beaucoup de cas ces sujets ne parviennent pas à l’âge adulte, comme si la nature avait été épuisée par les efforts prématurés qu’avait nécessités un aussi rapide accroissement.
Lorsque la croissance est rapide elle détermine souvent chez les enfants un état passager de maladie, qui est caractérisé par la fièvre et de la douleur dans les articulations; le repos au lit et le régime sont souvent les seuls moyens à em-