‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 211 sur 316 · EN G · texte numérisé non relu

EN G

ElNG

n’est pas au reste , dans ce cas seulement, que 1 influence morale et religieuse peut réagir avantageusement sur le physique de l’enfant : en lui imprimant de bonne heure l’habitude de l’obéissance passive , en l’éloignant des mauvais penchants, en hâtant le développement de son inteligence et de sa raison , elle lui apprend dès ses premières années à savoir vivre , à supporter les maux physiques comme les petites contrariétés auxquelles il est exposé. L’enfant religieux et docile aide à sa guérison par sa résignation même. L’enfant mal élevé et gâté, semblable au contraire à une brute, est irrité par la maladie , par les remèdes et même par les soins qu’on lui prodigue. Il prolonge la durée de son mal par ses colères et son opiniâtreté à refuser tous les secours , et il le rend beaucoup plus grave et plus difficile à guérir. L’éducation morale , c’est le cas de le dire aux parents trop faibles ou trop insouciants , influe donc sur le physique de l’enfant comme sur son cœur et sur sa raison.

Guersant,

Médecin de l'hôpilal des entants.

enfantement (Y. Accouchement).

enflure ( path .) s. f. Se dit de l’augmentation du volume de la peau ou du tissu cellulaire sous-cutané; ce mot est synonyme dégonflement, et il n’est presque pas usité en médecine : ainsi on se sert du mot de tuméfaction pour désigner le gonflement produit par l’inflammation, de celui Rebours ouf Jlure, pour désigner un gonflement non inflammatoire , de celui d’ œdème pour indiquer une augmentation de volume causée par l’épanchement d’un liquide séreux , de celui d’ emphysème pour indiquer le même effet produit par l’épanchement d’un gaz ; l’enflure de tout le corps, causée par un épanchement séreux, a reçu le nom <Vanarsaque{N. ces mots). J. B.

engelure [path.) , s. m. pernio, Burgantia , erythemapernio(kWberl). Inflammation chronique avecengorgementdelapeauet du tissu cellulaire sous-cutané, produite par l’action prolongée du froid et attaquant principalement les pieds et les mains, quelquefois les oreilles et le bout du nez. Le siège le plus ordinaire est aux orteils et aux talons.On donne vulgairement le nom de mu/esaux engelures qui affectent cette dernière partie ; le dessus des doigts et le dos de la main sont aussi fréquemment atteints par cette maladie.

Les enfants, surtout ceux qui sont faibles, lympatiques, disposés aux scrophules; les femmes , et en général les personnes douées de peu d’énergie vitale sont principalementsujettesàcette affection. On croit aussi avoir observé qu’elle est héréditaire chez quelques individus. Le froid alternant avec la chaleur est la cause immédiate des engelures; aussi rien ne favorise plus leur développement que l’habitude de réchauffer brusquement par une vive chaleur les pieds ou les mains engourdis par le froid, surtout si ces parties sont mouillées. On sait qu’elles sont caractérisées par une couleur rou ge, violette ou bleuâ ire

de la peau avec un gonflement souvent considérable ; qu’elles font éprouver une douleur particu- ! lière accompagnée de chaleur, de picotements, ; d’engourdissements et de démangeaisons parfois < insupportables, surtout pendant la nuit.

Lorsque les engelures sont négligées etquel’on continue de les exposer alternativement au froid ■ et au chaud, le mal s’exaspère promptement, il se forme des ampoules, des crevasses, etpluslard des ulcèresqui saignent facilement, qui sont très douloureux, et difficiles à guérir; on a vu même survenir dans quelques cas la gangrène et d’autres accidents très fâcheux. Il s’en faut du reste que toutes les engelures aient cette gravité ; le plus souvent elles sont superficielles et ne sont caractérisées que par un léger gonflement un peu de rougeur et delà démangeaison. Non traitées elles durent en général tout l’hiver et disparaissent au printemps. Un grand nombre d’enfants cessent d’y être sujets quand ils ont atteint l’âge j de la puberté.

Le meilleur moyen de prévenir les engelures I serait de ne pas s’exposer au froid, maison sent que ce conseil est souvent impraticable, à cause f des professions et des devoirs à remplir. On de- ü vra, alors, autant que possible faire usage de I gants ou d’autres vêtements propres à entretenir ji une douce température; il faudra aussi éviter le | contact de l’eau froide, et le passage rapide du froid au chaud. On fera bien d’habituer les mains jt au froid dès les commenc ements de l’hiver en les frottant avec de la neige, et de les fortifier en les fomentant avecdel’eau-de-vie camphrée, une décoction denoix de galle, de l’eau salée, du sel ammoniaque en solution ; une bonne précaution : consiste aussi à recouvrir de temps en temps les mains et les pieds d’une très légère couche de beurre de cacao ou d’un autre corps gras. On a préconisé contre les engelures une foule de recettes dont quelques-unes sont plus nuisibles qu’utiles. Voici en général ce qu’il convient de faire : lorsqu’elles ne font que commencer, qu’il n’y a ni chaleur ni douleur, mais seulement de la démangeaison et des picotements, il est utile de for- ' tifier la peau par des substances excitantes et toniques; ainsi on pourra faire des lotions avec l’eau-de-vie camphrée , le vin aromatique, l’eau blanche, ( eau commune, demi-litre, extrait de Saturne, deux gros, eau-de-vie, un petit verre), > la lessive de cendre desarment, l’eau très chargée de sel, l’eau de Cologne, etc. On devra éviter de tremper les mains dans l’eau tiède. Les préparations suivantes ont été souvent em- i' ployées avec succès.

Pr. Eau-de-vie. 1/2 livre.

Sel ammoniaque. 2 gros.

Camphre. 2 gros.

Mêlez et employez en lotions le matin.

Page 1