‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 201 sur 316 · DUO · texte numérisé non relu

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clés droits. ïls sont divisés en antérieur et postérieur et distingués sous le nom de grands et petits.

A l’abdomen il existe à la partie antérieure, au milieu du ventre, un muscle qui est double, un pour chaque côté, et qui, par sa réunion avec celui du côté opposé, forme la ligne médiane; ce muscle a reçu le nom de muscle droit abdominal. Il présente des intersections qui forment les dépressions que l’on observe à cette partie du corps lorsque ce muscle se contracte. Ce muscle se lixe en bas à la partie supérieure du pubis, et en haut à la partie inférieure et moyenne de la poitrine; il sert dans l’expiration à abaisser les parois de la poitrine; il fléchit aussi en avant la partie supérieure du corps sur l’inférieure. A la cuisse, il exi le deux muscles droits, l’un est le droit antérieur-, il s’étend de l’os de la hanche à la rotule; l’autre est le droit interne , il est placé en dedans de la cuisse ei il s’étend de la partie inférieure du bassin à la partie supérieure du tibia.

■ntioBÉNïTE (path..), s. f. C’est l’inflammation du duodénum. ( V. ce mot. )

duodénum ( anat .), s. m. (en latin, ventriculus succentunatus, duodénum.) Portion du tube digestif faisant suite à l’estomac et se continuant avec l’ intestin grêle proprement dit. Le rcom de duodénum lui vient de sa longueur, qui est de douze travers de doigt; il est moins volumineux que l’estomac, quoique son calibre soit plus considérable que celui du reste du canal intestinal, et qu’il soit susceptible d’une plus grande ampliation ; il forme une espece de demi-cercle qui circonscrit le pancréas, et dont la concavité regarde à gauche : aussi les anatomistes lui ont-ils distingué trois portions ; une première partie longue de deux pouces, à partir du pylore, se dirige horizontalement en arrière et à droite jusque près du col de la, vésicule du fiel; là commence la seconde portion qui descend verticalement jusqu’à la troisième vertèbre lombaire ; la troisième partie, enlin, se porte transversalement à gauche au-devant de la colonne vertébrale. L’intérieur du duodénum présente une foule de replis circulaires qu’on nomme valvules conniventes; ils sont formés par la membrane muqueuse repliée, et ont pour destination de retarder la marche des matières alimentaires.

On observe encore, dans l’intérieur du duodénum, à la réunion de la seconde ayec la troisième portion, une petite saillie percée d’une ouverture qui n’est autre chose que l’orilice commun des conduits cholédoque et pancréatique, qui traversent obliquement l’épaisseur de l’intestin.

Ce dernier est formé comme les autres parties du tube intestinal de trois tuniques, une externe séreuse, qui n’existe que dans une petite partie de son étendue, une musculeuse et moyenne, et une muqueuse interne; beaucoup d’anatomistes admettent aussi, sous le nom de nerveuse , une quatrième tunique placée entre la muqueuse et la musculeuse. ? Voyez, pour plus de détails, les mots Intestin, Foie et Pancréas .)

duodénum (maladies du). Ces maladies, n’offrant rien de spécial, seront décrites au motinlestips (maladies des). L’inflammation de duodénusa été désignée sous le nom de duodénite; les symptômes particuliers de celle affection sont obscurs et peu connus ; on a cité la douleur, dans le lieu occupé par l’intestin, et les vomissements bilieux, le trouble de la digestion duodénale; le caractère général de la maladie et les indications thérapeutiques sont, au reste, les memes que pour l’inflammation de l 'intestin grêle ou entérite. Nous renvoyons donc le lecteur à l’article où il sera question de cette maladie.

dure-mère (anat.), s.f. C’est une membrane fibreuse et la plus extérieure des trois membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière ; les trois membranes ont aussi le nom de méninges. ( V. ce mot. )

durillon (path. ), s. m. (V. Callosité, Cor.)

dynamomètre ( hyg.\ , s. ni. (du grec dunamis force et de métron mesure). C’est un instrument destiné à mesurer les forces musculaires; cet instrument est formé par un ressort dont la compression fait marcher une aiguille qui indique la valeur de la force produite. ( V. Force. )

©TSCRASSE. V. au Supplément.

dysenterie (gned.), s. f. La maladie qui fera le sujet de cet article est caractérisée par la fréquence, la difficulté, la souffrance des selles, et l’excrétion des matières muqueuses, glaireuses, sanguinolentes , précédée de coliques , de tranchées ordinairement très vives. Ces caractères se retrouvent dans toutes les dysenteries, mais les autres symptômes concomitants , sur lesquels se basent le pronosticet les modifications du traitement, varient d’une manière très notable. En effet, la dysenterie esl tantôt une affection légère et tantôt une maladie des plusgraves. Distinguons ces deux espèces principales par une description abrégée : la dysenterie fai! K-, sporadique, comme on l’observe le plus souvent dans le Nord, au printemps ou en hiver , existe fréquemment sans fièvre, sans que le ventre soit douloureux à la pression, sans perle complète d’appétit , sans que le malade se sente obligé de garderie lilou la chambre. Cependant à intervalles plus ou moins rapprochés, des épreinles vives l’invitent à se présenter à la garde-robe, et là il fait d’inutiles et de douloureux efforts pour expulser des matières fécales peu abondantes ou milles, avec des glaires écumeuses et teintes de sang. Cette dysenterie bénigne , dont la durée n’atteint ou ne dépasse guère une semaine, quand elle est convenablement traitée, est parfois précédée, pendant quelques jours, de dégoût, d’envies de vomir , de murmures et de douleurs sourdes dans le ventre, de diarrhée , etc.; d’autres fois son invasion est subite.

La dysenterie intense ou grave, commune dans les climats chauds, et redoutable aux inacclimatés, tropsouvent épidémiqueenété et en automne: celte dysenterie, disons-nouô, ne ressemble à la précédente que par le petit groupe de symptômes

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essentiels, elle eu diffère sensiblement parla gravité des apparences. Du reste son début n’est pas uniforme : il est tantôt rapide, d’autres fois lent; l’appétit se perd , la soif se prononce , la lièvre s’allume, les forces s’abattent ou sont prostrées , et le malade est obligé de garder le lit; le ventre est sensible, les tranchées sont très fréquentes et atroces, les selles plus multipliées que copieuses, très difficiles, très douloureuses ; ce ténesme est très cruel. Le visage, qui exprime communément si bien les souffrances et les dangers de l’organisation, est très altéré, il a quelque chose du Jades cholérique. Du reste , la dysenterie des régions équinoxiales et des contrées du sud de la zone tempérée, de. même celle qu’on remarque dans les camps, les prisons, les vaisseaux, les villes assiégées, se montre quelquefois aussi redoutable que le choléra asiatique. L’histoire de la médecine fait mention d’une foule d’épidémies dysentériques désastreuses, qui ont ravagé des provinces et des nations. On en a observé tous les ans dans quelques départements delà France, qui, sans être de celte alarmante gravité, sont neanmoins très dignes de sollicitude. Généralement la dysenterie épidémique est plus inquiétante que celle qui paraît annuellement sous des influences locales, ou qui attaque isolément, en d’autres termes, que celle qui est endémique ou sporadique.

Le pronostic de l’espèce de dysenterie que nous ne pouvons quali lier que par les épithètes de sérieuse, intense, grave, par opposition à celle qui est légère ou bénigne , se fonde sur le nombre et l’intensité des symptômes. On augurera bien si le visage est peu altéré, si les forces ne sont pas trop abattues, si la soif est modérée, s’il n’y a dans le pouls ni fréquence ni faiblesse excessives , si le corps conserve bien sa chaleur, si l’intervalle des selles permet de goûter un peu de repos, si le ventre n’est ni trop gonflé ni trop sensible , si les garde-robes s’éloignent, et si, en même temps , le ténesme diminue. L’altération profondedes traits, la prostration des forces, la sécheresse et la teinte fuligineuse de la langue , la petitesse du pouls, la fréquence et l’extrême fétidité des selles, ou bien leur suppression, et en même temps la cessation delà douleur, le ballonnement du ventre , le hoquet, le refroidissement des extrémités , sont de très mauvais signes. La dysenterie grave peut tuer en quelques jours, et saguérison ne demande pas moins de deux, trois ou quatre semaines. Parfois le flux dysentérique passe à l’état chronique, transition qui serait beaucoup moins fâcheuse , si les malades, souvent sans fièvre et de bon appétit, avaient la sagesse de suivre ponctuellement le régime convenable.

On a émis sur la nature de la dysenterie des théories dont la discussion seraiticidéplacée. Les anciens, dont l’opinion a prévalu jusqu’à la fin du dernier siècle, l’envisageaient comme un flux d’humeurs peccantes qui se faisait à la surface des intestins, et qu’il convenait de favoriser pour seconder les vues de la nature. Les modernes , au coniraire, on t voulu localiser la maladie; ilsl’ont considérée comme une câlite ou inflammation du gros intestin appelé côlon. Aucune des deux opinions

ne nous paraît exclusivement vraie. Nous regardons la dysenterie comme une affection spéciale dont le travail secret nous est inconnu , qu’on ne pourrait pas provoquer expérimentalement en agissant sur l’intestin colon, mais qui cependant éclate d’une manière plus manifeste sur cette portion du tube digestif. C’est prouvé d’ailleurs par l’ouvert uredes cadavres des dysentériques, quia fait découvrir dans le gros intestin de l’injection, de l’épaississement, des ulcérations , et quelquefois des gangrènes.

Parlons maintenantdes causes occasionnelles de la dysenterie; ce sera une in traduction tout-à-fait rationnelle au traitement préservatif. Toutefois nous ne pouvons faire marcher de front, dans ces recherches étiologiques, la dysenterie sporadique, endémique et épidémique, car les influences qui les provoquent , semblables sous quelques rapports, diflèrentdans d’autres. Commençons par la dyssenterie sporadique ou dont ou n’observe que des accidents isolés, provenant de causeshygiéniques individuelles. En tête de ces causes figurent tes éngesta, c’est-à-dire les substances solides, liquides ou gazeuses que nous introduisons dans le corps. On a signalé de tout temps l’usage, à tous égards insalubre , des fruits non mûrs et l’abus de ceux qui ont atteint la maturité. Après les crudités végétales , viennent les viandes de mauvaise qualité, coriaces , lourdes, indigestes, celles qui ont subi un commencement de putréfaction , ou dans la préparation desquelles on a prodigué les épices. Puis l’usage non habituel et immodéré des boissons fermentescibles récentes , telles que le moût de raisin , le cidre, le poiré , la bière. Les eaux corrompues, stagnantes, bourbeuses, froides, glacées, prises en abondance, ne sont pas étrangères à la production de la dysenterie, non plus que l’inspiration ou la déglutition de miasmes, quoique le mode d’action de ceux-ci soit plus difficile à expliquer que celui des aliments et des boissons. Elle est quelquefois produite par des purgatifs violents, et notamment les aléotiques ; par l’impression vive et brusque du froid, de l’ humidité, sur les pieds , le ventre ou tout le corps, etc.

Les causes de la dysenterie endémique , qui afflige périodiquement un grand nombre d’habitants d’une même contrée, tiennent quelquefois à la permanence des influences maladives que nous venons de signaler ; c’est-à-dire que les fruits y sont abondants et- de mauvaise qualité , l’alimentation générale insalubre , les eaux malsaines ; parce qu’on y est exposé aux miasmes, aux excès et aux contrastes de température , ou à d’autres influences permanentes attachées aux usages ou aux localités.

