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criminelles entreprises. Le datura, pris intérieurement, soit en poudre, soit en infusion, détermine une vive excitation du système nerveux en général, et particulièrement du cerveau; les symptômes consécutifs sont des vertiges, du délire, une douleur vive à l’épigastre, et enfin la paralysie des membres. Son énergie , comme on le remarque pour beaucoup d’autres poisons, semble doubler, lorsque, au lieu de l’introduire dans l’estomac , il est injecté dans les veines, ou appliqué sur le tissu cellulaire.
On combat les effets de l’empoisonnement par la pomme épineuse par les mêmes moyens que pour les autres poisons narcotico-âcres, cependant le savant auteur de la Toxicologie générale recommande d’une manière plus spéciale l’emploi du vinaigre étendu, lors surtout que la plus grande partie de la substance ingérée a été rejetée.
Le datura-stram onium entre dans la composition de l’huile composée , connue sous le nom de baume tranquille , de l’onguent de peuplier ou popultum; on en prépare un extrait qu’on ne doit administrer qu’avec beaucoup de réserve, et dans les cas seulement où l’opium et ses préparations ont failli. Le docteur Mariet, de Londres, dit avoir administré avec succès l’extrait aqueux de graines de datura contre certaines affections nerveuses qui avaient résisté à tous les moyens antiphlogistiques dérivatifs et antispasmodiques qu’on avait employés jusqu’alors.
L’histoire chimique de cette plante consiste dans l’analyse des feuilles par Edwards , celle des semences par Brandes, et enfin îa découverte par ce dernier d’une base végétale alcaline qu’il a nommée daturine, et qui jouit de la propriété active de la plante au plus haut degré.
Préparations et doses. Poudre de un à vingt grains associée à un véhicule approprié pour former des bois ou pilules. Extrait aqueuxdedemUgrain à trois, également sous forme de pilules. Couverchel.
daturine ( chim .), s. f. C’est un alcaloïde découvert par Brandes dans les semences du datura et qui possède d’une manière très-énergique les propriétés de cette plante.
davier ( chir .), s. m. On donne ce nom à une pince très-forte dont les mors sont courts et recourbés, qui sert à extraire les dents ; le davier s’emploie surtoutpour extraire les dents du devant delà bouche ou celles qui sont déjà ébranlées. (V. Dents.) J. B. dax ( Eau minérale de). Y. au Supplément. débilitant ( thérap .), adj. et s. Ou désigne par ce mot tous les médicaments et les agents dout l’emploi a pour résultat de diminuer l’énergie des propriétés vitales : les antiphlogistiques, la diète, les saignées sont des débilitants. J. B.
débilité ( path .), s. f. Y. Faiblesse.
déboîtement (chir.), s. m. V. Luxation.
débordement de BiEE. V. Diarrhée.
débridement (chir.), s. m. On se sert de ce mot pour désigner l’action de couper des brides qui peuvent étrangler certaines parties en empêchant leur gonflement ; la peau et les aponévroses causent souvent ces sortes d’étranglements ; il est d’usage d’iuciser l’ouverture des plaies qui ont été faites par les armes à feu; cette méthode, dont l’invention est due a Ambroise Paré, célèbre chirurgien sous
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Charles IX, Henri III et Henri IV, a simplifie le Irai - ■ tement de ces sortes de blessures, qui, avant, étaient souvent accompagnées des accidents les plus graves.
; (V. Plaie.) Dans les hernies étranglées, on pratique aussi un débridement qui consiste à inciser les portions ligamenteuses ou aponévrotiques à travers lesquelles les organes se sont herniés; ce temps de ; l’opération exige une grande attention de la part du chirurgien. (V. Hernie.). Enfla, toutes les foisqu’un j organe fortement enflammé est comprimé par la | peau, un ligament, ou une aponévrose ; il y a in- : dication de débridement. J. B.
! décantation ( pharm .), s. f. Opération dans
; laquelle, après avoir laissé reposé une liqueur, on j en sépare la partie claire de celle qui s’est précipitée, j "décapage, s. m. Action de rendre un métal net et brillant; on emploie ordinairement un acide pour cette opération.
déchaussement (chir.), s. m. On désigne par ce mot l’état d’une dent dont la base n’est plus recouverte par la gencive ; le dentiste est souvent obligé de déchausser certaines dents avant d’en pratiquer l’arrachement. (V . Dents, Gencives.) J. B.
