‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 210 sur 316 · ÉMU · texte numérisé non relu

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animales exposées à l’action d’un feu trop violent, et qui par ce fait éprouvent un commencement de carbonisation ; on nomme aussi huiles empyreumatiques les huiles que l’on obtient par la distillation des matières animales à feu nu. L’huile empyreumatique de Dippel est quelquefois employée comme anti-spasmodique puissant. Toutes les huiles empyreumatiques sont fortement excitantes. J. B.

émulgent (anat.) adj. Aeemulgere, traire. On donne ce nom aux artères et aux veines qui correspondent aux reins , parce que c’est dans ces organes que l’urine se sépare du sang (V. Reins).

ÉMULSION [pharm.) s. f. d ’emulgere , traire, tirer du lait. On donne le nom d’émulsion à une préparation d’apparence laiteuse faite avec des amandes, ou de l’huile et une matière gommeuse. Les amandes de presque tous les fruits peuvent servir à préparer des émulsions, mais les plus employées sont les amandes douces, les graines de pivoine, les noisettes, les noix, les pistaches , enlin toutes les semences huileuses qui ne contiennent pas un principe âcre ; les graines de potirons , de concombres , de courges , ont reçu le nom de semences froides. Pour préparer ces émulsions on jette les semences dans l’eau bouillante, afin de les débarrasser plus facilement de leur enveloppe; on les triture ensuite dans un mortier de marbre, de verre ou de porcelaine, on les réduit, en y ajoutant du sucre , en forme de pâte que l’on délaye ensuite avec de l’eau ; lorsque l’on veut former un looch , on y ajoute ordinairement de la gomme, afin de lier davantage l’émulsion. Les acides et l’alcool font ordinairement ce qu’on appelle tourner une émulsion, c’està-dire qu’ils s’opposent à la suspension de l’huile dans l’eau, suspension qui a lieu au moyen de la matière mucilagineuse et parenchymateuse que contiennen t les amandes et que l’alcool ou les acides précipitent : aussi a-t-on soin, dans les prescriptions médicales, de ne jamaismèler de ces liquides à une émulsion.

Les émulsions se décomposent assez promptement, surtout en été, par la fermentation qui se développe entre les principes qui les constituent; on empêche ce phénomène en ajoutant une proportion très notable de sucre aux amandes, et c’est sur ce principe qu’est basée la préparation du sirop d’orgeat, avec lequel on peut faire instantanément une émulsion en en versant une cuillerée à bouche dans un verre d’eau.

On donne aussi à l’émulsion que l’on prépare pour boisson le nom de lait d’amandes. On le prépare de deux manières , selon que l’on veut l’administrer pour boisson ou comme potion. Le lait d’amandes comme boisson se fait avec:

Amandes douces. 1/2 once.

Eau. 1 litre.

Celui que l’on administre comme potion avec : Amandes douces. 1 once.

Eau. 5 onces.

Cette potion doit se prendre en une seule fois; elle agit comme tempérante et légèrement calmante.

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Ces émulsions doivent se préparer, ainsi que nous l’avons déjà dit , en pilant les amandes avec une' légère proportion de sucre, suffisante pour édulcorer convenablement la boisson, et en ajoutant successivement et peu à peu l’eau qui doit les tenir en suspension; il est convenable de passer ensuite l’émulsion à travers un tamis.

Le sirop d’orgeat se prépare avec les proportions suivantes :

Pr. Amandes douces. 1 livre,

id. amères. 5 onces.

Eau. 4 livres.

Sucre. 8 livres.

Eau de fleurs d’oranger. 3 onces.

Après avoir séparé les pellicules des amandes au moyen de l’eau bouillante, ainsi que nous l’avons déjà dit, on les pile avec une petite proportion de sucre et d’eau dans un mortier de marbre, ou bien on les broie en une pâte fine sur une pierre à chocolat ; on fait avec cette pâte et l’eau nne émulsion dans laquelle on ajoute le sucre cassé par morceaux ; l’on fait chauffer à une température qui ne doit pas dépasser 40o, pour faire dissoudre le sucre ; l’on passe et l’on verse ensuite l’eau de fleurs d’oranger pour aromatiser. On conseille, pour conserver ce sirop , de garder les bouteilles à la cave, en ayant soin de les renverser de manière à ce que le goulot soit en bas, ce qui est facile en les plaçant sur une planche à bouteilles.

On prépare aussi des émulsions avec de l’huile d’amandes douces et de la gomme ; cette potion émulsivese fait ainsi :

Pr. Huile d’amandes douces. 1 once.

Gomme arabique. 2 gros.

Sirop de fleurs d’oranger. 1 once.

Eau de tilleul. 2 onces.

On mélange dans un mortier l’huile avec la gomme, que l’on a déjà humectée d’un peud’eau; il est convenable de ne verser l’huile et l’eau que peu à peu : cette émulsion reste long-temps sans se décomposer, et est fort agréable au goût lorsque l’huile est bien fraîche.

On peut , au moyen de la gomme arabique ou de la gomme adragantlie, émulsionner ainsi toutes les huiles ; ce moyen est souvent employé pour faire prendre comme purgatif l’huile de ricin qui sculeinspire souvent beaucoup de répugnance aux malades. On prépare aussi avec les résines, les huiles essentielles et les gommesrésines , des émulsions qui se font avec de la gomme ou un jaune d’œuf ; ces émulsions , dans lesquelles il n’entre pas d’huile fixe ont pour objet de suspendre dans l’eau des substances qui ne sont solubles que dans 1’ alcool ou dans les huiles fixes. Ces sortes de préparations , qui ont reçu le nom de fausses émulsions s’emploient fréquemment, l’on administre ainsi et d’une manière plus commode le copahu, le camphre, l’huile de térébenthine, Passa fœtida, etc., etc. La proportion de jaune d’œuf ou dégommé que l’on emploie pour mettre ces diverses substances en suspension , varie suivant la quantité de ces mêmes médicaments.

Les loochs que l’on emploie en médecine ne

sont autre chose que des potions émulsionnées avec les amandes douces, les pistaches , l’huile ou les jaunes d’œufs ; ils ont. reçu différents noms, suivant les substances médicamenteuses auxquelles ils servent de véhicule (Y. Looch ).

