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deux substances iodure et bromure ; d’autres n’en contiennent qu’une seule. L’iodure et le bromure de sodium a été trouvé dans les eaux d’Hielbrunn, en Bavière; le bromure de potassium dans les eaux de Bourbonne; les iodure et bromure de potassium dans les eaux de Salins (Jura); le brome dans les eaux de Creutznach; l’iode dans celles d’Aix, en Savoie. Ces eaux contiennent généralementdes hydrochlorates en assez grande quantité, et il est permis de penser que l’iode et le brome proviennent des grands dépôts marins qui ont été formés dans ces terrains, car ces deux corps se trouvent dans toutes les mines de sel gemme et dans les eaux de la mer.
Les eaux acides n’ont point encore été employées en médecine ; elles contiennent de l’acide sulfureux, sulfurique, hydrochlorique et borique; les trois premiers acides se trouvent souvent mêlés aux sources qui sont près des volcans. M.Boussingault a trouvé de l’acide hydrochlorique dans les sources et les vapeurs qui sortent de certains volcans de la chaîne des Andesdans l’Amériquedu Sud ; nosvolcansd’Europe présentent des sources dans lesquelles on a trouvé de l’acide sulfureux et sulfurique. L’acide borique se rencontre dans les Lagonis de Toscane, dans certains lacs de la Transylvanie etdel’lnde.
Eaux arsenicales. Il y a quelques années que l’on a découvert l’existence de Y arsenic dans certaines eaux minérales ; ce fait fut d’abord constaté par M. Tripier pour la source d’Haunnam-Meskhoutine dans la province de Constantine; depuis on a trouvé l’arsenic dans plusieurs de nos sources minérales : Plombières, le Mont-Dore, Pyrmont, Vichy, etc. La quantité d’arsenic est très-peu considérable , mais en raison de la nature de sa substance elle doit avoir une très-grande action sur l’économie. Dans la source africaine, la proportion d’arsenic est si considérable que l’eau a une action toxique.
Cetteclassification deseaux minéralesne présente, comme on l’a vu, rien d’absolu, puisque les eaux ne contiennent jamais un principe isolé; aussi arrivet-il souvent qu’une même eau est placée , par des auteurs, dans une classe différente, suivant l’importance que l’on a attachéeàtel outel principe qui entre dans sa composition ; il est même des espèces d’eaux dans lesquelles deux des principes actifs se balancent tellement que l’on croit devoir les faire participer aux deux classes auxquelles ils appartiennent; aussi ne faut-il pas accorder à cette division d’autre importance que celle de réunir par groupes analogues des eaux dont la composition et les effets sont à peu près semblables; elle sert de guide au médecin, qui doit seul les indiquer aux malades.
De F action des eaux minérales et des soins à prendre pendant leur administration. — Les eaux minérales sont ordinairement prescrites par les médecins dans les affections chroniques ; ces eaux varient dans leur action suivant leur nature et suivant qu’on les prend à la source ou dans un lieu qui en est éloigné. Les eaux prises à la source ont une action beaucoup plus marquée que lorsqu’on les prend après un puisement plus ou moins ancien ; il est une foule de principes volatils qui se dégagent au moment où l’eau sort de la source , et qui ne sauraient se conserver lorsque l’eau est puisée depuis quelque
temps. L’azote , l’acide carbonique et d’autres gaz, qui souvent sont mêlés aux eaux, ne se retrouvent plus , ou bien n’existent qu’en des proportions infiniment moindres lorsque les eaux ont subi un transport. La chaleur même dont sont douées les eaux thermales ne peut se remplacer lorsque l’on élève artificiellement la température de ces eaux refroidies , non pas que nous pensions avec certains auteurs que le calorique dont ces eaux sont pénétrées ait des propriétés particulières; mais parce qu’il a dû s’opérer dans ces alternatives de refroidissement et d’échauffement des dégagements de substances et des combinaisons nouvelles qui ont dû modifier la manière d’agir des eaux. Des médecins distingués ont cru, ainsi que nous venons de le dire, que le calorique dont sont pénétrées les eaux thermales était d’une nature particulière , et devait avoir une action spéciale que ne saurait remplacer la chaleur artificielle ; cette opinion a même été appuyée par l’apparence de quelques faits; ainsi M. Guersent, dans son excellent article sur les eaux minérales, dans le Dictionnaire de médecine en 25 volumes, a dit que des malades qui prenaient les eaux de Plombières avaient été beaucoup mieux purgés par les eaux de Balaruc , qu’ils avaient fait chauffer dans l’eau thermale de Plombières , que lorsqu’ils mettaient cette eau dans un bain-marie. Un fait de cette nature, qui peut tenir à plusieurs causes différentes et qu’il serait nécessaire d’apprécier, ne paraît pas assez concluant pour faire admettre une différence dans la nature d’un fluide impondérable dans lequel les connaissances physiques et chimiques n’ont constaté jusqu’à ce jour aucune autre modification appréciable que celle de sa plus ou moins grande intensité.
