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figurer parmi les maladies des gtehcives ; nous l’y laisserons cependant pour ne pas multiplier les titres. Elle reconnaît le plus souvent pour cause la périodontite aiguë passant à l’état chronique, l’inflammation des gencives suivie d’abcès , l’usage des préparations mercurielles, une percussion violenle sur la dent, enfin l’épaississement graduel de la membrane qui nous occupe, sans principe connu, ce qu’on est à même de remarquer plus particulièrement chez les individus dont les gencives sont habituellement molles et saignantes.
La pyorrhée in tér-alvéblo-rïentaire ne se rencontre le plus ordinairement que chez les personnes qm ont au moins dépassé l’âge de trente ans, et elle n’affecte le plus souvent qu’une ou plusieurs dents à la fois, très-rarement toutes ensemble. Ce üimt plus particulièrement les grandes et les pertes incisives , les petites molaires , plus rarement les canines et les grosses molaires. Les dents atteintes de cette maladie ne tardent pas à devenir branlantes, les parois alvéolaires qui les environnent finissent par tomber en fonte purulente (la partie antérieure commence), et la dent, s’allongeant peu à peu, finit par tomber.
Les dentistes en général envoiaU la cure de cette affection aux médecins, et souvent ces derniers, après avoir inutilement recouru à une thérapeutique qui semble des plus rationnelles, et prise soit dans les antiphlogistiques, les dérivatifs de toute espèce, et les collutoires .astringents ou toniques, etc.,finissentparrènvoyer le malade à son dentiste, auquel il*ne reste plus qu’à ôter des dents qui tiennent à peine, et dont la longueur l’incommode.
N’y aurait-il pas quelque moyen de combattre avec succès cette maladie ? avant tout, tient-elle à des causes générales qu’il est essentiel d’attaquer dans ses principes, ou bien n’est-elle que locale et n’exige-t-elle que des soins portés directement sur le lieu affecté? Mettant ici de côté toute discussion, théorique, je me bornerai à passer au traitement auquel je me suis arrêté, et qui, parmi tous ceux employés, m’a le mieux réussi : lorsque la maladio est à son début, que la suppuration est peu Kboüdante, une incision profonde, en forme de V, dont le sommet est dirigé vers le bord (murant de la dent, suffit quelquefois pour amender favorablement la maladie, en ayant soin d’y ajouter les collutoires légèrement acidulés, et l’usage répété delà brosse sur la gencive, et l’on renoncera len même temps à toutes les préparations alcooli- 1 ques, excitantes et toniques, soit en liqueur, soit en poudre, dont l’emploi ne ferait qu’aggraver le mal.
Lorsque la maladie est plus ancienne, que le pus coule en abondance, que la dent est vacillante, qu’une portion de l’alvéole est tombée en fonte purulente, on doit avoir recours à la cautérisation et détruirela partie antérieure de la gencive décollée; cette opération, comme on le pense bien, met à nu la racine de la dent à sa partie antérieure ; mais il résulte de cette pratique que le pus cesse de couler, et que la dent se maintient en place à l’aide de la portion du périoste alvéolo-dentaire que la suppuration n’a pas encore détruite.
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Scorbut.— Dans cette affection proprement dite, où toute l’économie se trouve intéressée, les gencives se gonflent et présentent un bourrelet plus ou moins saillant d’une couleur livide ou noirâtre; elles laissent continuellement transsuderun icbor fétide et repoussant; à la moindre pression , il s’en échappe un sang fluide et clair Cette maladie peut se terminer par la gangrène, qui s’étend rapidement aux parties voisines et même jusqu’aux os;rien ne peut alors en arrêter les progrès; mais heureusement celle terminaison funeste est rare. Elle réclame donc des soins prompts et efficaces : la première indication est de soustraire le malado aux causes qui ont pu déterminer l’affection, prescrire des collutoires préparés avec la teinture de cochléaria, de quinquina, combinée avec l’acide nitro-muriatique, que l’on peut même employer pur, prescrire àl’intérieur les sucs de plantes antiscorbutiques, et un régime alimentaire convenable. Ces moyens suffisent ordinairement pour arrêter les progrès de ia maladie, lorsqu’il ne survient pas de complication.
On a nommé gangrène scorbutique des gencives une maladie qui diffère essentiellement de la précédente affection, etdontla cause semble être fort obscure. Elle commence quelquefois d’une manière assez bénigne : il naît d’abord dans la partie antérieure de la bouche, aux gencives, aux lèvres, à ia langue, aux amygdales, une rougeur légère, peu douloureuse, et accompagnée d’une chaleur assez considérable; peu à peu le milieu de la partie affectée présente une tache blanche, qu’on prendrait d’abord pour une escarre superficielle, mais la douleur augmente, et la gangrène s’étend en profondeur. Si la maladie n’est pas très-intense et qu elle attaque un adulte, l’escarre se détache. Si c’est un enfant, et que la maladie soit grave, elle fait en général des progrès très-rapides. Dans un cas rapporté par Barthe, dans les mémoires de l’Académie de chirurgie, les os maxillaires supérieurs et ceux du nez furent amollis et détruits ; les yeux ne furentpas à l’abri des progrès du mal.
Lorsque la maladie commence et que son caractère n’est pas encore développé, on peut faire des lotions avec le suc de citron etle vinaigre, et appliquer sur les gencives tuméfiées de petites compresses trempées dans l’un ou l’autre de ces acides purs ou diversement étendus selon les circonstances. Van-Swieten dit avoir même employé l’acide muriatique quand le cas semblait l’exiger, et en avoir tiré de bons résultats.
Lorsque la maladie qui nous occupe ici se manifeste chez les jeunes enfants, on conçoit qu’elle peut être considérée comme infiniment plus grave parla difficulté d’appliquer le traitement; déplus, la succion continuelle qu’ils exercent sur les gencives, sur la sanie fétide qui en découle, et qui se trouve portée dans les voies digestives, ne peut que hâter la marche de la maladie vers une terminaison funeste. Les remèdes qu’on emploie avec succès chez les adultes ne sont pas toujours suffisants dans le premier âge : à cette époque, il est souvent nécessaire de joindre aux lotions fréquentes de la bouche l’excision des parties gangrénées, et l’application de petites compresses ou de la
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melles d’éponge imbibées de liqueurs styptiques. Il est indispensable, pendant le cours de cette opération, de tenir la mâchoire de l’enfant fortement abaissée, afin de prévenir les mouvements de la déglutition, de retirer successivement, au fur et à mesure qu’on les excise, les lambeaux des gencives malades, et d’absorber, avec des éponges hb; mides, la sanie qui coule abondamment de leur surface. Quand l’opération, qui se pratique au moyen de ciseaux courbes, est terminée, on place de petites éponges légèrement imbibées d’eau de Rabel, afin de diminuer l’écoulement du sang; et recevoir celui qui en sort. On enlève jces éponges au bout d’une ou plusieurs heures ; et l’on fait ensuite des lotions fréquentes dans la bouche, avec l’acide hy-, dro-chlorique étendu ; on répète avec soin ces lo-
tions chaque foi^qu'on veut faire prendre des bois-^ çein le diffère totalement de celui qu’excite dans sons ou des aliments au petit malade. En suivant” /son cœur la vue d’une ieune fille : l’une lui inspire
îs ou des aümenis au petit malade. En suivit ave^persénérance ce genre de traitement, on parvient quelquefois à triompher d’une maladie dont la terminaison est si souvent marquée par la mort.
Les gencives sont quelquefois encore le siège de douleurs nerveuses, sympathiques, rhumatismales, goutteuses, dont les accès peuvent êtres continus ou intermittents. C’est au médecin à apprécier la nature de chaque espèce, et à prescrire , selon les cas, le traitement rationnel que l’art a mis à sa disposition.