Quant aux causes de la dysenterie épidémique, elles sont communément aussi obscures que celles des épidémies en général ; à peine trouve-t-on quelques aperçus plausibles dans les intempéries atmosphériques, l’altération des récoltes, etc., et il faut revenir humblement au divinum quid des anciens. Cependant il est des cas où la cause est plus facilement appréciable que destructible : tels sont ceux où l’épidémie dysentérique pro-

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vient du mauvais campement d'une armée, de la disette ou de la mauvaise qualité des vivres et des boissons, des fatigues excessives , de l'agglomération d’homines danslesprisons, les vaisseaux, les hôpitaux, les villes assiégées, etc.

L’opinion de la contagion de la dysenterie ne saurait être passée sous silence; elle a été admise et rejetée par des médecins trop recommandables pour ne pas mériter au moins une mention. Adiré vrai, les partisans de cette contagion sont aujourd’hui moins nombreux que ses adversaires. Au risque de passer pour être de l’avis de tout le monde et de n’avoir pas d’opinion arrêtée à cet égard, nous dirons que les uns et les autres sont très logiques dans l’induction positive ou négative tirée des faits; mais ce sont les faits qui n’ont pas été pour tous les mêmes. Autre chose est la dysenterie sporadique et même légèrement épidémique, et la dysenterie intense des contrées méridionales, ou les épidémies dysentériques graves qui étendent leurs ravages au loin. Autant il nous paraît démontré que la contagion est rare dans les premières, autant nous sommes portés à admettre qu’elle a été maintes fois bien constatée dans les secondes. Du reste la transmission de lu maladie ne passe pas pour avoir lieu par le contact immédiat des malades à l’aide d’un virus, mais plutôt par les émanations qui se dégagent du corps et des excréments fétides des dysentériques. Et pourquoi ces miasmes infects seraient-ils privés de toute puissance nuisible , puisqu’il est parfaitement reconnu que ceux qui émanent delà putréfaction cadavérique peuvent donner la dysenterie ?

Les soins préservatifs de la dysenterie dérivent de la connaissance même de ces causes, qu’il faut éviter le plus qu’on peut. La possibilité de contracter cette maladie par négligence de quelques précautions d’hygène ne saurait être l'objet d’une préoccupation ou d’une sollicitude dans les pays où la dysenterie est rare et bénigne; mais il n’en est pas de même dans les contrées où elle est fréquente et grave. Les inacclimatés, surtout, ne doivent omettre aucune prévision, aucune mesure essentielle, pour se préserver d’une maladie qui, moins redoutable aux indigènes, serait funeste à beaucoup d’entre eux. La dysenterie est l’une des causes les plus notables de mortalité parmi les hommes qui vont se fixer du nord au sud, parmi les Européens qui vont séjourner en Afrique, en Asie et en Amérique.

Le traitement de la dysenterie légère doit être simple comme la maladie : diète d’abord; cependant, si elle était trop pénible, on pourrait prendre quelques bouillons de veau ou de poulet, seuls ou aux fécuies; les aliments solides prolongeraient la maladie; pour boisson, on choisira entre l’eau de riz, de gomme, le lait largement coupé, etc. Les lavements tièdes. d’eau de lin, de guimauve, de pavot, soulagent sensiblement les éprcintes. Quelquefois elles sont assez vives pour indiquer L’emploi de quelque préparation opiacée qui procure du calme et abrège ladysenterie. En même temps le repos, la douce température du lit ou de l’appartement, doivenlconcouriràla guérison.

La dysenterie intense ne repousse aucun de ces moyens, mais elle en réclame d’autres. L’assistance de l’homme de l’art est impérieusement nécessaire et de bonne heure, si l’on ne veut avoir à déplorer l’à-propos perdu d’employer quelque remède utile. En attendant, on prescrira le même traitement que nbus venons d'exposer. Nous pensons qu’iln’appartient qu’au médecin de j uger l’opportunité et la convenance d’une médication plus active, comme un vomitif, un purgatif, les astringents seuls ou combinés avec les narcotiques, une application de sangsues à l’anus, etc., tout autant de moyens avantageux dans l’occasion, mais dont l’indication ne saurait être sûrement saisie par des personnes étrangères à la médecine. Si le ventre était chaud, douloureux à la pression, des fomentations, des cataplasmes émollients sur celte partie, des bains plus que tièdes, apporteraient un soulagement, seulement il faudrait prendre garde qu’ils n’occasionnassent du refroidissement, toujours nuisible aux dysentériques. Dans cette forme grave de la dysenterie sporadique , endémique ou épidémique, il convient de ne point négliger les précautions faciles contre les chances rarement nombreuses de contagion; conséquemment, on aura le soin d’enlever les excréments à mesure qu’ils seront rendus, d’entretenir une grande propreté, de renouveler l’air et de pratiquer des fumigations, si l’atmosphère inférieure était infecte, de ne point coucher dans le même lit ni la même chambre, si on le peut.

Passée à l’état chronique, ordinairement entretenue par des ulcérations du gros intestin, manifestée par desselles plus rares et toujours sanguinolentes, avec des tranchées , du ténesme, la dysenterie réclame dessoins assidus et persévérants.

11 existe fréquemment alors, dans l’organisation, une anarchie très-préjudiciable entre l’instinct et la sécurité de le satisfaire: en effet, l’appétit peut être bon et l’estomac bien digérer, mais malheureusement la matière alimentaireest obligée d’aboutir au siège du mal , et elle l’entretient ou l’exaspère. L’espèce et la dose des aliments est le point important à régler dans les dysenteries chroniques. La diète absolue serait péniblement supportée long-temps, elle pourrait même être nuisible s’il y avait absence complète de lièvre ; mais il faut être avare d’aliments, choisir ceux qu’on digère le mieux et qui nourrissent sous le plus petit volume : tels sont le bouillon graduelle-' ment plus concentré, le lait; l’un etl'autreassociés quelquefois au pain bien cuit, aux fécules; des I crèmes de riz , des panades , des végétaux tendres, herbacés, cuits et assaisonnés dej us de viandes, les sucs de ces viandes mâchées, dont on I rejette la fibre, les gelées végétales de pomme, de coing, etc., et la plus grande parcimonie d’épices. il est utile de fractionner beaucoup la dose alimentaire congrue, au lieu d’en prendre beau- ] coup à la fois, comme on le fait en santé. Pour satisfaire la soif, les boissons gommeuses, mucilagineuscs, amilacées, seront les plus prudentes. Cependant on se trouve bien quelquefois de l’eaù j rougie avec un vin austère comme celui de Bor- ; deaux, ou édulcorée avec des sirops dq coing, de

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grenade, de nefle, de sorbe. Ces aslringents, et beaucoup d’autres plus énergiques, ingérés ou administrés en lavement, sont souvent salutaires dans la dysenterie chronique, de même que certains élecluaires que nous n’indiquerons pas non plus : car si l’on se trompait sur l’indication, ils ne manqueraient pas de nuire; revenons donc aux moyens hygiéniques, dont l’usage n’est pas moins salutaire que l’intelligence en est sûre et facile. Les malades atteints de dysenterie chronique devront habiter un lieu sec, plutôt chaud que froid, abrité des émanations miasmatiques. Ils ontbesoinde vêtements chauds, particulièrement aux pieds et au ventre; les contrastes de température et l’humide fraîcheur des nuits leur seraient très-contraires, s’ils ne se prémunissaient contre ces intempéries; la promenade à pied, en voiture, si le temps et les forces le permettent, sera avantageuse; on aura soin seulement d’éviter la fatigue; quelques bains un peu chauds, à huit ou dix jours d’intervalle, et en s’essuyant minutieusement après; quelques lavements d’eau de son, d’amidon, de pavot , quand les coliques semblent se ranimer, seront très convenables. Du reste la succession des saisons, et surtout le passage de l’hiver au printemps, est un grand médecin des dysenteries chroniques comme de beaucoup d’autres maladies qui ont duré long-temps. On a vu la guérison s’opérer par une crise manifeste, telle que le rappel spontané de quelque évacuation ou éruption habituelles qui étaient supprimées. 11 est parfois nécessaire de changer de pays.

Les ménagements que demande la convalescence de la dysenterie sont à peu près exposés dans ce que nous avons dit du traitement de celle qui est chonique. On a principalement à craindre les indigestions et les refroidissements.

A. Lagasquie,

Docteur eD médecine, membre de la commission d’Egypte.

dysménorrhée ( méd .), s. f. Nom donné à la difficulté de la menstruation. ( Y. ce mot. )

DYSPERMATISME OU D YSPEREI ASIE

s. f. Nom donné à la difficulté de l’écoulement de la matière séminale.

dyspepsie ( path .), s. f. (du grec dus, difficilement , et pepsis , digestion). Mauvaise digestion habituelle. La dyspepsie n’est pas une maladie essentielle, elle est liée à plusieurs états pathologiques différents de l'estomac , tantôt à une inflammation de cet organe, tantôt, au contraire, a son atonie, ou enfin à uue perturbation nerveuse. Le traitement doit nécessairement varier dans ces divers cas. Une mauvaise digestion est annoncée en général par un sentiment de pesanteur et de malaise dans la régipn épigastrique ; par des nausées et ensuite par des rapports de gaz ayant l’odeur d’œufs pourris. 11 peut survenir aussi des renvois acides et amers ; ces accidents se dissipent ensuite peu à peu ou se terminent par le vomissement. Tout en renvoyant le lecteur aux diverses maladies qui peuvent s’accompagner de dyspepsie , nous indiquerons ici l’emploi de la magnésie, de l’eau de Vichy et des pastilles de bicarbonate de soude , comme inoven

efficace* pour combattre certaines mauvaises digestions, accompagnées de renvois acides et qui ne sont pas dus à un état inflammatoire de l’estomac. (Voyez Gastrite, Gastralgie, Estomac (maladies de 1’.) J. B.

dysphagie [path.), s. f. (du grec dus, difficilement , et phageïn , manger). Difficulté ou impossibilité d’avaler; gêne dans la déglutition. La dysphagie, de même que la dyspepsie, ne constitue pas une maladie spéciale , elle n’est qu’un symptôme commun à plusieurs affections différentes , que nous allons énumérer. Des tumeurs de nature diverse , phlegmoneuses, cancéreuses, tuberculeuses, peuvent se développer dans les environsdu pharynxeLde,l’œsopliage, comprimer ces conduits et gêner ainsi le passage des aliments; des corps étrangers introduits par la première portion du canal digestif peuvent produire le même effet; les parois de ce canal sont quelquefois épaissies , altérées et même atteintes de la dégénérescence cancéreuse. Ce cas est grave, la dysphagie augmente sans cesse ; bientôt les aliments ne peuvent plus être introduits qu’au moyen d’une sonde, et les malades ne tardent pas à succomber d’inanition. Il ne faut pas confondre cette dysphagie, qui tient à une cause organique, avec celle qui est le résultat d’un état spasmodique et nerveux du pharynx , et qu’on observe quelquefois chez des femmes hystériques. Les muscles pharyngiens qui concourent à la déglutition peuvent aussi être atteints de paralysie; la maladie est alors fréquemment incurable , surtout lorsqu’elle s’est manifestée graduellement. Les autres causes de dysphagie sont une perforation accidentelle ou congéniaie de la voûte du palais, la destruction de l’épiglotte on de la glotte, l’hydrophobie, etc. Dans ces divers cas, et suivant les causes , lantôt les aliments ne peuvent franchir l’isthme du gosier , ou ne le franchissent qu’avec peine et douleur ; tantôt ils traversentle pharynx, maiss’arrêtentdans l’œsophage en s’y accumulant. Au bout de quelque temps ils parviennent pourtant dans l’estomac ou bien ils sont rejetés. Le malade périt alors d'inanition. Le traitement de la dysphagie varie suivant les causes qui l’ont produite; lorsqu’elle tient à une paralysie ou une altération organique des parois du conduit digestif, on peut prolonger l’existence dumalade en poussant mécaniquement dans l’estomac les alimens qui s’arrêtent dans l’œsophage ; on se sert pour cela cl’unc tige de baleine, garnie d’une petite éponge à son extrémité. Le malade peut très bien faire cette opération lui-même. Souvent on est obligé d’avoir recours à la sonde dite œsophagienne , au moyen de laquelle on peut porter des aliments jusque dans l’estomac. Cette sonde qui est plus grosse et plus longue que les sondes ordinaires, s’introduit par la bouche lorsqu’on ne veut qu’injecter des aliments, et par le nez lorsqu’on veut la laisser à demeure pour dilater l’œsophage ou remplir d’autres indications. (V. au reste Pharynx et OEsophage (maladies de 1’). J. -P. Beaude.

dysphonie. V. au Supplément.

