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ventre, il est de précepte de faire en sorte de rappeler l’éruption au lieu qu’elle a quitté par des frictions, des lotions d’eau d’une chaleur piquante, un sinapisme, de la pommade ammoniacale ou un vésicatoire.
Nous ne pensons pas devoir parler ici des complications de l’érysipèle et des circonstances corrélatives qui indiquent l’emploi des évacuations sanguines, des émétiques, des purgatifs, des anodins, etc., ou de quelque opération chirurgicale. Ces médications, sur lesquelles il ne faudrait pas se méprendre, réclament les lumières de l’homme spécial. Nous en dirons autant du traitement préventif de l’érysipèle périodique ou habituel auquel sont sujettes quelques per sonnes. Il est essentiel, en pareil cas, de peser une foule de circonstances commémoratives et hygiéniques, pour remonter avec succès à la source du mal. Il est rare que le concours de connaissances spéciales ne soit pas nécessaire pour retirer tout le fruit désirable de ces investigations. L’origine de l’érysipèle périodique ainsi dévoilée, on en prévient le retour en rétablissant des habitudes supprimées, en en supprimant d’existantes, en remédiant aux altérations organiques ou humorales qu’on a constatées.
A. Lagasquie,
Docteur en médecine, membre de ta commission d’Egypte.
erythèiïïe ( path .), s. m. (du grec eruthèma , rougeur). On donne ce nom à une rougeur inflammatoire de la peau très-légere ; quelques auteurs ont aussi donné ce nom à l’érysipèle. On a aussi donné le nom d’erythème à une éruption de plaques rouges qui apparaît à la peau , et qui dure ordinairement de sept à quinze jours. (Y. Inter • tri go) J. B.
HRYÏHK01B3 ( anat .) , adj . On a donné le nom de tunique erythroïde à l’enveloppe que le crémaster fournit au cordon testiculaire et au testicule (Y. Crémaster).
escargot ( zool . et mat . méd.), s. m. (V. Colimaçon).
escarre [path.), s. f. (du grec eskara, croûte). On donne ce nom à une croûte qui est le résultat de la mortification d’une partie détruite par la gangrène ou un caustique violent ; de la suppuration se manifeste quelques jours après l’action du caustique autour de la partie qui a été détruite, et cette suppuration a pour objet de détacher l’escarre et de séparer les portions vivantes de celles qui ont été frappées de mort ( V. Gangrène, Caustiques). J. B.
escarrotxçtjes [mat. méd.). On donne cenom à des substances qui ont pour action, lorsqu’elles sont mises en contact avec les tissus vivants, de les détruire et de les convertir en escarres; ce sont de vraies caustiques (V. ce mot).
espèces ( pharm .), s. m. p. On donne en pharmacie le nom d’espèces à un mélange de diverses substances végétales qui sont coupées et incisées
avec lesquelles on prépare divers médicaments , comme des tisanes, lotions, etc. Il existe diverses sortes d’espèces que l’on désigne suivant leurs propriétés ; telles sont les espèces émollientes , pectorales, bècliiques, apéritives, vulnéraires , toniques, etc. (V. ces divers mots).
esprit de cgcrléarja. C’est l’alcool de
cochléaria (V. Cochléaria ).
ESPRIT DE CORNE DE CERF [chim.). C’est le carbonate d’ammoniaque qui était obtenu par la distillation de la corne de cerf (V. Ammoniaque).
esprit de msndérérus (V. Acétate d’ ammoniaque).
esprit de mitre ( chim .). C’est l’acide nitrique affaibli (V. Acide nitrique). On a désigné sous le nom d’esprit de nitre dulcifié un mélange d’acide nitrique et d’alcool.
esprit de SEia [chim.) (V. Acide hydrochlorique). L’esprit de sel dulcifié est un mélange d’acide hydrochlorique et d’alcool.
ESPRIT DE Vï M (Y. Alcool).
esprit de vitriol ( chim .). C’est l’acide sulfurique affaibli (V. Acide sulfurique).
esprits animaux [phijsiol.), s. m. p. On
donnait autrefois ce nom à un fluide subtil que l’on croyait formé dans le cerveau, d’où il se distribuait par les nerfs aux diverses parties du corps.
esprit volatil. On donnait autrefois ce nom au sou s- carbonate d’ammoniaque que l’on tirait des os brûlés et auquel on donnait des propriétés suivant les divers animaux et les diverses parties dont il provenait.
esquille (i chir .), s. f. On donne ce nom à de petites portions d’os qui se séparent dans les fractures (V. ce mot). Les portions d’os qui se séparent à la suite d’une carie et d’une nécrose sont également désignées sous ce nom (V. ces mots).
esquimamcie [méd.), s. f. (V. Angine).
essence [pharm.), s. f. Nom générique donné autrefois aux huiles essentielles. On désignait aussi sous ce nom quelques teintures alcooliques (V. au nom particulier à chaque espèce d’essence).
essentielles (Huiles) (V. Huiles).
essentielle (Maladie). Nom donné à une maladie qui ne dépend d’aucune autre.
essoufflement (V. Anhélation ).
ESTHioBîÈNE [path.), s. m. (du grec esthio menos, qui ronge; lupus de Willan, dartre rongeante, scrophule cutanée des auteurs) ; affection cutanée la plus redoutable de toutes les dartres, caractérisée à son début par des indications plus ou moins marquées de la peau, avec une coloration rouge foncé et suivie plus tard d’ulcères difficiles à guérir. Son siège le plus fréquent est à la face, surtout vers les joues et au nez; il n’est pas ] rare pourtant de l’observer au cou, aux membres ! inférieurs , sur les fesses ; on lui donne même
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alors plus particulièrement le nom de scrofule cutanée.
Cette affection ne se montre guère que chez les enfants, et vers l’âge de la puberté ; elle se développe rarement après trente ans. Une constitution scrofuleuse et lymphatique y prédispose presque toujours ; aussi l’esthiomène est-il un peu plus fréquent chez les femmes que chez les hommes.
On a remarqué à l’hôpital St-Louis que parmi les malades affectés de cette dartre, qui se rendent en foule à cet établissement, un très-grand nombre venait de la Picardie et de la Champagne. Les causes prochaines de l’affection sont peu connues: on a accusé l’alimentation, le séjour dans un lieu humide, etc.; mais il faut nécessairement admettre en outre une prédisposition originelle.
Nous distinguerons, ainsi que l’a fait notre savant collaborateur et maître, M. Alibert, deux formes dans l’esthiomène.
1° L’esthiomène térebrant ou perforant. Cette variété a presque toujours pour siège le nez ou son voisinage ; son caractère est de tendre à ronger et à détruire quelquefois avec une effroyable rapidité. Le début de cette affection et celui de l’esthiomène en général est insidieux ; il se développe ordinairement sur la peau une ou plusieurs petites indurations indolentes, d’un rouge obscur, qui s’étendent en faisant des progrès plus ou moins rapides. Ils finissent bientôt par se toucher en s’élargissant : ils s’ulcèrent alors promptement en se recouvrant d’une croûte noirâtre; quelquefois le mal commence par l'intérieur du nez, il s’y forme une petite ulcération tenace qui se recouvre d’une croûte; à peine celle-ci s’est-elle détachée ou a-t-elle été arrachée qu’une autre reparaît; le nez se gonfle, prend une teinte d’un rouge livide, et bientôt l’on s’aperçoit de la destruction de cet organe. Les ulcères, en effet, une fois établis, se cicatrisent difficilement, et détruisent tout ce qu’ils atteignent. La destruction se borne quelquefois à une des ailes du nez, mais d’autres fois, celui-ci disparaît en entier. L’hôpital St-Louis renferme toujours un assez grand nombre de malheureux ainsi mutilés qui sont venus trop tard y chercher des secours. On voit quelquefois cette destruction s’accomplir en moins de quinze jours. Elle n’atteint en général que la peau, et cette circonstance, qui est caractéristique, sert à distinguer cette variété de l’esthiomène des ulcères vénériens qui détruisent aussi le nez, mais en attaquant presque constamment les os de cette partie.
