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me :1s, muscles, etc., confondues avec cette matière épanchée, contribuent comme elle à la formation de cette virole extérieure. Ce n’est pas tout ,1a cavité centrale de l’os est le siège de phénomènes analogues, et cette même concrétion s’effectuant dans son intérieur, forme un véritable bouchon , sorte de tige qui, fixée dans deux cylindres placés bout à bout, tend à les maintenir. Pendant ce temps, les surfaces mêmes de la fracture n’ont contracté entre elles aucune adhérence , et les fragments ne sont maintenus que par des moyens de connexion qui leur sont étrangers, voilà cequel’on désigne sous le nom de cal provisoire, cal primitif; tant qu’il n’est pas formé, la fracture a conservé sa mobilité et les fragments peuvent changer de position. Ce n’est que peu à peu, à mesure qu’il se forme, que les fragments perdent la faculté de se séparer et de se Héchir.
Au bout d'un certain temps, les extrémités ellesmêmes de l’os fracturé se ramollissent; appliquées bout à bout, elles laissent suinter une matière visqueuse analogue à celle que nous avons indiquée plus haut; cette matière adhère aux os , fait corps avec eux, s’organise, se durcit, revêt la texture osseuse et la cicatrisation définitive s’effectue. Pendant ce deuxième temps, le cal provisoire diminue graduellement de volume, au point de disparaî re enfin entièrement, et l’os se retrouve tel qu’avant l’accident. Cette marche régulière éprouve cependant certaines modifications; lorsque les fragments , au lieu de pouvoir être maintenus dans la position convenable, ne se trouvent pendant le temps de la formation du cal, en rapport l’un avec l’autre, que par leur partie latérale ou dans une direction plus ou moins vicieuse, le cal définitif ne peut s’effectuer que dans les points où deux portions de surface fracturée sont en contact. Le bouchon intérieur ne peut lui-même se continuer directement du bout supérieur à l’inférieur; il en résulte que le cal extérieur revêt une forme irrégulière , persiste indéfiniment, et donne lieu à ce que l’on appelle une consolidation vicieuse. Lorsqu’il existe des esquilles entièrement privées d'adhérences, elles deviennent la cause d’un travail éliminatoire qui tend à les rejeier au-dehors, ou bien elles restent, pendant un temps plus ou moins long, englobées dans la masse du cai . Enfin, lorsque par suite de son aürilion en un grand nombre d’esquilles l’os fracturé a per;îu une portion de sa longueur, il est impossible au chirurgien le plus habile de la lui rendre, et le membre est nécessairement difforme, lorsque la cicatrisation est effectuée. (V. Cal.)
D après ce qui précède, il est évident que le traitement réel des fractures doit avoir pour but de maintenir les fragments osseux dans un rapport régulier, et dans une immobilité parfaite pendant tout le temps nécessaire à la formation du cal. Il est cependant utile d’indiquer quelle conduite devront tenir les personnes qui les premières assisteront le blessé. Le premier soin à donner à un individu aff. clé de fracture consiste à le placera l’abri de tout danger ultérieur, dans un lieu et dans une position où il puisse attendre commodément les secours que réclame son état. Pendant le
transport on doit soutenir avec attention le membre fracturé, et ne pas l'abandonner à son propre poids , car il pourrait en résulter un déplacement considérable et des accidents graves. Si, par exemple, la cuisse étant fracturée, une seule personne soulève le blessé sans soutenir le membre, il se courbe à angle, et les parties molles peuvent être déchirées, percées par les extrémités d . fragment supérieur. Cet exemple suffit pour établir l’importance de ce précepte, même dans les cas moins sérieux.
