‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 216 sur 316 · ÈRE · texte numérisé non relu

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cavaliersdel’école£mraamÿ«<?, lorsqu’ils montent à cheval, portent les étriers courts , ce qui place les jambes du cavalier plus en avant etles cuisses plus en arrière que dans l’école franco-italienne : ainsi la méthode de l’école germanique a l’avantage de préserver le cavalier des hernies , et comme celui-ci, à l’aide de cette méthode, a les pieds plus fortement appuyés, le haut de son corps est entièrement libre et il se penche ordinairement eu avant , soit qu’il trotte ou qu’il galope , afin de se lier davantage au cheval, d’aider ses mouvements en les suivant, et d’en ressentir bien moins les contre-coups.

S. Furnari.

Docteur eu médecine , membre de l’académie royale de médecine dePalerme.

éraillement (path.) , s. m. On désigne sous ce nom Yectropion, qui est le renversement des paupières en dehors. (V. Paupières (maladies des).

érectile (Tissu) (anat.) , s. m. L’on sait que certains organes jouissent de la propriété de se durcir et d’augmenter de volume sous diverses influences excitantes , soit physiques , soit nerveuses ; les recherches des anatomistes ont appris qu’il existait dans ces organes un tissu particulier qu’ils ont nommé érectile. Ce tissu est formé d’une foule de petites cellules ou cavités spongieuses qui ne sont en réalité qu’un lacis inextricable de très-petites artères et très-petites veines communiquant fréquemment entre elles. Un nombre considérable de filaments nerveux pénètrent aussi dans ces espèces de cellules; il est, du reste, facile de les injecter artificiellement par les veines voisines. Sous l’influence d’un stimulant, le sang se porte avec abondance dans ce tissu, le distend et produit tous les phénomènes de F érection. Les principaux organes où on l’a rencontré, sont : la verge, le clitoris, les petites lèvres, le mamelon, les papilles de la peau et celles des membranes muqueuses.

érectiles (Tumeurs) (path.), s. f. Le tissu érectile peut se développer quelquefois d’une manière anormale dans l’économie et former ce que les médecins nomment des tumeurs érectiles ; il en a déjà été parlé au mot Envie. Ces tumeurs, qui sont situées ordinairement à la surface de la peau, se présentent sous la forme de petites masses spongieuses entourées quelquefois d’ une mince enveloppe fibreuse. Elles different dutissuérectile normal en ce qu’elles sont le siège d’une espèce de vibration ou bruissement particulier . El les persistent en général tou te la vie, dans quelques cas, sans augmenter de volume, mais fréquemment en faisant des progrès qui déterminent plus tard une rupture, et, par suite, une hémorragie difficile à arrêter. On combat leur développement, soit par l’ablation, soit par la compression et la ligature de l’artère qui leur porte du sang.

Érection ( physiol .) , s. f. Etat d’une partie molle qui augmente de volume par suite d’une

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accumulation du sang dans son épaisseur; l’érection ne se produit que dans les organes pourvus de tissus érectiles (V. Tissu Érectile ).

éréthisme. (V. au Supplément.)

ergot [bot.). (V. Seigle ergoté.)

ergotine. (V. au Supplément.)

ergotisme [méd. ), s. m. C’est la maladie produite par l’action du seigle ergoté. (V. ce mot.)

érigne ( chir .), s. f. C’est un instrument en forme de crochet, qui a pour objet de soulever les parties que l’on dissèque soit pendant une opération, soit pour l’étude de l’anatomie. Il y a plusieurs sortes d’érignes qui varient de formes suivant les usages auxquels on les destine. J. B.

érosion (path.), s. m. ( erosio , de erodere ronger). C’est l’action produite par une substance corrosive, ou la destruction lente et successive d’une partie ; on a donné le nom d 'érosions spontanées aux érosions qui ont lieu en l’absence de toute cause extérieure et par résorption des tissus.

ÉROTOMANIE OU ÉROTICOMANIE (méd.),

s. f. (du grec eros amour, et mania manie), folie causée par l’amour. (V. Folie.)

erratique (path.), adj. (de errare errer). On donne le nom de fièvres erratiques aux fièvres intermittentes qui n’ont point de types fixes et réguliers. (V. Fièvre intermittente.)