Elles peuvent également présenter des excoriations, de petites blessures produites par les corps durs et aigus soumis à la mastication, ou par la pression qu’exercent sur le bord alvéolaire dépourvu de dents, les pièces artificielles qu’on y ap plique.Les collutoires adoucissants, et, dans certains cas, l’application de la pierre infernale, suffisent pour les ramener à l’état normal.
Toirac ,
Docteur en médecine, médecin dentiste.
génépi ougénipi (bot.), s. m. Les collecteurs de plantes qui vont chaque année dans les Alpes recueillir les plantes dont ils composent les mélanges aromatiques, connus sous le nom de thé ou vulnéraire suisse, comprennent sous ce nom plusieurs espèces du genre Artemisia (génépi blanc), et du genre AcMllœafeè népi noir). Toutes ces espèces, les premières surtout ne croissent que sur les montagnes les plus élevées et ont des propriétés excitantes et aromatiques des plus prononcées ; prises eu infusion, elles sont un puissant sudorifique usité dans les affections rhumatismales, les rhumes commençants, etc: Mais c’est à tort qu’une croyance populaire et aveugle leur attribue de bons effe ts à la suite de chutes ou de contusions. Ces infusions peuvent dans certains cas de ce genre, amener les résultats les plus fâcheux , en activant la circulation et en portant le sang vers la tête ; car elle est le siège le plus habituel des contusions et des épanchements sanguins qui leur succèdent , et tout l’art du médecin doit tendre à détourner le sang de ces parties, qui ne sont que trop disposées à s’enflammer. Ms.
génération (physiol.), s. f. ( procreatio , Cic. ; generatio et genilurci, Plin.j. Considérée d’une manière générale, la génération est une fonction au moyen
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de laquelle les corps organisés vivants se perpétuent dans le cours des siècles, en reproduisant de nouveaux individus semblables à eux. Mais comme son étude dans les différentes classes des animaux, et dans les nombreuses familles des végétaux, nous mènerait beaucoup trop loin, nous nous bornerons ici à l’examiner dans l’espèce humaine ; ainsi circonscrite , nous la définirons , avec plus de précision , fonction physiologique par laquelle un nouvel être est engendré dans le sein de sa mère.
L’acte le plus important de la vie de la femme est, sans contredit , celui de la reproduction. Toute ^spn éducation doit être dirigée en vue du mariage : une bonne mère de famille est tout ce qu’il y a de plus respectable au monde. Le sentiment qu’éprouve un homme en présence d’une femme en-
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ie respect, l’autre le pénètre d’une plus tendre affection; aussi, « partout où la terre fertile fournit abondamment à l’homme de quoi pourvoir à ses besoins , a dit M. le professeur Richerand , il n’appelle pas la femme à son secours pour en arracher sa subsistance , il la décharge du fardeau des obligations sociales. L’asiatique ne demande aux femmes oisives , qu’il rassemble dans son sérail , que des plaisirs et des enfants qui perpétuent sa race; le plaisir et les devoirs de la maternité sont l’unique affaire des (Maintiennes. Chez quelques peuplades sauvages de l’Amérique , le sexe mâle , abusant du droit odieux de la force, tyrannise, il est vrai, la femme , et, se réservant tous les avantages de la société, lui en fait supporter toutes les charges ; mais cette exception ne détruit point la règle générale déduite de l’observation de tous les peuples. Tout ce qui éloigne la femme de cette destination primitivç, tout ce qui la détourne de cet objet, est à son désavantage ; c’est à ce but que toutes ses actions, que toutes ses habitudes serapportent, comme dans son organisation physique, tout y est évidemment relatif. »
Mais pour que l’union de l’homme et de la femme remplisse le vœu delà nature, il faut certaines conditions, telles qu’une parfaite intégrité des organes destinés à accomplir cette mystérieuse fonction , la puberté pour l’un et l’autre sexe et l’état de santé. 6es conditions, cependant, ne sont pas toutes indispensables au même degré. Et, en effet, certains défauts, mais peu considérables des organes génitaux, quelques dérangements dans les menstrues, un état passager de maladie, une indisposition, et même quelques affections plus graves, ne sont pas toujours un obstacle absolu à la fécondation. Les auteurs fourmillent d’exemples à cet égard ; il serait oiseux de les discuter ici.
Chacun sait que pour que la femme engendre, il est indispensable qu’il y ait cohabitation (voyez ce mot), c’est-à-dire copulation, rapprochement, coït', mais ce qu’il faut que le lecteur étranger aux sciences naturelles sache aussi, c’est que cette première partie de l’acte générateur n’est pas nécessaire pour tous les animaux. En effet, un grand nombre de classes inférieures ne fécondent leurs œufs que lorsqu’ils sont sortis du corps de leurs femelles,
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que quelques-uns lienrient embrassées , que d’au-1 très suivent à la piste, que d’autres, enfin, ne connaissent pas même. Dans les mammifères , au contraire, et par conséquent dans l’espèce humaine , ainsique dans plusieurs autres classes d’animaux, le rapprochement préalable est la condition sine quâ non, la condition sans laquelle la génération ne pourrait s’accomplir naturellement. L’on voit sans étonnement, car il devrait en être ainsi pour toutes sortes de raisons , que le sexe mâle, généralement plus ardent et plus entreprenant que l’autre, est aussi celui qui parait ressentir le plaisir le plus vif dans l’acte dont nous parlons. On a dit, et cela avec beaucoup de vraisemblance, que lorsque l’âme tout entière n’était point en quelque sorte absorbée dans l’union conjugale, il n’en résultait d’ordinaire que des êtres faibles , délicats , chétifs, malingres , apathiques , comme il est si facile de l’observer chez les enfants des vieillards et chez ceux des hommes qui ont le plus illustré les sciences et les lettres. N’est-il pas évident que la postérité immédiate des grands philosophes, des érudits de premier ordre, des littérateurs distingués, des poètes fameux, en un mot, de tous ceux qui ont passé leur vie dans des habitudes d’esprit qui ne laissaient aucun repos à l’incessante activité de leur intelligence, n’est-il pas évident à tout le monde que ces enfants déchus se sont presque tous très-peu montrés capables de soutenir le nom et la glorieuse réputation que leurs pères y avaient attachée? Est-il besoin que nous citions des exemples? L’histoire de l’humanité nous en fournira d’assez nombreux Les fils de Socrate, de Chrysippe, dePériclès, de Thucydide, de Cicéron , furent tous indignes de l’auteur de leurs jours. N’en pouvons-nous pas dire autant des fils de Racine, de La Fontaine, de Crébillon, de Buffon, de Bernardin de Samt-Pierre, et de tant d’autres que nous pourrions encore nommer : aucun n’a pu approcher de la célébrité de son père. Et d’un autre côté, que d’hommes supérieurs et devenus chers aux nations par 1 élévation de leur caractère, par la grandeur de leur âme, par les prodiges de leur génie, sont nés de parents obscurs, d’hommes vulgaires , dont le mérite tout physique était d’être jeunes , vigoureux et pleins d’ardeur dans l’accomplissement de 1 acte qui donna la vie à leurs illustres fils !