J.-P. Beaude.

encens (mat. mèd .) s. m. Nom donné vulgairement à la résine nommée oliban (V. ce mot). L’encens des églisesestun mélange de résine commune et de résine oliban.

encéphale (anat.) s. m. du grec, en dans, et de képhalè , tête. Nom donné à toute la masse du cerveau et de la moelle épinière (V. Cerveau).

encéphalocéls (path.) s. f. du grec enképhalone, cerveau, et de kélé, hernie ; hernie du cerveau. Cette hernie ou déplacement du cerveau s’observe chez les enfants qui viennent de naître, et elle est déterminée par l’ossification tardive des os du crâne; d’autres fois elle a lieu après la naissance et même dans l’âge adulte à la suite d’une perte de substance aux os du crâne. Les enfants affectés d’encéphalocèles succombent le plus ordinairement dans les premiers temps qui suivent leur naissance, cependant on a vu des sujets qui portaient de ces tumeurs peu considérables vivre pendant de longues années, mais ces cas sont rares J. B.

encéphalite ( mèd .) s. f. C’est l’inflammation

du cerveau (Y. Fièvre cérébrale).

encéphaloide (path.) adj. du grec enképhalone, cerveau, et d eeïdos, ressemblance, qui ressemble au cerveau. On donne ce nom à une matière blanchâtre, pulpeuse, qui se forme dans les tumeurs cancéreuses lors de leur dégénérescence, elles ont ordinairement le caractère d’une affection cancéreuse déjà avancée (V. Cancer)

SNCH1FRBNEMENT (V. Coryza).

enclavement (accouch.) s. m. On donne ce nom à la position que prend la tête du fœtus lorsqu’elle se trouve fortement engagée dans le petit bassin, et que par son vo’uæe ou l’étroitesse de cette partie elle ne peut plus avancer ni remonter.On dit que la tète est simplement arrêtée au passage , lorsqu’elle ne peut franchir le petit bassin, mais qu’elle peut remonterfacilement après chaque contraction utérine. J. B.

endémiques (Maladies) (méd.) s. f. du grec en, dans et démos, peuple. On donne ce nom à des maladies qui se développent dans une localité par des causes qui sont inhérentes aux lieux mêmes, et qui y régnent constamment ; l’endémie diffère sous ce rapport de l’épidémie, en ce que cette dernière maladie n’agit que d’unemanière passagère, tandis que l’endémie est permanente.

Les causes des maladies endémiques sont nombreuses ; elles tiennent le plus ordinairement au climat, à la situation des lieux, aux aliments habituels, aux vêtements et aux mœurs despopula-

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tiens. Ces causes, qui sont extrêmement variables par leur nature, peuvent, ainsi qu’on l’a constaté, donner lieu à une foule d’affections de caractères différents ; cependant il est des causes générales qui reproduisent les mêmes résultats : ainsi les lieux humides et marécageux déterminent constamment des fièvres intermittentes, dont l’activité se trouve en rapport avec l’élévation de la température; les localités humides, privées de lumière, et dans lesquelles l’air se renouvelle avec difficulté, favorisent chez les enfants le développement des affections scrofuleuses, et l’on observe ces résultats dans les quartiers étroits et populeux des grandes villes et dans les villages situés au centre oudanslevoisinage des boiset des forêts. Nous n’indiquerons pas ici toutes les maladies endémiques qui ont été observées dans les différents pays, on les trouvera dans ce dictionnaire à leurs noms spéciaux; cette énumération nous entraînerait dansdes détails qui ne peuvent trouverplace dans le cadre étroit que nous nous sommes tracé; il suffira de signaler quelques-unes de ces endémies les plus importantes par leur gravité et l’étendue des pays qui sont soumis à leur action.

La peste , qui autrefois n’apparaissait que d’une manière épidémique, est devenue endémique en Orieht et surtout en Egypte, depuis que les Turcs se sont emparés de ces contrées ; les soins hygiéniques auxquels se soumettaient les populations antiques étaient parvenus à éloigner ce fléau, que l’incurie et le fatalisme des populations musulmanes laissent se perpétuer depuis des siècles. Notre savant collaborateur, M. Pariset, a démontré, dans un mémoire qu’il publia au retour de sa mission en Egypte , les avantages hygiéniques que les peuples de l’ancienne Egypte retiraient del’embaumement des cadavresdes hommes et des animaux, et il attribue , avec raison selon nous, le développement de la peste à la décomposition des débris organiques sur un sol régulièrement inondé et soumis à l’action d’une température élevée ; nous reviendrons sur ce sujet au mot Peste.

La fibvre jaune ou typhus d’Amérique est endémique dans les îles de l’Archipel des Antilles et sur le littoral qui contourne le large golfe du Mexique. Dans l’intérieur des terres, sur les côtes de l'Océan-Pacifique , ce sont des fièvres intermittentes graves avec engorgement des viscères, etdontles conséquences sont souvent funestesanx individusnon acclimatés. Dans cette partie dumonde, la dernière arrachéeau sein des eaux, si nous en croyons les géologues, l’humidité du sol jointe à l’action d’une température élevée rend lé climat dangereux pour les Européens , dont l’organisation n’a pas encore été modifiée par son influence. Ce résultat est si évidemment l’effet des causes que nous avons indiquées , que si l’on quitte le littoral et les vastes plaines où coulent les grands fleuves pour s’élever sur la chaîne des montagnes des Andes, on voit cesser, lorsque l’on est à une certaine hauteur, les maladies que nous venons d’indiquer, et l’on retrouve les maladies endémiques que l’on observe dans lesrégions alpines ; tel que le goitre qui est si commun dans le

Valais, et dont M. Boussingault , ainsi que nous l’avons dit autre part, croit avoir reconnu la cause dans l’usage que font les habitants des montagnes de l’eau des glaciers , qu’ils boivent avant qu’elle n’ait été suffisamment aérée.

Le cholera-morbus est endémique dans l’Inde , sur les bords du Gange ; et pendant des siècles il n’avait pas quitté les rives du fleuve , lorsque dans ces dernières années il vint , en traversant l’immense plateau de l’Asie, exercer ses ravages en Europe. Ce fait, ainsi que plusieurs autresqui se sont manifestés dans les temps anciens et qui se renouvellent encore de nos jours pour diverses maladies, et surtout pour la fièvre jaune , montre qu’une maladie endémique peut quelquefois prendre le caractère épidémique, c’est-à-dire se développer au-delà des lieux qui lui donnent ordinairement naissance. C’est ainsi que la variole, qui autrefois était confinée en Asie et dans l’est de l’Afrique , s’esi répandue en Europe dans les sixième et septième siècles.