Si les soins définitifs peuvent être administrés sur le tien même par une personne entendue , on se borne à faire ce qui vient d être dit, et à débarrasser avec précaution la partie blessée des vêlements qui peuvent l’étreindre. Mais s’il est nécessaire de faire subir au blessé un trausport plus ou moins long, il fa d employer toutes les précautions possibles pour prévenir les mouvements des fragment. Si la fracture siège au membre supérieur, on soutiendra le bras avec une éc arpe; si elle occupe la cuisse ou la jambe, le malade sera couché et maintenu immobile autant q e faire se pourra. Dans tous les cas , il sera bon d appliquer sur le siège de la fracture des linges trempés d’eau fraîche, que l’on renouvellera souvent afin ce prévenir une tuméfaction inflammatoire qui, plus tard, pourrait obscurcir le diagnostic et entraver ie traitement. Les craintes ce dép acement ne sont point les mêmes, si la fracture siège à la iêîe ou au tronc, mais alors il fa évi er avec soin de presser sur ie lieu q elle occupe pour ne point occasionner des accidents graves uu côté des organes qui lui sontsubjacenis.
Nous n’avons inuiquë encore que les préliminaires du traitement véritab e de ia lraciure : on appelle réduire une fracture , remettre les fragments osseux dans leurs rapports réguliers , ou, si cela est impossible, les placer du moins dans la position la plus convenab e pour la cicatrisation; quelquefois cela n’est pas nécessaire, les fragments n’ayant subi aucun déplacement. La rédaction d’une fracture s’opère au moyen de l’extension, 'a contre-extension et la cooptation. L’extension consiste dans une traction modérée, régulière, ayant pour but de faire cesser le chevauchement de» fragments, de permettre aux surfaces frac. urées de se mettre en rapport. La contre-extension n’est que l’effort suffisant pour retenir immobile la partie supérieure du membre sur lequel s’exerce l’extension. Ces deux efforts, toujours simultanés doivent être dirigés avec précaution. La contraction desmuscles qui agissentsui l’os fracturé est, avonsnous dit , la principale cause du déplacement suivant la longueur; il est donc nécessaire, pour faire cesser celui-ci, de triompher de la résistance de ceux-là. Si l’on appliquait les efforts extensifs sur quelque point de leur rajet, la pression à laquelle ils seraient soumis s’opposerait à leur allongement, provoquerait encore leur contraction, et serait un obstacle à la réduction ; il y a donc nécessité de placer les moyens d’extension et de contre extension au-delà des lieux où se trouvent les muscles qui ont contribué au déplacement ; c’est pourquoi la contre-extensiou s’exerce ordinairement sur le
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tronc, tandis que l’extension proprement dite se place sur l’extrémité du membre ; on a encore, par ce moyen , l’avantage de pouvoir souvent l’exercer en maintenant le membre dans une position à moitié lléchie . qui est celle dans laquelle les muscles sont relâchés et s’opposent le moins à l’effet que l’on veut produire. Lorsqu’un membre est dévié dans une direction quelconque, on ne doit faire cesser cette déviation qu’après avoir exercé une extension suffisante pour empêcher les fragments d’arcbouter l’un sur l’autre ; il faut donc diriger l’extension d’abord dans le sens du déplacemen. lui-même, et ensuite ne ramener le membre que peu à peu à sa direction naturelle tout en soutenant la traction. Autrefois la réduction des fractures s’opérait à grand luxe de machines , aujourd’hui on aime mieux faire maintenir le malade par une ou plusieurs personnes, tandis que d autres, dirigées par le chirurgien lui-même, exercent les tractions convenables; ce procédé est bien préférable en ce que l’on peut plus sûrement en diriger et en graduer les résultats ; il y aurait en effet inconvénient aussi bien à tirer trop fort qu’à ne pas tirer assez : si la traction n’est pas suffisante, elle ne peut faire cesser le déplacement; trop forte, elle provoque de vives douleurs et peut oéierminer des déchirements ; quelquefois les muscles sont tellement tendus que ces précautions mêmes seraient insuffisantes; il ne faut alors procédera la réduction qu’après avoir eu recours à l'usage de calmants et de débilitants ue diverses sortes. (Saignées, médicaments opiacés, etc.)
L’extension et la contre-extension ne font pas toujours cesser entièrement le déplacement des fragments, quelquefois même elles sont inutiles. On donne le nom de coaptation à c tte partie d l’opération de la réduction de la fracture, par laquelle le chirurgien s’occupe d affronter les surfaces fracturées , de les p acer ans une position régulière ; quelquefois un fragment faisant saillie dans un sens , le chirurgien le repousse avec précaution dans la position qu i, doit occuper; q elquefois les deux ont besoin d’être dirigés. Dans tous les cas, lorsque l’on croit la réuuclion parffii e, la main, doucement promenée sur te lieu q .'occupe la frac ure, doit s’assurer s’il n’existe pas quelque saillie ou dépression qui décèle l’irrégularité de la réduction.
