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qu’il est. si facile de confondre ei qui ont été maintes fois confondues avec les tumeurs os* seuses.
Les exostoses peuvent-elles se terminer par suppuration, comme les engorgements des parties molles ?
Je ne le pense pas et je crois, avec plusieurs auteurs modernes, que ce que l’on a pris pour des exostoses suppurées n’était autre chose que des abcès par suite de carie , ou peut-être des tubercules ramollis des os. On voit quelquefois les exostoses être envahies par la carie ou la nécrose; elles éprouvent aussi d’autres changements moins rares : tantôt c’est une induration extrême qui fait que la partie d’os malade présente l’aspect et la consistance de l’ivoire; de là le nom d’exostose éburnée; cet état paraît n’être que consécutif et ne se rencontre guère que sur les exoslosesanciennes. Tantôt les fibres osseuses sont écartées les unes des autres et laissent entre elles des intervalles , ce qui fait que l’os est plus léger; ce sont lesexostoses cellulaires ou laminées. Celles-ci sont moins rares.
Le pronostic des exostoses est fort variable. Quand elles sont petites , qu’elles n’ont aucune action sur les parties molles environnantes, qu’elles se sont développées lentement et sans douleur, si leur cause est bien évidente et de nature à être combattue efficacement , elles peuvent céder, ou bien elles cessent de s’accroître , et le malade les porte toute sa vie. Mais quand elles sont volumineuses elles peuvent gêner les organes voisins; c’est alors qu’on voit lesmuscles aplatis et coiffant, pour ainsi dire, la tumeur osseuse ; les nerfs comprimés au point de produire des douleurs atroces, les vaisseaux sanguins et lymphatiques déviés , diminués de calibre. ou même oblitérés, ce qui occasionne des troubles dans la circulation.
Elles donnent lieu quelquefois à des accidents plus graves encore; ainsi, ou a vu une exostose développée dans la cavité du bassin gêner le jeu des organes qui y sont contenus, ou bien être un obstacle à l’accouchement. Celles placées prèsdes articulations peuvent en empêchercoinplètement les mouvements; parfois elles chassent de leur place ordinaire des organes importants, comme par exemple l’œil hors de l’orbite. Enfin on cite lecas plus extraordinaire d’une semblable tumeur développée à la partie postérieure de l’os maxillaire inférieur qui descendait jusque sur l’ouverture du larynx et qui finit par déterminer la suffocation.
Si lesexostoses extérieures peuvent être suivies d’aocidents si graves, souvent au moins on peut y porter remède; mais quand elles se développent dans l’intérieur des cavités, telles que le crâne , comme là il n’y a rien à faire , puisque les signes de leur existence sont le plus souvent méconnus; elles offrent un caractère de gravité bien autrement fâcheux.
Le traitement des exostoses est médical et chirurgical; en effet, quand on a lieu desoupçonneret qu’on reconnaît que la maladie dépend d’un
vice général de l’économie, on doit chercher à le détruire en employant les moyens dont l’expérience a constaté l’efficacité : les mercuriaux et les sudorifiques, les auli-scrophuleux ou les antiscorbutiques, selon l’indication.
Mais de quelque nature que soit l’exostose , il est des soins locaux qui ne doivent jamais être négligés : le repos du membre affecté, les émollients et les narcotiques en application directe, les cataplasmes de farine de lin arrosés de laudanum , les cataplasmes de morelle et de jusquiaine, les bains locaux et généraux , les applications des sangsues à la base de la tumeur. Ce9 moyens ne guérissent pas, mais ils diminuent ou même font cesser la douleur , et permettent ensuite l’usage des topiques résolutifs, tels que les emplâtresdesavon, de ciguë, de vigo, les frictions avec les pommades fondantes , les bains alcalins ou sulfureux.
On a beaucoup vanté les bons effets des vésicatoires volants plus ou moins répétés ou de vésicatoires que l’on fait suppurer, mais souvent il est impossible au malade d'en supporter longtemps l’application ; je ne parle pas des caustiques ou du eau 1ère actuel, toujours dangereux et souvent nuisibles.
On a cru pouvoir faire dissoudre les exostoses par des préparations prises à l’intérieur, et l’on a conseillé les acides nitrique et hydrochlorique, mais l’inutilité de pareils moyens est depuis longtemps hors de doute.
Quand une exostose est dès son début indolente ou qu’elle a été rendue telle par un traitement convenable, si elle ne cause ni difformité ni incommodité , il faut bien se garder de l’attaquer par des moyens chirurgicaux , mais si elle est par trop douloureuse ou que sa présence soit gênante et insupportable au malade, on peut en faire l’ablation, et pour cela on a recours, suivant les cas, à la scie, à la gouge et au maillet, ou bien à l’amputation du membre malade, moyen qui paraît sans doute plus cruel, mais qui est préférable quand les tumeurs osseuses sont très grosses ou qu’elles siègent dans les environs des articulations.