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peau ; on l’observe au déclin de l’érysipèle , de l’érythème, de la rougeole, delà scarlatine, de la petite-vérole, et de la plupart des exanthèmes, au moment où la maladie étant guérie l’épiderme se sépare en écailles. Elle est un des symptômes constants delà dartre squammeuse humide [eczema)’, elle peut même être portée à un degré excessif, et faire éprouver au malade d’horribles souffrances. (V. Dartre.) La démangeaison caractérise aussi la gale, le prurigo et toutes les affections papuleuses de la peau; mais dans chacune de ces maladies elle revêt un caractère spécial qui peut servir à les distinguer; ainsi le prurit de la gale est diminué par l’action de se gratter; il est d’ailleurs bien moins intense que celui du prurigo; ce dernier est accompagné d’une sensation de chaleur et d’âcreté qui fait le supplice du malade ; et plus ce dernier se gratte, plus le mal augmente. Considérée comme signe séméiotique des maladies, la démangeaison du bout dunez s’observe chez les enfants atteints d’affections vermineuses. On éprouve aussi au bout de la verge un sentiment de titillation particulier dans les rnaladiesfie vessie, et au début d’une blennorrhagie.Les démangeaisons de l’anus indiquent souvent chez les enfants et chez quelques adultes la présence de petits vers nommés ascarides vermiculaires. {V. Vers.) La démangeaison, comme on le voit, n’est en général que le symptôme d’une autre affection, rarement elle constitue une maladie à part; il est des cas néanmoins où elle se montre seule et isolée de tout autre phénomène morbide; telle est la maladie décrite par M. Alibert sous le nom de prurigo latent ; dans cette affection le malade est en proie à la plus affreuse démangeaison, sans qu’on aperçoive la moindre trace de bouton ou d’ulcération quelconque; le mal est tantôt général , tantôt borné à une partie du corps , comme la plante des pieds, la paume des mains: chez quelques femmes qui ont atteint l’époque de leur âge critique, il se montre sur les parties génitales et persiste avec une opiniâtreté des plus fâcheuses; les malades n’ont de repos ni jour ni nuit; elles sont portées malgré elles à se gratter sans cesse, et elles augmentent ainsi l’irritation. Quelquefois le mal est porté à un point tel, qu’elles maigrissent et sont prises de divers accidents nerveux ; l’anus peut aussi être le siège d’une pareille affection. Le traitement de cette espèce de démangeaison, quand elle est simple et qu’elle n’est pas due à une dartre, consiste à éviter les ex- < citants et les écarts de régime , à user d’abord de 1 bains, de cataplasmes, de lotions émollientes et ; narcotiques de mauve, de morelle, de laurier ce- l rise, et de jusquiame, d’embrocations huileuses, etc.Si la maladie persiste, il faut avoir recours aux lotions et aux bains alcalins ou sulfureux ; on 1 emploie aussi quelquefois avec succès les fumiga- t tionsde cinabre. Les lotions alcal ines usitées à l'hôpital Saint-Louis, se font en faisant dissoudre deux I gros de sous-carbonate de potasse dans un litre 1 d’eau. Pour rendre un bain ordinaire alcalin , il 1 suffit d’y ajouter six à huit onces de potasse ordi- ç naire du commerce. Dans quelques cas très-opiniâtres, on a réussi à calmer les démangeaisons I en appliquant sur la partie qui en était le siège des r
e compresses imbibées d’une solution de quaranteï huit grains de cyanure de potassium pour un i demi-litre d’eau distillée. Cette préparation, qui 3 serait un poison si elle était avalée , doit être cos lorée en rouge pour éviter les accidents ; comme J elle s’altère très-promptement, on doit aussi l’employer de suite ; dans tous les cas , elle ne peut - être ordonnée que par le médecin.
Pour les autres cas où la démangeaison n’est • qu’un symptôme d’une maladie , c’est la maladie ! même qu’il faut tâcher de guérir. (V. les mots I Dartre, Prurigo et Gale.)
J J. P. Beaude.
démence ( tnéd .) , s. f. Espèce de folie caractérisée par l’abolition presque complète de toutes les fonctions de l’intelligence; elle diffère de l’idiotie en ce que cette dernière existe de naissance, et que la démence est toujours acquise; elle suc cède quelquefois à la manie. (Y .-Folie.) J. B.
demi-bain ( thérap .), s. m. Ce sont des bains dans lesquels l’on est plongé dans l’eau seulement jusqu’à l’ombilic; lorsque le bassin seul est dans Beau sans que les extrémités inférieures y baignent , on donne à ces bains le nom de bains de siège. Les demi-bains sont ordonnés aux personnes que la pression de l’eau sur la poitrine incommode, et qui en ont la respiration gênée. Ces demi-bains ont une action analogue aux bains entiers, ils sont souvent incommodes par le refroidissement des linges toujours humides qui recouvre la portion du corps qui est hors de l’eau, on peut, en partie parer à cet inconvénient en couvrant la baignoire, ce qui empêche jusqu’à un cerpoint le refroidissement de l’air qu’elle contient. Ces demi-bains peuvent être de diverses natures comme les bains généraux. (Y. Bains.) J. B.
demi-circulaire ( anat .) s. m. Nom donné àdes canaux qui existent dans l’oreille interne. (V. Audition.)
demi-membraneux (anat.), s. m. C’est le nom d’un muscle situé à la partie postérieure de la cuisse, qui, supérieurement, se fixe à la tubérosité de l’ischion, et inférieurement au condyle interne du fémur et à la fubérosité du tibia, ce muscle fléchit la jambe sur la cuisse, et porte la jambe en dedans. J. B.
demi-tendineux (anat.), s. m. C’est un muscle qui est situé à côté du demi-membraneux, à la partie postérieure de la cuisse ; il se fixe comme lui à la tubérosité de l’ischion et à la tubérosité du tibia, il remplit les mêmes fonctions. J. B. sebti-ties.ce, adj. V. Hénitritée.
démobjqmabiie ( mèd .), s. f. C’est un genre de folie dans lequel le malade croit être possédé du démon. (V. Folie.)
dent (anat., physiol., path.), s. f .(dens des Latins, de edere, manger; odous, odontos des Grecs). Les dents sont de petits corps durs, implantés dans les mâchoires par un mode d’articulation nommé gomphose , elles servent à triturer les aliments.
