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no traite point à fond pour différentes causes : soit parce que le malade lui -même s’oppose à une cure radicale; c’est ce qui fait qu’on se borne à la ponction de l’hydrocèle, lorsqu’on ne peut déterminer le sujet à une autre opération nécessaire pour obtenir la guérison définitive; soit pareillement quand il n’y a aucun inconvénient â différer quelques lemp , et que des affaires importantes, un voyage indispensable ou des devoirs impérieux, empêchent un malade de suivre exactement un traitement plus ou moins compliqué; soit encore lorsque la saison n’est pas favorable , comme il arrive quelquefois pour des syphilis invétérées, des dartres rebelles, etc.
La cure radicale ou définitive est celle qui procure une guérison complète de la maladie. Tous les efforts du médecin tendent à l’obtenir toutes les fois que la chose est possible , et sans danger; car s’il se présente de temps à autre, dans la pratique de la médecine , des occasions d’appliquer cet adage de Celse : melius anceps remedium quam nullum, on ne saurait non plus prendre trop de précautions et user do trop de prudence pour que le remède ne devienne pas pire que le mal, maxime parfaitement sage qu’il faut toujours poser en principe comme règle de conduite , et dont l’homme de l’art instruit et consciencieux ne dé vie, ne s’écarte en aucune circonstance.
Parmi les autres préceptes que le médecin praticien doit toujours avoir présents àl’esprit, il en est un que les anciens lui ont fortement recommandé, c’est de mettre tous ses soins, autant que cela peut dépendre de lui , à guérir son malade , comme ils disaient citô, tutô etjucundè, c’est-âdire promptement, sûrement et agréablement.
Pour remplir la première de ces conditions (citô), il ne faut négliger aucune occasion d’agir à propos, et d’employer les moyens que l’observation et l’expérience ont démontré être les plus propres à faire cesser le mal ; sans perdre de vue, cependant, qu’il peut quelquefois être dangereux de le faire avorter trop subitement ou de \e juguler, pour nous servir de l’expression de Galien. C’est, au surplus, une question qu’il importe toujours de peser mûrement avant de rien entreprendre.
On aura complètement réussi à atteindre la deuxième [tutô) , si les agents auxquels on a eu recours ont amené une guérison exemple de récidive, et ont rétabli le malade dans un état de sauté parfaite.
Enfin , s’il n’est qu’assez rarement permis de parvenir à accomplir entièrement la troisième ( jucundè ), elle peut fort souvent du moins être obtenue en partie. Les droits de l’humanité s’accordent très-bien en cela avec l’exigence de l’art, qui enseigne qu’on doit presque toujours recourir de préférence aux moyens les plus simples, les plus inoffeusifs, et ne se décider à l’usage de plus violents que lorsqu’il y aurait quelque danger réel à s’en interdire l’emploi, ou lorsqu’on n’a aucun espoir raisonnable de guérir sans eux.
Il y aurait sans doute beaucoup d’autres considérations à ajouter au sommaire de celles que nous présentons dans cet article, mais, restreints
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que nous sommes parla forme même de ce livre , nous renvoyons, pour ce complément, le lecteur au mot Traitement. F.-E. Plisson.
curette ( chir .). On donne ce nom à un intrument qui a la forme d’une cuiller qui sert à extraire des corps étrangers : il y a des curettes de divers volumes et de diverses formes. J. B.
cutané ( anat .). V. au Supplëm. et à Peau.
cyanogène ( chim.).V . au Supplément.
cyanose ( path .), s. f. La cyanose est une maladie ou un accident grave qui tire son nom d’un symptôme , la coloration bleuâtre ou violette de la peau. Les lèvres, le visage, les mains, les pieds sont plus particulièrement le siège de cette couleur bleue ou cyanique plus ou moins apparente ensuite sur les autres parties du corps. La teinte des veines, sous la peau , nous en donne une idée d’autant plus exacte, que la cyanose elle-même reconnaît essentiellement pour cause un vice de la sanguification , produit soit par le mélange anormal du sang veineux avec le sang artériel , soit par défaut d’oxygénation du premier dans les organes pulmonaires. La cyanose suppose nécessairement une lésion grave dans la circulation ou la respiration, ou dans l’une et l’autre à la fois de ces fonctions éminentes. Pour la première, c’est la conservation ou le rétablissement du trou de Botal ou du canal artériel qui existe normalement chez le fœtus, et se ferme à la naissance , ou une communication accidentelle entre les cavités du cœur, ou un anévrisme de l’oreillette ou du ventricule droit de cet organe, ou enfin une communication quelconque entre des troncs vasculaires qui donne lieu au mélange du sang veineux avec le sang artériel. La cyanose par vice de respiration ou défaut d’oxygénation du sang, sans lésion du centre ou des canaux circulatoires, s’observe dans l’asphyxie par manque d’air respirable ou altération des poumons. Elle marque le plus haut degré du choléra asiatique.
