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leur ouverture lorsqu’elle est remplie de matière sébacée, en appliquant fortement Sur ces parties une petite boule de cire ramollie qui , en emportant la surface noircie, fait disparaître momenta nément ces taches qui souvent sont désagréables par leur nombre. (V. Peau.) J. B.
cubèbe [mat. méd, ) , s. m. ( piper cubeba , piper eaudatum). On connaît, dans les pharmacies, sous le nom de poivre cubèbe, de poivre à queue, le fruit d’un petit arbrisseau sarmenleux, à tige flexueuse et articulée, des Indes orientales, de la famille des Urticées. J. Diandrie trigynie L. Richard a classé cette plante dans une nouvelle famille, à laquelle il a donné le nom de Pipéracées. Ce fruit est une petite baie brunâtre, ronde , sèche, de la grosseur d’un grain de poivre ordinaire( poivre noir), ridée, et portée sur un petit pédoncule de la longeur de six lignes , ce qui lui a fait donner le nom de poi vre à queue. L’écorce extérieure est facile à briser, et en recouvre une autre qui est noirâtre ; audessous de cette dernière est un petit noyau blanc et d’une odeur aromatique , d’une saveur âcre , brûlante et élhérée. Vauquelin, qui a fait l’analyse de cette substance, a trouvé un principe particulier résineux et analogue à la résine du copahu , et qui ne lui paraissait pas différer beaucoup du pipérin; et de plus une huile volatile presque concrète , une autre résine colorée , de l’extractif et des sels. Ce médicament, qui était très-peu employé en médecine, et dont on faisait seulement usage dans certaines langueurs d’estomac , était stomachique etcaminatif, disaientles anciens médecins. Dans ces derniers temps, et surtout d’après les expériences des médecins anglais, on en fail usage dans la gonorrhée comme un moyen propre à couper l’écoulement; la dose à laquelle on l’administre est de deux gros à une demi-once dans vingt-quatre heures , on va même quelquefois jusqu’à une dose plus élevée. Le cubèbe se prend simplement en poudre , mêlé avec un peu d’eau ou de vin blanc; quelquefois on le mêle avec quelquo potion; on en forme aussi des opiats , et on l’associe souvent au copahu. Dans ces derniers temps , un pharmacien de Paris en a préparé un extrait sous le nom de cubébine , dont l’administration est beaucoup plus facile; il a publié son travail dans le Journal des Connaissances médicales. L’efficacité du cubèbe dans la gonorrhée ne saurait être contestée aujourd’hui, et c’est un nouveau moyen à ajouter à ceux que l’on possédait déjà; quoiqu’il irrite peut-être davantage l’estomac que le copahu, il ne produit pas chez les malades l’extrême répugnance que détermine ce dernier médicament.
cubital ( anat .), adj., qui a rapport au cubitus. Il existe deux muscles cubitaux: le cubital antérieur est situé à la partie interne de l’avant-bras, il s’attache supérieurement à la tubérosité de l’humérus et à l’olécrâne; inférieurement il se fixe à un os du poignet, nommé pisiforme . ce muscle fléchit la main sur l’avant-bras, et la porte en dedans. Le cubital postérieur est situé en arrière et en dedans de l’avant-bras, il s’attache en haut T. I.
à la tubérosité de l’humérus , et en bas au cinquième os du métacarpe : c’est celui qui correspond au petit doigt, il étend la main et l’incline en dedans. L’artère cubital est une des divisions de l’artère brachial; elle commence au-dessus du pli du bras, et passe en avant et à la partie interne de l’avant-bras , pour aller former dans la paume de la main l’arcade palmaire. Il existe aussi des veines cubitales profondes, superficielles, et récurrentes cubitales.— Lenerf cubital est situé en dedans de l’avant-bras; il se rend dans la paume de la main, où il fournit des filets nerveux aux deux derniers doigts : c’est la compression de ce nerf qui occasionne une si vive douleur , lorsque l’on se heurte à la partie interne du coude; on sait aussi que la douleur s’en fait sentir surtout dans le petit doigt.
