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ployer pour combattre cette indisposition, qui doit être abandonnée à elle-même si elle ne se complique de symptômes plus graves. Un grand nombre de maladies de l’enfance sont attribuées à la croissance , et aussitôt qu’un enfant est pris d’une affection fébrile, on ne manque pas de dire que c’est parce qu’il grandit; il y a certainement exagération relativement à cette cause dans beaucoup de cas, surtout lorsque l’on attribue à la croissance ces engorgements des ganglions lymphatiques qui s’observent quelquefois au cou , à l’aine , sous les aisselles, et qui ne sont que l’indication d'un tempérament lymphatique et prédisposé à l'affection scrofulease : cette maladie se développe plus tard , si le bon régime de l’enfant ne vient pas combattre ces indications.
Si dans quelques circonstances la rapidité de la croissance détermine des fièvres graves, dans d’autres cas on a vu des maladies, qui parleur nature sont étrangères à cette cause , provoquer un rapide allongement du corps ; ainsi, à la suite de la variole, d’une affection cérébrale, d’une pneumonie, d'une fièvre , on a vu chez de jeunes sujets le corps accroître en quelques jours de plusieurs pouces; c’est surtout dans la convalescence que l’on a remarqué ce résultat, que quelques auteurs attribuent à la situation horizontale dans laquelle se trouvait le malade; mais cet accroissement peut aussi reconnaître pour cause l’activité plus grande apportée dans ta nutrition par le mouvement fébrile dont le jeune sujet venait d’être le siège. Bien que la croissance puisse se développer chez la plupart des enfants sans aucun des symptômes fâcheux que nous venons d’indiquer, il est cependant important de surveiller avec attention la santé des enfants lorsqu’on leur voit prendre un accroissement rapide; car chez ceux mêmes qui jouissent de la meilleure santé , oq les voit à cette époque maigrir, être tristes et dans un état de langueur, enfin avoir quelques incommodités auxquelles ils n’étaient point sujets.
La rapidité de la croissance, indépendamment des causes de maladies que nous avons indiquées, peut donner lieu à des infirmités auxquelles il est important de rémédier: ainsi la déviation de la colonne vertébrale se fait souvent remarquer chez les jeunes filles surtout; l’étroitesse de la poitrine est encore un phénomène qui s’observe souvent et qui quelquefois est suivi de phthisie pulmonaire : il faut s’opposer à ces symptômes dès que l’on commence à s’apercevoir de leurs progrès ; la gymnastique et les moyens orthopédiques sont ce qu’il convient le mieux de mettre en usage. (Y. Gymnastique, Gibbosité, Orthopédie.)
J.-P. Beaüdb ,
Inspecteur des établissements d'eaux minérales, membre du conseil de salubrité.
croton-tiglium (Huile de) (mat. méd.). Le crotontiglium est un petit arbuste de la famille des Euphorbiacées, qui croît aux Moluques, à Ceylan et à la Chine; ses fruits sont de la grosseur d’une aveline ; ils présentent trois loges dont chacune contient une graine : ces graines, dont on extrait l’huile, sont connues sous le nom de graines de tilly ou de graines des Moluques; elles contien-
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nent un acide particulier qui a reçu le nom d’acide crotonique, auquel est due une partie de leurs propriétés irritantes ; il y a de plus une huile volatile et d’autres principesqui se rencontrentdans toutes les huiles végétales. I/huile de croton-tiglium est un des plus puissants purgatifs que l’on connaisse ; administrée à la dose d’une seule goutte, elle purge d’une manière très-remarquable. Appliquée sur la peau en frictions, elle détermine une éruption d'une prodigieuse quantité de petites vésicules qui se sèchent après deux ou trois jours. L’on prépare divers médicaments avec cette huile, tels que des teintures, des potions, des savons, des pilules, etc. ; le plus ordinairement on l’administre dans une cuillerée de tisane ou sur un morceau de sucre mêlé à une goutte d’huile essentielle de cannelle; lorsqu’on l’emploie en frictions, onia mélange avec l’huile d’amandes douces. La dose de l’huile de croton à l’intérieur est d’un demigrain à deux grains ; à l’extérieur on l’emploie à la dose de dix à douze gouttes. On comprend qu’un médicament de cette énergie ne peut être administré que par les médecins. J. B.
croup ( méd .), s. m.Ce mot écossais, devenu commun à toutes les langues, est répandu dans tous les pays; il est trop connu des bonnes mères, et à cetaffreux motde croup, leur cœur palpite, tout leur sang se glace dans leurs veines :
Trepidæ matres pressere ad pectora natos.
