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facilement ; cette seconde récolte s’effectue ordinairement dans les mois de septembre et d’octobre. La différence que l’on remarque dans la maturation des fruits résultant de ces deux récoltes , prouve d’une manière incontestable l’influence qu’exerce la température sur cet acte de la végétation. Si on examine chimiquement les fruits fournis par le même arbre à ces deux époques , on y remarque des différences notables dans leurs principes constituants. C’est ainsi que dansles mois de mai et juin, la végétation étant très-active, et partant la sève, pour ainsi dire surabondante, le fruit atteint son maximum de développement; mais la température étant alors peu élevée et les principes trop étendus , il en résulte que la réaction est faible et la maturation incomplète. Pendant les mois de juillet et d’août au contraire , l’élévation de température étant plus grande, l’affluence d’eau de végétation étant moindre, le fruit ne peut atteindre un volume aussi considérable et il en résulte que la réaction est plus puissante et conséquemment la maturation plus complète ; ce qu’il y a de certain, c’est que les proportions relatives de gélaûne et de sucre sont tellement changées que le dernier semble s’être formé aux dépens de l’autre.
On emploie divers moyens pour hâter la maturation des figues. Le plus anciennement connu , et que l’on désigne sous le nom de caprification, consiste à prendre des branches de figuier sauvage et à les lier aux branches du figuier domestique. Les fruits du premier renferment une espèce d’insecte du genre cynis, qui, lorsqu’ils éclosent, sont portés sur les fruits du figuier domestique , s’y introduisent, y déposent le pollen (poussière fécondante) qu’ils ont recueillis sur le figuier sauvage, et fécondent ainsi les fleurs ; l’altération qui en résulte, hâte la maturation et rend même le fruit plus appétissant, lorsqu’on le mange frais. Dans certaines contrées, on pique les figues avec une épingle trempée dans l’huile, pour hâter la maturation des figues; dans d’autres, on pratique une petite incision à l’extrémité supérieure du fruit et là où sont plus spécialement les fleurs mâles.
Les figues fraîches sont servies sur une table , comme hors-d’œuvre, c’est-à-dire pour stimuler les organes digestifs ; sèches ou plutôt demi-sèches elles y figurent au dessert unies à d’autres fruits secs avec la dénomination vulgaire de quatre mendiants. Leur usage est d’une bien plus haute importance dans les pays méridionaux ; elles y forment en effet l’aliment presque exclusif des habitants de la campagne. Leur propriété nutritive est com.ue de temps immémorial. Pylhagore juré des Athlètes fut le premier qui leur en prescrivit l’usage comme étant éminemment fortifiantes. Caton, chargé de déterminer la ration de vivre des laboureurs , voulait qu’on diminuât la quantité des autres aliments pendant la saison des figues.
Quant à la propriété que dans certains pays on attribue aux figues de favoriser l’accouchement, nous la signalons sans y ajouter foi. Il n’en est pas de même, quant à l’application de leur pulpe sur des tumeurs enflammées; elle agit comme émollient et calme la douleur ; mâchée , elle déterge les
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ulcérations des gencives et du voile du palais. Elles entrent aussi dans la composition des gargarismes résolutifs ; on prend de préférence pour l’usage médical , celles dites violettes ou grasses.
Les figues sont béchiques et pectorales ; elles doivent ces propriété à la réunion, dans des proportions assez notables, des principes sucrés et gélatineux ; elles font partie des fruits pectoraux.
COUVERCHEL, fie l’Académie de Médecine.
fîlaire ( zool .), sorte de <ver long et grêle qui habite dans l’intérieur de certains organes et spécialement sous la peau. (Voy. Dragoneau.)
filet (anat. et chir.j, s. m.; on désigne ainsi vulgairement un repii triangulaire formé par la membrane muqueuse de la langue , au-dessous et à la partie moyenne de cet organe. Ce repli , nommé par les anatomistes frein de la langue, est facile à apercevoir en ouvrant la bouche et en appliquant le bout de la langue à la voûte du palais; il est longé de chaque côté par les veines ranines , que leur couleur bleuâtre fait facilement distinguer, et il recouvre l’attache des muscles génioglosses.
Il arrive parfois que par un vice de conformation congénial , le filet se prolonge jusque vers le bout de la langue, de manière à gêner et empêcher même la succion du mamelon , et plus tard , la prononciation. On s’aperçoit de ce défaut naturel par la difficulté qu’éprouve l’enfant à téter. En plaçant alors le petit doigt dans la bouche du nouveau-né , on sent qu’il n’est pas embrassé par la langue creusée en forme de gouttière, comme cela a lieu dans l’état normal. On remédie à cet inconvénient en coupant transversalement le filet; pour pratiquer celte petite opération, un aide doit pincer le nez de l’enfant, elle forcer ainsi à ouvrir la bouche ; on tient alors la langue relevée avec le pouce et l’indicateur de la main gauche, et avec la droite , armée de ciseaux à pointes mousses , on coupe la portion excédante du filet. On doit prendre garde de blesser la langue, et quelques rameaux artériels. On cite des cas, très-rares, il est vrai, où, après une semblable blessure, des enfants ont succombé ; ils avaient avalé continuellement le sang qui s’écoulait. Si un pareil accident survenait, on devrait y remédier en cautérisant l’ouverture du vaisseau blessé avec un stylet convenablement chauffé. Cette brûlure ne cause qu'une douleur momentanée et n’est pas grave.
Au reste , le prolongement anormal du filet est plus rare qu’on ne le croit ; toutes les fois qu’un enfant ne peut pas téler, les parents l’attribuent à ce Vice de conformation ; mais il est d’autres causes qui peuvent gêner la succion; au lieu de se fier à des sages-femmes ignorantes , il sera donc toujours prudent de consulter un médecin instruit.
fille ( physiol .) , s. f. (Voy. Femme.)
fissure [chir.) , s. f. ( Fissura , fente). On désigne sous le nom de fissure ou gerçure à l’anus , une ulcération étroite , allongée , située entre les plis rayonnés que l’on rencontre au pourtour de l’aaus et à la partie inférieure du rectum,
Cette maladie , dont Boyer nous a le premier décrit exactement les caractères et indiqué le traitement , peut être produite par différentes causes. Tantôt c’est une action mécanique comme il arrive chez les personnes habituellement constipées , les hémorrhoïdaires entre autres , et dont les matières excrémentitielles endurcies, irritent et peuvent excorier l’orifice du rectum ; chez celles qui se servent de seringues terminées par une canule dure et acérée, ou dont l’anus a été le siège de vidlences extérieures quelconques. D’autres fois, c’est une affection de nature syphilitique; et ici, tantôt le virus est déposé dans un rapprochement contre-nature, ou bien la maladie vénérienne étant depuis long-temps acquise par une voie moins honteuse , vient orter son action sur l’anus et y faire naître une fissure. Enfin on observe plus souvent cette affection chez les jeunes sujets et chez les femmes que chez les hommes.