déchirement (path,.), s. ra. Solution de continuité de la peau, ou bien de un ou de plusieurs tissus, dans laquelle les bords de la division sont inégaux et comme frangés. Ces sortes de plaies „ résultats d’une violence extérieure , ne peuvent se réunir sans suppurer; elles reconnaissent fréquemment pour causes l’action de scies, de crochets, des éclats de bombes, d’obus, etc.; une chute sur un pieu aigu peut encore les produire . et on cite plusieurs exemples d’empalements qui ont eu lieu ainsi; elles sont compliquées le plus souvent de contusions dans les points où la cause a agi; le traitement est le même que celui des plaies qui doivent suppurer. Nous renvoyons donc le lecteur à l’article Plaies. Le périnée peut se déchirer pendant un accouchement laborieux, par suite de la disproportion du volume du fœtus, avec la largeur de l’entrée du vagin, ou bien par la distension, résultat de l’application du forceps, quand on est obligé de recourir à cet instrument; cet accident n’est pas rare non plus lorsqu’on ne soutient pas le périnée au moment où l’enfant franchit la vulve; une légère déchirure est même presque inévitable chez la femme qui accouche pour la première fois. Si la solution de continuité est légère et ne s’étend pas jusqu’à l’anus, la lésion est peu grave et guérit en général toute seule ; mais lorsque le sphincter de l’anus est déchiré, et que la cloison qui sépare le vagin du rectum est également lésée, il en est tout autrement, le passage continuel et involontaire des matières fécales par le conduit génital de la femme empêche la réunion des bords de la plaie, et il en résulte » une infirmité dégoûtante, qui empoisonne l’exis- | tence de la personne qui en est atteinte. Les ma tières continuent à s’échapper involontairement par le vagin et l’anus confondus en une seule ouverture, et la malade est obligée de porter sans cesse des garnitures gênantes pour éviter une malpropreté repoussante. Cette infirmité est telle, que la plupart des femmes qui en sont atteintes n’hésitent pas à se soumettre à i’opération douloureuse, mais nécessaire pour les guérir ; cette
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opération consiste à raviver les bords de la plaie par une légère excision, et à les réunir ensuite au moyen de un ou de plusieurs points de suture ; elle exige pour sa réussite diverses précautions , qulil est inutile d’indiquer puisqu’elles ne concernent que le chirurgien. J. B.
DÉCHIREURS DE BATEAUX ET DE TRAINS, DÉ- BARDEUR de bois (hyg.). On a donné le nom de déchireurs de bateaux à des hommes qui déchirent les loues et qui en séparent les matériaux qui les composaient, et celui de débardeurs à des hommes qui enlèvent d’un train tout le bois qui s’y trouve, pour l’amasser sur la rive en des piles qui, après qu’elles sont lavées, sont enlevées et portées dans les chantiers.
On conçoit que les hommes qui exercent ces deux professions, qu’on pourrait réunir en une seule , restent constamment les jambes dans une eau sale et bourbeuse, et que par conséquent ils sont sujets non-seulement aux maladies qui peuvent résulter d’un séjour continuel dans l’eau , mais encore de ce séjour dans l’eau par des températures plus ou moins élevées et quelquefois à une assez basse température.
Ces ouvriers sont encore exposés à respirer un air vicié ; en effet, on sait que les déchireurs de bateaux, que les débardeurs piétinent constam ment dans les lieux où il y a de la boue et que par ce mouvement, ils donnent lieu à des émanations fétides qui se mêlent à l’air dans lequel ces ouvriers respirent.
L’opinion des auteurs sur les inconvénients qui peuvent résulter de l’exercice des professions de débardeurs et de déchireurs de bateaux n’est pas unanime. Ainsi Pâtissier dans son traité des maladies des artisans s’exprime ainsi : « Continuelb lement plongés dans l’eau, ces hommes sont » exposés à toutes les maladies causées par l’hub midité , ils sont aussi très-sujets à se faire aux » jambes des écorchures qui dégénèrent souvent » en ulcères très-difficiles à guérir. Fourcroy rap- » porte l’histoire d’un de ces ouvriers qui se blessa » à la jambe avec une hache qui lui servait à sépa- » rer les bûches des trains, et qui fut atteint d’une b inflammation assez vive qui se termina par un b abcès , dont la cicatrisation ne s’opéra qu’au b bout de deux mois; il est probable, dit Fourb croy, que la longueur de cette maladie a été b occasionnée par l eau bourbeuse et sale qui péb nétra daus la plaie parce que le blessé eutl’imb prudence et le courage de rester dans l’eau b après son accident, b
Ramazzini était d’avis que les sujets qui restent habituellement les jambes dans l’eau sont sujets aux fièvres aiguës, aux pleurésies, aux péripneumonies, à la toux, à la dyspnée, et aux autres maladies de poitrine; enfin, qu’il leur survient aux jambes des ulcères qui se guérissent difficilement et qui dégénèrent facilement en gangrène.
Richerand dans le dictionnaire des Sciences Médicales, article ulcère , dit que les ulcères sont très-communs chez ceux qui se tiennent les jambes plongées dans l’eau froide , comme les blanchisseuses , et les ouvriers employés au flottage T. I.
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des trains de bois ou bien au déchirage des bateaux.
Dupuytren , Boyer, Roux, Marjolin et un grand nombre d’autres chirurgiens, ont aussi considéré les professions dont nous traitons comme prédisposant les sujets aux ulcères.
Parent Duchâtelet , après avoir fait un grand nombre de recherches, a établi que ce qui avait été dit par les auteurs sur les débardeurs n’est point exact, et que les dires de ces auteurs sur le sujet que nous traitons est dû à la tendance qu’ont la plupart des hommes à généraliser et à bâtir des théories, et que l'on aura fait pour les débardeurs, etc., ce que l’on aura fait pour les autres professions : un ouvrier l’exerçant a présenté une maladie, et cette maladie s’expliquant par la nature de la profession , on établit qu’elle était propre à la profession et qu’elle devait se manifester sur tous ceux qui l’exerçaient
Parent dit encore que les opinions émises sur les débardeurs proviennent de ce qu’on s’est dit : Les débardeurs remuent la vase déposée sur le bord de la rivière, et ils en font sortir des émanations délétères , donc ils doivent éprouver des maladies putrides et de mauvaise nature; ils passent leur vie dans l'eau, et, comme ceux qui travaillent dans des lieux humides et marécageux sont très-exposés aux fièvres intermittentes, ils auront donc nécessairement des fièvres intermittentes. Toutes les maladies de poitrine a-t-on encore dit, en s’appuyant d’une vieille théorie, reconnaissent pour cause la suppression de la transpiration, or, comme le froid, l’humidité et surtout l’immersion dans l’eau , sont réputés les causes les plus actives de cette suppression de transpiration, aucune classe d’ouvriers ne sera plus gravement et plus fréquemment affectée de ces maladies que les débardeurs; enfin ils se piquent, ils s’écorchent, se blessent de toutes les manières ; ils séjournent dans l’eau sale et vaseuse, ces plaies doivent s’envenimer et résister à tous les efforts que peut faire la nature pour leur guérison, rien de plus favorable que ces conditions pour la formation et l’entretien des ulcères , donc tous les débardeurs et les déchireurs de bateaux auront des ulcères et des ulcères de mauvaise nature.