Le phénomène qui suit la copulation lorsqu’elle eot féconde est celui connu sous le nom de conception , conceptio , conceptus. Ses signes immédiats sont extrêmement difficiles ou plutôt tout-à-fait impossibles à saisir. Le plus souvent elle s’accomplit. sourdement, sans qu’on s’en aperçoive, et indépendamment de toute volonté. On a des exemples bien authentiques de femmes qui sont devenues enceintes durant un profond sommeil. Quelques auteurs ont prétendu que dans notre espèce et dans les animaux qui en sont le plus voisins , la conception s’annonçait par une sorte de saisissement particulier, et quelquefois même parle sentiment d’une horripilation jusqu’alors insolite , qui surprend et étonne celle qui n’a pas encore conçu. Ces impressions, si tant est qu’elles aient jamais été ressenties , sont on ne peut plus rares ; car il est certain que le plus communément Timprégna-
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lion ou fécondation a lieu sans qu’il s’en manifeste dans le moment le plus léger indice, ainsi que l’affirme la très-grande majorité des femmes interrogées sur ce point. Il est bien avéré aussi que quelque vif désir qn'éprouve une femme de devenir mère ou de ne l’être pas , d’avoir un fils ou une fille, de donner l’existence à un seul enfant ou à des jumeaux, de les avoir bien faits, forts, spirituels, doués de telle ou telle qualité, etc., en un mot, que quelle que soit l’ardeur de ses vœux, ceuxci ne sauraient être remplis que par le hasard au gré de ses espéranoes les plus chères. Que les gens prompts à accueillir les idées les plus absurdes , que les personnes crédules , que le public enfin, souvent peu éclairé (car aucun médecin aujourd’hui n’ajoute foi à ces fables), se prémunissent donc avec soin contre les charlatanerics et les mensonges des prôneurs de tous ces systèmes décorés des titres imposteurs de Y Art de procréer le» sexes à volonté , de faire des beaux enfants et même des enfants d'esprit , etc., précieux secret que ces messieurs doivent peut-être regretter que leurs pères n’aient pas découvert avant de les mettre au monde. La raison la plus commune suffit pour se convaincre que leur prétendue science, dans tous ses motifs , observations et expériences, n’est rien autre chose qu’un ramassis de contes saugrenus, de ridicules rêveries , de véritables chimères ; car, aussi long-temps qu’on ignorera ce qui se passe dans l’acte de la reproduction, de pareilles questions demeureront radicalementinsolubles. Comme pour toutes les grandes fonctions vitales , tout ce qui concerne la fécondation est enseveli dans une obscurité profonde ; examinons, toutefois, ce que l’on sait ou croit savoir sur cette matière, et voyons si les efforts qu’on a faits pour y pénétrer ont pu amener leurs auteurs à quelques résultats qu’on puisse regarder comme positifs.
Plusieurs systèmes ont été émis ; mais avant de les exposer , disons que le pénis , reçu dans le vagin, n’entre point dans la matrice, quoiqu’il y darde la semence, qui y est attirée comme par aspiration. Cet organe de la femme, d’après Platon , est comme un individu placé dans un autre individu, comme une espèce d’animal vivant qui a ses caprices , ses affections , ses volontés , qui maîtrise tout le corps, qui répand ses influences dans toutes les parties , ou , pour nous servir des expressions de Montaigne , comme un animal glouton et avide, auquel , si l'on refuse les aliments en sa saison, il forcène, impatient du délai, etc. Toutefois» quelques savants ont cru que la liqueur séminale ne parvenait pas réellement jusque dans l’intérieur de la matrice, que c’était seulement sa partie la plus déliée, la plus subtile , la plus spiritualisée, et que cette vapeur prolifique, qu’ils ont nommée aura seminalis , allait seule féconder le germe. Il n’en est point ainsi; car il est constant qu’on a trouvé la semence en nature dans la matrice des femelles d’animaux, ouvertes immédiatement après la copulation. Et les curieuses expériences de Spallanzani sur les grenouilles, les salamandres et les crapauds, ont également démontré qu il est Indispensable que les œufs de ces reptiles soient en contact immédiat avec le liquide séminal du
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mâle, pour qu’ils acquièrent la faculté d’éclore.
Trois hypothèses principales se partagent les opinions relativement à la manière dont s’effectue la conception ou fécondation.
La plus ancienne , et l’une des moins vraisemblables , il faut le dire, est celle soutenue par les séministes. Ils supposent , fort gratuitement , comme on va voir, que la femme répand, ainsi que l’homme , une liqueur prolifique au moment du coït , et que c’est le mélange de ces deux liqueurs qui donne naissance à l’embryon. Pour appuyer cette opinion , qu’on trouve exprimée dans les écrits d'Hypocrate et Galien, et dans ceux de plusieurs philosophes de l’antiquité , tels que Pythagore, Démocrite, Épicure, ainsi que dans les ouvrages d’Avicenne , de Zacutus Lusitanus , de Descartes, etc., avec des modifications diverses, on y voit que la plupart s’efforcent de comparer entre elles des choses qui ne sont aucunement eompararables , par exemple : les ovaires et les testicules, les trompes utérines et les canaux déférents , la matrice et les vésicules séminales. Maupertuis a rajeuni ce système, et Buffonl’a embelli de sa br 11lante éloquence, sans pour cela le rendre plus probable. Et d’abord, il est un assez grand nombre de femmes qui ne répandent aucun liquide dans l’acte de la copulation ; et , quant à celles qui en laissent échapper , il est très-certain que ce n’est que du mucus vaginal tout-à-fait dépouillé de vertu créatrice. Ce système périt donc par sa base. Néanmoins notre célèbre naturaliste pensait que ces liquides, extraits de toutes les parties du corps du mâle et de lafemelle, étaient composés de molécules organiques, qui allaient se grouper autour d’un moule dont il admettait l’existence, chacune dans leur ordre de position , de telle sorte que celles provenant de la tête, delà poitrine, du ventre, des membres, se rendaient directement aux parties similaires de l’embryon, et constituaient ainsi le nouvel être. Mais l’expérience de tous les jours démontre que des parents privés d’un œil , d’un bras, d’une jambe, etc., donnent le jour à des enfants bien conformés. Les Israélites et les mahométans, qui sont tous circoncis, engendrent des fils avec un prépuce , et qu’ils sont obligés de faire circoncire à leur tour. Il en est de même des animaux que nous mutilons si ridiculement ea leur coupant queue et oreilles : ils reproduisent des petits à queue et oreilles longues. Ne sait-on point encore que les grenouilles et les salamandres engendrent des têtards avec des branchies, qu oique les pères et mèresn’en aient plus? Et la différence des sexes n’est-elle point encore un argument sans réplique à l’admission de ce système? car il ne pourrait évidemment résulter'ie ce mode de génératîon que des hermaphrodites, dont il n’y a d’exemples complets que dans les dernières classes animales. Il resterait, en outre, à rendre raiton de la formation du placenta et des enveloppes du fœtus, toutes difficultés plus insurmontables les unes que les autres dans cette hypothèse.
Le système des ovaristes supporte un peu mieux examen. Dans leur opinion, la copulation féconante résulte de l’action du sperme sur une ou plusieurs vésicules de l’ovaire ; c’est ce qu’ils dé-
signent par le terme d 'imprégnation du germe, ha vésicule fécondée se gonfle, rougit, se déchire, et laisse échapper un petit corps, dont s’empare le pavillon de la trompe. Il s’y engage, et arrive par ce conduit jusqu’à la matrice, dans laquelle il contracte un point d’adhérence où se développe l’arrière-faix, auquel le fœtus demeure attaché jusqu’à la fin de la grossesse. On remarque, à la place que le germe occupait sur l’ovaire, un corps jaune (■ corpus luteum), qui ne disparaît que plusieurs mois après la conception, pour laisser en son lieu une cicatricule. On assure que le nombre de ces petites empreintes correspond exactement à celui des conceptions. Beaucoup de faits prêtent leur appui à celte opinion ; nous ne rapporterons que les principaux : par exemple, les développements accidentels des embryons et fœtus dans la cavité abdominale ou dans eelle des trompes , ce qu’on désigne sous le nom commun de grossesses extra-utérines, dont il existe un grand nombre d’observations. On a aussi prouvé ce fait par la voie des vivisections, en liant les trompes de l’utérus sur des chiennes quelques jours après l’accouplement; et les ouvrant plus tard, on a trouvé des petits chiens tout formés dans la partie de la trompe qui correspondait à l’ovaire fécondé , entre cet organe et la ligature , qui avait mis obstacle à la descente des ovules imprégnés dans la matrice. On sait aussi que la stérilité a lieu toutes les fois qu’il y a absence ou désorganisation des ovaires, engouement ou oblitération des trompes , mauvaise direction de leur pavillon , etc. Cette théorie de la procréation a encore l’immense avantage de concorder parfaitement avec celle de la fécondation et de la germination des graines de végétaux, qui ne sont, elles aussi, que de petits œufs ou germes , qui , pour se développer, n’ont besoin que d’être mis dans des conditions voulues. Cette assimilation n’a rien de forcé pour peu qu’on veuille y donner un moment d’attention. Le pollen des étamines fait pour les graines des plantes ce que la liqueur séminale fait pour le petit œuf de la femme et des femelles des animaux. Les cotylédons sont de véritables placentas. La terre, l’humidité, l’air, etc., remplissent à leur tour le rôle de la matrice. Privés de ces influences, l’œuf et la graine restent inactifs ; mais la vie s’y manifeste et prend son essor, sitôt que les nouvelles circonstances, dans lesquelles les a placés la fécondation et l’ensemencement, ont accompli leur action. La graine qui n’a point été fécondée pourrit enterre, comme l’œuf de la poule se gâte et se putréfie, lorsqu’elle n’.apas reçu les approches du coq. Qu’on ne croie pas enfin qu’il soit nécessaire, pour soutenir ce système, d’adopter l’emboîtement des germes depuis l’origine des êtres vivants , et en particulier (te l’espèce humaine, jusqu’à nos jours, ce qui, au surplus, a paru absurde à un grand nombre. Rien, du reste , n’est moins exigible qu’une semblable hypothèse, car les germes ou ovules, que nous admettons dans la femme nubile, s’y développent par les seules puissances de la vie, absolument comme les graines dans les fleurs, entre lesquelles et eux l’analogie est complète , et sans qu’il soit aucunement besoin de supposer un emboîtement infini,
que rien, d’ailleurs, ne fait le moins du monde pressentir.