Mais hâtons-nous de le dire, ce nom, maintenant populaire , s’applique à des maladies très-différentes , quoique voisines , et qui n’offrent pas , à beaucoup près , la même gravité : ainsi il faut distinguer le croup membraneux, ou vrai, des faux croups striduleux , compliqués et nerveux.
Dans la première maladie , il se forme au fond de la gorge , dans le larynx , dans la trachée-artère , et quelquefois dans les bronches destinées au passage de l’air dans les poumons , des pellicules blanchâtres assez semblables à une couche plus ou moins mince de blanc d’œuf durci. Ces membranes sont disposées en lames , en plaques plus ou moins étendues ; tantôt elles se moulent sur les conduits aériens , empruntent leur disposition physique , et offrent alors l’apparence d’un cylindre complet , de sorte qu’on pourrait alors les comparer à des tuyaux emboîtés dans d’autres tuyaux. Au lieu de former ainsi des tubes à peu près réguliers, elles se composent parfois de rubans blanchâtres plus ou moins étroits, et même presque linéaires, qui tapissent la trachée ou les bronches. Outre ces incrustations ou ces dépôts variables d’étendue et d’épaisseur, qui ont reçu le nom de fausses membranes , les voies aériennes sont encore quelquefois obstruées par une matière spumeuse ou puriforme. C’est à ces altérations physiques que sont dus les symptômes d’asphyxie qu’on observe pendant la vie , et les difficultés matérielles que le médecin éprouve dans ses efforts pour combattre cette terrible maladie; car l’on concevra aisément l’effet de ces produits que l’inflammation développe dans les tuyaux destinés au passage de l’air; c’est de présenter à cet air, qui, sous peine de mort, doit ar-
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river aux poumons, un obstacle plus ou moins insurmontable. Alors l’acte respiratoire devient impossible, et l’enfant meurt suffoqué.
Le vrai croup , qu’il paraisse isolément ou sous la forme épidémique, offre des caractères presque semblables , et suit à peu près la même marche. On peut y reconnaître trois périodes. Lors de l’invasion de la maladie , presque tous ceux qui en sont atteints sont pris de légers frissons , avec fièvre , et un peu de douleur et de gonflement au cou. Il faut alors se hâter de faire ouvrir la bouche au malade , et de regarder au fond de la gorge. L’arrière-gorge est rouge et présente , sur les amygdales, le voile du palais et la luette, de petites plaques blanches. Cette première période est absolument semblable à celle de l’angine avec production de fausses membranes (voyez ce mot); elle dure le plus souvent quatre à cinq jours ; mais dans quelques cas , la maladie marche avec une grande rapidité , et envahit promptement le larynx ; à peine comprend-elle l’espace de vingtquatre heures. Les deux premières périodes semblent se confondre. Il est donc bien important de s’assurer tout d’abord de l’état de la gorge , pour pouvoir arrêter les progrès du mal. Quand sa marche est très-rapide , la fièvre , le gonflement des glandes et la douleur du col éveillent l’attention des parents et ensuite des médecins; mais, lorsqu’elle est lente et insidieuse , la difficulté d’avaler est à peine sensible et le gonflement des ganglions presque nul; il n’y a que l’examen du fond de la gorge qui puisse donner quelques renseignements. Aussi , dans l’épidémie qui a régné au pensionnat de la maison royale de Saint-Denis il y a quelques années, les jeunes personnes, en plaisantant, faisaient mutuellement entre elles l’inspection du fond du gosier, et plusieurs fois elles ont averti les supérieures et les médecins que leurs compagnes avaient ce qu’elles appelaient lemal blanc, quand les maladeselles- mêmes ne s’en doutaient pas. Frappé de la manière insidieuse avec laquelle le croup souvent se développe, un de nos jeunes et estimables confrères, le docteur Bertrand , aussi bon père que médecin distingué, et enlevé trop tôt à la science et à sa chère et nombreuse famille, avait pris l’habitude, en embrassant ses enfants tous les matins , de leur examiner le fond de la gorge. Sa sollicitude paternelle n’était rassurée que quand il avait fait cette exploration.