La cyanose, nous l’avons déjà dit, est un signe grave puisqu’elle dénote une lésion dangereuse de la circulation ou de la respiration; dans cet état, les chances de longévité sont peu probables; cependant la vie peut se maintenir plusieurs années. Il est bien entendu que nous n’appliquons pas ce pronostic à la cyanose éphémère, qu’on pourrait appeler aiguë , telle qu’on la remarque dans les accidents d’asphyxie. Il ne faudrait pas confondre avec elle , les taches bleues , violettes , livides et circonscrites , altérations simplement locales de la peau, ou indices d’une affection scorbutique.
Les inductions physiologiques à priori et mieux encore les ouvertures des corps ont jeté un jour satisfaisant sur les modifications organiques auxquelles se lie la cyanose; ce sont ces causes occasionnelles qui sont à peu près ignorées. Comment pourrait-il en être autrement , puisque , le plus souvent , on apporte la maladie en venant au monde? Qu’est-ce qui empêche, à la naissance, l’occlusion naturelle du trou de Botal et du conduit artériel, etc.? Cependant, la physiologie nous indique que les efforts de voix, de respiration, les mouvements forcés, les compressions fortes de la
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poitrine pourraient amener ce résultat. Que dirons-nous du traitement? Le simple énoncé des causes ne révèle-t-il pas déjà son impuissance? avons-nous des moyens de suspendre une communication anormale ou accidentelle entre les cavités du cœur; d’empêcher une grosse veine, mal dirigée , de s’ouvrir dans une artère principale, etc. ? Que faire donc? pallier le mal autant que possible, et ici les lumières physiologiques et l’expérience s’accordent parfaitement pour recommander un air pur et agréablement tempéré, le repos ou un exercice paisible , l’éloignement des fatigues et des émotions, un régime sain, varié d’ailleurs selon les habitudes et les goûts, la modération en toutes choses. Quand il survient des redoublements, que la circulation et la respiration s’embarrassent plus que de coutume, on adopte le repos absolu , on prend des bains de pieds, quelques cuillerées d’une potion anti-spasmodique, on se fait pratiquer des frictions sur tout le corps; parfois la saignée est nécessaire. Nous n’avons pas besoin de dire qu’il n’est pas ici question de la cyanose par asphyxie, ni de celle du choléra. (V. ces mots.)
A. Lagasquie, Docteur en médecine . membre de la commission d'Égypte.
cyanures (chim.) s.f. pl. Ce sont des corps formés par le mélange du cyanogène et d’une base; ils étaient désignés autrefois sous le nom de prussiates et d’hydro-cyanates. ( V. Hydro- cyanique , Acide.) 3. B.
cynoglosse (bot.) , s.f. (du grec kuôn, kunos, chien, et de glossa, langue ; langue de chien) Nom donné à cette plante à cause de la forme de ses feuilies qui se rapprochent de celle de la langue d’un chien ; la cynoglosse appartient à la famille des Borraginées J. Pentandrie monogynie L. C’est une plante annuelle ou bisannuelle qui se trouve dans toute l’Europe ; sa racine est grosse, fusiforme, d’un noir rougeâtre en dehors , blanchâtre en dedans, d’une saveur fade et désagréable. La tige est velue, rameuse, garnie de feuilles alternes, lancéolées, oblongues et couvertes de poils; elles sont d’un vert blanchâtre et d’une odeur de bouc. La racine et l’herbe de cette plante sont employées comme calmants et narcotiques; on en prépare des pilules sous le nom de pilules de cynoglosse; mais il est à remarquer qu’elles ne doivent leur propriété narcotique qu’à l’opium qui entre dans leur composition pour environ un sixième J. B.
c ynorrhodon ( bot .), s.mas. ( du grec kuôn, kunos, chien , et rhodon, rose), nom ancien donné à l’églantier ou rosier sauvage que l’on nommait rose de chien. On donne aujourd’hui le nom de cynorrhodon au fruit de cet arbrisseau qui se rencontre à chaque pas dans nos campagnes : ce fruit est ovoïde, d’un rouge vif, et contient en outre une douzaine de petites semences recouvertes de poils rudes et courts. Ce fruit est astringent. On prépare la conserve de cynorrhodon, qui est quelquefois employée en médecine, en faisant mari ■ ner dans du vin blanc et pilant ces fruits avant
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leur parfaite maturité, en ayant soin de les débarrasser de leurs poils et de leur semence intérieure ; une partie de cette pulpe est mêlée avec une partie et demie de sucre et rapprochée à la chaleur jusqu’à consistance un peu épaisse. Dans cet état, cette conserve se garde bien, et elle peut être employée à la dose de deux gros à une once dans les diarrhées qui existent depuis quelque temps sans symptômes bien vifs d'inflammation. J. B.