Si l’on a observé que les maladies endémiques se déplacent quelquefois, on a également constaté qu’elles changent aussi de nature; ainsi les maladies de la peau etlalèpre, qui étaient si communes dans nos climats depuis le sixième siècle jusqu’aux quatorzième et au quinzième, sont considérablement diminuées aujourd’hui : la lèpre a même complètement disparu , car les cas rares de cette maladie que l’on observe encore aujourd’hui ont presque tous été contractés dans d’autres climats. La plique, qui était si commune en Pologne et qui affectait autrefois tous les rangs, devient, dit-on, plus rare aujourd’hui , et elle ne s’observe plus que dans les dernières classes de la société. Ces améliorations sont produites par le changement des mœurs , par les progrès des soins hygiéniques; ce sont de cesmo difications heureuses qui sont dues à la civilisation et aux progrès des sciences , et qui viennent balancer avec avantage les reproches peu fondés, à notre avis , que l’on fait à la diffusion des lumières, et à ce qu’on appelle le déclassement de notre époque.

Il est peu de contrées du globe qui ne soient soumises à quelques maladies endémiques ; il en est dont il serait difficile de déterminer la cause. Dans ce nombre est la pustule d ' Alep ou de Bas sora (V. ce mot), qui ne se développe que dans ces localités, ou sur ceux qui les onthabitées quelque temps; elle apparaît quelquefois plusieurs années après qu’on a quitté le pays.

Au mot propre à chaque maladie endémique , nous donnerons des détails sur sa nature et sur sa marche, ce qui ne ferait qu’alonger cet article si nous les répétions ici.

J. -P. Beaude. i

endermiqoe (Méthode) ( thér .), s. f., du grec en, dans, et derma, peau. On appelle ainsi une nouvelle manière d’administrer certains médicaments, qui consiste à les appliquer sur la peau privée de son épiderme ; ils sont alors absorbés et portés dans le torrent de la circulation. Quoique indiquée depuis long-temps, cette méthode

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n’a été bien étudiée et employée que tout récemment (en 1823) par des médecins français; elle offre des avantages dans certaines indications thérapeutiques, et toutes les fois que l’estomac ru le reste du tube digestif étant malade ne pouroait, sans inconvénient, être mis en contact avec des médicaments actifs. Les substances ainsi introduites dans le corps agissent, en général, tomme si elles avaient été avalées. On peut détacher l’épiderme au moyen d’un vésicatoire qu’on applique la veille ; le lendemain on fait couler sa sérosité accumulée, et on enlève facilement l’épiderme soulevé ; il reste alors une surface rouge et dénudée, sur laquelle on place le médicament; on peut renouveler cette application les jours suivants en enlevant chaque fois avec une spatule, une concrétion albumineuse qui se forme le plus souvent à la surface de la petite plaie. Au lieu du vésicatoire qui n’agit que d’un jour à l’autre, on peut se servir de la pommade de Gondret (pommade afnmoniacale), qui soulève l’épiderme en moins d’un quart-d’heure. Le médicament, réduit en une poudre impalpable, est alors étendu uniformément sur la surface dénudée ; s’il est liquide, on le verse goutte à goutte. Lorsqu’il est trop irritant, on modère son activité en le mêlant avec de la gélatine en poudre ou avec un corps gras. On recouvre ensuite le tout d’un morceau de sparadrap ou d’un linge convenablement maintenu. Parmi les substances ainsi administrées, nous citerons plus particulièrement l’acétate ou i’ hydrochlorate de morphine; on en applique depuis un quart de grain jusqu’à un grain et rarement plus; la surface dénudée doit avoir un pouce environ de diamètre. La morphine agit alors comme un calmant local et général très énergique; aussi ce moyen estil fréquemment usité pour combattre des névralgies et d’autres affections nerveuses. 11 est inutile de dire que pour chaque médicament il faut calculer soigneusement les doses d’après l’énergie reconnue de la substance employée. (V. Médicament.) J. B.

enbuit [path.) s. m. On donne ce nom à une concrétion qui se forme sur une plaie ou sur une surface habituellement humide ; la peau peut être aussi couverte, dans quelques maladies, d’un enduit particulier sécrété par les follicules qui entrent dans sa composition; les divers enduits dont la langue est couverte sont des signes importants dans les maladies (V. Langue, Plaie).

ENBÜRGÎSSEBIENT DU TISSU CEELUtau^E

’pnéd.) (V. Nouveaux-Nés ) Maladies des).

enfant (/ hyg . et path.) s. m. C’est pendant la durée de l’enfance, qui s’étend depuis la naissance jusqu’à l’âge de la puberté , que l’organisation physique et morale présente le plus de dévelopment et subit le plus de modifications. Les divers degrés que les médecins et les naturalistes ont cherché à établir dans le cours de l’accroissement de l’enfance, entre le premier, le second et le troisième âge, ne peuvent être déterminés d’une ta-

nière bien précise , et sont simplement indiqués par l’époque du travail delà première dentition, celle du développement des premières dents permanentes, et enfin par les changements qu’amène la puberté. Mais ces principales phases de l’accroissement physique de l’enfance , ne sont pas tellement tranchées, qu’on puisse en assigner les limites d’après les âges : cet accroissement ne se fait pas par saccades et par bonds, mais d’une manière lente , insensible , constante et plus ou moins régulière. Il y a d’ailleurs un grand nombre de variétés à cet égard. L’enfant qui vient de naître et qui est complètement bien organisé, apporte ordinairement en venant au monde, le germe des vingt premières dents, et déjà ceux des dents de remplacement ; mais chez la plupartdes enfants les incisives apparaissent dès les premiers mois de la naissance , chez d’autres elles ne poussent qu’au bout de six à huit mois ; pour quelques-uns elles se font attendre jusqu’à un an et demi. L’époque du développement des premières dents permanentes, n’offre pas moins de variations, depuis quatre ans jusqu’à sept. L’âge de la puberté est aussi très variable, non seulement suivant les climats, mais même dans chaque climat, suivant la constitution individuelle et une foule de circonstances accessoires. Ce qu’il y a de plus constant , c’est l’accroissement rapide et le développement prodigieux de toutes les facultés physiques et morales, depuis la naissance jusqu’à l’âge de quinze à seize ans , terme moyen de la puberté dans les climats tempérés. L’enfant nouveau-né est si différent de celui qui a atteint dix à douze ans, qu’il n’y a plus rien de comparable entre eux : il n’est plus du tout semblable à lui-même; ce sont deux êtres entièrement distincts sous le rapport de l’organisation physique et du développement des facultés intellectuelles. Quandonrapprochecesdeux extrêmes de l’enfance, on est admirablement surpris des changements extraordinaires qui s’opèrent si rapidement pendant la durée de ce premier âge de la vie. On conçoit dès lors facilement quels efforts considérables la nature a à faire pendant l’enfance, et pourauoi l’homme est, pendant cet âge, beaucoup plus exposé aux maladies qu’à tout autre époque de la vie. En effet, l’enfant est non seulementaffligé de beaucoup de maladies qui sont particulières à cet âge, mais encore de presque toutes celles qu’on observe dans la durée du reste delà vie. Aussi combien l’enfance n’a-t-elle pas besoin de secours et de soins pour veiller à sa conservation. Afin d’atteindre son but, la nature a placé au cœur de l’homme ce sentiment profond et si durable de la paternité ; mais c’est surtout à l’amour maternel, le plus pur, le plus vif, le plus constant de tous, qu’elle a confié la vie de l’enfant; c’est à la tendresse maternelle qu’est donné, dans toutes les positions sociales, le soin de veiller à la conservation de l’enfant et d’écarter de lui les dangers qui l’entourent. Notre intention étant surtout ici de guider les bonnes mères qui chérissent leurs devoirs , je m’adresserai particulièrement à ellesdans cetarticle; je leur doiscethom. mage : en partageant souvent leurs angoisses