L’action des eaux minérales naturelles, indépendammentdes causes quenousavons indiquées, se trouve aussi singulièrement favorisée par les circonstances qui accompagnent leur administration ; ainsi le changement de lieu pour les personnes qui ont long-temps souffert , et qui ne voient qu’avec chagrin et dégoût tous ces muets témoins de leurs douleurs ; l’effet moral que produit sur les malades l’action d’un nouveau moyen long temps attendu etduquel on espère un grand soulagement, l’action de la campagne, du site, de l’air vif des montagnes où sont situées nos principales sources, l’éloignement des affaires et des obligations de la vie des villes , la liberté et la gaîté qui président à ces réunions, toutes ces causes ajoutentà l’action thérapeutique des eaux; joignez à cela un régime plus sévère , une vie tout hygiénique et réglée par un médecin, dont les prescriptions sont religieusement écoutées ; car il parle au nom de son expérience spéciale, il est l’oracle de la source, et l’on doit peu compter sur la guérison si l’on néglige ses ordonnances. Toutes ces considérations , indépendamment de l’effet réel et physiologique des eaux , contribuent d’une manière puissante aux bons résultats que présente leur emploi, et doivent expliquer pourquoi les eaux prises loin de la source sont souvent loin d’offrir les mêmes ressources que lorsque les malades s’y transportent. Cependant
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l'on aurait tort de croire que les eaux minérales sont sans action lorsqu’elles ne sont pas prises sur les lieux mêmes, et quoique cette action soit amoindrie de toutes les causes que nous avons signalées , elles peuvent encore être employées avec avantage par le médecin; il en est surtout qui peuvent se transporter et se conserver avec la plus grande facilité, et les eaux salines sont de ce nombre; les eaux gazeuses, quoique perdant davantage, sont aussi mises en usage avecsucçès; les eaux sulfureuses sont celles qui sont le plus modifiées par le transport, aussi ce sont celles que l’on doit le moins ordonner loin des sources. Lorsque l’on croit devoir les prescrire, il faut de préférence ordonner les eaux sulfureuses froides, qui supportent mieux le transport et conservent davantage leurs propriétés. Quant à l’administration des eaux en bains et en douches, nous sommes d’avis qu’elle ne saurait avoir efficacement lieu qu’aux sources, et quaad on ne peut y transporter les malades, il est préférable d’avoir recours aux eaux minérales artificielles.
