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grammes, soit seule, soit sous la forme de bols ou de pilules. L’infusion aqueuse se prépare avec une quanti té de 2 à 6 grammes pour un litre d’eau. La teinture éthérée ou alcoolique se donne à l’intérieur de 10 à 20 gouttes dans un véhicule approprié ou de 2 à 3 gouttes sur un morceau de sucre. On l’emploie en outre en frictions à la dose de 3 à 6 grammes.
COUVERCHEL.
digitaline. Y. Digitale.
digne ( Eaux minérales de). Digne est une petite ville de l’a ncienne Provence, et maintenant chef-lieu du département des Basses- Alpes; à 2 kilom. de la ville existent des sources minérales qui sont assez fréquentées par les habitants des départements voisins. Ces sources , au nombre de cinq , sont renfermées dans un bâtiment où sont administrés les bains, les douches. C’est aussi dans ce bâtiment qu’est la buvette et que sont les étuves.
L’eau de ces sources est hydro-sulfureuse et saline ; leur température varie de 32° à 36° Réaumur. La source^ la Fontaine, dont la température est de 35°, est celle qui est administrée en boisson ; \eBain-des- Vertus est le plus fréquenté et peut contenir dix à douze baigneurs; sa température est de 32°; la Grande-Douche est à 35°; le bain de saint-St-Jean à 36°; le bain de St-Gilles està35<>. Il existe encore plusieurs autres bains dont la température est voisine de celles que nous venons d’indiquer. Les étuves sont dansune caverne taillée dans le roc dont la température est constamment entretenue élevée, par l’eau d’un bassin qui est à 36°.
L’analyse de ces eaux, faite par M. Laurens, pharmacien à Marseille, a démontré qu’elles contenaient du gaz acide carbonique et de l’hydrogène sulfuré, de l’hydrochlorate et du sulfate de soude, du sulfate et du carbonate de chaux , de l' hydrochlorate, du sulfate et du carbonate de magnésie. Une source froide qui est voisine des précédentes et qui est employée à modifier leur température, a présenté une composition analogue à celle qui vient d’être indiquée.
Les bains de Digne remontent à la plus haute antiquité, car il est fait mention de ces eaux thermales dans Pline etPtolémée. Comme toutes les eaux sulfureuses et salines dont la température est très élevée, ces eaux sont employées dans toutes les affections chronique s, dans les engorgements des articulations et dans ceux des viscères du bas-ventre, dans les anciennes blessures , dans les rhumatismes chroniques ; la dose est de cinq à six verres le malin ; souvent elles produisent un effet laxatif, mais le plus ordinairement on se purge, pendant que l’on prend les eaux, avec du sulfate de soude ou de magnésie que l’on fait dissoudre dans quelques verres d’eau thermale; la saison commence en mai et finit en septembre. Ces eaux sont fréquentées par les habitants du département. M. O. Henry conteste l’existence du principe sulfureux. J.-P. Beadde.
dilatation ( path .), s. f. On désigne par ce nom l’augmentation de volume d’un corps; en
chirurgie on entend par ce mot l’agrandissement d’une cavité ou d’un canal ; ainsi on dilate par des bougies le canal de l’urètre lorsqu’il est affecté de rétrécissement. Y. Dilatateur.
dilatateur [chir.), s. mi On donne ce nom à certains muscles qui ont pour fonction de dilater une cavité. On emploie aussi, pour examiner l’intérieur de certains organes, des instruments qui ont reçu le nom de dilatateurs ou dilatatoires ; d’autres ont été désignés sous le nom de spéculum (Voy. ce mot). Certains corps mous ou susceptibles d’acquérir un volume assez considérable en absorbant l’humidité, ont été employés comme dilatant pour agrandir soit des ouvertures naturelles, soit une plaie ou l’ouverture d’un trajet fistuleux. L’éponge préparée, la racine de guimauve sèche, la racine d’iris, les cordes à boyaux sont des corps que l’on emploie quelquefois pour obtenir le résultat que nous venons d’indiquer. Quelquefois on se sert de corps dilatants non susceptiblesd’augmenterde volume, et lesmèchesde charpie , les bougies, les fils de plomb sont mis en usage pour obtenir cerésultat. J. -B.