Souvent l’établissement de la fissure est précédé d’une constriction spasmodique de l’anus, qui occasionne un séjour prolongé des matières fécales à cet orifice et par suite une ulcération; mais le Dr Blandin fait observer fort judicieusement que souvent aussi le spasme est consécutif à la fissure et résulte de l’irritation et de la douleur que celle-ci détermine. Dans certaines circonstances, d’après Boyer , la constriction seule de l’anus donnerait lieu à des phénomènes semblables à ceux de la fissure.
Quoi qu’il en soit de ces diverses opinions , la maladie qui nous occupe est caractérisée par une douleur très-vive , quelquefois déchirante et intolérable , ressentie par les sujets au moment où ils se présentent à la garde-robe ; cet instant est pour eux un objet d’inquiétude et même de terreur; les souffrances qu’ils éprouvent pendant l’expulsion des matières est souvent portée au point de leur arracher des cris aigus, et quelquefois d’entraîner des mouvements convulsifs qui durent quelques instants après l’acte de la défécation. On comprend bien que ce n’est que par dégrés que la maladie arrive à causer de pareils accidents ; dans l’intervalle des selles , l’anus est le siège d’une cuisson et d’une démangeaison et même d’un sentiment de brûlure plus ou moins marqués , suivant les individus , suivant la période à laquelle la maladie est parvenue, etc. Ces douleurs se manifestent surtout quand le malade fait des efforts, tousse, éternue, se fatigue, monte à cheval , etc.
Si l’on introduit le doigt dans le rectum , exploration toujours très-douloureuse, on reconnaît dans un des points de la circonférence, mais surtout sur les parties latérales , un ligne dure , noueuse , tendue , dont la pression occasionne des souffrances très-vive : quelquefois en écartant les plis de l’anus et enlr’ouvrant ainsi cet orifice, on aperçoit l’extrémité inférieure de la fissure.
Lorsque la maladie dure long-temps , les malades deviennent inquiets, moroses; les tourments qu’ils éprouvent sont si violents qu’ils vont jusqu’à se priver d’aliments pour se soustraire au supplice que renouvelle pour eux chaque expulsion des matières excrémentitielles.
Il se développe quelquefois au pourtour de i’a-
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nas de petites gerçures bien moins graves que les précédentes ; elles n’occasionnent qu’un peu de chaleur et de démangeaison , et un léger suintement jaunâtre; quelques lotions émollientes ou narcotiques , quelques onctions avec la pommade de concombre, l’onguent populéum, etc., en font promptement justice.
Quant à celles que nous avons décrites , il est bien rare qu’elles cèdent à des moyens topiques : cependant Dupuytren assurait avoir guéri plusieurs malades par le moyen suivant , dont j’ai moi-même constaté l’efficacité dans des cas de resserrement spasmodique de l’anus sans fissure. On introduit chaque jour dans le rectum des mèches de charpie de la grosseur du petit doigt et dont on augmente plus tard le volume; ces mèches sont enduites de pommade de belladone dont la propriété est de relâcher les muscles contractés. Voici au reste la composition de cette pommade : axonge, six gros ; belladone , un gros ; Dupuytren y ajoutait un gros d’extrait de saturne. On a conseillé aussi d’enduire les mèches avec l’extrait de ratanhia, qui est plus efficace. Bien que ces traitements ne réussissent pas toujours, on doit cependant les essayer, car ils épargnent au malade la douleur de l’opération. Cette opération consiste à débrider l’anus resserré : pour cela, le malade ayant été préparé depuis quelques jours par la diète et l’usage des lavements, on pratique, avec un bistouri boutonné au niveau de la fissure (si elle n’est pas à la partie antérieure du rectum) une incision de quelques lignes de profondeur qui coupe transversalement le sphincter de l’anus; on panse ensuite la plaie avec une mèche enduite de cérat , et le malade est mis au lit, assujéti à une diète assez rigoureuse pendant quelques jours , et à l’usage des boissons rafraîchissantes. Le premier appareil levé au bout de quarante-huit heures, on panse ensuite tous les jours de la même manière jusqu’à entière cicatrisation, c’est-à-dire jusqu’à la guérison. Il est bien entendu que l’origine syphilitique du mal commanderait un traitement approprié.
BEAUGBAND ,
Docteur en médecine , ancien interne des hôpitaux.
fistule (chir.) s. f. ( fistula , tuyau). On appelle fistule en chirurgie , un ulcère en forme de canal plus ou moins étroit et sinueux, entretenu par une altération pathologique permanente ou par la présence d'un corps étranger. Il y a donc plusieurs espèces de fistules que l’on peut réduire à quatre : cette classification nous permettra de mettre plus d’ordre dans la description particulière des différentes variétés , et de généraliser davantage certains points de leur histoire. 1° Fistules aboutissant d’une part dans un organe enflammé et suppurant, et de l’autre, soit à l’extérieur, soit à la surface d’une membrane muqueuse. Ce sont les fistules cutanées de Boyer, désignées par d’autres auteurs sous les noms de fistules sous-cutanées, d’ulcères fistuleux , etc.; nous les appellerons fistules purulentes, car leur principal caractère est de verser incessamment du pus;, 2° fistules qui, font communiquer avec l’extérieur des cavités habituellement vides, ce sont les fistules aériennes des auteurs;.
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3° fistules communiquant avec un réservoir ou un canal excréteur, et donnant passage à des matières sécrétées; 4» enfin les fistules qui, intéressant un des points de l’étendue des intestins , transmettent au dehors les matières excrémentilielles , ce sont les fistules stercorales.
Nous allons d’abord esquisser à grands traits les caractères communs que présentent ces lésions, puis nous passerons à leur histoire particulière.
