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général les unes à cô!é des autres; à ces taches snccèdent de petites élevures rouges moindres dans le principe que la tête d’une épingle ; elles croissent progressivement et s’élargissent jusqu’à acquérir quelquefois l’étendue d’une pièce de cinquanle centimes; l’épiderme s’exfolie bientôt; il se forme comme une espèce de croûte, et l'on remarque ensuite à la surface de la partie malade un nombre variable de petites végétations rouges du volume d’une framboise. Ces excroissances ne sont pas douloureuses, à moins qu elles n’affectent la plante des pieds. Elles sont alors irritées par la marche et font sourfrir le malade. Au bout d’un temps variable elles s’ulcèrent par leur sommet, et il s’en échappe une matière puru'ente d une odeur souvent infecte ; cette matière, en se concrétant, forn e des croûtes épaisses qui peuvent masquer jusqu’à un certain point le véritable carac ère du mal.
Les tubercules du frambœsia peuvent se développer sur toutes les parties du corps ; ils paraissent pourtant se montrer de préférence sur la face, le cuir chevelu, les parties génitales, les aines, les aisselles et la marge de l’anus ; leur apparition est en général successive; ordinairement, un des tubercules fait plus de progrès que les autres, et il se change en un ulcère profond etsanieux que les In gres considèrent comme entretenant la maladie. De là le nom de mama-pian (mère des pians), qu’on lui donne dans les colonies.
Le frambœsia se guérit quelquefois par les seuls efforts de la nature ; les tubercules et les ulcérations disparaissent alors peu à peu , niais celles-ci laissent des cicatrices indélébiles qui ôient beaucoup de leur valeur aux esclaves nègres. Le plus souvent la maladie se prolongerait indéfiniment et pourrait même, à la longue, entraîner la mort, si l’art ne venait au secours de la na ure.
Les médecins du pays combattent avec avantage cette maladie à l’intérieur par l’emploi des préparations mercurielles, des sudorifiques, des toniques et à l’extérieur par des applications de divers caustiques sur les parties malades.
J. P. Beaijde.
framboise (bot.), s. f. Fruit du framboisier, rubus idœus , famille des rosacées. J.
Ce fruit s’offre sous la forme d’une baie, composée elle-même de petites baies ou ovules soudées entre elles ; celles-ci renferment chacune une petite graine qui a la forme d'un haricot. Ce qui distingue surtout les framboises des fraises, c’est que les premières ont les graines contenues dans leur propre substance , tandis que les autres les ont comme fixées ou implantées à leur périph érie
Le framboisier s’élève ordinairement à la hauteur de trois ou quatre pieds. Il croît comme les ronces , dont il se rapproche beaucoup dans les lieux incultes; on n’en connaît que deux variétés , l’une blanche et l’autre rouge ; cette dernière est la plus répandue et la plus estimée; son fruit est d’une belle couleur rouge cerise, sa saveur est douce , sucrée et légèrement aromatique ; on sert rarement la framboise seule sur les tables , on l’associe le plus ordinairement ave* ’a fraise ou la groseille. Son arôme, qui est part’ -fier, se marie
parfaitement avec ceux de ces fruits. La framboise, attendu la grande quantité d’eau de végétation qu’elle contient, est cornu e la fraise peu propre à faire des confitures , mais on la fait entrer dans celle de groseilles, et elle lui communique son parfum, qui est très-suave.
Ce fruit est très-rafraîchissant; macéré dans le vinaigre, et, uni au sucre dans des proportions convenables, il forme le sirop de vinaigre framboisé, si utilement employé en médecine contre les maux de gorge et les fièvres typhoïdes. On prépare en outre , avec la framboise , un alcoolat aromatique très-agréable et qui figure à la fin des repas comme liqueur de table.
Le suc de framboise, fermenté, fournit une boisson alcoolique assez estimée dans le nord de l’Europe, mais sa conservation, dans d’autres contrées, serait très-difficile, attendu qu’il passe assez facilement à la fermentation acéleuse.
Les framboises fournissent à l’analyse de l’acide citrique, de l’acide malique, du sucre, du mucilage ou gélatine, et un principe aromatique assez fugace, mais moins cependant que celui de la fraise.
Lorsque les framboises ont dépassé un certain degré de maturité, elles sont sujettes à être attaquées par les vers et par une sorte de punaises dite des bois. Ces dernières leur com: uniquent une odeur d'acide formique très-désagréable.
Ronce des haies. Ce fruit, offrant une grande analogie avec celui qui précède et appar tenant d’ailleurs à la même famille , nous croyons utile d’en faire mention ici. Son peu d’importance justifiera suffisamment, comme on va le voir, son interversion à l’ordre alphabétique.
Il se compose de plusieurs petites baies ou ovules monospermes , soudées ensemble et renfermant chacune une graine réniforme. Bien que ce fruit aii une saveur assez fade, il n’en est pas moins trèsrecherché parles enfants; il jouit comme toute la plante d’une propriété délersive assez puissante pour qu’on ait cru devoir le faire entrer dans la composition des gargarismes que l’on administre dans les angines ou inflammation de la gorge.
La ronce est, attendu sa couleur rouge foncé, employée en Provence pour colorer les vins trop pâles; sa composition chimique est moins simple que celle de la framboise; indépendamment des principes qui lui sont communs. John y a signalé la présence de traces de résine, d’une matière colorante s ui generis , des phosphates de potasse et de chaux.
Couverchel,
Membre correspondant do l’Académie de Médecine.
fraxinelle (bot.), s. f., dictamus albus, dictante blanc, c’est une plante de la famille des rutacées J. décandrie monogynie L. En France et en Italie, elle croît dans les lieux secs et pierreux, sur les collines; sa racine est fibreuse, ses tiges sont multiples, les feuilles sont alternes et assez semblables à celle du frêne , c’est même du nom lalin de cet arbre, fraxinus, que l’on a formé celui de la fraxinelle; les fleurs réunies en forme d’épis au sommet des liges , sont de couleur blanche ou violacée; toutes les parties de cette plante,
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mais principalement la portion supérieure de la tige , sont couvertes d’une multitude de poils dont la base glanduleuse renferme une huile volatile, qui dans les chaleurs de l’été se répand dans l’air qui environne la plante et lui forme une atmosphère qui s’enflamme lorsque l’on en approche un corps en ignition
La racine est la seule partie de celte plante dont on fasse usage en médecine ; l’écorce de la racine est plus active que la partie intérieure ; on l’emploie en décoction et en teinture alcoolique comme stimulant diffusible, et comme vermifuge. Storck l’a employé dans les fièvres intermittentes ; mais les médecins paraissent aujourd’hui avoir complètement renoncé à son usage. Les habitants de la Sibérie , dit Gemlin , emploient les feuilles comme servant à remplacer le thé. J. B.
frein ( anat .), s. m. (V. Filet.)
frémissement [physiol.], s. m. On donne ce nom â un mouvement spasmodique, qui se fait ressentir dans toute l’économie et qui est caractérisé par de légers tremblements accompagnés d’un sentiment de froid ; le frémissement précède ordinairement le frisson.
frêne [bot.), s. m., fraxinus . Ce genre se compose d’arbres qui croissent en Europe et dans l’Amérique septentrionale; celui de nos climats ( fraxinus excelsior ) est maintenant sans usage en médecine; cependant on a essayé l’action de son écorce dans les fièvres intermittentes , et avec succès, dit-on; ses feuilles, qui servent de nourriture habituelle aux cantharides, ont une action purgative très-marquée; il faut les récolter longtemps avant leur chute et les donner en décoction à la dose d’une demi-once à six gros, pour un adulte, moitié pour un enfant. Ce résultat n’a rien qui doive étonner lorsque l’on réfléchit qu’une espèce voisine, le fraxinus rotundifolia, Lam., qui croît dans le midi de l’Europe, renferme un suc propre, connu sous le nom de manne; ce suc ne possède aucune propriété purgative à l’état frais; aussi l’emploie-t-on en Calabre a la place du sucre ordinaire, mais avec le temps la manne acquiert des propriétés purgatives, qui en font un des médicaments le plus généralement employés. (V. Manne.) La décoction des feuilles de frêne a été employée contre la goutte.