B-2-SP3ÎÉE ( path .), s. f., du grec dys, difficile-

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ment, et pneïn, respirer), difficulté de respirer. La dyspnée ne constitue pas une maladie essentielle,elle n’est, à proprement parler, que le symptôme d’une autre affection. Elle peut dépendre alors d’une foule de causes différentes. Il est facile en effet de concevoir que , dans un grand nombre de circonstances morbides, les fonctions respiratoires seront gênées; tantôt l’obstacle à ia respiration a son siège dans le canal aérien que l’air doit parcourir pour parvenir au poumon ou à côté de ce canal; telles sontles diverses tumeurs développées au fond de la bouche et sur le trajet du larynx et de la trachée, l’esquinancie ou angine, certaines affections de la langue , l’œdème de la glotte, le croup, la présence d’un corps étranger dans l’œsophage, etc. ; tantôt la cause de la dyspnée réside dans le poumon même , lésé dans ses fonctions par une maladie organique du cœur ou du péricarde, par une fracture des côtes ou du sternum, par une tumeur développée dans le ventre, par un état de pléthore générale, ou enfin par un catarrhe ou une pleurésie.

Très fréquemment la difficulté de respirer tient à une cause nerveuse, soit à une lésion des nerfs pneumo- gastrique s et diaphragmatiques (nerfs qui animent le poumon), soit à une affection hystérique ou à la compression du cerveau. La dyspnée est, en outre, un des symptômes caractéristiques de deux affections déjà décrites dans cet ouvrage, de l’asthme et de l’angine de poitrine. Les causes sont donc très variées. Lorsqu’elles

sont mécaniques, comme par exemple une tumeur qui comprime la trachée, il est en général facile de les connaître. Le diagnostic est plus difficile dans les dyspnées nerveuses ou dans celles dues à une affection du poumon ou d’un organe voisin. Le plus souvent c’est dans une lésion du cœur ou des gros vaisseaux, du poumon et de ses enveloppes , qu’il fautrechercher la source du mal. Pour le traitement, voyez les diverses affections mentionnées dans cet article et dont la dyspnée n’est qu’un symptôme. (Y. surtout Asthme , Angine de poitrine, Bronchite , Catarrhe , Cœur (maladies du) , Croup , Emphysème du poumon, Hystérie, Pneumonie.'] .1. B.

dystocie ou dtstokie (accouck.) , s. f. On donne ce nom à tous les accouchements laborieux ou à ceux qui même s’éloignent en quelque chose des accouchements naturels.

dysurie (path.), s. f.(du grec dus, difficilement et ouron , urine; difficulté d’uriner). La dysurie n’est encore qu’un symptôme de quelques-unesdes nombreuses affections des organes urinaires. Elle peut être occasionnée par un rétrécissement du canal de l’urèthre, par un calcul engagé dans ce conduit , parla présence de tumeurs voisines, par une altération de la glande prostate ou enfin par une maridiedeiavessie(V. Calculs, Cystite, Prostate) (maladies de la) , Rétrécissements-, Urèthre, (maladies du canal de 1’) et Vessie (maladies de la).

EZàu (phy ., chim.elthérap.), s.L L’eau est un des corps les plus répandus dans la nature. Elle existe à l’état de vapeur dans l’air; à l’état solide, en masses plus ou moins considérables dans les mers voisines du pôleetsur les hautes montagnes; mais c’est surtout à l’état liquide qu’ellecst abondante. On la trouve aussi combinée avec certains corps qui sont connus sous le nom d’hydrates.

L’eau telle qu’on la trouve dans les rivières, les lacs, les puits, etc., n’est jamais à l’état de pureté, elle renferme une plus ou moins grande quantité d& sels. Si l’eau renferme une assez grande quantité de matières étrangères pour être sapidcs et exercer une action médicamenteuse, elle est dite eau minérale (V. Eaux minérales).

L’eau pure (eau distillée) est formée par deux volumes de gaz hydrogène et un volume de gaz oxygène. Ces deux gaz, en se combinant, changent d’état et deviennent liquides.

L’eau liquide est transparente, incolore, inodore, insipide: elle pèse sept cent quatre-vingtune fois autant que l’air, lorsque sa température est à 40-f-0° du thermomètre centigrade. Elleest compressible, mais très faiblement.

L’eau ne conduit pas bien le calorique, cependant elle s’échauffe promptement, ce qui paraît contradictoire avec sa non-conductibilité pour le calorique; ce phénomène s’explique néanmoins facilement. En effet, quand on place l’eau sur le feu, les couches de liquide inférieures, en s’échauffant , deviennent plus légères, s’élèvent et sont remplacées par les couches supérieures plus froides, qui s’échauffent à leur tour. Si on chauffe 1 eau , sous la pression ordinaire de l’air , jusqu à 100° (therm. centigr.) elle bout, se réduit en vapeur, et occupe sous cet état un volume seize cent quatre-vingt-dix-huit fois plus considérable qu’à^ 4" -}- 0° (therm. centigr.). La température de l’eau ne s’élève plus, et tout le calorique accumulé dans le liquide est employé à la faire passer à l’état de vapeur. Cette vapeur renferme alorsbeaucoup de calorique, aussi échauffe-t-elle promptement les liquides à travers lesquels on la fait passer. Ainsi un kilog. d’eau en vapeur à 100° que i’on fait passer à travers 6 kilog. 66 kilom.

d’eau à 0° élève leur température à-j—1 00°.

Si on refroidit de l’eau marquant 12, 15 ou 20 degrés au-dessus de zéro, elle se contracte jusqu’à ce qu’elle soit à 4°-(-00 ^ therm. ccntig.); si on la refroidit encore elle se dilate et se solidifie Elle occupe alors un onzième de plus en volume que l’eau à 0°, ce qui explique pourquoi la glace surnage toujours l’eau liquide. C’est à l’augmentation de volume de l’eau lorsqu’elle se congèle, qu’est dû le brisement des vases qui en renferment et qu’on expose au froid.

La congélation de l’eau n’a pas toujours lieu au même degré. En général, on pourra abaisser d’autant plus sa température sans la solidifier, qu’elle sera plus pure et plus tranquille. Ainsi de l’eau distillée privée d’air peut être refroidie jusqu’à 6 degrés au-dessous de zéro, et même à une température plus basse à l’aide de certaines opérations. L’eau ordinaire se congèle ordinairement en tre l°+0° et 2° l^-j-O0. L’eau bourbeuse gèle toujours au-dessous de zéro. L’eau parfaitement tranquille se congèle plus lentement que l’eau qui éprouve un léger mouvement. L’expérience suivante prouve d’une manière évidente l’influence du repos ou de l’agitation sur la congélation de l’eau : si au moment où de l’eau tranquille est sur le point de se geler, on frappe légèrement les parois du vase, à l’instant même la congélation a lieu.

La lumière est en partie réfléchie par l’eau, ce qui faitqu’elle peut jusqu’à un certain point servir de miroir.

L’électricité n’est pas bien transmise par l’eau pure; mais si l’eau est salée ou acidulée, alors elle devient bon conducteur du fluide électrique.

Action chimique de l' eau sur les différents corps. — L’eau peut se combiner avec certains corps, sans les dissoudre, et former avec eux des hydrates. L’eau, dans d’autres cas, les dissout sans éprouver de décomposition et sans les décomposer. Les corps solubles dans l’eau sont très nombreux; ainsi le sucre, la gomme, la gélatine, la plupart des acides, le chlore, l’iode, le sublimé corrosif, un très grand nombre de sels, etc., sont solubles dans l’eau. Ils sont en général plus sa-

fad

labiés dans l’eau chaude. Nous ne nous occuperons que de l’action de l’eau sur les sels solubles. Ces sels se dissolvent en général mieux à une température élevée que dans l’eau tiède; aussi lorsqu’on a dissous dans de l’eau bouillante autant de sel qu’elle peut en contenir, laisse-t-elle déposer des cristaux par le refroidissement. C’est à l’aide de ce procédé qu’on opère le plus ordinairement la cristallisation des substances salines. Ces cristaux salins renferment souvent entre leurs molécules intégrantes une certaine quantité d’eau, qui est connue sous le nom d’eau de cristallisation; c’est à elle qu’ils doivent leur transparence, aussi il suffit de la leur enlever pour les rendre opaques.

L’eau nedissout pas tous les sels dans la même proportion; ainsi il y a des sels trèssolubles, d’autres qui le sont peu, ce qui dépend de leur plus ou moins grande affinité pour ce liquide; cependantil y a des sels qui ont peu d’affinité pour l’eau et qui s’y dissolvent assez bien, les sels efflorescens, par exemple; cela tient au peu de cohésion de leurs molécules.

L’eau chargée de sel acquiert des propriétés différentes de celles qu’elle avait lorsqu’elle était pure, non-seulement par sa saveur et sa manière d’agir sur l’économie animale, mais encore sous le rapport de l’action qu’exerce sur elle la chaleur. Ainsi, l’eau salée n’entre en ébullition qu’au dessus de 100°+0° (therm. cent.), température à laquelle bout l’eau pure, et l’ébullition est d’autant plus retardée que l’eau, sous un volume donné, contient une plus grande quantité de sel. D'après cela, si on voulait avoir un bainmarie dont la température serait plus élevée que celui que l’on fait avec de l’eau ordinaire, on n’aurait qu’à faire dissoudre dans l’eau une certaine quantité de sel.

La glace agit sur les sels solubles d’une manière assez remarquable pour que nous nous en occupions. Lorsqu’on mêle de la glace pilée ou de la neige avec un sel soluble, les deux corps solides deviennent liquides, et il y a production d’un froid plus ou moins intense. Le froid produit est d’autant plus considérable que le sel mélangé avec la glace a plus d’affinité pour l’eau. Ainsi on peut obtenir un froid de 58° au-dessous de zéro en mêlant trois parties de chlorure de calcium (muriate de chaux) avec une partie de neige. On ne ferait descendre le thermomètre qu’à 20° au-dessous de zéro environ, en mélangeant deux parties de neige et une de chlorure de sodium (sel commun).