éructation ( physiol .), s. f. ( eructatio , de eructare, faire des rots). C’est Faction de rendre par la bouche des gaz qui se sont dégagés de l’estomac; ce dégagement de gaz est ordinairement l’indication d’une digestion laborieuse, à moins qu’ils ne soient produits par Faction des liquides qui les contenaient, tels que la bière, l’eau de seltz, etc. La magnésie calcinée, prise quelque temps après le repas, est un assez bon moyen de neutraliser Faction du dégagement des gaz qui sont le résultat d’une digestion pénible; et les personnes qui sont sujettes aux éructations peuvent en faire usage avec avantage. J. B.

éruptif, sve (path.), adj. On donne cette désignation aux maladies qui sont accompagnées d’une éruption, ainsi la variole, la rougeole, la scarlatine sont des maladies éruptives. Certaines éruptions qui sont accompagnées de mouvements de fièvre, ont été nommées fièvres éruptives , ce nom a même été donné aux maladies que nous avons désignées ci-dessus. J. B.

éruption (path.), s. m. (eruptio, du verbe erumpere , sortir avec force). On donne ordinairement ce nom à des maladies qui apparaissent d’une manière spontanée et générale à la peau , qu’elles soient ou non accompagnées de fièvre. La variole, la rougeole, la scarlatine, la varicèle, l’urticaire, sont considérées comme des éruptions, parce que ces maladies présentent un caractère général qui est le même, celui d’apparaître à la peau : cependant leur nature et surtout leur trai-

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tement sont extrêmement variés , et F on ne saurait les confondre sous une dénomination commune. La gravité de ces maladies est extrêmement différente , car on ne saurait sous ce rapport établir de comparaison entre la variole, par exemple , qui est une affection grave et la varicèle (petite- vérole volante) ou l’uticaire, qui sont des affections très légères; l’érysipèle , le pemphygus, qui peuvent être aussi considérés comme des éruptions, sont des affections graves lorsqu’elles occupent une grande étendue. Enfin, le mot éruption ne saurait caractériser une maladie, il ne fait qu’indiquer une de ses manières d’être, et il est indispensable de recourir à la description de chacune de ces affections lorsque l’on veut se former une idée des maladies que nous avons désignées. Les affections qui apparaissent avec la forme éruptive sont assez nombreuses et nous n’en donnerons pas ici le tableau, qui serait sans utilité. Souvent une éruption se manifeste au milieu d’une maladie comme épiphénomène et quelquefois comme crise; lorsqu’une éruption, dans une fièvre grave, a le caractère inflammatoire, elle est souvent une crise heureuse; lorsque au contraire la circonférence des taches éruptives est pâle, sans cercle rouge, c’est un indice funeste. Des auteurs ont confondu les dartres avec les maladies éruptives, mais l’apparition ordinairementlente de ces affections et leur nature spéciale ne sauraient les faire ranger dans cette catégorie.

On a donné aussi le nom d’éruption à la sortie brusque d’un liquide ou d’un gaz contenu dans une des cavités de l’économie. (V. pour plus de détails au mot propre à chaque maladie éruptive.) J. B.

Êrysimum. (V, Vélar.)

érysipèle ( méd .), s. m. Le siège apparent à la peau de l'affection qui va nous occuper en facilite beaucoup le diagnostic, aussi peut-on le ranger parmi les notions populaires, concurremment avec les maladies éruptives auxquelles l’enfance est particulièrement exposée. L’érysipèle, qui appartient plus à tous les âges, est une affection vulgairement connue : c’est ainsi qu’on nomme une éruption aiguë, large, unie, plus ou moins bornée à une partie de la peau, et accompagnée de rougeur, de chaleur, de cuisson, de gonflement. L’érysipèle est dit simple, superficiel, lorsque la tuméfaction est légère et que la rougeur disparaît momentanément sous la pression du doigt ; dans le cas contraire, il est appelé phlegmoneux. Nous traiterons séparément de l’une et l’autre espèce.