dilacération ( chir .), s. f. V. Déchirement „ dinan (Eaux minérales de), situé à 24 kilom. de Saint-Malo (Côtes-du-Nord). Ce sont des eaux ferrugineuses.
didrtrérite ( méd .), s. m. V .'Angine couenneuse.
dilution [méd.), s. f. C’est un des termes de la médecine homœopathique. V. Homœopathie.
diploé ( anat .), s. m. On donne ce nom à la couche celluleuse ou de substance spongieuse qui est entre les deux tables osseuses qui forment les os du crâne. V. Crâne.
diplopie (path.), si f., du grec diploos , double, et oph, œil; c’est une maladie du sens de la vue dans laquelle les objets paraissent doubles. V. OEil (maladie des yeux).
discret (path.), adj. Se dit de la variole ou petite vérole, lorsque les pustules ne sont pas trop nombreuses; on dit que dans ce cas la variole est discrète. V. Variole.
dispensaire (pharm.), s. m. On donne ce nom aux ouvrages dans lesquels est consignée la description des médicaments qui doivent se trouver dans l’officine d’un pharmacien ; dans cette acception ce mot est synonyme de codex. On donne encore le nom de dispensaire à un service médical organisé par des sociétés de bienfaisance pour donner des secours aux pauvres; à Paris il existe le dispensaire de la Société Philantropique qui, indépendamment des bureauxde bienfaisance, donne des secours aux pauvres malades. Ce dispensaire, dont les frais sont faits au moyen de souscriptions individuelles dont le montant est de trente francs par année, existe depuis près de trente ans, et il rend chaque jour de nouveaux services à la classe laborieuse et peu aisée de la population à Paris. Depuis, de nombreux dispensaires se sont organisésà l’instar de celui que nous venons d’indiquer; les uns ont été fondés par des artisans de diverses professions et sous le nom de Société de Secours
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Mutuels; ees ouvriers s’assurent, au moyen d’une souscription de vingt ou trente francs par an, -les soins d’un médecin lorsqu’ils se trouvent malades, un secours en argent qui peut s’élever chaque jour à deux ou trois francs, et souvent ils reçoivent encore les médicaments. Dans ces derniers temps, les Sociétés de Secours Mutuels ont été placées sous le patronage de l’autorité ; l’Empereur en nomme les présidents; des subventions de l’État leur sont accordées.
Il existe aussi à Paris un service spécial attaché à la préfecture de police sous le nom de Dispensaire de Salubrité. Ce service a pour objet de soumettre une fois tous les 8 ou 15 jours les filles publiques à une visite pour constater leur état de santé sous le rapport de la maladie vénérienne; ce service, qui est composé de plusieurs médecins et d'un bureau particulier, est fort important; on est parvenu par ce moyen à diminuer d’une manière fort notable le nombre des maladies vénériennes. Des renseignements fort curieux sur l’origine et l’organisation de ce service ont été consignés dans l’important ouvrage de Parent Duchâtelet sur la prostitution.
dissection \Pol. méd. ) s. f. L’anatomie est la base des études médicales et chirurgicales; elle nous a appris tout ce qu’il importait de savoir en médecine et en chirurgie; elle a écarté tous les doutes, fixé toutes les incertitudes dont la chirurgie était environnée, et enfin , elle a fourni à la médecine des points fixes sur lesquels elle s’appuie pour éclairer la diagnostique et le traitement des maladies internes.
Cette vérité reconnue de tous les peuples civilisés fait que tous les gouvernements ont favorisé l’étude de l’anatomie, quoiqu’ils aient eu à lutter pendant long-temps contre des préjugés qu’il n’a pas été facile de détruire et qui , peutêtre, ne le sont même pas encore entièrement aujourd’hui.