C’est ainsi que Parent Duchâtelet s’est expliqué sur les opinions que les auteurs avaient émises, et qui étaient en contradiction avec les siennes ; mais Parent n’a-t-il pas été trop loin, et n’est- il pas tombé d’un excès dans un autre? C’est du moins ce qui semble résulter de quelques renseignements qui nous ont été donnés par des ouvriers débardeurs. Si Parent n’a pas trouvé chez les ouvriers débardeurs les maladies qui ont été signalées par les auteurs , il a fait connaître une maladie qui leur est particulière et qu’ils désignent par le nom de grenouilles.
Cette maladie consiste dans une altération particulière du derme, qui est caractérisée par un ramollissement , des gerçures et souvent par une usure et une véritable destruction des parties qui sont en contact avec l’eau ; on les remarque sur les extrémités supérieures comme sur les iufé-
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rieures , mais bien plus souvent sur ces dernières, et ici elles siègent de préférence entre les orteils , où elles déterminent de vastes fentes et crevasses dont la profondeur est quelquefois de plusieurs lignes ; il n’est pas rare de les observer sur les talons, et alors tantôt la peau est fendue, gercée, crevassée en différents sens, tantôt comme mâchée, tantôt usée, comme si elle avait été frottée sur une meule à aiguiser. Parent dit avoir vu chez deux ou trois ouvriers la peau s’en aller par lambeaux, et laisser à vif un fond ronge pulpeux d’une sensibilité extrême : chez huit ou dix ouvriers ces gerçures ou crevasses existaient suite tendon d’Achille ; elles étaient au nombre de trois, quatre ou cinq sur chaque jambe, elles avaient de quatre à six lignes de profondeur, et en longueur toute l’épaisseur du repli de la peau qui recouvre le tendon ; on les eût prises, au premier aspect, pour des blessures faites en travers do cette partie, par un instrument tranchant; il est rare qu’elles siègent sur le coude-pied, cependant il en a été observé quelques exemples.
Le plus ordinairement cette affection est limitée aux extrémités inférieures, quelquefois cependant elle s’empare des supérieures. Parent a vu des ouvriers qui sa trouvaient dans l’impossibilité de travailler ; leurs mains étaient gercées profondément et fendillées dans tous les sens. En les examinant on eût dit que la pulpe des doigts avait été usée sur une râpe grossière, et la paume des mains coupée en vingt endroits par des morceaux de verre : cet état des mains coïncidait chez tous avec un état semblable des extrémités inférieures.
Cette affection, qui paraît n’être que le résultat d’une macération du derme, détermine dans son état aigu une douleur et une cuisson des plus vives; mais il est à remarquer que cette sensibilité ne se développe que lorsque les parties étant hors de l’eau commencent à se sécher : tant qu’elles restent humides la douleur est supportable.
Nous avons vu qu’on pouvait soulager les gens atteints de la grenouille par l’emploi d’un Uniment composé de heure de cacao une partie, et d’huile d’amande douce trois parties, on enduit de ce liminent les parties lésées , et en quelques jours les accidents ont disparu.
Parent dit que cette maladie n’a aucune gravité, qu’elie se guérit spontanément par le repos, et par la cessation de la cause qui l’a produite; mais qu’il est des ouvriers qui sont obligés d’interrompre cinq ou six fois leur travail dans une campagne,, et de se reposer alors pendant quelques jours.
Parent a su des déchireurs de bateaux et des passeurs de train chez lesquels on remarque aussi la grenouille, que cette maladie se remarque dans la saison d’été, et qu’en hiver elle est plus rare; il a attribué cette maladie à une élévation de la température de l’eau et aussi à ce qu’elle ne se renouvelle pas.
Les débardeurs font usage de «melques remèdes empiriques contre cette maladie : ainsi ils emploient la poüdr.e de tan comme un médicament convenable pour empêcher le développement des
grenouilles, et ils en saupoudrent leurs souliers lorsqu’ils quittent leurs travaux. Ces ouvriers emploient aussi une décoction d’hièble dont ils se lavent matin et soir les extrémités ; les lâcheurs de train font usage du vinaigre , ils en mettent une petite quantité dans leurs souliers.
Une autre espèce de maladie observée chez les débardeurs a été désignée sous le nom de durillons forcés ; c’est un épaississement considérable de la peau , qui se produit principalemeut sous les premières phalanges de chaque doigt des mains, et qui , s’enfonçant dans les chairs , y produit une inflammation , qui se termine par suppuration et qui fait de cette manière tomber le durillon. Cette inflammation n’étant pas profonde , n’est jamais dangereuse.
