L. Martinet
Agrégé, professeur, ancien chef Je clinique de la faculté à l’Uôtel-Dieu de Paris.
épinard commun ( bot .) , s. m. spinacla oie • racea. Cette plante annuelle potagère, l’une desf^ plus intéressantes de la famille des Chénopodéesl de Jussieu, se distingue parles caractères suivants: r Fleurs polygames de couleur vert-pâle, celles mâles sessiles et disposées en épi; celles femelles également sessiles et réunies en groupes aux aisselles des feuilles; graines ou fruit, agglomérés, disposés en forme d’épi rameux et offrant chacun trois ou quatre cornes aiguës; feuilles petiolées alternes en forme de fer de lance, de consistance molle et de couleur vert-foncé lors de leur maximum de développement, lige cylindrique, fis tuleuse, cannelée, haute de dix-huit pouces à deux pieds; racine blanchâtre peu ou point fibreuse.
Les feuilles sont les seules parties de la plante qui entrent dans le régime alimentaire; bien que dans certaines contrées on les mange crues et eu salade; cependant l’usage le plus ordinaire est de les soumettre à une sorte de blanchiment par la coction dans l’eau, pour entraîner le principe amer qu’elles contiennent eten opérer la cuisson. On ajoute ensuite, après les avoir hachées, divers assaisonnements qui ont pour effet de relever leur saveur fade et nauseuse.
L’épinard est un légume sain, léger, pauvre eu principes assimilables et partant peu nutritif; aussi dit»on, en langage gastronomique vulgaire, qu’il ne sert qu’à balayer l'estomac. Il leste en effet cet organe plus qu’il ne l’excite et doit être considéré plutôt comme véhicule que comme auxiliaire des substances auxquelles on l’associe; c’est ainsi que dans le régime diététique, suivant qu’on veut nourrir ou débiliter, provoquer l’action digestive ou la suspendre sans trouble, on conseille l’usage de ce légume préparé au gras ou au maigre.
Les propriétésémollientes et détersives des feuilles d’épinard sont quelquefois mises à profit dans l’usage médical; c’est surtout sous forme de cataplasme et contre certaines inflammations locales qu’on en fait l’application.
On n’est pas d’accord sur l’origine de cette plante, devenue d’un usage si commun en Europe; les probabilités sont cependant en faveur de la Perse, où Olivier dit l’avoir vu croître naturellement. On en cultive maintenant quatre variétés principales aux environs de Paris : 1° l’épinard commun à graines piquantes et à petites feuilles (c’est celui que nous avons caractérisé plus haut); 2° l’épinard à graines rondes et à petites feuilles; 3° l’épinard d’Angleterre à graines piquantes et à très-larges feuilles; 4° l’épinard de Hollande ou de Flandre à graines rondes et à larges feuilles. Les deux premières, moins belles et moins productives, il est vrai, sontplus rustiques et résistent mieux aux intempéries d’automne, ce qui établit en leur faveur une ample compensation.
Bien que cette plante ne soit pas douée d’une grande énergie, c’est cependant l’une de celles 1 qui fournissent par l’incinération la plus grande quantité de potasse. La proportion est en effet telle qu’elle dépasse quelquefois 60 pour cent du poids des cendres. Cette puissance d’alcalinité
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pourrait bien être pour quelque chose dans la propriété qu’ont les épinards de débarrasser, comme nous l’avons dit plus haut, les voies digestives; ce qu’il y a de certain , c’est qu’ils sont légèrement laxatifs , l’eau qui a servi à les cuire facilite aussi singulièrement la cuisson d’autres légumes et notamment des pois et des haricots.
COUVERCHEL.
De l’Académie de Médecine et de la Société de Pharmacie.
épine dorsales (anat.) (V. Colonne vertébrale.)
épine-vinette ( bol .), s. f .[berberis vulgaris L. C’est une plante de la famille des berbéridées J. , hexandrie monogynie L. , elle est très commune dans nos climats où elle a aussi reçu le nom de vinettier. L’épine-vinette est un arbrisseau épineux qui croît dans les lieux incultes, sur les bords des chemins , dans les haies ; son écorce est mince et lisse , son bois est jaune , les feuilles sont petites, oblongues , vertes, d’un goût acide, les fleurs sont disposées en grappes et elles sont remplacées par des fruits oblongs, lisses, remplis de suc, qui prennent en mûrissant une belle couleur rouge, ils sont à cette époque d’un goût acide et astringent, et ils contiennent des pépins ou semences qui sont durs, allongés et d’une couleur rouge-brune. Ces fruits ou baies senties parties de la plante qui sont employées en médecine, et ils doivent leur propriété acide à l’acide malique qu’ils contiennent dans une assez forte proportion.