On sait qu’à une époque qui n’est pas encore fort reculée, les dissections étaient considérées comme un sacrilège qu’on ne pouvait expier que par un pélérinage à la Terre-Sainte, et que le célèbre Vesale en était réduit à s’enfermer la nuit dans le charnier des Innocens et à y disséquer des cadavres qu’il obtenait en courant les plus grands dangers. On connait également les discussions qui partageaient les médecins et qui portaient sur la question de savoir si les criminels condamnés à mort pouvaient être livrés aux chirurgiens de leur vivant, pour être soumis à des recherches anatomiques, ou s’il fallait attendre qu’ils eussent subi leur sentence; les uns disaient qu’il n’était pas permis de faire du mal pour procurer du bien, les autres pensaient que, relativement à la société, « la mort d’un criminel était » aussi utile sur un amphithéâtre que sur un » échafaud;» que, relativement au criminel luimême, on ne lui faisait aucun tort, si on lui laissait le choix entre une mort certaine et l’espérance de la guérison à la suite d’une opération faite avec soin et précaution. Une vieille chronique appelée Chronique Scandaleuse , cite à cette occasion l’histoire suivante d’un archer de Meu-
don sur lequel fut faite ïa première opération de la pierre sous Louis XL « Au mois de janvier (mil » quatre cens soixante et quatorze), advint que » ung franc archier de Meudon, près Paris, es- » tait prisonnier ez prisons de chastelet, pour oc- » casion de plusieurs larrecins qu’il avoil faictes » en divers lieux, et mesmementen l’église du dit » Meudon. Et pour lesdits cas et comme sacri- » lège fut condamné àestrependu et étranglé au » gibet de Paris, nommé Montfaulcon, dont ilap- » pella en la court de parlement, où il fut mené » pour discuter de son appel : par laquelle court » et par son arrest fut, le dit franc-archier, dé- » clairé avoir malappelléet bien jugé par le pre- » vost de Paris, par devers lequel fut renvoyé » pour exécuter sa sentence. Et ce mesme jour » î'ust resmontré au roi (Louis XI), par les mé- » decins et chirurgiens de la dite ville, que plu- » sieurs et diverses personnes estoient fort tra- » vaillés et molestés de la pierre, colique, passion, » et maladie du costé, dont pareillement avoit » esté fort molesté le dit franc-archier. Et aussi » des dites maladies estoit lors fort malade M. du » Bocaige, et qu’il seroit fort requis de voir les » lieux où les ditps maladies sont concréées dans » les corps humains, laquelle chose ne pouvoit » mieux estre sceue que «inciser le corps d’un » homme vi vant», ce qui pouvoit bien estre fait » en la personne d’icellui franc-archier, qui aussi » bien estoit prest de souffrir mort, laquelle ou- » verture et incision fut faicte au dit corps du dit » franc-archier, et dedans icelluy quiset regardé » le lieu des dictes maladies. Etaprès qu’ils eurent » esté veues fut recousu, et ses entrailles remises » dedans. Et fut, par l’ordonnance du roi, fait » très-bien panser, et tellement que dedans quinze » jours après il fut bien guery, et eut rémission » de ses cas sans despens, «et si lui fut donné » avecques ce argent. »
Nous pourrions citer d’autres exemples de semblables opérations, car il est certain qu’on livra plusieurs fois à des médecins les criminels condamnés à mort, pour les soumettre à des expériences chirurgicales; cela excitait, et à juste raison, toute l’indignation de Montaigne [Essais, livre 2). Cependant l’usage qui avait prévalu était de faire ordonner par les tribunaux qui prononçaient en dernier ressort la mort d’un coupable, que son cadavre serait porté aux amphithéâtres.
Ce ne fut qu’au 18e siècle que l’on s’occupa sérieusement des études anatomiques, et que l’on établitdeslieuxquileur furentspécialement consacrés. On comprit enfin que l’anatomie étant une science de fait, il fallait disséquer pour être anatomiste, de même qu’il fallait manipuler pour devenir chimiste.
