‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 227 sur 316 · FAU · texte numérisé non relu

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abondantes , tandis que réellement elles ont fait un avortement. Je crois ces erreurs très-fréquentes.

Plus la grossesse est avancée, plus l’hémorrhagie qui accompagne l’avortement est abondante et dangereuse; la perte de sang est en effet plus considérable que dans les accouchements réguliers.

Lorsque l’avortement est produit par des maladies chroniques ou par des causes qui ont agi lentement, la femme éprouve une fièvre irrégulière, la perte de l’appétit , des nausées, de lasoif; de la douleur dans les lombes au bas des reins , des palpitations , le refroidissement des extrémités, des lassitudes, de la tristesse, la lividité des paupières, la perte de l’éclat des yeux, la fétidité de l’haleine, des pesanteurs vers l’anus et la vulve, la flaccidité des mamelles qui laissent échapper de la sérosité; un écoulement par le vagin d’une eau roussàtre, puis sanieuse , et enfin du sang véritable; il y a décroissement et cessation des mouvements du fœtus, diminution de la grosseur du ventre ; douleurs utérines de plus en plus vives et rapprochées; dilatation du col delà matrice, saillie des membranes , expulsion des eaux et du fœtus , et, après plus ou moins de temps, sortie du délivre. L’écoulement de sang ne cesse ordinairement qu’après la sortie de ce délivre. D’autres fois, tous les symptômes précurseurs manquent, et, immédiatement après la cause qui a agi, l’hémorrhagie se prononce et se continue jusqu’à l’expulsion du fœtus et du délivre. Des douleurs lancinantes se développent dans le ventre, et se ramifient de l’ombilic à la vulve ; la matrice se contracte jusqu’à ce qu’elle se soit débarrassée de son contenu. Les symptômes de l’avortement et de ses suites se rapprochent d’autant plus de ceux de l’accouchement, que le terme de la grossesse est moins éloigné ; par conséquent les lochies, la sécrétion du lait et la fièvre de lait seront en rapport avec cette circonstance.

Jusque vers le milieu de la grossesse , quatre mois et demi, le fœtus peut encore sortir énveloppé de toutes ses membranes non déchirées. Quelquefois il arrive que le fœtus, qui meurt pendant les premiers temps de sa vie et lorsqu’il est encore gélatineux , se trouve dissout par les eaux que renferme la poche , et qu’il soit conservé dans ce liquide comme dans une saumure. La mort du fœtus n’entraîne pas toujours l’avortement : dans certains cas, il est conservé dans l’utérus jusqu’au terme de la grossesse; il est alors expulsé dans un état de ramollissement, de macération, sans putréfaction , à moins que l’air n’ait pénétré au travers des membranes déchirées. Dans d’autres cas il se convertit, et une masse dure, comme pierreuse, et reste dans l’utérus jusqu’à la mort de la mère. Le lœtus peut naître vivant , mais il succombe d’autant plus rapidement, que son développement était moins avancé, et qu’il a éprouvé une plus grande fatigue pendant le travail d’expulsion; le plus souvent il arrive que le fœtus était mort avant sa sortie de l’utérus, et c’est en général la cause la plus prompte de son expulsion.

Dans les cas de grossesse de plusieurs enfants , ou lorsque la matrice est partagée eu plusieurs cavités par des cloisons, un des fœtus peut être

expulsé dans ie cours de la grossesse et l’autre être conservé sain dans l’utérus jusqu’au moment de l’accouchement à terme.

Il est important d'apprécier la valeur que l’on doit donner aux différents signes qui indiquent un avortement prochain, afin de pouvoir le prévenir à temps. Avant la dilatation du col de la matrice et la présence du sommet de l’œuf dans cette ouverture , la douleur et les pertes peuvent seules fournir à celte indication. Quant aux douleurs , il importe de ne pas les confondre avec des coliques ou les douleurs utérines qu’on observe quelquefois pendant les règles. Pour cela , il faut se rappeler le caractère des douleurs de l’enfantement.

Le liquide qui s’écoule peut venir d’un kyste rompu ou de l’intervalle des membranes; il peut aussi provenir d’une grossesse double. Il est des signes particuliers à chacune de ces circonstances.

La fausse couche est généralement plus grave que l’accouchement : la première est une maladie, et la seconde n’est que la fin d’une fonction naturelle. C’est moins par elle-même que la fausse couche est dangereuse que par la cause qui la produit et les accidents qui peuvent l’accompagner. A une époque rapprochée de l’accouchement, l’hémorrhagie est plus abondante, la sortie du fœtus plus laborieuse et la fièvre de lait plus forte. Quand l’avortement est spontané, sans cause bien évidente et dans les premiers temps de la gestation , le plus ordinairement il a lieu sans douleurs, sans difficulté , et ne laisse après lui aucune suite fâcheuse, mais il est sujet à récidives; et les récidives multipliées entraînent avec elles une foule de maladies, telles que l’irrégularité dans les règles, la stérilité par des adhérences contre nature, et diverses maladies chroniques de la matrice, ulcères, cancers, polypes, etc.

Le moins dangereux des avortements est celui que déterminent les maladies de l’œuf, et le plus grave de tous est celui qui a lieu dans le cours d’une maladie aiguë, d’un érysypèle de la face, d’une variole , d’une rougeole, et pendant toute inflammation aiguë des viscères. La mort de la mère en est souvent la suite.

Tous les soins du médecin doivent avoir pour but de prévenir l’avortement , mais une fois décidé, il faut en hâter la terminaison et combattre les accidents.

I-e traitement préservatif varie suivant les causes qu’il importe d’éloigner ou de détruire : celles qui sont dues à une ignorance des règles de l’hygiène sont faciles à prévenir. Si la femme est trèssensible, irritable, il faut la mettre à l’abri des commotions morales; il faut l’éloigner des grandes cités , lui conseiller les voyages dans les pays de montagnes, les distractions douces et renouvelées. Les femmes lymphatiques suivront un régime tonique, prendront même quelques médicaments de celte nature. J.a faiblesse des mouvements du fœtus peut engager de prescrire à la mère un régime plus nourrissant.

La saignée est un des meilleurs moyens de prévenir l’avortement, surtout chez les femmes sanguines qui éprouvent un travail de congestion à chaque époque menstruelle; mais on ne saurait

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