Convenons, toutefois, que cette théorie, bien qu’ assez rationnelle, n’est pourtant pas exempte de toutes objections , dont les plus embarrassantes sont la ressemblance, quelquefois parfaite, des I fœtus avec leurs pères et la formation des métis. Mais si l’on veut admettre, comme, au reste, on ne peut guère s’y refuser , que le mâle exerce une influence toute puissante sur le germe de sa femelle, il devient tout naturel qu’il lui fasse éprouver, dès les premiers temps de la vie, des modifications plus ou moins profondes, analogues à celles que subit l’argile entre les doigts du modeleur et par l’action du feu. Disons aussi que ce système assez bien approprié aux phénomènes de la génération j dans l’homme , dans une multitude d’animaux et dans un nombre encore plus grand de végétaux , ne s’étend pas jusqu’aux degrés inférieurs de la double échelle organique, où l’on trouve des ani- | maux et des plantes qui se multiplient par bourgeons, boutures, etc. Les faits de reproduction gemmipare sont trop nombreux , trop évidents et partout trop bien acquis à la science pour qu’ils ne nous obligent pas à restreindre un peu cette espace d’axiôme de Harvey : omne vivum al ovo.
Les animalcules découverts par Leuwenhoeck et Hartsoeker, à l’aide du microscope , dans la semence, furent l’occasion du troisième système Les partisans de cette hypothèse établirent que , dans l’acte du coït, une multitude innombrable de ces animalcules spermatiques, dont on a porté le nombre à plusieurs millions , se précipitaient dans la matrice, et de là, par la trompe, vers l’un des ovaires où ils se livraient un combat à mort. Lorsque tous périssent , il n’y a point de fécondation ; elle a lieu, au contraire, quand un ou plusieurs survivent à cette lutte acharnée. Les ovaires, dans ce cas, ne sont plus en quelque sorte que des espèces de réceptacles, de petits nids, destinés à recevoir le vainqueur, qui doit, en se développant, devenir un être semblable à celui qui l’a produit. La raison la plus capitale que l’on ait donné en faveur de cette hypothèse tant soit peu ridicule , telle , du moins , qu’elle a été conçue jusqu’à ce jour , c’est que ces animalcules n’existent que dans les sujets aptes àlafécondation;quechezles animaux, onneles trouve que durant le temps du rut; et, enfin, que les mulets, qui sont inféconds , n’en offrent point, bien qu’ils aient du sperme. Mais ces assertions, forte- j ment contestées , laissaient cette question tout en- ! tière à juger , quand , dans ces derniers temps , MM. Dumas et Prévost sont venus, par d’ingénieuses expériences, rappeler l’attention des savants sur les animalcules spermatiques. D’après les travaux de ces habiles expérimentateurs, 1» les animalcules existeraient constamment dans la semence de l’homme adulte , et dans celle de tous les animaux à l’époque de leurs amours; 2» ils pénétreraient dans la cavité utérine , mais ne parviendraient point jusqu’aux trompes; 3° ils seraient indispensables à la fécondation en fournissant le système nerveux du nouvel être, qui serait bientôt enveloppé de toutes parts par l’ovule descendu à cet effet de l’ovaire. Cet ovule envelopperait
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l’animalcule comme une sorte de gangue celluleuse dans laquelle se formeraient plus tard les divers organes de son économie. Mais quelque confiance que l’on doive avoir dans les belles recherches de MM. Prévost et Dumas, et mêmeen leur accordant, sans contestation , les deux premiers points , savoir : l’existence des animalcules dans la liqueur spermatique du mâle, et leur présence, après le coït, dans les organes de la femelle, il restera toujours à résoudre la troisième proposition qui constitue à elle seule tout le problème. Car comment ne pas regarder comme une pure conjecture , l’opinion compl item ent hasardée de ces physiologistes , d’ailleurs si éminemment distingués, par laquelle ils cherchent à établir que le corps du fœtus reçoit ses éléments nerveux de l’animalcule , et le reste de son système organique de l’ovule. Ce mode de formation est sans doute possible , mais c’est ce qui est justement à démontrer, quod est adprolanduml
Avouons donc, avec franchise, que les phénomènes de la reproduction des êtres constituent un de ces mystères impénétrables que la nature s’est plu à envelopper de ses voiles les plus épais. Aussi, répéterons-nous, avec Voltaire, ce mot plein de sagesse : « Je dirai comment s’opère la génération, quand on m’aura enseigné comment Dieu s’y est pris pour la création. »
F.-E. Plisson.
genêt ( bot .), s. m. On désigne sous ce nom un groupe de plantes que les botanistes ont distribué dans les deux genres Genista et Spartium. Quelques unes de ces plantes ont des propriétés purgatives assez bien constatées ; mais la matière médicale est déjà si riche en substances qui possèdent cette vertu, qu’on a dû se borner à l’emploi de celle dont l’action est sûre et prompte ; or, le Genista purgans , le Spartium scoparium ou genêt à balai, purgent, il est vrai, lorsqu’on les administre en décoction à la dose d’une demi-once daus une demi-pinte d’eau; mais ils sont complètement négligés, parce que nous avons des laxatifs bien préférables, sous tous les points de vue. Le Genista tinctoria , ou genêt des teinturiers, a pendant quelque temps joui d’une réputation usurpée, grâce à M. Marochetti, médecin russe, qui prétendit, en 1 820, que sa décoction était un remède spécifique contre la rage, employé et éprouvé depuis longtemps en Russie; l’illusion dura peu et les médecins qui ont étudié les propriétés des végétaux furent peu étonnés de voir que celles du genêt étaient tout à fait milles et que son mérite se bornerait, comme auparavant, à fournir aux teinturiers la belle couleur jaune qui lui a fait donner son nom. Ms.
genévrier, (bot.), s.m. Juniperus. Ce genre de végétaux appartient à la famille des conifères; il se compose d’arbrisseaux et d’arbres souvent fort élégants, qui habitent les contrées froides dt tempérées du globe. Nous allons dans cet article en indiquer deux espèces. Le genévrier commun (/ uniperus communis ) est. en particulier un des végétaux les plus remarquables par son indifférence pour les climats; en France, il s’élève depuis les bords de la mer jusque sur les plus hautes montagnes, et il s avance vers le nord plus loin que la plupart des arbrisseaux
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qui habitent les contrées septentrionales. Les baies servent à fabriquer en Écosse la liqueur connue sous le nom de wisky; son action est très-énergique, et les classes pauvres de l’Angleterre et de l’Irlande en font un usage immodéré, qui rte contribue pas peu à amortir leurs facultés intellectuelles, et à les retenir dans un état d’indifférence, qui les rend incapables du moindre effort pour sortir de leur profonde misère. Les baies de genièvre ont quelquefois été employées en médecine comme excitantes et diurétiques, mais elles ne sont pas tombées dans le domaine public de la médecine. Placées sur une pelle chaude, elles servent à assainir les chambres des malades, en répandant une fumée aromatique, quimasqueles mauvaises odeurs; c’estl’encens des pauvres, et son usage devraitêtre plus répandu dans ces demeures basses et mal aérées, où s’entasse une famille entière sans oser pendant tout un hiver laisser pénétrer l’air extérieur, car il glacerait les corps de ces enfants étiolés, qui se serrent l’un contre l’autre pour se réchauffer mutuellement.
