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lients sur le ventre, aux lavements de son ou d’amidon et aux bains généraux.
Le traitement antiphlogistique sera moins rigoureux et les médications diverses plus variées dans les cas de gastro-entérites chroniques; le médecin est alors placé entre l’écueil de trop affaiblir le malade déjà épuisé et celui d’entretenir l’inflammation. L’usage d’aliments légers et peu nourrissants, les boissons gommeuses, la diète ni trop absolue ni trop prolongée, afin de ne point épuiser le malade, l’abstinence des aliments excitants, tels sont les moyens qui peuvent être employés ; on y joindra à l’extérieur les bains , les frictions , et certains dérivatif. Enfin le traitement de cette affection comme celui de toutes les affections chroniques est susceptible de beaucoup de variations. Les calmants et les opiacés sont quelquefois employés avec succès pour calmer les douleurs et surtout procurer du repos au malade, qui souvent est tourmenté par l’insomnie; ils sont cependant nuisibles dans quelques cas , et ils peuvent aussi reculer les symptômes d’irritation. C’est à la sagacité du praticien qu’il appartient de discerner la conduite à tenir pour calmer l’inflammation , sans pourtant trop débiliter l’ensemble de l’économie dont l’intégrité et le bien-être sont si intimement liés aux importantes fonctions de nutrition que remplissent les intestins. (Voyez aussi Intestins (maladies des) , Diarrhée et Gastrite.)
J. P. Beaude.
gastro-épiploïque ( anat .), adj., qui appartient à l’estomac et à l’épiploon. Il existe des artères gastro-épiploïques qui ont aussi reçu le nom d’artères gastriques, et que nous avons indiqué à ce mot.
— Les veines gastro-épiploïques sont au nombre de deux : la droite s’ouvre dans la veine mésentérique , et la gauche dans la veine splénique. — Le nerf gastro-épiploïque droit est fourni par le plexus hépatbique , et le gauche par le plexus splénique.
— On donne le nom de ganglions gastro-épiploïques
à des glandes lymphatiques placées entre les deux feuillets du grand épiploon, vers la grande courbure de l’estomac. j jj
gastro-épiploite (méd.), s. f. On donne ce nom à l’inflammation simultanée de l’estomac et de l’épiploon. (Voy. Gastrite et Péritonite.)
gastro-hépatique [anat.], adj., qui appartient à l’estomac et au foie. L’artère coronaire stomachique a reçu ce nom. La portion d’épiploon, qui s’étend de l’estomac au foie, a reçu le nbm ^épiploon gastro-hépatique.
gastroraphie [chir .), s. f. On donne ce nom à la suture que l’on est obligé de pratiquer aux parois du ventre, lorsque de larges plaies empêchent que l’on ne puisse contenir les intestins par des bandelettes agglulinatives et des bandages appropriés. Voy. Plaies.)
j gastro-splénique [anat.], adj. C’est le nom d’une portion de l’épiploon qui s’étend de l’estomac à la rate.
gastrotomie [chir.) , s. f. On donne ce nom à j une opération dans laquelle on ouvre les parois j du ventre, soit pour faire cesser un étranglement [
interne, soit pour extraire le fœtus lorsqu’il est entré dans la cavité abdominale par suite de la rupture de l’utérus; soit enfin lorsque l’on pratique l’ouverture de l’estomac pour en extraire des corps étrangers. J. -B.
gay ac [mat. méd.), s. m.,(gaujacum officinale). Le gayac est un grand arbre qui croît dans l’Amérique méridionale et les Iles des Antilles; il appartient à la famille desRutacées J. Décandrie monog. L. Cet arbre, qui croît fort lentement, a un bois très-dur, plus pesant que l’eau, d’une couleur verte obscure au centre; la partie qui est plus extérieure et qui constitue l'aubier est plus tendre et d’une couleur jaune. Le bois de gayac est inodore, mais il dégage une odeur aromatique lorsqu’on le râpe ou qu’on le brûle. On remarque quelquefois dans son centre de petits cristaux qui sont formés par la résine de cette plante, et que M. Guibourt croit être de l'acide benzoïque. L’écorce est compacte, grise à l’extérieur, d’aspect résineux, et parsemée de taches ; elle contient une assez grande quantité de résine, mais elle est peu employée en médecine, quoiqu’elle possède toutes les propriétés du bois. Le gayac fournit par incision une gomme-résine qui s’écoule quelquefois spontanément des fissures de l’écorce, et qui forme des larmes transparentes qui verdissent par l’action de l’air; recueillies, elles sont connues dans le commerce sous le nom de résine ou de gomme de gayac,
Cette résine, qui est employée en médecine, est d’un brun verdâtre, demi -transparente , friable , légère , et brûle en répandant une odeur assez agréable ; elle est d’une saveur légèrement amère et piquante; elle est soluble dans l’alcool et faiblement dans l’eau, ce qui indique la présence d’une substance extractive étrangère au principe résineux; elle peut s’unir aux alcalis à la manière des acides ; elle est très-soluble dans la potasse et la soude. Brandes considérait cette résine comme une substance particulière, et lui donnait le nom de gayacine. Telle qu’elle se trouve dans le commerce, la résine de gayac est composée, d’après Buchner, de résine, 80; gomme. 5; extractif, 2; pertes et impuretés, 13.