2° Esthiomène ambulant ou serpigineux . Cette variété a son siège à la face ou sur d’autres parties du corps ; elle a de la tendance à s’étendre ; elle se montre sous forme de plaques plus ou moins larges , d’un rouge livide , et couvertes d’écailles et de croûtes noirâtres ; pourtant le centre est quelquefois presque sain : la circonférence est au contraire hérissée de points indurés , comme tuberculeux , qui tendent à faire des progrès en marchant du centre à la circonférence. La peau où siège le mal est tantôt épaissie,
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hypertrophiée, d’autres fois elle est mince et luisante.
Cette variété est quelquefois caractérisée par des tumeurs qui peuvent dépasser le volume d’une noix, et qui sont molles et indolentes; elles mettent alors beaucoup de temps à s’ulcérer. On a vu même dans quelques cas toute la face se tuméfier et présenter une bouffissure hideuse; c’est le lupus avec hypertrophie de certains auteurs.
L’esthiomène est toujours une maladie trèslongue, difficile à guérir, et qui laisse constamment après elle des traces indélébiles de ses ravages ; elle entraîne pourtant très rarement la mort du malade. Sa durée dépasse le plus souvent plusieurs années.
L’esthiomène se complique fréquemment d’érysipèles : quelques auteurs ont prétendu que cette maladie intercurrente exerçait une influence favorable pour la guérison de la dartre, mais notre expérience nous a appris que ce fait était loin d’être constant.
Le traitement de cette redoutable affection est encore peu avancé : il est général et local. Le traitement général consiste à combattre la disposition scrofuleuse par les toniques et les amers, et à favoriser chez les femmes l’écoulement des règles par les emménagogues. Ce traitement employé seul est insuffisant : il faut avoir recours aux moyens locaux, qui malheureusement même échouent plus d’une fois ; on prescrit de toucher les parties malades avec des solutions iodurées, ou d’y étendre de la pommade d’iodure de soufre, ou de protoiodure de mercure. Les caustiques sont les moyens qui comptent le plus de succès, et parmi eux, on préfère en général à l’hôpital St-Louis le nitrate acide de mercure ; ce caustique énergique ne doit être employé que par le médecin; on a mis aussi en usage avec quelque succès diverses préparations arsenicales. Deux fois, à l’hôpital St-Louis, M. Alibert a obtenu une guérison radicale en faisant enlever avec le fer ces tumeurs molles, qui appartiennent à la variété d ’Esthioméne avec hypertrophie.
J. -P. Beaude.
estival, adj., œstivalis, qui vient en été. On donne ce nom aux maladies qui se développent habituellement dans cette saison, et qui pai’aissent dues à son influence.
estomac ( anat . et physiol.), s. m. ( ventriculus , en grec organe principal de la digestion.
C’est un réservoir musculo - membraneux situé dans le ventre et au-dessous du diaphragme entre le foie et la rate ; sa forme , qui est conoïde et allongée, a été comparée à celle d’une cornemuse. Il présente deux ouvertures , une placée supérieurement et à gauche , nommée cardia , où aboutitl’œsophage e t par où les alimentspénètrent dans l’estomac , une autre située à l’extrémité à droite , qui porte le nom pylore, et qui livre passage aux aliments digérés en se continuant avec l’intestin duodénum. Le plus grand diamètre de l’estomac est dirigé transversalement , en allant du cardia au pylore ; mais lorsque ce viscère est
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distendu par des aliments, il perd cette direction transversale et devient oblique : son extrémité pylorique e. st alors dirigée en bas , à droite et en avant.
Les anatomistes distinguent dans l’estomac une surface extérieure , une surface intérieure e t deux extrémités.
La surface extérieure n’est pas parfaitement cylindrique ; elle est aplatie sur deux faces opposées : l’endroit où ces deux faces se réunissent en haut et en arrière porte le nom d e. petite courbure de P estomac-, cette espèce de bord est concave : le bord correspondant situé en bas et en avant est au contraire convexe , et on le nomme grande courbure de V estomac.
La surface intérieure estd’unblanc rougeâtre, comme marbrée ; elle est enduite d’une mucosité épaisse, et pendant la digestion elle sécrète une liqueur acide nommée suc gastrique. Sa forme correspond à celle que le viscère offre à l’extérieur.
L’extrémité gauche de l’estomac présente un renflement considérable que les anatomistes ont appelé grand cul-de-sac ; un peu à droite de ce renflement et en haut se trouve l’orifice du cardia, déjà mentionné; c’est une petite ouverture circulaire, entourée par un cercle de nerfs et de vaisseaux .
L’extrémité droite de l’estomac présente aussi un enfoncement extérieur qu’on nomme le petit cul-de-sac ; elle se termine par le pylore. Cet orifice commence par un évasement en forme d’entonnoir, et finit brusquement par un rétrécissement circulaire ; il est aussi entouré d’un grand nombre de petits vaisseaux et de nerfs.
L’estomac est recouvert en haut et en avant par les fausses côtes, par le diaphragme et parle lobe gauche du foie; son grand cul-de-sac correspond à la face interne de la rate, et son extrémité pylorique est située au-dessous du foie, au-dessus du pancréas et près du col de la vésicule biliaire.
Lorsqu’on palpe avec la main \ épigastre ou creux de V estomac, la portion de ce viscère qui y correspond appartient surtout au cardia et au grand cul-de-sac. Trois membranes ou tuniques concourent à former les parois de l’estoinac; quelques anatomistes en admettent une quatrième qu’ils ont nommée tunique nerveuse.
La plus externe est de la nature des séreuses ; elle est fournie par le péritoine , qui s’applique sur l’estomac au moyen de deux feuillets , en laissant néanmoins un vide le long des deux courbures , afin de permettre l’ampliation de l’estomac lorsqu’il est distendu par les aliments , ampliation qui sans celte particularité aurait eu lieu difficilement à cause du peu d’élasticité des membranes séreuses.
Au-dessous de cette première tunique on trouve la membrane musculeuse , composée de faisceaux de fibres musculaires et par conséquent contractiles, dirigées dans le sens longitudinal, circulaire et oblique. C’est au moyen de cette membrane que l’estomac se contracte et exécute les mouvements nécessaires pour mêler et faire avancer les aliments.
Cette seconde membrane est séparée de la troi-
sième, dite membrane muqueuse , par une couche de tissu cellulaire, regardée par des anatomistes, ainsi que nous l’avons dit, comme une tunique particulière.
La membrane muqueuse à sa face interne est molle , douce au toucher, et présente une foule de rides lorsque l’estomac est vide. Les tuniques muqueuses et musculeuses forment au pylore un repli circulaire nommé valvule pylorique ; c’est une sorte d’anneau très-sensible , qui peut en se contractant empêcher le passage des aliments, ou n’admettre que ceux qui sont suffisamment altérés par la digestion.
L’estomac reçoit de nombreuses artères ; elles proviennent des deux gastro-épiploïques , de la pylorique , de la coronaire stomachique et de la splénique. Les veines suivent la même direction que les artères. Les nerfs sont fournis par le pneumo-gastnque et les trois divisions du plexus cœliaque.
Les principales propriétés physiologiques de l’estomac sont 1° de pouvoir se contracter lorsque des aliments ont été introduits dans sa cavité , et de les rejeter même par le vomissement ; les nerfs pneumo-gastriques président à cette contraction; 2° de sécréter, pendant la digestion, un suc acide, agent principal de cette fonction ; 3° de jouir d’une sensibilité spéciale , qui nous donne dans certaines circonstances la sensation de la faim ou celle d’un malaise particulier ; 4° enfin d’être lié par une étroite sympathie avec un grand nombre d’autres organes, soit dans l’état sain, soit dans l’état de maladie; c’est ainsi que dans le commencement de la grossesse, la vue d’objets répugnants occasionne des vomissements, et que lorsqu’un organe est malade l’appétit et la faculté de digérer sont diminués (Y. Digestion).
estomac (Maladies de 1’). Lié , comme nous venons de le dire, par d’étroites sympathies avec presque tous les organes, l’estomac ne peut manquer d’être fréquemment affecté : en effet , indépendamment de ses maladies propres , il souffre de tous les troubles qui surviennent dans l’économie. C’est pour avoir méconnu cette grande loi physiologique que plusieurs médecins , chefs de doctrine, prenant l’effet pour la cause , ont proclamé que cet organe était le point de départ et la source de tous nos maux : sentina omnium malorum ; le célèbre Broussais faisait dériver de même d’une irritation gastrique beaucoup de fièvres et d’affections diverses. On est revenu de ces exagérations qui ont nui aux progrès de la science, et il est bien reconnu que si l’estomac souffre sympathiquement , il n’est pas toujours pour cela la cause des troubles qui surviennent dans l’économie. Parmi les différentes maladies de l’estomac, nous traiterons à part de l’inflammation de cet organe ou gastrite et de son hémorrhagie ou hématémlse , vomissements de sang (V. ces mots) ; l’ embarras gastrique et la cardialgie (gastralgie) ont déjà été traités plus haut. Nous allons nous occuper successivement des autres affections.