La sabine (J. satina), arbrisseau qui croît dans les contrées montagneuses de la Provence, dé l’Italie et de la Suisse méridionale, a joui de tout temps d’une grande réputation; l’odeur forte et pénétrante de ses feuilles , qui contiennent un cinquième de leur poids d’huile essentielle, dénote déjà un végétal doué de propriétés énergiques; aussi M. Orfila a-t-il vu périr deux chiens auxquels il avait donné quatre et six gros de poudre de sabine; l’autopsie prouva qu’ils avaient succombé à une forte inflammation de l’estomac, du petit et du gros intestin. C’est à cette propriété qu’il faut attribuer l’action énergique de la sabine sur la matrice; en enflammant les parties voisines, elle peut rappeler les règles, ou les rendre plus abondantes ; mais on voit que ce médicament doit être manié avec prudence et par des mains habiles; donné inutilement ou mal-à-propos , il détermine les accidents les plus terribles. Hufeland a employé aussi la poudre de sabine contre la goutte; et dans les pays où celte plante est abondante, on s’en sert comme emménagogue et rubéfiant Martins .
gengivite ( Path. J s. f. On donne ce nom à l’inflammation des gencives. Voyez Gencives ( mala die des ).
genièvre. (Voyez Genévrier. )
génien ou génienne ( anat. ) (du grec généione, le menton) .Nom d’une petite apophyse qui est située à la partie postérieure du menton. Onlanomme aussi apophyse géai.
génio-glosse f anat. J s. m. C’est un muscle qui s’étend de l’apophyse géni à la base delà langue.
génio-hy gidien ( anat. J , s. m. Muscle qui s’étend de l’apophyse géni à l’os hyoïde.
génio-pharyngien f anat .) , s. ra. C’est le nom donné par Winslow à deux faisceaux musculeux qui s’étendent de l’apophyse géni au pharynx ; il fait partie du muscle constricteur supérieur du pharynx
génital ( anat. J adj., qui appartient à la génération. On donne le nom de parties génitales aux
organes qui, chez les animaux , servent à toutes les fonctions de la génération et ce sont eux surtout qui caractérisentles sexes. Ces organes peuvent être divisés en ceux qui servent à la copulation et ceux qui ont pour fonction de préparer l’acte générateur ou de conserver le produit de la conception. Chez l’homme, les organes génitaux sont les testicules et leurs annexes qui sont destinés à sécréter la liqueur spermatique , les canaux déférents qui portent la liqueur sécrétée par les testicules dans deux réservoirs situés dans l’abdomen sur les côtés du rectum et qui ont reçu le nom de vésicules séminales , les canaux éjaculateurs qui conduisent dans le canal de l’urèthre la liqueur spermatique fournie par les vésicules séminales et les testicules, les glandes de Cowper et la prostate, qui versent un liquide particulier dans le canal de l’urèthre, surtout lorsque le pénis est en érection; enfin le pénis , nommé vulgairement la verge , qui sert à l’acte de la copulation.
Chez la femme ces organes sont principalement situés dans l’abdomen; ce sont les ovaires, qui contiennent des corps granuleux qui sont considérés comme les rudiments de l'œuf; les trompes, qui sont des conduits destinés à faire passer l’œuf fécondé dans la cavité de l’utérus ; l’utérus, qui est l’organe dans lequel se développe le produit de la conception pendant tout le temps que dure la grossesse ou gestation ; enfin le vagin et le clitoris , qui sont les organes copulateurs ; le dernier n’est , à proprement parler, qu’un organe excitateur ; il présente des rudiments qui sont analogues à ceux qui constituent la verge chez l’homme. Quelques auteurs rangent les mamelles parmi les organes génitaux ou générateurs ; mais nous ne croyons pas devoir adopter ces classifications ; les mamelles chez la femme sont des organes sexuels, et nous ne croyons pas que la synonymie établie entre ce mot et celui d’organes générateurs suffise pour établir l’analogie , car l’allaitement de l’enfant ne doit point être compris par les physiologistes dans les fonctions de la génération. (Voyez ce mot pour les développements.) J. B.
génito-urinaire (anat.) adj.; se dit des organes qui servent à la génération et à l’excrétion des urines. (Voyez Génération et Reins, Vessie, etc.)
genou [anat.], s. m. (en lat. genu. On appelle ainsi l’articulation de la jambe avec la cuisse, articulation que quelques anatomistes désignent aussi sous le nom de fémorotïbiale . On connaît généralement sa forme; l’on sait qu’elle présente en avant une saillie formée surtout par la rotule, et qu’en arrière elle offre un enfoncement qui est le creux du jarret.
L’articulation du genou résulte du contact des deux éminences arrondies ( condyles ) que présente l’extrémité inférieure du fémur avec les cavités superficielles de l’extrémité supérieure du tibia et la face postérieure de la rotule. Ces os sont maintenus en place par un certain nombre de ligaments assez forts. La rotule, qui est tirée en haut par le muscle droit antérieur, est retenue inférieurement par le ligament rotulien qu’il est facile de sentir, audessous de cet os, et que l’on voit s’attacher à la tu
bérosité antérieure du tibia. Entre les surfaces articulaires, il existe deux fibro-car filages que leur forme a fait appeler semi-lunaires ; ces surfaces sont en outre maintenues par deux ligaments dits croisés, situés profondément entre les os, et vers la partie postérieure de l’articulation et deux ligaments latéraux, l’un interne, et l’autre externe, qui s’attachent supérieurement aux tubérosités du condyle du fémur, et inférieurement d’un côté à la tôle du péroné, de l’autre à la face interne du tibia. Il existe aussi un ligament postérieur, qui est une sorte de membrane fibreuse, s’attachant derrière ies condyles du fémur et les tubérosités du tibia. Une membrane synoviale revêt en outre les surfaces articulaires. Le jarret forme un enfoncement borné de chaque côté par des muscles dont on sent facilement les tendons, lorsque la jambe est à moitié fléchie; ce sont surtout le biceps en dehors, et en dedans le demi-tendineux et le demi-membraneux. Au fond du creux du jarret, on rencontre, en allant du bord externe au bord interne, les deux divisions du nerf sciatique, la veine et l’artère poplitées, parties importantes, dont la lésion est grave, et que la nature a eu soin de mettre à cou vert au fond du creux poplité.
genou (maladies du), l°Zw#«ftons;dans!esdéplacements que peut éprouver cette articulation à la suite de chute , ou d’une violence quelconque, tantôt l’extrémité supérieure du tibia se porte en arrière ou en avant; c’est ce qu’on appelle la luxation du genou en arrière ou en avant; tantôt le déplacement du tibia a lieu latéralement et constitue la luxation interne ou externe du genou; ces dernières sont toujours incomplètes, c’est-à-dire que les os n’abandonnent pas entièrement les surfaces articulaires.
