POMMADE
Pr. Blanc de baleine. 1 once.
Cire blanche. 4 onces.
Huile d’olives. 8 onces.
Baume du Pérou. 1 once.
Acide b) drochlorique. 18 grains.
Mêlez et employez en onctions.
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Le baume de fioraventi et l’onguent styrax ont aussi été mis en usage avec avantage , surtout lorsque l’inflammation n’est pas vive.
Quand les engelures seront très enflammées et douloureuses, on aura recours aux simples embrocations d’huile d’amande douce légèrement camphrée. Les crevasses et les ulcérations seront pansées avec du cérat saturné ou un mélange battu de vinaigre, de sureau et d’huile rosat récente. Depuis long-temps M. Alibert emploie, pour guérir et faire avorter les engelures, un moyen simple et très efficace, que quelques médecins se sont plus tard approprié en le publiant comme nouveau; ce moyen consiste à cautériser superficiellement la peau malade avec le nitrate d’argent ou la pierre infernale. On parvient très bien ainsi à faire cicatriser les crevasses et les petites ulcérations qui sont parfois très douloureuses. Nous ne fe”ons que mentionner ici quelques autres remèdes également vantés, les précédents pouvant toujours'suffire ; ce sont: l’électricité, les lotions de chlorure de chaux, les vapeurs du vinaigre bouillant, l’essence de térébenthine, etc. Si les engelures se compliquaient de carie et de gangrène, il faudrait avoir recours aux moyens indiqués contre ces deux affections.
J. Beaude.
' enghien (Eau minérale d’). Engliien est un petit village situé au bas de la colline sur laquelle est construit Montmorency, à quatre lieues nord de Paris, sur lebordde l’étang Saint-Gracien. Les eaux d’Engliien, que l’on avait d’abord nommées eaux de Montmorency, sont sulfureuses, froides, elles furent découvertes, en 1766, parle P. Colle, curé de Montmorency; la source qu’il découvrit et que l’on désignait alors sous le nom du ruisseau puant , est située au nord-est de la digue qui encaisse l’étang, et elle sortait des glacis memes de cette digue ; c’est la plus considérable, et elle est nommée la source de Cotte ou du Roi. A la partie sud-ouest de la même digue est une autre source moins considérable, qui a reçu le nom de source de la Pêcherie. En 1774, les commissaires de l’académie de médecine qui furent chargés de visiter ces sources, en découvrirent une nouvelle dans la prairie qui est en tête de l’étang, mais cette source paraît avoir été abandonnée ; enfin , en 1835 , M. Bouland, maintenant directeur del’établissementd’Enghien, découvrit aussi une source nouvelle , qui ne le cède en rien à celles déjà connues, et sur laquelle l’académie de médecine vient de faire un rapport favorable.
La source de Cotte , la plus ancienne , placée près du déversoir septentrional de l’étang, était souvent inondée avant que M. Le Vieillard fit construire un petit réservoir en maçonnerie, et couvrir la source par une voûte; elle était dans cet état lorsque Fourcroy la visita en 1785 ; depuis, elle a subi des améliorations, ainsi que toutes les parties qui forment maintenant rétablissement d’Enghien, par les soins de M. Péligot qui en est le véritable fondateur. Le volume d’eau fourni par cette source et les deux petites qui y
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ont été jointes, qui sont la source de la Rotonde et celle du Réservoir, est d’environ 80 mètres cubes en 24 heures, ou 80,000 litres d’eau.
La source de la Pêcherie , moins abondante que celles dont nous venons de parler, contient les mêmes principes, mais dans des proportions dilférentes , suivant quelques chimistes, et parfaitement semblables si l’on s’en rapporte aux travaux d’analyse faits par M. Longchamps.
M. Chevreul a donné une théorie de la forma' tion des eaux d’Enghien , qui nous paraît assez vraisemblable et que. nous croyons devoir présenter ici : il pense que cette eau est produite par la décomposition du sulfate calcaire dont est formé le terrain , par l’action de certaines matières organiques. M. Henry fils, qui s’est aussi occupé de l’analyse des eaux d’Enghien , accepte cette opinion et même l’appuie sur de nouveaux exemples de formation d’eaux semblables prises à Bilazais et à Passy. Bien que l’on ignore à quelle profondeur et dans quel point cette décomposition a lieu, il paraît cependant certain qu’elle s’effectue dans un même foyer et sort ensuite de la terre par plusieurs issues ; il résulte de cette décomposition des hydro-sulfates de chaux et de maguésie , de l’acide carbonique qui réagit sur les carbonates terreux pour les convertir en bicarbonates et les x’endre solubles , et de l’autre sur les hydro-sulfates en les décomposant et en favorisant le dégagement de l’acide hydro-sulfurique, dont on sent l’odeur lorsque l’eau arrive à la surface du sol ; les autres sels sont enlevés au terrain par l’action dissolvante des eaux.