Le 4 juillet 1750, un arrêt du conseil, après avoir prescrit un cours complet des études de toutes les parties de l’art chirurgical qui était de trois années consécutives, décida que pour rendre ces cours plus utiles aux élèves, il serait établi dans le collège de Saint-Corne , à Paris, une école pratique d’anatomie et d’opérations chirurgicales, où toutes les parties de l’anatomie se-
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raient démontrées gratuitement, et où les élèves feraient eux-mêmes les dissectious et les opérations qui leur auraient été enseignées.
Plus tard MM. La Peyronie et La Martinière, chirurgiens du roi, usèrent de toute leur influence pour seconder les bonnes dispositions du gouvernement.
En 1775, on créa trois amphithéâtres, l’un à Metz, l’autre à Strasbourg et le troisième à Lille, pour l’instruction des hôpitaux militaires. Ces amphithéâtres furent l’objet des réglements des 22 décembre 1775 et 26 février 1777.
Ces réglements et quelques actes partiels régirent seuls les études anatomiques jusqu’ à la fin du siècle dernier, c’est-à-dire, jusqu’à la promulgation de l’arrêté du gouvernement du 3 vendémiaire, an 7. Cette loi, qui n’a point été abrogée, soumit à l’autorisation de l’administration l’ouverture des salles de dissection, soit publiques, soit particulières; elle donna à l’autorité le droit de faire, pour l’inspection de ces lieux, toutes les dispositions qu’ellejugerait nécessaires, et exigea que tout individu, ayant droit de s’occuper de dissection, fût préalablement tenu : lo de se faire inscrire chez le commissaire de police de son arrondissement; 2o d’observer, pour obtenir des cadavres, les formalités qui lui seraient prescrites par la police; 3o de désigner les lieux où seraient déposés les débris de corps dont il aurait fait usage, sous peine d’être privé de celte distribution, dans le cas où il ne les aurait pas fait porteraux lieux desépulture. Enfin cetarrêté renouvela la défense d’enlèvement nocturne des cadavres inhumés.
A Paris, le privilège des dissections est attribué à la Faculté de Médecine et à l’administration des hôpitaux. Mais avant l’année 1813 il n’en était pas ainsi. Indépendamment dessalles de dissection qui existaient dans les hôpitaux et hospices, il y avait dans la ville un assez grand nombre de laboratoires particuliers d’anatomie, au moins 40; il en résulta de graves abus. En effet, ces amphithéâtres étaient d’autant plus dangereux que pour la plupart, ils étaient situés dans des rues étroites et populeuses où ils excitaient les plus vives réclamations de la part des voisins; ils étaient d’ailleurs trop petits, trop peu aérés et manquaient des moyens convenables pour entretenir la propreté; quelque uns de ces laboratoires étaient devenus de véritables foyers d’infection ; quant aux amphithéâtres des hôpitaux, on n’avait pas tardé à reconnaître qu’ils produisaient de fâcheux effets sur le moral des malades, et que même ils compromettaient la salubrité de ces établissements.