Dans la luxation en arrière , les condyles du fémur sont saillants, la rotule est abaissée, et sa face antérieure regarde un peu en bas; enfin il existe une dépression manifeste et caractéristique, audessous de la rotule, au lieu de la saillie que devrait former le tibia. Dans la luxation en avant, on sent antérieurement et au-dessus delarotule une saillie anormale, formée par les condyles du tibia; la rotule plus élevéquede coutume estinclinée à droite ou à gauche.
Les luxations latérales sont caractérisées principalement parla saillie anormale du tibia, en dedans ou en dehors. Le plus souvent il y a en même temps rupture des ligaments latéraux.
Les luxations du genou sont toujours des affections graves, à cause de l’étendue des surfaces articulaires et de la violence qu’a dû nécessairement avoir la cause qui a amené le déplacement. La réduction, qui se fait d’après les règles ordinaires, n’est pas en général diff'cile; on éprouve souvent plus de peine à prévenir les déplacements consécutifs, les extrémités des os luxés n’étant qu’incomplètement maintenus parles ligaments distendus ou déchirés. Aussi une guérison complète est-elle difficile. Cependant elle peut avoir lieu sans infirmités, ainsi qu’on le croyait autrefois. (Y . Luxation) .
Les autres maladies du genou n’offrant rien de spécial, nous renvoyons le lecteur aux articles généraux consacrés aux mots Articulations ( maladies
des). Cuisse ( fracture de la) Jambe ( fracture de la). Entorse, Hydrarlhrosc, Rotule (fracture delà), et surtoutau mot Tumeur blanche, affection dont le siège le plus ordinaire est au genou. J. P. Beaude.
gens de lettres (maladies des) ( hyg .). La profession d’homme de lettres n’est que l’exercice de certaines parties du cerveau, coïncidant avec une inaction plus ou moins complète des autres organes. Cet exercice ne peut manquer d’influer d’une manière plus ou moins évidente sur la santé de l’homme de lettres. Les travaux de l’esprit, en lui donnant plus de vigueur et de développement, nuisent au corps en entravant l’exécution des fonctions nécessaires à l’intégrité delà vie. L’abus et l’excès du travail en ce genre semblent transporter vers le cerveau les forces qui étaient utiles pour la confection des actes réparateurs ; ainsi le cerveau des gens de lettres se trouve dans les mêmes conditions que les bras des boulangers, des menuisiers, des pileurs, des serruriers; les jambes des danseurs, des coureurs, des tisserands ; les reins et le cou des ramoneurs ; le larynx des chanteurs, des cricurs de rue, etc. Nous allons examiner d’abord les maladies causées par l’exercice de l’organe de l’intelligence ; nous passerons ensuite aux maladies causées par l’inaction des autres parties de l’organisme; et dans une troisième partie nous exposerons le traitement de ces affections et les moyens prophilactiques et hygiéniques pour les prévenir.
Maladies caiiséespar V excès d'exercice des organes de l'intelligence, — Névroses.— Mélancolie et hypoclxondrie. — C’est une observation déjà faite depuis Aristote que lamélaneolieetl'hypochondrie semblent le triste apanage des gens livrés aux travaux de l’esprit. Les causes de ces affections sont nombreuses. Tout homme né avec des qualités supérieures tend à en obtenir le plus grand développement possible. Soit qu’il s’adonne aux sciences ou aux arts, soit qu’il s’expose aux tempêtes de la vie publique ; il cherche à s’élever, à s’illustrer, à fonder sa célébrité; il désire que son nom brille aux yeux de ses contemporains et de la postérité, il rêve sans cesse à la gloire; il veut, en un mot, comme l’a dit un grand écrivain, travailler toute sa vie à sa statue. Mais, pour parvenir à ce but, le sentier est rr.de, âpre et largement semé d’épines. Que de travaux à faire, que d’efforts à tenter, que d’obstacles à surmonter de la part des hommes et des choses ! et, par une censéquence inévitable, que d’inquiétudes et d’angoisses précordiales I que d’agitations intérieures à é[: rouvert que d’émotions, que de sensations, tantôt pénibles et douloureuses, tantôt pures et délicieuses, mais toujours vives, multipliées, extrêmes et retentissantes au plus profond de l’âme I La mélancolie se caractérise presque toujours par une idée fixe qui ordinairement enivre l’âme , et s’en empare totalement (Réveülé-Parise); ainsi on a vu que Pascal se croyait à côté d’un gouffre de feu; que Pierre Jurieu, tourmenté de coliques, les attribuait aux combats que se livraient -ans cesse sept cavaliers renfermés dans ses entraxes; que Spinello, après avoir peint la chute des anges. croyait constamment voir Lucifer lui repro-
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chant la figure hideuse sous laquelle son pinceau l’avait représenté, etc.
Les affections tristes prédominent de beaucoup dans l’hypochondrie ; souvent les hommes de génie sont livrés sans espoir de guérir à cette maladie ; ils vivent dans une continuelle fascination de terreur. Boerhaave (Prœlect. ad inst., t. II) rapporte l’exemple de Swammerdam, qui était tellement tourmenté par Yatràbtte, qu’à peine daignait-il répondre à ceux qui lui parlaient ; il les regardait et demeurait immobile. Quand il montait en chaire, souvent il y restait comme interdit, sans répondre aux objections qu’on lui faisait. Peu de temps avant sa mort, il fut saisi d’une fureur mélancolique, et dans un de ses accès il brûla tous ses écrits. Enfin il périt maigre et desséché comme un squelette, et conservant à peine la figure humaine.
La monomanie et les hallucinations ne sont pas moins fréquentes chez les gens de lettres ; on sait que le Tasse entendait des voix qui lui traduisaient ses propres pensées dans un cabanon de l’hôpital Sainte-Anne. Voici ce que ce grand homme écrit sur sa maladie à son ami Cataneo : « Quand je suis éveillé, il me semble apercevoir des feux scintillants dans l’air; quelquefois mes yeux sont si enflammés que je crains de perdre la vue et que j’en vois sortir des étincelles. D’autres fois j’entends des bruits épouvantables, des sifflements, des tintements, des sons de cloche , des frémissements comme des horloges qui se détraquent ou frappent l’heure.En dormant je m’imagine qu’un cheval se précipite sur moi et me renverse, ou que je suis couvert d’animaux immondes et repoussants; toutes mes articulations sont douloureuses. » Céphalalgie. — L’excitation prolongée de l’organe encéphalique détermine souvent l’engorgement des vaisseaux sanguins du cerveau, et produit de vives céphalalgies. « Chargé avant-hier, dit Zimmermann de composer un mémoire très-intéressant pour notre public, je résolus de l’expédier sur-le-champ, et m’y livrai avec une ardeur étonnante. Je fis toutes les recherches nécessaires, et composai le mémoire dans l’espace de quatre heures ; je me couchai bien portant, mais avec l’esprit plus animé que je ne l’ai eu depuis très-longtemps. Je dormis, mais hier en me levant j’eus un mal de tête comme je ne croyais pas qu’il y en eût dans la nature. J’étais presque hors de mes sens, et il ne me restait de jugement que pour me dire : voilà l’effet d’une trop forte contention d’esprit. Le mal alla en augmentant jusqu’à midi ; la crème de tartre, les bains de jambes très-chauds, les laits d’amandes et quelques petites prises de quinquina m’ont guéri. »
Tissot rapporte l’accident singulier arrivé au chevalier d’Epernay : après quatre mois de travaux assidus, il perdit, sans aucun symptôme de maladie, la barbe, les sourcils, enfin les cheveux et tous les poils du corps. Ce phénomène s’explique aisément par le manque de nourriture dans les petits bulbes qui servent de racine aux poils , manque de nourriture qui, selon Tissot, peut avoir trois causes : 1° les dérangements des fonctions de 1 estomac, premier organe de la digestion et de la nutrition; 2» la diminution de l’action de nerfs, qui i
ont tant de part à la nutrition, et qui, étant occupés par la tension de l’esprit, doivent mal fonctionner pour le corps ; 3° cette petite fièvre à laquelle quelques gens de lettres sont sujets, et qui, détruisant la lymphe nourricière, les rend pâles, maigres, et les jette enfin dans le dépérissement et la consomption , fièvre qui dépend elle-même de ce que quelquefois une forte contention d’esprit anime l’action du cœur et en rend les battements plus fréquents, plus ordinairement de ce que la digestion se faisant mal, et le chyle étant mal élaboré, il irrite les organes de la circulation, ce qui produit la fièvre, et si ceux de la respiration sont faibles et sensibles, une toux qui, jointe à la fièvre, peut dégénérer en fièvre lente et en élisie, mais qui ne veut point être traitée par les remèdes rafraîchissants, ni par ceux qu’on appe'le ordinairement béchiques, et qui augmenteraient la cause du mal On peut guérir cette affection par le seul usage de îa rhubarbe, et par les eaux chaudes et les eaux
Bonnes ou de Cauterets. (Voyez Cauterets) (eaux
minérales de).