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j’ai été à même d’admirer tout ce qu’il y a d’héroïsme dans l’amour maternel, et je ne saurais dire tout ce qu’il m’a inspiré de vénération, je dirai même de reconnaissance; car je l’ai souvent répété, la médecine chez les jeunes enfants offre tant de difficultés , qu’il faudrait y renoncer s’il n’y avait pas de mères. Leur merveilleuxinstinct ne laisse presque jamais rien échapper de ce qui peut éclairer le médecin ; plus fidèles observatrices des prescriptions qui regardent leur enfant que de celles qui les concerneraient ellesmêmes, une sorte de respect religieux semble en quelque sorte leur défendre de s’en écarter. Elles comptent souvent pour rien les soins qu’ori leur donne, mais quelle reconnaissance n’ont-elles pas pour ceux qu’on prodigue à leur enfant! Tant de dévouement, tant d’amour devraient au moins être récompensés par quelques jouissances , mais qu’elles sont rares et bien souvent achetées par de cruelles inquiétudes , quelquefois même par de cuisants chagrins !

Si Dieu réserve à l'âme maternelle

Un bonheur pur qui n’est point fait pour nous,

Il mêle aussi parmi ces biens si doux

D’affreux chagrins qui ne sont que pour elle.

Je ne parlerai point ici des soins à donnerau nouveau-né, il en doit être question dans un autre article; mais à peine l’enfant a-t-il pris le sein, qu’il est déjà exposé à une foule de maladies différentes : ces maladies du premier âge de la vie ont été long-temps mal observées et mal connues. L’abandon et la négligence des médecins , il faut le dire, n’a pas peu contribué à laisser cette partie importante de la médecine en arrière et sous l’empire des préjugés des matrones et des commères. La dentition, les vers, l’accroissementontété pendant des siècles considérés comme les causesprincipales des maladies du premier âge , tandis que ces causes ne sont le plus souvent que très secondaires ou simplement occasionnelles. Il est très naturel cependant que les enfants, qui sont organisés à la manière des adultes, qui sontexposésaux mêmes influences physiques, et qui sont encore beaucoup plus impressionnables et plus faibles soient sujets aux mêmes maladies. Celles du premier âge ont peut-être , sous plusieurs rapports , beaucoup plus d’analogie avec les maladies de la vieillesse qu’avec celles de l’âge adulte. Le jeûne enfant semble toutefois très différent d’abord du vieillard sous le point de vue physiologique; dans l’un, tousles organes sont flexibles, mobiles et tendent au développement ; dans l’autre il y a au contraire sécheresse , rigidité , difficulté à se mouvoir, et tous les organes tendent à se rétracter. Chez l’enfant il y a un afflux abondant de sensations et de mouvements de relations, tandis que chez le second toutes les excitations s’affaiblissent et les rapports des relations diminuent. L’enfant commence et s’essaie à vivre ; le vieillard s’éteint et meurt par degrés. Néanmoins, malgré ces grandes différences , les maladies des extrêmes de la vie, présentent plusieurs points remarquables de ressemblance; la faiblesse , qui est le caractère distinctif de la vieillesse et de l’en-

fance, quoique dépendante de causes différentes, imprime à leurs maladies des formes communes et une marche analogue. Ainsi la prédominance de l’activité du cerveau chez les enfants, et l’affaiblissement de ce foyer d’excitation chez les vieillards , amènent des résultats à peu près semblables ; les maladies de l’encéphale sont plus communes chez les uns et les autres que dans l’age adulte, etpresque touteslesaffections graves dans l’enfance et la vieillesse, commencent pardes symptômes cérébraux, qui masquent bien souvent d’abord les lésions principales. La délicatesse des organeschez les enfants, leur affaiblissementchez les vieillards, impriment à la marche de leurs maladies un caractère commun, tantôt une terminaison prompte etsouvent funeste, tantôt, au contraire, une marche longue et chronique ; sous cette dernière forme l’amaigrissement est alors chez tous deux portéau dernierdegré, etles traits delà face s’altèrent de la même manière; les enfants ressemblent à de petits vieillards , et rappellent les figures de leurs grands parents : mais la grande différence qui existe toutefois entre les maladies graves des enfants et celles des vieillards , c’est que si les uns et les autres tombent souvent rapidement dans une grande prostration de forces, les premiers se relèvent beaucoup plus souvent et beaucoup plus rapidement que les autres , parce que les organes de l’enfant, étant seulement médiocrement épuisés, peuvent facilement réagir, au lieu que chez le vieillard la sensibilité des organes est tarie , et n’est plus qu’à peine susceptible de réaction.