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friction ( thér .), s. f ,,frictio, de fricare, frotter; action de frotter diverses parties du corps en exerçant une pression plus ou moins forte. On pratique les frictions avec la main ou au moyen de diverses brosses, d’étoffe de laine ou de linge. On peut aider leur action en ajoutant divers liquides , chauds ou froids, tels que des huiles , des teintures, etc. Les frictions sont dites alors humides , par opposition à celles qui se pratiquent sans l’intermédiaire d'aucun liquide et qu’on nomme sèches. Lorsqu’on emploie un corps gras, comme le beurre, les onguents, elles prennent le nom d 'onctions. (Voyez ce mot.) Dans quelques cas , on aide leur action par l’électricité. (V. Electricité.)
Les frictions étaient fort usitées chez les anciens, «oit comme moyen hygiénique , soit pour com-
battre diverses maladies; de nosjours, leur emploi est peut-être trop restreint. Les Orientaux en font encore un fréquent usage, surtout au moment où ils sorlent du bain ; elles se pratiquent alors suivant certaines règles et occasionnent un sentiment de bien-être particulier; on les dirige principalement sur les articulations ; eiles constiluent ce qu’on appelle le massage. Nous y reviendrons en traitant ce dernier article.
Les frictions sèches ou humides ont pour effet local d’exciter la peau , d'y appeler le sang et de développer probablement une grande quantité de fluide électrique ; elles tendent par conséquent à ranimer la vitalité de cet organe et à en rétablir les fonctions qui languiraient. Ainsi excité, et pourvu que l’irritation ne soit pas trop forte, le derme absorbe plus facilement les médicaments déposés à sa surface. Quant à leurs effets généraux, les frictions agissent comme un révulsif puissant, en appelant ies fluides à la peau et en favorisant la transpiration; elles tendent à diminuer les congestions des organes intérieurs, et fortifient l’ensemble de l’économie. On aide leur action par divers liquides toniques et excitants, tels que la décoction de quinquina, des teintures aromatiques, comme l’eau de Cologne, par exemple, des liniments ammoniacaux, etc.
Comme moyens hygiéniques , les frictions sèches sont employées chez ies individus qui transpirent peu, chez ceux qui sont habituellement disposés aux affections darlreuses, chez les jeunes filles chlorotiques et mal réglées. Ce moyen thérapeutique convient plus souvent aux enfants et aux vieillards qu’aux adultes.
Les frictions oni été en outre employées pour la cure d’une foule de maladies; elles réussissent quelquefois d’une manière presque merveilleuse pour combattre certaines affections nerveuses, vagues et mal déterminées auxquelles les femmes sont si souvent sujettes. On les emploie aussi dans certaines douleurs de ventre qui s’accompagnent d’un dégagement d’une grande quantité de gaz dans les intestins; niais c’est principalement dans la goulte, dans les rhumatismes articulaires et muscu. aires qu’on a recours à cet agent thérapeutique ; on aide alors son action par des liniments opiacés, acides , ammoniacaux, aromatiques, etc. (Voyez Goutte, Rhumatisme.) Il est un certain genre de friction auquel est joint le massage. (V. ce mot.)
J. P. Beaude.
frisson [path.) , s. m. Ce mot vient du verbe grec phrisseïn, qui signifie frémir.
Le frisson , considéré d'une manière générale , est un sentiment désagréable de froid, qui peut être plus ou moins vif, plus ou moins long, momentané ou périodique, total oü partiel, etc., etc. On l’observe dans un assez grand nombre d'affections morbides; mais selon qu’il se manifeste avec telle ou telle modification, on lui donne des noms particuliers. C’est ainsi qu’on en distingue communément trois variétés, savoir : le frissonnement, le frisson proprement dit , et V horripilation
1° frissonnement ( levis horror) : faible impression de froid accompagnée de quelque peu o ?
! tremblement.
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2° frisson proprement dit (rigos des Grecs; en latin rigor, Pline) : agitation, secousses du corps jointes à un sentiment pénible de froid.
3° horripilation (en grec phriké, horreur; chez les Latins horror, tremblement , fFisson de la fièvre) : frisson très-prononcé avec redressement des cheveux et des poils. Horripilatio , dans le Bible (mot composé d’horrcre , se hérisser, et de pilus , poil), sert à exprimer le hérissement des poils causé par la frayeur.
Disons tout de suite que la plupart des médecins regardent en quelque sorte comme synonymes les expressions frisson et horripilation; et qu’en conséquence ils les emploient à peu près indistinctement. Ajoutons enfin que lorsque le froid ressenti par le malade est très-intense et seul, c’est-à dire sans mouvements insolites du corps , il reçoit des auteurs la dénomination latine : algor (froid violent , grande gelée) , qui n’a pas , que nous sachions, d'équivalent univoque dans notre langue.
Les frissons offrent une foule de nuances qu’il serait par trop minutieux de décrire , aussi devons-nous nous borner â retracer l’esquisse du plus haut période de cet étrange état, qui pour être très-commun , n’en est pas pour cela mieux connu dans son essence , comme nous le dirons plus bas. Dans le frisson bien caractérisé , la peau devient pâle, se refroidit, semble plus ferme et plus dense; elle prend souvent l’apparence de celle d’une volaille fraîchement plumée; de là l’expression populaire ; avoir la '•haïr de poule. Les muscles éprouvent des contractions, d’abord légères, bientôt après assez fortes , et qui donnent lieu à une agitation plus ou moins marquée de presque toutes les autres parties. Les dents se heurtent, claquent et craquent les unes contre les autres. Un froid incommode, qui peut atteindre à un haut degré d’intensité, s’empare de toute l’habitude du corps, principalement des extrémités. Le pouls est petit , quelquefois même imperceptible. La respiration est précipitée ; il y a des nausées , des envies de vomir, etc., le tout accompagné d’une trèsgrande faiblesse. Quant aux régions anatomiques que le frisson peut attaquer de préférence, cela dépend ep général de la nature de la maladie qui le produit; c’est ainsi qu’on le voit, dans quelques cas, se manifester et se concentrer dans la poitrine et le bas-ventre; dans d’autres, débuter par les épaules , parles reins ou bien par la plante des pieds, pour s’étendre ensuite à tout le système, ce qui est le plus ordinaire.
Dans tout frisson le sentiment de froid n’est pas également apprécié par le malade et par ceux qui l’assistent. Dans quelques circonstances, en effet, la main du médecin, appliquée sur le corps du patient, ne perçoit aucune impression du froid dont il se plaint, tandis que cette impression est vivement ressentie par ce dernier. Il y a plus , et des observations thermométriques multipliées ont constaté ce fait ; on a vu la chaleur , non-seulement rester ce quelle était avant l’invasion du frisson, mais même augmenter de plusieurs degrés, alors que le malade accusait un froid glacial et qu'il ne pouvait, disait-il, supporter. C’est surtout dacs les fièvres rémittentes et intermittentes de
mauvais caractère, qu’on voit de temps à autre de ces singuliers phénomènes. Mais dans la majorité des cas il n’en est point ainsi; la chaleur est réellement diminuée, et le refroidissement qui en résulte pour le malade est pareillement révélé aux organes de son médecin par le toucher.
Il est tout simple de frissonner lorsqu’on s’expose avec des vêlements trop légers à un froid vif ou subit, et à plus forte raison quand on est entièrement nu , comme lorsqu’on prend un bain de rivière. Il est aussi fort ordinaire d’éprouver un sentiment de froid marqué durant les premiers instants de la digestion : ce phénomène est surtout remarquable en hiver, quoique ''appartement dans lequel on a mangé ait été chauffé. La raison en est que l’estomac, appelant à lui toutes les puissances de la vie pour commencer l’acte de la digestion, soustrait momentanément aux autres systèmes d’organes, et en particulier aux téguments communs, une portion appréciable de leur calorique ; et alors il s’ensuit une impression de froid assez sensible et quelquefois même une sorte de tremblement; mais ce trouble fonctionnel, toujours sans inconvénient et que beaucoup même considèrent comme signe d3une bonne digestion, ne dure que peu de temps et est bientôt remplacé par un sentiment universel de bien-être , de force et de chaleur qui se répand dans tout le corps et qui est à son tour l’indice assuré que la digestion est en pleine activité.