Torpeur de T appareil nerveux. — Il arrive parfois, après des méditations et des veilles prolongées, que le cerveau éprouve une suspension totale d’action . la torpeur douloureuse de l’appareil nerveux, qui en est la suite, rend incapable de lier deux idées ; la pensée cesse de se manifester. Boerhaave dit avoir éprouvé cet état de stupeur après avoir veillé plusieurs nuits de suite dans son cabinet. On conçoit qu’une aussi profonde hébétation du système sensitif étant répétée doit être une des causes les plus destructives- de la santé.
Apoplexie. — L’insomnie ou un sommeil inquiet, l’agitation, un sentiment incommode de tension et de pesanteur dans la tête, succèdent également aux travaux forcés de l’esprit. Tous ces phénomènes annoncent la concentration vicieuse des forces vers l’organe cérébral ; leur prompt accroissement a quelquefois déterminé des apoplexies foudroyantes. Le 18 juillet 1734, on trouva Pétrarque mort d’apoplexie dans sa bibliothèque , la tête renversée sur un livre ; Curtius mourut à Leipsick, dans la chaire même où il professait. La Bruyère mourut d’apoplexie à l’âge de cinquante-deux ans, le 10 mai 1696. Daubenton, Rousseau, Spallanzani, Monge, Cabanis, Corvisart et beaucoup d’autres hommes célèbres ont aussi été frappés d’apoplexie.
Les personnes livrées aux travaux de l’intelligence sont quelquefois affectées de catalepsie, d’épilepsie, de somnambulisme, et d’une foule d’autres névroses que les bornes d'un article ne no;is permettent pas de traiter avec détail.
Maladies des genj& de lettres causées par Vinaction des autres parties de l’organisme. — Obstructions et engourdissement de l'appareil digestif. — Les parties qui se ressentent le plus tôt de la vie sédentaire sont celles dans lesquelles les vaisseaux naturellement faibles ont le plus besoin d’être aidées pour conserver au mouvement des fluides l’activité nécessaire, tels sont surtout les organes du bas-ventre. Par le manque d’exercice, l’estomac s’affaiblit, la digestion devient plus lente , pénible, imparfaite, parce que l'action des forces digestives étant diminuée, les Ciments n’éprouvent pas les changements né-
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cessaires pour une bonne digestion. Les intestins se trouvent dans les mêmes conditions; par la cessation du mouvement musculaire qui les anime puissamment, ces organes se trouvent affaiblis, et il s’ensuit des constipations et des amas de matières solides qui sont souvent la cause des coliques qui affligent les hommes de lettres Le suc pancréatique s'épaissit ; les fonctions du foie ne se font plus bien : la bile, retenue dans cet organe, s’obstrue, se durcit; la partie de la bile renfermée dans la vésicule biliaire s’y épaissit et forme des coner étions connues sous le nom de calculs biliaires, qui sont la cause des coliques les plus atroces, et dont on ne peut espérer la guérison que quand ils peuvent passer jusque dans les intestins et sortir avec les selles. Quand ils sont trop gros pour passer par le canal cholédoque, ou que les forces nécessaires pour faciliter leur sortie manquent, ou enfin quand ils sont situés dans des parties où ils ne peuvent point trouver d’issue, on est condamné à souffrir toute sa vie et à mourir cruellement. Tout le monde connaît les souffrances qui accompagnèrent les derniers jours de la vie de saint Ignace de Loyola, et qu’à l’ouverture de son cadavre (1556) on trouva des calculs dans la veine-porte.
L’obstruction et l’engorgement des viscères du bas-ventre sont aussi une des causes principales de l’hypocondrie dont nous avons parlé plus haut.
Maladie de là vessie. •*- La pierre et les maladies de la vessie sont encore très-fréquentes chez les gens de lettres Ces affections furent le supplice d’Heurnius, Érasme, Savonarola, Casaubon, Bévérovic, Sydenham , Leibnitz , Prideaux , de Lavigne, de Chapelain , poète français, de d’Alembert, qui ne voulut jamais consentir à se laisser opérer; de J. -J. Rousseau, affecté d’un catarrhe chronique de la vessie qui empoisonna une partie de son existence; de Charles Botta; du baron Dubois, etc. Enfin personne n’ignore qu’ après la mort de Buffon, on trouva cinquante-neuf calculs dans sa vessie, depuis la grosseur d’un pois jusqu’à celle d’une olive.
Phthisie pulmonaire. — Cette maladie est moins fréquente chez les gens de lettres des pays froids, mais elle est très-commune dans les pays chauds. Nous avons connu dans ces pays plusieurs étudiants en droit et en médecine être affectés de cette terrible maladie presque au début de leur carrière. Dans quelques collèges de la partie méridionale de la Sicile , pour prévenir les phthisies pulmonaires , on a le soin d’habituer les élèves à étudier sur une table à la Tronchin, dans laquelle l’élève peut rester assis ; le niveau de la table doit arriver jusqu’à la partie moyenne du sternum. Cette pratique a l’avantage d’empêcher la compression du foie et de l’estomac, qui favorisent les stases de sang abdominal ; d’empêcher les congestions cérébrales et pulmonaires, et la courbure prolongée du tronc.
Maladie des yeux. — Les désordres de la vue, occasionnés soit par l’action de la lumière artificielle sur l’œil , soit par la fatigue continuelle de cet organe, sont très-variés et très-bizarres chez les gens de lettres. Les plus communes, cependant, sont la
photophobie et la berlue ( Visio phantasmatum , myodésopsie). Cette dernière n’est autre chose qu’un commencement d’amaurose, et consiste dans un trouble de la vision et dans la vue d’objets imaginaires. On croit avoir devant les yeux, soit continuellement, soit par intervalles, des filaments, un réseau, des nuages, des insectes, des taches de différentes formes, etc.
Traitement et conseils hygiéniques. — Nous ne faisons ici qu’indiquer les préceptes hygiéniques une l’homme de lettres doit suivre pour prévenir ces maladies; quant au traitement de chacune d’elles, voyez Mélancolie, Hypochondrie, Apoplexie , Engorgements viscéraux, Catarrhes vésicaux, Amaurose, etc. Dès qu’un homme de lettres est véritablement malade, le premier conseil qu’on doit lui donner, c’est de l’engager à la cessation absolue de toutes ses études : quelque violent que lui paraisse ce moyen, il est indispensable. Il faut qu’il oublie, dit Tissot, qu’il y a des sciences et des livres; la porte de son cabinet doit être fermée pour lui, et il doit se livrer uniquement au repos, à la gaieté , aux plaisirs de la campagne : il n’y a que ce moyen de le tirer de ses méditations.