D’après Tormsdorf, le bois de gayac contient une résine particulière et très-abondante, une résine soluble dans l’ammoniaque, qui est dans une proportion beaucoup plus faible, une matière extractive et un extractif muqueux. On voit que ce bois doit toutes ses propriétés à la résine qui entre dans sa composition.
Le bois de gayac a été pour la première fois employé en Europe par les Espagnols vers le commencement du seizième siècle, et c’est contre la maladie vénérienne que fut dirigée son action; il eut à cette époque une immense réputation ; c’est à la manière exagérée avec laquelle on employait les préparations mercurielles qu’il dut ce succès, qu’eurent également d’autres substances, dont la principale vertu était dans l’abus que l’on avait précédemment fait du mercure. Quoi qu’il en soit, le gayac parait avoir une action sudorifique bien prononcée, et si dans nos climats nous n’en retirons par tous les bons effets qu’on en obtient dans
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les Antilles, c’est que nous ne l’employons pas d’une manière aussi méthodique et avec autant de précaution; ainsi tandis que nous n’administrons le gayao qu’à la dose d’une à quatre onces dans une pinte ou une pinte et demie de liquide, on le donne en Amérique à la dose de douze à seize onces , et l’on oblige le malade à rester couché dans une chambre chaude et bien fermée.
Outre les maladies vénériennes, le gayac a été prescrit dans les rhumatismes, la goutte et les maladies de la peau; c’est principalement la résine que l’on a ordonnée dans ces dernières maladies, quoique le bois n’agisse que par la résine qu’il contient ; certains auteurs ont cependant prétendu que le bois avait plus d’action que la résine, et que les décoctions de gayac jouissaient de propriétés sudorifique plus énergiques que les teintures alcooliques.
On prépare avec le bois une tisane dans laquelle le gayac râpé entre dans la proportion d’une once à une livre pour un litre d’eau. Pour préparer celte tisane, on fait ordinairement tremper le bois râpé pendant douze heures dans l’eau, et l’on fait ensuite bouillir jusqu’à ce que le liquide soit réduit d’un tiers.
L’extrait de gayac se fait avec la décoction aqueuse que l’on fait évaporer d’une manière convenable. Ce bois fournit trois à quatre pour cent d’extrait. La teinture alcoolique se prépare avec :bois de gayac, deux onces ; alcool à vingt-deux degrés, une livre; on l’emploie principalement comme dentifrice, et on en verse quelques gouttes dans un verre d’eau pour se rincer la bouche.
La résine est employée en poudre, en pilules, en émulsions, et sous forme de teinture; lorsqu’on l’administre en substance, la dose en est de 6 à 1 2 décigram. par jour; on prépare aussi un mélange de savon et de résine de gayac, qui est administré sous forme de pilules. Mais une des préparations de gayac qui a eu le plus de célébrité est la teinture de gayac ù’Emérigon ou liqueur des Caraïbes; elle est composée de résine de gayac, deux onces; tafia, trois litres ; on fait digérer à froid pendant quinze jours et l’on filtre. La dose en est d’une cuillerée à bouche tous les matins, suivie immédiatementd’une tasse de lait, ou de gruau, de thé ou même d’eau simple. On a attribué à cette préparation une vertu singulière contre la goutte, que l’expérience ne paraît cependant pas avoir confirmée.
Le gayac entre encore dans un assez grand nombre de médicaments composés que l’on administre contrôles scrofules et la leucorrhée, le défaut de menstruation et les maladies de la peau; mais c’est principalement, ainsi que nous l’avons di-t, contre le rhumatisme et la syphilis que son usage est le plus répandu. Les propriétés vraiment sudorifiques de ce médicament expliquent suffisamment les succès réêls qu’il a pu obtenir dans un grand nombre de cas.
Le gayacum sanctum , saint bois, est une autre espèce de gayac plus petit, moins dur et plus pâle que le précédent ; il est répandu dans le commerce, et il jouit de propriétés médicales moins énergiques que le gayac officinal , qui est aussi employé dans les arts pour faire des roulettes ,
des mortiers, des pilons, et beaucoup d'autres objets qui ont besoin d’une grande dureté.