cypbose ( chir .), s. f. C’est la déviation de la colonne vertébrale en arrière. Y. Dachis.
cystalgie ( méd .), s. f. Douleur nerveuse de la vessie. V. Nevalgie.
cysticek.çue (zool.). V. Hydatides.
cystiçue (anat.), adj. (du grec kustis , vessie). Se dit des organes qui ont rapport à la vésicule biliaire ou vésicule du foie. Le conduit qui verse la bile de ce réservoir dans le canal cholédoque a reçu le nom de conduit cystique , et l’artère qui se distribue à la vésicule porte le nom d’ artère cystique. (Y. Bile.) J. B.
cystite {méd.), s. f, La vessie, réservoir mem • braneux de l’urine, s’enflamme quelquefois, et cet accident porte le nom de cystite. Cette inflammation vésicale peut être aiguë, chronique, affecter les trois tuniques de la vessie ou seulement la membrane interne , qui est une membrane muqueuse, et, dans ce dernier cas, elle prend plus particulièrement le nom de catarrhe vésical.
La cystite aiguë est une maladie assez rare à laquelle prédisposent davantage , l’âge adulte , le sexe masculin , la vigueur du tempérament , l’hiver et les climats froids. Ses causes déterminantes principales sont : les contusions et les plaies au bas-ventre, l’exercice forcé chez les calculeux , les cantharides appliquées à la peau ou ingérées, l’usage abusif des diurétiques salins, âcres; les injections irritantes, caustiques dans la vessie, l’extension d’une blennorrhagie ou inflammation uréthrale , les rétentions d’urine , les abus vénériens. La cystite provient aussi quelquefois de causes maladives générales , comme la suppression d’une évacuation anormale, devenue habituelle, larépercussion d’une éruption à la peau , un refroidissement subit, un changement de climat, etc.
L’inflammation aiguë de la vessie se manifeste par une douleur sourde, obscure et profonde dans la région de cet organe. La souffrance devient graduellement plus vive et s’élève , de la profondeur du bassin qu’elle occupait d’abord , jusques au-dessus de l’arcade osseuse qui cache le réservoir urinaire. Des frissons, auxquels succèdent une chaleur fébrile, la fréquence et la dureté du pouls, précèdent ou accompagnent la douleur vésicale. La cystite faisant des progrès , le basventre devient tendu, élevé, chaud, très-sensible au toucher, quelquefois même au seul poids des couvertures. De fréquentes envies d’uriner , avec difficulté ou impossibilité de rendre, des urines troubles , épaisses, rougeâtres, et une sensation d’ardeur , de brûlure dans le canal , tourmentent cruellement les malades, dont la physionomie, les postures , le langage expriment une grande anxiété. G’estalors que l’âcreté naturelle des urines devient intolérable pour la vessie dont l’inflam-
mation a changé le mode de vitalité. En même temps la fièvre est forte et continue, et l’on peut craindre tous les graves accidents des violentes phlegmasies viscérales. Du reste, la cystite aiguë a des degrés et une étendue variables, elle peut occuper le col , le bas-fond de la vessie, se propager aux urétères et aux reins, et ces différentes limites entraînent de la variété dans les symptômes.
La marche de cette inflammation est ordinairement rapide, et il est possible de présager, dans le cours du premier septénaire, si elle se terminera par résolution, par suppuration , par gangrène, ou par la transition à l’état chronique. Chacune de ces terminaisons a ses signes qui doivent être familiers à l’homme de l’art. Le pronostic de la cystite aiguë est grave. Sa complication avec la péritonite est très-dangereuse. La rétention complète d’urines est extrêmement défavorable. La suppuration est très-inquiétante et ne permet guère d’espérer la guérison lorsque, au lieu de s’ouvrir dans la vessie , l’abcès s’est fait jour à travers les parties molles environnantes. Il est rare que la gangrène ne soit pas promptement funeste. Il n’y a de franchement favorables que les signes de la résolution.
Le traitement de la cystite aiguë réclame, avec promptitude et persévérance, l’emploi de tous les moyens capables de modérer l’inflammation. D’abord la diète , le repos absolu du corps et de l’esprit, des bains tièdes prolongés et répétés plusieurs fois dans le même jour , des bains de siège avec des plantes émollientes, des lavements d’eau de lin, de guimauve , de pavot; des cataplasmes, ou, si leur poids gênait, des fomentations émollientes sur le bas-ventre, des boissons mucilagiueuses et émulsionnées comme la tisane de lin, de chiendent, d’orge avec du sirop d’orgeat, ou simplement l’émulsion légère d’amandes douces, de graines de citrouille, de melon, de concombre. En attendant l’arrivée de l’homme de l’art, dont la présence est si nécessaire dans une maladie de cette gravité, nous ne pensons pas qu’il soit prudent de passer outre. C’est lui qui jugera, d’après le degré de l’inflammation et l’étal des forces du sujet, l’opportunité des saignées, des applications de sangsues, des lavements et des potions opiacées, camphrées, pour apaiser, avec précaution, les douleurs et les spasmes. La rétention opiniâtre des urines est digne d’une grande sollicitude, surtout quand la sonde ne peut pénétrer dans la vessie , et qu’il faut attendre la détente par les applications émollientes, ou recourir à la ponction dans l’insuccès de tous autres moyens.