Affections chirurgicales de Veslomac. ----- 1“
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Plaies. L estomac peut être atteint par un instrument piquant ou tranchant ou par un projectile lancé par la poudre à canon. Les signes de ces blessures sont tirés de la direction de la plaie, et principalement du vomissement des matières qui sont contenues dans l’estomac , mêlées avec du sang. Quelquefois le viscère fait hernie à travers la blessure; il ne faut alors réduire qu’après avoir fait la suture, lorsque celle-ci est praticable. Ces plaies sont en général graves , et le plus souvent suivies de la mort à cause des hémorrhagies et des épanchements dans le ventre (Y. pour le traitement le mot Plaies ).
2° Fistules. A la suite de ces plaies , et quelquefois spontanément après un coup , une chute sur la région de l’estomac , il peut s’établir une fistule de l’estomac aux parois du ventre et par laquelle une certaine quantité d’aliments s’échappe ordinairement. On a profité de cette infirmité chez quelques personnes pour faire des expériences relatives à la digestion. Lorsque l’ouverture est un peu large , de manière à laisser échapper une portion notable des aliments , les malades maigrissent et ne tardent pas à succomber dans le marasme. On a vu néanmoins des personnes porter cette infirmité pendant près de trente ans. Souvent ces fistules se guérissent, d’elles-mêmes au bout de quelque temps ; la compression exercée sur l’ouverture de la fistule compte aussi quelques succès, etmême lorsqu’elle ne guérit pas la maladie, elle a toujours pour résultat d’empêcher la sortie des aliments et l’introduction de l’air dans cet organe.
3o Corps étrangers .11 arrive quelquefois que par imprudence ou par suite d’un pari, des personnes avalent différents corps durs ; on cite même un cas où un enfant avait avalé une chauve-souris entière. J’ai rapporté dans la Bibliothèque médicale 1825, l’histoire d’un jongleur, Jacques de Falaise, qui avalait une multitude de corps étrangers, tels que des fleurs, des cartes, des pièces de monnaie; un jour il avala 250 francs en pièces de 5 francs : des animaux vivants, comme des oiseaux, des souris, des anguilles, des écrevisses étaient aussi introduits par lui dans son estomac sans accidents immédiats; mais après quelques années de cet étrange régime, il fut affecté d’une gastroentérite qui faillit lui coûter la vie.
Lorsque ces corps é tran ger s ingérés sontpetits, effilés et pointus comme les aiguilles , tantôt ils cheminent peu à peu et sans occasioner de douleur à travers les divers tissus, et sortent par différents points du corps, par exemple par la vessie ; quelquefois ils séjournent un temps trèslong dans les tissus. Chez une jeune fille chlorotique, qui avait la singulière manie d’avaler de temps en temps des aiguilles, on a trouvé plusieurs muscles et la matrice traversés d’une multitude de ces aiguilles , absolument comme une pelote. D’autres fois ces corps occasionnent des coliques, des vomissements de sang et quelquefois la mort.
Les corps pointus plus volumineux produisent des accidents plus graves; ils peuvent perforer les intestins et déterminer ainsi des épanchements
mortels. On a vu pourtant des fourchettes parcourir tout le tube intestinal sans occasioner d’accidents et être rendues par l’anus; il est probable que ces instruments avaient alors cheminé parleurs extrémités arrondies. Les corps mousses de peu de volume ou de volume médiocre, tels que des balles , des pièces d’argent, etc., n’occasionnent pas d’accidents en général, mais il est bien évident que nous faisons ici abstraction des propriétés irritantes chimiques que pourrait posséder le corps introduit.
Lorsqu’on présume qu’un corps introduit dans l’estomac pourra parcourir le tube intestinal , on doit favoriser le glissement par des potions huileuses et des liquides mucilagineux. Si après l’introduction on sentait dans un point du ventre de. la douleur et des battements, indices de la formation d’un abcès, il faudrait hâter la maturation de celui-ci, l’ouvrir et retirer alors le corps étranger. Dans quelques cas graves où des instruments volumineux et acérés avaient été introduits et donnaient liéu à des accidents sérieux, on a pratiqué avec succès la gastrotomie , opération hardie, qui consiste à ouvrir le ventre et l’estomac pour en retirer le corps étranger. L’estomac peut renfermer aussi des vers. Ceux qu’on y a rencontrés sont le ténia et les ascarides lombrieoïdes (Y. Vers).
Parmi les autres affections chirurgicales gastriques il nous reste la hernie de l’estomac , qui sera traitée au mot Hernie.
Affections médicales de V estomac. — 1° Maux d'estomac. On désigne ainsi communément dans le monde certaines douleurs de la région gastrique, caractérisées par un sentiment particulier de tiraillement et de chaleur , avec malaise que presque tout le monde a eu occasion de ressentir, et qu’il est néanmoins difficile de décrire. Sans avoir l’appétit qui accompagne la faim réelle, le malade éprouve cette sensation de faiblesse qui suit le besoin de manger. D’autres fois les douleurs sont encore plus vives ; il existe comme un sentiment de gonflement, de pesanteur et de brûlure; cette dernière sensation est même désignée sous le nom particulier de soda, pyrosis ou feu chaud. A un haut degré d’intensité la maladie porte le nom de gastralgie ou cardialgie (V. ce dernier mot).
Lorsque les douleurs viennent par intervalles et avec une grande violence , on les désigne encore plus particulièrement sous le nom de crampes de V estomac.
Les maux simples d’estomac sont très communs, surtout chez les femmes , et tiennent à une foule de causes ; ils sont un des symptômes de la gastrite et de la présence des vers. Ils peuvent être produits passagèrement par l’usage de certains aliments ou de certaines boissons, de fruits verts, acides, etc.; ils sont alors liés à une certaine irritation gastrique, mais souvent aussi ils sont indépendants de toute lésion locale, et se font sentir d’une manière habituelle. On les remarque alors principalement chez les femmes affectées deflueurs blanches un peu abondantes, et il y a peu d’exceptions à cet égard chez les nourrices
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qui, dépourvues de lait et de santé , veulent néanmoins allaiter, et enfin chez les personnes affaiblies par des excès vénériens , par l’onanisme ou pard’autrescauses; on pourrait les appeler maux d'estomac par atonie.
D’autres fois ces douleurs surviennent chez des personnes nerveuses , qui ont éprouvé des chagrins prolongés et concentrés , comme on le dit ; les femmes hystériques et épileptiques y sont également sujettes: on les voit enfin se développer sans cause connue.
Les maux d’estomac se compliquent parfois de quelques symptômes gastriques particuliers de dyspepsie ou digestion lente et difficile , avec des renvois, et un goût dépravé pour quelques substances non alimentaires comme la craie, le charbon; ces phénomènes s’observent surtout chez les jeunes filles , ainsi que le besoin presque continuel de manger, etc., et il faut bien noter que ces diverses lésions peuvent être indépendantes d’une gastrite.
Lorsque ces maux d’estomac persistent longtemps, ils détériorent à la longue la constitution; les malades maigrissent , leur teint prend une couleur plombée, et l’estomac peut devenir plus tard le siège d’altérations organiques. Il est bien important de distinguer ces douleurs de celles produites par la gastrite , puisque le traitement est tout différent. Comme ce diagnostic est souvent difficile, le médecin seul doit prononcer sur la véritable nature de ces affections.