La réduction opérée, il importe de la maintenir jusqu à ce que le cal ail acquis toute sa soliuilé. Pour cela, il faut éloigner toutes les causes qui pourraient ladéiruire, et avoir recours à des moyens de contention. Le membre uoit être soutenu, L malade doit garder le repos. La position demi-tléchie que nous avons déjà indiquée comme souvent favorable à la réduction est souvent aussi, par les mêmes motifs , utile dans les premiers temps du traitement.
Les bandages et appareils de contention sont très-nombreux et trop variés pour pouvoir se prêter à une description générale; ils se composent de compresses, de bandes, de coussinets, d’éclisses, de liens de diverses formes et dimensions diversement disposés suivant les cas. Quelquefois les appareils sont combinés de façon à continuer pen-
dant toute la durée du traitement l’extension primitivement nécessaire pour détruire le chevauchement; cela est utile lorsque celui-ci a une grande tendance à se reproduire. Ces sortes d'appareils ont reçu le nom d appareils à extension conlinue; plus que les autres, ils ont besoin d’être appliqués avec des précautions minutieuses ; c’est surtout dans leur app ication que l’on recommande de ne point comprimer les muscles qui passent sur la fracture, d appliquer les liens au moyen desquels doivent s’exercer l’extension eliaconlro-exiension sur des surfaces le plus larges possibles et soigneusement protégées au moyeu de bandes et de remplissages, afin qu’elles ne courent point le risque dêtre écorchées, enfin de n’agii que lentement et suivant la direction de l’os auquel il s'agit de rendre et conserver sa longueur normale. l)e quelque appareil que l’on ait fait choix, il est nécessaire, pour qu’il soit efficace, de iui donner un certain degré de constricliou; s’il n’est pas assez serré , il permet aux fragments des mouvements nuisibles à la consolida.ion; trop serré, il détermine une vive douleur et peut même an ener la gangrène des téguments ou de toute l’extrémité du membre. Le membre étant ordinairement enveloppé presque entièrement par l’appareil, l’extrémité seule des orteils ou des doigts est libre. C’est cette extrémité qui indique le dvgré de constriclion de l’appareil; si elle est fortement tuméfiée, froide, livide, qu’en même temps le membre soit le siège d’une vive douleur, on peut être convaincu que l’appareil est trop serré ; mais s’il n’exis- >e pas un léger degré de tuméfaction, la coiistriclion n’est pas suffisante. Une légère douleur dans le membre, peu de temps après l’application de 1 appareil, un peu de tuméfaction de son extrémité, sans lividité , sans refroidissement, voilà ce qui existe le plus ordinairement lorsque la consiriction de l’appareil est portée au digré convenable.
Un appareil, convenablement appliqué au premier moment, peut, au bout d’un certain temps, devenir trop lâche ou trop serré, ce quiproviem de ce que la tuméfaction du membre qu’il recouvre a diminué ou augmenté; il peut avoir été dérangé par les mouvements du malade ou par toute autre cause, il importe d’y remédier; il peut se faire qu’il suffise d’en serrer ou d’en relâcher les pièces extérieures ; mais il peut être nécessaire de le refaire en entier. Cette opération exige aussi de certaines- précautions lorsqu'elle doit avoir lieu à peu de distance des premiers temps de la maladie. On doit surtout évitei d’imprimer des mouvements aux fragments ; pour cela le chirurgien dispose un certain nombre d’aides qui les maintiennent dans un état d’immobilité absolue, soit que le membre reste appuyé, soit qu’il soit nécessaire au contraire de le maintenir soulevé; puis ii défait doucement et une à une chaque pièce de l'appareil , qu’il réapplique ensuite avec le même soin que la première fois. Si quelque déplacement s’est reproduit ou n’avait pu être réduit lors du premier pansement, on y remédie suivant les règles ordinaires. Le cal , dans les premiers temps de sa formation, est assez flexible pour permettre cette correction , et l’on peut souvent alors que la première réduction a
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été défectueuse , ramener peu à peu la partie à une Conformation plus satisfaisante au moyen des pansements ultérieurs.