La cystite chronique succède quelquefois à la cystite aiguë. Dès lors le danger cesse d’être imminent, mais la santé est très-compromise. Comme, sous cette forme , la cystite se confond avec le catarrhe vésical, nous réunirons ces deux états dans une même description, en signalant quelques différences. Toutefois il faut savoir que ni la cystite chronique, ni le catarrhe vésical ne reconnaissent pour condition antécédente nécessaire l’inflammation aiguë de la vessie. Au contraire , c’est le plus souvent d’une manière lente et plug
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ou moins obscure que ces opiniâtres affections se préparent et s’établissent. Soit par suite de ia cystite aiguë , soit par l’effet du frottemen t pro longé d’un calcul urinaire , soit par le transport de quelque évacuation ou éruption intempestivement supprimée , ou par toute autre cause , la vessie, chroniquement malade, montre une susceptibilité qu’elle n’a pas dans l’état normal. Le besoin d’uriner se renouvelle à de moins longs intervalles. L’urine , moins abondante chaque fois, est souvent épaisse, trouble, filante, visqueuse ; elle dégage promptement une odeur ammoniacale , pénétrante, fétide, et laisse un dépôt jaunâtre, grisâtre ou blanchâtre, assez semblable à des glaires, des mucosités, ou du pus. Si l’irritation vésicale chronique est profonde , elle s’accompagne d’une douleur sourde et constante, fixée derrière l’arcade osseuse des pubis et se propageant le long du canal de l’urètre ; l’émission de l’urine est à la fois fréquente , difficile et douloureuse ; un mouvement fébrile , d’intensité variable, trouble les fonctions et peut amener lentement le marasme. Ce dernier groupe de symptômes appartient plus particulièrement à la cystite chronique. Dans le simple catarrhe vésical, la lésion, bornée à la membrane muqueuse, et accompagnée du trouble dans l’excrétion urinaire que nous avons signalé plus haut , n’occasionne pas autant de souffrance et n’dffre pas la même gravité. On peut vivre longtemps avec une affection catarrhale de la vessie qui est principalement une maladie de la vieillesse. Souvent même cette affection est si peu douloureuse , qu’on ne s’aperçoit de son existence que parla suspension et le dépôt dans les urines de matières muqueuses , glaireuses, filantes, dont l’abondance et la continuité dénotent une lésion du réservoir urinaire. D’autres fois cependant il s’élève du fond du bassin la sensation incommode ou pénible d’un poids, d’une gêne. Les catarrheuxsont tourmentés par la fréquence des besoins d’uriner et par la difficulté ou la douleur de l’émission des urines. L’abondance des matières sécrétées par la membrane muqueuse vésicale devient une cause inquiétante d’épuisement. L’intérieur de la vessie s’altère et se désorganise à la longue. Cet organe se tuméfie, se ramollit, s’ulcère, se couvre de fongosités; dans quelques cas le squirrhe et le cancer s’y développent. En outre, les personnes atteintes d’un catarrhe vésical chronique sont très-sujettes àla pierre, si même elles na l’avaient avant : car la présence du calcul peut déterminer le catarrhe.
Alors même qu’on n aurait à traiter dans la cystite chronique bénigne et le catarrhe vésical ancien, qu’une affection plus incommode et opiniâtre que pénible et dangereuse , il faudrait bien se garder de la laisser sans soins : car des accidents plus ou moins éloignés sont toujours â craindre Pour commencer le traitement, il est très-essentiel de remonter à l’origine de la maladie , et surtout de rechercher si elle n’est pas le résultat de quelque changement dans le régime et les habitudes. Il suffit quelquefois de supprimer ou de rétablir une chose devenue habituelle
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pour obtenir ia guérison de la cystile invétérée et plutôt du catarrhe vésical chronique. L’expérience et la pénétration d’un médecin sont nécessaires pour procéder , avec plus de fruit , à ces importantes investigations. Le malade seul risquerait davantage de se tromper dans les corrélations qu’il croirait découvrir entre le développement de sa maladie et telle ou telle autre circonstance. D’ailleurs, la cause même découverte, il serait dans l’embarras pour y remédier : pour rappeler une éruption répercutée et en détruire le principe intérieur ; pour rétablir une hémorrhagie, un écoulement, un flux quelconque supprimés , etc. Il est ensuite une foule de moyens palliatifs et curatifs d’une efficacité reconnue et dont le médecin seul doit choisir l’espèce et indiquer l’emploi. Tels sont, suivant les circonstances particulières , certaines substances balsamiques , résineuses , térébinthacées , les eaux minérales sulfureuses en bains, en douches, en boisson; les cautères, moxas , sétons; les frictions avec la pommade stibiée au bas-ventre, etc., etc.
