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constater le crime d’infanlicide. (Y. ce mot.) dogmatique, adj. V. au Supplément.
doigt (anat), s. m. On désigne ainsi, comme on le sait, les cinq prolongements qui divisent l’extrémité de chaque main ; le premier en allant de dehors en dedans, se nomme le pouce , le second, Y index ou X indicateur , le troisième le médius ou le doigt du milieu , le quatrième, le doigt annulaire, et le cinquième, le doigt auriculaire ou petit doigt ; ce mot auriculaire lui est donné parce que c’est lui qu’on introduit quelquefois dans la conque de l’oreille ad scalpendum aures.
Il est quelques individus qui ont six doigts ; il parait même que cette anomalie peut se transmettre de génération en génération ; le plus souvent pourtant ce sixième doigt, qui presque toujours fait suite à l’auriculaire, n’est qu’un appendice non susceptible de mouvement et réuni à la main par un pédicule plus ou moins rétréci ; on doit alors l’exciser peu de temps après la naissance. Cette petite opération est sans danger.
Chaque doigt est composé de trois petits os, articulés bout à bout et qu’on nomme phalanges ; le pouce fait exception et n’en présente que deux; il y a donc en tout quatorze phalanges à chaque main. Parmi elles les supérieures, c’està-dire celles qui s’articulent avec les os métacarpiens, sont les plus fortes ; les moyennes (phalangines de Chaussier) ressemblent assez aux précédentes; c’est la phalange de ce rang qui manque au pouce ; enfin celles de l’extrémité des doigts ( phalanges ungueales , phalangettes de Chaussier), ont une forme différente; leur sommet e^t arrondi, inégal et plus large que le corps de l’os, il est en rapport avec ce qu’on appelle la pulpe du doigt. Les phalanges sont maintenues articulées par un ligament antérieur et deux latéraux; il existe en outre une membrane synoviale ; les tendons des muscles extenseurs et fléchisseursqui s’attachent aux deux dernières phalanges contribuent à donner de la solidité à cette articulation. Ils sont également entourés d’une gaine aponévrotique très résistante ; par dessus se trouve un tissu cellulaire serré, épais et entremêlé de cloisons fibreuses. Ce tissu est surtout abondant à l'extrémité du doigt où il forme une espèce de matelas élastique qu’on nomme la pulpe des doigts; cette disposition était utile pour la perfection du tact. Les ongles crochus et arrondis chez les animaux sont plats, comme on le sait, chez l’homme (Y. le moi Ongle). La peau de cette région est remarquable par legrand nombre de filets nerveux qui s’y distribuent et qui y forment des papillesdisposéesavec uneddmirable symétrie. Des nerfs et des vaisseaux nombreux arrivent en effet aux doigts; ils sont situés sur les parties latérales de ces derniers, et vont se réunir vers leur extrémité en formant de petites arcades. Il résulte de ces dispositions une grande sensibilité dans les extrémités digitales, organes principaux du tact ; mais celte sensibilité peut devenir une cause de souffrance excessive, quand elle est exagérée par l’inflammation, comme dans le panaris^ alors la douleur est surtout occasionée
par l’étranglement des parties emprisonnées dans les cloisons très résistait tes du tissu Cellulaire; aussi un chirurgien célèbre a-t-il dit que tout était disposé dans les doigts pour enjaire Un appareil de torture. (V. Main).
Doigts (Maladies des). Les phalanges peuvent être le siège de fractures, de luxations, de carie, de nécrose, etc^ , comme les autres parties du système osseux.
Les fractures sont assez rares et toujours accompagnées d’une forte contusion des parties molles. La réduction est du reste facile ; deux petite attelles minces en bois ou en carton, quelques tours de bandes sur le doigt etsur lesattelles composent tout l’appareil de pansement ; la consolidation de l’os exige vingt-cinq à trente jours. Les luxations des phalanges sont également assez rares, et leur réduction n’est pas toujours sans difficulté; la plus fréquente de toutes est celle de la première phalange du pouce en arrière et sur le premier métacarpien; cet accidenta lieu lorsque par une cause quelconque le pouce porté dans une extension forcée est renversé en arrière. Ces luxations abandonnées à elle-mêffles deviennent irréductibles au bout de quelque temps. L’amputation des doigts se pratique presque toujours dans les articulations des phalanges j le chirurgien a soin de se ménager un lambeau de peau pour recouvrir l’extrémité du petit moignon.
