III. Appareils de la
Génération.
îo Masculin.
0 Produit de l’union f !v des deux sexes )
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d’être les plus importantes de cette même partie. C’est ainsi que Chaussier, qui a proposé une nomenclature pour toute l’anatomie, avait assez heureusement modifié celle de la myologie en particulier, en donnant à chaque muscle un nom tiré de ses insertions; mais cette réforme n’a pas été universellement adoptée, et cette nomenclature est presque complètement abandonnée aujourd’hui. Nous verrons qu’il en est de même pour les maladies, et qu’une seule et même affection porte jusqu’à trois et quatre noms différents.
Dans ce Dictionnaire, nous avons adopté la nomenclature des Traités classiques et celle qui est suivie dans les cours. Nous avons eu soin cependant d’indiquer la synonymie d’après le Vocabulaire de Chaussier. Le tableau précédent indique les noms des principales parties dont on trouvera la description succincte au mot qui les désigne; et, quant à celles qui n’y sont point mentionnées ou qui ne le sont que sous le titre général auquel elles se rattachent, nous devons renvoyer aux noms des différentes régions. Ainsi, aux mots bras, jambe, pied, main, etc., on trouvera la description et l’indication des différents organes dont ces parties sont composées ; les mots crâne, poitrine, abdomen ont fourni l’occasion de descriptions semblables.
Article 2. — Anatomie générale.
Décomposer les organes en leurs éléments anatomiques primordiaux, comme les chimistes décomposent les corps en leurs éléments, tel est le but de l’anatomie générale. Déjà, dans le siècle dernier, plusieurs anatomistes célèbres avaient étudié, au point de vue de leur structure intime, plusieurs organes de l’économie. Tout le monde savant connaît les belles recherches de Bellini, de Malpighi, sur la structure des glandes; celles de Bordeu sur le tissu muqueux ou tissu cellulaire, et surtout celles du grand Haller, sur la composition des principales parties du corps. Mais il était réservé au génie de notre immortel Bichat de systématiser une science que l’on regar dait comme toute de détails graphiques, de faire voir que les organes du corps sont formés de tissus divers, ayant chacun leurs propriétés physiques et vitales particulières, leurs sympathies, etc. ; en un mot, de fonder ce bel et vaste édifice de Y anatomie générale. Cependant, tout en promettant la décomposition des parties constituantes de l’économie en leurs divers éléments, Bichat oublie bientôt sa promesse, et nous décrit comme simples des parties essentiellement composées : telles que les artères, les nerfs, etc. Toujours poursuivi par ses idées physiologiques sur l’importance du rôle que jouent les différents appareils de l’économie animale, il prit ceux-ci pour point de départ de ses recherches, au lieu de partir du simple, c’est-à-dire de l’élément pour arriver au composé, c’est-à-dire à l’organe. Les observateurs modernes ont reconnu l’écueil et l’ont évité. On est descendu dans des détails plus intimes de la structure organique; et là où le scalpel, là où les sens faisaient défaut, on a appelé à son aide les réactifs chimiques et surtout le microscope. L’évolution des organes a été prise à une époque de plus en plus rapprochée de son origine. Une idée féconde, due à Geoffroy-Saint-Hilaire, a été de demander à la structure embryonnaire les secrets de la structure de l’homme fait, et enfin de comparer le développement des germes dans la série des êtres organisés. Ces différentes voies ont été exploitées activement, en Allemagne et en France où grâce aux savantes recherches des Meckel, des Henle, des Schwann, des Bowmann, des Purkinje, des Valentin, des Serres, des Dutrochet, des Mandl, etc , l’anatomie générale, reprise, refondue, a été établie sur de nouvelles bases. Aussi a-t-elle, pour ainsi dire, changé de nom et se fait-elle appeler Histologie (du grec istos, toile, tissu, et logos, discours), ou science des tissus, comme pour montrer qu’elle a surtout pour objet l’examen minutieux et approfondi de la trame organique étudiée dans ses derniers éléments. On s’est efforcé, dans ce Dictionnaire, de se maintenir à la hauteur des travaux modernes. Nous pouvons renvoyer, à cet égard, aux mots adipeux, cartilage, cellulaire, fibreux, muscles,
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membranes, etc., etc., et aux mots cerveau, glandes en général, nerfs, grand sympathique ; aux mots foie, intestins, peau, poumons, rate et reins.