On prépare avec les fruits du vinettierun rob, un sirop et des pastilles. Le rob se fait avec le suc épaissi des baies que l’on a pilées dans un mortier, on le fait évaporer jusqu’ à la consistance du miel, et on y ajoute un quart de sucre. Le sirop se prépare également avec 300 gram. de suc dépuré et filtré, et 500 gram. de sirop simple bien cuit; on mêle et l’on fait jeter un seul bouillon. Les pastilles se font avec 250 gram. de sucre blanc en poudre que l’on fait fondre dans une bassine de cuivre étamé et 30 gram. de suc épuré. Le suc s’emploie souvent seul pour mêler aux mixtures, il se prépare ainsi : on prend une quantité déterminée de fruits bien mûrs épine-vinette, on les écrase dans un mortier et on les met ensuite à la cave pendant plusieurs jours , on exprime le suc et on le fait également reposer à la cave pendant un temps égal à celui où l’on a laissé les fruits pilés; après qu’il a reposé ainsi , on le passe et on le conserve dans des bouteilles à longs cols, en le couvrant d’une couche d’huile et en le mettant dans un lieu frais. Ou fait aussi des conserves ou confitures d’épine-vinette qui sont astringentes et d’un goût agréable. L’épine-vinette est tempérante, diurétique lorsque l’on emploie le suc, le sirop et le robe convenablement étendus ; sa conserve est astringente et peut être employé contre la diarrhée. J. B.
épineux ( anat .), adj. Plusieurs organes ont reçu ce surnom : on a donné le nom à' apophyse épineuse aux prolongements osseux que présen-
tent les vertèbres en arrière (V. ce mot). Il existe une artère épineuse qui est une des branches de l’artère maxillaire interne ; elle s’introduit dans le crâne et se distribue à la dure-mère qui est l’enveloppe fibreuse du cerveau. Il existe dans les gouttières, à droite et à gauche de la rangée des apophyses épineuses de la colonne vertébrale, des muscles qui ont reçu les noms de grand et de petit épineux et de transversaire épineux.
ÉPINIÈRE, COLONNE EPINIERE {anat.). (V. Colonne vertébrale.)
épiphénomène ( palli.) , s. m. On donne ce nom à des symptômes qui viennent se surajouter à ceux qui existent dans une maladie, et qui, par leur nature, ne sont point la conséquence nécessaire de cette même maladie; on peut les considérer comme des complications. J- B.
éfiphora ( chir .), s. m. (du grec épiphora de épiphéro , lancer avec force, apporter). On donne ce nom à un écoulement involontaire des larmes , l’épiphora est ordinairement déterminé, ou par l’occlusion des points lacrymaux qui ne peuvent plus absorber les larmes , ou par l’occlusion du canal nasal qui doit les faire couler dans les fosses nasales ; l’écoulement des larmes dans ces divers cas n’est que le symptôme d’une affection à laquelle il est important de remédier. Des maladies de la paupière inférieure déterminent, souvent aussi cet écoulement des larmes sur la joue. (Y. Larmes, Fistule lacrymale. Paupières (ma ladies des). J. B.
épiphyse ( anat.) , s. f.(du grec épi sur, et de fuo je nais , je nais sur). On a donné ce nom à des éminences osseuses qui ne sont jointes au corps de l’os que par un cartilage; ces épiphyses n’existent que dans le jeune âge, plus tard, elles se soudent au corps de l’os et forment corps avec lui, alors on leur donne le nom d’apopliyses. J. B.
épiplocèle [path .), s. f. On donne ce nom à une hernie formée par l’épiploon. (Y. Hernie.)
épiploon {anat.), s. m. (dugrec<?/«'sur, et pléô je flotte). C’est ce qu’en terme culinaire on nomme vulgairement la coijje chez les animaux. L’épiploon est un large repli du péritoine qui recouvre une partie des intestins en flottant sur eux ; il est formé d’un double feuillet membraneux renfermant des vaisseaux et des bandelettes graisseuses. Les anatomistes le divisent en plusieurs parties; la plus considérable, connue sous le nom de grand épiploon ou épiploon gastro-colique , flotte sur le paquet des intestins grêles au devant de l’abdomen (V. Péritoine). L’épiploon peut faire hernie , seul ou avec les intestins ; c’est ce qui constitue Y épiplocèle et l’épiplo-entérocèle. Il en résulte quelques signes et symptômes particuliers. (V. Hernies.^ J. B.
épispadias {path.), s. m. (de épi sur, et de spaô je divise, j’écarte) i ou donne ce nom à un
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vice de conformation qui fait que le canal de l’urètre s’ouvre à la partie dorsale de la verge au lieu découvrir à l’extrémité du gland ; le vice de conformation opposé a été nommé hypospadias. (V. ce mot.)
épis? astique {mat. méd .), s. m. (du grec épistaS j’attire). On donne ce nom à des substances dont l’action consiste à irriter la peau ; tou tes les substances irritantes pourraient être considérées comme épispastiques , mais on réserve spécialement ce nom aux cantharides , à l’ammoniaque , à la moutarde, au garou ; on prépare avec ces médicaments des pommades excitantes qui ont reçu le nom de pommades épispastiques et qui sont employées pour favoriser la suppuration des vésicatoires et autres exutoires ; les cantharides et le garou sont les substances qui sont les plus employées pour ces sortes de préparations. On applique aussi ces médicaments sur des papiers qui ont reçu le nom de papiers épispastiques et qui servent à l’usage que nous venons d’indiquer.