Les eaux d’Enghien sont limpides et incolores, leur température est de 1 1 à 12° Réaumur; elles ont une odeur d’œufs pourris et une saveur fade et douçâtred’abord, et ensuite légèrement amère. Lorsqu’elles sont exposées au contact de l’air, elles se couvrent bientôt d’une pellicule blanchâtre formée par du soufre et du carbonate de chaux mélangésd’un peu de carbonate de magnésie, elles dégagent dans ce cas une quantité assez considérable d’hydrogène sulfuré dont on sent l’odeur à une distance assez notable des sources. On a aussi remarqué que par l’action de l’air il se forme de l’acide sulfuxique , dont on a reconnu l’existence sur la voûte qui x’ecouvre la source. Celle eau contient trois gaz en dissolution, de l’azole , de l’hydi'ogène sulfui'é et de l’acide carbonique; les sels sont les sulfates de chaux, de magnésie et de potasse ; des nxuriates de potasse et de magnésie, des hydro-sulfates de potasse et de chaux , des cax’bonates de chaux et de magnésie, de la silice, de l’alumine et des traces de matières végétales. M. Henry fils n’admet pas l’existence du xnuriate de potasse, il le remplace par du nxux'iate de soude.
Les eaux d’Enghien sont administrées en boisson, en bains et en douches; lorsqu’on les administre en boisson , on les coupe souvent dans le commencement de leur emploi avec deux liex*s ou moitié d’eau d’orge, de lait ou de tout autre boisson adoucissante , dont on diminue la dose à mesure que l’on s’habitue à l’action de l’eau minérale. La quantité d’eau que l’on boit par jour
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varie suivant les individus; elle est de deux verres à deux bouteilles , mais une ^bouteille est la proportion qui est le plus ordinairement adoptée.
Lorsquel’on administre l’eau pour bain, comme sa température n’est que de 12o Réaumur, on est obligé de faire chauffer cette eau, et l’on a adopté pour cette opération un procédé qui permet que l’eau n’ait aucun contact avec l’air , ce qui empêche la décomposition partielle, qui serait le résultat inévitable de l’action de chaleur; on a même constaté que l’on pouvait élever la température de l’eau à 100° sans qu’elle éprouvât d’altération sensible. La température à laquelle on élève l’eau d’Eughien est ordinairement de 50° , ce qui est une chaleur plus que suffisante pour les besoins des bains et des douches.
L’eau d’Engliien est employée dans presque tous les cas où l’on fait usage des eaux sulfureuses : dans les maladies de la peau, dans les affections rhumatismales , dans les catarrhes chroniques, les paralysies, les affections chroniques du cerveau et des viscères abdominaux , les rétractions musculaires. On a remarqué que l’emploi de ces eaux détermine des démangeaisons, des rougeurs et même des éruptions à la peau. Les personnes d’une constitution sanguine et pléthorique doivent n’en faire usage qu’avec une grande circonspection , il en est de même des personnes qui sont affectées d’une maladie aiguë; dans ces divers cas, on a vu des accidents être la suite de l’usage des eaux; il faut ici appliquer ce que nous avons déjà dit plusieurs fois pour les eaux minérales, c’est que leur emploi ne peut être laissé à la discrétion du malade: enfin les eaux d’Enghien doivent être proscrites toutes les fois qu’une forte réaction fébrile accompagne une affection chronique.
L’établissement d’Enghien, qui aujourd’hui a acquis un développement assez considérable , est en activité pendant toute la belle saison ; l’action des eaux se trouve favorisée , à cette époque , par la température , l’air pur, l’aspect d’une végétation active et d’un site pittoresque. Cet établissement, qui est très fréquenté aujourd’hui, contient trente baignoires et huit cabinets de douches.
J. P. Beaude,
Inspecteur des établissements d’eaux minérales, membre du conseil de salubrité.
engouement (path .), s. m. C’est l’accumulation dans un organe creux des matières qui y sont portées ou sécrétées; il y a engouement des intestins lorsque les matières fécales s’y accumulent jusqu’au point de produire des accidents; ce cas s’observe quelquefois dans l’anse d’intestin qui forme une hernie, etlesaccidents qu’il produit peuvent être confondus avec ceux de la hernie étranglée (V. Hernie.). Il y a engouement des bronches et des poumons lorsque les mucosités qui sont sécrétées ne peuvent pas être expulsées au dehors , et que par leur présence elles gênent la respiration. ï. B.
ENGOURDISSEMENT (path.), S. «1., tOrpOr, état
particulier de stupeur d’une ou de plusieurs parties du corps, caractérisé par un sentiment de pesanteur, et par la difficulté ou l’impossibilité de faire exécuter à ces parties leurs mouvements habituels. L’engourdissement s’accompagne, dans beaucoup de cas, de picotements et de fourmillements incommodes. Cet état est dû au trouble et à l’interruption momentanée de l’action du système nerveux; ainsi on peut le produire à volonté en comprimant le principal nerf d’un membre; la compression d’une artère donne lieu au même effet. L’influence inconnue des nerfs sur les tissus vivants est alors troublée, et ce trouble se manifeste par une diminution de la sensibilité et de la faculté locomotive. L’engourdissement est le symptôme de plusieurs maladies; on l’observe dans le myélite (Y. Colonne vertébrale (Maladies de la), dans plusieurs affectionsnerveuses, et toutes les fois qu’une tumeur accidentelle ou un corps étranger vient à comprimer un nerf. Le froid, en diminuant l’énergie des fonctions vitales, produit aussi le même effet.