Les doigts sont souvent atteints d’une inflammation phlegmoneuse quelquefois très grave , connuesous le nom de panant; nous en traiterons à part au mot Panaris . On confond fréquemment sous ce nom une autre affection en général très légère du doigt, et dans laquelle l’inflammation est bornée à la peau; c’est ce qu’on homme vulgairement un mal d? aventure.
Cernai sedéveloppesouveht sans cause connue; quelquefois il survient à la suite d’une piqûre, ou de l’application d’unesubstance irritante; lapeaU d’un ou de plusieurs doigts s’enflamme alors sur un des côtés de la racine de l’ongle, et même tout autour; de là le nom de tourniole qu’on lui donne souvent aussi ; cette inflammation, qui est assez douloureuse, s’accompagne de battements;bientôt il se forme au-dessous de l’épiderme Une petite ampoule pleine de sérosité, comme celles qui sont produites par la brûlure. Si le mal est intense ou surtout si on le négligeai peut faire des progrès et détruire même la racine de l’ongle; celui-ci est alors peu à peu éliminé, et remplacé par un autre ohgle moins régulier que le premier. Le traitement de la tourniole est très simple ; on couvrira le doigt malade d’un cataplasme de farine de graine de lin, et on le baignera dans de l’eau de guimauve tiède; si l’ampoule tardait à se produire, on aurait recours à un petit emplâtre d’onguent de la mère; dès qu’elle est formée on doit l’ouvrir avec des ciseaux en emportant une partie de l’épiderme , faire écouler la sérosité et panser avec du cérat simple. On peut enlever le lendemain les lambeaux d’épiderme qui n’adhèrent pas à la peau ; le mal alors guérit en général promptement. Lorsqu’il y a chute de l’ongle, il est quelquefois nécessaire de toucher avec la pierre
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infernale des excroissances charnues assez douloureuses qui s’élèvent sur de petites ulcérations. Quelquefois il se forme du pus sous l’ongle; on doit l’évacuer promptement, en ratissant l’ongle, ou en le coupant très près si la matière se trouve à son extrémité.
Il faut savoir aussi que de superficielle qu’elle est, l’inflammation peut quelquefois devenir plus profonde et se changer alors en un véritable panaris (V. ce mot).
J. -P. Beaude.
dompte-venin {bot.) s. m., asclepias vincetoxicum. L. famille des apocynées. Jnss. La racine de cette plante , qui est la seule partie employée, a aussi reçu le nom de racine d’Asclcpiade : elle est composée de fibres blanches, longues et grêles; lorsqu’elle est fraîche elle a une odeur forte, une saveur âcre et désagréable; elle perd celte odeur en séchant. Celte racine qui était autrefois regardée comme un contre-poison, ne jouit réellement pas de cette propriété, on la considère aujourd’hui comme apéritive et diurétique. J. B.
doreurs sur métaux {hyg. et path). La profession de doreur sur métaux est une de celles qui peuvent être considérées comme insalubres; elle formait autrefois une des corporations nombreuses (la corporation des doreurs, argenteurs , ciseleurs), qui était gouvernée par quatre jurés qui rem plissaient les fonctions attribuées aux j urés des autres communautés; deux de ces jurés étaient renouvelés chaque année ; le brevet de doreur coûtait quarante livres tournois, la maîtrise cin,q cents livres.
Les procédés employés dans l’art du doreur consistent à faire recuire les pièces à dorer, et à les dérocher , c’est-à-dire à enlever la partie oxidée de la surface avec de l’acide nitrique affaibli; lorsque le métal est bien décapée. t qu’il présente l’éclat métallique dans toutes ses parties, on le lave à grande eau et on le dessèche soit en l’essuyant avec des linges propres, soit en le passant dans de la tannée sèche ou de la sciure de bois.