L’administration dut donc prendre les mesures nécessaires pour faire cesser cet état de choses, et, après s’être concertée avec l’Ecole de Médecine et l’administration des hospices, elle prononça la suppresion des amphithéâtres particuliers et de ceux établis dans les hôpitaux, et renferma les exercices anatomiques dans les pavillons de l’Ecole de Médecine et dans l’amphithéâtre de la Pitié, entièrement séparé des bâtiment de l’hôpital
Ces mesures furent l’objet de l’ordonnance de police du 15 octobre 1813, renouvelée parcelle du 1 1 janvier l8 15 et enfin par l’ordonnance de police du 25 novembre 1834. Ce dernier réglement qui a été l’objet de nombreuses conférences, qui a été sagement médité par l’administration et par le conseil de salubrité autant dans l’intérêt de la morale publique et de la salubrité que dans celui des études, défend d’ouvrir dans Paris aucun amphithéâtre particulier, soit pour professer l’anatomie ou la médecine opératoire, soit pour faire disséquer ou manœuvrer sur le cadavre les opérations chirurgicales. Il prononce la même défense en ce qui concerne les hôpitaux, les hospices, les maisons de santé, infirmeries, maisons de détention, et en quelque autre localité que ce soit; et il porte que les dissections ne pourront être faites que dans les pavillons de la Faculté de Médecine et dans l’amphithcâtre des hôpitaux établis sur l’emplacement de l’ancien cimetière de Clamart. Suivant le même réglement, les cadavres provenant des hôpitaux et hospices sont seuls affectés au service des amphithéâtres d’anatomie; mais les familles peuvent réclamer, pour les faire enterrer à leurs frais, les corps de leurs parents décédés dans les hôpitaux et hospices; la distribution des cadavres entre l’amphithéâtre des hôpitaux et les pavillons de la Faculté de Médecine a lieu conformément à des dispositions d’administration intérieure ; ils ne peuvent être enlevés des hôpitaux et hospices que 24 heures après que le décès a été régulièrement constaté ; ils sont portés aux amphithéâtres dans des voilures couvertes et pendant la nuit seulement; il est expressément défendu d'emporter hors des amphithéâtres des cadavres ou des portions de cadavres; enfin, les dissections doivent être suspelt» dues depuis le 1er mai jusqu’au 1er septembre.
Les dispositions qui précèdent ne concernent pas les amphithéâtres d’anatomie qui , suivant l’article 1042 du réglement général du 1er avril 1831 sur les hôpitaux militaires , doivent être établis dans les hôpitaux d’instruction. Ces amphithéâtres sont soumis à un régime et à desréglemens spéciaux en harmonie avec la chirurgie militaire. Cependant l’autorité municipale peut toujours étendre sa surveillance sur ces établissements et leur imposer telles conditions qu’elle juge convenables dans l’intérêt de la salubrité et de la morale publique.
Le régime actuel des salles de dissection a fait naître de la part de plusieurs médecins un grand nombre de réclamations fondées en partie sur la liberté de l’enseignement, sur l’intérêt des élèves et de la science. Sans doute, ces principes ne peuvent qu’être admis en théorie, ils reposent su des bases trop respectables pour que l’adminif tration ne leur ait pas donné toute l'attention qu’ils méritent; mais si l’on descend à la pratique, si l’on se rappelle les graves abus auxquels ont donné lieu les laboratoires particuliers et que les réglements maintenant en vigueur sont parvenus à détruire; si on considère, que même aujourd’hui, il est presque impossible d’empê»
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cher quelques désordres malgré la surveillance la plus active, la plus minutieuse, on ne pouna qu’approuver les mesures qui ont été prises dans une matière qui touche de si près à la salubrité et à la morale publique. Ad TKEB1JCHliTj
Chef du bureau de la police médicale, à !a Préfecture de Police.
dissolution ( chim .), s. f. On donne ce nom à une opération par laquelle un corps liquide ou gazeux communique son état à un autre corps; ainsi un grand nombre de sels, lorsqu’ils sont mis dans l’eau, passent de l’état solide à l’état liquide, et l’on dit que leur dissolution s’est opérée. Tous les corps ne se dissolvent pas dans le même véhicule : tel qui se dissout dans l’eau ne se dissoudra pas dans l’alcool ou dans les huiles, et réciproquement. Lesdissolutionssont souventeinployées en médecine, car presque toutes les préparations pharmaceutiques reposent sur ce phénomène. Les gaz peuvent aussi dissoudre les liquides qui, alors , passent à l’état de vapeur; ainsi l’eau, l’alcool, l’éther, les acides, etc. peuvent en se vaporisant se mêler à l’air. Il est vrai que ce mélange n’est pas une véritable dissolution, mais ces phénomènes présentent assez d’analogie pour que l’on puisse les comparer, et pour ainsi dire, les assimiler. J. B.