Lorsque l’engourdissement est occasionné par une cause passagère, il se dissipe peu à peu de lui-même ; et on peut hâter le rétablissement de l’action nerveuse par des frictions sèches ou faites avec l’eau-de-vie camphrée. Lorsqu’il est dû à une cause permanente, c’est cette cause même qu’il faut combattre. J. B.
enkysté ( path .), adj. du grec en dans, et de kustis vessie , dans une vessie. On donne ce nom à des tumeurs , à des hydatides ou des collections de liquides qui sont renfermées dans une poché membraneuse qui a reçu le nom de kyste. II y a des tumeurs enkystées, des hydropisies enkystées. (Y. ces différents mots et le mot kyste.)
enrouement ( méd. ) (Y. Aphonie.)
entéralgie [méd. ), s. f. du grec de entérone intestin , et de algos douleur, douleur qui a son siège dans les intestins. On donne ce nom à des affections spasmodiques des intestins, dans lesquelles l’inflammation ne joue aucun rôle. M. Alibert , dans sa Nosologie philosophique, a donné ce nom générique à toutes les espèces de coliques; cependant on désigne le plus ordinairement sous ce nom un état particulier des intestins analogue à la gastralgie , dans lequel les intestins jouissent d’une grande susceptibilité nerveuse , sans cependant être le siège d’une inflammation. Les entéralgies ont souvent été confondues avec des entérites chroniques ; cette erreur ne faisait que prolonger et aggraver une maladie qui ne doit nullement être traitée comme une inflammation et dont on a posé la base du traitement au mot Cardialgie. L’entéralgie s’observe souvent à la suite des entérites chroniques qui ont été long-temps traitées par une méthode antiphlogistique un peu active, et souvent elle laisse croire à l’existence d’une inflammation qui a cédé depuis long-temps. J. B.
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entérite ( méd .), s. f. du grec entérone intestins. On désigne sous ce nom l’inflammation des intestins (Y. Intestins (maladie des).
entérocèiiE ( chir .), s. f. du grec entcrone intestins, et de hélé hernie. On donne ce nom à une hernie formée par l’intestin seulement. (Y. Hernie .)
entéro-cystocèle ( chir . ), s. f. C’est une hernie formée par l’intestin et la vessie.
entéro-épipeocèle ( chir .), s. f. C’est une ' hernie formée par l’intestin et l’épiploon.
entéro-mésentériqtjb ( méd .), adj. M. Petit, médecin de l’Hôtel-Dieu a donné ce nom à une lièvre qu’il regardait comme ayant un caractère particulier qui était l’engorgement et l’ulcération des ganglions du mésentère. Aujourd’hui cette affection est regardée par les médecins comme une des formes de la dothinenterie. (V. ce mot. )
en té r o tome (chir.), s. m. du grec entérone intestins, et de temno je coupe. Dupuytren avait donné ce nom à des pinces longues et de forme particulière qu’il employait dans le traitement des anus contre nature (V. ce mot). M. Cloquet a donné également ce nom à de longs ciseaux destinés à ouvrir rapidement le canal intestinal lorsque l’on procède à des ouvertures de cadavres. J. -B.
entérotomie [diir.], s. f. C’est une opération qui consiste à ouvrir les intestins , soit pour obtenir la guérison d’un anus contre nature, soit, dans certain cas d’opération de hernie étranglée, pour évacuer l’intestin lorsqu’il est trop plein de matière fécale ; cette opération est rarement usitée dans ce dernier cas. J. B.
entorse {chir .), s. f., du v. intorquerè tordre, tourner de travers; on appelle ainsi, la distension violente et même la déchirure partielle des ligaments et des parties molles voisines d'une articulation par suite d’un mouvemenljorcé : cette maladie était encore autrefois connue sous le nom de détorse, et le vulgaire emploie fréquemment le mot foulure pour la désigner.
Toutes les articulations ne sont pas également sujettes à cet accident; il arrive surtout aux jointures retenues par des ligaments nombreux et très serrés, tels sont le pied, le poignet et la colonne vertébrale; le coude et le genou en sont quelquefois atteints; mais c’est au pied qu’appartient le fâcheux privilège d’en être le plus souvent affecté.
11 ne faut pas confondre l’entorse avec le diastasis{ mot tiré du grec closémi']e sépare), qui consiste dans un écartement de deux os parallèles, assujétis par une articulation latérale, comme le tibia et le péroné, le radius et le cubitus. Il sera parlé du diastasis à propos des luxations dont il forme le degré intermédiaire qui les sépare de l’entorse.
Les entorses des articulations, autres que celles de la colonne vertébrale, réclamant à peu
près le même traitement, nous ne décrirons que celles du pied comme les plus fréquentes de toutes et pouvant servir de type pour comprendre les autres. Nous nous occuperons ensuite des entor* ses de la colonne vertébrale.
Entorses du pied. Elles surviennent ordinairement dans un faux pas, lorsque le pied s’est trouvé brusquement porté en dedans ou en dehors, en même temps que le poids du corps qui le presse de haut en bas augmente la tension des ligaments. D’autre fois c’est dans une chute sur les pieds, l’un de ces organes étant dans une fausse position. On n’en finirait pas si l’on voulait énumérer les différentes circonstances qui ont toutes pour résultat commun de produire une violente distension des ligaments.