Causes. Les fistules peuvent se produire de deux manières différentes : 1° spontanément, c’est-à-dire par un travail d’ulcération qui s’établit morbidement dans les tissus, les détruit, soit de dedans en dehors, soit de dehors en dedans, et creuse un canal qui persiste sous l’influence de la cause qui en a déterminé la formation; 2° accidentellement, quand une cause extérieure , un coup d’épée, de couteau, une gangrène, où la rupture d’un organe amène sa communication avec le dehors , et que l’irritation vive déterminée par la blessure , la présence d’un corps étranger ou le passage continuel des matières que renfermait l’organe lésé , entretient la perforation.
L'anatomie pathologique de ces lésions présente quelque chose de général qui trouve ici sa place. On peut considérer dans les fistules, un trajet et deux extrémités. Le trajet, comme l’indique lenom de fistule, représente une sorte de tuyau ou canal de forme irrégulière , tantôt en ligne droite, tantôt sinueux, et formant quelques détours. Sa longueur est très-variable : fort court dans certaines circonstances, il est assez long au contraire dans d’autres. Sa surface esttapissée par une espèce de membrane analogue aux membranes muqueuses, d’un rose pâle, et quelquefois jaunâtre, plus ou moins épaisse, capable de devenir, dans les fistules anciennes, très-dense, très-consistante, et même semblable à un tube cartilagineux. L’irritation déterminée dans les tissus que sillonne une fistule par le passage continuel de fluides irritants , entraîne des engorgements partiels, durs, noueux, auxquels on a donné le nom de callosités, et que les anciens auteurs croyaient la cause d’une maladie dont ils ne sont que l’effet. Des deux extrémités delà fistule, l’une est intérieure et s’abouche soit avec la cavité d’un organe creux , soit avec un tissu chroniquement enflammé , un foyer purulent , etc.; l’autre est extérieure, aboutit à la peau, et offre tantôt une seule ouverture, tantôt plusieurs, et dans certains cas ressemble à une sorte de criblé ou plutôt d’arrosoir. La forme et l’aspect de ces ouvertures est très-variable: tantôt, dans le point où se trouve la perforation, la peau est ulcérée, déprimée, amincie, et au centre se voit un trou dans lequel un stylet pénètre avec facilité; tantôt et le plus souvent, c’est une espèce de bouton saillant d’un rouge vif ou pâle, offrant les caractères d’une petite fongosité ou d’un bourgeon charnu, et dont le sommet est creusé d’un per tuis fort étroit, qu’il n’est pas toujours aisé d’apercevoir , et qu’on ne peut souvent reconnaître que par l'écoulement du liquide auquel il sert de passage. Les callosités dont nous parlions plus haut se montrent souvent à l’orifice externe des fistules; ailleurs se sont des fongosités en forme de champignon, etc.
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Les symptômes des fistules sont locaux ou généraux. Les symptômes locaux, outre les caractères anatomiques que nous venons d’exposer, consistent dans l’écoulement ou le passage d’un fluide particulier, suivant que la fistule appartient à l’une des espèces que nous avons établies Quant aux symptômes généraux, ils diffèrent suivant l’importance de l’organe lésé et du fluide qui s’écoule; C’est ainsi que si une fistule à l’estomac laisse échapper les sucs chymeux à mesure qu’ils se forment, l’individu tombera dans un affaiblissement et un marasme qui ne tarderont pas à le conduire au tombeau. Le même résultat surviendrait, mais 3lus lentement, si l’intestin était ouvert à une disance peu éloignée de l’estomac. Une fistule purulente qui donnerait lieu à un écoulement considérable de pus affaiblirait aussi très-rapidement le malade, et si la lésion tenait à une carie osseuse très-grave, et surtout affectant la colonne Vertébrale, la mort en serait tôt ou tard la triste conséquence.
D’après ce que nous venons de dire , il est aisé de voir quelles sont les circonstances qui peuvent rendre 1 e pronostic fâcheux ou favorable.
Enfin quant au traitement , il se repose sur deux indications bien distinctes : 1° tarir la source de l’écoulement, en remédiant à la cause qui l’a produit; 2° oblitérer et faire cicatriser le trajet fistuleux, et ici nous dirons une fois pour toutes , que lorsquele trajet offre la membrane dont nous avons parlé, très-solide et bien organisée, il faut la détruire avec les caustiques et surtout la pierre infernale. Ces cautérisations sont très-avantageuses pour faire fondre les callosités quand elles existent. Quelquefois de simples injections irritantes d’eau iodée, chlorurée, alcoolisée, etc., suffisent pour amener la cicatrisation.
Espèce lre. Fistules purulentes .
; Ces fistules ont, comme nous l’avons dit, pour caractère, de donner passage à de l'a matière purulente; on les rencontre indifféremment sur toutes les parties du corps, mais surtout aux membres, aux aisselles , aux aines et au cou.
Les causes qui les produisent peuvent être ramenées à trois principales : 1» Fonle purulente d’un engorgement celluleux ou ganglionnaire qui est ouvert spontanément par la main du chirurgien; cela s’observe surtout chez les scrofuleux, et alors la disposition générale du sujet jointe à quelques circonstances particulières, favorisent la persistance du mal : ainsi tantôt la peau qui forme la paroi externe de la fistule est tellement^ amincie, qu’elle n’a plus assez de vitalité pour se recoller avec la paroi interne ou profonde ; tantôt la partie dans laquelle existe la fistule étant condamnée par la nature de ses fonctions à des mouvements continuels la cicatrice se rompt et se détruit à mesure qu’elle tend à se former. De pareils phénomènes se présenteront surtoutdansles parois del’abdomen et de la poitrine, continuellement agitées par les mouvements respiratoires. Enfin quand le sujet est Irès-amaigri, les tissus étant revenus sur eux-mêmes, les parois de la fistule sont écartées, éloignées l’une de l’autre, et la guérison se trouve privée d’un élément qui lui est indispensable, un con-
tact parfait et prolongé. 2» Lorsqu’un organe situé à une certaine profondeur s’enflamme et suppure le produit de cette suppuration forme un abcès plus ou moins rapproché de l’enveloppe légumenlaire, cet abcès ayant été ouvert et l’organe enflammé continuant à suppurer, il en résulte un écoulement de pus à l’extérieur, qui ne sera tari que quand on aura fait cesser la maladie première. Ce sont surtout les caries qui donnent lieu à de semblables fistules, et ici le trajet se forme de deux manières différentes: tantôt c’est, comme nous venons de le dire, le pus sécrété par l’os enflammé qui vient se faire jour à l’extérieur; tantôt l’irritation déterminée dans le voisinage de la partie malade par la lésion dont cette dernière est le siège, entraîne la formation d’abcès fort heureusement nommés par M.Gerdy, abcès circonvoisins , qui ne communiquent pas d’abord avec le foyer de la carie; ces abcès s’ouvrent à l’extérieur, et bientôt la matière sécrétée par l’os altéré venant s’épancher dans leur intérieur , il en résulte un écoulement continu et une fistule purulente. (Voyez carie.) 3° Un corps étranger introduit dans nos tissus fend à être expulsé en vertu d’un effort particulier que l’on désigne sous le nom de travail éliminateur ; mais si le corps étranger se trouve enchalonné de manière à ne pouvoir être entraîné par la suppu ration, il devient une source continuelle de sécrétion purulente, et le trajet par lequel il s’est introduit, sert de passage à celle-ci : c’est ainsi quel’on a vu des fragments de balles, des éclats de bois, etc., entretenir des fistules qui ne se cicatrisaient qu’après l’extirpation du corps étranger, ou son expulsion naturelle.