Comme pour les grenouilles , les durillons forcés se remarquent plus souvent chez quelques individus que chez d’autres ; on peut regarder cependant cette dernière affection comme étant plus commune. En effet, Parent l’a observée chez huit ouvriers de la Râpée qui , lors de ses recherches, étaient alors dans l’impossibilité de travailler. Ce médecin a aussi appris que quelques vieux ouvriers exposés au renouvellement de ces durillons prévenaient les accidents qu’ils déterminent, en les coupant avec un rasoir , au niveau de la peau , et en s’abstenant de travailler pendant un ou deux i jours.
D’après Parent Duchâtelet , il semblerait que la profession de débardeur ou de déchireur de ba- j teaux serait une profession des plus pénibles, mais qu’elle serait une des moins insalubres. Cependant cette profession a vivement fixé l’attention des philanthropes. En effet , sous le règne de Louis XVI un prix fut proposé à l’auteur du meilleur moyen mécanique pour mettre les trains en chantier sans qu’il fût nécessaire de pénétrer et de séjourner dans l’eau. Des dames , selon Cadet de Veaux , devaient faire les frais de ce prix ; mais ce t prix ne fut pas distribué , les événements politiques donnèrent alors aux esprits une toute autre direction , et les moyens d’adoucir le sort des débardeurs furent oubliés. Cadet de Gassicourt,mem- r bre du conseil de salubrité , s’occupa aussi des mi- { sères des ouvriers déchireurs de bateaux ; mais la mort mit un terme aux recherches de ce savant. I
La société d’encouragement proposa un prix de 1500 fr. pour la confection d’une machine pro • i pre à ex traire le bois de l’eau sans avoir besoin d’y j faire séjourner des ouvriers ; mais ce prix fut re- j tiré après être resté quatre années au concours, jj
Les ouvriers débardeurs commencent à l’âge de douze à treize ans, à travailler dans l’eau ; à ce* âge ils s’occupent du lavage des planches et des bûches ; ce n’est qu’à seize ou dix-huit ans qu’ils travaillent au débardage : ils continuent leur profession jusqu’à l’âge de cinquante à cinquante-cinq ans. A cet âge , ils sont hors de service , et Parent n’en a trouvé que trois qui avaient de soixante à soixante- cinq ans. Selon les lieux où ils sont occupés, ces ouvriers ont un régime alimentaire différent : ceux du port de Bercy boivent de six à huit litres de vin blanc par jour et à peine un verre d’eau-de-vie ; ceux de la Râpée ne boivent jamais
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de vin blanc , mais du vin rouge en assez grande quantité, et six à huit verres d’eau-de -vie. A Bercy ils ne font qu’un fort repas le matin ; sur le port de la Râpée ils en font trois légers et boivent dans les intervalles ; ceux du port des Invalides prennent un verre d’eau-de-vie le matin ; à neuf heures on leur apporte une soupe et un demi-litre de vin ; à midi un léger repas et un demi-litre de vin ; le soir ils soupent et prennent encore un demi -litre de vin ; dans l’intervalle de ces repas , ils ne consomment pas moins de trois à quatre litres de vin, et de quatre à six verres d’eau-de-vie. Ces quantités de liquides consommés peuvent paraître considérables, mais il faut remarquer que l’usage de ces liquides remplace chez ces ouvriers les aliments solides dont ils ne prennent que de très-petites quantités. Beaucoup de ces ouvriers font usage de café au lait, et , lorsqu’ils travaillent en hiver , se nourrissent presque exclusivement de vin chaud sucré. Par un contraste singulier, les déchargeurs de bateau ne boivent pas un litre de vin dans une journée, ils ne sont cependant pas plus ranges pour cela, car ils mangent souvent en deux ou trois jours le gain de la semaine ,
Les ouvriers débardeurs sont en général mariés; les femmes des débardeurs de Bercy , de la Râpée, du Port au vin et des Invalides , sont , pour la plupart , blanchisseuses, tandis que celles des ouvriers du port des Tuileries sont marchandes de beurre , d’œufs , de fruits ou de poisson dans les halles et marchés ou dans les rues de Paris. Ce sont les femmes qui nourrissent les maris lorsqu’ils ne peuvent plus travailler ; car , malgré les journées de 6 à 8 francs qu’ils gagnent habituellement, ils ne savent, en général , rien mettre de côté.
Ces ouvriers sont criards , disputeurs , querelleurs pour la moindre chose , mais tout se borne à des échanges de mots , rarement ils en viennent aux mains , et ils peuvent être considérés comme une classe d’hommes doux et soumis envers leurs chefs.
Des recherches que nous avons faites depuis le travail de Parent Duchâtelet , il résulte que ces ouvriers sont sujets à des coliques, à des rhumatismes, à des maladies inflammatoires , à des crampes douloureuses , à des varices , à des affections nerveuses , à des blessures plus ou moins graves , à des hernies ; mais il faudrait pour pouvoir établir positivement les diverses causes de ces maladies, étudier plusieurs années de suite ces ouvriers , constater l’état de la température de l’air, celle de l’eau; examiner le régime et la conduite de ces ouvriers , c’est ce que nous nous proposons de faire dans la suite; mais cet examen doit, comme nous l’avons dit, durer plusieurs années.