Lorsque la pièce est arrivée à cet état, le doreur prépare l’amagalme d’or et de mercure, et il l’applique ensuite àl’aide d’unpinceau fait avec des fils de laiton, pinceau qui est connu sous le nom d e gralte-bossç, et qui est trempéavant l’application, soit dans de l’acide nitrique pur, soit dans de l’acide nitrique contenant du mercure en dissolution; il étend l’amalgame le plus exactement possible sur toutes les parties à dorer, en ayantcependantle soin : 1° de charger davantage les parties qui doivent être mises au mat ou en or moulu ; 2o de ne charger que légèrement les endroits qui doivent être brunis.
Lorsque ces opérations sont faites, le doreur lave la pièce à l’eau, il la fait sécher, et il chauffe en élevant peu à peu la température, la poussant ensuitejusqu’au degré nécessaire pour que l’amalgame soit décomposé, et que le mercure soit volatilisé, sans que le bronze soit arrivé à la température rouge. Pendant cette dernière opération
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l’ouvrier a soin de retirer souvent la piece du ie u pour la brosser en tous sens avec la brosse ordinaire, afin d’y étendre également i’amalgame qui devient plus lluide par l’action de la chaleur et qui ressort alors des pores du cuivre.
Lorsque tout le mercure est volatilisé, on recouvre la pièce, si cela est nécessaire, d’une nouvelle couche d’amalgame, on la passe de nouveau au feu et on recommence ce travail autant de fois quecela est nécessaire pour obtenir la dorure qui est demandée. Lorsque la pièce est terminée, on la lave dans de l’eau acidulée et on la nettoie en la frottant en tous sens avec des gratte-brosses neuves et rudes; on passe dessus cette pièce de l’eau claire, on la sèche ensuite en la mettant en contact soit avec de la tannée, soit avec du son ou de la sciure de bois bien sèche, et on finit le nettoiement avec un linge propre ou avec une brosse; lorsque toutes ces opérations sont terminées, la pièce a pris une couleur jaune sale, et elle peut recevoir, selon sa destination, \emat, la couleur d'or moulu, le bruni ou la couleur d or rouge.
D’après ce qui vient d’être dit, on voit que les opérations que nous venons d’indiquer peuvent donner lieu à des chances de maladie, ou à des accidents qui peuvent avoir plus ou moins de gravité. Ainsi : 1° lorsque le doreur fait recuire les pièces, il est exposé aux vapeurs qui résultent de l’oxidation du cuivre et du zinc, vapeurs qui peuvent donner lieu à des maux de gorge et à des coliques ; ces dernières sont quelquefois accompagnées de douleurs atroces.
2° Lorsque l’ouvrier déroche ou décape, il reste exposé à l’action de l’acide nitreux, qui, introduit dans l’économie animale, détermine quelquefois de la toux, de la sécheresse, de l’irritation à la gorge et aux poumons; selon quelques auteurs ces gaz qui se dégagent lorsqu’on soumet les pièces au dérocliage, sont plus dangereuses pour les ouvriers que le contact des vapeurs mercurielles.
3o Lorsque le doreur soumet les pièces à l’action de la chaleur, il est souvent exposé à l’action des vapeurs mercurielles, qui, chez beaucoup d’ouvriers, déterminent un tremblement presque convulsif dû à l’absorption, par les premières voies et par la peau, du métal très divisé.
L’ouvrier doreur peut encore absorber le métal dans le moment où il applique l’amalgame; il est en outre exposé, lorsque la cheminée de l’atelier tire mal, ou bien lorsqu’il s’y établit un courant descendant; cet atelier devient funeste en effet; lesouvriers qui y travaillent respirent dans une atmosphère qui contient de l’acide carbonique, de l’azote, du mercure divisé, de l’acide nitreux ; on conçoit quel peut être le résultat du séjour dans un air ainsi vieié.