On donne souvent aux appareils de fracture une solidité particulière en les imbibant d’un mélange de blanc d’œufs, d’eau-de-vie camphrée et d’eau blanche, ou bien de la dextrine délayée dans l’eau tiède; ce qui, en collant les parties les unes avec les autres, en forme uue sorte de moule auquel on ne touche plus pendant tout le cours du traitement. Cet appareil a reçu le nom d’appareil inamovible; très- utile à l’armée, il ne nous paraît pas avoir de grands avantages dans la pratique ordinaire.
Lorsque la consolidation est complète et que l’on enlève l’appareil, le membre est ordinairement un peu tuméfié , et il est bon de le tenir encore pendant quelque temps environné d'une simple bande roulée; on doit enfin , dans les premiers temps, n’en user qu'avec précaution et ne lui imprimer que peu à peu les mouvements qu’il doit effectuer dans l’état de santé.
Il nous reste encore a indiquer quelques particularités relatives au traitement que I on doit faire subir aux individus affectés de fracture. Chez les individus fort sanguins la fracture d’un os important détermine souvent, dans les quarante-huit heures qui la suivent, une fièvre intense qu’il est utile de modérer par une saignée. Les calmants opiacés antispasmodiques sont utiles chez les sujets nerveux et excitables ; ces différents moyens seraient nuisibles chez les individus affaiblis par l’âge ou d’une constitution chétive, il faut au contraire chez eux chercher à ranimer l’énergie vitale au moyen des toniques et d une alimentation substantielle. Lorsque l’appareil est enlevé, les frictions aromatiques, les douches, quelques mouvements communiqués aux articulations, hâtent souvent le moment où le malade pourra recouvrer l’entière liberté de ses fonctions. Lorsque la fracture siège au bras, une fois les premiers jours passés, le malade, en ayant soin de maintenir l’appareil en bon état et le membre solidement fixé par une écharpe, peut se lever et se livrer à diverses occupations; mais si elle siège au membre inférieur, il faut absolument rester au lit pendant tout le temps du traitement ou du moins ne commencer que tard à s’asseoir, la jambe étendue sur des coussins. Il faut aussi, dans ce cas, éviter de laisser au blessé plusieurs oreillers qui lui élèvent le tronc; le poids de la partie supérieure du corps tend à le faire glisser, pousse le fragment supérieur en bas, et peut déterminer un nouveau chevauchement et une consolidation vicieuse.
Les fractures sont souvent accompagnées d’accidents plus ou moins graves qui peuvent faire modifier le traitement, et qui ont reçu le nom de complications. La contusion des parties molles est presque inséparable de toute fracture directe, et ne Constitue qu’un phénomène peu grave lorsqu’elle est modérée. Elle se reconnaît à un peu de douleur, à des taches violacées siégeant sur le lieu ou aux environs de la fracture; on emploie, lorsqu elle existe à ce degré, les médicaments résolutifs (eau blanche, eau-de-vie camphrée, etc.) , en applications externes; mais elle peut être portée au
point d’avoir désorganisé entièrement les parti âs qui devront nécessairement segangréner; sa gravité dépend alors de son étendue et de l’importance des parties qui en sont frappées: c’est au chirurgien à mesurer les chances de salut qu’elle laisse a < blessé et à lui proportionner les moyens curatifs.
Une plaie étendue des téguments est toujours grave , surtout si tes frag enls font saillie au travers ; quelquefois l’on ne peut les réd ire qu’ après avoir excisé la partie sail.ante , d autres fois une incision, en agrandissant la plaie, permet de les replacer avec chance de guérison. Lorsque l’ouverture d’une grande articulation coexiste avec la fracture des os qui la forment, 1 amputation du membre est presque toujours nécessaire.