Traitement. La principale indication consiste à cloigner les causes du mal lorsqu’on les connaît. Ainsi on s’efforcera de diminuer l’abondance des fîueurs blanches, on cessera un allaitement qui épuise, etc.; ces premières conditions remplies, et lorsque les maux d’estomac tiendront à un état d’atonie , il faudra avoir recours aux fortifiants et aux autres médicaments capables de rétablir l’énergie et le ton des organes ; les femmes affectées deflueurs blanches feront usage du sirop de quinquina à la dose d’une à deux cuillerées le matin ; elles pourront boire pendant les repas un peu de vin de Bordeaux auquel on aura ajouté par litre quelques cuillerées de teinture de Mars tartarisée ; ce vin pourra être coupé avec de l’eau de Seltz artificielle : ou bien elles prendront dans le courant de la journée quatre à cinq pastilles martiales du codex. On conseille dans les mêmes circonstances les eaux minérales de Passy , de Forges et de Spa. Les malades useront d’aliments nourrissants, de viandes rôties ; elles éviteront les légumes farineux , les excès de table et certains excitants tels que le café, qui, àmoinsqu’on en ait contracté l’habitude , ne stimule passagèrement l’estomac que pour le laisser ensuite plus faible et plus languissant. La constipation pendant le traitement sera combattue par des lavements et de légers laxatifs.
Hâtons-nous de dire que le traitement que nous venons d’indiquer ne convient que lorsque l’estomac n’est nullement irrité ; dans le cas contraire il serait plus nuisible qu’utile. Si les digestions se faisaient d’une manière imparfaite, il faudrait d’abord faire usage d’aliments légers et
faciles à digérer : c’est dans cette circonstance qu’on doit user de ces diverses préparations féculacées connues sous le nom d 'arrow-root, de sagou, de salep, etc. Il ne faudra faire usage des médicaments toniques que plus tard et avec les précautions convenables. Ajoutons encore ici que leur emploi est contre-indiqué toutes les fois que la soif est augmentée et que la langue est rouge.
On conseille plus particulièrement les antispasmodiques pour combattre les maux d’estomac qui surviennent chez les personnes en proie à des contrariétés et à des chagrins permanents, ainsi que pour calmer ces douleurs intenses connues sous le nom de crampes de l'estomac , l’éther,l’oxide de zinc, le sous-nitrate bismuth, l’eau de fleurs d’oranger et l’infusion des feuilles, l’eau de laurier-cerise , etc., ont été préconisés. Les eaux gazeuses ont aussi plus d’une fois produit de bons effets.
Nous avons dit que ces douleurs tenaient dans quelques cas à la présence de vers dans l’estomac; voyez dans ce cas pour les signes et le traitement au mot Vers. Nous renvoyons aussi le lecteur, afin de compléter ce qui vient d’être dit sur les douleurs gastriques , aux articles Boulimie, Cardialgie , Dyspepsie , Flueurs blanches, Gastrite.
2° Dilatation de V estomac par des gaz ou vents. Dans cette affection qui n’est pas rare , la sécrétion gazeuse peut provenir de deux sources; tantôt elle est le résultat de l’ingestion d’aliments et de boissons fermentescibles, deharicots, de navets, de lentilles, etc. , et peut alors s’observer chez tout le monde ; d’autres fois les gaz sont exhalés parles parois de l’estomac sous une influence nerveuse spéciale. Ce phénomène se remarque principalement chez les femmes éminemment nerveuses et chez les individus hypocondriaques , et il suffit quelquefois pour y donner lieu de la plus légère contrariété. Ces gaz se développent en général avec rapidité, et s’ils ne sont pas rendus immédiatement par la bouche , ils s’accumulent dans l’estomac et le distendent de manière à gêner la respiration; il peut encore survenir de la suffocation, précédée d’anxiété et de sueurs froides. Au bout de quelque temps cet état se termine par un bruyant dégagement par la bouche. Ces gaz sont inodores, caractère qui les distingue de ceux qui sont le résultat d’une mauvaise digestion.
Cette affection , qui est parfois douloureuse , n'est pourtant pas grave ; on la combat par des infusions aromatiques d’anis, de fenouil , de coriandre, de carvi, par l’éther, les anti spasmodiques, l’eau de Seltz, la magnésie calcinée, le charbon, le quinquina, les lavements purgatifs , etc. L’emploi de chacun de ces médicaments est indiqué plus particulièrement dans certaines circonstances (Y. ces divers mots).
3° Cancer. Ees différents points de l’estomac , et notamment le pylore , peuvent être envahis par cette affreuse maladie , qui paraît pourtant moins commune de nos jours qu’il ne l’était au commencement de ce siècle. On peut attribuer cette diminution à ce qu’on est plus réservé aujourd’hui dans l’emploi des toniques contre les maladies de
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l’estomac, tandis qu’autrefois on abusait réellement de ce genre de médication.
Le cancer de l’estomac est un peu plus fréquent chez les hommes que chez les femmes; c’est au reste une maladie de l’âge mur. Ses causes sont peu connues : les auteurs indiquent l’abus des boissons alcooliques, les irritations gastriques, les longs chagrins, etc.; mais, il faut le dire ici, les causes les plus réelles et les plus déterminantes de cette affection sont les dispositions héréditaires.
Symptômes. Le commencement de la maladie est en général obscur ; quelquefois le cancer a fait des progrès avant de s’être manifesté par aucun symptôme : on a vu même des malades mourir par tout autre cause, sans s’être plaint de l’estomac, et cet organe présenter pourtant de graves altérations cancéreuses. Le plus souvent les symptômes éprouvés au début sont ceux de la gastrite chronique : l’appétit se perd ou se déprave, les diges'ions deviennent lentes et pénibles, certains aliments cessent d’être digérés; quelques malades éprouvent à l’estomac, lorsqu’il est vide, une sorte de chatouillement particulier; cet organe est en outre le siège de douleurs variables qui ne sont pas ordinairement lancinantes. Les autres troubles fonctionnels sont des renvois fétides, des aigreurs, et le vomissement le matin à jeun de quelques gorgées de matières glaireuses et filantes. Ces premiers symptômes, comme on le voit , n’ont rien de bien caractérisque ; plus tard les troubles digestifs augmentent, des vornissementsonl lieu aprèsque lemalade apris des aliments ; les renvois de gaz et les hoquets sontplus fréquents ; les douleurs gastriques augmentent ; la santé générale s’altère ; le malade maigrit et sa face prend une couleur jaune paille tellement caractéristique , que le médecin peut reconnaître un malade affecté de cancer à son seul aspect. Vers cette même époque environ, on commence à sentir en palpant la région épigastrique et à travers les parois du ventre la tumeur que forme le cancer ; son volume est variable et elle est surtout appréciable lorsqu’elle a son siège au pylore et à la grande courbure de l’estomac. Cette tumeur lait des progrès en même temps que les symptômes s’exaspèrent; lesforcess’anéantissent, il survient des coliques et de la diarrhée alternant avec la constipation; les aliments sont à peine introduits dans l’estomac qu’ils sont rejetés, et les portions vomies sont mêlées à une matière noire* semblable à du marc de café ou à de la suie délayée : le malade succombe enfin dans le marasme, et épuisé par les souffrances.
Quelquefois l’estomac se perfore , et il en résulte un épanchement promptement mortel. Lorsque le cancer a son siège au pylore , il arrive quelquefois que les vomissements n’ont lieu que quatre à cinq heures après l’ingestion des aliments ; plus tard si la valvule pylorique est détruite par les progrès du mal, les alimentsnou digérés passent sans cesse et produisent une diarrhée opiniâtre qui abrège les jours du patient, par suite des vomissements qui ne permettent pas que les aliments puissent se digérer, et par conséquent nourrir l’individu.
La maladie aune marche assez lente; sa dorée . en y comprenant les premiers progrès, le plus souvent obscurs, varie d’un à six ans. Son pronostic est très-grave, comme celui de tous les cancers en général.