La seconde période du croup s’annonce d’abord par une petite toux sèche , qui revient par quintes très- courtes , à des intervalles plus ou moins rapprochés , et qui s’accompagne dès le début d’extinction de voix et d’un sifflement plus ou moins remarquable dans le moment de l’inspiration. Ces symptômes prennent ensuite plus ou moins rapidement beaucoup d’intensité. La toux et la voix ont alors des caractères tout particuliers qu’il est très-important de bien saisir, et qu’on reconnaît facilement quand on les a observés une fois , mais qu’il est difficile de bien décrire. Les comparaisons grossières qu’on a voulu établir avec le cri du coq, l’aboiement du chien, le gloussement de la poule, etc., en donnent une idée
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d’autant plus fausse , qu’on a réuni les deux sortes de toux et de voix observées dans le faux et le vrai croup, quoique très différentes les unes des autres. Dans ce dernier, la toux est rauque, sourde, sèche, rentrant dans le larynx comme étouffée, suivie, après chaque secousse, d’un sifflement court, comme si l’air passait dans un tube sec et métallique. Le plus souvent il y a de la douleur au cou, au haut de la poitrine; quelquefois cette douleur est nulle ; mais, à mesure que la maladie fait des progrès, elle s’accompagne d’une anxiété plus ou moins grande dans la respiration. Lorsque la toux survient, le malade s’élance sur son séant, et semble saisi d’un sentiment de suffocation qui n’est pas en rapport avec la courte durée de la quinte. La voix est éteinte , et quand elle ne l’est pas complètement, elle a, comme la toux, quelque chose de métallique , ou ressemble un peu à celle des ventriloques , quoiqu’elle soit beaucoup plus basse et plus faible. A ces signes caractéristiques de la toux et de la voix se joignent de la fièvre , une respiration pénible et accélérée , une teinte violacée des lèvres , la bouffissure , la pâleur et une lividité de la face très-remarquable, excepté pendant le temps des exacerbations fébriles. Le malade est triste et disposé à la somnolence. Les quintes de toux sont quelquefois suivies de vomissements de fausses membranes en lambeaux, et alors la gêne de la respiration diminue momentanément, l’abattement cesse, et le malade revient quelque temps à sa gaieté naturelle ; mais il garde le silence et redoute de parler, à cause de la gêne qu’il éprouve. Quand le croup doit se terminer d’une manière favorable , la toux devient humide, les quintes s’éloignent, la suffocation diminue graduellement, et tout rentre à peu près dans l’ordre. Mais , le plus souvent , les choses ne se passent pas malheureusement ainsi; la troisième période succède plus ou moins rapidement à la seconde ; quelquefois , au bout de vingt-quatre heures à peine, à dater du moment de l’invasion , elle est caractérisée par l’accroissement de tous les symptômes ; l’extinction de la voix est presque complète, les quintes de toux sont absolument sèches, très-courtes, très-rares, ou même nulles ; le sifflement produit par le passage de l’air à travers ses conduits s’entend souvent à distance ; tous les muscles qui concourent A l’acte respiratoire sont agités de mouvements convulsifs; la respiration est très-accélérée, brusque, abdominale, et aussi bruyante que chez les asthmatiques ; le pouls bat avec une extrême vitesse, et parfois avec irrégularité; la face est pâle, les lèvres violettes, et la tête renversée en arrière; l'assoupissement est presque continuel, et le malade n’en sort que lorsqu’il est tourmenté par les angoisses de la suffocation provoquées par la toux. Alors il s’agite avec effort pour respirer, en se levant sur son séant , le corps renversé en arrière et couvert d’une sueur froide; quelquefois le pauvre petit malade porte sa main à la partie antérieure du cou , comme pour arracher quelque chose qui l’étouffe; d’autres fois il s’élance hors de son lit , court quelques pas pour chercher l’air qui lui manque, et retombe, pour périr, dans une
crise de suffocation. Si des maladies antécédentes ou des émissions sanguines trop abondantes l’ont affaibli, il ne meurt pas avec ces signes d’agitation et de violente strangulation; il s’éteint dans une sorte d’asphyxie tranquille , la face et les extrémités froides et visqueuses , presque comme dans le choléra. (Croup adynamique.)