On a proposé dans ces derniers temps plusieurs classifications des tissus simples de l’économie. Les idées actuelles, qui tendent singulièrement à simplifier l’étude de l’anatomie générale en ramenant tous les tissus à une base commune, la cellule à noyau (voy. Cellulaire, t. I, p. 349), doivent nécessairement les modifier d’une manière plus ou moins profonde. Voici cependant une classification proposée par M. Gerdy, en 1832, qui peut servir de guide et de points de repère dans l’étude de cette science. M. Gerdy partage tous les tissus en deux classes, suivant qu’ils sont généraux, ou très-circonscrits et spéciaux.
lre classe. — Tissus généraux.
Ils sont distribués en sept genres distincts
Genre I. Le tissu albugineux ou gélatineux. — On peut y rapporter : 1° le tissu cellulaire sec et serré du cuir chevelu, sec et lâche de l’aponévrose occipital-frontale, le T.-C. séreux répandu sous la peau et dens l’intervalle des muscles; 2° Le T.-C. membraneux des vaisseaux, des conduits excréteurs et des muqueuses ; 3° Y adipeux ; 4° Y interstitiel ou muciforme des organes, tels que le foie, les reins., la rate, la langue, etc. ; 5° le tissu des membranes sereuses splanchniques ; 6° le tissu des membranes synoviales qui tapissent les articulations ; 7° les deux membranes internes des artères ; 8° la membrane interne des veines et des lymphatiques ; 9° le tissu ligamenteux des ligaments, des tendons, des aponévroses, des gaines, etc. ; 10° le tissu jaune des ligaments jaunes et des artères; 11° le tissu du derme.
Genre II. Le tissu cartilagineux : 1° l’épiphysaire ; 2° inter-osseux du crâne et de la face; 3° des cartilages sterno-costaux ; 4° des paupières, du nez, de l’oreille, du larynx, de la trachée, etc. ; 5° granulé des ligaments thyroïdiens ; 6° des articulations mobiles et des coulisses tendineuses.
Genre III. Tissu ligamento-cartilagineux, qui paraît formé de ces deux éléments, mais que l’on ne peut séparer, et qui, par conséquent, peut passer pour simple ; on le trouve dans les articulations arlhrodiales (les vertèbres, le pubis) et diarthrodiales.
Genre IV. Le tissu osseux, dont M. Gerdy distingue quatre formes : 1° compacte , 2° canaliculé, 5° à canalicules entrecoupés, 4° réticulé.
Genre V. Le tissu nerveux : 1° blanc, 2° gris, 3° jaunâtre des grands centres, 4® des nerfs encéphalo-rachidiens , 5° des nerfs ganglionnaires.
Genre VI. Le tissu musculeux : 1° des muscles proprement dits; 2° des organes musculaires, le cœur, les intestins, la vessie, l’utérus, etc.
Genre VII. Le tissu épidermeux, comprenant 1° l’épiderme, 2° les poils, 3° les ongles.
2e classe. — Tissus simples spéciaux.
M. Huguier en compte dix-neuf, qu’il énumère dans l’ordre suivant : j 1° Le tissu du dartos, enveloppe des testicules; 2° le tissu de Y utérus et des ligaments ronds; 6° le tissu des ovaires ; 4° des testicules ; 5° de la prostate; 6° du thymus; 7° des capsules surrénales; 8° des reins ; 9° du foie ; 10° des glandes salivaires; 11° de la glande lacrymale ; 12° de la rate; 13° du corps thyroïde; 14° de la cornee transparente ; 15° de Y iris ; 16° de .a choroïde; 17° de Yhyaloïde et delà membrane de l’humeur aqueuse; 18° du cristallin; 19° de Y émail des dents.
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Article 3. — Anatomie du foetus, embryologie ou ovologie.
Malgré le mérite incontestable des travaux entrepris sur ce sujet par les observateurs du dernier siècle, on peut dire que l’embryologie est une science toute moderne. Dans l'article Ovologie, notre savant et regrettable collaborateur Ollivier (d’Angers) a exposé seulement l’évolution du fœtus humain; mais la science embryologique repose sur une base plus large: elle embrasse l’histoire de l’évolution des germes dans toute la série des êtres organisés. Ce sont les généralités relatives à cette belle et vaste question que nous devons exposer ici.