dissolvant ( Chim .), adj.ets. m. Se dit d’un corps qui a la propriété de dissoudre. Ainsi, l’alcool est le meilleur dissolvant des résines; l’eau est le dissolvant le plus connu et le plus général; la propriété dissolvante des huiles est très peu étendue. J. B.
distillateurs (maIadicdes)()3aM. hyg. pub.). L’art de distiller est très ancien : Aristophane de Byzance, qui vivait deux cent vingt ans avant Jésus Christ, en fait mention. Tous les auteurs anciens qui ont écrit sur la chimie ne déterminent son usage que pour fondre, purifier, affiner ou transmuer les métaux; ainsi, selon eux, l’on ne s’en servait point, dans ces premiers lems, pour tirer les essences des fruits, des plantes ou des liqueurs. Pline et Dioscorides, qui font mention de plus de soixante différentes boissons tirées des fruits et des plantes auxquelles ils donnent le nom d 'eau et de vin, ne parlent que d’infusion, de macération ou digestion du fruit ou de la plante, mêlée en substance dans la liqueur, et quelquefois exposés à la chaleur du feu ou du soleil pour la faire fermenter! Plutarque donne aussi plusieurs préceptes sur le vin, la manière de le préparer, de le clarifier, de le rendre meilleur et plus agréable, et il ne fait aucune mention de la distillation pour en tirer une liqueur plus forte.
Mathiole, qui vivait environ au milieu du seizième siècle, est le plus ancien auteur que nous trouvons avoir fait mention de l’eau-de-vie que l’on fabriquait en Italie.
Il semble que Mathiole, dans son ouvrage, parle de l’alambic, et conséquemment de la distillation, comme d’une chose dont le nom commençait à être connu, et qu’il y avait aussi peu de temps que les chimistes avaient donné à la liqueur tirée du vin le nom d!eaorde-vie , ce qui pourrait fortifier la
conjecture quecetteinventionn’est pas ancienne. Mais en supposant qu’elle n’ait été connue en Italie que du temps ds Mathiole, il est toujours bien certain qu’elle passa bientôt en France, puisque dans l’année 1514, Louis XII, en établissant la communauté des vinaigriers , comprit dans leurs qualités celle de distillateurs en eau-de-vie et esprit de vin . Vingt ans après ce premier établissement il y eut une autre communauté établie à Paris avec l’attribution expresse et singulière de distillateurs et faiseurs d’eau-de-vie et d’eauforte, sans préjudicier néanmoins à la première attribution qui avait été faite aux vinaigriers. Les premiers statuts des distillateurs datent du 13 octobre 1634.
Aujourd’hui on donne le nom de distillateurs à tous les industriels qui se servent de la distillation pour retirer l’alcool du vin, les essences des diverses substances aromatiques qui les contiennent. On donne aussi le nom de distillateurs à ceux qui s’occupent du traitement par la chaleur, et en vaisseaux clos, d’un corps quelconque dont on retire des produits solides, liquides ou gazeux, alors même que ces produits n’étaient pas primitivement contenus dans les corps soumis à l’expérience, et qu’ils résultent de l’action de la chaleur.
Les distillateurs d'eau-de-vie sont souvent atteints d’ivresse produite par l’odeur et la fumée de ces liqueurs. Dans le commencement du travail, ces vapeurs alcooliques donnent de la gaîlé, aident et accélèrent la digestion; mais elles finissent par étourdir, et l’ouvrier éprouve un sentiment de faiblesse et de somnolence; il s’ensuit quelquefois le dégoût des aliments et des vertiges qui se reproduisent toutes les fois que les ouvriers reprennent le travail; ces vertiges sont simples , et ils consistent dans un tournoiement apparent des objets.
Dans les distilleries il y a souvent des cuves en fermentation, et, dans ces cas, l’ouvrier peut être frappé d’aspliixic par suite de l’acide carbonique produit par la fermentation.