L’emplâtre qui sert à appliquer les vésicatoires et qui est un mélange de cantharides, de poix blanche, de térébenthine et de cire jaune, a reçu le nom d’emplâtre épispastique ; on prépare avec la teinture de cantharides un taffetas vésicant qui a reçu également le nom d’épispastique. fV. Cantharides , Vésicatoires.'] J. B.
épistaxis ( path .), s. f. (dugrec<?/?i sur et stazâ je coule goutte à goutte) ; écoulement spontané de sang par les narines; l’hémorrhagie nasale suite de coup ou de blessure ne porte pas le nom diepistaxis.
Cette affection est tantôt produite par un état particulier de pléthore et survient alors sans que la santé soit notablement altérée, tantôt elle est liée à une autre maladie , dont elle n’est qu’un symptôme quelquefois de mauvais augure.
On a aussi distingué l’épistaxis en active ou passive , suivant que le sang était exhalé à travers la membrane pituitaire par l’effet d’une congestion sanguine, ou que la transsudation avait lieu passivement par suite de la faiblesse et du défaut de ton des vaisseaux sanguins capillaires.
L’épistaxis spontanée active s’observe souvent dans l’état de santé, surtout chez les personnes pléthoriques. Les adultes vers l’époque de la puberté y sont sujets d’une manière toute particulière ; dans ces circonstances une cause souvent légère, quelques excès, l’exercice, une marche fatigante, l’exposition au soleil, un lieu trop chaud, et quelquefois même une émotion ou la simple introduction du doigt dans la narine suffisent pour amener l’hémorrhagie. Chez plusieurs personnes elle est précédée de mal de tête, d’un peu d’agitation , et de quelques symptômes de congestion cérébrale qui se dissipent progressivement pendant que l’écoulement du sang a lieu. Aussi doit-on en général respecter l’épistaxis active; la quantité de sang qui s’écoule varie le plus souvent entre quatre et huit onces
L’épistaxis symptomatique , c’est-à-dire celle qui n’est que le symptôme d’une autre maladie
peut être passive comme dans le scorbut et la dothinentérite nommée autrefois fievie putride , ou active comme on l’observe dans plusieurs affections injlammatoires. Dans ce dernier cas l’hémorrhagie est souvent critique et peut exercer une heureuse influence sur l’issue de la maladie. Il serait dangereux de la supprimer brusquement.
Il n’en est pas ae même de l’épistaxis qui survient dans le cours de plusieurs affections chroniques, elle est alors liée à un état de faiblesse générale ou à une altération particulière du sang ; l’écoulement est quelquefois si abondant qu’il peut compromettre les jours du malade déjà affaibli par les symptômes de la maladie principale; outre la faiblesse des vaisseaux, il y a alors congestion de sang à la tête. Nous reviendrons sur ces épistaxis en traitant de chaque maladie, où on les observe.
Traitement. L’épistaxis spontanée et active doit être en général respectée comme nous l’avons dit; on n’essaiera de l’arrêter que dans le cas où la perte de sang serait assez considérable pour que le sujet fût menacé de syncope , ce qui du reste est très-rare et doit faire craindre une maladie imminente. Lorsque les hémorrhagies sans être abondantes sont fréquentes, on tâchera d’en prévenir le retour par un régime sobre et frugal, en évitant tout ce qui peut accélérer les battements du cœur et quelquefois en ayant recours à la saignée , mais il faut alors s’éclairer des conseils d’un médecin prudent.
Lorsqu’une hémorrhagie nasale survient pendant le cours d’une maladie chronique ou sur un sujet affaibli , comme elle peut être dangereuse, il est toujours utile de faire appeler le médecin sur-le-champ.
Les principaux moyens usités pour arrêter le sang qui coule avec trop d’abondance du nez sont les suivants en commençant par les plus simples:
Il faut placer le malade dans un lieu froid ; il peut être assis ou couché, mais il doit avoir la tête haute et non inclinée sur le vase où le sang est reçu; si cependant il y avait menace de syncope , il faudrait le coucher et maintenir sa tète basse. On lui placera des compresses d’eau froide à la glace ou vinaigrée sur les tempes et sur le front. Il devra renifler un liquide astringent tel que de l’eau vinaigrée ou mêlée d’alun; ce même liquide pourra être injecté dans les narines à l’aide d’une petite seringue. En même temps qu’on aura recours à ces moyens on fera prendre au malade un bain de pied à la moutarde, ou bien on lui appliquera un large sinapisme à chaque cuisse. La saignée est rarement indiquée; on a dans plusieurs cas appliqué avec avantage 6 à 15 sangsues àla partie interne des cuisses sur des jeunes filles non réglées chez les quelles l’épistaxis paraissait coïncider avec le défaut de menstruation.