Quoi qu’il en soit , on doit recommander aux débardeurs : 1« De remplacer en partie les boissons excitantes, dont ils font un usage immodéré, par des aliments plus substantiels; 2« d’éviter les excès pendant plusieurs jours de la semaine; excès qui les épuisent et qui ne les disposent point à un travail fatigant ; 3° de changer d’habillement après le travail, et de remplacer les
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habits avec lesquels ils ont travaillé dans l’eau, par des vêtements en étoffe de laine ; 4» de ne pas dormir avec leurs vêtements lorsqu’ils sont mouillés.
Un service à rendre à ces ouvriers, qui emploient, quand ils travaillent par un temps froid, de forts las drapés qui montent jusqu'au haut des cuisses, serait de confectionner pour l’usage des débardeurs, des déchireurs de bateaux, des passeurs de trains, des blanchisseuses, des vêtements, des pantalons en étoffe double, en soudant ces deux étoffes Tune à l’autre à l’aide d’un vernis de caoutchouc qui rendrait ces vêtements imperméables à l’eau.
Mais il faudrait que ces pantalons, qui en partie préviendraient l’action des corps vulnérants, fussent en drap épais et qu’ils pussent être confectionnés à un prix qui permît à ces ouvriers d’en faire l’empiète : c’est un sujet de recherches qui doit attirer l’attention de MM. Rathier et Guibal; ces industriels, qui ont déjà fait d’immenses progrès dans la préparation des draps enduits de caoutchouc, pourront facilement obtenir la solution de ce problème. A. CHEV ALLIEE,
Professeur à l’École de Pharmacie, Membre du Conseil de Salubrité.
■ü?éci.iv3E ( path .), adj. Se dit de la partie la plus basse d’une tumeur ou d’un foyer purulent; c’est ordinairement à la partie la plus déclive d’un abcès que l’on en pratique l’ouverture , afin que le pus puisse s’écouler facilement.
décocté, s. m. C’est le produit de la décoction. (Y. ce mot.)
décoction (pharm.), s. m. (decoctio). C’est une opération qui consiste à faire bouillir pendant un certain temps les substances médicamenteuses dans l’eau , la plupart des tisanes se préparent par décoction ; quelques phar macologistes ont signalé dans ces derniers temps les inconvénients que présente ce mode de préparation , et ils ont démontré que les infusions , et même les macérations donnaient un résultat plus avantageux que les décoctions ; cependant pour les tisanes faites avec des substances qui n’agissent que par la fécule qu’elles contiennent , telles que l’orge, le gruau, etc.; la décoction doit être préférée. (Y. Tisanes.)
décoction blanche. C’est le nom donné à une tisane que Sydenham ordonnait souvent dans les diarrhées, la dysenterie; elle est composée de corne de cerf calcinée et porphyrisée , deux gros ; mie de pain, six gros; sucre, une once et demie; eau commune , une pinte ; on fait bouillir pendant un quart d’heure; l’on passe et Ton ajoute ensuite , eau de fleurs d’oranger , deux gros. Quelques pharmaciens et entre autres M. Guibourt ont proposé de remplacer la mie de pain par huit gros de gomme arabique. J. B.
décollement [ chir .) , s. m. On désigne sous ce nom la séparation de la peau des parties auxquelles elle est adhérente; ce décollement se manifeste ordinairement dans les abcès où la peau se détache par la destruction du tissu cellulaire qui l’unit aux parties sur lesquelles elle est si-
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tuée; on remédie au décollement par la compression et par des contre - ouvertures pratiquées dans les endroits convenables pour donner issue au pus. — Le décollement d’une des parties du placenta dans la grossesse s’observe quelquefois, et donne lieu â des écoulements de sang, et même à des hémorrhagies, il est presque toujours suivi de l’avortement. — On a nommé aussi décollement la séparation de la tête du fœtus du tronc, lorsqu’elle a lieu par suite de tractions violentes nécessaires pour terminer l’accouchement. J. B.
décrépitude ( physiol. ), s. f. On désigne sous ce nom l’état avancé de la vieillesse dans lequel les individus perdent successivement toutes leurs facultés physiques et intellectuelles. (Y. Vieillesse.)
décubii-us. Mot latin employé pour désigner la situation dans laquelle on est couché horizontalement sur le dos. (V. Attitude.)
DÉcuiT(pAam.),adj. Seditd’un sirop quia subi une altération telle qu’il semble n’êtrepas assez cuit.
DÉPAHÏ.AWCE. Y. Syncope.
défécation (physiol.), s. f. C’est l’excrétion des aliments ou le dernier acte de la digestion. (Y. ce mot.)
déférent, (conduit) ( anat .), s. m. C’est le conduit excréteur des testicules. (V. ce mot.)
DÉFLORATION. (V. Viol.)
dégénération ( path .), s. f. On désigne sous ce nom la transformation d’un tissu par l’action d’une maladie; le cancer, la phthisie, déterminent des dégénérations de tissus. Cette dégénéraiion ou dégénérescence est la conversion d’une portion d’organe en un corps nouveau qui reçoit le nom de tissu cancéreux, tuberculeux, etc., pour indiquer les changements que la maladie a apportés dans ces parties. On ne doit pas confondre la dégénération des tissus avec leur transformation: souvent un tissu se change en un autre tissu , et dans ce nouvel état il continue à vivre et à remplir ses fonctions physiologiques; dans la dégénération, au contraire , la conversion du tissu constitue toujours une maladie qui le plus souvent est au-dessus des ressources de la médecine, et ce n’est que par l’extirpation de la partie affectée, lorsqu’elle peut avoir lieu, que le malade doit espérer la guérison. L B.
dégénérescence. Synonyme de dégénération.