Il est certaines circonstances individuelles qui prédisposent aux entorses. Ainsi les sujets faibles et débiles, les scrofuleux, les rachitiques, dont les ligaments sont mous et relâchés, sont plus exposés à cet accident que les sujets vigoureux et bien constitués, dont les articulations , maintenues par des ligaments robustes, peuvent aisément résister à une distension exagérée. Quelques auteurs ont fait remarquer que les personnes dont les pieds sont plats étaient souvent affectées d’entorses, et cela se conçoit, puisque chez ellesle bord externe du pied reposant à terre dans toute son étendue, ce qui n’a pas lieu pour un pied bien conforme, le .moindre accident de terrain peut déterminer le renversement en dedans.
Les symptômes de Y entorse varient suivant qu’elle est légère ou grave : j’insiste sur cette distinction, parce qu’elle sert de base au traitement.
1° Entorse légère. An moment de l’accident, le blessé éprouve une douleur plus ou moins vive, mais toujours assez forte pour gêner considérablement la marche : au bout de quelques heures, le pied se gonfle autour des malléoles, mais surtout de la malléole externe, si le pied s’est renversé en dedans, comme c’est le cas le plus ordinaire. En même temps la peau offre une légère nuance rosée, ou si quelques petits vaisseaux sanguins ont été rompus, il se forme une légère infiltration sanguine qui donne aux téguments une couleur bleuâtre. La pression sur les parties malades et le moindre mouvement déterminent de vives douleurs. Si la maladie est abandonnée à elle-même, cet état persiste pendant quelque jours, puis les parties tuméfiées reprennent leurs dimensions normales. La peau, s’il y avait infils tration de sang, passe au brun clair, puis au jaune, et enfin recouvre son aspect naturel; en même temps la douleur diminue, mais se fait sentir encore assez long-temps après que les autres accidents ont disparu.
2° Entorse grave. Ce sont à peu près les mêmes phénomènes, mais portés à un degré bien plus élevé. La douleur qui se manifeste sur-lechamp est tellement aiguë et déchirante, que le blessé peut perdre connaissance ; toutefois cette syncope dure rarement au-delà de quelques instants : la marche, qui n’était que difficile dans le cas précédent, est ici complètement impossible; le pied ne peut être posé à terre sans occasionner
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des souffrances atroces. Eu peu d’heures un gonflement considérable s’est emparé de l’articulation, et dès le lendemain il est arrivé à son apogée. Ici ce n’est pas seulement une légère infiltration sanguine que l’on observe, mais c’est quelquefois un véritable épanchement qui forme un petit foyer au-dessous de l’une des malléoles; autour s’étend une large ecchymose bleuâtre ou d’un rouge brun. Dans les cas de ce genre, l’inflammation qui s’est emparée de l’articulation ne se dissipe qu’au bout de sept à huit jours, et la douleur persiste pendant près de six semaines au point de s’opposer à la marche, et souvent ensuite pendant plusieurs mois, mais à un plus faible degré.
Il est clair qu’entre les deux états extrêmes que nous venons de décrire, se rangent une foule d’états intermédiaires qui forment la transition.
Les entorses graves présentent plusieurs complications qui exigent de la part des chirurgiens un examen très attentif. Je ne parle pas de l’épanchement sanguin, iln’est jamais porté au point de constituer un accident dont on doive s’alarmer; mais fort souvent il y a fracture du péroné (V. ce mot) produite par le même mécanisme que celui qui détermine l’entorse, et dans d’autres cas, et quelquefois en même temps, arrachement de la malléole interne : on conçoit qu’en pareil cas ce n’est pas l’entorse qui est l’accident principal, elle descend alors au rôle de simple complication ; toute l'attention doit être dirigée du côté de la fracture. La déchirure partielle des ligamentsest un des caractères de l’entorse grave et l’une des causes qui tendent à retarder la guérison, en même temps qu’elle rend les récidives plus faciles. Il ne saurait être question ici de la déchirure complète, elle entraînerait la luxation, ou tout au moins le diaslasis.
En traçant le tableau des symptômes que présente l’entorse, j’ai supposé le cas le plus favorable, celui dans lequel l’inflammation et l’engorgement qu’elle fait naître se terminaient par résolution; mais il n’en est malheureusement pas toujours ainsi : trop souvent on voit l’entorse bien ou mal soignée passer à l’état chronique; l’irritation persiste dans les parties lésées, elle y entretient un engorgement plus ou moins considérable et une disposition fâcheuse aux fluxions inflammatoires à la plus légère occasion. Il n’est pas rare de voir à ces engorgements chroniques succéder une véritable tumeur blanche ( Y. ce mot), et même une carie des os du pied. C’est surtout chez les sujets scrofuleux que ces accidents se rencontrent, mais avec une physionomie particulière, empruntée à la constitution générale du sujet ( V. scrofule). Remarquons toutefois qu’ici l’entorse a été l’occasion et non la cause première des désordres qui se déclarent.
De tout ce qui précède, il est facile de conclure que le pronostic doit se tirer de la gravité de l’accident, de la nature de ses complications et de la constitution du sujet.
J’ai hâte d’arriver au traitement. Comme nous l’avons fait pressentir, il varie suivant que l’entorse est légère, grave, ou passée à l’état çhro-
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nique : suivons-le donc dans ces différentes conditions de la maladie.