Hâtons-nous d’arriver à l’hygiène la plus convenable aux personnes atteintes d'inflammation ou de catarrhe chronique de la vessie, et mettons d’abord en relief les trois indications capitales : 1° tempérer l’âcreté de l’urine qui irrite son réservoir; pour cela régime faiblement épicé, principalement végétal si les forces le permettent, boissons aqueuses, douces, assez abondantes; 2° entretenir soigneusement la transpiration cutanée, afin de diminuer la sécrétion urinaire ; dans ce but , vêtements de laine sur la peau , bains tiédes, frictions sèches de temps en temps, exercice mesuré, éviter les courants d’air et particulièrement le refroidissement des pieds; 3° éloigner ou tout au moins modérer les causes directes d’excitation de l’appareil génito-urinaire, comme les plaisirs vénériens, les boissons diurétiques échauffantes, aromatiques, spiritueuses , minérales. Te lies sont les trois règles hygiéniques principales d’où le sens commun et l’expérience personnelle feront découler quantité de moyens et de précautions. Lorsque, sous l’influence de températures excessives, de l’humidité prolongée, de quelque écart de régime , ou sans cause appréciable , l’affection chronique de la vessie vient à s’exaspérer, on lui applique en partie ou eu totalité le traitement de la cystite aiguë.
A. Lagasquie,
Docteur en médecine , membre de la commission d'Égypte.
cystocèle ( path .), s. f. àe(kustis, vessie, et kêlê, hernie ) On désigne sous ce nom les hernies formées par la vessie (V. Vessie, maladie de la ).
cystotome (chir.), s. m. de kustis, vessie, et de tômê, section). Instrument propre à l’incision de la vessie, dans l’opération delà taille. ( \. Lithotome .)
cystotomie (chir.), s. f. (même étymologie.) Opération qui consiste à ouvrir la vessie par une incision , pour en-extraire le calcul ou pierre qu’elle peut contenir : c’est l’opération de la pierre ou de la taille. (V. ce dernier mot.) J. IL
danse , danseurs ( hyg . et path.). La danse, saltatio des Latins, est une espèce d’exercice qui se compose d’une suite de mouvements, de gestes et d’attitudes exécutés à pas mesurés, en cadence et au son de la voix ou d’un instrument de musique.
Quoique la danse soit l’expression naturelle de la joie et du plaisir , on a cru néanmoins qu’il n’y avait rien de plus risible et de plus singulier que de voir deux êtres sauter l’un devant l’autre se faisant des mines et des gestes bizarres qui rappellent notre origine sauvage. Que les moralistes , et tous ceux qui jugent sévèrement les mœurs et les faiblesses des hommes ne s’effarouchent pas, nous ne faisons pas ici l’apologie de la danse; nous dirons seulement quelques mots sur les effets que cet exercice produit sur nos organes et sur les maladies auxquelles sont sujets les danseurs de profession.
Ce n’est plus ni au culte des dieux, ni aux exercices guerriers qu’est consacrée la danse des temps modernes ; dans tous les pays civilisés elle consiste en une espèce de promenade de salon; ses postures et ses mouvements sont enjoués, mais décents; ses gestes ne sont plus ni voluptueux, ni licencieux, comme au temps des Grecs et des Romains. Si on se livrait à la danse dans les circonstances convenables, on ne peut nier qu'exigeant, une multitude de gestes et de mouvements , elle ne concourût avec efficacité au développement des formes, des grâces et de la santé. Les modifications organiques qui résultent de la danse varient selon qu’elle exige plus ou moins d’efforts , et qu’elle est plus ou moins fréquemment répétée. La danse est d’une grande ressource hygiénique pour les personnes affectées d’obstructions des viscères, pour les femmes chlorotiques et sujettes à l’aménorrhée, et pour les individus mélancoliques et monomaniaques. A l’hospice royal des aliénés de Palerme, M. le baron Pisani, un des philanthropes qui a su tirer parti de toutes les règles de l hygiène pour le traitement de la folie, a l'heureuse idée de faire réunir tous les dimanches les aliénés des deux sexes , et de les faire danser dans une salle très-vaste , et destinée à cet objet. L’ordre et la gaîté régnent dans cette réunion : les aliénés musiciens jouent des contredanses , et les
autres les exécutent admirablement. Nous avons assisté à cette scène à la fois curieuse et touchante, et nous avons été frappé de voir des hommes privés de raison, déposer pendant quelque temps leur tristesse habituelle , et se livrer ainsi à la joie et au plaisir. M. Pisani lui-même nous a assuré que cet exercice, répété méthodiquement, a une grande influence pour hâter la guérison d’un grand nombre de ces malades. Mais , en supposant que cela ne ferait qu’améliorer pour une journée seulement le sort de ces malheureux, le philanthrope qui s’en occupe n’acquiert pas moins de titres à l’estime et à la reconnaissance publiques.