Elles sont chez l’homme composées de trois parties distinctes; l’émail qui en revêt la couronue , la partie osseuse ou éburnée qui en con-
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slitue la base , et une partie molle qui en remplit la cevité creusée dans son épaisseur et que l’on désigne sous le nom du pulpe ou de nerf dentaire.
L’émail ne s’étend que sur la couronne, il forme une couche plus ou moins épaisse et vient se terminer on mourant à l’endroit qui porte le nom de collet.
On a longtemps disputé sur la nature des diverses substances qui composent les dents, ainsique sur leur mode de développement : ces querelles anatomiques et physiologiques sont loin d’être terminées , et ne peuvent trouver place ici dans un simple article de dictionnaire.
Quand la première dentition est terminée chez l’enfant, les dents sont au nombre de vingt; chaque mâchoire en a dix , qui sont quatre incisives, deux canines et quatre molaires ; on leur a donné le nom de temporaires , de caduques, pour désigner leur existence passagère ; celles qui doivent leur succéder ont été , par un motif contraire , appelées dents permanentes.
Une denture chez l’homme adulte est composée de trente-deux dents , seize à chaque mâchoire ; huit se trouvent placées, tant en haut qu’en bas , de chaque côté de la ligne médiane ; elles sont disposées sur les arcades alvéolaires , de manière à se correspondre quand les mâchoires sont rapprochées, et elles se touchent par leurs côtés correspondants , ce qui forme un caractère distinctif de la denture de l’homme. On les divise en trois classes : en incisives , en canines , en petites et en grosses molaires. La forme de ces dents fournit la preuve la plus évidente que par son organisation, l'homme est destiné à se nourrir de toute espèce de substances, soit végétales, soit animales.
Les incisives placées en avant, au nombre de huit, sont, par leur forme, propres à couper, comme des lames de ciseaux , les substances soumises à la mastication. Les dents canines , au nombre de quatre , pointues comme cellesdesanimaux carnivores , peuvent pénétrer et déchirer les parties les plus fibreuses et les plus dures des substances animales. Les dents molaires, au nombre de vingt , huit petites et douze grosses , sont à la fois aplaties à leur couronne et munies de tubercules comme celle des herbivores ; les quatre dernières de ces molaires ont reçu le nom de dents de sagesse , sans doute parce qu’elle ne se montrent ordinairement sur le bord alvéolaire que de dixhuit à vingt ans ; parfois plus tôt , souvent plus tard, et dans quelques cas même à un âge trèsavancé.
Physiologie des dents. — Si un simple article de dictionnaire ne prescrivait des bornes, ce serait le cas d’examiner ici comment se développent ces deux séries de dents , et de faire à leur égard ce qui se pratique en anatomie et en physiologie pour l’homme sortant du néant , c’est-à-dire , de les suivre dans le sein de la mère , en rapporter l’histoire jusqu’à la naissance et relater les divers phénomènes qu’elles présentent durant leur accroissement , jusqu'à ce qu’elles soient entière ment formées; mais il serait hors de propos d’entrer ici avec détail dans les hautes considérations physiologiques dont cet organe est susceptible f t
surtout les longues discussions auxquelles il a donné lieu. Je me contenterai de consigner les idées le plus généralement admises, et de renvoyer le lecteur aux divers auteurs qui en ont traité et qui sont loin d’être d’accord sur tous les points.
Il est à présumer que l’embryon contient, dès les premiers moments de la conception, ainsi que tous les éléments nécessaires à la perfection de son individu , les germes des dents de la première et de la deuxième dentition ; cependant ce n’est que vers le deuxième mois que l’on rencontre ceux des incisives et des molaires de lait renfermés dans une espèce de gouttière assez profonde, fermée supérieurement par une membrane fibreuse qui en tapisse l’intérieur , et destinée à la formation des matrices dentaires. Ces germes n’ont tout au plus d’abord que le volume d’une petite tête d’épingle ; les cloisons des alvéoles n’existent pas encore , et ce n’est que vers le quatrième mois qu’il est possible de les distinguer pour les incisives; tous les autres germes sont encore contigus les uns aux autres ; mais de fibreuses qu’étaient ces cloisons , à six ou sept mois, elles commencent à s’ossifier , et le même travail se poursuit de la même manière jusqu’au terme naturel de l’accouchement ; les germes grossissent de plus en plus, et offrent au centre une substance molle, grise-rougeâtre , qui prendra plus tard le nom de pulpe ; sa surface est hérissée d’un tissu qui semble tomenteux, et se trouve enveloppée d’une membrane épaisse, comme fibreuse, qui lui forme une sorte de sac ; entre ces deux parties , il s’en trouve une autre plus mince qui tapisse d’abord la face interne du feuillet fibreux , et se réfléchit sur la pulpe qu’elle enveloppe immédiatement à la manière des membranes séreuses ; dans cette membrane interne on trouve une humeur comme mucilagineuse, assez abondante. Le germe de la dent étant ainsi formé , il ne tarde pas â se développer à la surface de la membrane séreuse et sur le sommet de la pulpe , un ou plusieurs points d’ossification selon l’espèce de dent, qui ressemblent assez à de petites écailles osseuses qui se réunissent et augmentent de volume ; l’os de la dent se forme d’abord , et l’émail n’y est déposé que plus tard , sous l’apparence de granulations crayeuses qui peu à peu deviennent lisses et polies, et acquièrent une blancheur et une dureté que tout le monde leur connaît.
La matrice dentaire se continue avec le tissu des gencives par un canal étroit qui porte le nom de iter dentis ; à mesure que la dent s’élève , elle dilate ce canal qui se raccourcit de plusen plus jusqu’àce que la dent paraisse sur le bord gengival. Le même mécanisme a lieu pour les dents de la deuxième dentition, avec cette différence que celles-ci, placées derrière et sous les alvéoles des premières , poussent dans la direction de l 'iter dentis ; la pression qu’elles exercent sur la paroi postérieure des alvéoles des dents de lait détermine la destruction et la perforation de la cloison osseuse de ces alvéoles , les dents de remplacement s’y introduisent, occasionnent l’atrophie de leurs vais seaux et l’absorption de leurs racines. Cette absorption paraît essentiellement produite par un
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organe vasculaire, espèce de bourgeon charnu, rougeâtre , placé entre les racines des dents caduques et la couronne de la dent de remplacement.