Lorsque l’accident a été léger , il faut immédiatement plonger le pied dans un seau d’eau de puits ou d’eau à la glace, que l’on doit renouveler à mesure quelle tend à se mettre en équilibre de température avec le pied. Quelques personnes conseillent d’ajouter encore à l’effet sédatif de l’eau froide par l’addition d’acétate de plomb liquide (une demi-once par pinte d’eau). On prolongera ce bain pendant sept, huit, et même dix heures, car le remède n’a d’avantage qu’autant qu’il a été employé d’une manière continue : si l’on en suspendait l’emploi au bout d’une heure, par exemple, il en résulterait une réaction dans la partie blessée qui changerait en inconvénient grave un moyen véritablement héroïque. Le pied étant retiré de l’eau, on l’enveloppera de compresses imbibées du liquide qui a servi au bain, et que l’on changera dès qu’elles s’échaufferont. On pourrait encore appliquer sur la partie lésée une grande vessie à demi remplie de glace pilée, avec la précaution de recouvrir le tout d’une pièce de taffetas gommé, afin que le lit ne soit pas mouillé; on entretiendrait ce topique pendant quinze, vingt et même trente heures. Hâtonsnous de dire que ces moyens ne sauraient être employés sans danger sur les personnes dont la poitrine est faible, ou qui sont actuellement en sueur, et sur les femmes pendant l’époque de leur menstruation : dans les cas de ce genre, on conseille un défensif composé avec un mélange d’alun , de suie , d’opium et de blancs d’œufs battus ensemble. Les réfrigérants ne conviennent que dails les premiers moments qui suivent la blessure : au bout de quelques heures, lorsque le gonflement se déclare, leur but, qui est de prévenir l’inflammation, se trouve manqué. On se contentera alors d’envelopper le pied 'de cataplasmes de farine de graine de lin, que l’on arrosera, si la douleur est vive, avec de la décoction de têtes de pavot. Les premiers accidents calmés, la tuméfaction disparue et la douleur notablement diminuée, ce sont d’autres moyens qui conviennent. Il faut rendre du ton et de la force à l’articulation, et faciliter la résorption des liquides épanchés : il convient alors d’entourer l’articulation malade de cataplasmes imprégnés de décoction de plantes aromatiques, telles que la sauge, le romarin, la lavande, etc., ou même d’eau-de-vie camphrée, et enfin de compresses imbibées d’eau-de-vie camphrée pure et chaude. Un mélange de gros vin et de décoction aromatique sera encore d’un excellent usage.
Dans les cas d’en torse violente que nous avons décrits, il faut, si l’on peut le faire dès les premiers instants, employer les réfrigérants énergiques mentionnés plus haut, mais il est rare qu’ils suffisent seuls; il faut en même temps des saignées plus ou moins abondantes suivant la force des sujets, des applications répétées de sangsues en grand nombre, etc., moyens que l’on doit laisser à la sagacité du chirurgien, seul juge compétent en pareille circonstance.
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Dans l’état chronique , on mettra en usage les excitants appropriés à la dernière période de l’entorse légère; on y joindra des bains de pied prolongés avec les mêmes décoctions ou du gros vin chaud. D’autres emploient avec avantage le sang de bœuf , mais ce moyen répugne à beau* coup de personnes ainsi que le suivant qui se trouve cependant indiqué par plusieurs auteurs, et qui consiste à plonger la partie lésée dans le ventre d’un bœuf que l’on vient d’abattre. On pourra, dans la saison, mettre le pied malade dans du marc de raisin, récemment sorti de la cuve; les eaux sulfureuses artificielles ou naturelles de Bourbonne, de Barèges, etc., seront encore d’une grande ressource pour rendre aux ligaments affaiblis la force et le ressort qu’ils ont perdus : je ne terminerai pas ces considérations sans parler d’un excitant très actif et bien utile en pareilles circonstances, les douches de vapeur que l’on dirige sur l’articulation malade.
Mais ce n’est pas tout que de guérir le malade , il faut encore le soustraire aux rechutes; il n’est point ici question du traitement général approprié au tempérament du sujet , mais seulement des moyens locaux propres à empêcher l’entorse de se reproduire. On évitera cet inconvénient, si grave par, ses conséquences, en portant un bandage roulé, ou mieux encore un brodequin lacé en peau de chien, ou en fort coutil serrant et enveloppant d’une manière bien juste le bas delà jambe; des bottes fines et moulées, aussi exactement que possible, sur la forme des parties, rempliront la même indication.
Les divers moyens que nous avons énumérés suffisent pour amener à parfaite guérison les entorses du pied, sans avoir recours aux emplâtres ridicules, souvent dégoûtants et quelquefois nuisibles que prône le charlatanisme ou l’empyrisme aveugle de quelques bonnes femmes.
Entorses de la colonne vertébrale, connues dans le peuple sous le nom de lover de reins. Elles s’observent surtout à la suite de mouvements brusques, de torsion du corps d’un côté ou d’un autre, d’une mauvaise position prise dans le lit et conservée long-temps, d’efforts énergiques pour soulever un fardeau, etc., etc. Ces diverses causes ont pour résultat une distension soudaine et violente qui porte autant sur les muscles logés dans les gouttières vertébrales que sur les ligaments, et qui peut même amener la rupture de quelques faisceaux musculaires.