Lorsque les moyens indiqués plus haut sont insuffisants, et que l’on est privé de médecin, on pourra encore essayer de tamponner l’ouverture extérieure des narines avec de l’amadou et de la charpie, mais le plus souvent alors le sang continue à couler dans la gorge par l’ouverture posté-
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rie lire des fosses nasales. Il est de toute nécessité dans co cas de recourir au double tamponnement. Le procédé opératoire de ce tamponnement exige l’emploi d’une sonde particulière dite de Belloc , et demande quelque habitude pour être bien exécuté ; le médecin seul doit en être chargé; je ne m’arrêterai donc pas à le décrire.
On prévient les épistaxis passives par un traitement fortifiant et varié suivant la nature de la maladie concomitante. C’est ainsi qu’on emploie les amers, les toniques, les préparations de fer, etc.
J. P. Beaude.
épithélium. (V. au Supplément.)
épitheme ( pharm .), s. m.(du grec epithema, de epi sur, et de tithemi je mets , je mets dessus). On donne ce nom à des médicaments liquides , mous ou secs que l’on applique sur la peau : les lotions, les fomentations sont desépithèmes liquides ; les cataplasmes sont des épithèmes mous ; les épithèmes secs sont les sachets et les poudres que l’on applique à l’extérieur. J. B.
épitrochlée [and.) , s. f. Nom donné à la partie interne de l’extrémité inférieure de l’os du bras ou humérus. (Y. ce mot.)
épizoaires ( zool .), s. m. p. Nom donné aux parasites qui vivent sur le corps de l’homme. (V. Acarus , Phthiriasis, Prurigo, Insectes.)
éponge [mat. méd.), s. f. spongio officinalis. Les naturalistes ont été longtemps avant d’être fixés sur la nature de l’éponge ; les uns la considéraient comme une substance végétale, d’autres comme appartenant au règne animal; ces opinions eurent chacune leurs défenseurs. Aujourd’hui, l’éponge est rangée parmi les substances animales , mais elle occupe les extrêmes limites de ce règne; c’est un polypier formé d’un tissu composé de fils plus ou moins fins résistants et qui sont comme feutrés une quantité considérable de petits canaux traversent la masse de ce polypier ils ont pour objet de donner passage à l’eau et sans doute aux polypes qui l’habitent. Il existe une très grande quantité de genres d’éponges qui varient par leurs formes, leur couleur et leur densité. L éponge qui est employée en médecine est celle qui sert aux usages domestiques, et on lui a donné le nom d’éponge officinale. L’éponge est employée pour dilater des ouvertures naturelles ou des trajets fistuleux; pour cet usage, on la prépare de la manière suivante : on prend une éponge fine que l’on a soin de bien laver et de débarrasser des petites pierres et des coquilles qui y sont quelquefois mêlées, et lorsqu’elle est encore humide , on l’enveloppe en la serrant fortement avec une corde dont les tours se touchent, et on la fixe par un nœud facile à délier; on conserve Téponge toujours entourée de la corde, afin que l’humidité ne lui rende pas son volume primitif; lorsque l’on veut s’en servir, on en coupe un morceau que l’on taille du volume qu’on désire. On prépare aussi l’éponge avec de la cire ; cette préparation consiste à plonger dans de la cire jaune fondue de l’éponge fine, préalablement nétoyée
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et séchée et à la presser entre deux plaques d’étain chauffées au bain-marie; on laretire lorsque le refroidissement est complet : on se sert également de cette éponge pour dilater les plaies et les autres ouvertures, seulement elle se gonfle moins que la préparatiou précédente.
L’éponge calcinée a été employée dans les affections scrofuleuses et le goitre avec quelque avantage , et l’on a reconnu que c’est à l’iode qui est à l’état d’hydriodate de potasse dans l’éponge, que ce médicament doit ses propriétés résolutives. M. Guibourt a recommandé de ne calciner l’éponge que jusqu’à la couleur brune , parce qu’au de là il ne reste qu’une matière inerte dont l’iode s’est dégagé. L’éponge se trouve en grande quantité sur les rochers qui sont au bord de la mer ; les côtes du Calvados en présentent un assez grand nombre de variétés ; mais c’est surtout dans la Méditerranée, dans la Mer-Rouge et dans la mer de l’Inde que se recueillent les plus belles éponges et que l’on en observe un plus grand nombre d’espèces. J. B.
éprintes [méd.), s. f. p. tenesmus. On indique sous ce nom des envies fréquentes et douloureuses d’aller à la garderobe , c’est un des symptômes de la dyssenterie et il s’observe quelquefois dans la diarrhée. Ce mot est synonyme de ténesmes. (Y. Dyssenterie.)
epsom (eaux minérales d’). Les eaux d’Epson» sont situées en Angleterre , à sept lieues de Londres, près du village d’Epsom, dans le comté de Surry; ces eaux sont limpides, amères et purgatives , elles doivent cette propriété au sulfate de magnésie qui entre dans leur composition dans une proportion d’environ 30 gram. par litre. La dose a laquelle on prend ces eaux est de deux à quatre verres ; dans ces proportions , elles purgent convenablement et sans coliques. Le sel que l’on retirait de ces eaux, et qui est du sulfate de magnésie, était autrefois connu sous le nom de sel d’Epsom. J. B.