Il y a aussi un os cubital, qui est un de ceux qui concourent à former le poignet. J. B.
cubitus (anat.), s. m., ulnus, os du coude. Deux os entrent dans la composition de l’avantbras : le radius en dehors et le cubitus en dedans. Ce dernier est un os long, prismatique et triangulaire, autour duquel pivote le radius dans les mouvements de pronation et de supination. Son extrémité supérieure , beaucoup plus grosse que l’inférieure , présente en arrière une saillie, l’apophyse olécrane, qui forme la partie pointue du coude ; en avant , existe une autre saillie nommée apophyse coronoïde; entre deux l’on voit une grande échancrure appelée sygmoïde , qui est en rapport avec l’os du bras. En bas, le cubitus s’articule avec le métacarpe, et présente en dedans une petite éminence, l’apophyse styloïde, que l’on peut sentir un peu au-dessus du poignet. Ce même os est de plus en rapport avec le radius au moyen d’une petite surface articulaire placée à chacune des extrémités. De nombreux muscles l’entourent ou s’y insèrent. (Pour les maladies du cubitus, voyez Avant-bras, Coude (Maladies du). J. B.
cuboïde (anat.) , s. m. C’est un os court qui fait partie du pied et dont le nom indique suffisamment la forme , il est situé à la partie externe du pied, et il s’articule en arrière avec le calcanéum, en avant avec les deux derniers os du métatarse, et en dedans avec le troisième os cunéiforme, il concourt à former la partie du pied nommée tarse. J. B.
cucurbitacées (bot.). Y. au Supplément.
cuisiniers (Maladies des) (hyg. et path.) Toutes les nations ont voulu avoir leurs cuisiniers destinés à préparer les mets et à en relever le goût par les assaisonnements. La Grèce en était remplie, si l’on en exempte les sobres Lacédémoniens ; il y en avait chez tous les gens riches et chez tous les traiteurs. L’entrée qu’ils avaient chez les grands pour y exercer leur métier les rendait d’une arrogance insupportable. Athénée nous en rapporte un très-grand nombre d’exemples tirés de plusieurs auteurs qui avaient écrit longtemps avant lui ; il cite un passage de Sosipates où il introduit un cuisinier qui dit, en vantant son art, que pour y réussir il faut êlre bon naturaliste pour distinguer les goûts et les vertus
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des aliments; astrologue pour servir chaque chose dans sa véritable saison ; médecin pour ménager la santé des conviés par rapport à leur âge, leur tempérament et leurs conditions: architecte pour se ménager du jour dans sa cuisine et y éviter la fumée; géomètre pour poser et arranger les plats avec ordre et symétrie sur la table. Le même auteur rapporte plusieurs autres passages de différents auteurs qui parlent tous des cuisiniers avec autant d’exagération.
Les Romains firent d’abord profession d’une si grande frugalité, qu’ils furent longtemps sans avoir de cuisiniers. Ce fut à l’époque où le luxe s’introduisit à Rome que les cuisiniers commencèrent à devenir nécessaires, mais ils furent encore si peu communs, qu’aucun Romain n’en avait d’ordinaire en sa maison , et quand ils en avaient besoin il les louaient à la journée dans le marché public. Les choses ne demeurèrent pas longtemps dans cette modération : peu de temps après la seconde guerre Punique et au retour des conquêtes de la Grèce et de l’Asie, le luxe des tables commença à s’établir à Rome; les gens de bonne chère mirent en usage avec grand soin tout ce que deux fameux gourmands avaient inventé pour satisfaire le goût avec le pins de volupté. Archestrate, dans sa Gastronomie ou Lois du ventre, dit ' qu’il ne composa ce livre qu’après avoir fait tout le ! tour de la terre pour chercher le lieu où l’on tenait la meilleure table.