Traitement. On ne peut espérer d’agir d’une manière efficace contre le mal que lorsqu’il est à son début, et ce sont surtout les moyens tirés de l’hygiène qui peuvent avoir du succès. On prescrira un régime doux; il est utile d’éviter les aliments épicés, le vin, le café, les liqueurs , etc. Il faut surtout quitter la pernicieuse habitude contractée par quelques personnes d’avaler tous les matins quelques cuillerées d’uneliqueur alcoolique. Les repas seront peu copieux, fréquents, mais réglés; la nourriture se composera principalement de veau , de volaille et autres viandes blanches cuites à l’eau ou rôties; de légumes non farineux, tels que les épinards, l’oseille , la laitue , des haricots verts, etc., d’œufs frais à la coque , de lait, lorsqu’il est facilement digéré, etc. Une diète rigoureuse serait plus nuisible, qu’utile ; les douleurs trop vives seront calmées par des bains tièdes et anti spasmodiques. On pourra prendre une ou deux cuillerées , par exemple, de la potion suivante : Eau distillée de laitue , trois onces ; eau de laurier-cerise , une demi-once; eau de fleurs d’oranger, un gros; extrait tliébaïque , un demi-gros ; sirop de sucre , une once et demie. Les eaux minérales gazeuses sont aussi employées avec succès à cette période de la maladie. Quelques praticiens ont également recours aux moxaset à d’autres exutoires placés sur la région de l’estomac. Plus tard, si la maladie est trop avancée pour qu’on puisse espérer de la guérir, il faut au moins chercher à en ralentir la marche et pallier les douleurs. On fera donc ici la médecine du symptôme ; l’opium offre surtout une puissante ressource pour calmer les souffrances, et ce moyen précieux est souvent le seul qui reste au praticien ; son devoir est encore de consoler le malade et de donner de l’énergie à ses forces morales, souvent abattues dans cette terrible maladie.
J. -P. Beaude,
Inspecteur des établissements d'eaux minérales, Membre du conseil de salubrité.
estragon ( hot .), s. ni . C’est Y Artemisia dra -
cunculus (V. Armoise).
ÉTAiN(zAm.),s.m. L’étain est un desmétaux les plus anciennement connus , il avait reçu le nom de J upiter . Ce métal est blanc, brillant comme l’argent , ou à peu près; si on le frotte, il prend une odeur métallique très prononcée; il pèse septfois et une fraction autant que l’eau , et fond, lorsqu’on le chauffe à la température de 228° cent.
L’étain qui se trouve dans le commerce se présente ordinairement sous la forme de tiges appelées baguettes , et qui font entendre un bruissement particulier , connu sous le nom de cri de l’étain, quand on cherche à les courber.
Ce métal n’existe pas pur dans la nature mais il est à l’état de sulfure, à l’état d’oxyde, et
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c’est de cet oxide que l’on retire le métal. On trouve ces mines eu Allemagne, en Angleterre, à Malaca, etc. En France ce minerai ne peut guère être exploité; cependant , dans le département de la Haute-Vienne, il paraît qu’on a découvert une mine d’étain dont l’exploitation pourrait être avantageuse.
Si on chauffe l’étain avec le contact de l’air, il brûle avec lumière et s’oxide ; mais à froid l’air n’agit pas sur lui , s’il est pur; car s’il renferme du plomb il s’oxide légèrement.
Il peut se combiner avec un grand nombre de corps simples non métalliques, mais nousnenous occuperons ici que des principaux composés, les sulfures, les chlorures et les oxides d’étain , par exemple.
L’étain, en se combinant avec le soufre , peut former trois sulfures; l’un se trouve dans la nature, c’est le proto-sulfure : il est d’un gris bleuâtre, brillant, cristallisé en lames ; l’autre est le deuto-sulfure, bi sulfure (or mussif ou musif, au mm musivum ) qui sert à frotter les coussins sur lesquels glisse le disque de verre des machines électriques. Il est en belles écailles jaunes , brillantes comme l’or, hexagonales, et qui chauffées fournissent du soufre et du proto-sulfure gris bleuâtre. L’autre sulfure, qui est tout-à-fait sans usage, est le sesqui-sulfure; il renferme, comme son nom l’indique, une fois et demie autant de soufre que le proto-sulfure.
Le chlore se combine aussi avec l’étain, et peut fournir deux chlorures qui , pendant longtemps, ont été considérés comme des hydro-chlorates. Le proto-chlorure est solide et le produit de l’art. Nous renvoyons son histoire à celle des sels d’étain. Quant au deuto-chlorure ou bi-clilorure, nous allons en dire quelques mots : c’est un liquide transparent et incolore, ayant une odeur piquante, ne rougissant pas le papier de tournesol, si celui-ci est sec, volatil , répandant des vapeurs blanches très épaisses à l’air, dont il absorbe l’humidité; sè dissolvantdans l’eau etdonnantune dissolution dont les caractères sont les mêmes que ceux des sels de deutoxide d’étain (V. ces sels); il est très vénéneux, et son action doit être combattue par les moyens que nous indiquerons plus loin, en parlant de l’action toxique des préparations d’étain sur l’économie animale.
L’étain décompose l’eau à une température élevée, par exemple , lorsqu’on fait passer ce liquide réduiten vapeur à travers del’étain chauffé dans un tube de porcelaine ; il décompose l’acide sulfurique ; quand on le chauffe avec ce corps, il se dégage de l’acide sulfureux , et il se forme du sulfate d’étain. L’acide nitrique (eau-forte) est décomposé par ce métal ; il se dégage des vapeurs jaunes orangées, lorsqu’onlesmeten contact dans des vases ouverts, et il se dépose de l’oxide d’étain, insoluble dans l’acide nitrique. Cette réaction est nécessaire à connaître, car elle peut servir à faire l’analyse d’un alliage d’étain et de plomb. En effet, si on traite un alliage pareil par de l’acide nitrique pur à 30° de l’aréomètre de Beaurné , le plomb se dissout dans l’acide , et l’oxide d’étain est précipité.
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Oxides d' étain. L’étain peut se combiner avec l’oxigène et former divers oxides , un protoxide et un bi-oxide ou acide stannique.
Le protoxide est blanc s’il est combiné avec l’eau ; s’il est sec il est gris noir; si on le traite par l’acide hydro-clilorique, il donne un sel dont la dissolution sera reconnue aux caractères que nous indiquerons, en faisant rhisloire des protosels d’étain.
Le bi-oxide d’étain ou acide stannique est blanc, très soluble dans la potasse et dans la soude, lise combine avec ces acides, etformedes sels de deutoxide dont nous donnerons plus tard les caractères.
Sels de protoxide d'étain. Ces sels serontreconnus aux caractères suivans : ilssont précipitésen blanc par la potasse et la soude, qui se redissout dans un excès de ces alcalis. Le chlore et l’air les transforment en deuto-sels; lechlorured’or les précipite en pourpre (pourpre decassius); l’acide hydro-sulfurique y faitnaître un précipité decouleur chocolat.
Sels de deutoxide d'étain. L’air etlechlore n’ont pas d’action sur ces sels : la potasse et la soude les précipitent en blanc ; le précipité est du deutoxide d’étain, qui se dissout très bien dans un excès de ces réactifs. Ils précipitent en jaune par l’acide hydrosulfurique; le chlorure d’or ne le précipite pas. 11 est donc facile de les distinguer des sels formés par le protoxide d’étain.
Parmi les sels d’étain, nous ne donnerons que les caractères de l’hydrochlora te d’étain du commerce (chlorure d’étain du commerce) qui est employé dans les arts , et qui, pris par mégarde, a donné lieu à des accidents graves.