11 n’y a pas d’exemple que dans ce dernier degré les malades aient été sauvés , à moins d’une opé ration. Quand il y a guérison spontanée , ce qui est fort rare, ou par les efforts de l’art, ce qui l’est moins , c’est ordinairement dans le cours de la seconde période. Si cette terminaison favorable doit avoir lieu , la toux devient par degrés plus humide, le sifflement cesse d’être aussi sec, les accès de suffocation disparaissent , et la convalescence commence peu de jours après que ces symptômes d’amélioration se sont présentés; mais la fièvre et la toux , et l’extinction de voix surtout, persistent toujours plus ou moins longtemps.
Dans certains cas. rares à la vérité, le croup ne suit pas la marche régulière que nous venons d’indiquer, et l’inflammation peut envahir simultanément et la gorge et le larynx, ou le larynx seulement , d’autres fois débuter même par les dernières ramifications bronchiques, et remonter ensuite vers le larynx. C’est dans ces deux dernières variétés de la maladie que le diagnostic devient surtout obscur et le traitement difficile.
La laryngite striduleuse, ou faux croup, est beaucoup plus commune que le croup membraneux, ou vrai. Il est beaucoup plus effrayant que l’autre dans son début , qui est en général très-brusque ; aussi est -ce pour cette espèce de croup que les parents s’alarment le plus ordinairement. J’ai été certainement réveillé plus de cinquante fois pour cette maladie, et pas quatre fois pour le vrai croup. Généralement il débute pendant le sommeil, et l’enfant est réveillé tout à coup , vers le soir ou dans le milieu de la nuit, très-rarement le matin , par une toux sèche , sonore , sifflante , simulant quelquefois l’aboiement d'un petit chien. Cette toux est toujours très-éclatante. Dans cette première quinte, l’enfant parait près de suffoquer, comme s’il avait avalé un corps étranger qui fut entré dans le larynx au lieu de traverser le conduit alimentaire. Si cette toux survient au moment où il est le plus profondément endormi, ce qui est le cas le plus ordinaire , la frayeur se joint à l’angoisse qu’il éprouve , et les cris qu’il cherche à pousser, qui sont étouffés par les secousses de la toux , semblent encore ajouter à la suffocation et à l’essoufflement. Vers la fin de l’accès, la figure de l’enfant, qui d’abord était trèsrouge , devient extrêmement pâle , froide et couverte de sueur ; ses lèvres sont violettes, comme dans les quintes de toux qu’on observe vers le dernier degré du croup. Les accès de toux qui succèdent à cette première quinte sont ordinairement moins graves et moins effrayants pour les spectateurs; le calme renait peu à peu, et les signes de la suffocation , qui paraissait imminente, se dissipent; de sorte que le faux croup commence comme le vrai finit , mais en diffère d’au-
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tant plus qu’il s’éloigne plus de son début Aussi, l’accès passé, la voix est seulement enrouée, l’arrière-gorge est seulement rouge, le cou n’est pas gonflé; au bout d’une ou plusieurs heures, la gaieté revient, et la toux ne reparaît que de loin en loin. Vers le soir, ou la nuit suivante, nouvel accès, mais moins fort. Hors des accès, point de fièvre, point d’assoupissement; i’enfant conserve sasanté, ses habitudes , à moins que cette toux ne soit le début d’une bronchite ou d’une pneumonie, ou d’une rougeole , ce qui aggrave nécessairement l’affection primitive.