J.-P. Beaüde.
gaz ( chim .), s. m. On donne ce nom, employé par Yan Helmont et ensuite par Macquer, à tous les fluides élastiques et doués de peu de cohésion , comme l’air. I.es gaz se divisent en gaz permanents , qui conservent leur état aéri/orme à tous les abaissements de température connue, et en gaz non permanents ou vapeurs; ce sont ceux qui, par la soustraction d’une certaine quantité de calorique, repassent à l’état liquide : telles sont les vapeurs d’eau, d’éther, etc. Dans ces derniers temps, on est parvenu à liquéfier, à solidifier même plusieurs gaz que l’on considérait autrefois comme très-permanents; nous citerons entre autres le chlore et l’acide carbonique. » Nous ne parlerons ici que des gaz qui résistent à un abaissement peu considérable de température. On les a divisés en gaz simples et en gaz composés. Considérés sous le rapport de leurs effets physiologiques sur l’économie, ils ont été encore distingués en quatre sections : 1° gaz respirable, cette section comprend Xoxygène seul; encore ce gaz n’est-il ordinairement respiré que mélangé à l’azote, ce qui constitue l’air atmosphérique (Y. Air)\ 2° gaz non respirables, ce sont V azote, le protoxyde cfazote , l’ oxyde de carbone , Yhydrogène, les divers gaz hydrogène carboné, X acide carbonique. Ces gaz étant respirés ne produisent la mort que parce qu’ils ne peuvent convertir le sang noir en sang rouge. D’après les expériences de ces derniers temps, on devrait retrancher de cette section le protoxyde d’azote, l’acide carbonique, et peut-être quelque hydrogène carboné, qui agissent d’une manière plus ou moins délétère sur le système nerveux ;
3° gaz irritants : L’hydrogène phosphore , Y ammoniaque, Y acide sulfureux, nitreux, le deuioxyde d’azote, Y acide hydrochlorique, chloroxi-carbonique , hydriodique , fluo-sïlicique , fluo-borique , le chlore.
Ces gaz, outre qu’ils sont impropres à la respiration, irritent par leurs actions chimiques les organes avec lesquels ils sont mis en contact ; 4° gaz délétères : Y acide hydro-sulfurique (hydrogène sulfuré) et Yhydrogène arseniqué. Introduits dans l’économie, même en petite quantité, ces gaz agissent ! sur le système nerveux comme des poisons et amènent promptement la mort. ( Voy. l’histoire et Jj les propriétés des principaux de ces gaz aux mots Azote, Hydrogène, Oxygène, etc. Voyez aussi les mots Asphyxie et Respiration.) J. B.
GAZÉiroRME [phys.), adj. qui a la forme d’un gaz.
gazeux [phys.], adj., se dit des corps aériformes qui constituent les gaz et les vapeurs.
gélatine (chim. et hyg.), s. f. La gélatine est I une substance animale, solide, transparente, blan | che à l’état de pureté, fade, inodore, insoluble dans l’éther et l’alcool, soluble dans l’eau, à laquelle elle donne l’apparence de gelée, même lors- ü qu’elle n’y est que dans la proportion d’un centième; elle est précipitée de cette solution par le tannin , avec lequel elle forme un composé insoluble, non putrescible ; et c’est sur cette propriété j*
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qu*est basé l’art de tanner les peaux ; elle n’est pas précipitée par le deuto-chlorure de mercure; enfin «lie donne par son ébullition avec l’acide sulfurique, un sucre cristallisable, que l’on a nommé leucine : tels sont les caractères physiques et chimiques de la gélatine.
Comme indication usuelle, nous dirons que cette substance, qui existe dans tous les tissus animaux dont elle forme la base, nous apparaît tous les jours dans les préparations culinaires sous la forme de gelée; c’est elle qui concourt le plus directement à notre alimentation, car elle est la partie la plus extractive et la plus abondante de toutes les matières animales qui servent à notre nourriture. Abondante dans les tissus blancs, les tendons, les ligaments , les cartilages, les os, elle l’est moins dans les muscles, qui contiennent à leur tour en plus grande abondance le principe savoureux et aromatique des viandes, que l’on a nommé osmazôme. Ce principe, qui est abondant dans les viandes faites, l’est moins dans les viandes blanches, qui sont aussi plus gélatineuses; il semble qu’il ne se développe qu’en raison inverse des proportions de gélatine que contiennent les viandes :il est le caractère d’un tissu plus fortement animalisé.