Les maladies des organes de la digestion, sont le plus ordinairement celles qui se présentent d’abord chez les nouveaux-nés. Dès les premiers jours de la vie, la plupart des enfants paient leur tribut aux infirmités humaines, par la jaunisse et les coliques spasmodiques de l’eslomac et des intestins : ils sont aussi assez fréquemment atteints d’inflammations gastro-intestinales et surtout d’entérites. Les moyens les plus sûrs de prévenir la plupart de ces maladies, sont de faire suivre aux jeunes enfants un très bon régime : il faut éviter en général de leur donner d’autres aliments que le lait de leur mère ou de leur nourrice, et si les circonstances s’opposent à ce qu’ils puissent prendre le sein, il faut leur donner seulement de bon lait de vache coupé avec de l’eau sucrée chaude. Beaucoup d’enfants nouveauxnés se trouvent très mal des décoctions d’orge , de gruau ou d’autres substances féculentes qu’on ajoute au lait de vache; elles rendent la digestion beaucoup plus difficile, et donnent ensuite lieu à des vomissements ou à des diarrhées souvent interminables.

L’époque à laquelle on doit commencer à donner des aliments aux enfants à la mamelle , doit êtredifférente,suivantles constitutions et les tempéraments des enfants, qu’il faut chercher à étudier dès les premiers temps de la vie. Ou doit en général, éviter de donner des aliments aux enfants délicats, avant cinq à six mois, parce que dans les premiers temps de la vie, leurs organes sont le plus souvent trop faibles pour bien digé-

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rer autre chose que le lait. Il faut egalement se garder de tenir les enfants uniquement au sein et sans autre nourriture jusqu’à un an : ces enfants, élevés seulement avec du lait, sont ordinairement très gras, très frais et d’une santé en apparence florissante; mais ils sont plus lymphatiques que d’autres et d’une constitution plus faible. Les enfants qui ont peu d’appétit, repoussent en général tout autre espèce de nourriture que le lait, et ne peuvent pas même le supporter; il fautnedonner à ceux-là que le sein , en leur offrant cependant toujours quelque chose à boire, ne fût-ce que de l’eau sucrée, pour leur faire contracter de bonne heure l’habitude de boire, ce qui est souvent très utile quand ils tombent malades ou qu’ils sont momentanément privés du sein. Certains enfants très voraces, ou dont les nourrices n’ont pas de lait, doivent prendre des aliments dès les premiers mois de leur naissance, mais il est prudent de commencer toujours par quelques cuillerées de substances liquidés, et une fois par jour d’abord. Les premiers aliments qui conviennent en général le mieux aux enfants , sont les bouillies faites avec les fécules de pommes de terre ou d’arrow-root , la farine de froment , ou mieux encore la mie de bon pain sèche et réduite ensuite en colle claire par la cuisson prolongée dans l’eau. On ajoute à ces bouillies bien cuites un peu de lait de vache et du sucre. Chez les enfants faibles , sujets aux coliques venteuses , et qui ont le ventre très distendu par des gaz, il est souvent bon d’ajouter un ou deux grains d’anis concassé, qu’on laissera macérer quelques minutes seulement dans la bouillie très chaude , et qu’on jettera ensuite. Ces bouillies bien faites réussissent ordinairement à presque tous les enfants, même fort jeunes, calment leurs coliques et aident au sommeil ; mais quelques-uns ne peuvent supporter que le lait, d’autres ne digèrent bien que les fécules, le bouillon de poulet ou de bœuf.

L’époque du sevrage ne peut pas être la même pour tous les enfants; il en est qu’on peut sevrer très jeunes sans aucun inconvénient : ce sont ceux qui mangent bien et qui mangent de tout sans être incommodés. Ceux au contraire qui ne veulent pas manger, qui sont facilement dévoyés par les plus légers aliments, ne peuvent être sevrés que très tard et par degrés. Le régime de ces enfants exige alors une grande surveillance ; beaucoup d’enfants tombent malades au moment du sevrage, parce qu’on se bâte trop tôt d’augmenter la quantité des aliments , tandis qu’il est très important , au contraire , de ne rien»ajouter à leur alimentation ordinaire ; il suffit seulement de remplacer le lait de la nourrice par quelques tasses de lait coupé. L’oubli de ce précepte donne lieu à des indigestions successives et à un dérangement des fonctions digestives , qui jettent souvent l’enfant dans un tel état de faiblesse, qu’on est obligé de lui donner une nouvelle nourrice pour lui sauver la vie. Il survient fréquemment alors des ramollissements de la membrane muqueuse gastro-intestinale qui résistent à tous les moyens , et l’enfant succombe dans le dernier degré de marasme.

La diarrhée est une des maladies les plus côm=

munes chez les jeunes enfants. Ils ont en général des évacuations alvines , fréquentes et liquides , mais cependant dès que les selles deviennent plus abondantes que de coutume, qu’elles sont glaireuses, accompagnées de coliques et de pâleur de la face, il fauty faire une sérieuse attention, surtout si cessymptômes d’entero-colite, s’accompagnent de fièvre. Un préjugé très généralement répandu, c’est que les évacuations alvines répétées sont favorables à la dentition, et par suite de ce préjugé, malheureusement trop général , on laisse les maladies inflammatoires de l’intestin faire des progrès d’autantplus fâcheux qu’ellesjettentensuiteles enfants dans une grande faiblesse, dont il est difficile de les relever ;tandis qu’en suspendant tout de suite les aliments solides et surtout les bouillons et les aliments gras, et en mettant les enfants à un régime sévère, on pourrait écarter ces maladies fâcheuses dès leur origine; mais le préj uge populaire vient encore ici combattre les conseils éclairés de l’expérience. On croit aussi généralement qu’il ne faut pas mettre les jeunes enfants à la diète , qu’ils la supportent difficilement : il est en effet des enfants qui, comme quelques adultes, ne peuvent être mis à la diète , et qu’on est obligé de nourrir quelquefois, même dans des maladies inflammatoires, mais ce n’est là qu’une exception. En général les enfants supportent très bien la diète, et elle est aussi nécessaire souvent chez eux que dans un autre âge , seulement elle doit être comme toujours, relative à l’état des forces de l’individu malade. Mais au lieu de suivre un régime convenable et de s’adresser aux hommes éclairés, qui sauraient reconnaître la véritable cause du dérangement des fonctions digestives et la combattre, on s’adresse trop souvent alors à des gardes, à des amies, à des commères qui supposent presque toujours le travail delà dentition comme cause de la maladie, et recommandent de ne pas modifier l’alimentation, ou bien attribuent le désordre des digest ions à la présence des vers, ce qui est encore plus fâcheux. En conséquence on administreles vermifuges, quine peuvent faire que beaucoup de mal quand il existe déjà une inflammation gastro-intestinale : j’ai vu certainement d’ailleurs bien plus d’accidents causés par l’emploi inconsidéré des vermifuges, que par les vers eux-mêmes.