Il y a certains corps qui réagissent sur l’eau en la décomposant: les uns la décomposent à chaud, les autres à froid. Ainsi, lorsqu’on projette sur l’eau un fragment de potassium (Y. Potassium) , les éléments de l’eau se séparent, l’oxigène se combine avec le potassium, et l’hydrogène se dégage. Le fer décompose également l’eau, mais à une température élevée; si on fait passer de la vapeur d’eau à travers de la tournure de fer chauffée jusqu’au rouge, l’hydrogène sedégage encore, et l’oxigène se porte surle fer. Puisqu’il se dégage de l'hydrogène il faut bien

EAU

que l’eau ait été décomposée. D’autres métaux, tels que le zinc, l’étain, etc., peuvent décomposer l’eau, à une température plus ou moins élevée.

L’eau peut encore agir sur certains corpssans les décomposer, mais elle les altère; ainsi elle décompose le nitrate de bismuth, le nitrate de mercure, certaines dissolutions alcooliques, etc.

Préparation de l'eau pure. Eau distillée. — Pour obtenirl’eau pure, on chauffe l’eau de source ou l’eau de rivière dans un alambic de cuivre; bientôt l’eau se réduit en vapeurs qui viennent se condenser dans le serpentin, et couler ensuite dans des vases disposés pour la recevoir. On doit rejeter les premières portions qui passent, parce qu’elles pourraient renfermer des substances volatiles contenues dans l’eau; on recueille ensuite les autres portions, mais il faut avoir soin de ne pas chauffer jusqu’à ce qu’il ne reste plus d’eau dans l’alambic; car l’eau peut renfermer des matières végétales ou animales qui se décomposeraient par la chaleur; elle pourrait aussi renfermer des sels qui, en réagissant les uns sur les autres, donneraient des produits volatils. On doit la conserver à l’abri de l’air. On pourrait avec avantage délayer un peu de chaux en poudre dans l’eau avant de la distiller.

Nous avons vu que l’eau pouvait dissoudre un certain nombre de corps, aussi l’eau dont on se sert habituellement ne doit-elle pas être considérée comme de l’eau parfaitement pure : en effet, elle n’arrive dans les réservoirs où nous la puisons qu’après avoir traversé certains terrains dont elle a dissous quelques-uns des matériaux en plus ou moins grande quantité. Telles sont les eaux des sources, des fontaines et des rivières.

Si les eaux des sources ont traversé des roches siliceuses elles renferment très peu de matières salines; mais il n’en est pas de même lorsqu’elles ont traversé des terrains d’une autre nature. Ainsi elles renferment un peu de carbonate de chaux, du sel commun, de l’air et de l’acide carbonique; quelquefois elles tiennent aussi en dissolution de l’hydrochlorate de chaux, du carbonate de soude, du sulfate de potasse et de la silice. Ces eaux sont ordinairement fraîches, limpides, d’une saveur vive fort agréable.

L’eau des viviers, qui est formée par les eaux de pluie et de sources, renferme de l’air, de l’â* eide carbonique, un peu de carbonate de chaux, du sel commun; d’autres fois, du sulfate et du carbonate de chaux, des sels déliquescens, des matières organiques, et dans certains cas, des substances limoneuses quila troublent.

Les eaux de puits dans le bassin de Paris renferment souvent beaucoup de sulfate de chaux; elles sont dures, ne cuisent pas bien les légumes, ne dissolvent pas le savon sans produire des grumeaux insolubles, à cause des sels calcaires qu’elles renferment.

L’eau de pluie est de toutes les eaux ordinaires celle qui est la plus pure; elle renferme de l’air, de l’acide carbonique, et à peine quelques traces d’autres matières étrangères qu’elles ont prises clans l’air.

Toutes les eaux ne sont pas également bonnes à

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boire : pour qu’elles soient parfaitement bonnes, il faut qu'elles soient limpides, vives, inodores et aérées, qu’elles cuisent bien les légumes et dissolvent bien le savon, que le nitrate d’argent les trouble à peine. S’il en était autrement, elles renfermeraient beaucoup d’hydrochlorates (chlorures). Il ne faut pas qu’elles soient fortement troublées, ni par l’oxalate d’ammoniaque, qui sert à indiquer la présence des sels calcaires, ni par le nitrate ,de baryte, qui dénote la présence des sulfates.

MM. Broutran et Boudet ont inventé une nouvelle méthode pour déterminer la pureté de l’eau , au moyen d’une solution alcoolique de savon et d’une burette graduée, qui sert a mesurer la quantité de savon absorbée par l’eau avant que, par l’agitation, elle ne devienne mousseuse. L’instrument se nomme hydrotimètre. De l’eau qui absorbe plus de 20 à 25 divisions de la solution alcoolique avant que le savon ne se dissolve et ne produise une mousse persistante, doit être rejetée comme boisson.

Usayps. L’eau s’emploie dans l’économie domestique; dans les arts, elle fait marcher des machines d’une force énorme quand elle est réduite en vapeurs; à l’état de glace, elle sert à faire des mélanges réfrigérants par son mélange avec du sel ; elle est employée dans une foule d’arts industriels; elle sert d’aliment aux végétaux et animaux, etc. En médecine, l’eau joue un grand rôle; tous les jours les médecins en tirent le plus grand parti : a l’extérieur, sous forme de bains locaux ou généraux, de douches, on emploie fréquemment l’eau liquide ou réduite en vapeur, tantôt servant de véhicule à des substances médicamenteuses; on l’applique aussi à l’état de glace. A l’intérieur, on l’administre aussi dans ses trois états; à l’état de vapeur, elle est le plus ordinairement unie à des substances médicamenteuses. Très-froide, ou même à l’état de glace, on l’emploie dans certains cas d’hémorragie, etc.

Si nous examinons maintenant avec quelques détails l’action de l’eau sur l’économie animale dans l’état sain, nous verrons que son effet le plus immédiat, lorsqu’on l’introduit par la voie de la déglutition, est d’étancher la soif, en remplaçant les pertes continuelles de liquides que nous faisons sans cesse par la transpiration cutanée , pulmonaire, et par d’autres excrétions; et, de tous les liquides, l’eau est certainement celui qui apaise la soif avec le plus d’efficacité. Unie avec des sucs acidulés, comme ceux de groseille, de citron, mêlee avec un peu de vin, de la bière, du cidre, etc., elle étanche parfaitement la soif. L’eau aide la digestion en dissolvant, en délayant les aliments; favorise par conséquent, sur eux, l’action de l’estomac et des intestins, et facilite leur absorption. Ce liquide rend le sang plus fluide, pénètre dans nos organes, les assouplit, et rend leur jeu plus facile dans les fonctions qu’ils ont à remplir.

Malgré les avantages que l’eau présente comme aliment, il ne faut pas en conclure qu’elle doit être prise en très-grande quantité, car il en serait de cette substance comme de toutes les autres, elle deviendrait nuisible; les digestions se feraient mal, l’assimilation des aliments serait pervertie , les exhalaisons et les sécrétions deviendraient trop copieuses, et il en résulterait un relâchement et un affaiblissement général.

L’eau, comme aliment, doit être prise froide; l’eau glacée même ne devient nuisible que lorsque

l’estomac est surchargé d’aliments; encore, dans bien des cas semblables, favorise-t-elle la digestion en ranimant dans l’estomac l’énergie qu’il avait perdue par la masse des aliments qui le chargeait.

L’eau chaude et l’eau tiède, quoi qu’on en ait dit, ne favorisent pas bien la digestiou; elles affaiblissent les organes digestifs, et si à la suite d’une forte indigestion les boissons tièdes calment les douleurs que l’on éprouve dans l’épigastre, c’est qu’alors elle agit comme émolliente et comme sédative.

L’eau ne perd rien des propriétés bienfaisantes que nous lui avons attribuées dans l’état de la digestion, lorsqu’elle est mélangée avec une petite quantité de liquides fermentés, comme le vin, la bière, le cidre, etc. L’addition de ces liquides est même très nécessaire à certaines personnes.

En u considérée comme médicament. — Dans les maladies, l’eau est un médicament précieux, et c’est elle qui agit presque seule dans une foule de cas où des principes sucrés et mucilagineux ne sont ajoutés que pour en faire supporter l’emploi. Il est aussi des cas où l’eau est le véhicule de certains médicaments tiop actifs. L’eau chaude doit être considérée comme fortement diaphonique et comme excitant puissamment la sécrétion de l’urine.

Nous ne croyons pas devoir nous occuper ici de i’action de l’eau chaude ou froide, introduite par injection, ni de celle qu’elle peut avoir dans le traitement de certaines maladies chirurgicales, telles que les brûlures , les fractures, etc. (V. Irrigations) , ni de son usage comme bains ou douches (Voyez ces mots).

Nous allons terminer cet article en donnant quelques considérations sur le choix des eaux dont on doit se servir habituellement. Nous avons déjà dit que les eaux les meilleures pour boire étaient celles qui renfermaient de l’air, de l’acide carbonique et une petite quantité de sels. Nous avons dit aussi qu’il fallait éviter les eaux trop chargées de sels calcaires, ainsi que l’eau de neige, de glace ou l’eau bouillie qui ne renferment ni air ni acide carbonique. L’eau des puits, qui renferme beaucoup de sels calcaires et celle des sources qui présentent le même inconvénient doivent être rejetees; mais l’eau des sources qui a traversé les terrains siliceux est excellente. L’eau des rivières qui coulent sur un lit sablonneux et formé de graviers est trèsbonne. Celle des rivières qui coulent lentement, et sur la vase, au contraire, est d’un usage qui peut devenir nuisible, à cause de la quantité de substances organiques qui y séjournent et s’y putréfient. Il en est de même des eaux des marais et des étangs. Si on était obligé de boire de ces eaux, il faudrait, avant de s’en servir, les faire bouillir pour en chassser les matières volatiles putrides, les exposer à l’air en les agitant et ensuite les filtrer autant que possible sur du charbon, ou bien, après les avoir filtrées sur du sable , les conserver dans des tonneaux charbonnés dans leur intérieur. L’eau de la terre et celle des rivières qui coulent dans les grandes villes entraînent avec elles des immondices et les eaux qui viennent des égouts; elles doivent subir certaines préparations avant d’être bues ; aussi on doit les faire filtrer à travers du sable, des pierres poreuses, comme on le fait à l’aide des fontaines dites à filtre, et mieux encore à travers des filtres de sable et de charbon.

Dans ces derniers temps, on a attribué à l’usage

EAU

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de l’eau privée d’air la production d’une thaladie qui s’observe surtout dans les pays des montagnes, c’est le goitre. M. Boussingault, qui s’est livré à de nombreuses recherches sur ce sujet dans son voyage dans les Cordillères de l’Amérique du Sud, a constaté que la propriété que l’eau avait de dissoudre l’air diminuait à mesure que l’on s’élevait sur les montagnes et que la pression barométrique diminuait; cette cause, jointe à l’usage de l’eau provenant presque immédiatement de la fonte des glaciers, a rendu le goitre endémique dans ces montagnes; cependant cet auteur a vu des familles entières échapper à cette maladie en laissant reposer et aérer l’eau qui servait à leur usage. (V. Goitre.)