Les danseurs de profession sont souvent exposés aux hernies, aux entorses, aux déchirements des veines et des muscles des jambes; l’exercice auquel ils sont obligés de se livrer provoque des sueurs abondantes aussi bien en hiver qu’en été; et , en passant de cet état d’excitation au repos absolu, ils sont susceptibles de contracter des rhumes, des fluxions de poitrine et d’autres inflammations. Quelques-uns de ces artistes meurent phthisiques. Pour prévenir les rhumes et les affections de poitrine , ils doivent changer de linge lorsqu’ils sont mouillés par la sueur , ne pas se refroidir brusquement et s’abstenir de boissons fraîches. Corvisart a remarqué que les danseurs étaient sujets aux maladies de cœur et des gros vaisseaux.
Les danseurs de corde , les bateleurs faisant les tours de force sont exposés aux mêmes maladies. Les grands efforts musculaires auxquels ils sont obligés pour maintenir l’équilibre sur la corde les rendent sujets aux hernies et aux ruptures des fibres musculaires; ils sont aussi exposés aux chutes.
Les accidents qui sont fréquents chez les danseurs sont les entorses, les ruptures musculaires et celles des tendons des membres inférieurs. La rupture du tendon d’Achille peut arriver dans la flexion et dans l’extension du pied; cette rupture est l’effet de la contraction forcée et subite des fibres des muscles jumeaux et soléaire auxquels appartient le tendon d’Achille. Les circonstances dans lesquelles cette contraction est assez forte pour rompre ce tendon ne sont pas toujours les mêmes; la plus ordinaire est celle où. en sautant d'un lieu
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à un autre, en montant un escalier, etc., la pointe du pied étant seule appuyée sur un plan résistant, la ligne de gravité est sans appui , en sorte qu’on tomberait à la renverse si , par leur contraction violente et soudaine , les muscles extenseurs du pied ne redressaient le corps en le jetant en avant; dans cette circonstance, le pied ne pouvant obéir à l’action des muscles , à raison de la résistance insurmontable du point sur lequel sa pointe est appuyée, cette action fait éprouver au tendon d Achille un tiraillement violent et subit, et si ce tendon est allongé au-delà de son extensibilité naturelle, qui est très-bornée, sa rupture a lieu. Cette rupture peut se faire dans une circonstance différente ; c’est lorsque, le pied étant étendu par une contraction primitive des muscles, on tombe perpendiculairement sur la pointe du pied ; alors la résistance du sol fait fléchir violemment le pied, pendant que la puissance motrice s’oppose à la flexion par nn contre-effort. C’est ainsi que des danseurs se sont cassé le tendon d’A Mlle en retombant fort légèrement à terre après avoir battu un entrechat. Boyer rapporte avoir traité une rupture de ce tendon, qui s’était faite de cette manière, sur un homme de trente-six à quarante ans, fort vigoureux. Il avait parié qu’il battrait cinquante entrechats de suite; au quarante -neuvième, il se rompit le tendon d’Achille de la jambe droite. Ces ruptures sont l’effet d’un effort opposé à l’action des muscles extenseurs du pied. La rupture de ce tendon quelquefois est complète ; quelquefois le tendon ne se rompt que dans la moi tié ou dans les deux tiers postérieurs de son épaisseur. Pour la diagnostic et le traitement chirurgical de la rupture du tendon d’Achille , Y. Achille (rupture du tendon d’). Y. aussi Entorse , Muscles (rupture des). S. Furnari,
Membre de l'Académie de médecine de Païenne.
danse de saint-guy ( méd .), s. f. (V .Chorée. )
dapiiné (bot), s. m. (V. Garou.)
dabtos (unat.), s. m. C’est le nom donné à la seconde enveloppe des bourses, celle qui est sous la peau. (V. Bourses.)
dartres (pafh.),s.f.pl. (herpes, herpetes), désignées sous le nom de dartres ou derdres dans le moyen-âge. S’il est un sujet digue de figurer dans un ouvrage de médecine usuelle, c’est sans con- \ tredit celui qui va nous occuper. Car, il s’agit d’uue maladie devenue très-commune et qui attaque toutes les classes de la société. En effet, les dartres, attentivement observées, présentent des symptômes et des phénomènes si variés, qu’elles réclament nécessairement une méthode de classification; si dans quelques circonstances elles altèrent à peine l’épiderme par quelques légères furfurations, dans d’autres cas, elles donnent lieu à des écailles dures, des croûtes épaisses, des pustules tuberculeuses , des vésicules séro purulentes , des ulcères sordides , des gerçures profondes, etc. On en voit qui laissent transsuder une sanie ichoreuse et fétide , qui creuse , ronge
et consume les téguments , comme ces insectes avides qui mutilent l’écorce de certains végétaux ; de là vient qu’il n’y a pas nn seul genre, mais plusieurs genres de dartres, auxquels se rallient plusieurs espèces.
