FAY
FAV
trop blâmer les femmes qui se font saigner une ou deux fois à chaque grossesse sans savoir si elles en ont rigoureusement besoin. Les mouvements convulsifs du fœtus ou de la mère réclament encore quelques bains et des anti-spasmodiques ; il en est de même de la rigidité trop grande des fibres de l’utérus, pour laquelle il faudra pratiquer de légères saignées, prendre des bains lièdes, faire des injections émollientes et anodines. Dans le ramollissement du col, on fera usage d’injecj lions astringentes, légèrement aromatiques, de j bains froids, et d’eaux minérales s’il y a disposition-aux hémorrhagies.
1 Aussitôt que les signes de l’avorlement se sont montrés d’une manière indubitable, il faut successivement tenter le repos absolu, la position horizontale, les boissons froides et acidulés, les révulsifs externes, les applications glacées, les antispasmodiques, les narcotiques. La saignée est encore, dans ce cas, d’une puissante ressource. Tant que l’on conserve quelque espoir d’éviter l’expulsion de l’œuf, il faut prescrire les bains de pieds, les bains de mains et les bains entiers. On ne peut se flatter d’obtenir le recollement de la portion de placenta déjà détachée de l’utérus, mais on peut espérer qu’en suspendant l’hémorrhagie on dissipera la congestion, on arrêtera le décollement, et que la grossesse poursuivra son cours. Il existe dans les annales de la science une foule d’exemples qui prouvent qu’il faut persister dans ces moyens, et ne pas se décourager , malgré l’existence des signes d’un avortement prochain.
Lorsqu’enfinla fausse couche est inévitable , qu’il n'est plus possible de maintenir le fœtus dans la matrice, le repos n’est plus obligatoire; on peut faire usage du seigle ergoté , de l’opium pour calmer les douleurs, de pommades narcotiques portées sur le col ; et encore, suivant l’imminence de quelque danger, le médecin est autorisé à mettre en usage des procédés opératoires avoués par la science, tels quela dilatation mécanique du col , le décollement du placenta, etc.
Gaffe ,
Docteur en médecine , Chef do clinique des hôoitaux de Paris.
faux ( anat .), s. f., faix. On a donné ce nom à plusieurs replis nombreux qui affectent la forme d’une faux. Le grand repli de la dure-mère, qui sépare les deux hémisphères du cerveau, a reçu le nom de faux du cerveau, et celui qui sépare les lobes du cervelet, le nom de faux du cervelet. Le péritoine a aussi des replis qui ont reçu le nom de grande et petite faux du péritoine. (Ÿoy. ces mots.)
favus. (méd.), s. m., de favus , rayon de miel. Teigne faveuse; teigne jaune; teigne à rayon de miel. Tels sont les noms les plus ordinaires de cette maladie du cuir chevelu qui peut aussi se manifester sur les autres parties du corps; elle est caractérisée par des croûtes ou plutôt par des incrustations arrondies, d’une couleur fauve , déprimées vers leur milieu en godets ou en alvéoles , semblables, pour ainsi dire, à celles d’une ruche à miel. Ces croûtes et incrustations sont tantôt discrètes. tantôt co&éïgates. exhalant une odeur tout-
à-fait analogue à celle de l’urine de chat ou de souris; parfois elles se réunissent et s’agglomèrent, et forment isolément des plaques épaisses et circulaires.
Le favus débute par un petit point prurigineux d’un blanc jaunâtre; si on l’examine avec la loupe, on y voit déjà le godet central qui constitue son caractère distinctif. On verra ci-après que ce qui sert à caractériser cette teigne , n’est qu’une concrétion, en grande partie albumineuse, qui s’effectue constamment dans l’intérieur des canalicules sébifères : instar mcllis contenti in favo apura.
Le favus est très-facile à reconnaître; on peut, à l’œil nu , suivre sa marche et les progrès de sa formation. Il est aujourd’hui bien constaté d’après nos remarques à l’hôpital Saint-Louis, que le favus ne se développe point par des pustules, comme on l’a cru si long-temps , et comme on l’a écrit dans plusieurs ouvrages modernes ; c’est une excrétion morbide des follicules sébifères qui donne lieu à ces incrustations, dont la configuration singulière étonne les regards de l’observateur ; en vertu d’une irritation sui generis , et dont il n’est pas toujours facile de dévoiler les causes et la nature , la matière fournie par ces réservoirs particuliers s’y sécrète en plus grande abondance , s’y amoncèle et s’y coagule, en perdant sa fluidité habituelle. Les premiers maîtres de l’art savaient très-bien, du reste, que cette matière n’était en aucune manière purulente, puisqu’ils la comparaient au miel des abeilles devenu concret ; ils avaient très-bien expliqué et très-bien aperçu le mécanisme de cette formation : les élèves de ma clinique ont multiplié les expériences , et ont suivi avec un curieux intérêt ce mode particulier de développement.
Quand les croûtes rudimentaires du favus commencent à paraître , il n’est pas d’abord très-facile de le distinguer; mais, bientôt, on les voit s’agrandir insensiblement et manifester une couleur jaune ; leur centre se déprime très-visiblement en autant de godets , les bords en sont saillants et relevés , ce qui leur donne , comme nous l’avons déjà remarqué , une sorte de ressemblance avec les alvéoles de nos ruches à miel , ou avec les cupules de certains lichens parasites. Il n’est pas rare de voir les cheveux s’échapper à travers ces incrustations , qui acquièrent après quelque temps une certaine dimension.
Quand on a soin de ne pas trop comprimer la tête par des linges ou par des bonnets , les croûtes sont d’un jaune clair , comme celui d’un bâton de soufre; elles conservent d’ailleurs très-bien leur forme régulière et primitive ; mais à mesure qu’elles vieillissent , elles deviennent blanchâtres , s'usent, se brisent et se détachent du cuir chevelu ; quel- ; que soin d’ailleurs que l’on prenne de nettoyer les téguments où elles se sont d’abord montrées, elles ne tardent pas à renaître, et constamment avec la même configuration.
Il est des individus chez lesquels les incrustations faveuses se montrent ailleurs que Sur le cuir chevelu : on en voit quelquefois paraître au front, aux tempes, aux joues, au nez, sur le menton, aux oreilles, aux épaules, au tronc, sur l’abdomen, aux lombes, aux bras, aux avant-bras, etc.; on en