GER
gentiane, de la gentiane pourprée (G. purpurea) , qui servent quelquefois de succédanés à la gentiane jaune. Aux Étals-unis, nos gentianes sont remplacées par le G. Cateshoei, dont l’amertume est encore plus forte. Au Bengale, c’est le G. chirayita, que les médecins du pays emploient comme amère et purgative, et en Angleterre elle a été prescrite r ntre la goutte. Martins.
géranium (bot.) , s. m. C’est un genre de plantes qui a donné son nom à la famille des géraniacées; ces plantes, qui sont toutes d’agrément, ne sont pas usitées en médecine , une seule a été employée, c’est l’herbe à Robert, Géranium Rdbertianum; celte plante pousse partout sur les murs entre les pierres; son odeur est un peu fétide et sa saveur légèrement amère; on s’en sert comme astringent, en gargarisme dans les maux de gorge, à la dose d’une petite poignée dans une chopine d’eau ; on l’applique ea cataplasmes dans les tumeurs que l’on veut résoudre , dans l’engorgement des mamelles, dans l’œdème ; on la dit aussi utile dans les hémorrhagies passives, les fièvres intermittentes, la jaunisse, la gravelle, etc., mais ces propriétés sont loin d’être démontrées d’une manière suffisante.
gerçures fpath.J, s. f. ( Voyez Crevasses.)
germandrée [bot.J, s. f., plante de la famille des labiées : didynamie gymnospermie de Linné. Il existe un assez grand nombre d’espèces de ce genre, mais la germandrée officinale est seule employée en médecine; on lui donne vulgairement le nom de petit chêne, à cause de la ressemblance de son feuillage avec celui de cet arbre. C’est une plante vivace, à tige rampante dont les ramifications sont dressées , quadrangulaire et haute de quatre à huit pouces; elle est très-commune dans les bois des environs de Paris où elle fleurit enjuillet. Sesfleurs, qui sont comme celles de toutes les labiées, sont reconnaissables à un calice tubuleux strié à cinq dents , la corolle est rose, la lèvre supérieure n’est formée que par deux petites dents séparées par une fente profonde à travers laquelle passent les étamines ; ces fleurs sont groupées par quatre ou cinq à l’aisselle des feuilles supérieures. Cette plante est rangée dans la classe des amers; on l’a conseillée comme pouvant remplacer le quinquina dans les fièvres intermittentes , mais ses propriétés ne sont pas assez énergiques pour que l’on puisse la regarder comme un succédané de ce médicament : on emploie seulement lés sommités séchées que l’on fait macérer dans du vin ou infuser dans l’eau à la dose d’une demi -once pour une pinte de liquide. Cette boisson est utile à la suite des fièvres intermittentes longues, et dans tous les cas où les amers sont indiqués. j g
gérofle OU girofle (6 ot.), s. m. On donne ce nom ou plutôt celui de clous de girofle, à un produit d’une plante de la famille des myrtes, et que l’on désigne sous le nom de géroflier ou caryophillus aromaticus; c’est un arbre assez élevé, qui croit dans les Moluques, à la Nouvelle-Guinée; sa culture vers la fin du dernier siècle à été introduite à l’ile Bourbon, et depuis à Cayenne; son nom lui vient
de son odeur qui ressemble à celle de la giroflée rouge. Long-temps le commerce du gérofle avait été réservé aux Hollandais qui le concentraient , ainsi que sa culture , dans les îles de l’Archipel indien ; ç’est à Poivre que l’on doit l’introduction de cette plante dans les colonies françaises. Le gérofle est ia fleur non épanouie du géroflier, sa forme lui a fai! donné le nom de clou , la partie allongée est formée par le calice, qui, par sa partie supérieure e élargie, forme avec les pétales non développées la tête du clou; on cueille à la main, ou on abat avec des roseaux ces fleurs non développées, on les fait sécher à l’ombre , et ensuite on les livre au commerce. Un géroflier vigoureux donne de cinq à vingt livres de clous de gérofle; il existe plusieurs variétés de géroflier, mais le plus estimé est le géroflier royal. Le gérofle recueilli comme nous venons de l’indiquer est de couleur brune, gros, lourd, odorant, il doit être pourvu de sa tête, et lorsqu’on le râpe avec l’ongle il donne de l’huile , sa saveur est brûlante et amère. Le gérofle de Cayenne est plus blanc, moins gros et moins lourd que celui des Moluques, qui est le plus foncé et le plus estimé.
Le gérofle est très -employé dans la cuisine comme condiment pour donner un goût agréable à certains mets ; il est important de n’en point faire un usage trop général et de ne point l’employer en trop grande quantité, car il peut déterminer de la constipation et l’irritation des voies digestives. En médecine on emploie rarement le gérofle; il est considéré comme un stimulant et un stomacl ique énergique , on peut l’employer en poudre pilé avec delà gomme et du sucre , la dose de gérofle doit être de quatre à six grains; on prépare aussi des teintures qui peuvent être employées àla même dose, mais elles sont surtout usitées comme cosmétique pour rincer la bouche; elles entrent avec la cannelle dans la préparation de l’eau de Botol. On prépare aussi avec le gérofleune huile essentielle qui est très-rare et très-active et qui est souvent mise en usage pour cautériser les nerfs des dents cariées : on trempe un peu de coton dansTessencede gérofle, etonl’introduildanslecreuxdela dent; ce moyen, qui n’est pas toujours efficace, a souvent l’inconvénient de cautériser les gencives et de déterminer de l’inflammation dans la bouche ; celte huile pourrait être aussi employée en friction à l’extérieur comme un puissant stimulant; on a remarqué que celle qui avait été préparée aux Moluques était beaucoup plus active que celle que l’on faisait en Europe.
Le gérofle est aussi employé par les parfumeurs dans la confection des sachets aromatiques et des diverses eaux de senteurs ; on prépare avec les clous qui ont servi à la distillation des petits paniers et divers objets qui sont très-estimés ; les clous conservent encore assez d’odeur pour être seulement agréables. Toutes les parties du géroflier exhalent l’odeur que présentent les clous , mais à un degré moindre; lorsqu’on laisse développer les boulons, ils donnent de belles fleurs d’un rose pâle et d’une odeur beaucoup plus douce ; elles sont suivies d’un | fruit qui est un drupe, qu’on appelle anthoftc mère 1 de gérofle ; il est de la grosseur d une prune a i’o-