Les pseudo-croups compliqués et nerveux commencent d'abord comme ie faux croup simple; mais, indépendamment des accès de suffocation, qui sont provoqués par une toux sèche et stridulouse, la dyspnée est continue, et la fièvre est dès le début très-intense. Le plus souvent, l’inflammation des bronches ou des poumons , qui coïncide avec le faux croup , est la véûtable cause de ce cortège de symptômes; mais, d’autres fois, il n’existe aucune de ces complications faciles à saisir pour le médecin , et cependant la maladie s’aggrave rapidement; la prostration ou l’ataxie surviennent , et le malade succombe par l’effet d’une sorte d’asphyxie nerveuse, sans qu’on puisse se rendre compte de la véritable cause de ces désordres et de leur funeste résultat. C’est ici, il faut l’avouer, la partie la plus obscure des maladies des organes de la respiration. Elle exige encore de nouvelles recherches, des observations consciencieuses , et réclame toute la sagacité du praticien.
Quelles sont les causes des affections croupales? Comme toutes les autres maladies aiguës des voies aériennes , elles s'observent plus fréquemment dans les pays froids, tempérés et humides; on ne les rencontre presque jamais dans les pays chauds; elles se montrent plus souvent sur les bords de la mer et des lacs, ou dans l’intérieur des terres et des vallées humides, que dans des plaines élevées et sur les montagnes. Orme connaît presque point le vrai croup dans les montagnes de l’Auvergne; M. Bertrand, médecin des eaux du Mont-Dore, m’a dit ne l’avoir observé qu’une seule fois à Clermont, pendant une pratique de plus de vingt-cinq ans , tandis qu’on le trouve sur les bords de l'Ailier, du Cher et de la Loire à l'état sporadique , et assez fréquemment même sous la forme épidémique, et alors il peut devenir quelquefois contagieux. A Paris, il se montre pendant toutes les saisons de l’année , et quelle que soit d’ailleurs la température. Il en est de même de toutes les grandes villes plus ou moins humides. Le plus souvent ce sont des cas isolés, quelquefois de petits groupes épidémiques, où l’on peut admettre une idée de contagion, bien que souvent on ait pris pour résultat de la contagion des prédispositions dépendantes d’une analogie d’organisme. ( Voyez Angine pseudo-membraneuse. ) Ces épidémies partielles appartiennent sans doute aux mêmes causes que celles qui sévissent sur des contrées tout entières. Une vaste cité est formée en quelque sorte par la réunion de petites villes agglomérées , qui présentent nécessairement des j
différences notables dans les conditions de l’atmosphère, suivant lesloealités; ce qui explique pourquoi les influences épidémiques peuvent être bornées à un quartier, à un établissement public, à une maison particulière. L’entassement des individus, surtout chez les enfants, ne peut-il pas favoriser l’apparition du croup? Enfin la contagion est souvent une cause malheureusement trop vraie de son développement.
Les affections croupales n’atteignent pas également les différentes classes de la société. Le vrai croup , même lorsqu’il n’est pas épidémique , me parait être proportionnellement plus commun chez le pauvre et chez les enfants mal soignés et mal vêtus. Le faux croup, au contraire, se rencontre beaucoup plus fréquemment chez les enfants de la classe aisée ou riche , qui sont bien vêtus , tenus chaudement , et élevés , en général, plus mollement. Ce n’est pas , au reste , dans ce cas seulement qu’on a pu remarquer la fâcheuse influence de l’inégalité des conditions sur la production des maladies.