Dans les arts et le commerce , la gélatine nous apparaît sous une foule de formes ; elle constitue la colle forte , la colle abouche, la colle de Flandre, la colle de peaux que l’on emploie pour la peinture en détrempe; la colle de poisson, ichthyocolle, est une des variétés les plus pures de la gélatine. Celte colle est formée par la membrane interne de la vessie natatoire de diverses espèces d’esturgeons; on la prépare aussi avec les membranes de l’estomac et des intestins de divers autres poissons des genres gadus et cyprinus (morue et carpe ) ; cette substance est trèsusitée dans les arts, et elle est spécialement employée en pharmacie pour la préparation des gelées et des taffetas agglutinalifs.
La gélatine , qui a dû être connue de toute antiquité , n’a fixé d’une manière spéciale l’attention des chimistes et des économistes que dans ce dernier temps. Comme elle fait la base d’un des aliments les plus nutritifs et les plus répandus , le bouillon, on a pensé à l'extraire des substances qui la renferment en grande abondance et dont on ne l’avait pas encore retirée , afin de la faire servir à l’alimentation, d’améliorer ainsi le régime des classes pauvres, des prisonniers, et d’en faireun objet de ressource, dans certaines occasions, pour les armées et les grandes réunions d’individus.
Mais, pour la faire servir à l’alimentation , on ne la retire pas indifféremment de toutes les substances animales qui en contiennent des proportions considérables. Ainsi , tandis que l’on emploie les tendons, et les os desquels on a enlevé les substances terreuses parles acides, à la préparation de la colle forte et de la colle de Flandre, on ne prépare la gélatine alimentaire qu’en extrayant des os auxquels on mêle une certaine quantité de viande,la gélatine qu’ils contiennent par la coction , ou mieux encore par le moyen de la vapeur d’eau à j l’aide d’un appareil de l’invention de M. Darcet ; | les os que l’on emploie sont ceux des animaux qui j
servent ordinairement à la nourriture de l’homme, tels que ceux de bœuf, de mouton, etc., tandis que dans la préparation de la gélatine pour les arts, on peut employer indifféremment les os de toutes espèces d’animaux.
La pensée de faire servir la gélatine a l’alimentation des pauvres remonte à une époque assez reculée; ce fut Papin, médecin français, qui, retiré en Angleterre, proposa en 1682 à Charles n de nourrir les pauvres de Londres et ceux des hôpitaux avec de la gelée extraite des os ; il ne demandait, pour préparer à l’aide de son fameux digesteur, nommé depuis machine de Papin, un quintal et demi de gelée , que onze livres de char- Don et les os de la cuisine royale ; mais un place! pendu au cou des chiens de chasse du roi, dans lequel on les faisait réclamer contre cette mesure qui devait les priver de leur nourriture, firent tourner ce projet en plaisanterie, quoique Charles n ail été sur le point de l’adopter.
Darcet père, Proust ét Cadet de Vaux ont depuis rappelé l’attention sur l’emploi de la gélatine comme substance alimentaire , mais ce n’est que dans ces derniers temps que M. Darcet , en proposant des moyens plus convenables et moins dispendieux pour l’extraction de la gélatine des os, est parvenu à en faire adopter l’emploi dans les établissements publics. Le premier moyen proposé par M. Darcet fut l’emploi de l’acide hydrochîorique pour dissoudre la partie terreuse des os et mettre à nu toute la gélatine qu’ils contiennent. Par ce moyen, qui est encore employé en grand aujourd’hui, soit pour extraire la gélatine alimentaire ou celle qui doit servir à la préparation de la colle forte, M. Darcet était parvenu à ex traire jusqu’à vingt-sept pour cent des os qui avaient été soumis quatre fois à l’ébullition par Cadet de Vaux, pour en préparer delà soupe aux indigents. Depuis, M. Darcet inventa un appareil au moyen duquel il extrait par l’action de la vapeur une solution gélatineuse. Cette solution forme un bouillon qui est employé avec avantage pour la nourriture des malades , des prisonniers , etc. Par ce procédé , chaque litre de bouillon contient dix-sept grammes de gélatine sèche, et cent kilog. d o s donnent trente-six kilog. de gélatine. C’est à l’hôpital de la Charité, à l’hôpital Saint-Louis et à l’Hôiel-Dieu que furent employés ces appareils : celui del’hôpital Saint-Louis fonctionne depuis 1830 et a procuré des économies considérables à l’administration des hôpitaux.