Le traitement doit être approprié à la cause qui a produit la fistule : 1° Ainsi quand elle est la suite d’une fonte purulente chez un scrofuleux, il faudra donner le traitement spécial à celte affection. (V. scrofule.) Lorsque la peau trop amincie s’oppose au recollement du foyer, il ne faut pas hésiter, après avoir essayé la compression modérée, à emporter avec des ciseaux ou un bistouri , la portion amincie : il reste une sorte de rigole ou de gouttière dont le fonds sert de base à une cicatrice solide et de bonne nature. Quand les mouvements de la partie où se trouve la fistule gênent la réunion , il faut comprimer autant que possible le point où elle existe, afin que les parois soient toujours en contact. Voici un fait fort curieux que Boyer citait souvent dans ses cours : Une dame, jeune encore , portait une fistule dans les parois de l’abdomen; la malade étant amaigrie ne pouvait guérir, et d’ailleurs la compression était devenue inutile; Boyer imagina de conseiller à cette dame de devenir enceinte, afin que pendant la grossesse la matrice distendue appliquât exactement les parois de la fistule l’une contre l’autre : le mari s’élantprêfé de bonne grâce à la cure, ses efforts furent couronnés d’un plein succès , et non moins heureux dans la partie scientifique de l’entreprise , le chirurgien guérit sa malade. Quand l’amaigrissement s’oppose à la cicatrisation du trajet, on conseillera le séjour à la campagne et un régime analeptique et fortifiant; on a souvent réussi par de pareils
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moyens. 2° Les fistules qui dépendent d’une phlegmasie profonde n’ont point de traitement qui leur sôit propre i il faut attaquer la maladie principale. 3»; J’en dirai autant de celles qui sont causées par la présence d’un corps étranger dans les tissus; il faut l’extraire ou favoriser sa sortie par des injections émollientes ou détersives, etc.
Espèce 2e. Fistules aériennes.
Op sait qu’au dessus de la racine du nez , dans l’épaisseur de l’os frontal , existent deux cavités qui communiquent avec les fosses nasales , ce sont les sinus frontaux. D’une autre part les os maxillaires supérieurs qui forment la charpente des joues sont creusés de deux cavernes nommées sinus maxillaires, communiquant encore avec les fosses nasales ; celles-ci s’abouchent au-dessus du voile du palais, au fond du gosier, à la partie inférieure duquel s’ouvre le larynx; toutes ces parties sont donc en rapport les unes avec les autres, comme les différentes pièces d’un appartement, et l’appareil respiratoire qu elles constituent, forme un tout continu : or, lorsqu’une de ses dépendances vient à être mise en communication avec l’extérieur par une solution de continuité, le passage de l’air s’oppose à l’oblitération du trajet, et il se forme une fistule aérienne. Le caractère commun de ces fistules est de donner passage à l’air, ce qui se reconnaît de la manière suivante : Si l’on approche une bougie de l’ouverture, à chaque inspiration on voit la flamme s’incliner vers l’ouverture , et lors de l’expiration elle est au contraire repoussée avec force; si en même temps on bouche toute autre issue à l’air dans le cas de fistule des sinus frontaux , par exemple , si l’on ferme la bouche et le nez du malade, l’expulsion serasi violente que la bougie s’éteindra.
Les fistules , suites de blessures , guérissent bien mieux que celles dont la cause est une affection générale aussi grave que la syphilis ou la scrofule ; en effet, dans le premier cas, il suffit d’emporter le pourtour de la fistule à l’aide de deux incisions semi-elliptiquç , ayant leur grand axe dirigé transversalement, ou verticalement, suivant la partie, de réunir, à l’aide de la suture enchevillée, les bords de la plaie que l’on vient de pratiquer, et il se formera promptement une cicatrice dont le sillon linéaire se perdra dans les rides environnantes. Pour les autres, il faut un traitement général approprié à la maladie principale; puis si l’on est assez heureux pour ramener la fistule à la condition de simplicité indispensable pour l’opération, si l’état des parties le permet, on opérera comme nous venons de le dire ; autrement on fera porter aux malades un obturateur d’argent qui fermera aussi hermétiquement que possible l’ouverture anormale.
Espèce 3e. Fistules donnant passage à des produits de sécrétion .
Ces fistules ont lieu toutes les fois que les réservoirs naturels dans lesquels s’accumulent les produits de sécrétion, ou que les canaux dans lesquels Circulent ces fluides viennent à être ouverts. Il y a autant de variétés de ces fistules que d'appareils de sécrétion, et elles prennent le nom de l’appareil dans lequel elles siègent. C’est ainsi que
l’on a des fistules lacrymales, salivaires, mammaires, biliaires, etc.
