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ticle sur les eaux artificielles qu’en citant ce que dit sur leur emploi M. Soubeiran dans le Dictionnaire de médecine :
» Les eaux minérales naturelles doivent être préférées aux eaux artificielles toutes les fois qu’elles peuvent être conservées long-temps sans s’altérer; l’on peut employer indifféremment les unes et les autres dans les cas où on peut arriver à une imitation parfaite, savoir: quand l’eaunaturelle a été analysée par un chimiste habile et que cette analyse a servi de base à la fabrication de l’eau artificielle; lorsque rien dans la composition de l’eau naturelle n’annonce la présence de matières que nous ne pouvons former artificiellement, ou ne fait soupçonner l’existence de quelque principe qui aurait pu échapper à l’analyse; enfin, lorsqu’une étude comparative etlongtemps continuée des propriétés médicales des deux espèces d’eaux a montré l’identité de leur action sur l’économie vivante. » Il est même des cas, dit cet auteur, où les eaux artificielles doivent être préférées, et il cite à ce sujet les eaux gazeuses dont nous avons déjà parlé, et enfin il finit en disant que c’est dans ces cas que l’on peut dire que l’art a réellement surpassé la nature.
J. -P. Beaude,
Médecin-inspecteur des eaux minérales, membre du conseil de salubrité.
Voyez pour quelques articles Eau le supplément. éblouissement ( path .) s. m. (V. Vertiges).
ecchymose ( chir .), s. f. ( ecchymosis , meurtrissure, du grec ecchuo , je répands). On désigne sous ce nom des taches noirâtres, d’un jaune livide, et plus tard jaunâtres, produites à la surface de la peau ou d’un autre organe par suite d’une contusion. Des auteurs ont aussi étendu cette dénomination à des espèces de pétéchies également noirâtres et livides, qui surviennent spontanément dans le scorbut, la dothinentérite, etc.; mais elles constituent des affections à part, qui seront décrites aux articles Pellagre , Purpura et Scorbut , etc.
Les ecchymoses sont formées par du sang extravasé hors de ses vaisseaux à la suite de leur rupture par un coup, une chute, une piqûre, par l’application de sangsues , par la compression exercée par un lien ou un bandage mal appliqué, etc. Le plus souvent elles sont l’effet d’une violence extérieure; il se forme alors au bout de peu de temps une tache d’un rouge violacée, plus foncé au centre qu’à la circonférence. La grandeur de la tache est variable et proportionnée à la quantité de sang infiltré. Elle se manifeste facilement dans les parties où la peau est lâche et munie d’un grand nombre de petits vaisseaux. On sait qu’il suffit d’une légère contusion sur larégion del’œil, pour que cette partie revête une couleur noirâtre que l’on a eu souvent occasion d’observer. Les piqûres de sangsues donnent lieu à de petites ecchymoses, principalement chez les personnes affaiblies par une longue maladie. On les observe aussi après la saignée du bras, lorsque l’ouverture a été peu considérable, et qu’il s’est formé
pendant l’écoulement du sang une petite tumeur formée par le sang épanché sous la peau et que l’on nomme thrombus. Cet accident, qui n’est pas rare, est sans danger, et ne doit nullement inquiéter.
Quelle que soit la cause de l’ecchymose, le sang extravasé ne tarde pas à être repris et absorbé peu à peu. On voit alors la tache noirâtre s’étendre considérablement, en même temps qu’elle prend une teinte moins foncée ; elle passe successivement au rouge, au jaune verdâtre, puis au jaune foncé, qui devient ensuite plus clair et finit par disparaître.
Les ecchymoses présentent des considérations importantes sous le rapport de la médecine légale. C’est ainsi que la teinte jaunâtre, qui s’observe autour de la tache noirâtre, indique que la meurtrissure n’est pas récente , ou que le blessé a survécu quelques jours aux actes de violence dont il a été victime. Il importe aux hommes de l’art et même aux magistrats qui peuvent porter quelquefois des jugements dans des cas de médecine légale, de distinguer les ecchymoses, suites de coups, des lividités cadavériques , qui surviennent naturellement après la mort. Celles-ci sont produites par l’accumulation du sang dans les petits vaisseaux. Ce fluide, obéissant aux lois de la pesanteur, tend en effet à se porter dans les parties les plus déclives, où il forme des plaques de couleur noirâtre et violacée, ou bien des taches ponctuées ou linéaires. On distinguera ces taches des ecchymoses par leur situation dans la partie la plus déclive, par leur teinte à peu près uniforme au centre comme à la circonférence et par leur forme déterminée d’après celle du réseau capillaire des vaisseaux de la peau. Dans le doute, les médecins légistes ont encore recours à l’incision de la peau, qui leur permet de s’assurer s’il n'existe qu’une simple injection vasculaire, ou si le sang est réellement extravasé dans la peau et le tissu cellulaire sous-cutané.
Les ecchymoses, lorsqu’elles ne sont pas trop considérables, offrent peu de danger par elles-mêmes, et la nature fait presque toujours les frais de la guérison ; il est néanmoins utile d’aider l’action absorbante des tissus en les stimulant légèrement. Lors donc qu’il n’y aura pasde plaies qui contre-indiquent l’application de topiques résolutifs, on aura recours, pour hâter la disparition des ecchymoses, à des applications de compresses trempées dans l’eau froide simple, salée, vinaigrée, mêlée d’alun, dans l’eau blanche ; ou enfin dans l’eau-de-vie camphrée très -étendue d’eau (Y. Contusion, Chute, Plaie). J- B.
écharde [chir.), s. f. Nom donné vulgairement à de petits corps aigus introduits accidentellement dans l’épaisseur de la peau. C’est presque toujours aux mains que lablessure a lieu. Comme cette partie est munie d’un grand nombre de nerfs et d’enveloppes peu extensibles^V . Doigts), la présence de ces corps étrangers peut donner lieu à divers accidents, tels que le panaris et même le tétanos dans quelques cas rares heureu-