ÉPTJLIE , EPÜLIS OU ÉPULIDE [pdtk.), ce SOUt
de petites tumeurs fongeuses qui se développent sur les gencives. (V. Gencives ( maladie des).
épurge [bot.), s. f. (V. Euphorbe.)
équarrisseurs (Maladies des) [path. hyg.
pub.). Le mot équarrissage, de equus, cheval, ne se trouve dans aucun des anciens dictionnaires ; on le voit pour la première fois dans celui de Boiste. Ce mot n’a été adopté dans les règlements de police que vers le commencement du quatorzième siècle. C’est le 18 juillet 1727 que les équarrisseurs ont été condamnés à sortir de la ville et des faubourgs et à se retirer dans des maisons écartées et isolées. Les ouvriers actuels tiennent beaucoup au nom d’équarrisseurs , et regarderaient même comme offensant celui d’écorcheurs , que conservent encore leurs confrères de province.
Les établissements d’équarrissage sont rangés avec raison, par le décret du 15 octobre 1810, dans la première classe des établissements insa-
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lubres et il est défendu d’équarrir dans Paris. En outre, les animaux vivants envoyés à l’équarrissage doivent être abattus et équarris dans le jour : les animaux morts ou atteints de maladies charbonneuses ne peuvent être équarris qu’en présence d’un expert vétérinaire , qui indique les précautions à prendre.
Les équarrisseurs, placés au milieu d’animaux morts ou écorchés , d’intestins, d’ossements et de chairs en putréfaction , vivent dans une atmosphère fétide et insupportable pour celui qui n’y est pas accoutumé : ils sont exposés aux furoncules, à l’anthrax et à la pustule maligne; cette dernière affection est chez eux la plus fréquente : elle attaque la peau et le tissu cellulaire sous-jacent, et consiste dans le développement d’une vésicule séreuse à base livide, placée sur une tumeur dure, circonscrite , qui est bientôt frappée de gangrène. Pour empêcher les progrès du mal, le médecin doit se hâter de cautériser la plaie enflammée, soit par les caustiques, soit par le moyen du feu : on doit en même temps donuer à l’intérieur le quinquina, le camphre et d’autres substances toniques et antiseptiques. M. Pâtissier conseille aux équarrisseurs, pour se préserver de la pustule maligne, de se laver après leur travail les mains et la face avec une eau savonneuse simple, ou bien aiguisée avec du vinaigre; il serait préférable d’employer à cet usage des lotions d’eau chlorurée, préparée avec eau trente litres, chlorure de chaux un kilogramme, conservant ce liquide dans un vase bien fermé. Ils devraient se servir habituellement d’une nourriture végétale, et éviter les aliments succulents ; il faut enfin éviter de toucher un animal mort du charbon ( anthrax ) lorsqu’une blessure à la main pourrait favoriser ou déterminer la contagion.
Les équarrisseurs sont rarement affectés de phthisie pulmonaire; ce fait vient à l’appui de ce que nous avons dit en parlant des bouchers, c’està-dire que l’habitude de vivre dans une atmosphère chargée de principes qui s’exhalent des chairs fraîches , surtout , paraît être un moyen prophylactique contre la phthisie (V. Bouchers).
Les écorcheurs jouissent presque tous du même embonpoint que les bouchers : ils sont tous gras, colorés et bien portants. M. Payen, dans son travail sur les moyens d’utiliser toutes les parties des animaux morts dans les campagnes, a vanté l’innocuité des matières animales putrides, et il dit en parlant de l’équarrissage : « Une énorme quantité de boyaux, de sang, d’os charnus, etc., abandonnés pendant plusieurs jours à une fermentation forte , surchargent constamment l’air d’émanations infectes, et cependant les ouvriers, les femmes, et même des enfants à la mamelle, respirent tous les jours cet air puant sans éprouver la moindre influence fâcheuse : aucune affection 'spéciale , aucune maladie régnante n’a été observée aux environs. » Mais M. Payen n’a pas tenu compte de l’influence de l’habitude, car il nous est bien démontré qu’un air infect n’est point favorable à la santé : il serait nécessaire pour que son assertion fût fondée que l’on examinât quelle est l’action de l’air vicié par ces matières putrides sur les personnes qui n’ont pas l’habitude de les respirer. Nous avons vu des membres du conseil de salubrité frappés de céphalalgie par
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suite d’une visite dans les ateliers d’équarrissage.