La France a eu aussi ses différentes époques de
parcimonie e t de prodigalité, etseslois somptuaires
pour régler la dépense des repas et en retrancher l’excès. On ne connaissait autrefois à Paris d’autres cuisiniers que les vinaigriers pour les sauces ou ragoûts ; les pâtissiers pour les volailles et le gibier; les rôtisseurs et les charcutiers pour la grosse chair. L’on conçoit sssez que ce partage n’était pas commode; cela fit naître l’envie à quelques particuliers élevés dans ces professions, d’en réunir les fonctions et d’entreprendre des repas. Ce fut Henri IV qui en forma mie communauté et les mit au nombre des métiers jurés sous le titre de maîtres-queux, et leur accorda des statuts de même qu’aux autres corps de métiers au mois de mars 1599.
Les cuisiniers sont exposés à plusieurs maladies : les vapeurs du charbon, la chaleur étouffante des cuisines pendant l’été leur donnent des céphalalgies presque habituelles, des lassitudes, des congestions sanguines vers la tête; plusieurs d’entre eux périssent d’apoplexie et quelques-uns d’asphyxie; l’attitude debout les rend sujets aux varices et aux ulcères des jambes.
M. Alibert rapporte que les cuisiniers sont particulièrement disposés à contracter la dartre crustacée flavescente, et que la plupart éprouvent un prurit brûlant dans tous les membres.
Les cuisiniers se font souvent des brûlures en maniant les charbons, en tirant avec la main des pièces de chair d’une marmite bouillante ou des poissons de la friture, etc.
Nous avons connu plusieurs cuisiniers affectés de phthisie pleurétique, tabes pleur etica, causée par une pleurésie chronique ; nous avons inter-
rogé un de ces cuisiniers affecté de cette espèce de phthisie , et il nous a assuré que son affection tenait à une espèce de brûlure permanente dans la cavité thoracique, produite, selon lui, par la réverbération du feu des fourneaux de sa cuisine. Il était excessivement amaigri, et mourut à l’âge de 30 ans.
Il n’est pas facile de préserver les cuisiniers des inconvénients de leur métier; on peut cependant leur recommander l’usage habituel de guêtres lacées pour empêcher le développement des varices aux jambes. Pour dissiper leurs maux de tête et leur procurer de l’appétit, ils doivent bien ventiler leur cuisine et faire del’exercice en plein air. Les rôtisseurs, traiteurs, restaurateurs, sont exposés aux mêmes maladies que les cuisiniers. Les cuisiniers mangent peu au milieu des mets les plus succulents ; une espèce de dégoût les empêche d'y toucher ; il est certain qu’ils absorbent une certaine quantité de molécules nutritives répandues dans l’atmosphère de leurs officines, ce qui leur donne l’embonpoint dont quelques-uns sont [pourvus; mais si l’on y fait attention, on aperçoit facilement, qu’ils n’ont pas le teint fleuri des bouchers; leur visage conserve quelque chose de pâle et de blafard, leur chair reste molle, ils ont plutôt de la bouffissure que de la graisse. Si les cuisiniers mangent très-peu, eu revanche, ils paraissent aimer beaucoup la boisson, ce qui convient fort peu à leur santé. A. Chevallier et S. Furnari.
cuillerée ( thérap .), s. f. Ce que peut contenir une cuiller ; une cuillerée à café contient 5 gr. d’eau commune et une cuillerée à bouche 20 gr.; une cuillerée de sirop environ 30 gr.
CâlSSART ( chir .), s. m. On donne ce nom à un instrument destiné à remplacer l’extrémité inférieure après l’amputation de la cuisse : c’est une espèce de jambe de bois. J. B.
cuisse ( anat .), s. f. C’est la partie des membres abdominaux comprise entre le bassin et le genou. Elle est bornée supérieurement : par le pli da l’aine en avant, par celui de la fesse en arrière, par le périnée en dedans, par la hanche en dehors; elle est terminée inférieurement par le genou et le creux du jarret. La cuisse a la forme d’un cône renversé, irrégulier , sur lequel on remarque un léger sillon dirigé obliquement du pli de l'aine à la partie interne de ce membre. C’est le trujet de l’artère crurale ou fémorale.