Pour prévenir les calculs de la vessie que nous avons vus être si fréquents chez les gens de lettres, il faut qu'ils fassent usage de l’eau en grande quantité, des eaux minérales alcalines et de petites bières bien préparées et suffisamment houblonnées. Cette boisson est extrêmement salutaire. Sydenham la regardait comme très-utile pour l’opposer à la formation des graviers, et il croyait fermement prévenir le pissement de sang auquel il était sujet. On croit assez généralement que ces mêmes boissons sont très-utiles pour les maladies des reins et. pour prévenir la formation du gravier et des calculs urinaires. On a déjà observé depuis long-temps que la pierre est moins commune dans les pays où l’on boit de la bière que dans ceux où l’on fait usage du vin et du cidre. Abraham Cyprianus, lithotomiste très-distingué du quinzième siècle, a rema**" qué que sur quatorze cents hommes qu’il avait opérés de la taille , il en avait trouvé plusieurs adonnés au vin et pas un seul à la bière.
John Sinclair dit aussi que dans le comté de Eife , en Écosse , la pierre et la gravelle sont des maladies extrêmement rares; ce qu’on attribue à l’usage que font généralement tous les habitants d’une sorte de bière légère, mais très-pure et très-douce.
M. Wautres , dans une pratique très-étendue à Wekeren et dans les environs, depuis plus de vingt-quatre ans, n’a jamais rencontré que six personnes incommodées de la gravelle.
En faisant des recherches sur les maladies des artisans et sur l’hygiène des professions, dans les brasseries que nous avons visitées nous n’avons pu trouver un seul ouvrier attaqué d’affections calculeuses. Quelques auteurs ont attribué une partie de ces bons effets de la bière au houblon, dont les propriétés diurétiques ont été très-exaltées. Ray assure que les calculeux sont moins communs à Londres , depuis qu’on y fait autant usage de houblon dans la bière.
L’homme adonné aux travaux de l’esprit doit
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choisir ses aliments, éviter les viandes noires, fumées , les fritures et les pâtisseries ; rechercher la viande tendre des jeunes animaux, la volaille, les légumes faciles à digérer, les œufs frais et le laitage. Il peut assaisonner ses mets avec de légers aromates, qui en faciliteront la digestion; les repas doivent être légers et la mastication complèle. Il faut, pour travailler utilement et conserver sa santé, ne se mettre à l’ouvrage que deux à trois heures après ses repas; chauffer le cabinet de travail par une cheminée et non par un poêle; faire usage d’une table à la Tronchin ou de celle que nous avons décrite plus haut.
Les bains froids sont d’une grande utilité pour les gens de lettres; ils donnent de la force à l’organisme affaibli ; mais il ne faut pas attendre que la faiblesse soit extrême , parce qu’ alors les bains feraient plus de mal que de bien.
Le quinquina est un remède très-puissant dans les épuisements qui sont la suite de trop d’application; il rétablit les digestions, fortifie les vaisseaux, facilite la sécrétion , etc.
Quant aux purgatifs, Ramazzini et quelques autres médecins anciens et modernes les préfèrent aux saignées. Nous terminerons cet article, en indiquant un passage des mémoires de Grétry. Voici les conseils que ce célèbre compositeur donne aux gens de lettres : « Garantissez- vous, dit-il, contre l’humidité des pieds pendant l’hiver, couchez-vous de bonne heure; mettez vos jambes dans l’eau tiède, si votre tête s’échauffe trop pendant le travail; choisissez des aliments sains et de facile digestion, et laissez les mets trop échauffants; prenez un remède d’eau froide tous les matins ; faites-la dégourdir pendant l’hiver ; ne buvez pas de vin sans eau habituellement; ne travaillez jamais après les repas, l’imagination est facile après la digestion du dîner; travaillez rarement le soir, si vous voulez une bonne nuit et un bon lendemain.
» Prenez le matin une tasse d’infusion de fleurs d’ortie rouge, faites-y fondre un petit morceau de colle de peau d’âne; si votre poitrine est échauffée, ce que l’on aperçoit par une petite toux sèche, prenez du sirop de vinaigre dans beaucoup d’eau. Si votre estomac est trop rafraîchi, prenez un verre de vin de Bordeaux après le repas.... La vie sédentaire d’un homme de cabinet échauffe et tient en stagnation l’humeur, qu’il faut nécessairement expulser avec précaution. Quant au régime habituel, purgez-vous au printemps et à l’automne avec une médecine douce.... »
Quoique ces idées se ressentent un peu des doc- 'rines humorales qui régnaient à cette époque en Kalie, elles ne renferment pas moins des préceptes fort utiles, et l’expérience personnelle d’un profond observateur.
Enfin, si les gens de lettres partageaient le temps mtre les études et le délassement ; s’ils avaient le soin d’allier les douceurs de la vie civile aux travaux littéraires, ils pourraient parcourir leur carrière avec moins d’infirmités et parvenir à un âge plus avancé. N’a-t-on pas vu, à diverses époques et dans des climats entièrement différents , des hommes se livrer avec ardeur aux lettres ou aux sciences les plus abstraites, à celles qui exigent la
plus grande application d’esprit, parvenir à un âge très-avancé, sans infirmités graves? Thucydide, Juvénal, Young, Rollin, Platon, Polybe, Anacréon, Newton, Buffon, Fleury, Piron, Franklin, Métastase, Voltaire, de Saint-Pierre (P abbé i. Cassini (Dominique), Swedemborg, Mirabeau (Jean- Baptiste), Crébillon père, et beaucoup d’autres vécurent de quatre-vingts à quatre-vingt-dix ans; Sophocle, Zénon, Simonide, Saadi, Vida, Hans- Ploan, Saint-Évremont, de quatre-vingt-dix à cent ans; Hérodien, Fontenelle, Gorgias (de Sicile), de cent à cent sept ans; et enfin, le plus grand et le plus modeste des philosophes et des médecins de l’antiquité, le vertueux vieillard de Cos poussa son immortelle et honorable carrière jusqu’à cent neuf ans.
S. Furnari et A. Chevallier.
GENTIANE ( bot .), s. f. Gentiana. Ce genre de plantes doit son nom à Gentius, roi d’Illyrie, qui en fit connaître, dit-on, les principales vertus. Il n’en est pas dans le règne végétal qui vienne mieux à l’appui de cette vérité, qu’une grande similitude dans ies formes entraîne avec elle une très-forte analogie dans les propriétés. Toutes les gentianes sont amères sans être âcres ni astringentes ; le degré d’amertume varie seul dans les différentes espèces. Elles habitent en général les prairies humides, et c’est dans les hautes montagnes qu’on les rencontre le plus communément. Le principe amer de la gentiane a été découvert par MM. Guillemin et Jacquemin, dans la racine de la grande gentiane, et nommé par eux gentianin ; il s’y trouvait accompagné de gomme, de résine , de sucre incristallisable et de divers sels à base de chaux , d’alumine et de magnésie. Les racines de gentiane doivent à la présence de ce sucre incristallisable la propriété de fournir de l’eau-de-vie, en distillant l’eau dans laquelle cette racine a fermenté. Les principales espèces de gentianes emplovées sont :
La gentiane jaüne ou grande gentiane ( G . lutca) ; cette belle plante croît dans les moutagnes de la Bourgogne, de l’Auvergne, dans les Alpes et dans le Jura. Sa racine est jaune, rameuse, et souvent de la grosseur du pouce dans le voisinage du collet. On l’administre sous la forme de poudre, de vin, de teinture et d’extrait. Son goût est franchement amer et convient dans une foule de maladies variées; elle fortifie l’estomac en favorisant la digestion : aussi dans les cas d’inappétence, de fièvres intermittentes, de flueurs blanches, de scrofules, elle peut aider puissamment les efforts bienfaisants de la nature. Associée cà l’iode dans ies cas d’ulcères, de tumeurs, de caries scrofuleuses; combinée avec le fer pour les personnes affectées de leucorrhée; administrée seule dans les cas de fièvre intermittente ou de débilité d’estomac; nous l’avons vue souvent jointe à un régime hygiénique terminer des maladies qui duraient depuis plusieurs années.
La gentiane sans tige (G. acaulis) étale dans ies Hautes-Alpes ses clochettes du bleu indigo le plus pur; sa racine, qui est très -petite, est d’une amertume excessive, et si ce n’était son peu de volume, on l’emploierait de préférence à celle de la grande