‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 242 sur 316 · F RA · texte numérisé non relu

F RA

pas omettre, est celui-ci : dans les cas de fracture il arrive souvent que les mouvemerts communiqués à la partie inférieure de l’os, ne se transmettent pas à sa portion supérieure qui reste immobile, phénomène bien propre à rendre incontestable sa solution de continuité.

D’après l’exposé rapide que nous venons de faire des signes auxquels on peut reconnaître une fracture,il esten général facile de ne pas admettre à tort son existence, bien que, faute d’habitude, on puisse douter encore dans des cas où elle serait manifeste pour une personne plus exercée. Du reste dans ces cas incertains, il ne peut y avoir aucun incon vénient à prendre les précautions que réclamerait son existence confirmée.

Si nous considérons les fractures en elles-mêmes, et indépendamment des lésions qui peuvent les accompagner, elles sont loin d’offrir toutes la môme gravité; un grand nombre d'entre elles ne constituerait qu’une maladie peu dargereuse, et le pire résultat de leur existence serait une difformité ou une impotence plus ou moins prononcées. Sous ce dernier rapport, on conçoit que leur importance soit proportionnée à celle des os sur lesquels elles siègent et au désordre qu’ils ont subi. En général, plus les os sont volumineux, plus leur cicatrisation se fait attendre. Elle est plus difficile lorsque les fragments ne peuvent être mis et maintenus dans un contact parfait, lorsque les esquilles sont nombreuses, etc. En outre, elle est plus rapide chez les enfants que chez les personnes plus âgées: certaines maladies, l’affaiblissement qui en est la suite, ralentissent aussi la consolidation qui est souvent extrêmement difficile et même impossible chez certains vieillards. On ne sera donc point étonné que nous combattions l’opinion généralement reçue que les fractures se cicatrisent en quarante jours; même en ne parlant que des fractures les plus simples, cette durée est loin d’être constante. Les petits os, comme ceux des doigts, se cicatrisent souvent plus vite, tandis qu’il faut presque toujours cinquante jours ou deux mois lorsque la fracture occupe un os comme celui du bras, et à plus forte raison ceux de la jambe, celui de la cuisse qui doivent supporter tout le poids du corps.

La cicatrisation des os fracturés se fait par un mécanisme bien intéressant à connaître. Après avoir fourni matière aux travaux d'un grand nombre de chirurgiens, c’est par les recherches de notre célèbre Dupuytren quele mode de sa formation a été péremptoirement établi. Pour être bien comprise, celle cicatrisation doit être diviséïen deux époques distinctes pendant lesquelles s’opèrent des phénomènes différents. Dans la première époque , on peut remarquer qu'un peu de sang s'échappant des petits vaisseaux qui ont été rompus , s'épanche et s’infiltre dans les tissus environnants. Ces tissus eux-mêmes , ainsi que les surfaces de la fracture, laissent suinter un liquide visqueux, sorte de glu qui se mélange avec e sang épanché ; ce mélange s’épaissit, se durcit, s’encroûte de sel calcaire ( phosphate de chaux I, et forme une sorte de virole qui emboîte les deux extrémités de l'os fracturé jusqu'à une certaine distance. Les parties molles qui environnent la fracture, tissu cellulaire, liga-

Page 1