Aujourd’hui, les ateliers d’équarrissage sont moins insalubres ; il y avait surtout l’atelier d’équarrissage de MM. Cambacérès, Payen et Cie, que l’on pouvait comparer à une boucherie ou mieux à un abattoir de Paris. Voici la série des opérations qui étaient mises en pratique dans cet établissement : le cheval tué d’un coup de masse est saigné immédiatement ; le sang, qui coule sur un plan incliné garni de dalles, se rend dans un tonneau où il est reçu ; il est de suite desséché, pulvérisé, puis mêlé à des engrais. La peau est enlevée et mise de côté pour être vendue aux tanneurs; les crins, coupés d’avance, sont vendus aux marchands de fuir; les pieds sont livrés aux fabricants de peignes, les tendons aux fabricants de colle ; les excréments, mêlés à de la poudre désinfectante, sont unis aux engrais; la chair dépecée est portée dans une cuve où elle est cuite à la vapeur, puis elle est soumise à l’action de la presse, desséchée et pulvérisée pour être vendue comme engrais. L’eau qui a servi à la cuisson de la viande se divise en deux parties distinctes : l’une oléagineuse, qui surnage, est vendue aux fabricants de savon, l’autre, qui est aqueuse ou gélatineuse, est coulée dans les baquets; elle se prend en gelée et donne de la colle pour les peintres en bâtiments [colle de peau) ; elle pourrait servir dans les petites villes et dans les communes à la nourriture des porcs. Les os séparés de la viande sont ensuite convertis en noir animal ou vendus secs, après avoir été choisis pour faire des objets de tabletterie.
Une autre industrie était exploitée par les équarrisseurs de Montfaucon, c’était celle de favoriser la production des larves [asticots), et d’en rendre la récolte facile. Voici comment on y procède : on étale par terre, sur une étendue indéterminée, les débris déposés dans les clos, et particulièrement les ^intestins qui, par leur odeur forte, attirent plus puissamment les mouches, et on en forme une couche qui n’a pas plus d’un demipied d’épaisseur ; on la couvre légèrement de paille pour la défendre de l’ardeur du soleil et on l’abandonne en cet état à elle -même. Bientôt les mouches attirées par l’odeur se précipitent sur ces matières ; elles s’insinuent à travers la paille, et, gagnant les substances qu’elle recouvre, eiles y déposent tous leurs œufs. Après quelques jours on ne trouve plus à la place des matières animales qu’on avait déposées qu’une masse mouvante, composée de myriades de larves et de quelques détritus qui ressemblent à du terreau; on sépara avec la main les plus gros de ces détritus, on réunit les vers, on les remue avec la paille et on les vend à la mesure. A Paris le boisseau d’asticots (équivalant à un huitième d’hectolitre) est vendu de quatre à six francs pour les faisanderies. Cette sorte de fabrication était devenue si lucrative par la consommation de tous ses produits que l’on y consacrait presque la totolité des chairs et des issues des chevaux abattus.
Les asticots remplacent avec beaucoup d’avantage les œufs de fourmis , non-seulement pour les jeunes faisans, mais encore pour élever les dindons, petits poulets et divers autres animaux do-
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mestiques. Les pêcheurs à la ligne en font une grande consommation dans certaines localités et les payent souvent assez cher.
L’industrie des asticots a donné lieu, il y a quelques années, à un accident affreux : un ivrogne étant tombé sur un de ces monceaux de chair et s’y étant endormi, les asticots pénétrèrent dans ses yeux, sa bouche et ses oreilles et y firent d’épouvantables ravages : l’homme fut conduit à l'hôpital Saint-Louis, et pendant plusieurs jours on désespéra de sa vie ; il revint cependant en santé, mais il perdit complètement la vue et l’ouïe; il vécut dans cet état pendant fort longtemps. Ce fait curieux a été consigné dans un journal de médecine, par M. Jules Cloquet, dans les salles duquel le malheureux dont nous parlons avait été soigné.
Les équarrisseurs viveut longtemps ; ils gagnent beaucoup et il y en a même qui font fortune.
Aux environs de Paris , certains individus ne font d’autre métier que de rechercher tous les cadavres abandonnés des animaux morts, pour en retirer la peau et la graisse , et quelquefois lorsqu’ils sont frais, la chair musculaire. On voit ces gens suivre le cours de la Seine et fréquenter les bords du canal Saint-Martin, afin de dépecer les animaux noyés ou jetés à l’eau , qui, gonflés par le gaz de la putréfaction, surnagent et stationnent près des bords. Deux ou trois chiens de bergers, qui accompagnent ces gens, sont dressés à rapporter les corps flottant à quelque distance de la rive.
Les écorcheurs, dont les vêtements, les mains, les ustensiles de poche sont imprégnés des matières animales avec lesquelles iis sont à tout moment en contact, n’observent aucune précaution de propreté; quand ils prennent leurs aliments, ils touchent et consommenlceux-ci au milieu de leurs plus sales opérations. On remarque dans cette localité des vieillards occupés dès leur enfance du métierd’écorcheurs, qu’ils continuent à exercer , sans en éprouver aucune affection spéciale.