1. Fistule lacrymale. A la face interne de chaque paupière , près de leur bord libre et à quelques lignes de leur angle interne, on voit un petit bouton saillant au sommet duquel est un point noir appelé point lacrymal : ce point est l’orifice d’un conduit ( conduit lacrymal ) qui rampe dans l’épaisseur de la paupière et va se rendre à un petit réservoir formé en partie par les os de la face , et situé à l’angle interne et inférieur de l’orbite. On le nomme le sac lacrymal; il forme en quelque sorte la partie renflée d’un entonnoir dont la partie inférieure , rétrécie , va se rendre après un trajet de neuf à dix lignes, sous le cornet inférieur des fosses nasales , c’est le canal nasal. Cet appareil sert à conduire dans le nez l’excès des larmes qui sont incessamment versées à la surface intérieure de l’œil.
Que le canal nasal soit oblitéré , il en résultera une accumulation de larmes dans le sac lacrymal qui se laissera un peu distendre dans sa portion antérieure que revêtent seulement des parties molles , puis il y aura reflux dé larmes par les conduits et les points lacrymaux, etlarmoiement continuel : enfin le sac venant à s’ulcérer et à s’ouvrir à l’extérieur, et les larmes, trouvant une issue, s’écouleront sur la joue ; en un mot , il y aura fistule. Examinons actuellement les causes qui peuvent oblitérer le canal nasal ; on peut les ramener à trois principales : l° lorsque les fosses nasales ont été le siège d’inflammations répétées (voyez Coryza ), la membrane qui les tapisse et se prolonge dans le canal nasal, finit par s’épaissir et s’indurer, et cet épaississement peut être porté au point d’oblitérer le canal nasal déjà fort étroit par lui-même ; 2° si une tumeur vient à se développer dans le voisinage , qu’un polype , un fongus, une exostose, par exemple, se forme dans les fosses nasales ou dans les sinus maxillaires par son accroissement, il pourra comprimer le canal nasal au point d’appliquer ses parois î'une contre l’autre, et d’en fermer le calibre; 3» enfin une blessure peut ouvrir directement le sac et établir une fistule d’emblée.
Sauf ce dernier cas , la production de la fistule proprement dite est toujours précédée d’une distension du sac par les larmes ; cette dilatation constitue la tumeur lacrymale : ainsi nous admettrons deux périodes dans la marche de la maladie : l° la tumeur, 2° la fistule lacrymale.
ire Période. Tumeur lacrymale. Entre le grand angle de l’œil et le nez , se voit une tumeur arrondie ou ovalaire , quelquefois bilobée , du volume d’un pois environ; cette tumeur est parfaitement circonscrite , et la peau qui la recouvre n’offre dans les premiers temps aucune trace d’inflammation. Lorsque l’on vient à la comprimer , elle s’affaisse, et en même temps on voit l’œil correspondant se remplir de larmes mêlées à un mucus jaunâtre, plus ou moins épais , formé dans le sac , et qui, ne pouvant descendre dans les fosses nasales par suite de l’oblitération du canal de même nom , a reflué dans l’œil par les points lacrymaux. Quelques auteurs avaient dit, à priori, sans doute, que le matin le sac était plus volumineux ; mais M.Demours
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a fait voir que c’était une erreur en démontranx que la sécrétion des larmes était très-faible pendant que les paupières restaient closes par le sommeil. Cet arrêt au cours des larmes entraîne leur reflux dans l’œil ; de là un larmoiement continuel désigné sous le nom d 'épiphora ; l’œil irrité par la présence de ce liquide en quantité insolite, est habituellement rouge et sensible à la lumière. En même temps , et par une cause inverse , la narine du côté malade , privée du fluide qui lui arrivait incessamment , se dessèche et devient par moments le siège de picotements et de démangeaisons. Au bout d’un temps plus ou moins long , la tumeur augmentant de volume , la peau qui la recouvre , rougit , s’enflamme, et une inflammation ulcérative vient bientôt mettre l’intérieur du sac en rapport avec l’extérieur. Notons aussi que cette communication a quelquefois lieu à la suite d’un petit abcès.
2e Période. Fistule proprement dite. Dans le point où existait la tumeur est une ouverture ordinairement très-petite, souvent entourée de callosités, et par laquelle s’échappe continuellement un liquide transparent analogue aux larmes et mêlé de mucosités purulentes sécrétées par le sac enflammé et par le trajet fistuleux. La joue sur laquelle s’écoule le liquide , s’irrite et rougit par son contact : mais en même temps les larmes s’écoulant au dehors, l’épiphora diminue , cesse même quelquefois tout à fait. Il se forme souvent des abcès autour de la fistule , et si le sujet est scrofuleux , les os voisins pourront finir par se carier si l’on ne se hâte de guérir la fistule.
Les signes déjà indiqués suffisent pour distinguer la tumeur lacrymale des abcès ou des kystes qui pourraient la simuler , et qui après leur rupture pourraient ressembler à la fistule ; d’ailleurs M. Gerdy, pour donner toute la certitude possible au diagnostic, avait l’habitude d’injecter avec de l’eau le point lacrymal supérieur : alors le passage du liquide par les fosses nasales, ou son reflux par l’autre point lacrymal , permet de décider avec certitude s’il y a oblitération dans le canal des larmes.
La fistule lacrymale est une infirmité fort incommode qu’il faut se hâter de guérir en rétablissant le cours des larmes : mais ici il faut bien faire attention à la cause qui a produit la maladie , afin de la combattre et de la détruire, si faire se peut.
Le traitement sera d’abord dirigé contre la cause connue ou présumée de la maladie. Ainsi lorsque des coryzas répétés auront donné lieu à l’oblitération du canal nasal, on emploiera les sangsues à la tempe , les bains de pieds irritants , les purgatifs, si l’état des voies digestives le permet : on fera faire des fumigations émollientes d’abord , puis résolutives dans la narrine malade ; si la scrofule ou le virus vénérien entrait pour quelque chose dans l’origine du mal, un traitement approprié serait mis en usage. Un polype serait extirpé et tout autre tumeur attaquée, par les moyens convenables et diversifiés suivant les exigences des cas. Si tout échouait , il faudrait en venir aux moyens chirurgicaux qui seuls peuvent amener la guérison.
On peut se proposer ici trois buts que nous allons indiquer.