Mais s’il est naturel de se trouver ainsi quelquefois pris de frisson dans l’état de santé, l’estil encore de s’en trouver atteint dans une multitude de maladies? eh! oui, sans aucun doute; seulement ici le frisson est un phénomène morbide, tandis que dans les cas précités c’était un accident physiologique. Morbide ou non, tout ce qui se passe dans notre économie est conforme aux lois de la nature, parlant est dans l’ordre naturel, qu’il ne faut pas confondre avec l’ordre normal, régulier ou de santé.
Bien qu’il nous soit impossible de dire comment et pourquoi telle ou telle action vitale, et en particulier le frisson a lieu d’une manière plutôt que d une autre, il ne nous est pas absolument impossible de reconnaître quelle part prend chaque organe à la production des divers phénomènes de l’économie, soit en santé, soit à l’état morbide. Il y a près d’un demi-siècle que le prétendu reformateur de la medecinefrançaise (Broussais) professait quele frisson dénotait toujours une irritation des membranes muqueuses, surtout gastriques; et comme il n’en a pas donné d’autres explications, nous ignorons, encore d’après quelles inductions il a pu arriver à établir celte proposition. Mais, indépendammen des frissonnements provoqués par une stridula tion aiguë, comme le bruit d’une scie, d'un vase de métal qu’on promène sur un marbre poli, d’un liège qu’on coupe, etc., il y a aussi des frissons occasionnés par la frayeur, par le passage subit à l’air froid, et encore dans une foule de maladies dans lesquelles les muqueuses ne sont pas le moins du monde intéressées : telles sont les méningites, les pleurésies sans bronchites ni gastrites , la péritonite, les hépatites simples, c’est-à-dire sans
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complication gastro-duodénique. C’est donc sans motifs suffisants que M. le professeur Broussais a cru pouvoir rapporter, dans tous les cas, la manifestation du frisson à l’influence sympathique d’une irritation développée dans les muqueuses, soit gastriques, soit intestinales ou autres.
Mais parcourons rapidement le cadre des maladies dans lequel le phénomène en question se montre plus habituellement.
Les fièvres et les phlegmasies s’annoncent ordinairement par un frisson. Il est vif et court au début de la fièvre dite inflammatoire; plus ou moins vague et irrégulier dans les autres espèces de fièvres continues. Il signale souvent le redoublement des fièvres rémittentes et toujours les accès des intermittentes. Galien prétend, sur des données assez subtiles, que celui qui ne peut deviner au premier accès si une fièvre intermittente sera tierce , quarte ou quotidienne, ne mérite pas le nom de médecin. C’est ainsi qu’il avance que dans la fièvre quotidienne il n’y a qu’un simple refroidissement accompagné de frissonnement, et que l’accès de fièvre tierce se distingue de celui de ta quarte en ce que dans le premier le malade est comme piqué et percé par le sentiment d’un froid rigoureux , tandis que dans le second il ne ressent qu’un refroidissement général assez semblable au froid que la gelée fait éprouver. Peut-on, d’après d’aussi faibles différences, qui d’ailleurs sont loin d’être constantes, se prononcer avec certitude et déprimé abord sur le caractère de la fièvre, sur la nature du type qu’elle affectera? Il est évident qu’on ne le saurait faire sans forfanterie.
Les frissons de courte durée sont rarement redoutables. Il n’en est pas de même des frissons prolongés et excessifs ; ceux-ci sont toujours d’un fort mauvais augure : c’est ce qui arrive , par exemple, pour ce qu’on appelle la fièvre pernicieuse algide dont les accès se passent presque tout entiers en frisson. Le malade succombe dès le deuxième, troisième ou quatrième accès, si l’on n’oppose à temps un énergique et tout-puissant remède , le quinquina.
De même que dans les fièvres, que beaucoup de médecins assimilent aux phlegmasies, le frisson qui accompagne l’invasion de ces dernières se manifeste avec plus ou moins de violence et a généralement peu de durée. Il indique qu’un afflux s’établit sur l’organe affecté, d’où semblent partir des frissons irréguliers si l’inflammation , au lieu de se résoudre, marche à la suppuration. C’est ce qu’on observe fréquemment dans les phlegmasies celluleuses et parenchymateuses.
Dans les maladies exanthématiques et particulièrement dans la variole (petite vérole), le danger est des plus menaçants , quand il survient des frissons violents et réitérés, après l’achèvement de l’éruption et durant la suppuration des boutons. La mort est certaine s’il s’y joint des spasmes et des convulsions.
Il n’y a pas de véritables frissons dans les hémorrhagies passives. Lorsqu’elles sont modérées, le malade n’éprouve rien qui ressemble à ce genre de phénomènes. Ce n’esi que lorsque la perte de sang devient considérable que le froid et la fai-
blesse se font sentir : et c’est bien plutôt une diminution de caloricité qu’un frisson tel qu’on l’entend communément. C’est au contraire le signe précurseur de la plupart des hémorrhagies actives un peu abondantes : dans ce cas le frisson s’empare plus spécialement des extrémités.
Le frisson est encore un symptôme de plusieurs affections nerveuses , en tête desquelles il faut placer le choléra et le tétanos. Il accompagne fréquemment aussi les spasmes et les convulsions , quelque variée que soit du reste la nature des causes de ces accidents.
F. E. Plisson.
froid ( hyg .), s. m. Nous ne pensons pas qu’il doive entrer dans le plan de cet article, d’exposer une dissertation physique sur le froid ; d’en poursuivre les applications à la géographie, à l’histoire naturelle et jusqu’aux institutions qui ont subi l’influence des températures. Ces grandes vues qui n’ont qu’un point de contact avec notre sujet, seront plus convenablement traitées aux mots climats, saisons, hommes ou races humaines, etc.
Nous allons donc envisager le froid , abstraclivement du site géographique et des périodes annuelles, étudier son influence, non point sur la constitution physique et morale des divers peuples disséminés entre l’équateur et les pôles , mais sur les individus. Notre objet ainsi restreint, nous n’aurons à considérer le froid que comme agent salubre, comme cause de maladies, et comme moyen thérapeutique.
Il est presque inutile de rappeler que le froid n’existe ni comme corps, ni comme fluide impondérable , et que la simple soustraction de chaleur à laquelle nous sommes dans l’usage de donner ce nom . ne se mesure pas moins sur nos habitudes que sur le thermomètre. C’est ainsi qu’un lapon et un nègre, transportés l’un et l’autre au centre de la zône tempérée, trouveraient, le premier qu’il fait chaud , le second qu’il fait froid. Pour l’espèce humaine en général , il n’y aurait de froid ou de chaud absolu , qu’en prenant les températures extrêmes. Mais nous en remettant à nos sensations qui sont ici le vrai thermomètre, nous avons à examiner l’action d’un froid léger, vif, excessif, et son contraste avec la chaleur.
Quoique essentiellement ennemi de tous les êtres doués de propriétés vitales, le froid, quand il est léger, n’est contraire à la santé de l’homme qu’ autant qu’il est affaibli par la maladie ou par les ans; autrement il est reconnu que toutes les fonctions s’exercent plus activement sous son influence. L’appétit est plus prononcé, la digestion plus facile, l’exercice moins fatigant, l’intelligence plus active, etc. Le froid vif, convient encore assez à la jeunesse , aux tempéraments robustes et sanguins; le refoulement des fluides à l’intérieur qu’il opère, augmente l'excitation des viscères et ajoute à l’énergie des fonctions. Mais cette basse température est péniblement supportée par les vieillards, les enfants , les tempéraments lymphatiques et nerveux, et par tous les sujets faibles ou valétudinaires. On a besoin de réagir contre un froid vif, et la réaction est une dépense vitale qui fatigue
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ou épuise ceux qui n’ont point de forces superflues. Quant au froid excessif, la mort n’a pas de plus puissant auxiliaire ; il plonge les êtres animés dans un état de lutte violente dont ils n’échappent avec succès qu’en vertu des lois de l’habitude, ou par bénéfice de tempérament, ou par des secours empruntés à l’hygiène.