Le caractère le plus frappant des dermatoses dartreuses est de s’étendre et de se propager successivement sur la peau , par une sorte de mouvement de reptation. Les dénominations dont on use ordinairement pour les qualifier, expriment très-bien cette action de rampement qui est propre à ces maladies : Nomen morbi à serpendo , quod serpat per totum corpus; de là sont dérivées les expressions de serpigo , serpentia ulcéra, pustulœ serpiginosœ, etc. Les auteurs ont voulu indiquer ainsi la marche sinueuse de ces phlegmasies, qui ont quelque analogie avec celle des reptiles.
Pai l’effet de ce génie mobile et fugace, ces affections peuvent disparaître spontanément sur * une partie de la peau pour reparaître dans une » autre. Gomme on n’a point encore détermiuié jus- •
qu’où peut aller la dégénérescence du vice dartreux; comme les idées sont encore peu fixées , relativement à son mode de propagation, cette j maladie est devenue un sujet d'épcuvante et d’ef- I froi pour beaucoup d’hommes ; il en est même : qui regardent le vice dartreux comme un fer- i ment corrupteur, propre à communiquer sa mauvaise qualité à tout ce qu’il touche ou qu’il ap- • proche. De là vient que ceux qui ont le malheur \ d’en être affectés marchent environnés d’une sorte de honte dans la société ; on craint de sé- i journer dans le lieu qu’ils habitent; on a horreur | de leurs vêtements ; on n’ose même se reposer j sur les meubles qui ont été longtemps àleur usage.
Par un singulier contraste , beaucoup de personnes regardent les dartres comme des affec- • bions légères et de peu d’importance. Elles vont > même jusqu’à dire que, dans tous les cas , il faut i redouter de les guérir, parce que leur développement est salutaire à l’économie animale. Mais que penser d’une semblable opinion , quand on voit, ainsi que nous , plusieurs des individus qui en sont atteints tomber et languir dans le marasme? Des suites diverses de ces affections mor-- j bides , la plus fatale est, sans contredit, l’infiltration du tissu cellulaire. J’ai observé certains sujets > qui, dans une époque avancée de l’infection i dartreuse, étaient pris d’une toux suffocante, qui expectoraient un mucus épais, dont l’odeur seule r provoquait la nausée. Dans ces déplorables conjonctures , souvent les malades se félicitent de ce • que leur épiderme s’exfolie en squammesou en furfures. Mais ce dépouillement continuel n’in- jy dique alors qu’une altération profonde de lape.iu I et une perversion totale de ses fonctions les plu3 ï nécessaires.
Les dartres réunissent tous les modes, tous les degrés, tous les phénomènes de l’inflammation.
Elle est vésiculeuse dans l’herpes, vésiculo-pustu- } leuse dans la mélitagre, pustuleuse et tuberculeuse 1 dansleearus, phagédéuiquedansl’esffticmieHe.Rien n’est plus capable de satisfaire un esprit curieux Jj et positif, que l’histoire de toutes ces maladies j* qui se disputent, pour ainsi dire, la peau de
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l’homme, qui la tourmentent et la défigurent en mille façons, et qui souvent nous échappent par leur extrême diversité. On sent le besoin de les passer en revue, de les classer, de les ranger dans lin ordre qui en fàcilite l’intelligence ; dans tous les cas, il n’en est pas une qui ne réclame les plus laborieuses recherches. Car, chacune d’elles a un génie qui lui est propre pour étendre et multiplier ses ravages.
L ’herpes rampe et s’étend , enflamme avec lenteur toute la superficie de la peau, persiste et vieillit avec elle. Il attaque toutes les classes d’individus, tous les tempéraments, toutes les conditions, survient à toutes les époques de la vie. La mélitagre s’attache davantage à l’enfance, à l’adolescence, à la puberté, au sexe le plus faible; elle annonce l’exubérance des sucs albumineux. Le varus est remarquable par le nombre de ses espèces; il se multiplie selon les sujets qu’il attaque ; il prend l’aspect miliaire sur le front de la jeune vierge, qui est sur le point d’être menstruée; mais les pustules du varus gutta rosea, prennent un caractère plus prononcé d’irritation , quand elles viennent assailli? le visage de la femme parvenue à l’âge mùr. Le varus mentagra, bien plus terrible, devient tuberculeux quand il attaque la barbe de l’homme dominé par le tempérament mélancolique. L’ esthiomène , maladie rongeante, doit spécialement son origine à une corruption vitale des sucs séreux et lymphatiques. C’est presque toujours un simple tubercule solitaire , qui agit sur le tégument par un simple phénomène de corrosion; il dévore, mutile et tourne en quelque sorte contre lui-même toute sa cruauté. Depasdtur quoque quœ circum sunt, perrodens, sed so lum cutis exulceratio. (V. dans ce dictionnaire les mots Herpes, Mélitagrr, Couperose , Esthiomène.)