Après les maladies du tubedigestif, lesplus communes chez les enfants du premier âge , sont les inflammations de la bouche, de la gorge et des voies aériennes. Parmi les inflammations de la bouche, on rencontresurtoutlesaphthes et le muguet. Un bon régime alimentaire dès les premiers jours de la naissance, est certainement un des moyens d’éloigner la fréquence de ces maladies. L’usage des bouts de gomme élastique , qu’on emploie quelquefois pour faciliter l’allaitement chez les femmes dont les mamelons ne sont pas bien développés ou sont affectés de gerçures, en fatiguant la bouche des enfants, devient souvent une cause déterminante des aphthes et du muguet (V. ces mots) ; les biberons durs offrent le même inconvénient.

tes inflammations du pharynx et des amygda

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les, et surtout ies inflammations couenneuses qui précèdenten généralle croup, sont ordinairement moins communes chez les très jeunes enfants que dans le second âge de la vie , mais cependant se rencontrent quelquefois (Y. Angine couenneuse). Les inflammations externes de la gorge et des ganglions sont plus fréquentes. La crainte que les mères ont devoir ces engorgements aigus se terminer par suppuration et laisser de petites cicatrices sur les parties latérales du col , les engage trop souvent à employer les moyens qui préviennent quelquefois la suppuration, comme les applications réitérées de sangsues. Je ne saurais trop blâmer cette pratique dangereuse , qui jette souvent les enfantsdans un grand abattement et dans un état languissant, qu’on ne voit cesser ordinairement que quand l’abcès se développe de nouveau.Il faut, toutes les fois quelamaladie est circonscrite, accélérer lasuppuration par de simples cataplasmes maturatifs. Ces dépurations aiguës sont en général favorables à la santé des enfants; en les retardant ou en les empêchant, on leurfait autant de mal, que si on supprimait une gourme. Les conséquences peuventen être aussi fâcheuses.

Les affections catarrhales du larynx et des bronches, s’observent bien plus fréquemment chez les jeunes enfants que les maux de gorge profondsou superficiels ; les plus graves sont les croups , les rhumes ouïes catarrhes des bronches, la coqueluche, les pleurésies et les pleuropneumonies plus ou moins circonscrites. La plupart de ces maladies débutent ordinairement brusquement, mais quelquefois aussi d’une manière plus ou moins insidieuse; il est par conséquent toujours prudent d’appeler promptement un médecin dès qu’un enfant a de la toux, de la lièvre et de la gêne dans la respiration. Certains enfants, dès leur bas âge, sont très disposés aux affections catarrhales : on en voit, à peine âgés de deux ans , qui ont déjà contracté plusieurs catarrhes comme leurs grands parents, ou qui même ont été atteints de plusieurs fluxions de poitrine. On nepeut lutter que bien difficilement contre ces dispositions primitives qui dépendent de l’organisation, si ce n’est ensurveillant avec un soin extrême tout ce qui est relatif à l’hygiène desenfants. Il faut, en général , tâcher de très bonne heurede fortifier la poitrineetles bronches des enfants , et surtout de ceux qui sont disposés aux affections catarrhales; maiscen’estpas en les tenant renfermés, comme on le fait trop souvent, dans des appartements très chauds, jour et nuit. Les enfants qui s’enrhument le plus souvent sont en général ceux qu’on tient le plus chaudement. Tous les enfants, et plus particulièrement peutêtre, ceux qui ont les organes de la respiration plus faibles et plus susceptibles d’être affectés , ont constamment besoin d’air et d’un air pur ; il faut donc que ces enfants , tant qu’ils ne toussent pas , soient tenus presque toujours à l’air, pourvu toutefoisqu’il ne soit pas très humide outrés froid. Il faut d’ailleurs les vêtir de laine appliquée immédiatement sur la peau, et pendant la nuit, iis devront être chaudement emmaillotlés et placés dans des chambres bien aérées et sans feu , sur des sachets de balle d’avoine, de paille de riz ou

de fougère. Pour que les enfants ne soient pas refroidis par l’urine, on couvrira ces sachets de paille, pendant l’hiver, surtout dans les pays froids , avec des peaux de moutons percées de petits trous pour l’écoulement des liquides , ou avec de grands feutres de poils de lapin. Quand les enfants sont propres et ne sont plus emmaillottés , il faut les envelopper la nuit dans de grandes blouses fermées à cordons , afin qu’ils ne soient jamais nus et découverts pendaut le sommeil. Il est essentiel que les barceloneltes et les berceaux, ou d’osier, ou de bois, ne soient pas rembourrés et fevmés , excepté dans les premiers mois et quand il fait très froid. Il faut sans doute envelopper chaudement l’enfant, mais laisser l’air circuler et se renouveler sans cesse autour de lui : rien n’est plus nuisible que de le renfermer comme dans un coffre, où il ne respire que de l’air concentré, chargé des émanationsqui s’échappent de la surface du corps , des urines et des matières fécales. Dans un âge plus avancé, il est bon, pour la même raison, de remplacer les petites barceloneltes à claires voies, par des berceaux à filets. Dès que les enfants sont assez avancés en âge pour prendre de l’exercice, c’est surtout en les tenant en plein air et en mouvement qu’on parvient à fortifier leur constitution , à les mettre à l’abri des variations de la température, et qu’on peut ainsi les rendre moins impressionnables aux causes qui provoquent les affections catarrhales.

Les maladies cérébrales sont fréquentes dès le premier âge de la vie. La prédominance physique du cerveau dans l’enfance , les excitations répétées qui tienneut sans cesse cet organe en 'action etaccélèrentsondéveloppement, le travail fluxionnaire de deux dentitions successives , qui appelle sans cesse le sang vers la tête, prédispose nécessairement l’enfant aux congestions , aux inflammations du cerveau, aux convulsions et à toutes les maladies du système nerveux. On conçoit alors que si quelques écarts dans le régime viennent troubler les fonctions digestives, le désordre de ces fonctions, doit souvent réagir sur le cerveau, et déterminer secondairement des accidents sérieux, dont la cause première n’est souvent que dans les organes de la digestion. Beaucoup de convulsions ne sont chez lesenfants, sans doute, qu’un symptôme de maladiessympathiques du ervetau ou du travail de la dentition, mais fréquemment aussi elles dépendent des affectionsdu ventre, et quelquefois même d’une simple indigestion. Le moyen de prévenir beaucoup d’affections cérébrales chez lesenfants , comme dans les autres âges , consiste donc souvent dans la sobriété et le régime. On doit, en général, restreindre chez eux tous les aliments indigestes, qui leur sont d’autant plus nuisibles qu’ils sontplusfaibles. Les très jeunes enfants ne digèrent point, en général, la plupart des racines, qu’ils aiment cependantbeaucoup, commeles carottes.les panais, les pommes deterreetles fruits à épidermes épais, tels que les cerises, les bigarreaux, les prunes, les pommes, les poires, etc.; j’ai vu plusieurs fois des indigestions produites par ces aliments, déter-