C’est au visage que l’éruption érysipélateuse se montre le plus souvent; c’est là aussi qu’elle est le plus remarquable, et, sous bien des rapports, le plus digne d’attention. Cependant il ne faut pas qu’on ignore qu’aucune partie de la surface cutanée n’est à l’abri de l’érysipèle : on l’observe sur les membres, sur le tronc comme à la face. Le développement de l’éruption offre quelques variétés qui sontbasées principalement et sur la cause qui la détermine, et sur les dispositions individuelles. L’érysipèle, produit par une influence extérieure qui agit immédiatement

sur la peau, se montre soudainement ; la fièvre peut bientôt l’accompagner, mais il est rare qu’elle le précède. Il n’en est pas de même de celui qui provient d’une cause interne, plus ou moinsocculte, et qui est le plus ordinaire. Celui-làa de commun avec la variole, la scarlatine, etc., de ne paraître qu’après un mouvement fébrile qui précède l’éruption d’un, dedcuxou de troisjours. Ce sont d’abord des alternatives de frisson et de chaleur, accompagnées de malaise, de faiblesse, d’inappétence, de soif, d’accélération du pouls. Au bout de vingt-quatre, de quarante-huit heures de ce trouble général, plus tôt ou plus tard, il se manifeste au visage, sur les membres ou sur le tronc, une sensation d’ardeur, de brûlure, suivie de rougeur, de tension et d’une tuméfaction plus ou moins sensible. L’exanthème érysipélateux a bientôt fait des progrès qui ne permettent plus de le méconnaître: il est caractérisé par toutes les apparences d’une inflammation circonscrite de la peau, qui tantôt reste unie, et d’autres fois se couvre de vésicules. L’érysipèle dure communément de cinq à sept jours, cependant il n’est pas très-rare de le voir guérir plus tôt ou se prolonger au-delà du terme ordinaire.

L’érysipèle est toujours reconnaissable au groupe caractéristique de symptômes que noue, venons de présenter, et, la cause à part, il a de frappantes analogies avec la brûlure. Le feu n’agit-il que faiblement, la peau devient rouge, cuisante, peu gonflée d’ailleurs; tel est l’érythème premier degré de l’érysipèle, et que représente parfaitement la brûlure au premier degré. L’action comburante est-elle plus vive, l’épiderme est soulevé, il se forme des cloches, et cette brûlure au second degré offre l’image de l’érysipèle avec phlyctènes. Enfin, lorsque le feu pénètre plus profondément, la peau, dans toute son épaisseur, et le tissu cellulaire sous-cutané, sont enflammés, et ce degré plus avancé de la brûlure retrace l’idée de l’érysipèle phlegmoneux.

Mais, quoiqu’il puisse être déterminé pas l’action directe de la chaleur, l’érysipèle, semblable à la bx’ûlure par des apparences, en diffère sous bien des rapports. Celle-ci est toujours un accident local, l’autre est souvent une maladie générale qui, comme les fièvres éruptives, avait son principe ailleurs avant qu’il vînt se dessiner à la peau. C’est cette source intérieure de l’érysipèle qui constitue la particularité la plus digne d’attention, puisqu’elle change la méthode de traitement. En effet, on ne craint pas de résoudre, de répercuter sur-le-champ, si on le peut, le travail d’une brûlure, tandis que l’éruption érysipélateuse a été respectée localement, par presque tous les praticiens. Loin d’y appliquer les astringents, les répercussifs, ce n’est pas sans une légitime inquiétude qu’on voit l’érysipèle disparaître trop vite; l’expérience a suffisamment appris qu’il y avait alors à craindre une métastase, c’est-à-dire le transport sur quelque viscère du travail morbide qui avait paru à la peau. Il est des exanthèmes érysipélateux d’une mobilité surprenante. L’éruption qui occupait hier la jambe a disparu pour se fixer aujourd’hui sur un