L’action du froid est une cause fréquente de maladies, surtout quand elle a lieu immédiatement après l’impression de la chaleur et qu’elle soumet ainsi l’organisation à un contraste de températures. Rien n’est plus commun que les dérangements de santé, suites de refroidissement ou d'arrêt de transpiration. Du reste , selon les prédispositions de chacun , sous l’influence de cette même cause , ce sont diverses maladies qui éclatent. Les organes respiratoires sont le plus souvent affectés par suite de refroidissement, puis les viscères du ventre, puis la tête, enfin les membres. Dans l’ordre de leur fréquence, nous signalerons les rhumes les fluxions de poitrine , les diarrhées , les coliques , les rhumatismes , etc. Il y a d’ailleurs quelques relations plus marquées entre les affections consécutives, et l’impression du froid suivant que celle-ci est générale , ou bien bornée aux organes de la respiration, à la tête, aux pieds, aux mains, au ventre, aux membres. Le froid est particulièrement à craindre après les fièvres éruptives, dans les convalescences, pour les catarrheux, les rhumatisants, les poitrines délicates , etc. Quant aux accidents essentiels ou directs produits par le froid, V. Engelure, Congélation.
Maintenant que nous avons donné un aperçu de l’action physiologique et pathologique du froid, avons nous besoin de mentionner les précautions qu’ il convient de prendre pour en éloigner les mauvais effets? Ces précautions sont pour la plupart instinctives et du domaine du sens commun. Chacun est porté , par ses propres sensations et par l’exemple , à proportionner ses vêlements aux températures, à entretenir dans son intérieur une atmosphère tempérée, à éviter les transitions brusques du chaud au froid, elles impressions réfrigérantes partielles (aux pieds, à la tête, etc.) qui ne sont pas moins pénibles que dangereuses. L’instinct consulté pour les aliments, les boissons, l’ exercice, peut être écouté moyennant qu’on n’abuse pas de ses incitations . La nourriture , selon ce Soin, sera plus copieuse , plus restaurante, et l’on n’ignore pas que les peuples du nord mangent beaucoup plus que ceux du midi. Les boissons toniques, excitantes, fermentées, alcooliques, sont plus attrayantes et plus convenables ou moins nuisibles dans les temps froids et surtout froids humides. Le travail de corps et d’esprit est moins pénible et plus salutaire. Il serait beaucoup plus sain de se réchauffer par la gymnastique, qu’en recueillant avidement le rayonnementd’un bon feu. Non-seulement l’excès de cette chaleur artificielle énerve, engourdit, mais il a de plus l’inconvénient de rendre trop impressionnable à l’accès du froid. Les personnes qui usent de toutes choses avec sagesse , ne font point du feu un objet de sensualité , elles s’en approchent plutôt pour éloigner la souffrance, que pour se procurer un plaisir.
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Le mouvement, la bonne nourriture, des vêtements suffisants , voilà les moyens calorifiants par excellence; parce que ceux-là activent les sources naturelles de la chaleur. Se réchauffer toujours au foyer, c’est s’habituer à une vie d’emprunt qui laisse au dépourvu aussitôt que le prêteur manque.
Le froid est quelquefois employé comme moyen curatif, mais son usage n’est point d’une détermination facile pour des personnes étrangères à l’art de guérir. On a quelquefois administré des boissons à la glace , ou la glace elle-même , par petites doses répétées , dans les fièvres ardentes sans transpiration, contre les vomissements spasmodiques; on en a retiré quelques bons effets dans le choléra. Les bains frais et même un peu froids sont toniques, quand il n’y a pas trop de débilité; accompagnés de la natation, ils constituent un moyen précieux contre plusieurs affections nerveuses. Les lavements de même nature, quelque temps continués, ont parfois dompté des constipations anciennes et opiniâtres. Les lotions, les affusions froides comptent quelques succès trèsprompts et très-remarquables, contre des affections cérébrale, léthargiques et alarmantes. Les applications soutenues de glace sur la tête ont quelquefois dissipé le délire fébrile, comme par enchantement. On emploie fréquemment des aspersions d’eau froide au visage , pour rappeler d’une syncope et même de l’ivresse. L’eau froide peut seule guérir une brûlure légère, les rougeurs, les efflorescences récentes de la peau , calmer la démangeaison, le prurit, etc., etc.
Toutefois, qu’on se pénètre bien de l’idée que l’emploi du froid dans les maladies n’est pas une pratique innocente à laquelle on puisse recourir impunément, ou sans se mettre en peine de l’indication. Loin de là, c’est un moyen énergique capable de faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal, selon le discernement avec lequel il est appliqué. Ce serait une erreur de croire qu’on puisse prendre sur soi, en dehors de la responsabilité médicale, de conseiller l’usage extérieur de la glace dans les affections cérébrales , les fièvres graves, etc. Et cela, nous le répétons, parce que le froid en thérapeutique, est loin d être un agent inoffensif, quand il n’est pas avantageux.
A. Lagasquie,
Directeur de l’une des Écoles auxiliaires de Médecine.
fromage, (hyg.) s. m. Cascus. Le fromage estune substance alimentaire qui est préparée avec la crème ou le caséum , et le plus ordinairement avec ces deux matières unies en différentes proportions. Sous le rapport des propriétés alimentaires , les fromages peuvent être rangés en deux classes; les fromages qui n’ont pas subi de fermentation , les fromages récents, les fromages qui ont subi plus ou moins la fermentation et qui sont alcalescents; les premiers diffèrent peu de la crème et du caséum, les derniers présentent une différence très-marquée.
Les fromages sont additionnés de sel après leur préparation, et on arema qué loque les fromages nouvellement salés sont d’une digestion facile, 2° que ceux qui ont subi une fermentation couve-
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nable se rapprochent davantage des substances alimentaires animalisées et qu’ils conviennent à presque tous les estomacs.
Le fromage s’obtient en coagulant, soit le lait entier, soit le lait en partie écrémé à l’aide d’une petite quantité de présure (lait coagulé contenu dans la caillette des veaux), en abandonnant le lait à lui-même pour le laisser prendre, en recueillant le caillé au bout de vingt-quatre heures , et en le faisant égoutter sur une claie dans un moule de bois. Lorsque le caillé ne laisse plus cou* 1er de sérum ou petit-lait, on sale le fromage des deux côtés et on l’abandonne à lui-même, d’abord au contact de l’air , puis à la cave , sur une couche de paille, afin de déterminer la fermentation par suite de laquelle il y a un commencement de décomposition de la matière caséeuse.
Les fromages faits contiennent de l’acétate d’ammoniaque, du carbonate d’ammoniaque; ces sels y existent en plus ou moins grande quantité, selon que les fromages sont plus avancés ; les fromages les plus faits en contiennent davantage ; ils contiennent en outre , une huile jaune très-âcre à laquelle est due la saveur piquante des fromages. Proust avait signalé dans ces aliments la présence d’un acide particulier, V acide caséique , mais Braconnot a démontré que le produit qu’il avait considéré comme un acide, était le résultat de l’union de l’acide acétique avec une matière blanche cristallisable susceptible de se sublimer et à laquelle il a donné le nom dJaposépédine (résultat de la pourriture) à cause de sa présence dans les matières animales putréfiées.
D’autres fromages se fabriquent à l’aide de la chaleur; ce sont les fromages cuits: ils se préparent en versant le lait dans une chaudière sur un feu modéré , en y mettant de la présure pour le faire cailler, en le pétrissant ensuite pour le séparer du sérum , en soumettant la pâte à la compression après la cuite.
On connaît un grand nombre d’espèces de fromages qui nous sont fournis par divers pays. 1° Ceux de France sont : le brie, le fromage de Neujchâlel,\e fromage du Mont-dJOr, de Rollo , de Gérardmer ou de géromé, les fromages du Cantal , ceux de Septmoncel , de Bergues , de Sassenage , de Roquefort, de Langres, de Pont-V Evêque , etc. 2« Ceux du Piémont, le fromage du Mont-Cénis. 3° Ceux de la Suisse, le Gruyère, le Vaschrein ou Vachelin, le fromage de Suisse vert. 4° Ceux d’Angleterre , les fromages de Chester, de Glocester, de Stilton, d eLeigre, de Derby, de Cottenham , de Southampton. 5» Ceux de Hollande, le fromage de lait doux, le fromage du Texel, le fromage d'Edam, le Kunterhaas ou Leydeskaas, etc. 6« Ceux d’Italie, le parmesan, \eStracMno.'7° Ceux de Sardaigne, les fromages de Cassavi, Diglesias ; enfin les fromages du Limbourg, qui sont connus et recherchés dans toute l’Europe.