Si une art: re volumineuse a été déchirée et fournit du sang, il faut en faire la ligature, et ce cas nécessite souvent, soit une opération particulière, soit même l’ablation entière du membre; uue hémorrhagie peu abondante ne constitue pas un phénomène gra v e. Si le membre est broyé en esquilles nombreuses avec atlrition considérable des parties molles, l’amputation est indiquée; quelquefois cependant avec des soins assidus, en enlevant un à un les fragments osseux, modérant i'inüammaiion par les saignées, les applications émollientes; plus tard, en ouvrant à la suppuration une issue facile, eu soutenant les forces du malade contre l’épuisement qui en est la suite, on parvient à sauver, au prix d’une difformité plus ou moins considérable, des individus qui paraissaient voués à la mort.
Lorsque la luxation d’un os coïncide avec la fracture, c’esl-à dire lorsque les rapports articulâmes sont eux-mêmes détruits, il ne faut point espérer une guérison complète, parce que l’on ne peut en tenter la réduction avant la consolidation de la framure, et alors les os fixés dans leur nouvelle place sont peu susceptibles dêire reportés dans leur position régulière.
Enfin les fractures des os du crâne, de la colonne vertébrale, de la poitrine, du bassin, s'accompagnent souvent de lésions variées des organes qui les avoisinent. Ces lésions, qui font alors toute la gravité de la maladie, sont trop différentes entre elles pour que leur description puisse trouver place dans un article relatif aux généralités de 1 histoire des fractures.
Il arrive quelquefois que les fractures ne se consolident que très-tardivement ou même pas du tout; les fragments restent alors mobiles l’un sur l’autre, et il se forme une fausse articulation, surtout fâcheuse lorsqu'elle siège au membre inférieur. Les moyens imaginés pour y remédier échouent souvent, et de tous l’ application prolongée de l’appareil est le seul sur lequel on puisse raisonnablement compter. Quelques malades, dans ces cas, sollicitent une opération à laquelle le chirurgien ne doit consentir qu’avec la plus grande circonspection et qu’il ne doit jamais proposer luimême.
Enfin dans le cas de consolidation vicieuse, on doit rejeter bien loin les propositions barbares des rebouleurs et charlatans qui ne craindraient pas
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de fracturer de nouveau le membre pour en tenter ensuite une seconde fois la guérison.
Blandin,
Membre de l’Académie de médecine,
fragment ( cMr.\ , s. m. On donne ce nom aux parties d'un os brisé ; lorsque les fragments sont nombreux et petits, ils reçoivent le nom d’esquilles.
En pharmacie on désignait, sous le nom des cinq fragments précieux, le grenat, l'hyacinthe, l’émeraude, le saphir et la topaze, à qui l’on attribuait des vertus cordiales ; ces pierres précieuses dont l’action est complètement nulle, ne sont plus employées. J. B.
frai (mat. méd.), s. m. (V. au Supplément.) fraise (bot.), s. f., fruit du fraisier commun, fragaria vesca, fam. des rosacées.
Ce qu’on regarde généralement comme étant le fruit du fraisier n’est réellement qu’une réunion d’ovaires placés sur un réceptacle convexe qui devient charnu et à la superficie duquel sont comme implantées un grand nombre de graines nues.
Le fraisier indigène de l’Europe croît abondamment et naturellement dans les bois et les forêts , et sur la pente des haules montagnes. On doit à la culture un assez grand nombre de variétés de fraisiers; leurs fruits sont plus nus , moins gros , plus ou moins suaves, mais toujours très-abondants, et tellement que la terre, lorsque le sol et l’exposition sont favorables, en est pour ainsi dire couverte. Les principales variétés sont le fraisier des bois, de Montreuil, des Alpes, de Grillon-Buisson, de Baryenaut , hétérophylle ouvert, de Virginie , Ananas, de Caroline, de Bath, etc.
Tout le monde connaît le goût et le parfum si suave de fa fraise; sa forme et sa couleur varient suivant les varié! és ; elle est rouge ou blanche, ronde ou oblongue ; sa grosseur varie aussi suivant la qualité du terrain et l’exposition, mais elle semble malheureusement perdre en parfum ce qu’elle gagne en volume. Quoi qu’il en soit , ce fruit est incontestablement l’un des plus suaves que nous possédions en Europe.