C’est sur les enfants de 2 à 7 ans que le croup sévit particulièrement; il devient plus rare de 8 à 15 ans, bien qu’aucun âge n’en soit exempt, puisqu’on en a vu aux deux extrémités de la vie , et chez des nouveau-Dés , et chez des vieillards de 72 ans. Le faux croup n’affecte que les trèsjeunes enfants, depuis 1 an jusqu’à 6 ou 7. Je ne l’ai observé que deux fois seulement au-delà de cet âge, ce qui semblerait prouver que l’étroitesse relative du larynx dans l’enfance en est la cause prédisposante. L’organisation primitive du larynx influe tellement sur la production de cette maladie, qu’on l’observe fréquemment chez tous les enfants d’une même famille. Certains individus sont organisés de manière à l’avoir plusieurs fois; je l’ai vue deux , trois et quatre fois sur les mêmes enfants , et chez eux les attaques allaient toujours en diminuant d’intensité à mesure qu’ils avançaient en âge. Je suis convaincu que les exemples de récidive de croup cités par les auteurs appartiennent au faux croup simple, et le cas rapporté par Albers de Bremen d’un individu qui l’aurait eu neuf fois doit être rangé dans cette catégorie.
Les individus du sexe masculin sont plus exposés aux diverses espèces de croup que ceux du sexe féminin. Sur 5L3 cas , on trouve pour les premiers le nombre 293, et celui de 218 pour les seconds; dans 32 cas , le sexe n’a pas été précisé.
C’est surtout lorsiju’on arrive au traitement que la distinction que nous avons établie entre les différentes espèces de croup devient importante. Comparez, en effet, les résultats variables de mortalité dans les auteurs , et vous trouverez que tantôt, comme dans l’épidémie de Wertheim, à peine a-t-il échappé trois ou quatre enfants sur quarante , et que tantôt on n’en a presque point perdu. Il est évident que dans ces deux exemples ou a eu affaire à des affections distinctes, et qu’en conséquence le traitement doit être différent. C’est au moment de porter remède à un mal qui s’annonce avec le cortège des plus effrayants symptômes que le praticien doit user de toutes les ressources de son instruction. Il est placé enîre
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deux écueils , celui de ne rien faire contre un vrai croup , et celui de trop faire contre un faux croup ; entre le risque de ne point profiter d'une opération qui , pratiquée à temps, peut sauver le malade, et le risque très-fâcheux de compromettre une opération qu’il était inutile de tenter. Car voyez quels moyens simples on emploie contre une espèce du croup , tandis que pour l’autre on n’aura point de remèdes assez héroïques. Dans le faux croup , les tisanes , les potions adoucissantes et relâchantes , les pédiluvcs et manuluves excitants sont, comme dans tous les rhumes légers, la principale médication; les saDgsues et les vomitifs, auxquels on a presque constamment recours , parce qu’on le confond avec le croup , doivent être rarement mis en usage, et seulement dans les cas où il y a en même temps de la fièvre et beaucoup de gène dans larespiration.il faut surtout se garder d’abuser des sangsues dans le faux croup simple. La saignée , presque toujours inutile dans ce cas, jette souvent les enfants dans un état de faiblesse et de pâleur que j’ai vu durer des mois et môme des années, et les conséquences de cet affaiblissement sont d’autant plus funestes qu’elles rendent les enfants plus aptes à contracter ensuite d’autres maladies auxquelles ils n’ont * plus assez de force pour résister.
Le traitement devient plus difficile dans les faux croups compliqués d’inflammation ou de symptômes nerveux. Dans le premier cas, il faut quelquefois saigner; dans le second, au contraire, on doit être très-réservé sur l’emploi des saignées et des sangsues qui, le plus souvent, accélèrent la faiblesse, la prostration et les accidents dont nous avons parlé. Les laxatifs doux et les lavements purgatifs peuvent offrir quelques avantages ; mais on doit insister particulièrement sur les antispasmodiques , en les administrant sous toutes les formes, en potions, en lavements , en vapeurs, en bains; les affusions froides peuvent, dans cette circonstance surtout, trouver une heureuse application.