Les fromages ont donné lieu à des accidents quelquefois graves et à des empoisonnements ; ces accidents ont été observés particulièrement en Allemagne. On en a aussi signalé en Toscane ; mais ces observations remontent à 1755, tandis que les observations recueillies en Allemagne datent de
1824 et de 1828, suivant Vestrumb. La propriété vénéneuse qu’acquièrent les fromages peut être attribuée 1° à un état maladif de l’animal qui a fourni le lait; 2° à ce que l’animal qui a donné le lait, avait mangé des plantes vénéneuses; 3° à un mélange volontaire ou accidentel de substances vénéneuses avec la masse constituante du fromage; 4° enfin à un résultat de la décomposition spontanée du fromage, décomposition de laquelle il résulte un changement dans les parties constituantes chimiques. Cette dernière manière de voir paraît être la seule à laquelle on doive s’attacher ; en effet, on sait que Sertürner ayant fait l’analyse de fromages qui avaient causé des accidents , y trouva : 1° du caséate d’ammoniaque (c’est-à-dire de l’acide acétique uni à l’ammoniaque et mêlé à de V aposépédine); 2° une matière grasse ou une résine caséeuse acide; 3» une substance grasse acide , mais moins grasse que la précédente; ces trois substances avaient l’odeur particulière du fromage.
Ces substances ayant été isolées par l’éther et l’alcool furent données à des chats : on reconnut que le premier produit (le caséate d’amoniaque obtenu de ces fromages) était le moins vénéneux, que le second l’était éminemment, enfin, que le troisième avait une action vénéneuse moins marquée.
II est probable que le produit vénéneux qui donne naissance aux accidents est analogue à celui qui se forme dans le jambon et dans les viandes fumées, principe dont la nature n’est pas encore connue. Chevallier ,
Processeur à l’École de pharmacie,
Membre du Conseil de salubrilé.
froment [bot.) s. m. On désigne ainsi tout un genre de la famille des graminées , qui renferme toutes les espèces dont les grains sont propres t faire du pain , en raison du gluten qu’ils contiennent. La description botanique du froment et deses variétés qui sont nombreuses, ne saurait entrer dans cet article ; le froment est sujet à des maladies qui altèrent sa qualité et qui par conséquent peuvent rendre le pain plus ou moins salubre et nutritif; ce sujet sera examiné au mot Pain. A l’article Farine , ou a déjà indiqué les altérations que peuvent subir les produits de la mouture du froment, et on a indiqué les moyens de constater leur qualité ; nous ajouterons ici un tableau , publié par le célèbre Vauquelin dans un travail qu’il fit insérer sur ce sujet dans le journal de Pharmacie ; ce tableau pourra servir de régulateur pour indiquer la qualité des farines qui s’apprécie toujours par la quantité de gluten qu’elles contiennent.
Proportion de gluten contenue dans 100 parties de farine.
Gluten humide.
Gluten see,
Farine brute de froment. . .
id. de méteil
id. de blé dur d’Odessa. .
id. de blé tendre d’Odessa .
id. du service, dite de seconde 18, 00.
id. des boulangers de Paris.
id. des hospices 2e qualité. .
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Farine des hospices 3e qualité. 21, 10. 9, 02.
id. de seigle Ernlioff. .... 9, 48. 3 à 4.
On voit par ce tableau que la première qualité de farine doit contenir de 28 à 30 pour °io de gluten humide; que la 2e qualité doit en contenir, 25 pour °2o, et la 3e 21 pour °i<>.
Ces proportions sont cependant loin d’être absolues ; elles peuvent varier en plus ou en moins, mais seulement dans de petites proportions, on a remarqué du reste que les propriétés nutritives de la farine sont toujours en proportion directe de la quantité de gluten qu’elle renferme. (Voy. les mots Farine et Pain.) J. B.
fronde (chir.) s. f. On donne ce nom à un bandage formé d’une bande large de quatre doigts, qui s’applique sur le menton et qui est divisée à chacune de ses extrémités en deux chefs ; les deux inférieures sont ramenées le long des oreilles pour être nouées sur la tête, les deux supérieures sont noués derrière la nuque; ce bandage qui emboite le menton est employé dans les luxations et les fractures de la mâchoire inférieure, et toutes les fois qu’il est nécessaire de maintenir des pièces d’appareils sur le menton . J. B.
front ( anat .), s m. (Yoy. Face.)
frontal ( anat .J, adj. et subst., se dit des organes qui ont rapport au front. L’os frontal est celui qui a été désigné sous le nom de coronal. (Yoy. ce mot.) La veine frontale est une des branches de la veine faciale. Le nerf frontal est une des branches du nerf ophthalmique, qui lui-même est la première branche de la cinquième paire de nerfs; ce nerf frontal sort de l’orbite , par une échancrure qui est pratiquée dans le rebord osseux de l’arcade sourcilière , à la réunion du tiers interne de cette éminence, qui forme la saillie osseuse du sourcil avec les deux tiers externes; ce nerf est très-superficiel; il rampe sous la peau, et c’est sa compression qui détermine des douleurs si vives, lorsque l’on est frappé dans cette partie de la face. On a vu quelquefois les lésions du nerf frontal déterminer des amauroses et par suite la cécité. Ce nerf est souvent le siège de névralgies qui ont reçu le nom de névralgies frontales. j/B.
fruit [bot. et hyg.), s. m., fructus, de frai , jouir. On donne le nom de fruit à l’ovaire fécondé, qui devient alors un centre d’action où afflue la sève aux dépens même des parties voisines et notamment des pétales , des étamines et du pistil. C’est à cette période de l’existence du fruit qu’on dit qu’il noue; il se compose de deux parties principales, le péricarpe et la graine. Les botanistes ont réservé le nom de fruit à la graine seulement, qu’elle soit pourvue ou non de péricarpe; le liyle ou cicatricule, forme la ligne de démarcation entre la graine et le péricarpe; tout ce qui est en dehors du hyle doit être rapporté au péricarpe, tout ce qui est placé en dedans fait partie de la graine.
Des diverses espèces de fruits.— Ondiviseles fruits en deux classes principales : la première renferme ceux à péricarpes secs : tels sont la capsule , la co- 1 que, la noix, lasamare, lasilique,la gousse, le con- !
ceptacle ou follicule et le cône ; dans la seconde, sont rangés les péricarpes mous ou charnus qui sont la baie, l’orange, lepépon, le drupe et la pomme.On subdivise en outre les péricarpes , suivant qu’ils contiennent une ou plusieurs graines en mono et polysperme.
lo Péricarpes secs. La capsule est un péricarpe polysperme qui renferme un très-grand nombre de graines ; celles-ci sont attachées à des placenta centraux ou latéraux, et elles se dispersent à leur maturité par des ouvertures qui se pratiquent, soit dans le haut, soit dans le bas, soit au centre de la capsule. Exemples : 1 e pavot, le mouron, la jusquiame.
La coque est un péricarpe formé de plusieurs membranes sèches qui s’ouvrent avec élasticité lors de la maturité du fruit et qui ne renferment qu’une seule graine. Les coques sont presque toujours réunies plusieurs ensemble; c’est ainsi qu’elles s’offrent deux à deux dans le café, trois à trois dans le ricin, et en plus grand nombre dans l 'anis étoilé, (badiane.)
La samare ne diffère de la coque , qu’en ce qu’elle est surmontée et entourée d’une membrane en forme d’appendice. Exemples : les fruits de V érable, de Vorme, du frêne.
La noix est un péricarpe sec , dont l’enveloppe peut être osseuse ou pierreuse , ne s’ouvrant pas par suite de la maturité. Exemples : la noisette et non la noix.
Le cône est ainsi appelé en raison de sa forme ; c’est une réunion de petites coques placées autour d’un poinçon central ; elles sont formées aux dépens des écailles sèches du calice, qui sont ossifiées et qui renferment la graine. Exemples : les fruits du pin , du sapin. Il donne son nom à une famille entière, les conifères.
Le follicule est un péricarpe sec polysperme, composé de deux folioles soudées et ne s’ouvrant que d’un seul côté ; les graines sont implantées sur la suture du côté adhérent. Exemples : les fruits d e pivoine, (Pasclepias et de pervenche.
La gousse est un péricarpe polysperme, composé de deux folioles charnues , caves , s’ouvrant et se séparant entièrement, ne contenant jamais de cloisons longitudinales, mais quelquefois des cloisons transversales; les graines ne sont jamais attachées que d’un seul côté. Exemples : le pois, le haricot, et pour les gousses à cloisons transversales la casse.
