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remarque au sacrum , sur le devant des deux genoux , etc.; partout où il y a des canaux sébacés et des poils , le favus peut se manifester.
Les enfants atteints de la maladie faveuse, éprouvent parfois des démangeaisons d’autant plus vives, que le nombre des inscrustations est plus considérable. Ils sont particulièrement inquiétés d’une douleur tensive , qu’ils ne parviennent à faire cesser qu’en comprimant la tête avec les deux mains ; dans d’autres cas , ils sont tourmentés par un prurit véhément , à tel point, que c’est pour eux une jouissance voluptueuse, de promener leurs ongles sur le cuir chevelu ; mais ensuite, arrive une vive douleur , et les poux qui pullulent en nombre incalculable sous les croûtes , viennent ajouter à ce genre de torture ; toutes les cavités en sont pleines, et la surface du cuir chevelu en est tellement infectée, que la masse entière des tubercules et de la peau , semble agitée de leur mouvement. Sous ce couvercle horrible, réside une sanie putride qui ronge les cheveux jusque dans leurs bulbes , qui consume le tissu muqueux voisin, qui menace jusqu’à la substance osseuse du crâne; quelques malades sont en proie à des douleurs atroces nocturnes , quelques autres tombent dans une maigreur funeste, qui arrête les progrès de leur développement physique.
Enfin, j’ai vu quelquefois celte effroyable maladie attaquer généralement les plus précieuses sources de la conservation humaine et retarder extraordinairement là puberté. C’est ce que j’ai observé chez un jeune homme qui parcourait sa vingt-unième année, et n’avait aucun des signes de la virilité ; ses organes sexuels étaient d’un trèspetit volume, et on n’y apercevait aucun vestige de poils ; sa voix était claire comme celle d’un enfant de douze ans; sa taille était exiguë. Il est à remarquer qu’un phénomène absolument identique s’est déclaré sur deux jeunes filles, dont l’une avait plus de seize ans et l’autre vingt ; toutes les deux paraissaient n’en avoir que dix à douze; elles se trouvaient dans un état d’amaigrissement déplorable, et chez elles , aucune ombre de menstruation ne s’était encore opérée; il y avait des plaques laveuses sur différentes parties du corps , les glandes cervicales étaient tuméfiées. Nous fîmes la remarque que ces deux jeunes personnes présentaient absolument la même stature , quoique d’un âge bien différent.
Un accident qui mérite la plus grande attention de la part des pathologistes, est l’altération qui survient quelquefois dans les ongles ; ce phénomène est fréquemment observé dans les hôpitaux. Murray de Gotlingue a cité le cas d’une jeune fille atteinte d’une difformité remarquable à l’ongle du petit doigt de la main gauche ; en coupant cet ongle avec un couteau, on en faisait jaillir une matière glutineuse et fétide comme les croûtes du favus.
Des causes qui peuvent influer sur la production et le développement du favus. Nous ne rapporterons point ici les opinions diverses de nos prédécesseurs sur les causes organiques qui favorisent la formation du favus ; les uns l’attribuent à une bile dégénérée , les autres à des humeurs âcres , acides ,
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alcalines, etc.; plusieurs auteurs accusent un sang vicié et corrompu , qui existait soit chez les parents, soit chez les nourrices; on peut également consulter ce qui a été écrit plus récemment par Nundervood, Luxmore, Duncan et Bosquillon; mais dans un dictionnaire consacré à l’cxpositiou des vérités les plus exactes , éloignons-nous des hypothèses.
La disposition au favus , parait se transmettre héréditairement, si nous en croyons du moins les renseignements fournis par un grand nombre d’enfants teigneux présentés à l’hôpital Saint-Louis. Nous avons vu un septuagénaire couvert d’incrustations laveuses ; deux de ses fils, quoiqqc adultes, portaient aussi le même mal. Les deux tiers des individus qu’on a occasion de rencontrer dans les hôpitaux , sont venus au monde avec le germe du levain teigneux ; c’est l’amour-propre des parents ou celui des malades , qui fait qu’on rapporte toujours à une communication extérieure , une affection qui inspire tant de dégoût et de répugnance. Au surplus je discuterai plus amplement l’article de la prétendue contagion du favus, quand je traiterai de la teigne en général et de son mode de propagation.
Si j’en juge d’après les nombreux malades dont j’ai recueilli l’histoire pendant un grand nombre d’années , c’est la mauvaise alimentation , c’est la disette, c’est la famine, c’est la qualité pernicieuse de l’eau dont on fait usage, qui engendrent le favus : c’est l’air infect et corrompu de certains lieux qui déterminent cette effroyable maladie , rivale de la lèpre , et que l’on comparait à ce fléau dans l’antiquité.
Yeut-on connaître les circonstances qui favorisent le développement du favus , il suffit de visiter les maisons de travail et de correction , où tant d’enfants des deux sexes sfe trouvent si resserrés, et pour ainsi dire accumulés; de pénétrer dans ces prisons, où l’on n’aperçoit le jour que par des lucarnes , où l’air que l’on respire n’est qu’un méphitisme continuel. C’est là que l’on rencontre souvent le favus. Les indigents qui habitent les rues étroites et boueuses, où tous les genres de misères sont réunis , les porteurs d’eau , les voituriers, les revendeurs , les bergers , qui couchent dans les granges ou dans les étables, avec des chevaux, des bœufs, des pourceaux, et qui vivent dans leur atmosphère ammoniacale : les vendeurs de poisson, les pêcheurs, qui ont constamment les jambes dans les rivières et portentles habits mouillés, sont particulièrement affectés par ce genre de teigne. Toutes ces causes dégradent manifestement les sécrétions et les excrétions cutanées.
Curation du favus. Occupons-nous maintenant de la méthode curative qui convient particulièrement au favus. Je commence d’abord par faire observer que c’est une maladie considérable et d’un caractère rebelle , qu’on ne saurait procéder à son traitement d’une manière violente et précipitée; en général, tout procédé de thérapeutique, qui n’aurait pour objet que des topiques actifs, serait infructueux et même nuisible ; en effet, on a presque toujours à combattre un mode d’inflammation spécifique qui tient à une disposition intérieure.
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