Dans ces derniers temps il s’est élevé des objections graves contre l’emploi de la gélatine comme substance alimentaire ; des expérimentateurs ont essayé de nourrir des animaux et de se nourrir euxmêmes avec de la gélatine seule, et comme ils ont obtenu des résultats qui ne les ont pas satisfaits, ils en ont conclu que la gélatine ne jouissait d’aucune propriété nutritive. Nous sommes loin de partager l’opinion de ces auteurs, et bien que nous ne contestions point leurs expériences et que nous recon- , naissions avec eux que la gélatine seule nt. aurait j produire une alimentation suffisante , nous peni sons cependant qu’associée aux autres substances | alimentaires elle est réellement nutritive et qu’elle
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peut améliorer notablement le régime végétal auquel sont soumises ordinairement les classes pauvres. Nier les propriétés alimentaires delà gélatine ce serait nier presque tous les aliments azotés ou animalisés qui servent à notre nourriture , car la gélatine forme , ainsi que nous l’avons dit , l’élément le plus important des viandes. Les os dont se nourrissent les chiens ne sont alimentaires que parla gélatine qu’ils contiennent, etles excréments de ces animaux .lorsqu’ils font usage spécialement de cette nourriture, sont presque exclusivement formés du phosphate calcaire qui est la partie saline et non nutritive des os.
On conçoit, ainsi qu’on le verra aux articles Aliments, Nutrition , qu’une substance simple ne puisse suffire à l’alimentation , car comme le corps des animaux est composé de divers éléments , il faut qu’il trouve dans les aliments les divers maté- j riaux propres à réparer les pertes que font tous les tissus. Si, ainsi qu’on l’a fait pour la gélatine, on expérimentait sur toutes les substances alimentaires simples, on arriverait à conclure qu’il n’y a point d’aliments , ce qui serait l’absurde ; car comme il serait facile de démontrer qu’un animal nourri avec du sucre, de la gomme , de l’albumine , dé l’amidon, ne pourrait vivre avec un seul de ces aliments employé constamment, devrait-on en conclure, comme on l’a fait pour la gélatine, que ces substances ne sont pas nutritives, et que par conséquent elles doivent être bannies du régime alimentaire.? et cependant ce sont elles seules qui constituent la partie nutritive de tous nos aliments.
On voit que les objections qui ont été faites contre la gélatine comme substance alimentaire ne seraient sérieuses qu’ autant qu’on aurait proposé de l’employer seule comme nourriture ; mais telle n’est pas l’opinion de M. Darcet : il ne conseille de l’employer que pour animaliser les potages , les légumes ou pour remplacer une partie de la viande. Il conseille de la mêler à cette dernière dans la proportion de vingt grammes de gélatine pour une livre de viande dans la préparation du bouillon ; par ce moyen on économise une quantité considérable de viande qui dans les grands établissements peut être servie rôtie et procurer un aliment plus agréable et plus substantiel que si elle était bouillie : ainsi, pour un pot-au-feu ordinaire de quatre livres , M. Darcet indique la proportion suivante comme présentant un équivalent exact : une livre de viande et deux onces de gélatine sèche, pour remplacer trois livres de viande , plus les légumes «t les assaisonnements ordinaires.
Ce n’est pas seulement par la théorie que les propriétés alimentaires de la gélatine ont été démontrées; un usage long-temps continué de cette substance à Paris, dans l’hôpital Saint-Louis ; à Reims, à Metz, à Lille et à Lyon pour la nourriture des indigents , a prouvé que le régime des pauvres était notamment amélioré par ce moyen, que le nombre des malades était moins grand, que dans les hôpitaux de Lille la convalescence des. malades avait été moins longue, parce qu’on avait pu leur donner des quantités plus considérables de Pouillon ; des pièces officielles et des rapports des
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administrations locales établissentles faits que nous venons de citer.
Il est vraiment à regretter que des expériences aussi peu concluantes que celles faites contre la gélatine aient jusqu’à ce moment empêché l’emploi général d’un moyen aussi économique et aussi utile. Nous nous faisons un devoir de le recommander aux administrateurs des villes et des grands établissements publics.
J. -P. Beaüde,
Médecin inspecteur des établissements d’eaux minérales.
Membre du Conseil de salubrité. gelée ( pharm.J,s. f. On donne ce nom à des préparations faites avec des substances végétales ou animales qui ont une consistance particulière molle , tremblante et généralement connue , qui se transforment en liquide parla chaleur, tandis qu’elles se solidifient par le refroidissement. Les gelées animales se préparent avec les viandes ou au moyen de la gélatine (voyez ce mot ). Les gelées végétales sont formées par une matière muqueuse que quelques auteurs ont nommée gélatine végétale; elles se préparent le plus ordinairement avec le suc de certains fruits et du sucre : telles sont les gelées de groseilles, de pommes , de coings, etc. (voyez ces mots ). En pharmacie on prépare des gelées médicamenteuses avec la colle de poisson , dont il est traité à chacune des substances actives qui en forment la hase. On fait avec le lichen d’Islande une gelée pectorale qui est employée avec avantage dans les affections de poitrine. Voici la formule :
Lichen. . . 2 onces.
Sucre. ... 4 onces.