Action de l'eau à l'état solide sur l'économie animale. (V. Glace.)

O. Lesueuk.

eau ACIDULE ( pharm .). Mélange d’eau et d’acide carbonique. {Y. Eaux minérales artificielles.)

eau albumineuse ( pharm.). Mélange de deux blancs d’œufs et d’un litre d’eau : s’emploie dans les empoisonnements par les sels de cuivre et de mercure.

eau blanche, Eau de Goulard, eau végétominérale (pharm.), s. f. On donne ce nom à un mélange d’eau et d’acétate de plomb ou extrait de Saturne (V. Plomb). Voici la formule qu’employait Goulard : extrait de saturne, deux gros; eau-devie, une once; eau, une livre. On prépare aussi cette eau avec l’eau-de-vie camphrée que l’on met à la place de l’eau-de-vie simple; souvent on ne met que l'extrait de saturne et de l’eau. Voici encore une formule qui est assez souvent employée pour cette préparation : acétate de plomb , une once; eau vulnéraire spiritueuse, une once; eau, un litre. L’eau de Goulard est résolutive; on l’emploie pour panser les contusions , pour donner de l’énergie aux articulations qui ont subi quelques distensions, telles que foulures ou entorses; cependant il est important de ne pas l’employer indifféremment, surtout lorsqu’il existe du gonflement et de la chaleur, car, dans ce cas, elle pourrait bien accroître les accidents inflammatoires. J. B.

gne est plutôt employée comme cosmétique que comme médicament; il est même important de se défier des admirables vertus que lui donnent les prospectus des marchands. Cette eau, qui est un mélange d’alcool et de diverses huiles essentielles, est fort excitante. On ne doit en faire usage que pour la toilette; voici une formule que nous recommandons à nos lecteurs, parce qu’elle procure une eau de Cologne très-suave comme odeur, et c’est la qualité qui doit la faire la plus rechercher pour l’usage que nous indiquons.

Huile essentielle de bergamotte, une once 1/2.

— de citron, deux gros.

— de Portugal, Id.

— de Lavande, Id.

— de romarin, Id.

— de cédrat, un gros 1/2.

— de Néroly, un gros.

— de rose, dix gouttes.

Alcool à 28 degrés, cinq litres.

On mêle et on agite, et l’on laisse les diverses substances se mêler plus intimement pendant quelques jours; après cette époque, si l’eau est un peu louche, on filtre dans un filtre de papier placé sur un entonnoir.

Le Codex indique, sous le nom d’alcoolat de citron composé, une eau de Cologne moins agréable que celle-ci. 11 existe, du reste, un assez grand nombre de modifications à la formule que nous venons d’indiquer. J. R.

eau rERBÉs ou chalybée [pharm.). Eau qui contient du carbonate de fer, ou dans laquelle on éteint à plusieurs fois un fer rouge ; cette boisson est tonique. Souvent on la prépare en versant un litre d’eau sur une poignée de clous. On peut boire après 24 heures. (V. Fer.)

EAU PONDANTE BS TBEETAZ (pharm.).

Elle se prépare avec : sulfate de soude, 30 gram.; acétate de potasse, 1 gram. 20; nitrate de potasse, 90 centigram.; émétique, 3 centigram.; eau, un litre. Cette eau est purgative.

eau de boule (pharm.). V. Boule de mars , ou de Nancy.

eau camphrée. V. au Supplément.

eau.pob.te (chim.). V. Acide nitrique.

eau gazeuse (pharm.), s. f. (fil. Eaux minérales artificielles.)

eau céleste (pharm..). On prépare cette eau en versant dans une solution de nitrate ou de sulfate de cuivre une quantité assez considérable d’ammoniaque pour dissoudre le précipité d’oxyde de cuivre qui s’est formé par l’addition des premières portions d’ammoniaque. Cette eau , qui a reçu son nom de la belle couleur bleue qu’elle présente, est quelquefois employée comme collyre excitant; mais les pharmaciens s’en servent le plus ordinairement pour colorer en bleu l’eau qu’ils mettent dans les grands flacons qui sont sur le devant de leurs officines. J. B.

eau de chaux {pharm.). V. Chaux.

eau de Cologne (pharm.). L’eau de Colo-

eau sodée (pharm.). V. Iode.

eau ds javelle ( chim .). C’est un chlorure de potasse. (V. Chlore.)

EAU DE luce (pharm.), s. f. C’est un liquide laiteux d’une odeur forte , d’une saveur âcre et caustique, dans laquelle l’ammoniaque entre dans une proportion notable. Voici sa composition : on prépare une teinture avec huile de succin rectifiée, trois gros; baume de la Mecque, deux gros, et alcool, une livre. On verse goutte à goutte vingt grains de cette teinture sur quatre gros d’ammoniaque rectifié à vingt degrés, et l’on conserve pour l’usage dans un flacon bouché à l’émeri. On emploie cette eau à la dose de deux ou

EAU

trois gouttes dans un peu d’eau, dans les évanouissements, dans les morsures d’animaux venimeux; on l’a même employée pour cautériser ces morsures; mais il vaut mieux dans ce cas employer l’ammoniaque pur et concentré. L’eau de Luce est stimulante et sudorifique et convient toutes les fois qu’il faut intérieurement stimuler le système nerveux. J. B.

eau de kséeisse {pharm .), s. f. Eau des carvies . Gel te ea u se prépare avec trois onces de chacune des substances ci-dessous :

cannelle concassée, girofle , noix muscade, semence d’anis , semence de coriandre, écorce sèche de citron.

On faitmacérer à part chacune de ces substances pendant trois jours dans deux livres d’alcool à 22 degrés et l’on distille également à part et au bainmarie; la distillation doit être continuée jusqu’à ce que le liquide ne s’écoule plus de l’alambic que g'outte à goutte.

On distille ensuite de la même manière et dans la même proportion après une macération de trois à quatre jours trois onces des plantes fraîches ci-dessous pour deux livres d’alcool à 22 degrés :

feuilles et fleurs sans la tige.

Angélique toute la plante romarin \

marjolaine hyssope thym sauge J

On prend ensuite et à part de la mélisse fraîche recollée dans le mois de mai ou de septembre; on la mélange dans la proportion de trois onces pour deux livres d’alcool et on la distille de la même manière, après macération ; on doit distiller de celle plante dans une proportion égale à la totalité de l’une des quantités de liquide spiritueux exprimées plus haut.

Lorsque toutes ces préparations préliminaires ont été faites et que chacune des substances est renfermée dans des flacons à part on opère le mélange suivant dans trois vases et dans les proportions ci-dessous :

Vase n° 1 .

Alcool de cannelle 3 litres. S centilitres,

de gérofle 3 »

de muscade 3 »

d’anis 2 »

de coriandre 3 »

de citron 0 5

mêlez et bouchez convenablement.

Vase n° 2.

Alcool d’angélique 10 litres. o centilitres,

de romarin 6 »

de marjolaine 7 »

d’hyssope 8 »

de thym 7 »

de sauge 15 »

mêlez et bouchez de la même manière.

EAU 547

Le vase n° 3 contiendra seulement l’alcool de mélisse.

Lorsque l’on voudra faire l’eau de mélisse, il faudra enfin opérer ce dernier mélange ; du vase n° 1, contenant les aromates, 5 lit. »» centil.

du vase n° 2, contenant les

herbes odorantes, 5 »»

du vase n° 3, contenant la

mélisse, 5 25

on mêle ces proportions et on ajoute 1 litre 1/2

d’eau qui est la 10e partie du poids; on y ajoute également la 80e partie de sucre, l’on mélange et l’on distille de nouveau au bain-marie jusqu’à ce que les4/5edu poids total soient passés dans le récipient.

Cette recette, qui a l’inconvénient d’être extrêmement compliquée , est celle que les carmes employaient pour la préparation de leur eau de mélisse qui jouissait d’une si grande réputation , et nous a\ons cru faire plaisir à nos lecteurs en la consignant ici. Quant aux propriétés, elles sont les mêmes que toutes celles des eaux spiritueuses dontgnous avons déjà parlé; on considère cette eau comme tonique, vulnéraire, stomachique, digestive. Mais nous croyons qu’il faut beaucoup rabattre de ces merveilleuses propriétés. J. B.

eau be meb. ( thérap .), s. f. (V. Mer.)

ea u maghesisnne. Y. au Supplément.

£&u phagédénique (pharm.), s. f. C’est un liquide rouge-jaunàtre que l’on obtient en versant une solution de sublimé corrosif ou deuto-chlorure de mercure dans l’eau de chaux. Ce corps se décompose et donne lieu à un mélange d’oxyde rouge de mercure, d’hydrochlorate de chaux et d’eau de chaux qui toujours est en excès; la dose de dcutochlorure varie de deux à trois grains par once d’eau de chaux. L’eau phagédénique est employée pour laver les ulcères de mauvaise nature et surtout les ulcères vénériens; cette eau est détersive et légèrement caustique. (V. Mercure.) J. B.

eau de rabex. (pharm.), s. f. C’est un mélange de trois parties d’alcool rectifié et d’une partie d’acide sulfurique concentré à 66 degrés; on l’administre à la dose de quelques gouttes dans les tisanes et les potions; on porte quelquefois la dose à un demi-gros; cette préparation, qui était regardée comme antiputride et antiseptique, est excitante et astringente; on l’administre quelquefois dans les fièvres de mauvais caractère; pure, elle est un puissant styptique qui peut arrêter avec facilité les hémorragies capillaires et celles des petits vaisseaux. (Y. Alcide sulfurique.) J. B.

eau-de-vie, s. f. C’est l’alcool étendu d’eau et marquant 18 à 22 degrés, (V. Alcool.)

EAU-DE VIE AEÏ.EMANDE (pharm.). C’est un purgatif violent préparé avec : la racine de jalep , 240 gram ; racine de turbith, 30 gram.; scamonée d’Alep , 60 gram.; dans eau-de-vie à 22°, 3 kilos. On laisse macérer 15 jours et l’on passe avec expression. On l’emploie à la dose de 15 à 30 gram. dans un verre d’eau suerée.

EAU VULNÉRAIRE SPIRITUEUSE Itfharm.),

s. f. On a aussi donné à cette eau le nom d'eau d'ar-

EAU

EAU

quebusade. Cette eau se prépare avec les feuilles et sommités sèches de :

sauge angelique t.maisie absinthe fenouil nicnllie hyssope thym

camomille romaine origan calament marjolaine lavande

que l’on distille au bain-marie avec six litres d’alcool à 22 degrés.

L'tau rouge se prépare avec les mêmes plantes que ci-dessus, mais que l’on prend fraîches, on y ajoute :

romarin ,

sarriette ,

serpolet,

mélisse,

basilic,

rue,

millepertuis.

Ces substances ainsi que les précédentes doivent être employées à la dose d’une once chaque pour deux livres d’alcool; l’on fait simplement infuser et l’on colore ensuite avec les feuilles de coquelicot ou un peu de cochenille. Ces liqueurs sont employées à l’extérieur comme résolutives; dans les contusions il faut, lorsqu’on en fait usage, qu’il n’existe point de symptôme d’inflammation ou de plaie, car dans ce cas leur action serait plus nuisible qu’utile. On l’administre aussi à l’intérieur à la dose d’une cuillerée dans un verre d’eau comme vulnéraire; nous pensons que dans ce cas son emploi présente plus d’inconvénient qu’il ne saurait faire de bien; il est toujours convenable de ne pas sè fier à ces moyens et d’appeler un médecin dans les contusions graves que l’on peut éprouver. J. B.