La silique est un péricarpe polysperme qui s’ouvre comme la gousse en deux parties égales, mais elle en diffère en ce qu’elle est séparée dans son milieu par une cloison longitudinale, de sorte qu’elle forme deux loges. Les graines sont attachées alternativement sur deux sutures. Exemples : les fruits des crucifères ; on les a divisés en silique et silicule; les siliques sont longues et étroites, les silicules sont plus larges que longues.
2° Péricarpes mous. La baie est un péricarpe mou, rempli dans son intérieur d’une liqueur gélatineuse ou mucoso-sucrée, dans laquelle nagent çâ et là les graines sans être séparées entre elles et sans placenta apparent. Exemples : le raisin, les groseilles.
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L'orange diffère de la baie, en ce qu’elle est séparée dans son milieu par des membranes , qui forment autant de loges dans lesquelles on rencontre les graines. L’orange est en outre couverte de deux écorces, l’une mince, colorée et remplie d’huile essentielle, la seconde blanche, épaisse, charnue et cotonneuse. Exemples : l’orange proprement dite, le citron, le limon, la bergamote et la bigarrade.
Le pépon est un péricarpe charnu au centre duquel ou trouve des graines qui ont généralement une enveloppe coriacée ; elle sont placées sur plusieurs séries et fixées à des placenta; lors delà maturité , ces graines se reportent vers la circonférence et laissent un grand vide dans l’intérieur. Exemples : les melons , les potirons.
La pomme est un péricarpe mou, dont les graines sont placées au centre , mais séparées entre elles par de petites cloisons , on a divisé les pommes d’après la nature des graines qu’elles renferment en deux espèces ; la pomme à pépin , exemples : la pomme, la poire ; et la pomme à osselets , exemple : la nèfle.
Le drupe est un fruit charnu qui se distingue de tous les autres en ce qu’il renferme un noyau lequel est formé d’une boîte osseuse qui contient la graine; les drupes ont été suivant la nature de leur brou subdivisés en drupes mous , exemples : la pêche, l’abricot, la cerise ; et en drupes secs, exemples : les amandes , la noix.
Enfin, il est des fruits dans lesquels le péricarpe et la graine sont ou peu adhérents et presque isolés ou unis intimement et presque confondus.
L'utricule se dit des fruits où le péricarpe est membraneux et n’adhère pas à la graine. Exemple : celui de l’amarante.
Le cariopse. On donne ce nom aux fruits dans lesquels le péricarpe est très-mince et tellement adhérent à la graine, qu’il est presque impossible de l’en séparer. Exemple : le froment ou blé.
La noix est un fruit d’une nature spéciale et dont les botanistes ont fait une classe particulière, le parenchyme y est généralement osseux ou pierreux. Exemple : la noix d'acajou. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que la noix proprement dite ne peut trouver ici sa place , puisqu’elle est rangée parmi les drupes secs monospermes.
Cette classification des fruits fondée comme on voit sur leur forme , leur consistance et le nombre de graines qu’ils renferment, est encore aujourd’hui le plus généralement adoptée; cependant M. Richard père a pensé, eu égard, aux déviations qu'éprouve souvent l’ovaire après la fécondation et conséquemment aux modifications qui en résultent, qu’elle pouvait n’être pas toujours exacte; il en a fondé une autre, sur des caractères plus fixes; elle a pour base l’insertion du fruit; mais comme elle est purement botanique et qu’elle n’intéresse que ceux qui se livrent à l’étude presque exclusive de cette science, nous nous bornerons à la signaler.
Des principes que contiennent tes fruits. — Bien que fort ingénieuses, les classifications ci-dessus ne sont pas d’un grand secours lorsqu’il s’agit d’étudier les fruits sous le rapport das produits qu’ils fournis- ]
sent à l’économie domestique, aux arts et à la médecine; aussi avons-nous jugé convenable d’en fonder une sur les principes chimiques qui y prédominent et sur la manière dont ils affectent les organes. Nous ne nous dissimulons pas ce qu'un pareil travail peut laisser à désirer, quant à présent surtout, que tous les fruits sont loin d’avoir été analysés ; mais néanmoins , en nous aidant du goût et de l’odorat , ces réactifs naturels et auxiliaires d’analyse plus complète , nous sommes par. venus à former un tableau synoptique assez exact, des principes que contiennent les fruits connus et des propriétés dont ils jouissent. Une circonstance qui mérite d’être signalée et qui prouve en faveur de notre classification , c’est que nous avons vu dans beaucoup de cas, l’analogie de composition entraîner l’analogie de caractères botaniques et vice versa , de telle sorte que des familles presque entières offrent pour ainsi dire la même composition chimique.
Cette classification, ou plutôt cette méthode fondée, comme nous l’avons dit, sur la saveur des fruits et sur les principes qui y prédominent, se compose de neuf classes ou divisions , qui sont : 1° les fruits farineux ou amylacés-; 2° les fruits sucrés; 3° les fruits aqueux; 4° les fruits acerbes ou âpres ; 5° les fruits acides ; 6° les fruits acides sucrés; 7° les fruits huileux; 8° les fruits aromatiques ; 9° enfin les fruits âcres et vénéneux.
ire classe, fruits farineux ou amylacés. Les fruits qui composent cette classe contiennent dans des proportions diverses , des principes féculents ou amylacés ; quelques-uns , ceux surtout qui appartient à la famille des graminées renferment en outre, un principe connu sous le nom de gluten, dontle rôle dans la panification est très-important. L’économie domestique doit à ce genre de fruit, ses plus précieuses ressources, et les arts des produits fort intéressants. Le peu d’eau de végétation qu’ils contiennent, rend leur conservation assez facile. Exemples : le blé , le seigle, l’orge, le haricot, la lentille, la fève, le maïs, le riz, le sarrazin, la vesce, le gland, le marron d' Inde , le marron comestible ou châtaigne, le fruit de l'arbre à pain, du quinoa, etc., etc.
2e classe , fruits sucres. Tous les fruits qui composent cette classe fournissent à l’analyse du sucre concret ou incristallisable (l’un d’eux, la datte, du sucre cristallisable), de la gélatine (acide pectique) et un principe amylacé. La réunion de ces principes les rend adoucissants et pectoraux , aussi offrent-ils pour la plupart un utile secours à la médecine; ils sont en outre assez nourrissants pour entrer avec avantage dans le régime diététique. La présence du sucre dans ces fruits rend leur conservation assez facile; on la favorise d’ailleurs par une demi- dessiccation. Exemples :1a figue, la datte , le jujube, le sébeste, le caroube, la casse, etc., etc.
3e classe, fruits aqueux. Cette classe renferme des fruits qui bien qu’ils présentent des points d’analogie, fournissent cependant des produits assez variés; c’est ainsi que le melon, la pastèque, sont sucrés; la citrouille, le potiron, le concombre, sont presque insipides; l’êlatérium et la coloquinte.
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sont très-amers, mais le principe prédominant étant l’eau, et ces fruits éprouvant par l’influence du climat de très-grandes variations, nous avons cru devoir les réunir. Ils appartiennent d’ailleurs à la même famille, celle des cucurbitacées. Leurs principes variant, leurs propriétés diffèrent aussi : les uns fournissent en effet des aliments rafraîchissants et assez nutritifs, les autres des médicaments et surtout des purgatifs. La grande quantité d’eau de végétation qu’ils contiennent rend leur conservation difficile. Exemples :1e melon , la pastèque, le potiron, les courges, le concombre, les cornichons, l’ aubergine , la coloquinte, Xélatérium, la banane du paradis, etc., etc.
4e classe, fruits acerbes ou âpres. Nous avons rangé dans cette classe les fruits sauvages et ceux qui, bien que cultivés, n’atteignent pas, dans notre climat du moins , un degré de maturité complet. Il y a en effet , entre ces deux genres de fruit , une assez grande analogie, quant aux principes qui les composent ; il en est un surtout le tannin qui y prédomine toujours et qui leur communique une saveur âpre et acerbe, que la culture et la maturité ont beaucoup de peine à faire disparaître. Plusieurs de ces fruits fournissent néanmoins des produits à l’économie domestique et à la médecine. Exemple : le coing, la nèfle, le cynorrodon, 1 e moureillcr piquant , Xazerolle, la prunelle, la corme, l’arbouse , la cornouille, etc., etc.