On doit dans le vrai croup se hâter d’agir dès la première période , afin d’en borner les progrès quand la maladie n’a pas encore dépassé le voile du palais et les amygdales. Le moyen le plus efficace dans ce cas est de toucher les parties malades avec un pinceau de charpie ou une très-petite éponge fixée sur une languette de baleine et bien imbibée de suc de citron pur ou d’acide hydrochlorique mitigé avec un tiers ou un quart de miel rosat, non pas pour cautériser les escarres , comme on le croit ordinairement, mais pour déterminer un autre mode d’infiammation autour des plaques pseudomembraneuses qui tend à en borner l’étendue et à les éliminer. Ces applications, au reste , et celles de la solution de nitrate d’argent, les insufflations d’alun et de calomel, et tous les autres moyens recommandés en pareil cas, ne peuvent être convenablement administrés que par les hommes de l’art.
Dans la seconde période , quand la maladie a pénétré dans le larynx , on doit mettre en œuvre toutes les ressources de la thérapeutique, surtout si le sujet n’est pas très-jeune et offre une constitution vigoureuse. Les saignées générales ou lo-
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cales, les vomitifs, les révulsifs sur le canal intesfinal ou â la peau, les frictions mercurielles, les bains, etc., peuvent être quelquefois employés avec avantage, quand ces moyens sont appliqués à propos et dans des mesures convenables ; mais il ne faut pas perdre de vue que les médications qu'on obtient à l’aide de tous ces agents thérapeutiques, et qui réussissent rarement, sont toujours plus ou moins débilitantes, et ont le grave inconvénient d’affaiblir plus ou moins les trèsjeunes enfants surtout, et de les mettre ensuite hors d’état de lutter contre l’asphyxie qui termine toujours celte affreuse maladie. Dans la troisième période, la principale ou plutôt l’unique ressource est dans la trachéotomie ; mais elle ne peut réussir que chez les individus qui n’ont pas été trop épuisés par des saignées ou des purgatifs. Cette opération, indiquée dès la plus haute antiquité dans les angines graves , a été remise en pratique avec succès par M. Bretonneau, et depuis par plusieurs chirurgiens ; on compte maintenant plus de trente exemples de réussite dans le croup. La trachéotomie n’offre par elle-même aucun danger; elle fait cesser à l’instant tous les accidents de l’asphyxie, et prolonge incontestablement la vie des malades , lorsqu’elle ne les arrache pas à une mort certaine. Toutes les fois que j’ai fait faire cette opération, même sans succès, j’ai constaté une amélioration sensible , quelquefois pendant plusieurs jours. Je suis tellement convaincu de l'innocuité de l’opération que je n hésiterais pas à la conseiller lors même que le croup serait compliqué d’une maladie aiguë de poitrine; deux fois elle fut faite par mon fils dans cette condition désavantageuse, et dans un des cas le malade a vécu jusqu’au huitième jour, et dans le second jusqu’au quatorzième, la plaie s’étant presque cicatrisée. Plus les enfants sont jeunes, et plus il faut se hâter d’opérer, parce que la maladie marche beaucoup plus rapidement chez eux que chez ceux qui approchent de la puberté. Elle est presque toujours mortelle chez les très-jeunes enfants, à cause de l’étroitesse de la glotte.
Les moyens de prévenir les maladies croupales consistent principalement dans les précautions hygiéniques qui peuvent garantir des affections catarrhales en général. Ainsi dans les pays humides et froids , où régnent le plus ordinairement ces maladies , on aura soin de vêtir les enfants, de les couvrir surtout pendant la mauvaise saison de vêtements de laine immédiatement appliqués sur la peau, d'éviter qu’ils ne soient mouillés et qu’ils ne se refroidissent brusquement étant en sueur. On veillera à ce qu’ils ne restent pas les pieds dans l’humidité; on tâchera de. fortifier leur constitution en les tenant le plus souvent possible à l’air et en mouvement. Ils seront en général légèrement vêtus, couchés dan3 des lits qui ne soient pas trop chauds et dans des chambres saines et sèches , mais qui ne seront point chauffées, même enhiver, quand les enfants ne seront pas malades. Il est essentiel , pour que les jeunes enfants ne se refroidissent pas en se découvrant pendant la nuit , de bien les emmail-