Les symptômes consistent dans une douleur ordinairement fort vive, occupant le plus souvent la région des reins , augmentant par la pression, se calmant dans certaines positions du corps, surtout l’extension, et s’exaspérant au moindre mouvement, au point d’arracher des cris : elle est quelquefois accompagnée d’un engorgement dans le point où elle se fait sentir.
Si la douleur est très vive, si l’engorgement est très considérable, on fera une ou deux applications de sangsues ( trente, quarante, et même cinquante ou soixante pour un adulte vigoureux et bien constitué). On appliquera des cataplasmes arrosés d’une décoction concentrée de tètes
de pavot ou de laudanum liquide de Sydenham. C’est dans ce cas surtout que conviennent les bains d’eau tiède prolongés pendant plusieurs heures, et dont on entretiendra la température à vingt-deux ou vingt-cinq degrés. On terminera le traitement par quelques frictions sur les parties malades avec l’eau-de-vie camphrée chaude ou un Uniment volatil.
Beatjgrand,
Docteur en médecine, ancien interne des
hôpitaux do Paris.
bntozoairbs (zool.) , s. m. pl. du grec enlos7 dedans et zoon, animal. On désigne ainsi certains êtres parasites doués d’une vie propre , qui habitent dans l’intérieur du corps des animaux ; par opposition on a nommé épizoaires ( epi , sur, zoon, animal,) ceux qui vivent à la surface de la peau, tels sont l’acarus scabiei, les diverses espèces de pediculi, etc.
Les entozoaires forment deux classes distinctes; la première comprend ceux qui habitent dans l’intérieur du tube digestif, et que l’on a désignés plus particulièrement sous le nom de vers intestinaux ; ce sont chez l’homme V ascaride lombricoïde , le trichocéphale , l'oxyure vermiculaire , le bothriocèphale large et le teenia cucurbitain. Ces espèces seront décrites , ainsi que les symptômes qu’elles occasionnent et le traitement qu’elles nécessitent au mot Vers intestinaux .
Dans la seconde classe sont rangés les enlozoaires qui se développent dans l’intérieur des organes, par exemple dans le cerveau, le foie, l’épaisseur des muscles, etc.; parmi ceux-ci nous avons déjà parlé des acéphalocystes et du drago • neau ou filaire , et non silaire, comme notre imprimeur nous l’a fait dire par une erreur typographique. Pour compléter l’énumération des entozoaires de l’homme, il nous reste à indiquer V échinoccoque et le cysticerque du tissu cellulaire. Ces espèces seront traitées au mot Hydatides. L’existence de la douve du foie et du strongle des reins , fréquente chez les animaux , est douteuse ou extrêmement rare chez l’homme.
On a beaucoup disserté sur l’origine des entozoaires, et la question est loin d’être résolue; ils ne peuvent être produits par des germes venus du dehors, puisque des espèces analogues n’existent pas hors du corps des animaux, qu’on les reneontre dans l’épaisseur d’organes fermés de toutes parts, et qu’on en a trouvé même dans le tube intestinal de quelques fœtus. Admettrait-on que les œufs passent des parents aux enfants par le sperme on la circulation , mais le volume de ces œufs est trop considérable pour adopter cette bizarre supposition, et d’ailleurs combien de parents exempts de vers donnent le jour à des enfants qui en sont tourmentés. On se trouverait donc amené à conclure que les entozoaires se forment par génération spontanée , quoiqu’il soit extraordinaire que cette génération spontanée puisse donner naissance à des êtres d’une organisation compliquée, de sexes distincts et qui peuvent se reproduire par des œufs ; c’est au moins ce qu’on observe pour les vers du tube intestinal. Cette question, comme on le voit, mérite au plus
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haut degré de fixer les méditations du médecin philosophe, et nous regrettons que la nature de cet ouvrage ne nous permette pas de nous étendre davantage sur un sujet anssi intéressant. J. B.
envies ( path .), s. f. pl. nœvi malernis . 0nappelle ainsi certaines marques ou tumeurs que les enfant s apportenten naissant, et qui persistent en général toute la vie. Une opinion généralement répandue veut que ces empreintes congéniales soient l’effet des impressions éprouvées parla mère pendant la grossesse, et qu’elles aient de la ressemblance avec les objets désirés ou qui ont vivement frappé. Sans rejeter entièrement cette hypothèse,il fautremarquerqu’ellen’est pas appuyée sur un nombre suffisant de faits authentiques pour l’admettre d’une manière définitive.
Les envies ou nœvi forment deux classes; dans la première, les marques qu’on désigneplusparticulièrement sous le nom de spili ne dépassent pas le niveau de la peau et ne consistent que dans une altération du pigment (pigmentum) ou matière colorante du derme, tellessont ces taches brunes, jaunes, safranées ou même noires qu’on observe si souvent disséminées çà et là sur la surface du corps. Elles n’occasionnent ni douleur ni démangeaison, ne présentent aucun danger et durent ordinairement toute la vie. Leur forme et leur largeur sont très variables; elles sont parfois régulières et offrent de la ressemblance avec certains objets usuels.