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bras, demain sur le tronc, plus tard sur la tête. Nous avons vu plusieurs de ces érysipèles ambulants parcourir successivement toute l’étendue de ■la surface cutanée, durer ainsi quelques semaines et occasionner des souffrances très -vives. Du reste, il est peut-être sans exemple que l’érysipèle occupe simultanément toute la peau ; presque toujours il reste fixé sur un point, envahissant peu à peu quelques parties voisines, ou bien disparaissant d’un lieu pour reparaître à un autre. Il est des personnes très- sujettes aux érysipèles , sans qu’il soit aisé d’expliquer cette disposition : il est parfois habituel, périodique, plus particulièrement chez les sujets qui ont eu quelque évacuation habituelle supprimée, ou quelque éruption répercutée. Enfin, on observe quelquefois des épidémies d’érysipèle ; elles soDt même assez fréquentes, surtout au printemps, et cette influence épidémique est si marquée que souvent les chirurgiens osent à peine porter des instruments sur la peau sans avoir l’appréhension de déterminer une inflammation érysipélateuse.

Le siège de l’érysipèle n’est pas une circonstance indifférente. C’est au visage, avons-nous dit, qu’il se fixe le plus souvent, et c’est là aussi que le voisinage du cerveau ne permet pas de bannir toute sollicitude sur la marche d’une affection peu grave ordinairement. On voit rougir la pointe du nez, une joue, le menton, le front ou une oreille; bientôt le gonflement accompagne la rougeur et la cuisson, il fait des progrès en s’étendant de proche en proche: du visage, il se propage'souvent au cou, au cuir chevelu, et la face acquiert fréquemment une apparence monstrueuse, elle est considérablement gonflée, d’un rouge vif ou obscur, unie ou parsemée de vésicules ; le nez élargi est en partie effacé par la saillie des joues, les yeux sont fermés par la tuméfaction des paupières, les lèvres sont volumineuses, on est singulièrement défiguré. Enfin, communément du cinquième au septième jour, le gonflement diminue, la peau pâlit, l’épiderme se détache sous forme de plaques, d’écailles ou de farine, et la peau reprend graduellement son aspect naturel, pendant que les phénomènes généraux de la maladie ont aussi décliné et disparu.

Nous ne traiterons pas séparément des érysipèles qui occupent d’autres parties du corps que le visage ; mais il est temps d’exposer les caractères distinctifs de l’érysipèle dit simple et de celui qui est appelé phlegmoneux. C’est ce que nous allons faire rapidement. Ce qui caractérise l’érysipèle simple, qui nous a seul occupé jusqu’à ce moment, c’est le gonflement peu considérable de la peau (surtout quand ce n’est pas au visage), la disparition momentanée de la rougeur sous la pression qu’on peut exercer sur elle, et le siège superficiel de la douleur.

Dans l’érysipèle phlegmoneux, au contraire, la tuméfaction est considérable : les membres où il siège ordinairement acquièrent parfois des dimensions monstrueuses, la peau nepâlit pas sous la pression des doigts, elle conserve sa rougeur

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comme dans le phlegmon ordinaire ; loin d’être cuisante, superficielle, la douleur est pongitive, pulsative et profonde ; c’est qu’au lieu du simple réseau muqueux sous-épidermoïque, le derme dans son épaisseur et le tissu cellulaire sousjacent sont pris d’inflammation. Ce n’est plus une plaque enflammée dont la résolution est prochaine, comme dans l’érysipèle simple, c’est un vaste phlegmon accompagné d’une fièvre intense, et qui menace de suppurer. L’érysipèle phlegmoneux est plus long et plus grave que l’autre espèce.

Nous pensons, avec les anciens, qu’à moins qu’il ne soit déterminé par une cause externe agissant immédiatement sur la peau, l’érysipèle n’est pas une maladie locale qu’on doive traiter localement. Les phénomènes généraux qui précèdent, accompagnent ou suivent l’éruption érysipélateuse, sont donc tous dignes d’attention : or, ces phénomènes sont variables. Suivant les dispositions individuelles ou la constitution épidémique, la fièvre, qui manque rarement dans les érysipèles, revêt tour à tour les formes inflammatoire, bilieuse, nerveuse, maligne. Nous ne devons point décrire ici ces fièvres à propos de simples complications.