La cuisse est composée d’un seul os, autour duquel viennent se grouper de nombreux et puissants muscles. Cet os, nommé fémur , le plus grand et le plus fort du squelette do l’homme, n’occupe pas le centre ou plus exactement l’axe de la cuisine; il est beaucoup plus près de la peau en dehors et en avant qu’en dedans et en arrière. Son extrémité supérieure, formée par une lête arrondie , s’articule avec l’os innommé; son extrémité inférieure, renflée par deux tubérosités appelées condyles , repose bout-à-bout sur le tibia , dont elle u’est séparée que par des cartilages inter-articulaires. Le corps de l’os unique de cette portion des membres pelviens est légèrement arqué en dedans, d’où résulte une courbure qui fait saillir en dehors la partie moyenne de la cuisse.
Les masses musculaires, qui enveloppent inégalement le fémur, à raison de la disposition que
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nous venons de signaler, sont unies entre elles par un tissu cellulaire plus ou moins lâche, et susceptible d’admettre une certaine quantité de graisse dans ses aréoles.
Une artère considérable, sortant de l’arcade crurale, dont elle porte le nom, descend obliquement, en jetant des branches profondes, le long de la partie antérieure, puis interne, puis postérieure de la cuisse, distribuant partout, sur son passage , le sang , la chaleur et la vie. Des veines ramènent ce sang des extrémités , quand il a fourni aux organes les matériaux de leur nutrition. Une multitude de vaisseaux lymphatiques accompagnent ces artères et ces veines, et souvent les embrassent comme fait un lierre autour de l’arbre qui lui sert de support.
Les principaux nerfs de la cuisse sont : le crural qui sort du bassin avec la grosse artère, l’obturateur qui avoisine les vaisseaux du même nom , et le grand nerf sciatique qui seul en parcourt la face postérieure.
Ces trois nerfs et leurs divisions animent toutes ces parties, chacune retenue dans sa position respective par sa conformation et parle tissu cellulaire ambiant, et toutes ensemble contenues par une enveloppe commune en manière de demicaleçon : c’est l’aponévrose fascia lata , membrane fibreuse d’un tissu extrêmement serré et capable d’une grande résistance. La veine saphène interne ou grande saphène rampe entre cette aponévrose et la peau. On y voit aussi quantité de vaisseaux lymphatiques et des ganglions dont les plus remarquables sont ceux qu’on a improprement nommés glandes inguinales. Il faut encore indiquer les filets nerveux , pour la plupart sous-cutanés, qui naissent des nerfs lombaires et sacrés.
La peau qui recouvre la cuisse est plus ferme , plus épaisse et moins lisse, en dehors et en arrière qu’en dedans et en devant.
Proportion gardée, cette partie des membres inférieurs prend plus de développement chez la femme que dans l’homme, ce qui provient de la plus grande abondance du tissu cellulaire et surtout de la plus grande amplitude du bassin et de l’écartement des fémurs. Chez l’homme, la surface antérieure et externe de la cuisse est communément plus ou moins fournie de poils.
Les cuisses concourent, avec les jambes, à la station, à la marche , à la course , au saut , en un mot à tous les genres de locomotions exécutés par les membres inférieurs.
F. E. Plisson, Docteur en médecine.
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quelquefois par des médecins peu attentifs , pour des taches syphilitiques.
Fracture de la cuisse. L’os de la cuisse, le fémur , quoique entouré de muscles épais , se casse assez fréquemment, ce qui tient à sa longueur et à la disposition de sa partie supérieure, qui forme un angle obtus avec la direction du reste de l’os en présentant au-dessous de la tête du fémur une portion rétrécie nommée col. On distingue d’après cela les fractures du corps du fémur et celles de son col.