Dans la seconde classe qui comprend les nœvi proprement dits, il n’y a pas seulement altération du pigment, mais il y a surtout un développement anormal d’une foule de petits vaisseaux sanguins. Tantôt alors les empreintes sont superficielles et le plus souvent rouges ou violettes (taches de vin), ou bien elles sont régulières et ressemblent à une feuille; leurbord est très rouge, et des lignes semblables à des veines partent d’un centre ( nœvus foliaceus). Tantôt le développement vasculaire étant plus prononcé, il se forme au-dessus de la peau cle petites tumeurs de grosseur variable et qu’on a comparées pour l’aspect à des fraises, des framboises, des groseilles etc. Quelques-unes de ces excroissances ont un pédicule.
D’autrefois leur forme est irrégulière et leur volume plus considérable; on en a vuoccuper toute la joue; elles constituent alors ce qu’on a nommé des tumeurs érectiles ; elles présentent des battements et une sorte de bruissement particulier.
Tous les nœvi qui sont formés par un développement anormal des vaisseaux sanguins sont susceptibles de prendre une coloration plus intense sous l’influence de toutes les causes qui accélèrent la circulation ; un écart de régime , une vive frayeur , l’approche des règles produisent cet effet.
Les petites taches en forme de lentilles brunes souvent légèrement proéminentes et recouvertes de poils, que l’on nomme vulgairement signes, appartiennent le plus souvent à la seconde classe des envies ; lorsqu’on les irrite , elles peuvent se gonfler, devenir douloureuses et occasionner delà démangeaison. A cette même classe appartiennent
aussi les larges taches brunes recouvertes de poils que plus d’une fois l’on a eu occasion d’observer sur les joues de quelques individus.
Le traitement des envies est à peu près nul ; l’ablation par le fer ou les caustiques serait, il est vrai , un moyen de les détruire, mais à cause de la cicatrice le remède serait pire que le mal. Il est d’ailleurs prudent de ne pas toucher aux nœvi vasculaires, qui dégénèrent quelquefois lorsqu’on les irrite. Quant aux tumeurs érectiles , lorsqu’elles font des progrès , et qu’elles présentent le danger d’une hémorrhagie difficile à arrêter, il faut avoir recours à une opération chirurgicale , qui consiste à lier le tronc artériel qui fournit du sang à la tumeur. La cautérisation dans ce cas est très dangereuse.
Nous indiquerons aussi en terminant un moyen qui vient d’être proposé par un médecin pour faire disparaître les taches pigmentaires superficielles. Ce moyen consiste à tatouer la partie maculée au moyen d’une poudre de la couleur de la peau et par le procédé qu’emploient si souvent les marins et les soldats. J. -P. Beaude.
épanchement ( chir .), s. in. Le mot épanchement est une expression générique et complexe , en général mal définie , par laquelle on désigne l'accumulation , dans une cavité naturelle ou accidentelle , de liquides normaux sortis des vaisseaux ou des réservoirs qui les renferment habituellement, ou de liquides anormalement sécrétés. Développons cette définition : 1° Un organe , le foie par exemple, éprouve une contusion violente, la force du coup est telle que des vaisseaux sanguins sont rompus; le sang qui s’y trouve contenu s’en échappe, s’amassedans le point où l’accident a eu lieu, distend, écarte la substance del’organe et se creuse un foyer, au sein même de son parenchyme ; voilà un épanchement dans une cavité accidentelle et produit par l’issue d’un liquide normal hors de ses vaisseaux ; 2° quepar suite d’une cause semblable une artère ou une veine s’ouvre dans le ventre ou dans la poitrine, on aura un épanchement dans une cavité naturelle ; 3o une rupture de la vessie , soit dans le ventre, soit dans le tissu cellulaire qui entoure sa partie inférieure et le dépôt de l’urine dans la capacité de l’abdomen ou dans ce même tissu cellulaire, donnera l’idée d’un épanchement par issue d’un liquide hors de son réservoir naturel ; 4° enfin que, par suite d’une inflammation.violente,du pus se forme en abcès dans un organe ou soit versé dans une des cavités naturelles dont nous avons parlé , et vous aurez un épanchement déterminé par un liquide anormal.
D’après ce qui précède, on voit que la gravité dans les lésions de ce genre est subordonnée à la cause qui lui a donné naissance, et à l’importance de l’organe qui en est le théâtre.
Les épanchements peuvent être formés par de l’air, du sang, de la sérosité ou du pus; les épanchements aériformes sont traités à l’article Emphysème', ceux qui sont formés par le sang rentrent dans l’histoire des plaies ou des hèmorrha l gies ; une accumulation de sérosité constitue une
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hydropisie ; nous ne parlerons donc ici que des épanchements purulents ; et comme il a été parlé au mot Abcès des dépôts dans le sein des tissus, c’est-à-dire dans les cavités accidentelles, il nous reste à décrire ceux qui se trouvent dans les cavités naturelles.
I. Epanchements de pus dans les cavités du cerveau. Ils sont fort rares et dépendent d’une inflammation de la substance cérébrale ou de ses membranes, et ne nous offrent rien à noter ici de particulier.
I I . Epanchements de pus dans la poitrine. Ils son t connus en chirurgie sous le nom iI’Empyème (de en , dans et de puon, pus). L’accumulation se fait dans les plèvres, sacs membraneux qui, après avoir revêtu chaque poumon, tapissent la partie correspondante des parois de la poitrine , et forment ainsi des cavités sans issue(V. Poumons ).