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miner des convulsions. Les boissons alcooliques, en irritant le système nerveux , amènent les mêmes résultats sans donner lieu àdesindigestions; aussi un régime alimentaire très doux et l’abstinence complète de toutes'les substances irritantes, sont' elles autant indispensables pour prévenir chez les enfants les maladies du cerveau que pour s’opposer à celles de l’intestin. Il n’est pas moins essentiel d’écarter d’eux toutes les causes physiques qui peuvent avoir une action directe sur le cerveau , telles que l’action prolongée du soleil brûlant, celle de la pluie froide sur la tête, etc. Lesmaladies aiguës de la peau sont surtout le partage de l’enfance : la plus affreuse de toutes, la petite vérole, est heureusement moins à craindre;en se hâtant, dèsles premiers mois de la vie, de recourir à la vaccine. Quant à la rougeole et à la scarlatine, la plupart des enfants en sont atteints. L’inoculation de ces maladies a été abandonnée avec raison , comme impuissante : il faut qu’ils paient leur tribut ; le seul moyen de les en préserver serait un isolement complet, qu’il est de toute impossibilité d’obtenir pour un long intervalle , et qui ne peut avoir par conséquent qu’une influence momentanée. Il faut cependant recourir à ce moyen, dansquelquescirconstances particulières, lorsque les enfants sont déjà malades ou affaiblis par un travail pénible de dentition, ces conditions étant très défavorables pour contracter une nouvelle maladie , dont les suites pourraient alors être très graves.

Les maladies cutanées subaiguësou chroniques, comme les eczéma , les impétigo, les lichen , les herpes , les psoriasis, etc., sont très communes chez les enfants , même en bas âge. Plusieurs de ces maladies d’ailleurs sont souvent héréditaires. Parmi les moyens qui sont surtout recommandables pour s’opposer à leur développement, et pour les combattre, lorsqu’elles se sont manifestées, les bains simples, médicamenteux ou minéraux occupent certainement le premier rang ; les bains chauds ou froids, suivant les circonstances , sont un des agents hygiéniques les plus importants pour les enfants : indépendamment de ce qu’ils ne peuvent être remplacés par aucun autre moyen, sous le rapportée la propreté, ils sont également utiles pour calmer les excitations cérébrales et les différentes maladies qui en dépendent , soit pendant le travail de la dentition , soit après , et pour prévenir toutes les maladies cutanées ou en faciliter ensuite la guérison. On rencontre cependant quelques enfants, mais en petit nombre, qui comme certains adultes ne peuvent supporter aucune espèce de bains chauds; ils les affaiblissent, les accablent, les jettent dans la tristesse. D’autres, au contraire, sont tellement agités par les bains chauds, que ce moyen les prive de sommeil. Il faut donc, quand on commence l’usage desbains chez les enfants , observer avec soin les effets qu’ils enéprouvent,elconsulteraussil’idiosyncrasie des parents, dont les enfants se rapprochent néGessaii’ementleplus souvent. Chez ceux qui se trouvent dans le cas des exceptions que nous signalons , il n’est pas possible d’employer les bains chauds, il faut se contenter chez eux des

lotions sur tout le corps avec de l’eau chaude, à la manière anglaise, ou tenter les bains froids dans les circonstances convenables et quand la température le permet.

A l’époque de la seconde dentition , l’organisation physique de l’enfant a déjà subi beaucoup de modifications; il a perdu par degrés ses formes arrondies,ses grâces enfantines. Les excitations cérébrales ne sont pas moins vives, moins répétées que dans le premier âge , mais elles deviennent plus profondes. Toutes les facultés de l’intelligence se développent : l’enfant se rapproche peu à peu de l’adulte par sa constitution , et ses maladies changent aussi un peu de caractère ; elles sont moins insidieuses , plus tranchées, et commencent à prendre les formes de celles de l’âge adulte. Chez les enfants qui sont à la fin du travail de la seconde dentition et qui touchent à l’âge de la puberté, la différence est encore moins prononcée, les fièvres graves, les inflammations de poitrine se dessinent d’une manière aussi caractéristique que dans un âge plus avancé ; les maladies sont en général , dans cette dernière période de l’enfance , moins fréquentes et moins graves; la mortalité est aussi , par la même raison, moins grande que dans le premier â'ge de la vie, mais cependant c’est dans l’intervalle qui se passe entre le commencement de la seconde dentition et l’âge de la puberté , que l’enfant est le plus exposé à certaines maladies fâcheuses qu’on ne rencontre pas aussi fréquemment dans les autres âges de la vie , particulièrement aux affections tuberculeuses et au rachitisme. La maladie tuberculeuse est une des causes les plus fréquentes de mortalité chez les enfants, principalement dans les grandes villes. Cette maladie se manifeste quelquefois dès les premiers temps de la vie, mais ordinairement plutôt à l’époque de la première ou de la seconde dentition, sous des formes très différentes : tantôt elle se porte principalement à l’extérieur, envahit les ganglions du col, qu’elle engorge d’une manière plus ou moins prononcée, tantôt elle se pi’ésente sous la forme d’abcès froids de couleur violacée, et disséminés sur différentes parties du corps; ces altérations, qui s’accompagnent presque toujours de gonflement et de carie des os, sont désignées sous le nom de scrofules. Lorsque l’affection tuberculeuse se porte vers le ventre , elle donne lieu à la maladie connue sous le nom de carreau , et si elle se développe dans les poumons ou dans les ganglions bronchiques, elle conduit plus ou moins rapidement à la phthisie pulmonaire ou bronchique. Ces maladies, trop souvent héréditaires et qui reconnaissent pour principe la même cause, se transmettent presque toujours des parents ou des grands parents aux enfants, avec de simples modifications de formes; ainsi les parents phthisiques donnent naissance à des enfants scrofuleux, ou des scrofuleux engendrent des enfants qui sont affectés de phthisie pulmonaire ou de carreau; et lorsque les tubercules se développent en même temps dans le cerveau , comme il arrive très souvent, les enfants succombent à des maladies cérébrales qui, dans ce cas, sont toujours incurables, parce