Hydro-chlorate d'étain ducommerce.W estformé de poto-hydro-chlorate, dedeuto-hydro-chlorate et de sous-liydro-chlorate d’étain. H renferme aussi un sel ferrugineux; il est sous la forme d’aiguilles d’un blanc jaunâtre , d’une saveur très styptique et rougit le tournesol. Si on le chauffe sur des charbons, il se volatilise et répand des vapeurs blanches, épaisses et piquantes; il ne se dissout pas complètement dans l’eau. La dissolution précipite en brun ou en pourpre par le chlorure d’or. Les hydro-sulfates solubles en précipitent une poudre noirâtre, qui serait chocolat si cesel d’étain était pur; le lait le décompose. Il est bien nécessaire de bien retenir ce caractère, car le lait est le contre-poison des sels d’étain. Il se forme dans cette réaction un précipité qui, desséché et chauffédans un creuset, donne de l’étain métallique. Si l’étain est en grande quantité, il se condensera en culot , et on le reconnaîtra en le traitant par l’eau régale , qui le transformera en hydro-chlorate d’étain. Si le métal était très divisé, et si les parcelles métalliques ne pouvaient être séparées du charbon avec lequel elles sont mêlées, l’on traiterait la masse par de l’eau régale, et la dissolution donnera les caractères des sels d’étain.
Action de V étain et de ses composés sur l économie animale. L’étain métallique est sans action sur l’économie animale; c’est pourquoi on peut se servir long-temps et fréquemment de vases d’é-
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tain sans qu’il en résulte d’accidents. Aussi ne doit-on attribuer les empoisonnements par l’étain qu’à sesoxiiles et à ses sels.
Action de 1 hydro-chlorate d'étain. Si ce sel est injecté dans les veines, il réagit fortement sur le système nerveux et occasionne la mort très promptement, lors même qu’il est introduit en très petite quantité ; si au contraire il est introduit dans l’estomac, il donne lieu à une inflammation très vive de cet organe, et les symptômes nerveux qui se manifestent paraissent en être la suite. Les lésions que l’on remarque a pr|s la mort sont les mêmes que celles qui sont produites par les poisons irritants.
Les oxides d’étain agissent, lorsqu’ils sont introduits dans l’estomac, d’une manière analogue à celle que nous venons de décrire.
Traitement de l'empoisonnement par les préparations.d’etain. Comme dans tous le.s casd’empoisonnement, il faudra faire vomir le malade, si le poison a été introduit dansl’estomac, en titillant la luette , combattre les symptômes inflammatoires ; mais spécialement dans ce cas , il faudra faire prendre du lait au malade, le lait formant avec le sel d’étain un composé qui n’a pas d’action délélaire : je le répète, le lait est le contrepoison des sels d’étain.
Action thérapeutique de V étain. L’étain métallique , quoique regardé pendant long - temps comme vermifuge , n’est plus employé que par quelques médecins ; il en a été de même de ses acides: on ne se sert plus guère que de l'hydre* chlorate, que l’on peut administrer dans la journée à la dose de deux grains divisés eu trois pilules.
Si cependant on voulait employer l’étain en poudre, on le donnerait en suspension dans un liquide visqueux, ou bien sous la forme debolou d’élecluaire.
O. Lesueur,
Professeur agrégé pour la médecine légale à la faculté de Paris.
étamagb ( pol . méd.) s. m. L’étamage des ustensiles de cuivre et de quelques autres métaux intéresse à un haut degré la santé publique , et a fixé, depuis une époque ancienne, l'attention du gouvernement. Sans remonter à des temps trop éloignés et qui ne nous donnent sur cette matière que des renseignements incertains, nous trouvons que, dès l’année 1743, un réglement du 17 septembre enjoignit aux chaudronniers d’élamer avec de l’étain de bonne qualité les vases qu’ils confectionnaient, sous peine de 500 livres d’a-. mende et de perte de leur maîtrise; une déclaration du roi, du mois de juin 1777, prohiba les vaisseaux en cuivre des laitières, et les balances en cuivre des marchands de sel , et nous trouvons qu’en 1780 la faculté de médecine de Paris, frappée, des accidents continuels auxquels donnait lieu l’inobservation de ces réglements , adressa une requête au garde-des-sceaux pour qu’ils fussent remis en vigueur.
Depuis lors, les ordonnances concernant l’éta- i mage ont été reproduites successivement, et elles |
ont subi les modifications indiquées par les progrès de la science. Ainsi depuis que le zinc se trouve dans le commerce en plus grande abondance, qu’on le lamine plus facilement et qu’on a pu le faire servir à un plus grand nombre d’usages, on a voulu à diverses reprises l’employer à la confection de vases servant aux usages culinaires et à la conservation des substances alimentaires.; d’un autre côté, l’observation que le zinc retarde la coagulation du lait beaucoup plus que le fer-blanc, avait conduit à penser que des vases de ce métal pourraient être consacrés utilement à cet usage ; on s’est donc servi du zinc dans plusieurs circonstances, mais on n’a pas tardé a s’apercevoir qu’il était attaqué avec une facilité extrême par un grand nombre de substances, et qu’il était d’autant plus important de le proscrire qu’il ne peut être étainé. Il en est ainsi du plomb.
Ce serait donc une grande erreur de croire que le cuivre seul non étamé est dangereux; aussi, dans ses prescriptions , l’administration a étendu sa vigilance à tous les métaux qui, sous ce rapport, peuvent présenter le plus de dangers pour la santé publique. Les réglements les plus complets qu’elle ait publiés à cet égard et à la rédaction desquels le conseil de salubrité a été appelé à concourir, sont l’ordonnance du 19 décembre 4835 , et celle du 10 février-1837. Suivant leurs dispositions, il est défendu aux marchands de vins traiteurs, aux aubergistes, restaurateurs , pâtissiers, bouchers, gargoliers, fruitiers, etc. , de laisser séjourner dans des vases de cuivre étamés ou non étainés, aucuns aliments et aucunes préparations, quand même ils seraient enveloppés de linge, et de préparer aucune des mêmes substances dans des vases de zinc ou de plomb; les niarchands de vins ne peuvent avoir des comptoirs revêtus de lames de plomb, et il est défendu aux débitants de sel et de tabac de se servir de balances de cuivre, aux nourrisseurs, crémiers et laitiers de déposer le lait dans des vases de cuivre et de zinc; les ralliueurs de sel ne peuvent se servir que de vases en tôle de fer ; il est défendu aux vinaigriers, épiciers, fabricants et marchands de liqueurs de déposer et de transporter dans des vases de cuivre, de plomb ou de zinc, leurs liqueurs, vinaigres et autres acides; enfin, les robinets fixés aux barils des liquorisles doivent être en étain , et en bois lorsqu’ils sont fixés aux barils dans lesquels sont renfermés des vinaigres. Quant aux charcutiers, il leur est défendu de faire usage de saloirs, pressoirs et autres ustensiles qui seraient revêtus de feuilles de plomb ou de tout autre métal. Les saloirset pressoirs doivent être construits en pierre, en bois ou en grès; J 'usage des vases et ustensiles en cuivre, même élarnés, et eu poterie vernissée leur est expressément interdit, et ils ne peuvent se servir que de vases en fonte ou fer battu , en grès ou en tout autre poterie dont la couverte ne contient pas de substances métalliques.
On ne peu nier la sagesse de ces prescriptions dont l'expérience a démontré la nécessité et qui tendent a prévenir de graves accidents. Elles doit
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vent en outre être pour le public un enseignement utile et le -mettre en garde contre la négligence que l’on apporte habituellement dans le choix et dans l'entretien des ustensiles de cuivre. Il n’y a pas de jour que cette négligence ne soit la cause d’événements déplorables; c’est donc aux médecins qu’il appartient de seconder les efforts de l'administration pour arriver à des améliorations dans cette partie si importante et cependant si généralement négligée de l’hygiène publique.
Ad. Trébuché r,
Avocat, cher du bureau de la police médicale à la Préfecture de police.
été (V. Saison).
éternuement (physiol.) , s. ni., sternutatio , en grec ptarmos. Contraction brusque des muscles servant à la respiration, par suite delaquelle l’air chassé de la poitrine sort avec rapidité et bruit à travers les fosses nasales. La cause de l’éternuement est une irritation particulière (car uneincision ne provoque pas l’éternuement comme un simple chatouillement), directe ou sympathique delà membrane muqueuse nommée pituitaire qui tapisse l’intérieur des narines. Comment, par suite d’une légère irritation de cette membrane, tous les muscles delà poitrine entrent-ils en contraction? C’est ce qu’on ignore, et on n’est pas plus avancé, au reste, sur les autres effets sympathiques.