Première dentition. — Rienn’ est plus variable que la sortie des dents ; quelques enfants naissent avec une ou plusieurs dents : Louis XIV fut de ce nombre , ce qui fit présager , dit-on , sa grandeur future. Ce phénomène est moins rare qu’on ne ie croit généralement ; beaucoup d’auteurs en rapportent un grand nombre d’exemples, et, pour ma part, je pourrais en citer déjà huit ou dix , un entre autres qui présentait ceci de remarquable , qu’au troisième jour de la naissance le nouveauné poussait des cris prolongés aussitôt qu’il prenait le sein de sa mère. La bouche examinée , j’aperçus une petite incisive d’en bas, longue à peu près de deux lignes, surmontée de ses trois petits tubercules, qui avaient déterminé une ulcération profonde au-dessous de la langue. Cette dent étant chancelante et entourée d’un bourrelet enflammé de la gencive, je ne balançai pas à en faire l’évulsion ; à peine s’écoula-t-il quelques gouttes de sang; un instant après l’enfant tétait avec avidité. En général, la première dentition ne commence que du cinquième au septième et huitième mois ; quelquefois cependant plus tard. J’ai vu un enfant de trois ans , mal portant il est vrai, présenté à la consultation du célèbre Dubois, chez lequel rien n’annonçait qu’elle dût bientôt s’effectuer : était-ce la difficulté qu’éprouvaient ces petits os à faire leur éruption qui rendait cet enfant malingre ; ou était-ce sa con- | siiiution primordiale qui occasionnait ce retard? |
Fauchard a donné l’observation d’un enfant de cinq à six ans dont la plupart des dents n’avaient pas encore paru. Charles Rayer, Brouset et Lanzani rapportent aussi des exemples semblables. M. Baumes dit avoir connu à Saint-Gilles un huissier, nommé Vaizon, auquel il n’était jamais sorti de dents. Péricrates, au rapport de Vaila , n’en avait jamais eu non plus.
D’une autre part, Alphonse Leroy, dans sa Médecine maternelle, dit qu’il a souvent vu qu’un enfant poussait une ou deux dents avant le terme ordinaire , lorsque la nourrice avait eu la fièvre ou qu’elle s’était échauffée. Sans révoquer entièrement ce phénomène , cela me paraît bien surprenant. Borellus, Ambroise Paré et Salmath rapportent des choses bien plus extraordinaires : ces auteurs font mention d’éruptions de dents après la mort ; mais ne doit-on pas attribuer ces faits à la cessation du spasme que l’infiammation entretenait pendant la vie?
Accidents qui accompagnent la première dentition. —Les accidents dont le travail de la dentition est accompagné sont incontestablement très -nombreux ; mais , il faut le dira en passant , on attribue souvent à ce travail, sans prendre la peine du plus petit examen, des maux qui lui sont étrangers.
La première indication à remplir est de préparer l’enfant à cette opération de la nature, qui se fait souvent sans occasionner la plus légère altération de la santé. De même, on voit un grand nombre de jeunes filles devenir nubiles sans au-
cune espèce d’accidents. La dentition n’est pas plus une maladie que la puberté; mais néanmoins cette époque très-remarquable de l’ossification est souvent critique pour,, l’enfant , comme le sont , dans un âge plus avancé, les époques de la menstruation, de l’accouchement, de la cessation des règles, qui prédisposent à beaucoup de maladies , sans être des maladies elles-mêmes.
M. le professeur Baumes , dans son ouvrage sur la première dentition , Alphonse Leroy , Millot, MM. les docteurs Jadelot, Guorsent et Delabarre, ont indiqué les moyens les plus convenables à mettre en pratique à l’égard des jeunes enfants , leur donner de bon lait, jugé tel par le médecin; de la croûte de pain séchée au four, dans du bouillon de bœuf ou de poulet, et quelquefois de la gelée ; leur faire boire de l’eau d’orge coupée avec du lait ou avec de l’émulsion sucrée d’amandes douces; si l’enfant a le corps trop serré, au lieu de sucre , mettre un peu de miel dans ses boissons; on entretient la liberté du ventre avec des demi-lavements et quelquefois de légers minoratifs. Le bon vin peut être d’un grand secours, mais on doit se garder d’en user inconsidérément et sans l’ordonnance du médecin.
Chez les enfants dont la constitution est saine et robuste , qui jouissent d’une sensibilité moyenne, et auxquels on a fait observer un régime régulier, la pousse des dents se fait généralement sans accidents notables; mais il n’en est malheureusement pas de même chez celui dont la constitution est délicate , et pour qui les erreurs diététiques ont été multipliées.
La sortie des premières dents se manifeste par une chaleur des gencives, par une salivation plus abondante, par une titillation faiblement douloureuse qui engage l’enfant à porter souvent à la bouche ses doigts et tout ce qui lui tombe sous la main; il presse fortement le mamelon de sa nourrice , il tette avec avidité ; dans l’examen de la bouche , on trouve un aplatissement du bord circulaire des gencives; le nez est souvent le siège d’un prurit qui engage l’enfant à le gratter par intervalles; une rougeur qui se porte alternativement de l’une à l’autre joue a été, ainsi que le symptôme précédent, plus d’une fois attribuée sans fondement à la présence de vers intestinaux. Il survient aussi des déjections alvines plus ou moins modérées , et une augmentation dans la sécrétion des urines; les mouvements de l’enfant sont brusques , ils marquent de l’impatience , peu de chose le contrarie et le fait pleurer; son sommeil est agité, il se réveille en sursaut ; l’endroit qui doit donner passage à la dent se gonfle , devient rouge et luisant, et finit par blanchir, lorsque la dent est près de se montrer au dehors. Cette espèce de tuméfaction, quelquefois circonscrite, s’étend souvent à toute la mâchoire; lorsque plusieurs dents se présentent à la fois, il est aisé d’en apprécier la sensibilité par les cris que pousse l’enfant, ou au moyen de la pression qu’on exerce avec l’extrémité du doigt. Enfin la dent ne tarde pas â se montrer , et tout rentre dans l’ordre primitif.