Les auteurs qui se sont occupés des maladies des ouvriers disent que l’exposition de ces ouvriers aux vapeurs mercurielles détermine chez eux diverses maladies, des vertiges, de l’asthme, de la paralysie, que ces ouvriers sont pâles, qu’ils ne vivent pas aussi long-temps que les autres ouvriers, et que souvent les douleurs qu’ils ressentent leur fout désirer la mort, iwaker {chimie
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expérimentale) dit que ces ouvriers ont des tremblements de mains , du cou, qu’ils perdent leurs dents, que leurs jambes sont tremblantes, qu’ils sont attaqués quelquefois de tremblements universels et de la danse de Saint-Guy. Fornel, dans son Traité des causes cachées, donne des détails à peu près semblables sur les maladies des doreurs. Dans sonouvrage sur les maladies vénériennes, il dit qu’un ouvrier quiavait doré un meuble d’argent devint stupide, sourd et presque muet. Forestus rapporte l’observation d’un doreur qui devint fou par suite du contact des vapeurs mercurielles. OlausBorricliius a fait connaître dans les Actes de Copenhague qu’un Allemand qui passait sa vie à dorer des lames de métal, n’ayant pas pris assez de précaution pour se soustraire à l’action des vapeurs mercurielles, fut pris de vertiges très violents, d’un serrement de poitrine considérable et d’asphixie; son visageétaitcadavéreux, ses membres étaient agités par de violentes convulsions, et on le croyait mort lorsqu’une sueur déterminée par l’usage d’une décoction de pimprenelle et de saxifrage donna lieu à un changement total et à la guérison du malade. Pâtissier, dans son ouvrage sur les maladies des artisans, rapporte l’observation d’un jeune doreur qui mourut après avoir été alité pendant deux mois ; cet ouvrier, qui s’était imprudemment exposé aux vapeurs mercurielles , tomba dans la cachexie, et, outre divers symptômes, fut pris de salivation et eut la bouche remplie d’ulcères fétides du plus mauvais caractère ; ce malheureux succomba cependant sans avoir aucun signe de chaleur fébrile. Fourcroy rapporte : 1« l’histoire d’un doreur qui travaillait avec sa femme depuis le matin jusqu’au soir dans une chambre vaste, mais basse où il couchait, et qui fut pris d’une salivation qui fut suivie d’ulcérations et de douleurs atroces, et qui, plus tard, ce doreur ayant travaillé de nouveau dans le même lieu , fut atteint d'un tremblement mercuriel.
2° L’histoire de la femme de ce doreur qui éprouvait une salivation continuelle qui la fitmaigrir et lui donna l’aspect d’un squelette; plus tard cette femme devint asthmatique; les accès de sa maladie d’abord éloignés se rapprochèrent de plus en plus, elle avait un râle continuel , ne crachaitni ne toussait sur la finde cette maladie, qui fut la même pendant dix-huit ans, elle ne pouvait ni cracher, ni se pencher sanscrainte de suffocation ; fixée sur un fauteuil depuis plus d’un an, les symptômes de son asthme s’aggravèrent; elle fut enfin délivrée de ses maux par une mort heureuse pour elle , mais qui eut quelque chose d’affreux pour ceux qui en furent les témoins.
On trouve dans les annales de l’industrie pour 1824, page 78, les détails suivants qui font connaître les accidents qui peuvent résulter du travail du doreur exécuté dans des circonstances défavorables. « En 1822, M. Duguet dit Gail , » Français d’origine, établi à Turin, fut chargé » delà dorure des nombreux ornements en bronze » destinéspourunevoiture quiavait été comman- » déepar le roi de Sardaigne. Cet ouvrage étant » très pressé, les ouvriers y travaillèrent sans
» relâche dans un atelier qui n’était nullement » préparé pour l’exécution de grands travaux ? » un malheur déplorable s’ensuivit , trois des ou- » vriers sur lesquels le mercureavait déjà exercé » ses ravages en furent tellement maltraités de » nouveau qu’ils succombèrent. »
Parmi les faits qui démontrent les accidents qui peuvent être occasionés par le mercure, nous pourrons citer le suivant signalé au conseil de salubrité et qui est arrivé à la connaissance de l’un de nous : ce fait est le suivant. Un doreur de perles pour la broderie , M. H..., s’était établi rue Sainte- Avoie, n. 42, au troisième étage d’une maison, et avait fait d’une cuisine très petite son atelier; le fourneau bien construit et donnant audessous d’une cheminée qui opérait un tiragesuffisant et régulier, emportait au dehors toutes les vapeurs qui sont le produit des opérations de l’art du doreur sur métaux.