Deux causes différentes peuvent déterminer l’empyème : tantôt, et c’est le cas le plus fréquent, le pus est produit par une violente inflammation delà plèvre ( pleurésie ), tantôt c’est un abcès formé dans un organe voisin qui vient s’ouvrir dans cette membrane et y verser la matière qu’il renferme. C’est ainsi que l’on a vu des collections purulentes du foieou du’poumon s’y frayer un passage ; que des foyers formés dans l’épaisseur des parois de la poitrine, au lieu d’aboutir en dehors se sont ouverts en dedans; d’où le précepte d’opérer de bonne heure les abcès situés très près des grandes cavités. Le liquide déposé à la suite de ces ruptures ne concourt pas seul à former l’empyème: parsesqualitésirritantesil détermine une véritable pleurésie , dont le résultat est de produire une sécrétion purulente plus ou moins abondante, qui s’ajoute à la matière épanchée.
La quantité de pus que l’on rencontre dans la poitrine est très variable ; on en trouve souvent plusieurs pintes : quant au liquide lui - même , tantôt il est seulement séro - purulent , tantôt blanc, épais et crémeux, quelquefois aussi sanguinolent.
Procédons maintenant à un examen raisonné des symptômes de cette maladie : 1° l’amas du liquide dans la poitrine ne peut se faire sans comprimer le poumon ; dès lors gêne très grande de la respiration, surtout si la collection s’est faite rapidement, et si le poumon opposé n’est passain; 2° non seulement le poumon est comprimé , mais le côté malade de la poitrine est obligé de se dilater pour faire de la place au pus qui l’envahit ; on observe donc une différence notable dans les dimensions des deux moitiés latérales de la poitrine; les côtes s’écartent et se relèvent , les intervalles qui les séparent et qui sont ordinairement enfoncés sont refoulés par le liquide , et font saillieà l’extérieur : souvent même en pressant sur ces points on sent la fluctuation ; 3° dans l’état sain, si l’on frappe avec l’extrémité des doigts un coup sec sur la poitrine, il en résulte un bruit sonore , comme celui que l’on tire d’un vase creux; cette sonoréité est due à la distension des poumons par l’air, et il ne s’observe à la poitrine que là où se trouvent lespoumons. Orquanddu liquide prendla place d’un de ces organes, il en résulte nécessai-
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rement un phénomène opposé ; le son est mat, et semblable à celui que produit la percussion d’un tonneau plein ; 4o dans l’état sain encore, l’oreille appliquée sur les parois de la poitrine fait entendre l’arrivée de l’air dans les poumons, qui occasionne un bruissement connu sous le nom de murmure respiratoire. Par la raison déjà énoncée ce murmure disparaît; on n’entend rien, excepté à la partie postérieure près de la colonne vertébrale, où se trouve le poumon refoulé; l’auscultation donne en ce point la résonnance particulière connue sous le nom de bronchophonie. Dans certains cas aussi, quand il y a à la fois de l’air et un liquide dans la poitrine, tout mouvement brusque et saccadé du malade fait entendre un bruit de flot; 5° si l’on applique la main sur les côtes d’un homme qui parle ou chante un peu fort, on perçoit un frémissement dont le point de départ est dans l’organe pulmonaire ; cette sensation n’existe pas chez un sujet dont un côté de la poitrine est rempli de pus ; 6° quand un malade affecté d’empyème se couche sur le côté sain , le liquide contenu dans le côté opposé pèse sur le premier et gêne la respiration ; le sujet doit donc se coucher sur lapartie malade. Ces caractères purement locaux servent à faire reconnaître que la poitrine est le siège d’un épanchement et quel est le côté affecté:maisilyaenoutredes^>A/?îow<?ft<tt généraux: 1° l’embarras delà respiration entraîne un embarras dans la circulation; de là une rougeur et une pâleur alternatives du visage avec le sentiment de bouffées de chaleur; 2° le pouls est petit, serré et fréquent; 3° il y a des frissons irréguliers suivis de chaleur; ces accidents surviennent souvent le soir : on observe cette forme particulière de fièvre dans les grandes suppurations internes, et on la désigne sous le nom éé hectique de résorption ; 4o les principales fonctions s’exécutent mal, l’appétit se perd, un amaigrissement progressif et souvent rapide se déclare, la peau prend une teinte livide quelquefois accompagnée de bouffissure et d’enflure aux extrémités inférieures, avec tendance au refroidissement ; 5° enfin la maigreur arrive à son comble, la respiration s’embarrasse de plus en plus, une abondante diarrhée achève d’épuiser les forces du malade, qui succombe à tant de souffrances et avec toute sa raison.
La terminaison n’est pas toujours aussi fâcheuse : on a vu des empyèmes s’ouvrir à travers le poumon dans les voies aériennes et être rejetés par l’expectoration; quand l’évacuation a lieu trop brusquement, le malade peut périr suffoqué. D’autres fois le pus se fait jour au dehors et vient former une saillie sous la peau, c’est ce qu’on nomme l 'empyème de nécessité, car alors l’indication d’opérer est urgente. Enfin dans certains cas plus rares encore , la matière épanchée se résorbe peu à peu, le poumon, s’il n’a pas été trop comprimé, reprend ses fonctions et l’individu guérit.
On assure avoir vu cette heureuse terminaison annoncée par une crise consistant dans des sueurs, un flux de ventre et des urines abondantes et sédimenteuses,etc., mais, je le répète,
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