1» Rétablir le canal nasal dans ses dimensions naturelles, soit au moyen d’injections répétées, faites par les points lacrymaux, et l’introduction par cette même voie', d’un stylet qu’on fait descendre dans le canal nasal; soit en dilatant, comme l’a le premier conseillé Anel, le canal nasal, au moyen d’une mèche conduite dans ce canal par un stylet armé d’un fil de soie, et introduit par les points lacrymaux comme le voulait Méjan, ou bien, comme le faisait Laforest , en y poussant directement par le nez des sondes et des injections.
2° Substituer au canal nasal un conduit artificiel; c’est la méthode ordinaire : on ouvre le sac et l’on fait passer de force une canule dans la direction du canal nasal.
3° Ouvrir une voie artificielle aux larmes ; c’est la perforation de l’os unguis. M. Gerdy a proposé dans ces derniers temps, un moyen qui lui a déjà parfaitement réussi plusieurs fois, et qui consiste à détruire la paroi des fosses nasales correspondant au canal , et y passer de fortes mèches : on a ainsi une large voie de communication qui assure la durée du succès.
n. Fistules salivaires. Un mot d’abord sur l’appareil sécréteur de la salive. Plusieurs glandes concourent à cette fonction ; nous ne parlerons que des parotides et de leur conduit qui donnent le plus souvent lieu à la maladie qui nous occupe. Derrière la branche postérieure de la mâchoire, en avant et au-dessous du conduit auditif externe, se trouve situé un organe glanduleux de forme pyramidale, de structure granuleuse, et donnant naissance à une multitude de petits rameaux qui se réunissent en un seul conduit ; celui-ci, sous le nom de canal de sténnn, rampe dans l’épaisseur de la joue , en dehors du muscle masséter , se replie en dedans sur le bord antérieur de ce muscle , et vient s’ouvrir dans la bouche au niveau de la seconde dent molaire supérieure. Lorsqu’une plaie, une ulcération ou toute autre cause a perforé les téguments et intéressé les parois du canal de sténon , la salive sécrétée dans la glande et que ce conduit charriait dans la bouche, s’épanche sur la joue , c’est-à-dire qu’il se forme une fistule salivaire ; l’écoulement est surtout abondant pendant les repas ; la salive nécessaire aux premiers actes de la digestion coule au dehors au lieu d’aller humecter le bol alimentaire.
Si l’cuverture est petite, quelques cautérisations avec la pierre infernale suffiront pour rétrécir l’ouverture et amener la guérison; mais s’il y a perte de substance d'une portion du canal, il faut changer la fistule externe en fistule interne, ce qui se fait en perforant la joue, soit avec un fer rouge, soit avec une canule, soit à l’aide d’un fil de plomb passé deux fois et tordu à l’intérieur. On guérit la plaie extérieure, et la salive peut couler librement dans la bouche.
m et iv. Fistules mammaires et fistutes biliaires. Elles trouvent plutôt leur place à l’occasion des maladies de la mamelle et du /oie, qu’elles compliquent accidentellement.
v. Fistules urinaires. Elles peuvent se présenter dans les différents organes qui composent l’appareil urinaire; elles forment alors autant de
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sous-variétés qui empruntent leur nom à l’organe
lésé.
Nous ne dirons qu’un mot de celles qui occupent la partie supérieure des voies urinaires, et prennent leur point de départ dans les reins , ce sont les fistules rénales , assez rares d’ailleurs , et qui succèdent le plus souvent à des abcès du rein, ouverts dans la région lombaire ou plus rarement à des blessures. Le trajet fistuleux donne passage à du pus mêlé d’un fluide d’une odeur ammoniacale , et qui n’est autre chose que de l’urine; il sort aussi parfois de petits graviers dont le passage est ordinairement fort douloureux. Ces fistules guérissent bien difficilement, et exigent surtout des soins de propreté, des injections d’eau tiède pour laver et nettoyer le trajet, l’extraction des calculs quand il s’en présente, etc. Je ne parlerai pas des fistules urétérales qui peuvent se former quand un calcul, engagé dans le canal excréteur de l’urine, s’est frayé un passage dans une portion d’intestin ou à l’extérieur; cela est fort rare et n’offre rien de particulier.
Fistules vésicales. Lorsque la vessie a été ouverte par suite d’une rupture spontanée, comme il arrive quand elle est trop distendue par l’urine, par l’action d’un instrument vulnérant ou après l’opération de la taille , l’urine s’épanche dans le tissu cellulaire voisin, il se forme un abcès urineux, qui, s’il n’est pas promptement ouvert , donne lieu à une gangrène fort étendue ; mais s’il a été incisé , la plaie extérieure laisse continuellement écouler de l’urine dont le passage entretient la fistule. Le point important ici est de rétablir le cours naturel de l’urine , ce qui se fait en laissant une sonde à demeure dans la vessie. Alors le liquide s’écoulant par la sonde à mesure qu’il arrive , le trajet fistuleux peut se cicatriser. Il est deux importantes variétés de fistules vésicales qui méritent une description à part. Ce sont les fistules recto-vésicale et vésico-vaginale.
1° Fistules recto-vésicales. Elles consistent dans une communication établie entre la vessie et le rectum , soit par une plaie , soit par une ulcération que détermine la présence d’un calcul logé dans le bas-fond de la vessie; d’autres fois c’est un cancer du rectum qui envahit la partie correspondante de la vessie , et finit par la détruire. Si l’ouverture est très-large , l’urine coule incessamment par le rectum, mais en même temps les matières stercorales peuvent entrer dans la vessie, de là des accidents inflammatoires fort graves et souvent mortels. Si l’ouverture est étroite, le danger est moindre; il n’y a d’inconvénients que l’écoulement continuel de l’urine par le fondement. Enfin quand c’est l’urèthre qui communique avec le rectum, l’urine ne sort par celui-ci que lorsque le malade Veut uriner.
S’il y a des calculs , on devra les extraire : une sonde sera laissée à demeure dans la vessie pour rétablir le cours normal des urines , et à l’aide de cautérisations répétées avec le nitrate d’ argent, on finira par resserrer et même guérir complètement la voie de communication; il faudra en même temps donner un régime fortifiant au malade pour lui rendre de l’embonpoint, administrer souvent des
lavements pour éviter le séjour des matières , etc- Il est évident que dans le cas de cancer, les ravages sont si étendus que le mal est au-dessus des ressources de l’art.