Les distillateurs d’eau-de-vie, ainsi que les brasseurs, sont sujets à une espèce d’apoplexie que nous avons désignée les premiers sous le nom de coup de sang , ou simple congestion de l’encéphale; ce coup de sang est plus ou moins intense, en raison de la demeure dans les cuves, de l’époque de la fermentation et de la constitution des ouvriers. A l’article Brasseur, nous avons exposé l’action de l’acide carbonique sur le sang, et nous avons prouvé que le coup de sang causé par l’action de l’acide carbonique offrait quelque analogie avec l’apoplexie des vieillards, et que l’on devait suivre le même ti'ailement que pour une simple apoplexie.
distillateurs d’acides. (Voyez Acides minéraux.)
distillateurs d’éther. Autrefois la fabrication des éthers était pratiquée par les pharmaciens qui en préparaient dans leurs laboratoires de petites quantités ; aujourd’hui cette branche d’industrie a changé de main ; il est plusieurs fa-
bricants qui préparent de l’éther en grand, soit pour le livrer aux pharmaciens qui le purifient, soit à des fabricants qui s’en servent pour dissoudre les résines et surtout le caoutchouc, la gomme élastique.
La distillation de l’alcool avec l’acide sulfurique pour produire l’éther fait courir de grands dangers à ceux qui la mettent en pratique, et on pourrait citer bon nombre d’accidents: ainsi on a vu, au Bas-Meudon, M. Langlois, autrefois chef de la maison Vauquelin, rue du Colombier , être brûlé par l’éther d’une manière effrayante et n’être complètement guéri qu’après un laps de temps considérable; on a vu un jeune chimiste qui donnait les plus belles espérances, Polydore Boullay, succomber après avoir lutté pendant long-temps contre les suites d’une maladie causée par des brûlures dues à l’éther; on a vu un nommé Ribolet, fabricant d’éther à Charonne, succomber, ainsi que son ouvrier, par suite de l’inflammation de l’éther qu’ils préparaient d’une manière mécanique, puisqu’ils n’avaient aucune connaissance des bons procédés, et qu’ils ne travaillaient que d’après une formule que Ribolet tenait de l’un de ses amis. Une ordonnance royale du 27 janvier 1837 classe parmi les établissements dangereux et insalubles les fabriques et les dépôts d’éthers.
On pourrait citer un grand nombre d’incendies dus à l'inflammation de l’éther lors de sa fabrication, et citer parmi ces cas l’incendie de la fabrique de Passy.
On doit recommander aux distillateurs d’éther de n’opérer que dans des fabriques construites exprès pour ce genre de fabrication, et d’établir dans une pièce le fourneau qui sert à chauffer l’alambic, puis le reste de l’appareil dans une autre pièce en faisant passer à travers une cloison en briques le tuyau qui porte dans l’appareil condensateur les vapeurs éthérées, de façon à ce que le feu soit dans une pièce et l’éther dans une autre. En se servant de ce moyen, ou n’a pas à craindre qu’un courant d’air, ou toute autre circonstance, ne vienne à jeter dans le foyer la vapeur de l’éther qui pourrait s’enflammer, et qui déterminerait une combustion et la perte des produits, et qui compromettrait la vie de l’opérateur.
On doit encore recommander au praticien de ne point entrer avec de la lumière dans la pièce ou l’étlier est condensé, car si la condensation se faisait mal, il pourrait y avoir inflammation.
Il serait encore plus convenable dans ces fabriques de ne chauffer les alambics qu’à l’aide de la vapeur en plaçant le générateur dans un local éloigné des appareils condensateurs.
Les distillateursd’éther sont sujets aux brûlures simples et de premier degré, c’est-à-dire à une inflammation superficielle de la peau sans cloche ouphlyctènes.(V. Brûlure.)
Chevallier, Furnari,
dîstixiXi atiost {pharm.), s.f. V. au Supplém.
mu^ÉTî^jüES ( thérap .), adj. et s. pl. Du grec dia, à travers, et ouron , urine. Comme substantif, ce mot sert à désigner les médicaments qui ont la propriété d’augmenter la sécrétion de l’urine ;