Depuis que cet article a été écrit il s’est fait un notable changement dans les procédés de l’équarrissage : cette industrie est aujourd’hui exercée à Aubervilliers, où eit établi un abattoir pour tous les chevaux et autres animaux du département de la Seine ; les chairs sont cuites à la vapeur dans des cuves fermées. Sur l’emplacement de Montfaucon est établi le beau square des Buttes-Chaumont.
A. Chevallier. S. Furnari ,
Membre du conseil de salubrité, Docteiir en médecine, membre de professeur à l’école de phar- l’académie royale de médecine macte. de Palerme.
équitation ( hyg .), s. f. Les documents que nous avons sur les principes d’équitation employés dans l’antiquité sont très-imparfaits. Nous savons cependant que presque tous les peuples anciens employèrent la bride et le mors pour conduire et maîtriser leurs chevaux ; mais l’invention de la selle et des étriers n’est due qu’aux peuples barbares qui envahirent l’empire romain.
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Danslequinzième siècle il s’éleva à Padoue une académie quidevintparticulièrement célèbre pour l’enseignement de l’art de monter à cheval. Les nombreux élèves que la France et l’Espagne envoyèrent à cette école propagèrent bientôt dans les états du midi de l’Europe les principes d’équitation enseignés par les écuyers padouans ; ces principes connus aujourd’hui sous la dénomination Hé éco\e franco-italienne , sont ceux que l’on montre dans les manèges français.
1 . Influence de l’ équitation sur les appareils or • ganiques. Dans l’acte de l’équitation l’homme est placé sur une base mobile : cette base se meut , elle change sans cesse de position , et chaque mouvement fait éprouver unesecousse, un ébranlement à tout ce qui repose dessus. Toutes les fois que le cheval se déplace, il porte son corps en avant avec une certaine somme de mouvement que lui ont imprimé les contractions des muscles de ceux de ses membres qui ont quitté le sol. Mais à l’instant où ces derniers rencontrent la terre, à l’instant où ils reçoivent à leur tour le poids du corps , un choc a lieu ; tout le mouvement qu’avait reçu l’animal se répercute sur luimême , il traverse le corps du cheval et se porte sur l’homme qui est dessus : celui-ci éprouve un trémoussement très-vif, très-sensible , qui embrasse toutes les parties de son être. Ce mouvement répercuté se distribue dans l’économie entière, il pénètre chacun des organes, secoue leur masse, agite les tissus qui le constituent, détermine dans les fibres de ces derniers un resserrement interne qui les rend plus robustes et plus forts.
L’équitation, outre qu’elle détermine dans l’état actuel du système animal une série de changements organiques, a une influence remarquable sur la plupart des appareils de notre économie ; ainsi, prise avant le repas, l’équitation ouvre l’appétit, développe les forces digestives , assure une élaboration des aliments plus prompte et plus parfaite ; après le repas le travail de la digestion s’exécute plus vite et la faim revient plus tôt. L’équitation agit aussi sur la circulation du sang: le cœur pousse le sang avec une vigueur plus marquée , le mouvement artériel devient plus fort. L’équitation anime l’énergie des appareils exhalans , sécréteurs et absorbans : elle exerce une grande puissance sur la nutrition des organes, elle assure un bon emploi des principes nourriciers qui affluent dans le fluide sanguin et dans les tissus vivants. Les individus qui s’exercent à cheval sont plus colorés, ils ont une grande force organique ; le système nerveux lui-même subit des modifications notables dans sa mobilité et dans sa sensibilité sous l’influence de l’équitation.
2. Equitation considérée sous le point de vue médical et thérapeutique . Le médecin hygiéniste peut tirer un grand parti de l’équitation considérée comme moyen thérapeutique. L’exercice à cheval est très bien indiqué dans la convalescence des fièvres essentielles, dans les fièvres intermittentes rebelles, dans les diarrhées qui dépendent I d’un état d’atonie du canal alimentaire , dans la
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longue série des maladies spasmodiques, dans les affections strumeuses et scorbutiques, dans l’anasarque commençante, et enfin dans l’hypocondrie et dans la mélancolie.
L’équitation ne peut pas en général servir dans le traitement des maladies aiguës ; elles augmentent d’intensité par l’emploi de cet exercice.
â. Accidens que cause T équitation quand elle est forcée ou trop long-temps continuée ( Maladies des écuyers , des courriers et des postillons ). Les hommes qui s’occupent de l’instruction des chevaux dans les manèges, et les courriers, qui, pour les affaires publiques, changent souvent de chevaux , sont sujets aux hernies , à l’asthme , aux douleurs sciatiques et aux ruptures de vais* seauxdans la poitrine. Les écuyers sont fréquemment attaqués de l’inflammation des reins, de pissement de sang et même de paralysie des lombes, comme le fait observer Hippocrate ( Epid . n. 17). Ils ont aussi des excoriations à l’anus et des hémorroïdes lorsqu’ils montent des chevaux difficiles et à poil.