Ma première étude, à 1 hôpital Saint-Louis, a été de suivre les dartres dans les différents sièges qu’elles occupent: la peau a des emplois si variés, que les maladies dont elle est atteinte prennent continuellement plus d’intensité, à mesure qu’elle change de structure et d’usage. C’est ainsi que !a dartre squameuse ( herpes squamosus), par exemple , est d’un caractère plus pernicieux , et en même temps plus opiniâtre, lorsqu’elle attaque l’intérieur des oreilles où se sécrète le cérumen ; les bords des lèvres arrosées parla salive ou irrités par le contact des substances alimentaires; les paupières baignées de l’humeur qu8 filtre la glande lacrymale, les parties génitales dans les deux sexes, etc. J’ai vu un homme qui ne pouvait supporter ni bonnet, ni chapeau sur sa tête; il avait des accès fréquents de frénésie , par l’effet d’une dartre squameuse, qui s’était, pour ainsi dire, acharnée sur le cuir chevelu. Les nerfs nombreux, qui se distribuent à la face et dont les anatomistes ont si bien parié, furent tellement irrités chez une femme à laquelle je donnais des soins , que cette partie en fut paralysée pour le reste de ses jours.
Mais , puisqu’il s’agit des différents sièges que les dartres sont susceptibles d’occuper, il est surtout un accident qu’il ne faut pas perdre de vue: c’est que, par suite du mouvement de reptation
dont nous avons déjà parlé, et par lequel s’étendent ces maladies, ou les voit quelquefois envahir le tissu muqueux; alors il s’établit sur toutes les surfaces intérieures des douleurs si vives, qu’on ne sait à quelle cause d’irritation les rapporter, tandis qu’elles ne sont que le résultat de la présence du virus herpétique. Hippocrate parait n’avoir pas négligé ces observations quand il énonce que ces maladies se dirigent quelquefois vers l’organe de la vessie, et y produisent des maux interminables.
Il est un point d’observation qui est d’un intérêt extrême pour les médecins: c’est que chaque espèce d’affection dartreuse. a, pour ainsi dire, son mode de prurit et de démangeaison sur l’appareil tégumentaire. Tantôt la sensation est presque nulle ou n’est pas plus vive que celle qui résulte de la simple application d’une mouche à la surface de la peau; tantôt la sensation est aussi incommode que les morsures simultanées d’une grande quantité de fourmis; quelquefois c’est une démangeaison violente et continuelle, qui fait que le malade trouve un plaisir indicible à se gratter et à se déchirer l’épiderme. D’autres fois, c'est un sentiment de distension insupportable; dans d’autres cas enfin, ce sont des élancements, comme si le derme était traversé par une multitude d’aiguilles ou de dards. J’ai vu certains dartreux qui se croyaient investis par des ceintures de feu, et comme en contact avec des tisons brûlants. J’ai interrogé soigneusement les malades sur tous ces divers genres de souffrances. Avec quel accent de persuasion et d'éloquence ils rcprésententleurs intolérables tourments! Combien de fois n’ont-ils pas fourni eux-mêmes les expressions les plus énergiques pour retracer ce qu’ils ressentent! Car le groupe des dermatoses dartreuses réunit seul toutes les souffrances, toutes les tortures que développent les autres phlegmasies: dolor pruriens, dolor formicans, dolor ardens, dolor urens, dolor lancinons, dolor dilacerans, dolor acutus, dolor pungitivus, dolor pulsatilis , dolor distendais, dolor promordens , dolor perrodms, dolor corrodens , dolor exedens, dolor perforons, dolor terebrans, etc.
C’est en nous livrant à une semblable étude que nous avons pu méditer sur ces accès de prurit et de démangeaison vulgairement indiqués par ceux qui les éprouvent sous le nom de crises dartreuses. Aucune plume n’avait encore retracé ces irritations soudaines, qui se manifestent à des temps déterminés comme les paroxysmes des fièvres intermittentes. J’ai observé un malheureux prisonnier qui était comme réveillé à l’heure précise de minuit pour subir de semblables assauts; il avait beau vouloir se contenir, ses mains étaient portées machinalement, elparuneimpulsion qu'il ne pouvait modérer, sur certaines parties de son corps; un accès de fureur s’emparait de tout son être ; il parcourait successivement tout le siège du mal avec ses ongles, et s’écorchait avec une sorte de délire jusqu'à faire jaillir son sang. Ces phénomènes ne seraient-ils que des phénomènes particuliers de la nature , qui cherche à se frayer des couloirs ou des issues?
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