Le pronostic de l’érysipèle n’est pas généralement sérieux ; toutefois il est plusieurs circonstances qui demandent à être pesées. Parlons d’abord de l’érysipèle simple, ou mieux, superficiellement situé, dont la durée commune est de cinq à sept jours, qui se termine quelquefois plus tôt, et qui atteint rarement deux septénaires. Tant que l’éruption reste fixée à la peau et qu’aucun viscère ne témoigne de la souffrance à l’intérieur, on peut être tranquille. Mais il n’en serait pas de même si l’érysipèle disparaissait soudainement et qu’il se manifestât bientôt de l’agitation, de l’assoupissement ou du délire, de la toux et de la difficulté de respirer, de la douleur et de l’ardeur dans les entrailles ; il faudrait craindre alors quelque affection métastatique grave dans la tête, la poitrine ou l’abdomen. Dans l’érysipèle du visage, les accidents cérébraux sont particulièrement à surveiller, surtout chez les personnes habituellement adonnées aux travaux de l’esprit ou tourmentées de quelque passion. L’érysipèle des bourses a quelquefois l’inconvénient sérieux de passer à la gangrène, de même que celui qui affecte des parties précédemment engorgées, œdématiées. La couleur violette, livide, l’insensibilité succèdent à une cuisante douleur, et annoncent cette fâcheuse terminaison ; l’espèce de fièvre qui accompagne l’érysipèle entre pour beaucoup dans le pronostic : la fièvre inflammatoire modérée est la plus bénigne, puis vient la fièvre bilieuse; la fièvre nerveuse ou typhoïde est toujours grave. Enfin , par contre, soit dans les maladies aiguës, soit dans les affections chroniques, l’éruption érysipélateuse est parfois critique et salutaire : par elle l’économie est délivrée d’un danger intérieur. Nous avons vu naguère un érysipèle habituel et sans fièvre, coïncidant avec la suppression des règles, enrayer des accès d’hystérie et d’épilepsie.

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L’érysipèle phlegmoneux est toujours plus digne de sollicitude. Non-seulement l’intensité de la fièvre constitue alors un danger réel, mais encore il peut se former de vastes foyers de suppuration qui sillonnent, en partie ou en totalité, l’étendue d’un membre, accident qui prolonge la durée du mal et en augmente la gravité. La résolution est toujours désirable, de préférence à la suppuration, et à plus forte raison de la gangrène.

Les causes de l’érysipèle sont tantôt manifestes, d’autres fois très-obscures. Nous rangerons dans ia première catégorie les influences directes et irritantes sur la peau, comme l’action trop vive ♦le la chaleur ou du froid, les frottements, les applications rubéfiantes, vésicantes, venimeuses, les piqûres d’insectes, les blessures. Toutefois ces causes externes et parfaitement appréciables ne produiraient pas l’effet dont nous parlons s’il n’existait, soit dans la susceptibilité particulière de la peau, soit dans quelque autre partie de l’organisme, une disposition à l’érysipèle. Mais les causes intérieures, dont il est moins aisé de constater l’existence, de déterminer l’espèce et surtout d’expliquer l’action, ont une part plus grande que les influences irritatives immédiates sur la peau, à la production de l’érysipèle. Le plus souvent aucun agent appréciable n’a irrité les téguments, et d’ailleurs ce n’est alors qu’après un, deux ou trois jours de fièvre que l’érysipèle paraît. Cette éruption érysipélateuse, de cause intei’ne, peut être le résultat d’une irritation, d’un état bilieux ou saburral des voies digestives, d’une altération accidentelle ou permanente des fluides, qui serait la conséquence de mauvais aliments, de vices héréditaires ou contractés. La suppression de quelque écoulement habituel, la répercussion de quelque affection de la peau peuvent aussi devenir la cause cachée d’érysipèles. On en voit encore survenir à la suite de fortes émotions, etc. Dans tous les cas, il est avantageux de pouvoir remonter à la source, pour baser rationnellement le pronostic et le traitement.