Depuis plus de quatre ans H .. exerçait sa profession dans ce local sans que sa santé, celle de sa femme, de deux enfants, d’un ouvrier et d’une bonne subît la moindre altération ; aucune plainte n’avait été faite contre son atelier par ceux qui habitaient au-dessous et au-dessus de cet atelier, lorsqu’au mois de novembre 1831 une famille juive , la famille Salomon, composée du père, de la mère, d’un enfant de sept ans et d’une ouvrière à la journée , vint s’établir à l’étage supérieur qui précédemment avait été occupé successivement par trois autres familles ; mais à peine huit jours s’étaient-ils écoulés que tous les membres de cette famille commencèrent à ressentir du malaise qui fut suivi d’une abondante salivation et d’un gonflement affreux de gencives et de tout l’intérieur de la bouche; la mère et l’enfant plus gravement affectés que les autres perdirent plusieurs dents.
Un médecin, M. Berthier, qui fut appelé sur les lieux, reconnut tous les effets du mercure, et ce fait signalé au conseil de salubrité fut examiné et on reconnut que les vapeurs mercurielles qui s’élevaient du fourneau de H... entraient chez le voisin de l’étage supérieur par ' le tuyau d’un poêle établi dans l’appartement de Salomon et qui avait issue dans la cheminée de H... On constata que le poêle de Salomon faisait appel, que les vapeurs mercurielles s’introduisaient dans ce poêle et dans ces tuyaux, que le mercure s’y déposait etqn’il se volatilisait de nouveau lorsqu’on allumait du feu ; qu’alors les vapeurs se mêlaient à l’air de la chambre etdonnaientlieu auxaccidents qui avaient été constatés sur la famille Salomon.
On reconnut sur les tuyaux du poêle la présence du mercure en assez grande quantité ; en effet, de l’or frotté avec une partie du dépôt recueilli sur les tuyaux prit une couleur blanche mercurielle.
L’action des vapeurs qui s’élèvent des ateliers de doreur sur les ouvriers qui travaillent dans ces ateliers ayant été constatée depuis longtemps, elle a donné lieu à de nombreuses recherches faites dans le but de soustraire ces ouvriers aux accidents qui sont la suite de cette action. Les savants qui s’en sont occupés sont Tingry, Gosse de Genève, Fourcroy,Brissé, Fradin, d’Ar-
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cet et le colonel Paulin. On doit encore signaler icilephilantropeRavrio, fabricant de bronze, qui, par legs, mit à la disposition de l’académie une somme de 3,000 francs , pour être délivrée à celui qui trouverait le moyen de garantir les ouvriers .doreurs de V insalubrité des émanations mercurielles ,\mx quifut décerné à M. d’ Arce t en 1 8 1 8 .
Tingry recommande aux doreurs de se servir de gants, de vessie, et de préparer l’amalgame à vase clos. Déjà Ramazini avait conseillé à ces ouvriers de se couvrir le visage de vessies ou de masques en verre.
Gosse avaitindiqué l’emploi d’éponges imbibées d’une liqueur convenable, et fixées sur la face avec des rubans. Selon ce savant, l’éponge imbibée d’eau pure est suffisante pour arrêter la poussière d’une nature quelconque, même les vapeurs mercurielles qui se condensent en traversant cette éponge.
Gosse disait encore qu’il fallait employer une éponge d’un tissu fin et serré, d’une forme se rapprochant autant que possible d’un cône creux et dont la base devrait être assez large pour couvrir le sommet du nez, la bouche et le menton.
Fourcroy indiquait : 1° l’emploi d’un atelier assez grand , élevé, percé de deux fenêtres, atelier dans lequel l’ouvrier ne devait séjourner que pendant le travail ; 2° la construction d’une forge qui , établie en face de la fenêtre, devrait avoir un bon tirage ; par ce moyen, dit Fourcroy , les vapeurs mercurielles poussées par l’air de la porte ou de la fenêtre sortiront avec rapidité par le tuyau de la forge , et les ouvriers n’en avaleront point du tout ; 3° lorsque le local ne se prêtera pas à ces combinaisons, il faudra avoir un tube de tôle dont l’extrémité inférieure sera évasée en forme de pavillon assez grand pour contenir le poêle , et dont l’autre bout recourbé s’ouvrira dans le tuyau d’une cheminée voisine ou par un carreau de la fenêtre ; 4° il faudra avoir soin de détourner le visage en travaillant , de grattebrosser dans la forge ou dans le pavillon, ou bien avoir soin d’attendre, pour faire cette opération, que la plus grande partie des vapeurs soit dissipée.
