EMO
proposé que dans certaines circonstances et souvent en excitant l’ensemble de l’économie ; mais il est quelques autres médicaments qui, tout en rentrant dans cette dernière classe des excitants, ont en outre une action particulière sur la matrice qu’ils stimulent d’une manière spéciale. Ce sont ces médicaments qui méritent le nom d’emménagogues proprement dits; nous citerons parmi eux l’armoise, le safran, la rue et la Sabine. Ces deux dernières substances ont une action très-énergique et on sait que malheureusement elles ont été employées plus d’une fois dans une intention criminelle ; elles ne doivent donc être prescrites que par le médecin, et leur action doit être surveillée avec soin. (Y. Menstruation.)
J.-P. Beaude.
ÉMOXÆIENT {thérap.), s. m. et adj. (du latin emollire, amollir). On désigne ainsi les substances qui jouissent de la propriété de relâcher et d’amollir les divers organes en calmant leur inflammation. Les émollients sont très-usités et très-utiles en médecine. On les administre sous toutes les formes, en boissons, en lotions, en cataplasmes, en lavements, etc. Nous allons indiquer les principales de ces substances. L’eau tiède de 30° à 36° centigrade est Fémollient le plus universel et le plus énergique; il sert de véhicule à tous les autres ; on l’emploie soit à l'état liquide , soit à l’état de vapeur. La gomme, et principalement la gomme arabique, est un bon adoucissant qui convient surtout dans les affections de poitrine. Les plantes mucilagineuses embrassent une grande partie des substances émollientes; on peut citer parmi elles la racine de guimauve, les fleurs et les feuilles de mauve, des verbascum, de buglose, de pulmonaire, de bette, les mucilages de pépins de coing, de semence de plantin et de psyllium, la farine et les mucilages de graines de lin, etc. Les autres émollients sont les huiles fixes non rances, et surtout l’huile d’amande douce, l’amidon et les diverses substances féculacées, comme la pomme de terre, le riz, l’orge, etc., la décoction de mie de pain, les divers fruits sucrés comme les raisins, les dattes et les jujubes, les semences de concombre, etc. Parmi les émollients d’origine animale, nous citerons la gélatine, le blanc d’œuf, le lait, les décoctions ou bouillons de poulet, de mou de veau, d’escargots, etc., à l’extérieur on emploie les graisses bien fraîches , la glycérine, le blanc de baleine ou adipocire, etc. (Y. ces diverses substances).
Comme nous l’avons dit, les émollients ont pour propriété de calmer les inflammations, ils sont ainsi anti phlogistiques ; mis en contact avec les tissus, ils les assouplissent et diminuent .leur rougeur , comme on peut s’en assurer en appliquant des cataplasmes adoucissants sur la peau. Leuraction n’est même pasbornée aux parties sur lesquelles ils sont appliqués immédiatement, elle s’étend bien plus loin ; c’est ainsi que les boissons mucilagineuses introduites dans l’estomac calment la toux et diminuent la fièvre; que dans les inflammations intestinales on a fréquemment recours avec succès à des applications de cataplasmes sur le ventre, que des bains entiers apai-
EMP