2° Fistules vésico-vaginalcs. Il arrive assez souvent chez les femmes qu’à la suite d’accouchements laborieux dans lesquels la tête de l’enfant est restée long-temps engagée dans le petit bassin, il se forme une escarrhe gangréneuse qui, en se détachant , laisse un passage entre le vagin et la vessie : de là le précepte des accoucheurs , de terminer par le forceps de pareils accouchements; d’autres fois c’est un cancer, une ulcération vénérienne qui donnent lieu à cet accident; un pessaire oublié dans le vagin peut encore le produire ; enfin il est quelquefois la suite d’abcès, de plaie, etc.
Il est peu d’incommodités plus fâcheuses et plus dégoûtantes que celle qui résulte du passage continuel de l’urine à travers le vagin ; malgré tous les soins de propreté, les parties sexuelles exhalent une odeur d’urine assez forte, et le contact répété de ce fluide irritant , finit par enflammer et excorier la vulve et la partie supérieure des cuisses.
Malgré plusieurs procédés fort ingénieux, imaginés dans ces derniers temps , et principalement par MM. Lallemand et Jobert , il est bien rare que l’on puisse guérir ces fistules ; leur traitement ne diffère pas de celui des fistules recto-vésicales , à moins que l’on ne veuille employer l’instrument de M. Lallemand, ou tenter l’oblitération de l’ouverture, au moyen d’un lambeau de peau pris dans le voisinage, comme le propose M. Jobert; mais il n’y a d’espoir que quand l’ouverture est étroite , si elle est très large , il faut s’en tenir aux soins de propreté.
Espèce 4e. Fistules stercorales. On doit entendre par fistules stercorales, toutes celles qui, par suite d’une communication établie entre l’intestin et l’extérieur , donnent passage à des matières stercorales ; on peut y rattacher les fistules d’estomac, bien que les matières que renferme cet organe ne soientpas encore excrémentitielles .Ces trajets anormaux peuvent être le résultat, soit de plaies (voyez plaies) qui ont intéressé les parois abdominales et les intestins , et déterminé une adhérence de la portion lésée du tube digestif avec le pourtour de la plaie extérieure , soit, et c’est peutêtre le cas le plus fréquent, de hernies étranglées (voyez hernie). Elles constituent alors ce qu’on a nommé anus contre nature ; enfin il est d'autres fistules stercorales qui s’établissent au pourtour de l’anus , ce sont les seules qui devront nous occuper ici.
Fistules à Vanus. Elles succèdent aux abcès formés à la marge de l’anus , et ceux-ci se développent dans plusieurs circonstances , tantôt c’est une contusion qui en est la cause, tautôl c’est un corps étranger qui , après avoir parcouru tout le tube digestif, perfore le rectum et se loge dans le tissu cellulaire voisin ; tantôt ils se manifestent lorsqu’une hémorrhoïde vient à s’enflammer; alors la suppuration perce le rectum t>î se fait jour au dehors. On a vu quelquefois ces abcès se montrer comme crise après de graves maladies; d’autres fois, chez les phthisiques par exemple, ils sem-
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blent un émonctoire établi par la nature, pour déterminer une véritable révulsion, mais ces cas sont fort rares. Quoi qu’il en soit delà cause de ces abcès , ils peuvent donner naissance à des fistules ouvertes à la fois dans le rectum et à la marge de l’anus, ou simplement à cette dernière. Dans ce cas , on a seulement affaire à une fistule purulente, mais j’en parle ici parce que le traitement est le même que pour les fistules stercorales proprement dites. Les auteurs ont désigné sous des noms assez bizarres, mais expressifs, les différentes formes des trajets fistuleux qui se présentent dans le voisinage du rectum : n’y a-t-il qu’une seule ouverture en dehors , la fistule est dite borgne externe; l’orifice estil au contraire dans l’intestin , elle est borgne interne ; enfin elle est complète ou stercorale , si elle s’ouvre à la fois dans le rectum et à la marge de l’anus. Il est évident que le phénomène principal, c’est-à-dire l’écoulement du liquide , sera différent dans les différents cas : la fistule borgne externe donnera seulement passage à du pus ; il en est de même de celle qui est borgne interne, mais elle le versera dans le rectum, et les excréments en seront recouverts.La fistule est-elle complète, il sortira, par l’ouverture située près de l’anus, un liquide purulent mêlé à des matières excrémentitielles délayées, etquelquefois même des gaz stercoraux. L’introduction d’une sonde dans le canal fistuleux et son issue dans le rectum, donnent au diagnostic toute la certitude désirable : mais si le trajet était tellement sinueux que la sonde ne pût le franchir, on y pousserait une injection d’eau tiède dont le retour par l’anus attesterait la perforation de l’intestin. La fistule à l’anus est une affection fort incommode, souvent douloureuse, et dont les malades désirent ardemment être débarrassés ; il est cependant quelques circonstances dans lesquelles le chirurgien doit résister à leurs sollicitations et leur refuser une guérison que l’on tenterait vainement d’obtenir, ou dont les suites seraient plus graves que la maladie elle-même. Ces circonstances sont les suivantes : quand l’orifice intérieur est situé si haut que le doigt ne peut y atteindre, ou que le décollement du rectum est très-considérable, la maladie est ordinairement incurable; je dis ordinairement, car les efforts salutaires de la nature, secondés par l’heureuse hardiesse du chirurgien ’ peuvent triompher d’un état qui semblerait au-dessus des ressources de l’art. Nous avons dit que la fistule à l’anus se montrait quelquefois chez des sujets phthisiques, et qu’ils en éprouvaient une influence salutaire; ici l’indication se révèle d’ellemême , il ne faut pas détruire ce travail favorable à la maladie principale, sous peine delà voir faire de nouveaux progrès , et même entraîner rapidement le malade au tombeau.