On fait d’abord bouillir le lichen pendant quelques minutes, afin de le priver de son principe amer ; on passe ensuite aux expressions et l’on soumet de nouveau le lichen à l’ébullition avec de nouvelle eau et on le fait bouillir pendant une heure ; on passe encore en exprimant le liquide et on ajoute à cette liqueur la quantité de sucre indiquée; on agite le mélange jusqu’à ce qu’il entre en ébullition ; on fait ensuite bouillir à feu doux jusqu'à consistance de sirop , on enlève alors la pellicule qui s’est formée à la surface et l’on coule la gelée dans un pot où l’on a versé quelques gouttes de teinture d’écorces fraîches d’orange ou de citron- On prépare la gelée de mousse de Corse de la manière suivante ; on prend :
Mousse de Corse. . . 2 onces.
Eau commune. . . 1 pinle.
Sucre blanc 12 onces.
Vin blanc S onces.
On fait cuire à feu doux la mousse de Corse , jusqu’à réduction des deux tiers ; on passe avec expression , on ajoute le sucre , on clarifie avec des blancs d’œufs , on fait bouillir de nouveau à feu doux le mélange jusqu’à ce qu’ii ait une consistance sirupeuse bien prononcée et l’on coule ensuite cette gelée dans un pot. On ajoute quelquefois un peu de colle de poisson aux gelées que nous venons d’indiquer, pour les rendre plus consistantes.
La gelée de mousse cte Corse s'administre aux enfants qui ont des vers .-pendant plusieurs jours,
on en donne une cuillerée à bouche le matin etunsis
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•soir. La gelée de lichen ^*administre à doses plus considérables ; une cuillerée à bouçhe quelquefois toutes les heures. Elle est très-utile dans les affections chroniques delà poitrine , ou dans la convalescence des affections aiguës ; elle soutient les forces i en même temps qu’elle calme ; quelquefois pour augmenter cette dernière propriété, on ajoute un grain d’extrait d’opium à la quantité dont nous avons donné la formule.
J.-B. Beaude.
gencives ( anat . etpath.), s. f.p. Les gencives sont composées d’un tissu fibreux, dense, résistant, et sont recouvertes dans toute leur étendue par une membrane muqueuse ; elles tapissent le bord alvéolaire de l’une et l’autre mâchoire, et viennent se terminer en feston autour de chaque dent à l’endroit qui porte le nom de collet.
Dans l’état sain, elles sont roses, d’un aspect agréable ; elles contribuent à faire ressortir la blancheur des dents et à donner à toute la bouche un air de pureté et de fraîcheur si généralement apprécié dans le monde civilisé.
Ainsi que toutes les parties qui composent le corps humain, elles sont aussi le siège de maladiq» différentes qu’il est essentiel de faire connaître, en ayant soin d’indiquer les moyens les plus convenables à employer, soit pour s’opposer à leur développement ou à leur progrès, soit enfin pour en opérer la cure radicale.
Inflammation des gencives. — L’inflammation des gencives est assez commune ; elle est plus souvent partielle que générale; elle reconnaît pour cause : une violence extérieure , le passage subit d’une température élevée au froid, la pousse d’une dent, l’accumulation du tartre, la présence d’une dent gâtée avec périodontite, lesaphthes, la nécrose du bord alvéolaire, l’usage des préparations mercurielles. Elle se termine, suivant son intensité, par résolution, ou par suppuration, ou bien elle sc complique d’ulcérations.
Lorsque la gengivite est simple , on la combat d’abord avec des collutoires adoucissants qui sont l’eau tiède, le lait, la décoction de racines de guimauve; ou bien avec des figues grasses, bouillies dans l’eau et qu’on y applique. Si les douleurs persistent, on peut avoir recours aux scarifications, à l’application de deux ou trois sangsues sur la gencive même. On fera nettoyer les dents si elles sont surchargées détartré; ce corps étranger, situé à la base des dents, en refoulant les gencives, contribue toujours à entretenir la maladie. Si l’irritation dépend de lapousse d’une dent arrêtée par un bourrelet épais de la gencive, à travers lequel elle ne peut se faire jour, comme cela arrive quelquefois à l’époque de la dentition dans le premier âge, et, plus tard, à la pousse de la dernière molaire ou dent de sagesse, il faut recourir à l’incision ou même à l’excision de la portion de la gencive qui constitue l’obstacle. S’il se développe quelque abcès , on se hâtera d’en faire largement l’ouverture aussitôt que la fluctuation se fera sentir; enfin on enlèvera les chicots et les dents qui pourraient être la cause du désordre et l’entretenir. Si le gonflement douloureux des gencives dépend de 1 usage des préparations mercurielles.