(V. ce mot.)
déglutition (physiol.), s. f. C’est l’action d’avaler Ses aliments soit liquides , soit solides. (V. Digestion.)
dégoût (path.), s. m. Répugnance pour les aliments; il ne faut pas confondre ce mot avec Y anorexie ou simple perte del’appétit. (V .Anorexie.) On observe fréquemment le dégoût au début de la plupart des maladies aiguës, et principalement de celles qui ont leur siège dans l’estomac; il est aussi un des symptômes de plusieurs affections nerveuses des organes de la digestion; enfin il se montre fréquemment dans le commencement de la grossesse ; ce dégoût s’étend à toute espèce d’a-
liments , à l’exception toutefois des substances acides; lorsque Jie malade, surmontant sa répugnance, veut prendre des aliments, il est souvent contraint de les rendre par le vomissement. Le dégoût étant presque constamment le symptôme d’une maladie, plutôt qu’une maladie à part, on ne peut rien prescrire de spécial pour le traitement; lorsqu’il est lié seulement à un état d’atonie de l’estomac, ou à la présence d’une trop grande quantité d’acide dans cet organe, on peut user d’eau artificielie de Vichy , de pastilles de bicarbonate de soude, et de préparations magnésiennes ; lorsque l’amertume de la bouche et un enduit blanc sale de la langue semblent annoncer la présence du mucus et de principes bilieux alcalins dans l’estomac, on se trouve bien des préparations acides, de la limonade et des eaux gazeuses. Dans ces circonstances mêmes, il est utile de consulter un médecin; enfin il faut dans tous les cas se défier des prétendus stomachiques qui stimulent l’estomac et l’irritent à la longue. Une nourriture choisie et variable suivant les indications nous paraît être ce qu’il y a de plus convenable, tant que le malade n’est pas atteint de fièvre et que la diète ne se trouve pas ainsi indiquée. J. B.
DÉGK.AISSEUB.. L’industriel auquel on a donné n ce nom et celui de détacheur ( hyg .), s. m., exerce 1 l’art d’enlever les taches de dessus une étoffe , sansl’endommager et sans en altérersensiblement la couleur.
Les dégraisseurs de la ville de Paris ne faisaient pas lors des maîtrises une communauté à part, 1 iis étaient reçus maîtres dans celle des fripiers ; i il faut aussi ne pss les confondre avec les teinta- J riers, qui seront plus tard le sujet d’un article.
Les dégraisseurs sont sujets à tous les inconvé- | nients qui résultent de l’humidité : occupant dans les grandes villes un local resserré, ils sont exposés à avoir les pieds dans l’eau, à recevoir sur le corps les égouttures des vêtements qu’ils ont net oyés; ils sont en contact avec la vapeur d’eau ■ qui se forme continuellement dans l’atelier, soit '■< par suite de l’évaporation de l’eau qui a servi à laveries objets à nettoyer, soit par suite du be- i soin où ils sont d’avoir constamment sous la main i de l’eau qu’on lient en ébullition dans des chaudières.
Les dégraisseurs sont encore sujets, en raison des objets qu’ils emploient pour détacher les vêtements, à d'autres inconvénients; ainsi s’ils font usage d essence de térébenthine, d’essence de 1 citron, d’éther sulfurique, ils sont exposés à des céphalalgies plus ou moins intenses; mais cesacci- 1 dents ne se font remarquer que chez les personnes . qui n’ont pas encore l’habitude de la profession. |
On doit recommander au dégraisseur : 1° de faire usage de sabots; 2° d’aérer son atelier; f) 5° de disposer le lieu où l’on étend les habits de façon à ce que les égouttures ne puissent tomber sur le corps des ouvriers; 4° d’avoir autant que possible une espèce d’étuve pour que la dessiccation des habits puisse se faire d’une manière ; convenable , sans que l’ouvrier soit constamment exposé à la vapeur d’eau. On a aussi recommandé i
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au dégraisseur de porter des habits secs, en fil, et de se frictionner tout le corps avec la flanelle.
Nous recommanderons aux dégraisseurs qui font usage d’éther de ne l’employer que de jour : nous avons su qu’un ouvrier qui avait employé de cet éther à la nuit avait vu l’éther s’enflammer par l’action de la lumière dont il s’éclairait, et qu’il avait manqué d’être la victime de cet accident.
Les dégraisseurs sont quelquefois atteints de rhumatismes; le traitement à employer dans ce cas sera décrit lorsqu’on traitera de cette affection.