Les premières s’observent le plus fréquemment à la partie moyenne de l’os. Elles reconnaissent pour causes une action directe telle qu’un coup , le passage d’une roue de voiture , etc. , ou bien un contre- coup, comme par exemple une chute sur les pieds; la courbure naturelle de l’os est alors exagérée, et par suite la fracture survient. Elles peuvent présenter au reste les complications et les variétés de forme qui seront indiquées à l’article général fractures. Les signes auxquels on les reconnaît sont les suivants : la cuisse est souvent déformée ; et comparée à la cuisse saine elle forme une courbure anormale, à moins que la fracture ne soit transversale comme cela arrive chez les enfants; il y a raccourcissement du membre, et le fragment inférieur est tiré en haut et en dedans; en soulevant le membre blessé, on sent une crépitation et une mobilité non naturelle. Enfin, quoique ce dernier signe soit moins certain , le blessé ne peut remuer la cuisse malade. Lorsque la fracture a son siège tout près du genou , le fragment inférieur est entraîné en arrière par l’action des muscles de la partie postérieure de la jambe.
Le nombre et la force des puissances musculaires de la cuisse et l’obliquité très -fréquente de ces fractures rendent leur guérison sans difformités assez difficile, surtout lorsqu’elles ont leur siège vers les extrémités articulaires de l’os.
La réduction s’opère d’après la règle ordinaire (voy. Fractures ) ; la difficulté est de maintenir exactement les fragments en place pendant le temps nécessaire à leur consolidation. On emploie le plus souvent dans ce but l’appareil de Desault, Sans entrer dans une description de ce bandage qui serait inintelligible pour le lecteur sans le secours de planches , nous dirons qu’au moyen de deux attelles latérales dont l’une prend son point d’appui entre les cuisses, tout le membre inférieur est placé dans un état d’extension forcée, destinée à combattre l’action des muscles qui tendent à tirer en haut le fragment inférieur. Dans cet appareil le membre est tendu ; Dupuytren , au contraire, faisait fléchir la jambe sur la cuisse en maintenant le membre dans cette position au moyen d’un double plan incliné formé par plusieurs oreillers. Le pied était retenu au bas du lit par un lien, et le double plan incliné devait être assez élevé pour que le bassin ne reposât pas sur le lit et que le poid du tronc fît ainsi une extension perpétuelle. Il existe encore une foule d’appareils proposés , mais moins usités que les précédents. Cette fracture exige pour sa consolidation quarante à cinquante jours.
cuisse (maladies de la). Cette portion du membre inférieur peut être le siège d’abcès chauds, froids , ou par congestion , de tumeurs , de varices , etc., qui ne présentent rien de particulier; nous avons déjà décrit au mot coxalgie une maladie particulière à la tête du fémur. Les fractures et les luxations vont seulement nous occuper ici; nous remarquerons pourtant en passant que chez les femmes qui font un usage habituel de chaufferettes, la peau de la partie interne des cuisses présente des marbrures jaune foncé , qui ont été prises
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2° Les fracturesdu col du fémur, assez fréquentes chez les vieillards , sont presque toujours produites par contre-coups dans une chute sur la hanche ou sur la plante des pieds. On a quelquefois delà peine àlesreconnaîtreàcausede l’épaisseur des parties molles qui recouvrent le lieu lésé. Les signes les plus constants sont le raccourcissement du membre , et l’impossibilité de le mouvoir ; le pied est tourné en dehors , et lorsqu’on imprime un mouvement de rotation à la cuisse, le grand trochanter y participe sans décrire comme dans l’état normal un arc de cercle dont le col et la tête du fémur sont le rayon ; la crépitation se perçoit aussi fréquemment.
Il est presque impossible d’obtenir la guérison de cette fracture sans que le raccourcissement du membre persiste plus ou moins; le temps nécessaire pour la consolidation est aussi plus considérable que dans un simple cas de fracture du corps du fémur; souvent même la réunion n’a pas lieu et il se forme une fausse articulation; le traitement est à peu près le même que pour la fracture du corps du fémur. L’extention continue doit être faite avec soin si l’on veut avoir le moins de raccourcissement possible.