Les précautions à prendre dansl’administration des eaux minérales doivent varier suivant la nature des maladies et suivant la nature de l’eau administrée; ces précautions seront toujours suffisamment indiquées par le médecin des eaux auquel il faut s’en rapporter pour tout ce qui regarde le régime et le traitement. Ces précautions rentrent dans les règles générales de l’hygiène appropriées à la spécialité; mais il est souvent des phénomènes particuliers qui résultent de l’administration des eaux thermales et desquels on a soin de prévenir le malade, qui pourrait s’en effrayer; ainsi à la suite des bains il se manifeste souvent une éruption à la peau, qui a reçu des baigneurs le nom de poussée, parce qu’elle indique l’action vive de l’eau thermale, et que les médecins ont nommé sudamina thermal is .Cette érup tion est souvent avantageuse dans les maladies chroniques, parce qu’elle détermine une dérivation qui est salutaire; la diarrhée est un phénomène qui s’observe assez fréquemment dans l’usage des eaux, même non purgatives; d autres fois c’est la constipation ; il appartient au médecin des eaux d’apprécier ces faits individuels, et le malade devra se conformer à ses avis. Souvent des accidents plus graves peuvent être la suite de l’emploi des eaux minérales ; ces accidents se font surtout remarquer lorsque les malades ne présentent point les conditions favorables à l’action des eaux, ou lorsqu’elles leur ont été ordonnées d’une manière inopportune; ainsi dans les affections aiguës et dans les affections chroniques qui sont le siège d’un travail actif et de dégénérescence organique, souvent les eaux minérales ne font qu’accroître les dangers et accélérer la terminaison funeste de la maladie; ces effets s’observent surtout chez les malades qui présentent cet é at fébrile que l’on a désigné sous le nom de fièvre hectique.
Le temps pendant lequel il est convenable de prendre les eaux minérales est toujours la belle saison; chaque établissement a des époques fixes qui varient suivant les dispositions locales et le
température des lieux ; généralement , pour la France, cette époquede l’année s’étend du 1er juin au 30 septembre ; rarement cette époque , pour certaines sources, devance le 15 mai ou dépasse le l5 octobre. Les médecins des eaux minérales se servent ordinairement du mot de saison pour désigner le minimum de la période de temps pendant laquelle il est convenable de prendre les eaux pour en retirer quelques résultats; la saison varie de quinze à vingt-cinq jours, mais elle est le plus souvent de trois septénaires ou vingt-un jours; cette période de temps est souvent doublée, quelquefois triplée ; ainsi on dit faire une, deux ou trois saisons; le nombre des saisons prescrites est toujours en raison de l’importance de la maladie , de son ancienneté et de la force du malade.
Lorsque les eaux sont prises en boisson, ou peut les couper avec divers liquides, tels que le lait, le petit-lait, une décoction de chiendent, d’orge, de guimauve, etc., ou bien une infusion de fleurs de tilleul, de mauve, de violette ou de camomille; ces précautions sont prises pour affaiblir un peu l’action trop vive de certaines eaux sur l’estomac, et les faire supporter par les malades qui ont cetorgane affaibli ; quelquefois on mélange des eaux minérales de natures diverses; d’autres fois on se contente de faire boire dans une même saison, ou souvent dans une même journée, différentes espèces d’eaux; ainsi les personnes qui prennent les eaux de Plombières se purgent souvent avec les eaux de Balaruc que l’on fait venir de cette source. Lorsqu’il existe des sources de diverses natures dans une même localité , comme on le trouve dans les Pyrénées , où des sources sulfureuses, salines et ferrugineuses sont souvent voisines et se trouvent à diverses hauteurs dans la montagne, on ordonne aux malades d’aller boire dans la même matinée à ces diverses sources. Le médecin des eaux règle l’ordre dans lequel elles doivent être prises, le nombre de verres qu’il convient de boire à chaque source, le temps qu’il convient de mettre entre chaque instant où l’on boit; ce temps est ordinairement déterminé par l’éloignement des lieux et le chemin qu’il faut faire pour aller d’une source à l’autre. Lorsqu’elles sont trop rapprochées, et qu’il est important de mettre un intervalle assez long entre chaque prise, on ordonne telle ou telle promenade par tel chemin; ces divers moyens, qui ont pour objet de dissimuler au malade les détails de , son traitement, lui donnent de la distraction et l’empéchent de fixer son attention sur sa maladie, attention qui y serait constamment ramenée si le médecin ne trouvait le moyen de régler tous ces détails par des promenades et des distractions qui sont d’autant plus agréables qu’elles sont animées par les sites pittoresques de la montagne et par les charmes d’une société joyeuse et choisie. C’est ainsi qu’en détournant l’attention du malade de son état, en lui créant une existence toute nouvelle, en lui imposant des obligations hygiéniques qui n’ont rien de pénible ni de répugnant, puisqu’elles sont suivies par toute la société qui fréquente les eaux, on parvient à aider d’une manière puissante
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à l’action thérapeutique de ces moyens déjà si puissants par eux-mêmes , et à obtenir des guérisons que l’on aurait vainement sollicitées dans les circonstances ordinaires.