Les causes de l’éternuement peuvent être directes, tels sont l’usage du tabac et d’autres poudres excitantes dites sternutatoires, l’inspiration de vapeurs irritantes, enfin le début d’une inflammation de la membrane pituitaire; c’est ainsi que de fréquents éternuements annoncent l’apparition d’un coryza , et sont, avec la fièvre et le larmoiement, un des signes précurseurs de la rougeole chez les enfants.
L’éternuement se produit d’une manière sympathique lorsque l’œil est subitement exposé à une vive lumière, et que le froid vient à frapper certaines parties, comme les pieds ou la nuque.
Klein prétend avoir fait la remarque singulière qu’en comprimant fortement avec le doigt le grand angle de l’œil vers la racine du nez au’ moment où l’on fait l’inspiration qui précède l’éternuement, on peut empêcher celui-ci d’avoir lieu.
Dans les maladies graves, la membrane pituitaire perd sa sensibilité, et on observe rarement des éternuements ; aiissi lorsque ceux ci se montrent au déclin du mal, le vulgaire les regarde comme un bon signe. Ils annoncent en effet un rétablissement de sensibilité.
Quelques médicaments sont employés dans le but de provoquer des éternuements. Ils portent le nom de sternutatoires (V. ce mol). J. B.
éthers {pharm.), s.m. Les éthers employés en médecine sont des liquides inflammables très volatils,trèsfluides, incolores, d’une odeur pénétrante, d’une saveur chaude ; ils sont tous formés par l’action d’un acide sur l’alcool. Ce dernier ca»
ractêre a été adopté d’une manière absolue par les chimistes, et leur a fait donner le nom d’éthers a des corps qui n’ont aucune des propriétés que nous venons d’indiquer : comme ces derniers ne sont pas encore entrés dans l’usage médical, nous n’aurons pas à nous en occuper ici.
La théorie de la formation des éthers et de l’arrangement de leurs éléments est encore un sujet de discussion et de doute, au moins dans les conséquences les plus abstraites et les plus subtiles, maison est cependantassezd’accordsur leur composition pour en avoir déduit la classification suivante :
Ethers du premier genre. Formés par laréaction d’acides oxigénés puissants sur l’alcool , ils contiennent les éléments de l’hydrogène bi-carboné unis à une certaine proportion d’eauq ou bien c’est encore, si l’on veut, de l’alcool moins une proportion de cette dernière substance ; ils ne retiennent d’ailleurs nulle trace de l’acide qui a servi à les produire: ce sont les éthers sulfurique, phosphorique et arsénique.
Ethers du deuxième genre. Ils résultent de l’action des acides hydrogénés sur l’alcool ; ils sont formés par l’acide même qui a servi à les produire, uni à de l’hydrogène bi-carboné : ce sont les éthers hydroclilorique, liydriodique, etc.
Ethers du troisième genre. Ceux-ci retiennent aussi en combinaison l’acide producteur, mais ce sont des acides oxigénés, et outre l’hydrogène bicarboné on y trouve une proportion d’eau ou des éléments nécessaires à sa ptoduclion. Dans les éthers des deuxièmeet troisième genreslesacides qui leur servent de base ont perdu toutes leurs propriétés caractéristiques et sont complètement saturés : ces éthers sont donc de véritables sels dans l’acception chimique actuellede ce mot, que le besoin de le faire servira l’explication de certaines théories a bien éloigné, comme on le voit, de sa signification primitive, car rien ne ressemble moins que les éthers au selmarinqui aserviori* ginairement de type à la grande classe des sels : les éthers du troisième genre sont formés par les acides nitrique, acétique, etc.
Ne pouvant entrer dans les détails de la preparationde toutes lesespèces d’éthers, nousallons indiquer le procédé au moyen duquel on obtient l’éther sulfurique, qui est le plus connu et le plus employé de tous. On verse dans une terrine de grès 70 parties d’alcool; on y ajoute peu à peu et avec précaution, à cause de la chaleur qui se développe, 100 parties d’acide sulfurique à 660. Lorsque le mélange esta demi refroidi, ou l’introduit dans une cornue en verre lubulée que l'on place sur un bain de sable; à la cornue doivent être ajoutés une alongeet un ballon qui sont mis en communication avec le serpentin d’un alambic, qui doit être rafraîchi soigneusement pendant tout le temps que dure l’opération. Toutes les jointures de l’appareil étantexactemeut fermées, on commence à chauffer la cornue, un peu d’alcool passe d’abord, mais aussitôt que le mélange entre en ébullition , l’éther se forme et distille sans interruption. L’acide sulfurique, qui est infiniment moins volatil et qui est à peine altéré
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par le contact de l’acool sur lequel il agit, finit par prédominer beaucoup dans le mélange ; il charbonne alors l’alcool restant et forme avec l’éther une combinaison connue des anciens chimistes sous le nom à’ huile douce de vin. Pour obvier à cet inconvénient , il faut se ménager le moyen de remplacer graduellement l’alcool transformé en éther ; à cet effet MM. Boullay et Soubeyran ont proposé différents appareils qui consistent toujours en un réservoir supérieur qui contient l’alcool, et est mis en communication avec la tubulure de la cornue au moyen d’un tube qui va plonger jusqu’au fond du mélange. Au réservoir est aussi adapté un robinet qui permet de laisser couler graduellement l’alcool, au fur et à mesure que celui que contient le mélange est détruit ; en agissant ainsi, la quanlilé d’acide sulfurique placée dans la cornue peut transformer en éther quatre à cinq fois son poids d’alcool ; l’opération peut aussi marcher plus long-temps et donner économiquement demeilleurs produits. Au reste, elle demande à être conduite avec la plus grande prudence à cause des dangers d’incendie, qu’entraîne l’extrême inflammabilité de l’éther, et le récipient qui le reçoit doit, dans tous les cas , être séparé par une cloison du fourneau placé sous la cornue.
L’éther ainsi obtenu est impur ; il contient de l’alcool, de l’alcide sulfureux, de l’huile douce de vin; pour le purifier on l’agite dans un vase fermé avec une solution concentrée de potasse caustique ou de la chaux vive en poudre, et on le redistille ensuite après quelques jours de contact.
L’éther sulfurique le plus pur marque 63° de l’aréomètre de Baumé; il est doué au plus haut degré des propriétés caractéristiques que nous avons indiquées plus haut : son odeur est suave, sa volatilité est si grande, que, répandu sur la peau, il s’évapore à l’instant en produisant une sensation de froid très marquée, aussi doit-il être conservé dans un lieu frais et dans des flacons exactement bouchés avec des obturateursen cristal. C’est un puissant excitant et un antispasmodique fréquemment usité à la dose de quelques gouttes sur du sucre, ou mieux encore dans une potion appropriée: pris à haute dose il pourrait occasionner des accidents graves.
L’éther sulfurique forme la base de plusieurs préparations pharmaceutiques. Agité avec du sirop de sucre, ce dernier en dissout une grande proportion et le retient si fortement qu’il en conserve l’odeur, même après avoir été porté à l’ébullition. Ce mélange constitue le sirop d'éther. La liqueur d’Hoffmann s’obtienten mêlant l’éther sulfurique avec un poids égal au sien d’alcool ; ses propriétés, à plus haute dose, sont les mêmes que celles de l’éther ; elle est d’ailleurs d’une conservation plus facile.
En faisantagir l’éther sulfurique sur différentes substances réduites en poudre , on obtient les teintures ethèrèes ; les plus usitées d’entre elles sont les teintures éthérées de digitale pourprée, de valériane , de castoiéum , etc. Quelques praticiens ont mis en doute leurs propriétés spéciales • il est certain que, si on excepte les résines et
la chlorophylle, substance inerte mais qui colore certaines teintures éthérées d’une magnifique couleur verte , l’éther ne se charge en général que d’une petite proportion des principes solubles des végétaux.