EAUX DISTILLÉES (j)karm.), S. f. p. Oll 110111*

me ainsi le résultat de la condensation , opérée dans des appareils convenables, de la vapeur de l’eau portée à l’ébullition , soit seule , soit en contactavec des substances dontonveut recueillir en même temps les produits volatilisables.

Celte dénomination ne doit s’appliquer qu’aux produits aqueux; aussi ne sera-t il point ici question de certaines préparations obtenues par distillation , que le vulgaire a improprement nommées eaux, telles que l 'eau de mélisse, l'eau de Cologne, etc. ( V . ces mots), bien qu’elles soient réellement des produits alcooliques.

Nous allons exposer d’une manière générale leur préparation et la manière de les conserver; indiquer les procédés particuliers et les proportionspar lesquels on obtient un petit nombre des plus connues et des plus employées, leurs caractères, lesfalsificationsqu’on leur faitsubiret enfin leur usage médical.

Appareils et modes de distillation. Les appareils de distillation sont la cornue, vase en verre à panse large et de forme ovoïde , dont la partie supérieure s’allonge et s’effile; elle esL repliée de manière à aller s’adapter latéralement à une allonge ou à un ballon, aussi en verre , dans lesquelss’opère la condensation des vapeurs formées par l’application du calorique aux liquidesplacés dans la panse. La cornue ne s’emploie que rarement à la préparation des eaux distillées.

L 'alambic est un appareil forme de plusieurs pièces ordinairement en cuivre et en étain. La cucurbite en est la partie inférieure; elle est posée sur le foyer et reçoit directement l’action du feu; lorsqu’on y place immédiatement les liquides et autres substances sur lesquelles on doit opérer, la distillation est dite à feu nu. Sur la cucurbite s’adapte le dôme ou chapiteau , pièce hémisphérique s’ouvrant latéralement par un conduit d’abord fort large et qui va diminuant jusqu’au serpentin , long tuyau d’étain qui se courbe plusieurs fois sur lui-même et serpente ainsi de haut en bas dans un seau en cuivre , que l’on tient rempli d’eau froide ; c’est dans le serpentin que se condensent les vapeurs du liquide en ébullition dans la cucurbite; c’est à la partie inférieure que s’échappent et que l’on reçoit les produits de la distillation.

Entre la cucurbite et le dôme on interpose quelquefois une autre pièce creuse , qui plonge dans la première et reçoit l’impression du calorique communiqué par l’eau que l’on y entretient en ébullition, c’est le bain-marie, il est destiné à recevoir les substances que l’on ne veut pas soumetire immédiatement à la chaleur transmise par le foyer; il est d’un fréquent usage pour les distillations alcooliques; maison l’emploie rarement à la préparation des eaux distillées, excepté lorsqu’on lui a fait subir la modification dont nous allons parler.

A la partie supérieuredela cucurbite onadapte un conduit qui reçoit les vapeurs aqueuses qui s’en échappent et va les porter, par une ouverture latérale pratiquée au bain-marie, au fond de ce dernier vase ; les matières à distiller y sont placées sur un diaphragme percé de trous ; les vapeurs d’eau les traversent ainsi , entraînant avecelies, sans altérations, leurs parties volatiles et odorantes. Ce mode de distillation, dit à la vapeur, doit être préféré dans la plupart des cas; on a quelquefois employé pour y arriver des moyens dispendieux et compliqués ; le simple et ingénieux appareil que nous venons de décrire a été donné récemment par M. Soubeyran, et il atteint parfaitement le but proposé.

Préparation des eaux distillées composées (hydrolats). INous avons dit qu’on les obtenait en mettant en contact avec l’eau en ébullition certaines substances dont on désirait extraire les principes volatilisables à cetle température; ce contact peut être médiat ou immédiat, c’est-àdire que les matières sur lesquelles on agit sont plongéesdans l’eau même ou disposées de manière à être seulement traversées par la vapeur; ce dernier mode , à quelques exceptions près , que

de chaque une once.

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nous indiquerons pins bas, est généralement préféré parce qu’il donne un produit plus suave et de plus longue conservation. En effet, les substances que l’on tient plongées dans l’eau, si elles se trouvent en contact avec les parois du vase distillatoire , y éprouvent l’action d’une forte chaleur qui les altère et communique à l’eau distillée une odeur désagréable qui diminue ou s’efface, il eslvrai, aubout d’un certain temps, tandis que par l’autre mode on les obtient immédiatement avec toutes les propriétés désirables. Cependant le mode de distillation à la vapeur, à cause des appareils un peu compliqués qu’il exige, n’est pas encore le plus généralement suivi dans les opérations en grand ; on diminue l’inconvénient que présente la distillation à feu nu en renfermant les substances qu’on y soumet dans des diaphragmes etl fer blanc percés de petits trous, ou mieux encore en toile métallique, qui empêchent tout contact avec les parois de l’alambic; enfin lorsqu’on n’a aucun de ces moyens à sa disposition , il faut garnir le fond de la eut urbite d’une claie d’osier ou même dé simple paille.

Les plantes ou parties de plantes , que l’on soumet à la distillation, doivent, à un petit nombre d’exceptions près, être prises encore fraiches et à l’époque de leur végétation où elles se trouvent le plus éminemment pourvues de l’arome qui leur est propre; on les monde soigneusement, on les incise, s’il en est besoin , et même quelquesunes d’entr’elles qui sont peu ou point odorantes et abondamment pourvues de sucs aqueux, telles que la bourrache, la laitue, etc., sont ordinairement pilées. Les parties sèches et dures de plantes comme les bois , les écorces , les semences , doivent être concassées et mises en contact avec l’eau , au moins vingt-quatre heures avant de procéder à la distillation, afin qu’elles soient bien pénétrées par le liquide et qu’elles puissent lui céder plus facilement leurs principes volatils ; hors ce dernier cas , lorsqu’on doit agir à feu nu il y a avantage à ne plonger les plantes dans l’eau que lorsque celle-ci est déjà en ébullition.

La quantité d’eau à employer doit varier selon la quantité de produit à obtenir , la nature des substances soumises à la distillation et la forme des vases distillatoires ; mais elle est toujours calculée de manière à ce que le résidu de l’opération reste baigné dans une assez grande quantité de liquide pour en pi-évenir l’altération par l’action de la chaleur.

Toutes ces précautions étant prises et les jointures des vases bien lutées avec des bandes de papier collées, on commence à distiller en allumant ou continuant le feu sous la cucurbile , en blême temps qu’on dispose un courant d’eau froide pour tenir continuellement le serpentin ou réfrigérant à une basse température.

Les premiers produits obtenus sont les plus odorants et les plus chargés d’huile essentielle lorsque la substance soumise à la distillation en contient. Le liquide qui passe ensuite devient de moins en moins aromatique , jusqu’à ce qu’eufin il cesse de l’être tout-à-fait ouneconser.e qu’une désagréable odeur d’empyreume; il faut cesser la

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distillation avant qu’elle soit parvenue à ce terme.

Le produit à obtenir est relatif au poids et à la nature aromatique, de la substance employée; ainsi les substances sèches très odorantes, telles que la cannelle, les racines d’aunée, d’angélique, de valériane, etc. , donnent un produit en eau distillée triple ou quadruple de leur propre poids.

On tire un produit double du poids de la /Itur (F oranger, des roses, des semences d' anis , de fenouil , des sommités de menthe poivrée et antres analogues. Les plantes moins odorantes , telles que le tilleul, le mélilot, V armoise, etc. , ne donnent qu’une quantité d’eau distillée égale à leur propre poids ; enfin on ne retire que moitié seulement des p'antes dites inodores, telles que la laitue, le plantain, la bourrache. Ce procédé, selon la remarque de M. Guibourt, est préférable à celui qui consistait à retirer poids pour poids et ensuite à recohober ces eaux, c’est-à-dire à les redistiller sur une nouvelle quantité de plantes ; le premier produit s’altérait en partie pendant cette seconde distillation.

Nous avons dit qu’on devrait généralement préférer distiller les plantes vertes; il en est quelques-unes cependant qui, séchées, donnent un meilleur produit; ce sont, d’après R1. Souheiran, les fleurs de tilleul, de sureau , de mélilot , les feuilles de lierre terrestre ; nous devons aussi au pharmacien distingué, dontr.ous venons de citer îe nom, un travail duquel il résulte que, bien que le mode de distillation à la vapeur doive être généralement suivi lorsqu'on possède un appareil convenable, il a reconnu que plusieurs substances faisaient exception et devaient être distillées au milieu de l’eau ; ce sont , d’après lui , les amandes amères, le cochlèaria, le cresson, la laitue, les semences de moutarde , la racine de raifort.

Des signes auxquels on reconnaît la bonne qualité des eaux distillées, et des falsifications qu'on leur fait subir. Nous n’aurons point à nous étendre, dans un ouvrage de la nature de celui-ci , sur la composition chimique , d’ailleurs fort incertaine, des eaux distillées; elles doivent presque toujours leurs propriétés et leur odeur aux huiles essentielles, mais encore ne connaît-on pas bien dans quel état ces dernières s’y trouvent lorsqu’elles n’y sont pas simplement suspendues; il est d’ailleurs des plantes tout-à-fait inodores , dont on n’a pu extraire jusqu’ici aucune huile essentielle , et qui donnent cependant des eaux distillées d’une odeur très prononcée. Telle est la laitue.

En général, et sauf le cas dont nous venons de parler , les eaux distillées doivent représenter exactement l’arome de la plante qui a servi à leur préparation ; c’est là le meilleur caractère de leur bonne préparation; elles doivent être incolores, limpides et quelquefois tout au plus légèrement laiteuses , telles que l’eau distillée de cannelle , etc., lorsqu’elles contiennent de l’huile essentielle en suspension.

Celles qui ont été mal préparées ont une odeur désagréable d’empyreume, laissent percer quelque arôme étranger, ou n’en ont qu’un très faible

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lorsqu’on n’a pas suiviles proportions convenables.

Les eaux distillées, trop anciennement préparées, deviennent troubles, colorées, tilantes, mucilaginenses; diverses espèces de végétations se développant dans leur sein, elles perdent tout à fait leur atome ou contractent une désagréable odeur deputréfaction; les eaux distillées des plantes inodores sont plus sujettes que les autres à offrir ce dernier inconvénient ; elles se décomposent en peu de temps, surtout lorsqu’elles ontété très chargées; les huiles essentielles paraissent êtredes agents conservateurs des eaux distillées.

Cepeudantondoitse défier d’un genre de fraude qui consiste à fabriquer ou plutôt à imiter grossièrement les eaux distillées de toutes espèces , eu dissolvant directement dans l’eau les huiles essentielles; nous avons dit que la composition chimique des eaux distillées était fort mal connue; cependant il est certain qu’elles contiennent d’autres matériaux que les huiles essentielles ou que les éléments de celles-ci s’y trouvent dans un état différent d’arrangement moléculaire; quelques-unes d’entr’elles ne représentent pas exactement l’arome de la plante ou de l’eau distillée donl elles ont été extraites; elles ne peuvent donc le communiquer à leur tour ; tel est le néroli ou huile essentielle de fleurs d’oranger ; elle est cependant celle qui est le plus souvent appliquée à l’espèce de fabrication dont nous parlons; un odorat un peu exercé suffit pour faire distinguer et rejeter les eaux de fleur d’oranger ainsi préparées.

