‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 189 sur 316 · ÉL · texte numérisé non relu

ÉL

tité de sang hors de la vulve, qui précède la sortie du délivre : tandis que dans les autres cas , le délivre sert de réservoir au sang , qui s’accumule dansjine espèce de poche en forme d’entonnoir, et le sang ne paraît qu’après la sortie du placenta.

Le plus souvent , quoique le placenta se soit détaché en même temps qu’avait lieu l’expulsion de l’enfant, il ne l’accompagne pas ; l’orifice utérin se resserre, revient un instant sur lui-même et s’oppose ainsi à la délivrance , mais non pas d’une manière absolue et dans tous les cas. La présence de ce corps . devenu étranger, ne tarde pas à solliciter les contractions utérines ; l’orifice se rouvre ; dès que le placenta s’y est engagé , il distend le vagin , incommode de nouveau la femme et se prépare à sortir entièrement.

Rien n’est plus variable que la durée de la délivrance ; chez quelques femmes elle a lieu en même temps ou presque aussitôt après l’accouchement. Chez d’autres , trois , quatre , cinq ou six heures après et davantage. La délivrance est d’autant plus prompte , que l’utérus conserve sa force contractile , revient mieux sur lui-même après la sortie de l’enfant.

Les praticiens les plus anciens, et encore quelques-uns de nos jours, sont divisés sur l’opportunité qu’il peut y avoir à attendre la délivrance ou à la provoquer par une opération mécanique. On attribue à Hippocrate une méthode ingénieuse, mais qui exposerait dans beaucoup de cas à de graves conséquences ; il conseillait d’asseoir la femme sur un siège élevé , et de poser l’enfant qui tenait encore au cordon , sur un ballot de laine fraîchement cardée ou sur des outres pleines d’eau, auxquels on pratiquait ensuite une ouverture étroite qui donnait issue à l’eau , pour que l’enfant , en descendant lentement , entraînât avec lui le placenta. Dans le cas de rupture du cordon, il remplaçait l’enfant par un corps d’un poids égal et qui le suppléait.

Aujourd’hui il est assez reconnu qu’on peut attendre même plusieurs heures sans s’occuper de délivrer la femme dès qu’il n’y a aucun accident qui force d’opérer cette délivrance plus tôt. En général, une ou deux heures suffisent, il faut alors profiter du moment où apparaissent de nouveau les douleurs qui révèlent les contractions utérines: l’on saisit le cordon de manière à entraîner le placenta suivant l’axe du bassin. Cet axe est représenté par une ligne qui partirait de l’ombilic pour se rendre au-dessous de la courbure du sacrum. On entortille le cordon autour de la main droite , que l’on peut au préalable garnir d’un linge. Cette main tire horizontalement , tandis que les doigts de la main gauche , en rapport avec les pubis, forment une poulie de renvoi. Le cordon est donc tiré par deux puissances qui agissent horizontalement et en sens contraire : cette ligne diagonale parcourue est celle qui représente l’axe du détroit supérieur ; dès que le placenta est descendu dans le vagin , on se contente de tirer à soi en relevant vers les pubis la main droite qui n’a pas abandonné l’extrémité du cordon , tandis que la main gauche a passé au-dessous de la vulve et soutient la masse du délivre dès qu’elle commence à se montrer au-

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