Deux théories ont pendant longtemps été en présence pour expliquer le mode de développement des êtres : les organes existent ils dans les germes, ou se forment-ils successivement et de toutes pièces? A ces deux questions répondent les deux doctrines de la préexistence des germes et de l’épigénèse : 1° L’hypothèse de la préexistence suppose que le germe contient en lui tous les éléments de toutes les parties du corps, telles qu’elles doivent se manifester dans la suite, et même dans une exagération de cette théorie, le principe de tous les êtres qui lui devront la naissance : c’est ce que l’on appelait ï emboîtement des germes. Dans cette doctrine, tous les êtres vivants, passés, présents et futurs auraient été créés à la fois ; mais, sans pousser aussi loin la conséquence du principe de la préexistence des germes, et se bornant à l’idée de la préexistence des parties futures dans un germe donné, les auteurs qui adoptèrent cette opinion pensaient que tous les rudiments des organes étaient mis en activité de développement par le cœur, organe central et premier agent, premier moteur ( primum faciens ) de la puissance formatrice. Or, on sait aujourd’hui que le cœur n’est pas la première partie apparente dans l’évolution embryonnaire, et que, chez certains animaux inférieurs, les zoophytes, il manque entièrement.
2° La doctrine de Vépigénèse généralement adoptée aujourd’hui, remonte à l’Ecole hippocratique. Hippocrate, ou plutôt l’auteur du livre Sur la nature de l’enfant ( de Naturâ pueri), disait que les membres naissent et se détachent du corps, comme les branches sortent de la tige; seulement, ajoute-t-il, leur organisation est plus parfaite. Dans la doctrine de l’épigénèse, on admet donc que les organes se forment successivement par addition de parties. Suivant les recherches modernes et en particulier celles de M. Serres, on établit que la matière vivante, en s’organisant, se meut de la périphérie au centre, c’est-à-dire que, règle générale, tout organe se dessine d’abord par ses côtés, que tout apparaît d’abord par la superficie, et que ces parties, primitivement isolées, se concentrent en se perfectionnant. C’est ce que M. Serres appelle loi centripète des formations. Ainsi, dans le principe, les organisations sont doubles , cette dualité constitue une des bases de la doctrine des embryologistes modernes.
Avant l’imprégnation, l’œuf est composé de trois parties : 1° d’une membrane qui l’enveloppe extérieurement, c’est le chorion; 2° de la vésicule prolifère, et 5° d’une masse granuleuse, le vitellus. La vésicule arrive à la surface du vitellus qui l’entoure d’une membrane propre, et présente pour la maintenir dans le point de jonction, une tache jaunâtre appelée disque prolifère. La vésicule ayant été en contact avec les animalcules spermatiques est fécondée, elle se rompt alors, et la matière qu’elle contenait s’épanche dans la capsule du disque prolifère que supporte le vitellus. Alors le disque se change en membrane blastodermique (du grec blastos, germe, derma, peau, membrane), qui ne tarde pas à se transformer en deux sacs germinateurs, lesquels portent avec eux les éléments de l’organisme du futur embryon. L’intervalle qui les sépare est nommé ligne primitive; ainsi se trouve appliqué, dès l’origine des choses, la loi de dualité. Chacun de ces sacs germinateurs ou blastodermes est formé de trois feuillets ou couches de nature differente. Le feuillet extérieur ou séreux qui entre le premier en action , produit la
moelle épinière, l’encéphale et les organes de la vie de relation; puis le feuillet moyen ou couche vasculaire détermine la formation du système vasculaire, en commençant par les vaisseaux de la périphérie et finissant par le cœur; enfin , le feuillet interne ou muqueux produit les organes dont l’ensemble constitue les appareils digestif et respiratoire. Cette doctrine fondée sur l’observation directe rejette bien loin celle qui attribuait le développement des organes à l’action du cœur, qui alors aurait dû être formé le'premier, et elle explique le rôle secondair qu’il joue chez certains animaux inférieurs, les mollusques par exemple, jusqu’à ce qu’enfin ci n’en trouve plusde traces chez leszoophyteset les radiaires. Du reste, les évolutions du blastoderme n’ont pas toujours lieu dans le même ordre. Ainsi l’on a reconnu que chez les mollusques, c’est le feuillet interne ou muqueux qui ouvre la marche et que l’appareil digestif est formé le premier. Chez les animaux inférieurs, l’ordre du développement est donc inverse et centrifuge. Notons, d’ailleurs, que les idées de M. Serre, sur la loi de formation centripète, ne sont point admises par tous les embryologistes, et que des dissidences notables existent encore entre eux sur divers points de l’évolution des germes. (Y. Ovologie .)
Article 4. — Anatomie philosophique.
Elle s’appuie sur l’anatomie générale et sur l’embryologie pour expliquer les lois de l’organisme vivant. Nous en avons exposé les principales lois au mot Organisme, nous n’avons rien à y ajouter ici.
Article 5. — Anatomie chirurgicale ou des régions.