Ceux qui vont à cheval sont souvent affectés d’ulcérations aux fesses et au périnée; ils ne sont pas exempts de varices aux jambes. Hippocrate rapporte l’histoire d’un homme qui demeurait près la fontaine d’Eléaclis , et qui eut pendant six ans une maladie produite par l’équitation : c’était une tumeur aux aines , des varices à la cuisse et des douleurs aux articulations.
La course circulaire ou en rond est très-fatigante pour les écuyers et pour les chevaux ( Ramazzini).
Van-Swieten [Comment, in apk.Boerk.)& donné ses soins à un fameux écuyer, qui éprouvait des pissements de sang si considérables qu’ils lui faisaient perdre pour long-temps ses couleursetses forces.
La stérilité et l’impuissance, qu’Hippocrate en parlant des Scythes dit être particulières à ceux qui vont habituellement à cheval, dépendent de la compression et du froissement continuels des testicules qui s’atrophient. Si l’on ne remarque pas un pareil effet aujourd’hui , c’est que nos cavaliers ne montent point à nu et les jambes pendantes sans étriers , comme le faisaient les Scythes.
Les écuyers de nos jours sont opposés aux Scythes; ils sont tous enclins aux plaisirs de l’amour, effet qui ne peut être attribué qu’au frottement du périnée contre la selle et aux excitations modérées transmises aux organes sécréteurs du sperme ; c’est à cette cause que sont dues les pollutions qui épuisent quelques postillons ( Pâtissier). On trouve dans le cinquième volume des Prix de l'Académie de chirurgie l’histoire d’un postillon qui a été obligé , par cette raison , de discontinuer son état ; il s’est bien rétabli et aeu des enfants.
Morgagni dit n’avoir vu sur aucune classe d’hommes des anévrismes de l’aorte plus fréquemment que sur les postillons , les courriers et sur ceux qui sont presque continuellement à cheval. « Gela n’est pas étonnant, dit-il , car sans parler des chutes , des efforts, des injures de l’air aux-
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quels ils s’exposent , l’agitation du sang doit nécessairement à la fin relâcher le tissu des parois artérielles et vaincre leur résistance : ce genre de lésion survient encore plus facilement lorsque la lubricité et les maladies se joignent à ces circonstances. »
Corvisart a remarqué que les postillons et les courriers étaient très- sujets aux maladies dn cœur ; il cite l’histoire d’un homme âgé de trente ans, d’uneconstitutionvigoureuse,quiavait quitté un métier sédentaire pour prendre celui de courrier. Livré à ce genre de vie trop pénible , il voyageait sans cesse dans toutes les cours d’Europe : quand il entra à l’hôpital de la Charité, il venait de faire mille lieues à cheval sans prendre de repos; il avait, de plus, fait le voyage de Londres à Paris , et dans la traversée de Douvres à Calais il avait éprouvé pour la première fois de la gêne dans la respiration et un crachement de sang. Ayant, malgré ces symptômes, continué sa route , le mal s’aggrava singulièrement, et dès qu’il fut rendu à Paris les étouffements et la douleur qu’il ressentait dans la poitrine augmentèrent : il fut saigné cinq fois dans l’espace de trois jours, sans avoir éprouvé de soulagement; les jours suivants il était horriblement agité , la suffocation devint instante, et il mourut témoignant par tous ses gestes le regret qu’il avait de perdre la vie. A l’ouverture du cadavre on aperçut dans le ventricule gauche du cœur qu’un des gros piliers qui soutiennent les valvules mitrales était rompu à sa base. Cette rupture lui laissait la facilité de flotter librement dans la cavité du ventricule ; il y avait apparence de suppuration à l’endroit même de la déchirure , à la paroi du cœur , ce qui prouve assez bien qu’elle n’était pas ancienne.
L’équitation contre le vent expose les cavaliers aux crachements de sang , à l’angine, à la difficulté de respirer et même à l’inflammation du poumon. Frabrice de Hilden rapporte l’histoire d’un ambassadeur de Henri-le-Grand, qui ayant été obligé de courir deux jours à franc étrier, ne pouvait au bout de ce temps contracter les paupières ; ses yeux étaient immobiles et le cou d’une roideur extrême. La tension continuelle dans laquelle avaient été toutes ces parties pour vaincre la résistance de l’air et suivre le mouvement du cheval avait donné lieu à cet état.
Pour les écorchures de l’anus on doit conseiller aux écuyers et aux postillons l’emploi de lotions fréquentes et l’application de cérat, de suif ou de graisse : les maquignons se servent de baume du samaritain ou de beurre. Pour remédier au ballottement des viscères du bas- ventre, les courriers doivent faire usage d’une large ceinture, s’ils ont les bourses molles et flasques, ils peuvent les soutenir au moyen d’un suspensoir, afin qu’elles ne soient pas froissées dans les grands mouvements du cheval.
Enfin les écuyers et les courriers doivent porter un bandage, de peur qu’une équitation trop forte ne produise une hernie.
Quelques-uns portent des étriers courts ; cette coutume est très-salutaire pour ceux qui ont une hernie et quisontforcés de monter long-temps. Les