Ce tableau de symptômes qui ne présentent rien
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d’alarmant, n’est pas le même quand la dentition est difficile, tes changements qui surviennent vers le quatrième mois donnent à soupçonner les accidents qui doivent l’accompagner : à cette époque, l’enfant devient criard et irascible, il perd le sommeil, il prend et laisse aussitôt le sein de sa nourrice, il a des renvois acides , les digestions se dépravent, le lait ne se digère qu’à demi , l’enfant le vomit avec une extrême facilité , ou bien il s’échappe au moyen d’une diarrhée verte et jaunâtre verdissant au contact de l’air sur les langes qui la contiennent. La constipation , pensent divers praticiens , est encore plus à redouter. La salivation est très-abondante. Millot, dans sa Médecine perfective, s’est beaucoup étendu sur la salivation des enfants ; il la considère comme une des principales causes des troubles qui ont lieu dans les digestions, et lui attribue le dévoiement d’irritation qui survient à cette époque. Les gencives sont d’une extrême sensibilité, et parfois elles sont ainsi que lalanguo le siège de quelques aphthes; les parotides et les autres glandes salivaires s’engorgent, la face se tuméfie ; ce dernier signe est souvent alarmant : le système nerveux s’affecte au point de déterminer quelquefois une paralysie des membres inférieurs; des frissons s’annoncent, la prostration des joues survient, la fièvre se déclare; et, si l’on n’apporte un prompt soulagemeut, les convulsions se manifestent, et la mort termine, malheureusement trop souvent pour l’humanité , cette scène douloureuse.
Tels sont les symptômes qui accompagnent une dentition difficile. Plus ils seront multipliés, moins l’art devra se promettre de succès. Aussi , combien le médecin doit-il être circonspect dans les I espérances qu’il serait tenté de donner à une fa- j mille alarmée 1 lui taire les dangers, ce serait la livrer à une sécurité perfide ; un jour elle serait en droit de lui reprocher ce silence.
Les affections qui accompagnent la première dentition peuvent être , comme on le voit, locales et bornées à la bouche, ou symptomatiques et plus ou moins éloignées du lieu primitivement affecté : les unes appartiennent essentiellement au travail local qui s’opère; les autres sont consécutives à ce travail et l’accompagnent.
Lorsqu’il existe un gonflement inflammatoire et douloureux de la gencive , accompagné d’une chaleur brûlante de la bouche, d’une soif ardente, il est essentiel de recourir aux boissons adoucissantes et relâchantes qu’on administre en même temps à la nourrice, si l’enfant tette encore. Si ces moyens ne suffisent pas pour entretenir la liberté du ventre, il faut recourir aux boissons laxatives, telles que le petit-lait, l’eau miellée , la décoction de pruneaux, et aux lavements. Il faut également insister sur les dérivatifs, qui peuvent diminuer les congestions cérébrales , et prévenir les convulsions ou l’assoupissement ; les pédiluves simples ou composés sont bons à mettre en usagemais, sans contredit, une application de sangsues derrière les oreilles est le moyen le plus convenable dans ce cas. Si le gonflement douloureux de la gencive ne diminue pas, qu’elle soit rouge, distendue , et qu’elle paraisse comme soulevée par
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la couronne de la dent , il est utile de recourir à l’incision, qui se pratique avec un bistouri à pointe recourbée. Cette opération, si utile dans bien des cas , ne doit point être pratiquée sans nécessité , dans la crainte d’ouvrir la capsule dentaire avant que la dent ne soit arrivée à son degré convenable d’ossification, ce qui ne peut être que préjudiciable à son développement. En résumé, cette opération, prônée à outrance par quelques-uns , combattue tour à tour par quelques autres, n’est jamais accompagnée de danger; tandis qu’il est évident qu’elle peut être de la plus grande utilité dans bien des cas.
Les principaux accidents symptomatiques qui dépendent de la dentition sont les couvulsions, les ophthalmies, les inflammations ou irritations des membranes muqueuses de la respiration et de la digestion, enfin plusieurs éruptions cutanées.
Les convulsions s’observent plus particulièrement chez les enfants d’un tempérament délicat, qui sont pâles, maigres, très-irritables et sujets à la diarrhée ; les enfants gras, frais, colorés, n’en sont pas exempts non plus. Ces convulsions sont souvent de courte durée et n’affectent que les muscles des yeux et de la face ; d’autres fois elles se propagent aux muscles du tronc, aux membres supérieurs et plus rarement aux membres abdominaux. Les moyens qui peuvent produire une prompte dérivation sont ceux à mettre en usage ; les moyens le plus généralement employés avec succès à l’hôpital des Enfants sont les pédiluves et les manuluves chauds, les cataplasmes irritants sur les extrémités, et des applications froides sur la figure et sur le front. Si l’enfant n’est pas trop faible, on devra recourir à l’application de quelques sangsues derrière les oreilles ou les parties latérales du cou; les antispasmodiques convien- | nent mieux aux enfants faibles ; on ne doit avoir j recours à ces derniers, pour les enfants robustes, qu’après avoir mis en usage les saignées locales. Les bains tièdes obtiennent les plus grands succès , et ne doivent pas être négligés. Les inflammations des membranes muqueuses cessent en général, aussitôt que la dent fait son apparition au bord gengival; elles sont légères et cèdent or- ! dinairement à un traitement antiphlogistique et I adoucissant ; si elles prennent un caractère plus grave, on a recours aux différents moyens qui conviennent spécialement à chaque espèce. Les vomissements et les diarrhées qui ont lieu chez les enfants doivent être pris en considération : ils accompagnent souvent la dentition, et sont queli quefois les précurseurs de maladies graves du ; cerveau et des organes abdominaux ; l’autopsie | ne démontre pas toujours qu’ils sont le résultat d’inflammation ; ils sembleraient provenir alors , dans ce cas, d’une irritation sympathique des organes gastro-intestinaux; on ne remarque pas de rougeur à la langue, et la région épigastrique n’offre aucun point douloureux.