Mais lorsque la maladie peut être guérie, quel moyen faut-il employer ? Les procédés sont assez nombreux ; plusieurs sont abandonnés aujourd’hui, nous ne ferons que les indiquer. Ainsi la cautérisation avec les trochisques de minium, pratique douloureuse et infidèle , ne figure plus que dans les archives de la science. Les injections, bonnes comme moyen de propreté , ne peuvent rien pour la cicatrisation, sur tout quand il s’aeit d’une fistule
complète. La compression est aussi généralement rejetée; cependant quelques chirurgiens prétendent l’avoir employée avec succès ; c’est un moyen incommode, fortlong, et d’un résultat très-incertain ; c’est donc à bon droit qu’il a été banni de la pratique : j’en dirais autant de la ligature, si la pusillanimité de quelques malades ne forçait parfois d’y avoir recours ; pour la mettre en usage, on fait passer par l’orifice extérieur de la fistule , un stylet très-fiexible, armé d’un fil métallique, ou de crin ou de soie , et que l’on ramène ensuite par le rectum en le recourbant ; les tissus compris entre le trajet et l’intestin, se trouvent ainsi renfermés dans l’anse du fil dont on noue les extrémités à la marge de l’anus sur un petit rouleau de sparadrap; chaque jour on serre le fil qui finit par couper les parties qu’il embrasse et ne faire qu’une seule cavité de la fistule et du rectum ; on pause alors avec des mèches de charpie enduite de cérat , et la cicatrice se faisant à partir du fond vers l’intérieur , on obtient la guérison de la fistule. Ce résultat peut être atteint d'une manière bien plus prompte et bien plus sure par l’incision , au moyen de l’instrument tranchant : telle fut l’opération à laquelle se décida Louis XIV , comme le raconte longuement Dionis , lorsque l’insuccès d’une foule de moyens autre que l’incision, tentés sur un grand nombre de malades, eut démontré sa nécessité. L’opération telle qu’on la pratique aujourd’hui , consiste à introduire dans la fistule une sonde cannelée en argent et sans cul-de-sac ; on fait entrer en même temps dans le réctum, un gorgerel, sorte de gouttière en bois, terminée au contraire par un cul-de-sac contre lequel vient appuyer l’extrémité de la sonde d’argent; alors, faisant glisser dans la cannelure de celle-ci un bistouri étroit et acéré, on arrive jusque dans la gouttière du gorgeret sur laquelle on coupe les tissus compris entre la sonde et ce dernier : on panse ensuite comme après la ligature. Cette méthode offre bien l’inconvénient d’une douleur assez forte, mais qui ne dure qu’un instant, et les avantages qu’on en retire ne sont pas à mettre en balance avec une aussi faible considération. Si la fistule était borgne externe, on la rendrait complète en perforant le rectum avec l’extrémité de la sonde, puis on opérerait comme nous venons de le dire : c’est le seul moyeu de guérison. En général, on aura soin d’inciser dans toute l’étci due des décollements ; les orifices , s’il y en a plusieurs , seront aussi coupés séparément, et réunis à l’incision principale : les portions de peau dénudées et incapables de se recoller, seront emportées 'avec des ci seaux ; les callosités , si elles sont peu considérables , se fondent par la suppuration ; si elles sont très-dures et très-épaisses , on pourra les scarifier ou même en extirper quelques-unes avec le bistouri , suivant l’exigence des cas et la nature des indications.
Beaugrand ,
Docteur en médecine, ancien interne des hépitau
fléchisseur ( anat .), adj. et subst. mas. On donne ce nom aux muscles qui servent à fléchir les parties auxquelles ils s’attachent. Us ont pour antagonistes les muscles extenseurs, et paraissent un peu plus puissants que ceux-ci, puisque dans l’état de
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repos et de sommeil, lgs membresprennent naturellement une position demi-fléchiè. Un assez grand iiombre de muscles sont désignés en particulier, sous le ppm de fléchisseurs, Çe sont pour le membre supérieur,le fléchisseur superficiel et le fléchisseur profond desdoigts, le grand ou long fléchisseur du pouce, le court fléchisseur du pouce, le court fléchisseur du petit doigt; et pour le membre inférieur : le fléchisseur commun des orteils , le long fléchisseur du gros orteil, le court fléçliissegr commun des. orteils, l'accessoire du grand fléchisseur commun , le court fléchisseur du gros orteil, lé gourt fléchisseur, clu petit orteil. J. B.
fleurs blanches, (ipath.) V. Flueurs blanches.
fluctuation (pçiih.), s. f., mouvement d'oscillation, d’un liquide amassé et caché sous un tissu , et que l’on sent par la pression des doigts ou par un léger clipjD. Qÿ sesérl cii chirurgie de la fluctuation , comme un moyen de reconnaître un abcès, et de savoir s’il est mûr, comme on le dit dans le monde; dans le cas d’iiydropisie ascite, la fluctuation se lait sentir à l’une des deux mains, appliquée sur un des côtés du ventre, pendant qu'on trappe de de l’autre main la partie opposée.
flueurs blanches (méd.)‘, s. f. pl. On entend par cè mot un écoulement muqueux ou purulent qui a lieu chez la femme par le vagin. En médecine , on désigne ordinairement celle maladie sous le nom de leucorrhée. (Y. ce mot.)
fluide fphys.J , adj. et s. m., du verbe fluere , coultr; corps dont les molécules intégrantes sont faiblement liées entre elles. Les liquides et les gaz sont des fluides.
flux ( path . ), s.m., même élym. de fluere, couler; écoulement d’un liquide du corps humain. Dans l’ancienne médecine . on donnait ce nom à plusieurs maladies, dont un des symptômes était l’écoulement d’une humeur; tels étaient : le flux cœliaque, (Y. Diarrhée et Lienterie ); le flux hémorrhoïdal , (V. Hémorrhoïdes) ; le flux de sang, (V. Dÿssenterie)-, le flux de ventre, (Y. Diarrhée).
flux menstruel. (V . Menstruation.) '
fluxion [méd.), s. f., de fluere couler. Ce mot a différentes acceptions. Les médecins l’emploient pour désigner d’une manière générale l’afflux d’un liquide vers un point où l’appelle une cause irritante. Le nom de fluxion de poitrine est souvent donné à la pneumonie ( voyez ce mot ) ; mais plus ordinairement on appelle fluxions certains engorgements indolents du tissu cellulaire des joues occasionnés par l’impression d’un air froid ou une maladie des dents. La nature de cette affection est encore peuconnue ; elle semble tenir le milieu entre une irritation inflammatoire et un engorgement passif des tissus. La tuméfaction peut être bornée aune seule joue ou les occuper toutes les deux successivement ou à la fois ; elle s’éiend quelquefois aux parties Voisines. Les femmes, surtout celles qui sont récemment accouchées, y sont plus sujettes queles hommes; cette affection s’observe aussi plus rarement chez les enfants et les Vieillards que chez les adultes et les adolescents.