A. Chevallier.
déjection (physiol), s. f. Ce mot est synonyme de défécation et indique l’action d’expulser les matières fécales; lorsque l’on se sert de ce mot au pluriel, et que l’on dit les déjections, il désigne les matières elles-mêmes; on dit aussi dans le même sens, les déjections divines. J. B.
délayant [mat. mèd .), s. m. Les délayants sontdes médicaments qui ont pour but d’augmenter la proportion du fluide aqueux dans l’économie , ils forment des boissons dont l’eau fait toujours la base, et à laquelle on associe des fleurs adoucissantes, de la gomme, un acide faible, tel que le citron, le vinaigre, les groseilles; le petit-lait, les émulsions et les infusions végétales peuvent aussi être classées parmi les délayants. L’action de ces médicaments consiste à calmer la soif, faciliter la transpiration et la sécrétion de i’urine, favoriser les évacuations alvines ; c’est principalement dans les affections inflammatoires aiguës que l’on fait usage de ces boissons, qui sont presque analogues aux antiphlogistiques ; l’action des délayants peut être favorisée par les lavements et les bains. J. B.
délétère ( hyg .), adj. (du grec délétérion , de déléo , je nuis) ; on donne ce nom à toutes les substances capables de nuire à la santé ; ainsi on dit des miasmes délétères, des substances délétères, pour indiquer qu’elles ont une action funeste sur l’économie animale. J. B.
déligation (cfo'r.), s. f. On désigne par ce mot l’art méthodique d’appliquer les bandages propres à chaque affection chirurgicale. (Y. Bandages.) J. B.
déliquescence (chim.), s. f. Action de certains corps qui absorbent l’humidité de l’air de façon à s’y dissoudre.
délire (path.) s. m.(de lira, sillon d’où l’on a fait delirare, sortir du sillon , être hors des voies de la raison); désordre des facultés intellectuelles avec ou sans perversion des qualités morales. Cet état dépend d’une modification particulière dans la manière d’être du cerveau, soit que cet organe éprouve une surexcitation par l’abord d’une trop grande quantité de sang, comme dans la fièvre cérébrale, ou qu’au contraire trop peu de sang vienne l’exciter, ou bien que ce liquide arrive au cerveau altéré par certaines substances telles que l’alcool, l’opium, la jusquiame, la mandragore et les autres narcotiques, ou enfin qu’un viscère important, gravement malade, réagisse sur lui d’une manière sympathique. Daos d’autres circonstances, la cause prochaine du délire nous échappe , comme , par exemple , dans bauooup de cas de folie.
Avant l’âge de cinq ans, le délire est rare chez les enfants , qui ont trop peu d’idées pour que le désordre intellectuel soit apparent.
Il est une distinction très-importante à faire, c’est celle du délire aigu , c’est-à- dire accompagné de fièvre, et du délire chronique ou sans fièvre. Le premier est celui qui se montre dans une foule de maladies aiguës, et qu’on peut regarder comme un symptôme de ces maladies, ou bien qui est le résultat de l’introduction dans l’économie animale de boissons alcooliques ou de substances narcotiques. (V. Ivresse et Narcotiques.)
Le second délire est celui qui caractérise la folie. (V. ce mot.) Il existe une grande différence entre eux, puisque l’un cesse avec la maladie ou la cause qui l’a produit, et que l’autre persiste toujours un temps plus ou moins long, sans être accompagné nécessairement d’une altération dans les fonctions nutritives et locomotrices. Les principales maladies qui peuvent accompagner le délire sont celles qui ont leur siège dans un des points du cerveau: les érysipèles étendus, surtout ceux de la face ; la petite-vérole ; les différentes espèces de fièvres, principalement la fièvre typhoïde , nommée anciennement fièvre putride ou adynamique, et enfin la plupart des maladies dans le moment qui précède l’agonie. Il est bien important de distinguer ce délire de celui de la folie, et ne pas se hâter, par exemple, de placer le malade dans une maison d’aliénés, ce qui ne peut que l’affecter péniblement lorsqu’il aura recouvré la santé.
Dans les affections aiguës, le délire revêt différentes formes; il est fréquemment intermittent, même dans les maladies continues du cerveau; il accompagne alors les paroxysmes de fièvre qui ont surtout lieu le soir ; d’autres lois il alterne avec un état de coma profond. Son intensité est aussi variable; il peut être léger; on remarque seulement un peu d’incohérence dans les idées et la perte de la mémoire , ou bien le malade se croit dans des lieux et des circonstances qui ne sont pas celles où il se trouve ; d’autres fois, il est assoupi et se réveille de temps en temps , parle seul en balbutiant quelque mots sans suite, et retombe dans son sommeil; enfin le délire peut être frénétique ou furieux ; la tête est alors chaude, la face rouge et les yeux brillants; le malade, dont les forces musculaires sont souvent exaltées , s agite avec violence, pousse des cris , et s’imagine parfois être poursuivi par des assassins, voir des spectres, ou courir des dangers imaginaires.
Le plus souvent le siège du délire dans le cerveau a échappé à l’investigation des anatomistes; cela devait être , la modification imprimée étant trop légère pour avoir laissé des traces matérielles.
Le délire , dans les maladies , est en général un symptôme grave , quoiqu’à beaucoup près il ne ne soit pas toujours un signe mortel ; lorsqu’il survient après une blessure ou une opération chirurgicale , il est alors de très -mauvais augure; il en est de même lorsqu’il s’accompagne de soubresauts des tendons , de mouvements convulsif)! et de earphologie. (V. ce mot.) On ne peut rien pré-
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scriro de spécial pour le traitement du délire , les indications variant suivant la nature de la maladie pendant laquelle il se montre. On peut indiquer cependant d’une manière générale l’emploi de tout ce qui peut modérer l’excitation du cerveau : ainsi on préservera les yeux de l’action d’une lumière trop vive, on établira une révulsion au moyen de cataplasmes sinapisés sur les cuisses et les mollets , des bains de pieds , et des purgatifs toutes les fois que ceux-ci ne sont pas contre-indiqués, etc.