Les éruptions cutanées qui surviennent pendant le cours de la dentition sont ou des scrofules, ou de petites dartres écailleuses , soit à la face , soit derrière les oreilles; elles n’exigent aucun traitement particulier. Quant à l’érythème qui survient
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sur les cuisses et le bassin, qu’on nomme vulgairement feu de dents, il provient, d’après l’opinion de M. Guersent , d’une altération de l’urine , ou peut-être des matières fécales, et ne paraît pas essentiellement dépendre du travail de la dentition.
Voici dans quel ordre et à quelle époque se fait le plus ordinairement l’évolution des dents de la première dentition :
Du quatrième au dixième mois les quatre incisives centrales, celles du bas d’abord ;
Du sixième au douzième mois les quatre incisives latérales;
Du dixième au quatorzième mois les quatre canines;
Du douzième au vingtième mois les quatre premières molaires ;
Du dix-huitième au trente -sixième mois les quatre dernières molaires.
Deuxième dentition.— La deuxième dentition n’est heureusement point accompagnée d’accidents aussi déplorables : cela tient sans doute à ce que l’enfant, ayant acquis plus de force, peut mieux résister aux phénomènes morbides que nous avons énumérés.
Cependant la mue des dents est quelquefois précédée et accompagnée d’accidents locaux et généraux plus ou moins graves : la tuméfaction des gencives s’annonce assez souvent longtemps auparavant, et peutse terminer par des abcès, surtout lorsque la dent temporaire est gâtée : cette maladie, qui se remarque plus particulièrement à la gencive qui borda Ses molaires d’en bas, n’a fort heureusement dans la plupart des cas aucune suite fâcheuse , et se guérit naturellement ou par de simples collutoires adoucissants. On ne doit recourir à l’évulsion de la dent que lorsqu’il existe un foyer purulent, dont l’infiltration pourrait donner lieu à un dépôt ou à la fonte de l’os maxillaire. Cette maladie, qui n’arrive ordinairement que vers l’âge de quatre ou cinq ans, peut être att ibuée au travail de l’ossification des petites molaires, placées entre les racines des molair s de lait, comme on peut le voir en enlevant délicatement avec uoe échoppe la table intem - de la mâchoire inférieure.
3e f rai ressortir plus tard l'effet fâcheux que peut produire l’évulsion prématurée de ces espèces de dents, pour la sortie et l’arrangement de celles qui doivent les remplacer.
C’est à cette époque aussi qu’on est à portée de remarquer fréquemment des congestions sanguines vers le cerveau, suivies d’épistaxis; le ptyalisme muqueux et sanguinolent s’observe aussi chez les enfants débiles; l’engorgement douloureux des glandes du cou et de la mâchoire a également souvent lieu , mais il se résout facilement , ce qui le fait distinguer de celui qui proviendrait du scrofule.
Les dartres furfuracées volantes (de M. le professeur Alibert), connues aussi sous le nom de pityriasis (de Bateman) , en général , les diverses éruptions, soit au cuir chevelu, soit sur l’habitude du corps, sont très-fréquentes. Les maladies des yeux, des oreilles, accompagnent assez souvent cette opération de la nature. Cet afflux, qui sem-
ble se porter vers la tête à cette époque , peut s’expliquer par le travail actif dont elle est le siège dans ce moment. La mastication devient parfois plus ou moins difficile par l’ébranlement des dents temporaires qui vacillent sur des gencives irritées et tuméfiées dans certaines occasions au point de faire croire à une affection scorbutique; dans ce cas, l’baleine de l’enfant acquiert une fétidité insupportable ; le tartre dont les dents sont presque toujours surchargées augmente et entretient encore cette inflammation. Le traitement à suivre se borne à ôter les dents dont la nature veut se séparer, à enlever le lartre qui recouvre les autres , malgré le préjugé vulgaire qu’on ne doit pas toucher aux dents avant l’âge de quinze ou seize ans; à ces premiers moyens on ajoute les collutoires adoucissants, qu’on acidulé un p* u, sur la fiu, avec quelques gouttes du jus de citron. J'indiquerai plus tard ce qu’il convient de faire aux différentes époques de la vie.
Les adultes ne sont pas non plus entièrement exempts d’accidents, graves quelquefois au point de compromettre la santé et même la vie , à la sortie de la dernière molaire, connue sous le nom de dent de sagesse, celle, du bas surtout, quand ies dents sont très-serrées et qu’il ne reste que peu ou point d’espace entre la base de l’apophyse conoïde et la seconde molaire, ou bien que se trouvant assez déplacé, elle pousse néanmoins dans une direction vicieuse , c’est-à-dire : 1° obliquement d’arrière en avant , et quelle est arrêtée dans sa sortie par la molaire voisine ; 2° de dehors en dedans du côté de la iangue , de manière à gêner les mouvements de cet organe, et à l’excorier; 3° de dedans en dehors, de telle sorte que sa couronne va pénétrer dans l’épaisseur de la joue; 4° quand elle pousse et qu’elle reste enclavée en partie dans la base de l’apophyse corouoïde; 5° enfla qu’elle reste recouverte à sa partie postérieure par un bourrelet de la gencive.
Voici l’ordre que suit le plus ordinairement la sortie des dents permanentes ou de remplacement :
De 5 à 6 ans , les premières grosses molaires;
De 6 à 8 ans , les incisives moyennes du bas, ensuite celles du haut ;
De 7 à 9 ans , les incisives latérales ;
De 10 â 12 ans, les canines ou conoïles;
De 9 à 11 ans, les premières et les deuxièmes petites molaires ;
De 12 à 17 ans , la seconde grosse molaire ;
De 20 à 24 ans , la dernière molaire ou dent do sagesse : cette dent se montre quelquefois beau coup plus tôt, et je puis même rapporter, comme chose fort extraordinaire à cet égard , l’observa ■ lion d’une demoiselle dont la denture se trouvait complète à 14 ans : d’une autre part , elle peut ne pousser qu’à uu âge beaucoup plus avancé.