Luxations de la cuisse. Par suite d’un coup , d’une chute , ou d’un choc violent , l’extrémité supérieure du fémur, nommée comme nous l’avons dit, tête de cet os, peut abandonner sa cavité articulaire (la cavité cotyloïde) ; c’est cet accident qui constitue la luxation ou le déboîtement de la cuisse. Le déplacement peut se faire suivant les différents côtés de l’articulation, et d’après cela on compte en général six espèces de luxations de la cuisse ; les plus communes de toutes sont la luxation en haut et en dehors et celle qui a lieu en bas et en dedans; puis vient ensuite la luxation en haut et en avant; celles qui s’effectuent en bas et en arrière^ ou bien directement en bas ou directement en arrière, sont très-rares.
Dans la première espèce en haut et en dehors , la tête de l’os vient se placer en remontant dans l’épaisseur de la fesse au devant de Vos iliaque; de sorte qu’indépendamment des signes généraux des luxation , on observe dans ce lieu une tumeur saillante formée par cette tête de l’os ; en même temps , le membre-est plus court que celui du côté opposé; la cuisse et la jambe sont fortement portées en dedans et on ne peut tenter de les tourner en dehors sans exciter de vives douleurs. Dans la luxation enbaset en dedans, la tête du fémur s’abaisse au contraire en dedans et vient se loger dans le trou dit sous-pubien. Le membre est alors allongé, le pied est tourné en dehors , et le pli de la fesse abaissé. Enfin on peut sentir en dedans du haut de la cuisse une tumeur formée par la tête de l’os.
Dans celle qui a lieu enhaut et en avant, la tête du fémur se place sur la branche horizontale du pubis, en formant à l’aine une tumeur dure et arrondie très-distincte ; le membre en même temps est raccourci , un peu étendu et fortement tourné en dehors. Nous ne parlerons pas des autres espèces de luxations, qui sont très -rares. Le traitement de ces luxations consiste à les réduire, c’est-
â- dire à ramener, au moyen de tractions suffisantes, la tête de l’os à sa place. Le chirurgien a besoin ici de connaissances anatomiques précises, pour bien diriger les aides dans leurs efforts. Ordinairement le malade est retenu par deux personnes vigoureuses et par un drap plié en deux, lequel passant par le pli de l’aine du côté non blessé, vient s’attacher à un anneau ou à une barre fixe. Un nombre d’aides suffisant tirent sur la jambe au moyen de lacs convenablement fixés; le chirurgien, placé en dehors du membre, dirige leurs mouvements et pratique la coaptation, quand le moment est venu. La direction des tractions et les divers mouvements des aides varient suivant le sens du déplacement.
Les tentatives les plus méthodiques pour réduire une luxation échouent quelquefois ; il ne faut pas alors fatiguer le malade par des tractions réitérées ; on calmera l’irritabilité des muscles par des bains et des saignées; et après avoir remédié aux autres causes de l’insuccès, on recommencera les tentatives le lendemain ou quelques jours après. L’emploi du chloroforme dans ces cas produit un relâchement musculaire qui favorise la réduction et qui évite de remettre l’opération. J. -P. Beaude.
cuisson (pat h.), s. f. On donne ce nom à une i douleur brûlante déterminée soit par une brûlure légère, la piqûre des orties ou toute autre cause que l’on ne pourrait indiquer ici. Le caractère de cette douleur s’explique facilement par son nom ; on la calme ordinairement par des applications d’eau fraîche. (V. Douleurs.) J. B.
cuivre ( chim .), s. m. Le cuivre est un métal que l’on peut trouver à l’état de pureté dans la nature, mais qui ordinairement est combiné avec l’oxigène et des acides ; il forme alors le vert-degris naturel, la malachite, le bleu des montagnes, qui sont des carbonates de cuivre : c’est ce carbonate qui colore en bleu les turquoises; combiné avec l’acide sulfurique , il forme le sulfate de cuivre (couperose bleue , vitriol bleu) ; combiné avec le soufre, il forme la pyrite de cuivre, etc.; le vert-de-gris artificiel (sous-acétate de cuivre), les cristaux de Vénus ou verdet cristallisé , sont des composés cuivreux ; toutes ces substances sont vénéneuses. L’empoisonnement qui résulte de leur introduction dans l’économie est très-fréquent , et par conséquent nous devrons nous en occuper avec soin dans cet article, où nous ne parlerons que des préparations qui sont quelquefois employées en médecine, de celles qui se forment sur les robinets eu cuivre, les ustensiles de cuisine, et qui , employés dans les arts , se trouvent par conséquent à la portée de tout le monde. Le cuivre pur est rouge, brillant, et prend une odeur très-marquée par le t frottement; si on le fait chauffer, il fond à 1044® th. c., il pèse près de neuf fois autant que l’eau.