La grande consommation qui se fait de cette eau et l’importance de son emploi médical nous engage à signaler une autre qualité inférieure très répandue dans le commerce sous le nom d’eau cle fleurs d'orange triple de Grasse ou de Malte Ce sont presque toujours des eaux fabriquées sans soin dans le Midi avec un mélange de feuilles et de fleurs d’oranger, et apportées ici dans des vases en cuivre qui peuvent leur communiquer des propriétés nuisibles ; en général , et quoiqu’il n’y ait pas de raison absolue pour qu’il en soit ainsi , les eaux de fleurs d’oranger distillées avec soin dans le Nord de la France leur sont bien préférables.

Conservation des eaux distillées. Les eaux distillées doivent être conservées dansun lieu frais, à l’abri du contact de l’air et de la lumière. Les vases doivent être bien remplis et bouchés avec des obturateurs en cristal ou toute autre substance non susceptible de communiquer uneodeur ou une saveur désagréable aux eaux distillées.

Cependant quelques eaux distillées très-aromatiques telles que les eaux de fleurs d’oranger, de rose , de menthe poivrée , conservent longtemps tout leur arôme en recouvrant seulement de papier ou de parchemin l’ouverture des vases qui les contiennent. D’autres , telles que celles obtenues des semences des ombellifères , l’anis, le fenouil , etc. , perdent en peu de temps toute leur odeur dans des vases débouchés ; les eaux distillées des plantes inodores se décomposent rapidement au contact de l’air. Enfin une autre remarque fort importante à faire pour la conservation des eaux distillées, c’est qu’on ne doit les

renfermer que dans des vasesdontles parois aient été déjà lavées avec de l’eau distillée pure; la plus petite quantité d’eau de rivière ou de fontaine occasionne quelquefois dans les eaux distillées composées une espèce d’altération qui y développe une matière gélatineuse , non encore examinée, mais analogue pour la consistance et l’aspect à l’acide pectique.

Emploi médical des eaux distillées. Les eaux distillées sont des médicaments qui s’emploient intérieurement et extérieurement. Les premiers sont ordinairement des excitants antispasmodiques ou des calmants. Les eaux distillées de laurier cerise , d 'amandes amères, ont une activité qui pourrait être dangereuse, si elle n’était dirigée d’une manière prudente ; leurs propriétés sont analogues à celles de l’acide prussique dont elles renferment les éléments; l’eau de cerises noires possède les mêmes qualités , mais moins énergiques. Les eaux de fleurs dé oranger , de menthe, de tilleul, sont d’agréables aromates et d’utiles antispasmodiques ; les eaux de cannelle, d'anis, de fenouil , sont de puissants excitants; l’eau de laitue est calmante; ses propriétés dont on a quelquefois douté, ont été récemment constatées par des expériences thérapeutiques faites par M. Martin Solon, avec un sirop préparé avec de l’eau de laitue très chargée ; essayé comparativement avec le sirop de tètes de pavots , il a paru produire les mêmes effets à dose plus élevée. Certaines eaux , comme celles de ch ardon-bénit , de chicorée, de bourrache , etc., semblent tout»àfait inertes; ce n’est que par une fausse analogie qu’on prescrit dans des potions diurétiques l’eau distillée de pariétaire , plante qui doit ses propriétés à un sel tout à fait fixe, le nitrate de potasse.

Parmi les eaux distillées , destinées à l’usage externe , l’eau de semences de moutarde est un actil rubéfiant, les autres sont ordinairement emi ployees en collyres ou en injections ; ce sont les eaux derose, de laitue, de mélilot , l’eau de bluets a joui d’une telle célébrité pour les maladies des yeux qu’elle a fait donner à la plante dont on l’extrait le surnoni de casse-lunettes ; elle est tombée aujourd’hui dans un oubli très- mérité. Une habitude routinière fait encore prescrire souvent l’eau de pla?ilain, végétal inerte dont la réputation a été faite jadis par quelques ridicules légendes, et qu’il est bien désirable de voir les médecins et le public abandonner , pour des moyens plus rationnels et plus sûrs.

Vée,

Pharmacien, membre de la Société de Pharmacie de Paris.

baux minérales, ( thérap . etchun.). On entend généralement sous la désignation d’eaux minérales des eaux qui contiennent des principes particuliers doués d’une action plus ou moins marquée sur l’économie animale; toutes les eaux, si l’on ne prenait l’expression de minérale que dans sonacception'la plusabsolue, devraient recevoir cette désignation, car l’eau est rangée par les naturalistes dans la classe des minéraux et

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toutes les eaux (les sources ou des fleuves qui sont à la surface de la terre contiennent eu dissolution une proportion plus ou moins variable de corps étrangers, c’est même à cette cause que l’on doit attribuer les diverses qualités de l’eau, qualités qui varient suivant les localités. Mais comme nous l’avons indiqué dans notre définition, il faut que les eaux jouissent d’une propriété marquée et que les principes étrangers qui entrent dans leur composition, et que l’on nommait autrefois principes minéralisateurs pour indiquer que c’était à eux qu’elles devaient leur action, soient dans une proportion assez notable pour que l’on leur donne la qualification d’eaux minérales.

L’usage des eaux minérales remonte à la plus liante antiquité; ce médicament a dû s’offrir un les premiers à l’homme, la nature en avait fait tous les frais et le hasard en a indiqué les propriétés. C’est surtout sous la forme de bains que les eaux minérales étaient employées par les anciens, la plupart de nos sources les plus accréditées conservent encore des vestiges qui indiquent le luxe et la magnificence que les Romains déployaient dans la construction de leurs thermes; Vichy, Néris, Luxeuil, Aix, Bagnères de Luchon, etc. , présentent de ces ruines qui attestent l’importance que l’on attachait à ces bains, et les bienfaits que l’on retirait de leur usage; Vichy et Néris sont parmi les établissements thermaux que nous venons de citer ceux dans lesquels on a retrouvé le plus de reste des constructions romaines. Nous n’entrerons point ici daus des détails sur les bains des anciens et sur les diverses pratiques auxquelles ils se livraient; ees considérations, qui n’ont de valeur que sous le rapport historique, nous éloigneraient de notre sujet et n’auraient pour résultat que de satisfaire un sentiment de curiosité sans ajouter quelques lumières au sujet que nous traitons; ces bains d’ailleurs, à part les soins qui les précédaient et surtout ceux quilessuivaient,élaientanaloguesauxnôtres; c’étaient de larges pi«cines, en marbre le plus ordinairement, dans lesquelles on prenait le bain en commun; des étuves formées par la vapeur qui se dégageait de l’eau thermale où l’on prenait des bains de vapeurs à peu près semblables à ceux qui s’administrent encore dans les marnes établissements. Les douches seules n’étaient point a cette époque en'usage, car leur invention ne remonte pas à un temps très-éloigné.

L’usage des eaux minérales se perdit avec la civilisation romaine; sans doute que la difficulté des voyages et surtout leur peu de sûreté qui furent la suite de la division politique de notre pays après l’invasion des barbares, contribua à l’abandon des thermes qui étaient si nombreux dans la Gaule, et que le luxe des empereurs avait décorés avec tant de soin. Ces établissements furent détruits par les barbares qui croyaient abattrebien plus sûrement la domination romaine en renversant les monuments qui attestaient sa puissance et la supériorité de sa civilisation, et les idéesreligieusesettoutesspéculativesqui plus tard S’emparèrent de la société nouvelle ne permirent pasde penser à réédifier ces monuments détruits.

Cependant l’usage des eaux minérales ne disparut pas complètement pendant celte longue période du moyen-âge;quelques sources continuaient à être fréquentées; placées sous l’invocation d’un saint, sous la protection d’une chapelle, elles devenaient un sujet de pèlerinage , on y allait pour obtenir la guérison d’une maladie ancienne; elle creux d’un rocher, l’ombrage d’un vieux arbre, remplaçaient les piscines de marbre et les riches portiques. Ce n’est que dans des temps très voisins de nous que l’on est revenu à l’usage très fréquent des eaux minérales. Bordeu , en exaltant outre mesure les propriétés des Eaux Bonnes , a contribué à ramener l’attention sur un agent thérapeutique dont ou a reconnu depuis la grande efficacité. Avant lui cependant les eaux minérales n’étaient pas complètement abandonnées. Montaigne nous apprend qu’il allait souvent prendre des bains dans les Pyrénées, à Baniêres , aujourd’hui Bagnères de Ludion, et la cour de Navarre sous Jeanne d’Albret, la mère de Henri IV, allait aussi passer une partie de l’été pour prendre les bains à Bonnes; on dit également que les blessés de la bataille de Pavie furent envoyés au même lieu pour y guérir des suites de leurs blessures.

Aujourd’hui nos établissements thermaux sont nombreux et placés sous la protection du gouvernement; ceux mêmes qui appartiennent à des villes ou à des particuliers sont soumis au contrôle de l’administration supérieure, qui nomme un médecin-inspecteur chargé d’en diriger l’emploi et de veiller à leur conservation. Des rapports sur les résultats obtenus parles eaux doiventêtre annuellement adressés au ministre qui les transmet a l’académie de médecine ; celle-ci est chargée de les classer et d'en déduire les résultats généraux qu’ils peuvent présenter.

Considérations géologiques sur les Eaux Minérales.— Le sol de la France estricheensources minérales, c’est principalement au pied des grandes chaînes de montagnes qui le traversentou qui forment les frontières que se fait remarquer le plus grand nombre de ces sources; ainsi les Pyrénées , les Alpes, les Vosges, les Cévennes et la chaîne du Cantal en contiennent un grand nombre; le reste du sol présente également des sources qui renferment des produits minéraux, et il n’est aucun point du territoire qui en soit absolument privé; mais les qualités particulières qui se remarquent dans les locali tés que nous avons d’abord signalées donnent une importance bien grande aux sources que l’on y remarque ; car toutes ces sourcessont généralement thermales, c’est-à-dire qu’elles sont douées d’une chaleur plus ou moins considérable: cette chaleur qui varie depuis quelques degrés au-dessusde la température moyenne des sources, c’est-à-dire de 12 à 15 degrés, s’élève quelquefoisjusqu’à la chaleur de l’eaubouillante. Cette propriété de la thermalité des eaux est de la plusgrande importance en thérapeutique; car on ne peut élever artificiellement la température d’une eau minérale froide sans amener quelques modifications dans les principes qui la constituent; c’est ce qui a lieu toutes les fois que l’on veut administrer en bain les eaux sulfureuses froides

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et que l’on est obligé de les échauffer par des moyens artificiels.

Chaque variété géologique du sol donne lieu à des produits minéraux particuliers, elcomme c’est dans le sol que les eaux puisent leurs principes minéralisateurs , ces principes doivent nécessairement varier avec les diverses couches que traversent les eaux. Non seulement ces variations ont lieu par la dissolution que l’eau opéré des substances qu’elle traverse; mais il se fait encore dans le sol des décompositions et des compositions nouvelles ; des substances qui sont ordinairement insolubles dans l’eau le deviennent par l’action de certains corps qui agissent comme modificateurs, et les eaux ne surgissent le plus ordinairement à la surface du sol qu’après avoir éprouvé des changemens et des mutations qui en font des composés que l’art ne peut jamais imiter d’une manière lout-a-l'ait complète.