5e classe, fruits acides. Ces fruits, en raison de la grande quantité de principe acide qu’ils contiennent, sont généralement peu recherchés comme aliment. L’absence de principe sucré, les rend d’ailleurs peu nourrissants ; le suc de plusieurs est employé comme condiment et sert à relever la saveur de certaines substances peu sapides ; certains arts empruntent à ces fruits leur acidité et leur odeur ; ils sont en général, rafraîchissants et font la base des boissons anti septiques. Exemples :1e citron ou limon , la lime, la bergamote , le cédrat , la bigarrade, la cerise de Sibérie, leviorne,le verjus, le tamarin, etc., etc.
6e. classe , fruits acides sucrés. Ces fruits sont généralement composés d’eau , de sucre concret ou incrislallissable , de gélatine (pectine) de divers acides, de matière colorante, d’une matière végéto-animale (ferment), et enfin d’un principe aromatique particulier à chacun d’eux, et d’une nature tellement fugace, qu’on n’a pu encore l’obtenir isolé. Ils doivent à la présence de la gélatine et dû sucre, d’être éminemment rafraîchissants. Lorsque ces propriétés sont judicieusement mises à profit, elles sont d’un usage important dans le régime diététique. La varié lé des principes que contiennent ces fruits, rend leur conservation assez difficile placés dans des circonstances favorables à la fermentation; ils fournissent des boissons spiritueuses plus ou moins agréables. Exemples: l’oronge, la grenade, l’ananas, le corossol, la fraise, la framboise, la mûre , la groseille, la cerise, le cassis, le raisin, la prune , l’ abricot , la pèche, la pomme, la poire, etc., etc.
7e classe, fruits huileux. Les fruits qui composent cette classe fournissent tous un principe huileux plus ou moins abondant suivant les espèces
et même suivant les variétés. Son siège est généralement dans l’amande. L’olive forme la seule exception à cette règle, car toutes les parties de ce fruit fournissent de l’huile et dans une proportion très-considérable. Ce principe est tantôt uni à un principe âcre, tantôt à un principe féculent et souvent à tous les deux. Ces fruits fournissent à la médecine, à l’économie domestique et aux arts, les produits les plus intéressants. Leur conservation est rendue assez facile par la résistance qu’offrent aux agents extérieurs les parties qui les enveloppent. Exemples : l'olive , le cacao , le coco , la noix , la noisette, X amande, la pistache, X arachide, le thym, le lin, etc., etc.
8e Classe, fruits aromatiques. Ces fruits contiennent généralement un principe huileux aromatique, connu sous les noms d’essence, huile essentielle ou huile volatile. Il est souvent uni à des huiles fixes , liquides ou concrètes et à un principe féculent. Les fruits qui composent cette classe sont assez variés; ils fournissent des produits aux arts , sont très-répandus dans les usages économiques et présentent à la thérapeutique un utile concours. Ils se conservent en général assez facilelement. Exemples : la vanille, la noix de girofle, la muscade, le poivre, le cubèbe, la baie de laurier, Xanis, Xannui, la coriandre, la badiane, la fève tonka, etc., etc.
9e classe, fruits âcres ou vénéneux. Cette classe se compose de fruits très-variés ; ils contiennent tous divers principes âcres ou vénéneux que les chimistes sont parvenus à séparer, et qui ont reçu d'eux des dénominations qui rappellent les propriétés dont ils jouissent et le plus souvent les fruits d’où on les extrait. Ils fournissent en général peu de produits aux arts , aucun à l’économie domestique ; la médecine a emprunté dans ces derniers temps à quelques-uns d’entre eux ses remèdes les plus énergiques ; mais cependant leur étude est plus intéressante par les moyens qu’elle fournit d’éviter leur emploi et les désordres qui en sont la suite qu’à cause de leur utilité. Exemples :noix ou pomme d'acajou, noix vomique, coque du Levant, tanguin mancenille , pomme épineuse, croton tiglium, pignon d'Inde , noix purgative (grand ben), cévadille, staphisaigre, etc.
De la maturation des fruits. — Le fruit est incontestablement, la partie la plus intéressante du végétal; il renferme l’embryon ou en d’autres termes la plante en miniature, foute la vie végétative semble avoir pour objet spécial de concourir à sa formation et d’assurer sa durée II est l’anneau indispensable qui sert par la reproduction à rattacher le cercle vital momentanément interrompu. Son importance a été sentie; les botanistes les plus distingués s’en sont occupés et ont soigneusement décrit toutes les parties qui le composent, mais la formation des principes et leur mode de réaction éfaientnaguère encore fort peu connus. L’Académie des sciences crut devoir combler au moins en partie cette lacune dans l’histoire des fruits, en mettant au concours en 1819, l’importante question de la maturation des fruits ; nous nous garderons bien de rapporter même en résumé les travaux auxquels cette question a donné lieu ; nous nous bornerons
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à dire que bien qu’on ait généralement considéré la présence de l’air comme indispensable à la maturation , le premier, nous avons démontré que s’il concourait à la formation des principes dans la première période de l’existence du fruit, sa présence n’élait nullement nécessaire pour favoriser leur réaction.
La maturation doit être considérée comme étant pour ainsi dire l’âge adulte du fruit , elle ne s’effectue en effet que lorsque les principes sont formés et elle précède leur dissociation. Pour bien comprendre ce phénomène , on doit diviser l’existence du fruit en deux périodes distinctes : la première comprend son développement et la formation des principes qui entrent dans sa composition. Dans cette première période, il y a influence directe et nécessaire de la plante sur le fruit ; son action sur l’air atmosphérique comme l’a très-bien démontré M. Théodore de Saussure, est la même que celle qu’exercent les feuilles ; sa composition présente d’ailleurs, avec celle-ci, une grande analogie. La seconde période comprend la maturation proprement dite, elle s’effectue par la réaction des principes , réaction qui est puissamment favorisée par la chaleur. Dans celle-ci, les phénomènes sont complètement indépendants de la végétation; le fruit éprouve par suite de sa composition, delà part de la chaleur et de l’air (ce dernier considéré seulement comme milieu), une action qui lui fait parcourir les diverses phases de la maturation. Cette action est purement chimique, et la preuve c’est que la plupart des fruits mûrissent détachés de l’arbre.
Si on considère la question sous le point de vue physiologique , on voit qu’il faut de toute nécessité que le péricarpe s’altère pour que la graine puise dans le sol les principes nécessaires à son développement. Lors donc que le fruit a atteint son maximun d’accroissement, la maturation commence : il tourne ou s'aoûte comme on le dit vulgairement. La transition est plus ou moins brusque, suivant la nature du fruit; mais on peut dire en général, qu’en matière de végétation, il n’y a qu’un pas de la maturité à la vieillesse, ou à l’altération.
La réaction des principes dans le fruit n’a rien qui doive surprendre, car toutes les parties d’un végétal sont pour ainsi dire une suite d'appareils chimiques , dans lesquels lés mêmes principes soumis à des actions différentes éprouvent des mutations d’état; chaque organe est un moule dont la structure varie suivant les espèces et dont le mécanisme mu par la force vitale (ou l'électricité) attire, reçoit et prépare sa propre nourriture. En un mot , si la sève modifie l'organe en le développant, celui-ci est le laboratoire où s’effectuent les modifications chimiques. Il résulte de ce qui précède que la maturation ne commence à s’effectuer que lorsque le fruit a pris le développement dont il est susceptible , lorsque les principes qui le composent ont atteint leur dernier degré de perfection; la nature semble en effet à cette époque l’abandonner à lui-même, en permettant l’obstruction ou l’oblitération des vaisseaux qui traversent le pédoncule , et qui jusque-là concouraient à son
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développement. L’action vitale se trouve ainsi interrompue sur l’arbre même , non-seulement sans inconvénient, mais souvent avec profit; on sait en effet que les fruits dans beaucoup de cas , peuvent être détachés de l’arbre sans que celle opération arrête le cours de la maturation ; elle semble au contraire, atteindre un plus haut degré de perfection.Il est facile de comprendre que si de nouveaux principes continuaient à affluer, ils contrarieraient la réaction et retarderaient s’ils n’empêchaient la maturation de s’effectuer. L’usage d’opérer l’incision annulaire, de tordre "les pédoncules ou queues de raisin, de pincer l’extrémité des branches supportant les figues, toutes ces operations1 ont évidemment pour objet de hâter la maturité en interceptant toute communication entre l’arbre et le fruit.