Exposé à l’air, il se ternit en absorbant l’oxygène, mais bientôt il en absorbe aussi l’acide carbonique et l'humidité, et passé à l’état de carbonate de cuivre ou vert-de-gris. Si on verse sur ce métal une goutte ou deux d’eau-forte (acide nitrique), il se produit un bouillonnement; on voit paraître des vapeurs rouge-orangé , d’une odeur
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très-désagréable, nauséabondes , le cuivre disparaît et il reste une liqueur bleue qui est du nitrate de cuivre. Le cuivre jaune n’est pas du cuivre pur, c’est un alliage avec le zinc ou l’étain, tel est le laiton, le similor, l’or de Mauheim, le chrysocale, etc.
Deutoxyde de cuivre [œs ustum). Le deutoxyde de cuivre est brun lorsqu’il est sec; il sera facile de le reconnaître. En effet : 1° il se dissout sans effervescence dans l’acide sulfurique affaibli , et on obtient une liqueur bleue (V. Sulfate de cuivre ); 2® il se dissout dans l’ammoniaque (alcali volatil) et donne à ce liquide une belle couleur bleue ; 3® il est insoluble dans l’eau.
Carbonate de cuivre (vert-de-gris naturel). C’est ce corps qui se forme sur la surface des robinets ou des casseroles, et autres ustensiles de cuisine, sur le laiton, sur les bronzes antiques, où il prend le nom de 'patine , etc. Il a une couleur vert clair, se dissout bien dans l’ammoniaque qu’il colore en bleu, et si on le traite par l’acide sulfurique affaibli, il se dissout, donne une liqueur bleue, mais sa dissolution s’opère avec effervescence.
Sulfate de cuivre (couperose bleue, vitriol bleu, vitriol de Chypre). Ce sel est d’une belle couleur bleue, il a une saveur styptique, métallique, âcre, et cristallise en rhomboïdes ; il se présente aussi lorsqu’il a été brisé sous la forme de petits fragments cristallins bleuâtres ; s’il est réduit en poudre, sa couleur bleue est moins foncée, et si on chauffe un peu dans cet état, il devient blanc en perdant son eau; il suffit de verser quelques gouttes d’eau sur cette poudre pour lui faire reprendre la couleur bleue; il est donc évident que îa couleur bleue des cristaux de sulfate de cuivre est due à l’eau qu’ils renferment. Ce sel se dissout facilement dans l’eau, et la dissolution est d’une belle couleur bleue. On la reconnaîtra à l’aide des caractères suivants : 1® elle fournit par la potasse caustique un précipité bleu d’oxyde de cuivre bydraté; si on chauffe ce précipité, il perd son eau et devient brun (oxide sec); 2® l’ammoniaque qu’on y verse en petite quantité donne également un précipité bleu; mais si on ajoute un peu d’acali volatil, il se dissout et on obtient un liquide d’un très-beau bleu, c’est du sulfate de cuivre ammoniacal (eau céleste) , c’est ce liquide bleu que l’on voit dans des bocaux placés près des vitraux des pharmaciens ; 3® le prussiate de potasse et de fer (cyanure de potassium et de fer) y produit un précipité brun marron, cramoisi; ce réactif est le plus sensible de tous ceux qu’on emploie pour constater la présence d’un sel de cuivre ; 4® l’eau de baryte la décompose, et il se forme un précipité bleu blanchâtre, formé de sulfate de baryte et d’oxyde de cuivre bleu, si on ajoute un peu d’acide nitrique, on dissout l’oxyde de cuivre qui bleuissait le précipité, et celui-ci devient tout à fait bleu; l’arsénite de potasse y produit un précipité vert pré ; 5® si on plonge dans cette dissolution une lame de fer bien décapée , elle se couvre d’une couche de cuivre rouge, d’où il suit que le fer s’est oxidé aux dépens de l’oxyde de cuivre, et qu’ainsi oxidé , il s’est combiné avec l'acide du sulfate de cuivre. L’acide hydrosulfurique et les hydrosulfates le précipitent en noir ;
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mais ces deux derniers réactifs, agissant d’une manière analogue sur d’autres substances, doivent être regardés seulement comme complémentaires.