Nous n’avons pas à insister ici sur l’utilité qu’il y a pour le chirurgien à connaître les rapports exacts, les relations de contiguïté ou de connexité qui unissent les différents organes dont se compose une région donnée. Comment comprendre que l’on ose porter l’instrument tranchant au milieu des tissus vivants, sans savoir d’une manière précise les parties que l’on doit rencontrer et à quelle profondeur et dans quelle direction elles se trouvent, et quels sont leur forme, leur volume , etc. ? Comment aller à la recherche d’une artère cachée au sein des muscles, pour en opérer la ligature, si l’on ne sait pas au juste entre quels faisceaux musculaires elle est située, quelle est sa situation par rapport aux veines, aux nerfs qui l’avoisinent? Comment pratiquera-t-on l’opération de la hernie étranglée, sans connaître , de la manière la plus minutieuse, l’étendue et la direction de l’anneau qui lui donne passage, les connexions de celui-ci avec les artères environnantes, etc., etc. ?... Une étude attentive des formes extérieures du corps, des relations entre les saillies ou les dépressions périphériques et les organes intérieurs, est ici d’une grande importance, et sert à diriger avec plus de certitude la main de l’opérateur.
Voici un tableau des régions du corps admises par les anatomistes et les chirurgiens. Le corps se divise en deux parties bien distinctes : le tronc et les membres.
I. Le tronc se partage lui-même en cinq parties : la tête, le cou, la poitrine, le ventre et le bassin.
1° Tête. Elle se compose du crâne et de la face. — A. Le crâne renferme les régions suivantes : frontale, temporo-pariétale , occipito-mastoïdienne. — B. A la face, on trouve les ré gions : nasale, orbitaire, géniale ou des joues, mentale ou du menton, labiale ou des lèvres buccale ou de la bouche, qui comprend la langue, le palais, les amygdales, le voile du pa i lais, etc.; région pharyngienne ou du pharynx, auriculo-parotidienne, où se trouve l’oreille et le creux parotidien ;
2° Cou. On y distingue deux régions principales : 1° région antérieure , divisée en ré-
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gion sus hyoïdienne, entre l’os hyoïde et la mâchoire inférieure; et région sous-hyoïdienne et sus-claviculaire ; 2° région postérieure ou nuque.
5° Poitrine. On y trouve une région sternale ou antérieure et moyenne, une région mammaire ou antérieure et latérale, une région costale ou latérale, et une région spinale ou postérieure.
4° Abdomen. Sa partie antérieure se partage en trois zones : 1° zone supérieure ou thoracogastrique, qui présente au milieu la région épigastrique, et de chaque côté les régions hypocondriaques droite et gauche ; 2° la zone médiane ou mésogastrique, qui comprend au milieu la région ombilicale et de chaque côté les flancs ; 5° la zone inférieure ou hypogastrique, qui offre au milieu la région hypogastrique et de chaque côté les régions iliaques : en arrière, on trouve les deux régions lombaires droite et gauche.
5° Bassin. Il présente à étudier, en avant : 1° une région antérieure qui comprend les organes génito-urinaires ; en bas et en dessous une région ano-périnéale ; en arrière, une région sacro-coccygienne; latéralement et en arrière, une région fessière ou de la hanche.
II. Des membres. Us sont de deux sortes : thoraciques ou pelviens.
1° Membres thoraciques. Us offrent en haut une région scapulo-humérale ou de Yépaule, et une région axillaire ou de l’aisselle ; le bras lui-même comprend deux régions : l’une antérieure, l’autre postérieure ; la partie moyenne à l’union du bras et de l’avant-bras présente la région humer o-cubitale , qui contient le pli du bras en avant et le coude en arrière; l’avantbras a, lui aussi, deux régions : l’une antérieure, l’autre postérieure ou dorsale; de môme pour le poignet, de même pour la main et les doigts.
2° Membres pelviens ou abdominaux. Ils présentent, en haut et en avant, la région ilioinguinale ou pelvi-crurale ou de l’aine ; puis vient la cuisse elle-même avec ses deux régions antérieure et postérieure ; puis la région fémoro-tibiale, qui présente en avant le genou et en arrière la région poplitée ; ensuite la jambe, à laquelle on reconnaît une région antérieure ou externe, une région interne et une région postérieure; la région tibio-tarsienne à l’union de la jambe avec le pied comprend : les malléoles, le cou-de-pied et le tendon d’Achille; le pied renferme deux régions : une dorsale et une plantaire, et enfln les orteils ont également deux faces : une plantaire et une dorsale.
Article 6. Anatomie pathologique ou morbide.
Les considérations que nous avons à émettre sur cette question trouveront mieux leur place à propos de la pathologie, à laquelle l’anatomie morbide appartient exclusivement.