L’expérience ayant démontré l’utilité de ces moyens, il est évident qu’on a eu tort de donner crédit à une autre théorie qui consiste à admettre la préexistence des principes, et leur transmission de la tige au fruitiers de la maturation, et enfin une continuité d’action végétative, lorsque celleci s’effectue hors de l’arbre. Deux circonstances bien remarquables , prouvent le peu de valeur de cette assertion ; la première , c’est que la sève répandue dans le tronc ou dans les branches, n’offre pas de différence sensible, soit pendant le développement du fruit, soit pendant la maturation; la seconde, c’est que cet acte s’effectue de la circonférence au centre et non du centre à la circonférence.
Si l’on admet au contraire avec nous que la sève apporte, non pas les principes tout formés, mais seulement les éléments; que ceux-ci renfermés dans les cellules qui composent le parenchyme du fruit , s’y modifient d’abord par une sorte d’endosmose et ensuite par les réactions chimiques qu’elle provoque, on concevra que la maturation puisse s’effectuer, que le fruit soit sur l’arbre ou qu’il en soit séparé, surtout si l’on considère que ces réactions de principes sont puissamment favorisées dans la saison des fruits , par l’élévation de température et par l'amincissement progressif de la pellicule qui forme leur enveloppe : il est à remarquer, en outre, que la maturation s’effectue d’abord dans la partie du fruit qui est plus directement soumise aux rayons calorifiques, et qu’elle va toujours en augmentant comme nous l’avons dit de la circonférence au centre.
Les fruits pulpeux ou charnus , tels que les poires, les pommes, les pêches, les abricots, les prunes, les ananas, les cerises, les groseilles, le raisin , etc., etc., étant principalement composés avant la maturation, c’est-à-dire, lorsqu’ils sont encore verts , d’eau , de divers acides et de gélatine, et ces substances ne pouvant rester en contact, surtout sous l’influence d’une haute température sans qu’il s’opère entre elle des réactions, on doit croire , et l’expérience le prouve , que l’acide | ouïes acides convertissent Ja gélatine en sucre ou en mucoso-sucré; ce qu’il y a de certain c’est qu ils . éprouvent dans cette circonstance une sorte de saturation qui rend le fruit plus doux.
I Si, dans l’examen de la maturation des fruits
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pulpeux, nous avons été favorisé par des analogies de principes et le volume en général assez considérable de ces fruits , il n’en est pas de même quant à celui des fruits secs ; quelle analogie peut-on trouver en effet entre la maturation ou la formation des principes qui composent le grain de blé et la maturation ou la formation des principes qui composent la capsule et la graine du pavot? quelle analogie peut-on rencontrer encore entre le grain de mil ou millet et le fruit du cocotier de mer, entre le café et le sablier élastique, le riz et le poivre; autant d’espèces, autant de maturités différentes.
L’existence des fruits secs ne se compose d’ailleurs que d’une seule période qui commence avec le développement de l’ovaire et finit lorsque les principes sont formés. L’air ne paraît pas concourir à cette formation ; l’élaboration des principes s’effectue dans presque toutes les parties de la plante, aussi les tiges des fruits secs participentelles en général de leurs propriétés à un degré plus faible cependant, et surtout si leur récolte a été tardive ; les tiges dés graminées et des légumineuses sont dans ce cas. On doit en conséquence regarder ces fruits comme des réservoirs où les principes viennent s’accumuler après avoir abandonné l’eau de végétation qui servait à les charrier.
Nous avons dit plus haut que la maturation précédait la dissociation des principes et conséquemment l’altération du fruit; la ligne de démarcation n’étant malheureusement pas très-distincte, il arrive souvent qu’on les cueille ou trop tôt ou trop tard; dans le premier cas, on doit se garder de les priver entièrement de l’influence de l’air, de la chaleur et de la lumière , et les en garantir dans le second. Ces produits de la végétation sont d’une utilité si grande, ils jouent un rôle si important dans l’alimentation, qu’on ne saurait trop chercher les moyens de les conserver, surtout dans l’état ou la nature nous les offre ; si tous les efforts tentés jusqu’ici ont été infructueux, ils n’ont cependant pas été perdus pour la science; on sait en effet maintenant quelles sont les conditions qu’il convient de remplir pour éviter leur altération ; c’est un pas immense; espérons qu’on n’en restera pas là, et que si on ne parvient pas à dépasser de beaucoup les limites que la nature a données à leur conservation, comme à celle de tous les êtres organisés , on parviendra au moins à reculer ces limites, et à prolonger ainsi nos jouissances.
De l’utilité des fruits comme substances alimentaires. — Le fruit est de tous les produits de la nature celui qui s’est offert le premier à l’homme, c.omme le plus propre à pourvoir à ses besoins. Ses formes si variées , ses couleurs si vives, ses arômes si délicats, ses saveurs si suaves devaient fixer l’attention de l’être privilégié, qui avait reçu en partage des organes faits pour apprécier dignement de si grands avantages ; et comme si la nature avait voulu inviter l’œil à s’arrêter sur les fruits et faire pressentir l’importance du rôle qu’ils sont appelés à jouer, soit comme organes de reproduction, soit comme produits alimentaires, eli e les a fait précéder d’une auréole fiera' e, in-
dice de fécondité non moins remarquable , souvent par son éclatante beauté, que par la suavité de son odeur.
La plupart des fruits pulpeux ne contribuent pas seulement à entretenir les fonctions vitales dans une heureuse harmonie, ils forment en outre, dans certains cas, des auxiliaires très-précieux à la thérapeutique ; mais pour produire un effet utile, soit dans l’alimentation, soit dans le régime diètetique , il faut qu’ils aient atteint leur entier déve loppement et surtout leur maximum de maturité, car c’est alors seulement que les principes qui les constituent, sont complètement formés et qu’ils deviennent assimilables.
Par une anticipation de jouissance fort mal entendue ou par suite d’un appétit immodéré pour les crudités , quelques personnes , et il est à re-. marquer que ce ne sont pas toujours celles qui sont douées des constitutions les plus robustes , recherchent avec une sorte d’avidité les fruits verts. Ce genre de nourriture n’est pas seulement peu profitable , il peut surtout, sous l’influence de certaines épidémies, produire des accidents graves. Par une singularité remarquable , ces produits de la végétation qui concourent si puissamment à l’alimentation et qui exercent une si grande influence sur l’hygiène publique, ne sont soumis à aucun contrôle et n’ont pas même un lieu d’exposition et de vente approprié aussi ,à leur conservation , et cependant , le commerce des fruits est pour Paris, seulement , d’une importance telle qu’on ne l’évalue pas à moins de dix millions de francs. Une valeur de six millions est déposée à la grande halle, deux millions sont pour ainsi dire jetés sur le Mail, et les deux autres millions sont répartis inégalement suivant l’importance des autres marchés.
Si, comme nous en avons déjà émis le vœu dans une autre circonstance, un marché aux fruits permanent et couvert était établi, il deviendrait alors facile d’exercer sur ces produits une surveillance active et journalière, et on ne verrait plus exposer en vente à l’avidité des enfants , des aliments imparfaits, réfractaires à l’action de l’estomac,! et qui déterminent des perturbations si grandes dans les voies digestives, qu’elles simulent quelquefois l’empoisonnement. Si d’ailleurs les fruits n’engendrent pas comme on dit vulgairement les vers intestinaux, toujours est-il certain qu’un mauvais régime végétal prédispose singulièrement à cette affection.
Lorsque la saison a été peu favorable à la maturation, soit que la température ait été trop faible ou l’humidité trop abondante, on peut par la cuisson de certains fruits , opérer une sorte de maturation artificielle , la chaleur favorise dans ce cas la réaction des principes , et il y a, comme dans la maturation naturelle, développement d’une proportion plus grande de principe sucré ; ces fruits ne deviennent pas seulement alors plus appropriés aux usages économiques , ils peuvent sans crainte entrer dans le régime des malades, d’astringents qu’ils étaient ils sont devenus laxatifs, et cette nouvelle propriété peut être fort utilement mise à profit dans certains cas, et notamment