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il faut, à la suspension dû 'traitement, joindre des collutoires légèrement acidulés , dans lesquels on ajoutera avec avantage quelques gouttes d’acétate de plomb liquide. On peut également avoir recours au sulfate d’alumine réduit en poudre, employé en frictions avec le bout du doigt.
Si le bord frangé de la gencive s’ulcère, ce qui constitue la gengivite avec ulcérations, la maladie exige un traitement suivi ; sa durée est de huit à dix jours au moins, six semaines au plus. Des familles entières en sont quelquefois atteintes, ce qui ferait présumer qu’elle peut se communiquer d’un individu à un autre, en faisant usage des mômes ustensiles qui servent à boire ou à manger. Cette maladie, fort douloureuse, qui n’est décrite nulle part, mériterait pourtant une attention particulière, et pourrait trouver sa place dans nos cadres nosographiques : elle prive du sommeil, rend la mastication très-difficile, et elle est toujours accompagnée d’une fétidité extrême de l’haleine; elle présente ceci de particulier qu’elle n’affecte le plus souvent qu’un des côtés de la bouche à la fois, elle s’arrête à la ligne médiane, et lorsque le côté malade marche à la guérison, l’autre presque toujours s’affecte, surtout si la maladie a été négligée ou abandonnée à elle-même. Les enfants et les adultes y sont également sujets. Le traitement consiste à tenir la bouche propre au moyen de lavages souvent répétés avec de l’eau d’orge, à laquelle on ajoute huit ou dix gouttes de chlorure d’oxyde de calcium ou de potassium par verre; à toucher quatre ou cinq fois dans la journée les ulcérations, avec un pinceau trempé dans le même médicament, combiné avec le miel rosat en parties égales. On peut aussi employer avec avantage les frictions de sulfate d’alumine réduit en poudre, et si l’on veut avoir recours à la cautérisation, le nitrate d’argent ou le nitrate acide de mercure doivent, parmi les caustiques potentiels, être préférés ; mais, sans contredit, l’application du fer chaud triomphe bien plus vite et plus sûrement de la maladie : cette opération, qui se fait avec des petits cautères rougis à blanc, que l’on promene sur tous les points ulcérés, est à peine douloureuse quand on la pratique avec des fers bien chauds.
Congestion des gencives. — La congestion des gencives, que l’on confond souvent à tort avec 1 inflammation, n’est accompagnée ni de chaleur ni de douleur. Dans cet état, les gencives sont souvent boursoufflées et saignantes à la moindre pression ; le tartre en est souvent la cause; il faut se hâter de le faire enlever. On rencontre assez souvent ceite maladie chez les femmes enceintes, chez les indi vidus éminemment sanguins dont le système vas culaire est lâche. Les collutoires légèrement aciuulés et l’usage répété de la brosse sur les gencives, des scarifications, suffisent pour en arrêter les progrès et faire disparaître la maladie en faisant circuler le sang qui semble stagner, et qui prend même quelquefois de l’odeur; dans ce cas l’baleine s’échauffe et devient fétide. Les jeunes enfants présentent quelquefois celte disposition que l’on fait disparaître avec quelques collutoires acidulés
Hypertrophie des gencives. — On doit désigner ainsi, non la simple congestion dont ie viens de parler.
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niais ce développement outre mesure que prennent quelquefois les gencives au point de recouvrir entièrement les dents. Dans cet état la mastication devient difficile, l’haleine s’échauffe et devient fétide, les gencives saignent à la moindre pression, et les aliments sont souvent imprégnés de sang pendant la mastication. Le frottement répété de la brosse et les collutoires acidulés ne suffisent pas comme pour la simple congestion; il faut, avec le bistouri ou des ciseaux, enlever toutes les portions qui dépassent la longueur ordinaire du bord frangé des gencives , et recourir après au cautère actuel, non-seulement pour arrêter l’écoulement du sang, dont cette petite opération est ordinairement suivie, mais encore pour favoriser l’oblitération des vaisseaux qui entrent en abondance dans la composition des gencives, et dont le calibre a augmenté de volume; cette opération doit être répétée tous les quatre ou cinq jours, jusqu’à ce que les gencives se trouvent réduites à leur état normal. L’usage journalier de la brosse et de l’eau miellée, légèrement acidulée, tenue de temps en temps dans la bouche, sera continué pour éviter la récidive.
Epulis ou épulie. — On donne ce nom à différentes espèces de tumeurs charnues qui se forment sous les gencives.
Les unes sont molles, fongueuses, indolentes ; elles sont d’un rouge obscur, et fournissent habituellement un suintement purulent, fétide , quelquefois teint de sang de mauvaise nature. Elles sontordinairement occasionnées ou entretenues par une racine malade, la carie, la nécrose, ou la fracture d’une portion du bord alvéolaire.