Maintenant que nous connaissons les deux séries de dents qui arment successivement les mâchoires , nous allons nous occuper des maladies qui les affectent.
Maladies des dents de la première dentition. Soins à | leur donner.— Les dents de lait, comme celles delà
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deuxième dentition, sont fréquemment attaquées par la carie par suite de maladies ou par une prédisposition particulière , bien avant l’époque de leur remplacement ; mais on ne doit recourir à l'extraction de la dent que lorsqu’elle est impérieusement indiquée. Il y a de l’impéritie à croire qu'une dent de lait peut être impunément enlevée, sous prétexte que, devant tomber un jour, il est iildifférent de l’enlever plus tôt ou à une époque plus éloignée : on peut dans cette opération, pratiquée à un âge tendre , léser ou enlever le germe de la dent de remplacement, particulièrement celui des petites molaires quise trouve entre les racines recourbées des molaires de lait : cet accident n’eût -il pas lieu , que le bord alvéo- J laire s’amincit , devient anguleux, et oppose, par la suite, un grand obstacle à la sortie des dents de remplacement ; et si l’appareil chargé de l’absorption a été détruit ,1a sortie de la dent de- ! viendra impossible. Jourdain, dans son Essai sur la formation des dents , rapporte plusieurs exemples d’enfants qui ont succombé à la suite d’acci- j dents nerveux provenant de la pousse des petites molaires devenue impossible par une cicatrice osseuse ; aussi est-il dans l’ordre d’opposer aux ma- j ladies qui affectent les dents de lait tous les moyens thérapeutiques convenables pour en arrê- ! ter les progrès ou pour soulager les douleurs qu’elles occasionnent.
Les incisives et les canines sont en général moins exposées à la carie. Si celle-ci s’y manifeste, c’est ordinairement aux dents supérieures. Elle en détruit la couronne peu à peu jusqu’à la gencive, sans presque jamais occasionner de souffrances. Mais les molaires, celles d’en bas surtout, présentent des cavités qu’il est facile de plomber: ces précautions ont l’avantage inappréciable d’empêeher le plus souvent les douleurs intolérables dont elles sont le siège et de les conserver jusqu’à leur remplacement; d’éviter les fistules, les abcès, et d’empêcher les aliments d’y séjourner.
Maladies des dents delà deuxième dentition; soins à leur donner. — Les maladies quiaffectent les dents de la deuxième dentition sont d’une autre importance; aussi combien de soins ne doit-on pas avoir pour les prévenir 1 les douleurs qui en résultent sont tellement grandes que le nom de rage de dents leur a été donné.
La carie qui affecte les dents est à cet organe ce que les cancers sont aux parties molles, une maladie qui dénature son tissu et le détruit peu à peu.
Les causes qui déterminent la carie des dents peuvent être envisagées sous deux points de vue principaux, et provenir : 1° de la mauvaise nature primordiale des dents ; 2° de causes accidentelles.
La première espèce se manifeste en général sur les dents dont la texture est faible et molle; telles sont les dents d’un blanc de lait, les dents d’une couleur grise , tirant sur un bleu terne , les érosées ou épictées , les dents atrophiées congénialement.
L’autre espèce doit son existence à une infinité de causes accidentelles, qui sont : les pays du nord.
humides et marécageux ,les côtes maritimes, les chutes, les chocs sur les dents, le passage subit du froid au chaud , soit par l’air atmosphérique, soit par les aliments ; la pression qu’elles exercent les unes sur les autres dans leur arrangement naturel, les concrétions partielles de la pulpe, l’abus qu’on peut en faire pour briser des corps durs, les maladies de différentes espèces, celles qui affectent particulièrement les membranes muqueuses, la malpropreté, etc.
Pour la première espèce, celle qui tient à la constitution de l’individu, s’il existe des moyens curatifs, ils doivent être principalement pris dans une hygiène bien entendue.
Dès la première année de leur sortie , les dents se carient quelquefois; c’est particulièrement chez les enfants dont la salive est visqueuse et collante que ce phénomène a lieu. Moins il y a de temps que ces dents sont poussées et qu’elles s’altèrent, plus la maladie fait des progrès rapides , circonstance qu’il ne faut pas négliger de prendre en considération pour en arrêter le plus promptement possible les ravages, en soumettant l’enfant à un bon régime et aux médicaments appropriés: tels les vins antiscorbutiques, les toniques, les ferrugineux, les frictions sèches, les bains aromatiques, l’exposition au soleil, les exercices gymnastiques, et il faut ajouter à ces moyens les remèdes locaux jugés convenables sur les dents elles-mêmes.
L’autre espèce comprend les caries qui proviennent accidentellement par l’effet de causes externes ou à la suite de maladies graves.
Quand la carie est à son début et qu’elle consiste en une seule tache, on peut en arrêter les progrès avec la lime ou avec un autre instrument approprié, si toutefois la position de la dent le permet; cette opération a l’avantage encore d’isoler la dent malade de sa voisine, contact toujours pernicieux. Lorsque la carie a fait assez de progrès pour mettre le nerf dentaire à découvert , ce qu’il est facile de reconnaître par les douleurs que produisent le froid, le chaud, l’air extérieur pndant l'inspiration, ou l’introduction d’aliments ou d’un corps étranger quelconque dans la cavité, le meilleur remède consiste dans la destruction du nerf. Ceux qu’on emploie d’ordinaire n’ont pas cette propriété , et sont pris en général parmi les spiritueux, les hqiles essentielles , l’opium, etc.; souvent ils soulagent pour quelque temps, et leurs prétendus succès doivent être plutôt rapportés à un travail de la nature qui fait passer le nerf dentaire de l’état de suppuration à la suite des vives douleurs dont il a été le siège : ces remèdes , disje, manquent leur effet, parce qu’ils n’ont pas la propriété de cautériser. Sous ce rapport, le fer chaud, le nitrate d’argent, ou pierre infernale, sont préférables : on emploie cette dernière en introduisant dans la carie une petite boule de coton humide sur laquelle on grattera un peu de ce caustique , et qu’on changera tous les jours pendant quelque temps. On aura soin, avant le pansement , de passer et d’agiter de l’eau tiède de la bouche pour enlever tous les détritus d’aliments qui pourraient se trouver dans la carie.