Les personnes qui prennent les eaux ne doivent jamais se départir des préceptes qui leur sont indiqués par le médecin qui les dirige, elles ne doivent jamais boire d’elles-mêmes l’eau de telle ou telle source, et n’en point boire une quantité plus considérable que celle qui leur est prescrite, ne point prendre de bains et de douches autres que ceux qui leur sont ordonnés; enfin ne contrarier par aucun moyen l’action des eaux minérales. Les prescriptions du médecin, lorsqu’il est sage et éclairé, n’ont rien qui tienne à l’habitude et au caprice ; elles sont le résultat de la connaissance de l’action des eaux etdu résultat qu’il suppose qu’elles doivent avoir sur l’état du malade; des baigneurs, pour n’avoir pas suivi ces sages avis, ont eu bien souvent à se repentir de s’être laissé aller à leurs inspirations, et plusieurs ont étévictimes de moyens qu’ils avaient vu opérer des guérisons sur d’autres malades, mais qui, pour des'raisons qu’ils ne pouvaient apprécier, devaient leur devenir funestes.
Souvent les malades quittent les eaux sans avoir éprouvé de modification dans leur état; il ne faut pas s’en étonner, car j’ai vu des résultats utiles ou fâcheux ne se produire que un ou deux mois après leur usage.
Nous ne pouvons donner des détails plus étendus, à chaque nom de sources on trouvera des détails spéciaux; aux articles Bains , Douches , Boues minérales, on a traité des moyens qu’on employait pour administrer ce mode de traitement, et nous ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur. Enfin nous terminerons cet article déjà trop long pour notre cadre, quoique nous n’y ayons consigné que d’une manière bien rapide Ce que nous avions de plus essentiel à dire, par un dernier avis : c’est que les eaux minérales ne sont pas un moyen que l’on puisse impunément employer; il faut donc dans tous les cas consulter un médecin instruit et connaissant l’action des eaux minérales, qui devra vous indiquer celles qui conviennent le mieux à votre état, et ensuite se soumettre, quant aux règles du traitement, aux avis des médecins des eaux qui, accoutumés à voir un grand nombre de malades soumis à un même moyen, peuvent plus facilement en calculer l’effet et en indiquer les résultats.
EAUX MINÉRALES ARTIFICIELLES ( chim .). La difficulté de conduire les malades aux sources, jointe aux altérations et aux inconvéniens que présentait le transport des eaux minérales, engagea des médecins-chimistes à tâcher d’imiter ces produits naturels; les découvertes de la chimie moderne vers la fin du dernier siècle, et la perfection des méthodes d’analyse qui en furent la conséquence, laissèrent entrevoir l’espoir d’arriver à une imitation complète des eaux minérales; cet espoir, qui fut partagé par un grand nombre de médecins et de chimistes, fut regardé comme en partie réalisé â une certaine époque, et l’on était déjà à discuter sur les avantages que les eaux imitées par
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l’art pourraientavoir surleseaux naturelles. L’espèce d’engouement dont les eaux factices furent i’objet à l’époque dont nous parlons s’explique facilement par l’effet que produisaient les nouvelles conquêtes de la chimie, et surtout parl’instabilité de composition que présentent souvent les eaux naturelles : ainsi on remarque qu’à certaines époques, soit après les pluies , soit au moment de la fonte des neiges , les eaux minérales sont plus étendues , et que les principes qui les constituent sont en moins grande quantité , en raison de l’augmentation de l’eau. Ces variations dans la composition , et même dans la température des eaux minérales, sont tellement connues que l’on a soin de ne faire les puisements aux sources que dans certaines saisons, afin d’avoir une identité aussi complète que possible entre les divers puisements. C’est en s’appuyant sur cette instabilité, qu’ils se plaisaient même à exagérer, que les partisans des eaux factices cherchaient à faire substituer complètement ces dernières aux eaux naturelles dans l’emploi médical, en faisant ressortir l’avantage que l’on retirerait de la fixité que l’on apporterait dans la composition de ces médicaments.