La dissolution de sulfate de cuivre peut être assez étendue d’eau pour ne plus précipiter par la potasse, ou la soude , ne plus donner par l’eau de baryte qu’un précipité blanc. Sa coloration est à peine bleuâtre, elle peut être nulle même; alors pour reconnaître la présence du cuivre , il faut y verser un peu d’ammoniaque qui lui donne une couleur bleue, et surtout se servir du prussiate de potasse et de fer qui la colore en rouge, et y produit au bout d’un certain temps un précipité brun marron. Dans le cas où le sulfate de cuivre serait mêlé au pain, ce qui arrivait quelquefois , car certains boulangers en ont mis dans leur pâte pour faciliter la panification, il faudrait incinérer celui-ci après l’avoir desséché , verser sur le résidu de l’acide sulfurique faible , filtrer, et avoir recours aux moyens ci-dessus indiqués pour reconnaître une dissolution de sel de cuivre.
Sulfate de cuivre ammoniacal. Il est d’une belle couleur bleu céleste. On a conseillé de l’employer comme émétique dans l’empoisonnement par les narcotiques ; mais il est tellement vénéneux , et peut être si bien remplacé dans ces cas, qu’il doit être rejeté; on a également conseillé son usage et celui du sulfate de cuivre , dans l’épilepsie , l’hydropisie, etc. ; mais son emploi mal dirigé expose à des accidents trop graves, et l’on doit toujours pour l’employer avoir recours au médecin.
Nitrate de cuivre. Il est en cristaux bleus : ce sont desparallélipipèdes allongés, ou des aiguilles prismatiques, il est déliquescent, se dissout trèsbien dans l’eau. (Voy., pour la dissolution, les caractères ci-dessus indiqués.) L’eau de baryte forme un précipité bleu non mélangé de blanc.
Vert-de-gris ; ver det gris; sous- acétate de cuivre. Ce vert-de-gris diffère essentiellement de celui qui se forme sur les instruments de cuivre, la monnaie de billon, etc. ; en effet, il est formé d’acétate de cuivre et de deutoxyde de cuivre hydraté ; c’est lui qu’on fabrique aux environs de Montpellier, en faisant réagir le marc de raisin sur des lames de cuivre. On le trouve dans le commerce, ou bien en poudre d’un vert bleuâtre, ou sous la forme de masses de la même couleur, dans lesquelles on trouve des rafles , des pépins de raisins. Si on le fait chauffer jusqu’au rouge, il se décompose, donne du cuivre métallique, un peu de protoxyde de cuivre qui reste dans la cornue ou le tube dans lesquels on l’a chauffé, et il se dégage de l’acide acétique (vinaigre radical), de l’esprit pyroacétique, de l’eau, etc.; si on le traite à froid par l’acide sulfurique, il devient blanc et répand des vapeurs qui ont l’odeur du vinaigre radical ; si on le traite par l’eau, il ne se dissout qu’en partie, et il reste un dépôt formé par de l’oxyde de cuivre , qui est brun si on l’a fait bouillir pendant quelque temps. La dissolution qui est bleue fournit avec l’eau de baryte un précipité bleu d’oxyde de cuivre non mélangé de blanc; pour les autres caractères qui servent à le faire reconnaître, Y. Sulfate de cuivre.
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