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Cette manœuvre pratiquée pendant quelques jours suffit ordinairement, lorsqu’il n’y a pas de complication , et peut permettre de plomber la dent avec succès : cette opération se pratique avec du plomb, de l’étain, du platine, de l’or en feuilles, ou avec le métal fusible de Darcet, après qu’on aura eu soin de nettoyer, sécher et ruginer la carie. Cependant on doit éviter de plomber la dent , lorsqu’il s’écoule par sa cavité un liquide ichoreux d’une odeur fétide toute particulière : en arrêtant le cours de cette humeur, on détermine de vives douleurs nerveuses suivies bientôt de périodontite , de fluxion et d’abcès, dont le pus fuse quelquefois à des distances fort éloignées, et donne lieu à des fistules dentaires et même à une nécrose des parois alvéolaires; le travail inflammatoire qui précède ces accidents est toujours accompagné de fièvre, de céphalalgie, et d’un trouble marqué dans les voies digestives. Dans ce cas, il faut se hâter de déplomber îa dent, et de donner ensuite issue au pus au moyen du bistouri.
La périodontite aiguë, qui constitue l’inflammation du périoste alvéolo-dentaire, peutdéterminer les mêmes symptômes et les mêmes accidents que ceux qui précèdent. Cette maladie, qu’on désigne aussi sous le nom de mal de dents, n’est pas toujours provoquée par une dent malade; elle se manifeste souvent à une bonne dent sans cause connue.
Lorsque cette membrane alvéolo-dentaire s’enflamme , il naît des douleurs vives qui se pro pagent souvent à la face , au front, aux tempes, jusqu’au cuir chevelu, si le siège du mal est à la mâchoire supérieure , ou bien à l’angle de la mâchoire,à la glande sous- maxillaire et dans l’oreille; s’il occupe la mâchoire inférieure, la dent devient légèrement branlante , dépasse le niveau des autres , et la pression qu’on exerce sur elle détermine de la souffrance. On conçoit que pour combattre une telle affection, il faut éviter tout ce qui pourrait augmenter l’irritation , et bannir par conséquent toutes ces préparations spiritueuses tant vantées, pour recourir aux simples adoucissants. Y oici d’ailleurs la conduite à tenir ; le même traitement peut s’appliquer également au cas qui précède : tenir dans la bouche , le plus souvent possible, de l’eau tiède; appliquer au côté correspondant à la dent malade un cataplasme avec addition de vingt ou trente gouttes de teinture d’opium ; on évitera de remuer et de percuter la dent qui détermine les douleurs; si le mal persiste, on appliquera sur les gencives deux ou trois sangsues, et on prendra des bains de pieds sinapisés. Si l’eau tiède dans la bouche ne soulage pas, il faudra essayer l’eau froide qu’on renouvellera à chaque instant et dont on pourra abaisser la température en y ajoutant même de la glace ; plus d’une fois, j’ai vu disparaître l’inflammation la plus vive au moyen de ce simple résolutif employé avec persévérauce pendant plusieurs heures. Enfin , s’il se forme un abcès sur la gencive , il faut l’ouvrir le plus tôt possible ; cette opération suffit pour que tout rentre dans l’ordre en peu de temps : la dent se remet à sa
place et se reconsolide à moins de quelque complication qui oblige à en faire l’extraction; ce qu’on doit le plus possible éviter lorsque la dent ne présente aucune allération et qu’elle se trouve placée sur le devant de la bouche.
L’irritation de l’os propr e de la dent détermine aussi des douleurs assez vives ; elle se manifeste à la suite d’une carie superficielle , du limage , de l’usure ou de la cassure d’une dent saine par l’effet d’une violence extérieure ou du contact brusque d’un corps dur rencontré dans les aliments; l’application du fer chaud suffit le plus ordinairement pour soulager et même enlever complètement la douleur.
Une altération sur laquelle je ne saurais trop fixer l’attention est celle qui se manifeste au collet de la dent , près de la gencive , pendant les maladies qui affectent particulièrement les membranes muqueuses de la poitrine , de l’arrière-bouche et des voies digestives; elle commence par un simple agacement de l’émail , qu’on apprécie trèsbien en y portant le bord tranchant de l’ongle; plus tard , i’émail devient friable , l’os de la dent se met à découvert, il se ramollit, et plus tard il présente une cavité. Cette altération est toujours le produit d’une sécrétion acide des fluides de la bouche; il y a plus de quinze ans que j’ai signalé ce phénomène dont la fâcheuse influence doit être en quelque sorte combattue chimiquement , pendant tout le temps que dure la maladie. Voici le traitement qui m’a le mieux réussi pour en arrêter les progrès. Passer dans la bouche , souvent dans la journée , de l’eau simple , tiède si c’est en biver; faire usage deux ou trois fois par jour de la brosse, brosser non-seulement les dents, mais aussi les gencives ; pour poudre dentifrice employer le carbonate de chaux et la magnésie que l’on combine en parties égales , et auxquels on ajoute un cinquième de quinquina, et quelquefois quelques grains de bicarbonate de soude.
L’engorgement des vaisseaux sanguins qui pénètrent dans le canal dentaire occasionne encore de fortes douleurs qui se propagent à toutes les dents. La cause en est dans la compression qu’ils exercent sur la partie nerveuse: cette affection se remarque particulièrement sur les individus sanguins , apoplectiques , ainsi que sur les femmes enceintes chez lesquelles la circulation se fait quelquefois mal ; le traitement antiphlogistique est le seul à employer.
Les traitements mercuriels n’altèrent pas précisément les dents, comme on le pense généralement, leur texture n’en est point affectée; mais elles restent souvent branlantes par suite du gonflement du périoste alvéolo-dentaire, surtout après un ptyalisme muqueux. On devra avoir recours, pour cette maladie, aux gargarismes tièdes et adoucissants souvent répétés , et au frottement de la brosse destiné à exciter la circulation du sang dont les gencives restent ordinairement engorgées.