Les premières tentatives qui eurent lieu dans le but d’imiter les eaux minérales furent faites en 1775, par Venel, médecin de Montpellier, qui prépara des eaux gazeuses qui étaient une imitation des eaux de Seltz. Bergman, chimiste suédois, tenta, vers la même époque, des essais analogues, et Duchanoy publia en 1779 un ouvrage ayant pour litre : Essais sur l’art d'imiter les eaux minérales. Ce fut en 1798 que l’on organisa à Paris la première fabrique d’eaux minérales factices. Un sieur Paul, qui avait exploité déjà cette industrie à Genève, vint se fixer à Paris, à l’hôtel d’Uzès ; et cet établissement, sur lequel l’Institut et la Société de Médecine firent des rapports favorables, devint plus tard, en changeant de situation, l’établissement de Tivoli. Depuis cette époque, la fabrication des eaux minérales factices a pris un développement très - important; des fabriques rivales se sont successivement créées, et aujourd’hui leur nombre est considérable dans Paris. Dans les principales villes des départements, des établissements semblables se sont fondés, et la production des eaux gazeuses est maintenant devenue infiniment supérieure à la consommation des eaux minérales naturelles. Cette singulière prospérité d’une industrie que l’on pourrait regarder comme incomplète puisqu’on est forcé de convenir, ainsi que nous le disions tout à l’heure, qu’il est impossible d’arriver à une parfaite imitation de plusieurs eaux minérales, aurait de la peine à s’expliquer si l’on n’en cherchait pas les raisons. Toutes les eaux minérales ne présentent pas les mêmes difficultés dans leur imitation ; il en est qui non seulement peuvent être facilement imitées, mais qui encore peuvent présenter des qualités supérieures aux eaux naturelles, telles surtout qu’elles nous sont livrées après leur transport de la source; les eaux qui contiennent de l’a-
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eide carbonique en assez grande quantité, et surtout les eaux ferrugineuses carbonatées, sont dans ce cas. Ces eaux naturelles contiennent toujours beaucoup moins d’acide carbonique que l’on ne peut en faire entrer dans la composition de l’eau factice par le moyen de l’art; cette quantité se trouve encore notablement diminuée par la mise en bouteille à la source, et par le transport: ces eaux perdent ainsi une partie de leur action et souvent même, lorsqu’elles sont anciennes, elles éprouvent quelques altérations dans leurs principes constituants, qui doivent nécessairement modifier leurs propriétés. Cependant depuis que le transport rapide des chemins de fer a permis d’amener avec facilité les eaux minérales!, il est préférable de faire usage des eaux naturelles. De plus, les progrès de l’analyse chimique ont démontré qu’il existe dans certaines eaux des principes très-actifs et en très-minimes proportions qu’il serait très-difficile d’introduire dans les eaux minérales imitées, soit par la difficulté d’opérer une combinaison stable entre certains corps, combinaison qui a cependant lieu dans le vaste laboratoire de la nature. Quelques-unes de ces difficultés ont été déjà vaincues par des chimistes habiles; ainsi, Anglada, à qui l’on doit un excellent traité des eaux minérales des Pyrénées , est parvenu à faire entrer par l’art, la silice, ce corps si essentiellement insoluble qui forme le sable et les cailloux de nos rivières , dans les imitations des eaux sulfureuses ; quelques chimistes moins habiles oti moins patients ont nié souvent l’action des substances qu’ils ne pouvaient faire entrer dans les eaux factices; et ils se dispensaient de les introduire dans leurs compositions.
Les eaux minérales factices sont fréquemment employées pour les bains, et l’on conçoit tout le parti que peut tirer le médecin d’un moyen aussi énergique (voyez Bain). La composition de ces bains varie suivant l’eau minérale que l’on veut imiter; l’on doit à Anglada une nouvelle formule pour la préparation des bains de Baréges, qui est bien supérieure à celle que l’on employait autrefois et que nous croyons devoir donner ici.