Un des phénomènes qui excite à un plus haut point la curiosité et qui a le plus déterminé les recherches des sa vans est celui de la thermalité oude la chaleur des eaux minérales. Bien des hypothèses ont été basai déespourexpliquer ce phénomène que l’on attribuait tantôt à la décomposition qui pouvait s’opérer dans l’intérieur des couches profondes de la surface de laterre parmi les corps qui s’y trouvaient mêlés, et tantôt à l’action d’un feu souterrain produit par lesvolcans; cette dernière opinion qui fut rejetée pendant long-temps, puisque l’on trouvait des sources thermales dans des lieux où l’on croyait qu’il n’avait jamais existé de volcans, a repris faveur aujourd’hui, et c’est même la seule explication que l’on donne de la haute température de ces eaux. Les calculs du célèbre Fourier et les expériences des savans modernes paraissent avoir démontré l’existence d’un feu central qui avait été indiqué d’une manière si brillante par le génie de Buffon, mais que le défaut de preuve avait fait rejeter par les savants de son époque. Aujourd’hui il paraît démontré que la terre est un globe refroidi dont le centre est encore en ignition;c’estceque prouve l’accroissement de température qui a lieu à mesure que l’on pénètre dans ses profondeurs et l’on détermine cet accroissement d’une manière tellement exacte que l’expérience vient vérifier ce qui avait été indiqué par le calcul. Les montagnes, d’après les idées de nos géologues qui ont tous adopté le système que développa il y a peu d’atmées M. Elie de Beaumont, seraient le résultat du soulèvement des couches extérieures et solides du globe par le feu central qui, lorsque les efforts se ser.aienl trouvés trop violents, auraient produit des déchirements: de là les volcans qui sont les bouches de celte immense fournaise; de là encore les tremblemens de terre qui sont produits par les efforts puissants des corps gazeux qui se dégagent des entrailles du globe.

Ces explications, qui paraissent avoir tout l’intérêt du roman tant elles sont simples et parlent vivementà l’imagination, sont, nousdevonsledire, acceptées aujourd’hui par les savants, et elles sont meme justifiées par l’expérience et les explorations scientifiques; ainsi on a reconnu l’existence

d’anciens volcans dans la plupart de nos principales chaînes de montagnes, et on a vu a la suite de tremblemenlsde terreoud’ume manière insensible des exhaussements du sol se produire, témoin cette île Julia qui apparut sur les côtes de Sicile en 1830 et qui fut bientôt abimée dans les flots.

L’explication de la chaleur des eaux thermales devient facile avec ce système ; car toutes les fois que l’eau aura pénétre à une grande profondeur, elle devra se trouver en contact avec des couches dont la température est u ès-elevée, et sa chaleurserad’autanl plus grande à sa sorliedu sol qu’elleau a pénétré à une plus grande profondeur, en ayant égard aux chances de refroidissement qu’elle a pu éprouver dans son cours. Or il se présente dans les pays de montagnes un fait qui explique facilement la thermalitédes sources que l’on y observe; le sommet de ces montagnes, qui est élevé de trois à quatre mille mètres et souvent même beaucoup plus, se trouve formé du terrain qui, à l’époque du soulèvement, était de niveau avec la vallée; le centre doit donc se trouver formé en partie par des couches qui ont leur analogue a une grande profondeur dans le globe; ou bien si, comme c’est plus probable, les montagnes présentent de grandes cavités, ces cavités doivent avoir une température semblable à celle des couches qui les environnent ; on doit en conclure que la base centrale de nos montagnes se trouve à une température dontil est difficile de déterminer l’élévation. Il est alors facile de comprendre comment l’eau de la fonte des neiges qui les couvrent et cellede la pluie peuvent en pénétrant parles fractures du sol entrer dans le centre de la montagne, s’approcher des couches dont la chaleur est très grande et acquérir ainsi une thermalité qui auparavant était si difficile à expliquer. Ces faits sont aujourd’hui en partie prouvés par l’observation; car on ne rencontre des eaux chaudes que dans les terrains granitiques et de première formation , c’est-à-dire dans ceux qui ordinairement sont situés à une plus grande profondeur; et lorsqu’elles viennent à sourdre dans des terrains d’une autre nature, on es*i toujours assuré que les couches des terrains secondaires sont peu épaisses et que la source vient primitivement du terrain granitique.

Les considérations sur lesquelles nous venons de nous étendre, quoique en lié renient géologiques, se rattachaient d’une manière trop spéciale à notre sujet pour que nous soyons dispensés de les consigner; elles donnent d’ailleurs l’explication d’un phénomène qui de tout temps avait excité l’attention des savants et que nos connaissances modernes ont seules résolu d’une manière satisfaisante.

Les rapport s de composition des eaux minérales avec les terrains dont elles sortent ont servi à établir une classification de ces produits que l’on peut nommer géologiques; M. Brogniart, qui en est l’auteur, a diviséles eaux d’apres la nature de leur gisement ; et bien que cette classification ne puisse être adoptée dans la pratique médicale, elle présente cependant assez d’intérêt pour que nous la donnions ici. Les eaux minérales, d’apres

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cette méthode, sont divisées en cinq classes :

La première classe est composée Eaux minérales des terrains primitifs ; ces eaux sont généralement chaudes, elles contiennent de l’acide carbonique, de l’hydrogène sulfuré, des sulfures alcalins, des sels de soude et surtout des carbonates; de la silice, peu de sel de chaux et principalement le carbonate, rarement du fer. Les eaux des Pyrénées, de Chaudes-Aigues, de Carlsbad peuvent être rangées dans cette classe.

La deuxième classe est désignée sous le nom d’ Eaux minérales des terrains de sédimens infénew.Ceseauxparticipentauxpropriétésdecclles de lapremière classe ; elles sont thermales, mais d’une température moindre; elles sont modifiées par les terrains dans lesquels elles passent; et bien qu’elles aient une origine commune avec celles que nous venons d’indiquer, cdles renferment cependant des principes différens ; mais elles contiennent plus d’acide carbonique, moins d’hydrogène sulfuré , des sels de soude , plutôt le sulfate que le carbonate, du sulfate de chaux, peu de silice. Les eaux de Luxeuil , de Plombières , de Pyrmont, d’Aix en Savoie , peuvent être rangées dans cette catégorie.

La troisième classe comprend les Eaux minérales des terrains de sédimens supérieurs. Ces eaux sont ordinairement froides; elles contiennent peu ou point d’acide carbonique , du carbonate de chaux, du sulfate de chaux et de magnésie, du carbonate et du sulfate de fer; les eaux de Forges, d’Enghicn, de Provins et d’Epsom,font partie de cette classe.

Dans la quatrième classe sont les Eaux minérales des terrains de transition . Elles présenten t de l’analogie avec les eaux des terrains primitifs et avec celles des terrains de sédimens, elles sont souvent thermales; les eaux de Vichy, Néris, Cambo, Bourbon-l’Archambault sont placées dans cette division.

La cinquième classe contient les Eaux minérales des teirains de trachiles anciens et des terrains volcaniques . Ces eaux ont plus de ressemblance avec celles des terrains primitifs que les précédentes, l’acide carbonique y est abondant, on y trouve quelquefois de l’hydrogène sulfuré; il y a beaucoup de carbonate de soude, moins de sulfate et de muri’ale; on y retrouve de la silice, un peu de carbonate de chaux et quelquefois un peu de fer. Les eaux du Mont-Dore, de Dax, de la fontaine de St-Allyre , sont de cette classe.

Les eaux des terrains volcaniques sont celles de Rome, de Naples, de l’île Ischia. Elles sont ordinairement thermales et sulfureuses; elles contiennent une partie des sels que nous avons déjà indiqués, et de plus, très souvent , à l’état libre de l’acide sulfureux, sulfurique, hydro-chlorique et carbonique.

Des diverses especes cPeaux minérales. — Les eaux minérales contiennent, ainsi que nous l’avons déjà dit, de nombreux principes dans leur composition ; c’est sur la prédominance de l’un de ces principes que l’on s’est fondé pour établir une classification qui puisse servir de guide dans leur application au traitement des maladies ; in-

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dépendamment de leur division en chaudes et froides, on les a classées en sulfureuses, acidulés, ferrugineuses et salines. Cette division a été également adoptée par notre savant collaborateur M. le professeur Alibert, dans son excellent traité des eaux minérales.

Les eaux sulfureuses , qui ont été aussi nommées hépatiques , contiennent, ainsi que l’indique leur nom, du soufre, soit à l’état d’hydrosulfate, soit à l’état de gaz acide hydrosulfurique ; l’action de ces substances est tellement marquée qu’il n’est pas nécessaire, pour qu’une eau soit rangée dans cette classe, que le principe sulfureux soit en excès sur les autres substances qu’elle contient; mais il suffit qu’il existe dans une certaine proportion ; cette proportion n’a pas même besoin d’être très-marquée, tant l’action des composés sulfureux a de puissance. Ces eaux renferment ordinairement un peu de gaz acide carbonique, des sels à base de soude et de chaux, et quelquefois, chose remarquable, du fer à l’état de carbonate.

Les eaux acidulés sont gazeuses et elles doivent leur propriété à l’acide carbonique qu’elles contiennent, et qui favorise souvent la dissolution de corps qui seraient insolubles sans son action; dans ces eaux se trouvent souvent des sels de diverses natures en quantité assez mar- ! quée, et elles pourraient être rangées parmi les eaux salines sans la présence du gaz acide carbonique qui leur donneleur caractère particulier.

Les eaux ferrugineuses sont divisées en deux classes : celles qui sont ferrugineuses par la présence du sulfate de fer, et celles qui doiventeette propriété au carbonate de fer; les premières sont j les moins communes et les moins usitées , celles de Passy près de Paris sont dans cette catégorie; les autres, qui sontplus nombreuses, contiennent toutes de l’acide carbonique, puisque c’est à la présence de ce gaz que le fer doit sa dissolution ; on les nomme eaux ferrugineuses carbonatées ; elles sont plus employées en médecine, et la présence de l’acide carbonique favorise singulièrement leur action sur l’économie : les eaux du Mont-Dore, de Soultmatt, de Forges, de Bussang, sont rangées dans cette division.

Les eaux salines sont celles qui contiennent des sels en assez grande abondance, et qui sont privées, d’acide carbonique et de fer, ou dans lesquelles ces principes ne sont pas assez abondants pour qu’ils puissent donner un caractère à l’eau minérale; ces

eaux contiennent dessulfatesetdeshydrochlorateseu

assez grande quantité, elles sont ordinairement purgatives et quelquefois thermales; les eaux de Sedlitz, de Seidschutz, de Pullna, de Bains, de Plombières, de Luxeuil, etc., sont placées dans cette classe.

A cette division, qui est déjà ancienne, Soubeiran, à qui nous devons plusieurs travaux importants sur les eaux minérales, a ajouté deux classes qui sont parfaitement indiquées par les principes qui ont été nouvellement trouvés dans certaines eaux déjà connues; ces deux classes sont les eaux iodurées et bro murées , et les eaux acides. Les eaux iodurées et bromurées contiennent l’iode et le brome soit àl état d’iodure ou de bromure, mêlé avec une base, soit à l’état libre; certaines eaux contiennent à la fois les

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