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qu’elles ne sont qu’une conséquence d’une dégénéresçenceorganique.G’estordinairemenlde cinq. à dix ou douze ans que ces affections tuberculeuses sont plus communes. Lorsqu’elles se portent principalement du côté des poumons, elles marchent plus rapidement chez les jeunes tilles à l’approche de la puberté, aussi la phthisie pulmonaire est-elle plus commune chez ces dernières que chez les garçons. Le croisement des familles et des races d’organisations différentes est certainement un puissantmoyen deprévenirautantquepossible la transmission héréditaire de ces fâcheuses maladies; mais quand la mortalité précoce d’un des parents, par suite de quelque affection organique de ce genre, donne lieu de craindre un aussi triste héritage pour les enfants, il est bien important de chercher, par tous les moyens possibles, à en prévenir les conséquences. On ne peut parvenir à combattre les dégénérescences tuberculeuses liéréditairesqu’en agissant dès les premiers temps de la vie. Les enfants nés malheureusement de parents phthisiques doivent, dès leur naissance, éveiller l’qltention et la sollicitude du médecin : il est prudent, en général , de ne pas laisser ces enfants trop long-temps au lait pour unique nourriture, à moins que l’état des organes digestifs ne leur permette pas de supporter d’autresaliments. Tout autre espèce de lait que celui d’une bonne nourrice doit leur être interdit, et il faut, le plus tôt possible les mettre à l’usage des bouillons de viande , des œufs, du riz , et du régime fortifiant, vulgairement appelé anti - scrofuleux. Tous les moyens hygiéniques et même thérapeutiques mis en usage pour combattre l’affection scrofuleuse, lorsqu’elle est déjà manifeste, doivent leur être progressivement appliqués , mais dans les mesures convenables suivant les circonstances qui se présenteront et qui peuvent être bien appréciées seulement par un médecin éclairé (Y. Scrofules). Lorsqu’on tarde à recourir aux moyens pophylactiques jusqu’au moment où quelques symptômes de l’affection tuberculeuse se manifestent, du côté du cerveau, de la poitriueou du ventre, il n’est déjà plus temps, la médecine alorsest impuissante. Il est donc bien essentiel de ne pas attendre que quelqueirruption morbide se manifeste chez ces enfants pour réclamer les conseils de l’art : que les parents ne se laissent pas abuser, ce qui n’arrive que trop souvent, par les apparences trompeuses de fraîcheur et d’embonpoint qui , presque toujours, en imposent sur le véritable état de la santé de ces enfants lymphatiques.

Après les affections scrofuleuses, le rachitisme est une des maladies qui doit le plus éveiller la tendresse et la sollicitude des parents. Cette maladie commence souvent à semanifesterdèslaprenièredentition.maisc’estsurtoutpendantlecours de la seconde dentitionet jusqu’à l’époque delà puberté qu’elle fait le plus de progrès; onne saurait trop fréquemment surveiller le développement de lataille,principalementchezlesjeunes personnes. La bonne conformation est nécessaire aux deux sexes, mais elle est encore plus importante chez les jeunes filles, qui sont un jour destinées à de-

venir mères; et cependant avec les habitudes que notre civilisation leur impose dès leurs premières années, les déviations de la taille sont bien plus communes chez les jeunes filles élevées soit chez leurs parents, soit dans les pensionnats, que chez les jeunes garçons. A quoi lient cette différence? A ce qu’on ne s’occupe pas assez dans nos mœurs de l’éducation physique desjeunes filles, qui est peutêtre cependant des plus nécessaire, car la nature a plus d’efforts à faire pour bien conformer la femme que l’homme. Pour faciliter le développement et la bonne conformation des jeunes filles, il est essentiel de ne pas les resserrer dans leurs vêtements et de ne pas comprimer leur taille dans des corsets , jusqu’au moment où elles sont formées, de leur laisser la même liberté dans leurs mouvements et dans leurs jeux qu’aux garçons : la course, la marche, les exercices gymnastiques pris modérément et en raison de leur force, sont aussi nécessaires aux jeunes demoiselles qu’aux jeunes garçons, et parmi les exercices gymnastiques , la natation est certainement le meilleur, pour celles qui sont surtout disposées aux déviations de la colonne vertébrale , parce qu’il a l’avantage d’exercer tous les muscles sans fatiguer la colonne vertébrale par le poids du corps , et qu’il imprime une action tonique à tous les organes par l’impression du froid. C’est un préjugé fâcheux pour la santé des jeunes personnes que celui qui s’oppose à ce qu’elles se livrent aux mêmes exercices que les jeunes garçons , qui pourraient seuls fortifier leur constitution ; il en résulte que nous en faisons de jeunes filles débiles et de petites vieilles , dès qu’elles sont devenues mères.

Vers l’époque de la seconde dentition , et surtout à l’approche de la puberté, certaines mauvaises habitudes que contractent souvent les enfants doivent éveiller particulièrement la surveillance paternelle. Le plus souvent la cause de ces mauvaises habitudes est purement physique et spontanée ; de légères inflammations, presque toujours dartreuses, se portent sur les partiesgénitales de l’un et l’autre sexe dès les premières années de la vie , et déterminent un prurit qui appelle d’abord l’attouchement machinal et involontaire de l’enfant et y développe ensuite des sensations qui dégénèrent en habitude ; on peut combattre cette première cause par l’usage répété des bains, des lotions, des soins de propreté, et enfin par tous les moyens qui peuvent détruire l’affection cutanée si elle existe ; mais il est bien plus difficile de déraciner les habitudes qui sont le résultat de mauvais penchants spontanés ou transmis, et ceux-là sont d’autant plus dangereux qu’ils altèrent à la fois lemoral, compromettent la vie des enfants faibles et accélèrent rapidement la mort de ceux qui sont atteints d’affections tuberculeuses. Rien ne doit donc être négligé par les parents et par les surveillants de la jeunesse pour arrêter les conséquences fâcheuses de l’onanisme (V. ce mot); tous les moyens médicaux , chirurgicaux, mécaniques, doivent être mis en usage et concourir avec les conseils moraux et religieux , qui sont la seule base d’une bonne éducation. Ce

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