Les indications données par Tingry, par Gosse et par Foucroy, mises partiellement en pratique, n’ont pas été suffisantes, et malgré les publications faitesà cesujet, les doreurs n’en furentpas moins atteints par les accidents qui sont dus à l’action du mercure et particulièrement au tremblement mercuriel.
Brissé Fradin fit connaître, en 1814, un appareil destiné à préserver les ouvriers doreurs des vapeurs mercurielles; cet appareil consiste dans une boîte de fer-blanc carrée ou cylindrique , percée en dessus eten dessous. Au trou supérieur est adapté un tube recourbé , propre à mettre dans la bouche ; le trou de dessous qui reste ouvert est plus grand, et sert à introduire du coton mouillé dont on remplit la boîte. L’appareil est pourvu de deux cordons latéraux qui servent à le fixer à la partie supérieure de la poitrine, en leur faisant décrire une circulaire autour du corps ; il faut que cet appareil soit assez élevé^
pour que le tube de verre puisse facilement entrer dans la bouche : alors l’ouvrier qui se trouve dans une atmosphère de vapeurs malfaisantes , respire par le tube de verre, après avoir préalablement introduit une boulette dans chaque narine ; le but que s’était proposé M. Brissé Fradin était pour ainsi dire de tamiser à travers le coton l’air atmosphérique qui sert à la respiration el qui aurait été débarrassé des substances qui peuvent se condenser ou se déposer sur le coton.
Lorsque l’ouvrier avait besoin d’expirer, il sortait le tube de la bouche, puis il le reprenait ensuite, et il continuait ainsi de suite jusqu’à ce qu’il eût fini de travailler sur les substances dont les vapeurs sont nuisibles à la santé. Des essais faits devant un jury ont démontré que cet appareil pouvait être utile, mais qu’il ne pouvait être employé que pour les travaux de peu de durée , parce que son usage fatigue par la gêne qu’on éprouve à s’en servir ; ainsi dans les travaux peu longs, ce procédé peut être avantageux.
M. d’Arcet (Y. le Mémoire sur l’art du doreur , 1 vol. in- 8°, 1818) a indiqué un procédé pour soustraire les ouvriers doreurs à l’action malfaisante des vapeurs qui se répandent dans les ateliers; ce procédé, mis en pratique dans un grand nombre d’ateliers et qui a valu à ce savant le prix Ravriodont nous avons parlé, consiste principalement : 1° à déterminer le tirage des cheminées par un fourneau d’appel dont le tuyau s’ouvre à une distance calcu ée dans la cheminée et dont la chaleur dilatant l’air de celle-ci augmente son tirage.
2° A placer un vasistas à l’une des fenêtres de l’atelier, de façon qu’il s’établit dans cette pièce un courant ascensionnel qui entraîne avec rapidité dans la cheminée les vapeurs et les gaz qui pourraient nuire à la santé des ouvriers ; et cette simplicitéen rendl’adoptiond’autantplusprompte qu’elle n’entraîne presque aucune.dépense. Ce procédé, déjà indiqué par l'auteur dans ['assainissement du laboratoire des essais à la Monnaie , a été appliqué avec le plus grand succès à l’assainissement des ateliers des doreurs, ce qui est indiqué dans un rapport fait par Thénard, Vauquelin et Ckaptal à l’Institut, le 9 mai 18 1 8.
M. le colonel Paulin, qui s’est occupé avec le plus grand succès de la confection et de l’emploi d’un appareil destiné à soustraire les pompiers à l’action des gaz nuisibles à la santé, et de prévenir l’asphyxie , surtout dans les feux de cave (V. l’article Pompier ), a eu l’heureuse idée d’appliquer son appareil à l’art du doreur.
Cetappareil consiste enunelarge blouse debasane à laquelle est adaptée d’une manière solide un masque mi-cylindrique en verre, d’une demiligne d’épaisseur, plaçant au-dessous un sifflet à soupape qui ne permet pas à l’air de pénétrer sous la blouse, tout en permettant à l’homme qui en est revêtu de s’en servir pour indiquer cequ’il veut.
On fait arriver dans cette blouse, soit à l’aide d’une pompe foulante, soit à l’aide d’un soufflet, de l’air qui se renouvelle et qui tient l’homme rc-