La chute et le délabrement des dents peuvent avoir pour cause l’accumulation du tartre qui pénètre entre l’alvéole et la dent. L’enlèvement de ce corps étranger et les collutoires un pen
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acidulés forment la base des moyens à employer.
Les vieilles racines restées dans les alvéoles peuvent occasionner également des fistules dentaires qui ne se bornent pas toujours à la gencive ; le pus peut se faire jour en dehors de la joue et suinter continuellement. Cette affection dégoûtante se guérit aussitôt que l’on fait l’extraction du chicot.
Bien qu’on ne puisse pas dire que les dents soient le principal organe de la digestion, on ne peut pas contester que leur état d’intégrité ne soit de la plus grande utilité pour l’exercice parfait de cette importante fonction. En effet , si leur nombre est complet , si les deux paraboles qu’elles forment sont régulières , si elles ne laissent que peu ou point de vide entre elles , si enfin aucune maladie ne les altère , les aliments portés entre les deux mâchoires seront triturés sans peine, la mastication étant parfaite , l’insalivation sera facile , les substances mieux animalisées, le travail digestif plus avancé , etlebolus, plus disposé à la chymification , exigera moins d’efforts de la part de l’estomac.
Les maladies des dents, examinées sous le rapport de la santé générale , forment une branche de la médecine que l’on a peut-être jusqu’ici trop négligée. Combien d’affeciions dont on cherche en vain la cause , et qui n’en ont pas d’autre que la carie ou la pousse d’une dent? Tous les jours on rencontre des migraines rebelles, des maux d’oreilles, des névralgies qui, après avoir épuisé le formulaire du médecin, guérissent parce qu’on s’est avisé de faire ouvrir la bouche , où se trouvaient une ou plusieurs dents gâtées ou quelques vieilles racines oubliées depuis longtemps; des érysipèles , des abcès n’ont souvent pas d’autres causes. Les dents cassées inégalement excorient quelquefois la langue et peuvent occasionner des glossites et y déterminer des ulcères qu’on a, plus d’une fois, confondus avec les maladies cancéreuses de cet organe. L’accumulation du tartre a, non seulement l’inconvénient de donner un aspect hideux aux dents , mais encore d’entretenir un gonflement douloureux des gencives : ce corps étranger finit par s’interposer entre les dents et l’alvéole; les gencives se boursouflent, deviennent fongueuses, saignantes et très-humides; arrivées à ce degré les dents deviennent vacillantes et produisent dans toute la bouche des sensations fort douloureuses. Les fonctions de l’estomac ne sont pas à l’abri de l’action malfaisante de ces causes ; la carie, réunie à ces corps étrangers , active continuellement plus ou moins la sécrétion et l’excrétion des humeurs de la bouche, mais ordinairement d’une manière remarquable. Il est à présumer que cette grande quantité de salive , mal élaborée , très-putrescible, mêlée à la matière ichoreuse qui s’échappe des cavités que présentent les dents cariées, acquiert des propriétés irritantes qui ne peuvent manquer de s’exercer sur l’estomac et les autres organes que parcourent les aliments; l’altération de ces liquides et le défaut d’une mastication convenable, donnent lieu à de mauvaises digestions et prédisposent nécessairement à toutes les maladies qui se rattachent au trou-
ble des fonctions de ce viscère régénérateur.
C’est à l’époque que les dents viennent à manquer ou sont affectées de maladie qu’on a l’occasion de remarquer les altérations dont je viens de donner un simple aperçu. On sent aisément combien leur étude est précieuse ; quelle sollicitude ne doivent-elles pas donner aux mères de famille et aux médecins qui en connaissent encore mieux toute l’importance? C’est pour cette raison que nous croyons indispensable de donner ici quelques conseils sur les soins qu’il est essentiel de donner à la bouche.
Hygiène de la bouche. — Les dents de lait des enfants réclament , en général , peu de frais de propreté. Il ne faudrait recourir aux soins mécaniques que pour enlever le tartre dont elles se recouvrent quelquefois et qui engorgent les gencives.
C’est particulièrement à l’époque delà deuxième dentition qu’on doit commencer à habituer les enfants à porter eux-mèmes des soins à cet organe précieux, dont la destruction, sans retour, tient si souvent à la négligence. A cet âge il suffit d’y passer de l’eau pure avec une brosse douce deux ou trois fois dans la semaine. Je dois faire remarquer que les simples frottements qu’on exerce avec le doigt, une serviette ou une éponge, ne suffisent pas, et peuvent même devenir nuisibles, en refoulant sous la gencive les corps étrangers qui pourraient se trouver sur les dents. A cet âge et plus tard , lorsque le tartre se présente en abondance, on devra réclamer les soins de l’homme de l’art; mais l’usage journalier que l’on fait de la brosse à laquelle on ajoute de temps en temps une poudre dentifrice s’oppose jusqu’à un certain point à l’accumulation du tartre.
Les lotions d’eau froide sur la tête, l’habitation des pays marécageux , des appartements humides , sont nuisibles aux dents ; leurs maladies et leur perte n’ont souvent connu que ces causes ; il faut éviter également des boissons froides après des aliments chauds, et vice versâ.
Avoir soin de tenir son mouchoir sursa bouche, en sortant, en hiver , d’un salon dont la température est très-élevée. Cette recommandation s’adresse particulièrement aux personnes qui ont la lèvre supérieure un peu courte. J’ai été à même de remarquer que ce vice de conformation contribuait souvent à la carie des dents chez l’homme, et j’ai fait la même remarque sur les chiens à deux nez, lorsque la division était très-prononcée.
Ne pas casser des corps trop durs, éviter les chocs et les percussions ; De pas faire de ses mâchoires , ni un tire-bouchon , ni un étau.
Les dames quand elles brodent ont assez souvent la mauvaise habitude de couper leur fil avec les dents, il en résulte à la longue une difformité très- apparente ; il en est de même des fumeurs qui s8 servent de pipes en terre , il suffit d’en entourer l’extrémité avec un peu de soie ou un tuyau de plume pour éviter cet inconvénient
Ne pas laisser séjourner d’aliments entre les dents et dans les cavités qu’elles pourraient présenter; la putréfaction qui en résulte donne une mauvaise odeur à l’haleine et vicie la salive; il est
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