D’autres épulies sont d’un tissu plus ferme, plus élastique, d’un rouge plus vif; on y sent des pulsations artérielles, et on les distingue souvent même à la vue; leur organisation paraît être la même que celle des tumeurs érectiles , nom qu’on leur donne quelquefois. Si on les incise, elles versent abondamment un sang artériel vermeil. Elles peuvent survenir à la suite de quelque contusion, ou paraître sans cause connue.
Enfin on rencontre des épulies dures, bosselées, pâles ou d’un rouge violet. Les unes sont indolentes, les autres sont le siège de douleurs sourdes, ou d’élancements plus ou moins vifs; ce sont ces dernières qui ont le plus de tendance à dégénérer en cancer.
Le volume des épulies peut varier depuis la grosseur d’un petit pois à celle d’une noix, et même davantage. Leur forme varie aussi : les unes sont saillantes et pédiculées; les autres sont peu saillantes, étendues en surface et adhérentes par une base large. Parvenues à un certain degré, elles gênent la mastication, la prononciation, ébranlent les dents et en produisent la déviation . De plus, elles peuvent, suivant leur nature, s’ulcérer, répandre une odeur fétide, et même donner lieu à une altération profonde de la portion d’os qui leur sert de base.
Les épulies doivent être emportées avec des ciseaux ou un bistouri. Si elles sont pédiculées, on pont les enlever au moyen de la ligature. Dans
tous les cas, il convient de cautériser profondément avec le fer rouge la surface de leur insertion» pour s’opposer à leur reproduction, et arrêter l'hémorrhagie plus ou moins abondante qui accompagne toujours cette opération; il est même indispensable, dans quelques cas, de gratter l’os sousjacent, particulièrement lorsque la tumeur qui nous occupe est dure, bosselée, et semble présenter un caractère squirrheux.
Parulis. — On nomme ainsi de petits phlegmons qui se montrent sur les gencives. Quand la fluctuation s’y manifeste, il suffit de les ouvrir ou avec l’instrument tranchant ou avec le fer chaud, et la guérison ne se fait pas long-temps attendre, à moins qu’ils ne soient entretenus par quelque dent malade, ou vieille racine, ou bien par une maladie de l’os sous jacent. La maladie prend alors un autre caractère, et donne naissance à des fistules dentaires.
Fistule dentaire, gingivale et faciale . — On nomme ainsi une petite ouverture en mamelon placée sur la gencive, donnant continuellement issue à un pus légèrement jaunâtre, ordinairement sans odeur. Elle est toujours le résultat de l’inflammation du périoste d’une dent portée jusqu’à la suppuration. Le trajet fistuleux a plus ou moins d’étendue; ordinairement il est sinueux, et il prend toujours son origine à l’extrémité de la racine de la dent malade, quelquefois assez loin de son ouverture, ce qui peut faire commettre plus d’une erreur de diagnostic, surtout pour les fistules dentaires faciales, dont le pus fuse quelquefois à des distances très-éloignées. Les fistules dentaires des gencives, comme celles de la face, se guérissent par l’arrachement de la dent malade; c’est même le seul remède à employer pour ces dernières ; mais il n’en est pas toujours ainsi pour celles qui font le sujet de ce paragraphe , celle des gencives; dans bien des cas on peut les cicatriser par la cautérisation, pratiquée au moyen d’un cautère actuel, mince, rougi au feu ou à la lampe ; on l’enfonce dans le foyer, en suivant le plus possible la direction du trajet, jusqu’à ce quel’inslrumentse trouve arrêté par les parties dures ; quelques cautérisations, à quelques jours de distance, suffisent ordinairement. On peut, avant la cautérisation, ouvrir toute la longueur du trajet fistuleux avec le bistouri. S’il y a plusieurs fistules dont l’origine soit la même, il est bon de les réunir par des incisions. Lorsque la suppuration s’est fait jour au dehors» en traversant les muscles, le seul et véritable moyen de guérir est de se hâter d’enlever la dent qu’on suppose donner naissance à la maladie avant qu’elle n’ait occasionné la fonte des parties molles et l’altération des os, accidents qui laissent des cicatrices d’un aspect hideux , ou des difformités auxquelles l’art ne peut apporter aucun remède.
Pyorrhée inter-alvéolo-dentaire ou écoulement de pus entre l’alvéole et la racine delà dent. — Cette maladie n’est point mentionnée par les auteurs, quoique pourtant assez commune, ie traitement en est des plus incertain», souvent même sans efficacité, suivant soft degré d’ancienneté. Elle est toujours te résultat d’une altération du périoste odontal. Elle devrait peut-être, pour cette raison, ne pas