Cette indication sommaire et abrégée des causes de l’érysipèle devra suggérer les précautions préventives, et nous passons de suite au traitement de l’éruption déclarée. Contre l’érysipèle très-superficiel, déterminé par l’atteinte locale d’un agent extérieur, tel que l’insolation, la brûlure, le frottement, un topique irritant quelconque, il est permis d’attaquer localement l’éruption pour la résoudre. Ce premier degré d’inflammation cutanée, auquel on donne assez communément, en médecine, le nom d 'érythème, cède souvent avec promptitude et sans danger subséquent, aux lotions d’eau fraîche seule ou mêlée de quelques gouttes d’extrait de Saturne, d’alcool aromatique ou d’une solution d’alun. Tout est alors local, maladie et remède.

Riais nous nous garderons bien de conseiller des résolutifs etdes astringents contre l’érysipèle de cause interne, qu’un mouvement fébrile a précédé et que la fièvre accompagne. Alors, comme dans les maladies aiguës éruptives, nous engagerons à laisser en paix l’éruption érysipé-

lateuse, pour surveiller les phénomènes généraux émanés de l’état des grandes fonctions. On se bornera à mettre la partie affectée à l’abri de l’air et des frottements en la recouvrant d’une pièce de toile fine. Si l’ardeur , la cuisson deviennent trop vives, on les tempère par quelques fomentations tièdes d’eau de guimauve, de pavot, à laquelle on peut ajouter un peu de fleur de sureau ou de milleperthuis. S’il se forme des ampoules d’où s’écoule une sérosité âcre, on se trouvera bien de quelques doux absorbants, tels que la fécule de farine de froment, la poudre de lycopode. Le traitement local de l’érysipèle phlegmoneux comporte l’usage plus fréquent et plus assidu des applications émollientes, cataplasmes et fomentations. Cependant il n’en faudrait pas abuser si le gonflement était modéré et la douleur tolérable. Il est même des praticiens recommandables qui ont complètement banni les topiques humides émollients du traitement de l’érysipèle. Dans les cas, heureusement rares, où cet exanthème menace de passer à l’état gangréneux, on est dans l’usage d’employer la poudre ou la décoction d’écorce de chêne, de quinquina, associée au camphre.

Le traitement général de l’érysipèle est bien plus important que celui qui a pour moyens les applications locales dont nous venons de parler. Mais ici la médication rentre de plus en plus dans le domaine exclusif de la médecine , car la recherche ardue des causes, et l’appréciation attentive des symptômes doivent rigoureusement présider au choix des moyens curatifs. Exposons toutefois les règles de conduite applicables à la généralité des cas. L’air de l’appartement sera tempéré, les couvertures suffisantes et non excessives, la tête élevée et légèrement couverte si l’éruption siège dans cette partie. Le dégoût des aliments indiquera la diète. On satisfera la soif avec de l’eau de chiendent ou de bourrache dégourdie, jusqu’au moment ou l’éruption sera bien fixée, après quoi on pourra substituer à ces boissons fades de l’eau d’orgeou de l’eau pure avec du sirop degroseilles, d’orange , de limon , ou quelque autre boisson acidulé. S’il survient quelque mouvement critique salutaire, on favorisera doucement la sueur, le flux d’urine, tout simplement avec les deux premières tisanes que nous venons d’indiquer; le vomissement avec de l’eau tiède et l’introduction du doigt au fond de la bouche; la diarrhée avec du bouillon aux herbes ou une décoction de tamarin ; les hémorrhagies par des lotions d’eau tiède, etc.; mais il convient que l’ homme étranger à l’art de guérir laisse prendre l’initiative de ces mouvements critiques à la nature, il serait peu prudent à lui de les provoquer.

Dans l’érysipèle du visage, il importe de joindre aux autres précautions le calme le pins parfait possible des sens et de l’esprit, afin d’éviter une affection cérébrale, heureusement rare, mais enfin plus imminente que si l’éruption siégeait ailleurs.

Lorsque l’érysipèle s’efface soudainement, et qu’en même temps surgissent quelques accidents dans l’intérieur de la tête, de la poitrine ou du

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