DAT
Nous avons cherché à ouvrir pour les praticien? différentes sources d’indications curatives , et nous croyons être parvenu à qudques règles utiles à cet égard. Par exemple, nous avons été à snême d’observer que lorsqu’on administre pour la première fois un médicament, les affections dartreuses augmentent pendant un certain laps de temps, et qu’alors la moindre intempérie , la moindre commotion dans le mouvement du sang et le cours des humeurs suffisent pour faire éclater dans toute leur énergie des maladies qui auparavant étaient silencieuses, et pour ainsi dire recélées dans l’économie animale. Nous avons prouvé que dans une telle circonstance il ne fallait , en aucune manière, se désister des moyens indiqués par les principes de l’art. Lorry a vu luimême le mal s’accroître pendant les quarante premiers jours, et diminuer ensuite successivement par les mêmes moyens qu’il employait. Nous avons aussi démontré combien il importait de combattre une affection cutanée , même après la cessation des phénomènes extérieurs, comme on poursuit un ennemi redoutable longtemps après qu’il a pris la fuite, et dont on voudrait empêcher le retour.
Je n’indique ici, du reste , que quelques points de vue généraux qui ont attiré mon attention dans l’étude d’un groupe aussi important que celui des dermatoses dartreuses. Voulant traiter cette matière avec méthode , et par conséquent de la manière la plus profitable pour mes lecteurs, j’ai dû séparer les genres qui sont essentiels et idiopathiques d’une multitude d’éruptions qui ne sont que l’indice ou le symptôme d’autres maladies, telles, par exemple, que les altérations scrofuleuses et scorbutiques. Je les ai aussi distingués avec soin des phénomènes extérieurs du genre syphilis : quoique les phénomènes de ce genre soient liés avec les dartres par plusieurs traits de similitude , par des exfoliations autour du derme, par des incrustations qui se dévelop pent, il est néanmoins des caractères distinctifs et particuliers auxquels ne se méprend guère le médecin expérimenté.
Les dartres ont pris une telle extension à mesure qu8 la civilisation de notre globe s’est agrandie, à mesure que les mœurs se sont altérées, qu’elles forment aujourd’hui i’un des groupes les plus importants dans la grande famille des dermatoses. Ce qui réclame particulièrement notre étude , c’est leur nombre, c’est leur diversité, ce sont les degrés de leur virulence. Les unes ne sont que des disgrâces légères, les autres sont des maladies graves; on en voit qui effleurent â peine l’épiderme, tandis que d’autres pénètrent dans toutes les couches de la peau; c’est ce qui a mis tant de vague dans leur histoire. Rien n’est donc plus important que de déterminer les genres et les espèces. Undenon una videtur herpetum species numeranda in quibus accurate spectandum, et quid commune habeat inter se una quœque species , quid sibi singulare vindicent.
Ou s’est beaucoup occupé de la nature intime des dartres; tout ce que l’on sait, c’est que ces maladies sont une triste conséquence des écarts dont notre organisation est susceptible. Le nom
par lequel on les désigne est un de3 plus heureux de la langue médicale; c’est un nom collectif qui réunit des affections frappantes par leurs analogies. Ces maladies sont particulièrement réservées au derme, et semblent se repaître de sa substance; mais elles ne vont jamais au-delà, selon la belle remarque de Galien. Sous le vain prétexte de quelques différences bien ou mal observées, on a voulu exclure certaines espèces du rang auquel les associe une connaissance approfondie de leurs phénomènes; on a méconnu le lien commun qui les unit. On a prétendu rompre des affinités, contester des rapports manifestes , séparer des genres et des espèces qui s’appartiennent. Que penserait-on néanmoins d’un naturaliste qui voudrait nier la dépendance naturelle des faits, et les étudier sans aucun ordre? Aujourd’hui que les esprits se passionnent pour tous les genres de découvertes, l’avenir de la science est sans contredit dans le choix des méthodes : mais, la meilleure est celle qui mène aux sources du vrai. Nihil décorum nîsi verum. V. pour le traitement qui convient à chaque genre de dartre, les articles Uerpes, Mèlitagre, Couperose , Esthiomêne, etc.) Baron Aubert.
Professeur à la faculté de médecine de Paris, médeo») en chef de l'hôpital St-Louis.
datte (bot. et mat. méd.), s. f. , fruit du dattier , phœtvx dactilifera L., fam. des palmiers J.
C’est un drupe mou, ovale, oblong, à une seule loge , revêtu extérieurement d’une pellicule lisse, mince; qui enveloppe une pulpe consistante , d’une couleur brun rouge , d’une saveur douce sucrée ; cette pulpe entoure un noyau oblong assez résistant et profondément sillonné ; l’amande qu’il renferme est dure et de consistance cornée.
Le dattier est originaire d’Orient ; il croit en Afrique et principalement en Arabie; les terrains sablonneux et humides et notamment le voisinage des rivières favorisent singulièrement sa culture. Bien que le désert de Zara fournisse en général les meilleures espèces, cependant celles que produit Beled el Gired (pays des dattes), situé au sud de Tunis et d’Alger, sont aussi très-estimées. Si d’autres palmiers présentent un port aussi élégant que le dattier, aucun n’offre une moisson plus riche, et des fruits plus utiles. Ce bel arbre fournit en outre l’un des exemples les plus frappants de la diversité des sexes dans les plantes; ses fleurs unisexuelles et dioïques ont besoin du concours de deux sujets, mâle et femelle, pour que la fécondation s’effectue. Cette circonstance était connue des Arabes longtemps avant que Linné eût fondé son admirable système ; aussi n’attendaient-ils pas du hasard une fécondation d’autant plus difficile que les dattiers mâles sont moins communs que les datliers femelles (circonstance due vraisemblablement à ce que ces derniers produisent seuls des fruits). De temps immémorial les Arabes cultivateurs sont dans l’usage, à l’époque de la floraison , d’enlever des rameaux fécondants aux dattiers mâles, et de les secouer sur les dattiers femelles pour en déterminer la fructification.