Elle est calculée pour une quantité d’eau de 180 litres, qui est celle que l’on met ordinairement dans un bain.
Hydro-sulfate de soude 30 grammes.
Carbonate de soude 8 grammes.
Sulfate de soude 15 grammes.
Chlorure de sodium 5 grammes.
Anglada recommande d’employer ces substances cristallisées afin d’éviter les erreurs qui peuvent être le résultat de la perte plus ou moins grande de l’eau de cristallisation lorsqu’elles sont plus ou moins parfaitement desséchées.
Il est des eaux factices qui ne présentent point de similitude avec les eaux naturelles ; ce sont des composés médicamenteux particuliers qui ont de l’analogie avec les eaux minérales, puisqu’elles contiennent des principes à peu près semblables: ainsi on prépare de l'eau gazeuse qui n’est qu’un
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mélange de gaz acide carbonique avec l’eau simple, et c’est cette eau que l’on vend pour la table sous le nom impropre d’eau de Seltz ; des limonades gazeuses, qui sont des composés d’un acide végétal, de sucre et d’eau saturée de gaz, de l’eau magnésienne saturée et de l’eau magnésienne gazeuse qui sont une solution du carbonate de magnésie rendu carbonate acide par l’acide carbonique , lequel se trouve en grand excès dans l’eau magnésienne gazeuse. On est parvenu à dissoudre jusqu’à 45 grammes de carbonate de magnésie dans trois quarts de litre d’eau ; cette préparation forme même un excellent purgatif, et l’on peut varier la dose de carbonate comme on le juge convenable; à 25 ou 30 grammes, il détermine une purgation assez énergique sans aucune colique; les malades le préfèrent généralement à l’eau de Sedlitz; je l’ai ordonné moi-même un très-grand nombre de fois et toujours avec avantage. Le soda water est encore une de ces préparations qui n’ont pas de semblables dans la nature : il se prépare avec 20 grammes de bicarbonate de soude pour une bouteille d’eau gazeuse. Le soda powders est préparé avec l’acide tartrique, quatre grammes , bicarbonate de soude, six grammes pour une bouteille d’eau; on peut employer le quart de cette préparation pour un verre d’eau : on dissout d’abord l’acide tartrique et l’on ajoute ensuite le carbonate de soude; il faut avoir soin que le verre soit grand et ne le remplir qu’à moitié, car l’effervescence produite par le dégagement du gaz ferait renverser le liquide. C’est cette préparation que l’on vend improprement, en diminuant les doses, sous le nom de poudre de Seltz, quoiqu’elle n’ait aucun rapport avec l’eau de Seltz , puisque l’eau de Seltz contient de l’hydrochlorate de soude et du carbonate de magnésie, qui ne sont point dans cette préparation , et que d’un autre côté le soda powders contient une très-grande quantité de tartrate de soude qui doit avoir une action purgative que ne saurait produire l’eau de Seltz.
Une erreur qui avait été accréditée par quelques médecins consistait à croire que les eaux gazeuses naturelles conservaient plus long-temps leur gaz que les eaux factices. Voulant vérifier ce fait qui nous paraissait difficile à expliquer, nous avons pris des eaux naturelles de Seltz dans six dépôts à Paris, et après nous être parfaitement assuré de leur origine,nous avons versé de cette eau dans six verres à expériences, nous versâmes comparativement de l’eau de Seltz factice de six fabriques différentes dans six verres semblables et en même quantité, et, ayant abandonné ces douze verres à l’air libre, nous avons constaté que l’eau retenait indifféremment les mêmes proportions d’acide carbonique; le précipité par l’eau de chaux nous amême paru plus abondantdans l’eau factice de certaines fabriques que dans l’eau naturelle, ce qui indiquait qu’elle avait retenu une plus forte proportion de gaz. Depuis, nous avons appris que cette même expérience avait été faite par MM. Orfila et Barruel sur les eaux de Saint-Alban, et que leur résultat avait été complètement semblable à celui que nous avions obtenu.
Enfin nous ne saurions mieux terminer cet ar-
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