Après l’éther sulfurique , les plus usités sont les éthers nitrique et acétique. Le premier s’obtient en faisant réagir dans une cornue un mélange à partie égale d’acide nitrique et d’alcool ; on chauffe légèrement, et aussitôt que la réaction se manifeste, on retire le feu et on entoure la cornue d’eau froide : sans cette précaution l’action deviendrait si vive que l’appareil pourrait en être brisé ; on adapte préalablement à la cornue un ballon et des flacons de Woulf pour recevoir le produit; ils doivent être entourés d’un mélange réfrigérant formé de glace pilée et de sel marin : le produit obtenu est ensuite rectifié sur un lait de chaux.
L’éther nitrique est très volatil et d’une conservation difficile ; au lieu de le conserver pur, il est plus commode , pour l’usage médical , de le couper avec un volume d’alcool égal au sien : on obtient ainsi la liqueur anodine nitreuse.
Pour préparer l’éther acétique on fait réagir dans une cornue munie d’un récipient convenable un mélange d’alcool, d’acide nitrique et d’acide sulfurique , ou mieux encore d’alcool , d’acétate de cuivre ou de soude et d’acide sulfurique. L’acide sulfurique décompose l’acétale en s’emparant de sa base, et l’acide acétique éliminé se trouve à l’état naissant, en présence de l’alcool , dans des conditions convenables pour réagir sur lui. L’éther acétique est un peu moins volatil que les précédents : il bout à 74°. Il estpresque toujours employé à l’extérieur comme excitant, soit seul, soit uni à d’autres médicaments pour fournir des liniments composés.
Yée ,
Pharmacien, Membre de la société da pharmacie de Paris.
ethiops ( chim .), s. m. Nom donné autrefois à quelques préparations métalliques de couleur noire.
ethiops martial. C’est l’oxide de fer noir (V.
Fer).
ethiops minéral. C’est le sulfure de mercure (V. Mercure).
h'ïhwïosde ( anat .), s. m. C’est un os lamelleux formé d’un grand nombre de cellules , qui concourt à former la paroi inférieure du crâne en avant, et la partie supérieure des fosses nasales. L’ethmoïde est de forme carrée, situé au-dessous ducoronal, dans l’intervalle qui sépare les deux yeux; sa partie supérieure, qui concourt à former la paroi inférieure du crâne , est percée d’un grand nombre de trous qui donnent passage aux nerfs olfactifs qui servent à la perception des odeurs. Cette portion de l’elhmoïde a été nommée lame criblée à cause du grand nombre de trous dont elle est percée. Les côtés de la portion inférieure de rethmoide font partie des fosses nasa-
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les, et ils présentent un grand nombre decellules formées par des lames osseuses fort minces, ainsi que des espèces de replis qui ont reçu le nom de cornets ; toutes ces diverses parties tsont recouvertes dans la vie par la membrane pituitaire, et elles servent à l 'olfaction (V. ce mot).
étiolement (bot.), s. ni. On désigne par ce mot l’état des plantes qui, par suite de leur soustraction au contact de la lumière , ont contracté une couleur jaune pâle; cet état est une maladie que l’on provoque souvent afin de rendre les plantes plus tendres et plus faciles à digérer : la plupart des plantes qui forment les salades ont subi l’étiolement. J. B.
étiologie {path, .), s. f. On donne ce nom à la partie de la médecine qui traite de la connaissance des causes des maladies (Y. Causes).
étisie ( path .), s. f. C’est un état dont l’amaigrissement est le principal symptôme. Cet état se manifeste souvent dans les maladies chroniques; il accompagne toujours un degré avancé de la phthisie pulmonaire (Y. Amaigrissement , Marasme).
étouffement (V. Suffocation).
étourdissement (path.), s. m. Suspension très courte et plus ou moins complète de l’usage des sens, pendant laquelle il arrive souvent que les objets voisins semblent tourner; lorsque cette dernière sensation est portée à un haut degré, elle constitue le vertige. L’étourdissement est le symptôme de plusieurs affections; il peut être le résultat subit d’une commotion cérébrale lorsqu’on reçoit un coup violent sur la tête ou que l’on fait une chute (V. Cerveau (maladies du). Il précède et annonce quelquefois l’apoplexie et l’épilepsie; on l’observe assez fréquemment dans plusieurs affections nerveuses que l’on désigne dans le monde sous le nom de vapeurs. Mais, le plus souvent il est un indice d’une congestion sanguine à la tête produite par un état de pléthore général, comme cela s’observe fréquemment chez les femmes enceintes et les personnes d’un tempérament sanguin.
Les étourdissements qui surviennent dans les affections nerveuses doivent être combattus par des sinapismes, des bains de pieds à la moutarde, des purgatifs salins tels que l’eau de Sedlitz et en général par des antispasmodiques.
Lorsque les étourdissements reconnaissent pour cause un état général de pléthore sanguine, la saignée , les boissons rafraîchissantes , les „ bains de pieds sinapisés, un régime doux et peu nourrissant, l’abstinence des excitants, comme le vin, le café, les liqueurs, sont indiqués. Il est aussi essentiel de se maintenir le ventre libre au moyen de légers purgatifs ou de lavements ; on a souvent remarqué, en effet, que les étourdissements coïncidaient avec un état opiniâtre de constipation (Y. Congestion cérébrale). J, B.
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étranglement (path.), s. m. On désigne sous le nom d’etranglemcnt l’état d’une partie qui se trouve bridée et serrée par une autre ; les aponévroses qui enveloppent les muscles déterminent souvent de l’étranglement lorsque les parties qui sont situées au-dessous se trouvent gonflées ; les intestins et les organes qui sortent par l’ouverture d’une hernie sont souvent étranglés , lorsqu’ils augmentent de volume , ou que de nouvelles parties s’engagent par l’ouverture. Les étranglements internes sont ceux qui ont lieu dans l’intérieur du ventre par l’action de quelques brides ; ils sont de la dernière gravité (V. Hernies , Intestins (Maladies des) ; quant à X étranglement comme synonyme de strangulation (V. ce dernier mot). J. B.
étuve (pharm. ethyg.), s. f. C’est une pièce parfaitement fermée dans laquelle on élève la température à un assez haut degré, et dans laquelle l’air ne se renouvelle que lentement. On se sert en pharmacie de l’étuve pour dessécher certaines substances (V. Dessication). On se plonge aussi dans des étuves pour y prendre des bains que l’on a nommés récemment bains russes ; mais l’usage de ces bains remonte à la plus haute antiquité ; ils étaient même très employés dans le moyen-âge (V. Bains). J. B.
euforbe (bot.) (V. Euphorbe).
eunuque. (Y. Castration).
eupatoire (bot.) , s. f. Eupatorium cannabinum, Eupatoire d’Avicenne, Eupatoire des Arabes. Plante de la famille des corymbifères , à laquelle on attribuait autrefois des propriétés purgatives et diurétiques; on s’accorde aujourd’hui à douter de ses propriétés, et son usage est complètement abandonné.
euphorbe, (èoL)s.m. Euphorbia. Cette plante a donné son nom et servi de type à une famille naturelle dont les espèces sont indigènes ou exotiques, herbacées et ligneuees, lactescentes et vénéneuses; leur suc est généralement composé de deux principes, l’un volatil et âere, l’autre fixe et d’une nature particulière, caoutchouc. Le genre euphorbe, qu’on désigne plus spécialement sous le nom de tithymale, se compose de plusieurs variétés, qui sont: l’Euphorbe officinal ; l’Euphorbe épurge, l’Euphorbe cyparisse et l’Euphorbe réveille-matin; le premier est exotique et dépourvu de feuilles, et les autres sont indigènes et foliés.
L’Euphorbe officinal croît en Afrique et dans l’Inde, son port rappelle celui du cactus ou cierge; les fleurs sont jaunâtres, campanulacées, solitaires et placées à la partie supérieure de la tige: celle-ci est épaisse, charnue, relevée de côtes saillantes et garnie d’épines qui remplacent les feuilles et n’en sont peut-être que l’avortement. Le fruit est une capsule arrondie, lisse ou velue, formé de trois coques unies renfermant chacune une semence obronde.
EVÀ