Les principes chimiques que contiennent les fraises sont principalement de l’acide malique, du sucre incristallisable, de la gélatine, un principe aromatique très-fugace , et beaucoup d’eau de végétation. Ce fruit est rafraîchissant et diurétique; son emploi dans le régime diététique peut être fort utile. Chez quelques personnes cependant, et notamment celles qui ont, commeon dit vulgairement , l’estomac froid, elles ne réussissent pas et donnent souvent lien à l’indigestion. Leur suc exprimé, sucré et étendu d’eau, forme une boisson tempérante et rafraîchissante à la fois , d'un usage très-agréable et bien indiqué dans les maladies inflammatoires.
L arôme de la fraise s’associe fort agréablement avec le sucre. Pour rendre leur usage plus approprié à cerlains tempéraments, on ajoute soit du vin blanc, soit du vin rouge; elles sont alors d’une digestion plus facile, et incommodent rarement.
La grande quantité d’eau de végétation que contiennent les fraises , et la délicatesse de leur tissu
ne permettent guère d’effectuer leur conservation dans leur élat nalurel ; mais au moyen du procédé d’ Appert , on conserve leur arôme assez exactement pour pouvoir communiquer la suavité à certains mets d’office , tels que les crèmes , les glaces, etc.
En médecine les jeunes feuilles du fraisier sont quelquefois employées en infusion, et on leur attribue la propriété diurétique ; la racine de celte plante a une saveur astringente et amère, sa décoction est rouge foncé ; elle contient du tannin et de l’acide gallique ; on la prescrivait souvent autrefois dans les hémorrhagies passives , la gonorrhée, la diarrhée; elle jouit de propriétés toniques et légèrement astringentes : ce médicament est peu usité aujourd’hui.
fraises capron. Les principales variétés sont le capron commun, le capron royal, le capron abricot, et le capron framboise.
Les caprons semblent participer de la fraise coucou et de celle du Chili ; un peu moins gros que cette dernière, ils sont moins savoureux que la fraise commune , d’une couleur moins vive ; leur forme est allongée, leur chair, ordinairement d’un blanc jaunâtre, est plus ferme. Un caraclère bien tranché, qui rapproche singulièrement les caprons des fraises, c’est qu’ils ont aussi leurs graines à la périphérie; elles sont même encore plus saillantes que chez ces dernières.
Ce fruit est moins estimé que la fraise, bien que plus gros et au moins aussi productif; ses propriétés sont les mêmes, avec cette différence cependant qu’étant moins suave il est aussi d’une digestion moins facile.
COUVERCHEL,
Membre correspondant de l’Académie de Médecine. frambœsia ( path. ), s. m. ( du mot latin frambœsia, signifiant framboise). C’est le pian ou épian des colonies américaines ; Yyaws de la Guinée, le mycosis frambœsioides de M. le baron Alibert; affection de la peau particulière aux ci nirées chaudes du globe et caractérisée par une réunion de tubercules ou de petites végétations rouges ordinairement isolées à leur sommet, et réunies par leurs bases; on les a comparées, pour la forme et la couleur, à des framboises ou à des mûres.
Le frambœsia n’est pas rare dans les colonies des Antilles, où on l’observe principalement chez les esclaves nègres : il paraît être contagieux , et, au rapport des auteurs , il se transmettrait d’un individu à l’autre par le contact de la matière sanieuse qui s’écoule des tubercules ulcérés ; les insectes pourraient aussi l’inoculer en se reposant sur une partie du corps d’une personne saine , après s’être mis en contact avec le pus virulent d’un autre individu infecté. D'autres fois, il semble se développer spontanément sous l’influence de la mauvaise nourriture, de la malpropreté, et d’autres conditions hygiéniques défavorables que l’on observe presque constamment chez les nègres. Enfin , on a avancé que celte affection n’atteignait qu’une fois dans la vie le même individu. Elle se montre le plus souvent, sans être précédée de symptômes généraux, par de petites taches d’un rouge obscur semblables à des piqûres de puces et groupés en
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