Lorsque le délire est furieux, et que le malade s’agite beaucoup , on le maintient au moyen de la camisole de force et de liens formés avec des draps qu’on fixe de chaque côté des barres latérales du lit. Nous n’avons pas parlé ici du délire qui caractérise la folie ; il en sera question lorsque nous traiterons de cette dernière maladie.
J. P. Beaude.
pelirium tremens (jpath.), mot latin qui signifie délire tremblant. On désigne ainsi un état qui a également reçu les noms de délire nerveux, folie des ivrognes, dipsomanie, etc. Les auteurs anglais ont désigné les premiers sous le nom de delirium tremens une affection survenant chez les ivrognes, et caractérisée par un délire qui s’accompagne de tremblement et le plus souvent d’une insomnie opiniâtre.
Cette maladie, comme nous venons de le dire, reconnaît pour cause l’abus des boissons alcooliques, surtout de l’eau-de-vie; elle attaque plus particulièrement les hommes, quoiqu’il ne soit pas très-rare de l’observer parmi les femmes de la basse classe de Paris. Elle survient peu à peu ou brusquement; la cause prochaine de son développement peut être dans ce dernier cas un nouvel excès de vin , une forte émotion , des fatigues, l’insolation, l’exposition au froid, des excès vénériens , ou enfin la privation subite des liqueurs alcooliques. On l’a vue survenir chez des femmes bien élevées, et jusque-là très-sobres, qui, prises tout à coup, vers l’époque critique, du goût le plus impérieux pour les boissons, succombaient au penchant qui les entraînait.
Lorsque la maladie se montre peu à peu, elle débute par des dérangements dans les fonctions digestives ; le sommeil est léger, il est troublé par des songes effrayants ; l’intelligence et surtout la mémoire s’affaiblissent; un léger tremblement se fait remarquer, et bientôt la maladie acquiert toute son intensité. Le délire est alors furieux et accompagné d’hallucinations ; au bout d’un quart d’heure il peut cesser et se reproduire ensuite ; d’autres fois il est tranquille et roule le pius souvent sur un objet exclusif; ordinairement il a rapport aux occupations habituelles du malade; il peut être aussi intermittent et revenir périodiquement. Le tremblement existe surtout dans les membres ; il peut quelquefois précéder le délire; rarement il est accompagné de secousses tétani ques; la voix peut être aussi tremblante ; l’absence du sommeil est plus ou moins complète. Il est des circonstances où le malade peut à peine goûter la nuit une heure d’un sommeil interrompu par
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des rêves bizarres ou par des impressions les plus fantastiques.
Après une durée de quinze à vingt jours, la maladie se terminekassez souvent par la guérison ; d’autres fois la mort peut avoir lieu par une attaque d’apoplexie ou par un ramollissement cérébral ; enfin la folie est aussi une des terminaisons de cette affection; elle est de plus sujette à des récidives; alors elle est plus grave et peut se compliquer de divers désordres.
Traitement. Les émissions sanguines, utiles surtout quand on a à craindre une congestion cérébrale (coup de sang) n’occupent qu’un rang secondaire dans le traitement du delirium tremens. Le véritable spécifique est l’opium donné à haute dose (un à deux gros de laudanum de Sydenham en vingt-quatre heures) ; on doit administrer ce remède jusqu’à ce qu’il y ait production de sommeil ; on a vu alors, dans quelques cas, les malades se réveiller guéris. Nous croyons inutile d’ajouter ici que le médecin seul peut diriger ce traitement d’une manière convenable.
J. P. Beaude.
délitescence ( path .), s. f. {délit escentia, de delitescere, se cacher, disparaître). On désigne par ce mot la disparition subits d’une maladie éruptive, d’une inflammation, sans qu’il en reste de traces extérieures, ni que cette disparition n’aillc occasionner d’autres accidents; cette terminaison de l’inflammation qui est une des plus favorables, est différente de la métastase, en ce que dans cette dernière l’inflammation ne fait que quitter son siège pour aller se porter sur une autre partie. (V. Inflammation.) J. B.
délivrance. ( accouch .) s. f. Expulsion ou extraction du placenta et de ses membranes , ainsi que des caillots formés après l’accouchement, ce qui indique que la délivrance se distingue en naturelle, qui a lieu par les seules contractions utérines, et en artificielle, c’est- à-dire qui réclame l’intervention du médecin accoucheur. Dans la majorité des cas la délivrance , ainsi que l’accouchement, sont dus aux seules ressources de la nature; mais aussi quelquefois ces deux fonctions physiologiques restent dans Se domaine de l’art. Avant tout , il est important de faire comprendre le mécanisme de cette fonction, lorsqu’elle est effectuée par les seuls efforts de la nature.
On peut distinguer ici deux temps, deux périodes différentes : dans le premier le placenta se décolle; dans le second il est expulsé. La matrice en se contractant détruit les adhérences de sa face interne avec la face externe du placenta , les rapports primitifs cessent donc d’exister. Les efforts de l’utérus pour expulser l’enfant ont déjà suffi en partie pour opérer le décollement; aussi, le plus souvent , le placenta se trouve-t-il détaché au moment où l’enfant vient au jour. A la vérité , la nature est aidée dans cette fonction par les muscles des parois du ventre.
Le placenta ne se détache pas toujours de la même manière: tantôt c’est par ses bords, tantôt c’est par son centre ; il se présente alors différemment à l’orifice utérin. Quand il s’est détaché par ses bords, il s’écoule toujours une certaine quan-