‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 254 sur 316 · GIN · texte numérisé non relu

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2° Courbure de la colonne directement en arrière (Cyphose). Cette déviation peut être le résultat de la carie du corps d’une ou plusieurs vertèbres ; son siège ordinaire est alors aux reins. Dans ce cas, cette infirmité est incurable; il serait même dangereux de tenter de la guérir par des moyens mécaniques. Dans d’autres circonstances, la cyphose a son siège dans la région dorsale, et l’on dit vulgairement que les personnes qui en sont affectées ont le dos voûté. Cette maladie affecte alors principalement les enfants et les vieillards. Chez les enfants , elle est presque toujours la suite d’une faiblesse musculaire et d’une mauvaise position habituelle, quelquefois dumyopisme, qui l’oblige à se baisser pour écrire et voir les objets; chez les vieillards, elle tient presque constamment àl’babitude d’une position. C’est ainsi qu’on l’observe chez les laboureurs et les artisans qui, par suite de leurs occupations , sont constamment baissés. On l’a vue survenir chez des femmes qui , à quarante ans , avaient cessé de porter des corsets.

On combat la cyphose qui se montre dans le jeune âge par l’emploi de corsets, par une bonne attitude et par des avertissements répétés : la gymnastique, la natation, la danse, l’escrime, l’exercice militaire, si efficace chez les jeunes conscrits de la campagne, réussissent ordinairement. On ne doit pas du reste négliger les fortifiants à l’intérieur, tels que les amers, les toniques, les préparations de fer, etc. On devra, en outre, bannir les lits de plumes et les oreillers.

La cyphose des vieillards est presque toujours incurable.

3° Courbure de la colonne directement en avant (Lordose). Cette espèce de déformation est trèsrare ; on l’a observée plus souvent au cou et aux reins qu’au dos. Elle reconnaît pour cause le rachitisme , un accroissement trop rapide, les mauvaises attitudes des femmes enceintes, des marchandes qui portent des éventaires, etc. Lorsqu’elle siège au cou, la tête est enfoncée dans les épaules, et la face regarde en haut. Dans la lordose des reins, les viscères abdominaux sont comprimés et plus ou moins gênés. On combat cette . affection en éloignant les causes efficientes , et en combinant l’emploi des fortifiants avec celui des exercices de suspension et d’extension indiqués déjà pour la scoliose. 3. P. Beaüde.

gimbernat (Ligament de ) ( anat .), s. m., nom donné à un ligament qui concourt à la formation de l’arcade crurale. (V. Aine.)

gingembre (bot . et mat . méd.J s. m . On désigne sous ce nom la racine du zingiber officinal is R. ou amomum zingiber L., qui est une plante vivace de la famille des scitaminées, monandrie monogynie; elle croit dans l’Inde, en Chine et à Java ; sa tige est haute de dix pouces à deux pieds, ses racines sont rameuses, superficielles , tubéreuses et charnues ; ce sont presque des tiges superficielles qui rampent à peu de profondeur dans le sol ; lorsqu’elles sont fraîches, elles sont roses, odorantes , tendres et charnues ; séchées, elles deviennent grises et conservent leur odeur forte et aromatique ; dans cet état, souvent les racines ont une couleur noire,

ce qui a fait distinguer le gingembre en blanc et en noir; le premier est le plus estimé, caron regarde le gingembre noir comme mal conservé et d’une qualité inférieure au gingembre blanc. L’analyse du gingembre, par M. Morin de Rouen, a fait constater dans cette racine la présence d’une résine et d’une huile essentielle bleu verdâtre, de l’acide acétique libre, de l’acétate de pc tasse, de l’osmazôme,dela gomme, de l’amidon, du soufre, etc. C’est aux premières de ces substances que sont dues les propriétés âcres , piquautes et stimulantes de la plante; l’huile volatile surtout est d’une âcrelé extrême et communique à l’eau la saveur poivrée que l’on rencontre dans la racine.

Le gingembre est surtout employé dans l’Inde et à la Chine comme condiment; on le mêle aux aliments dont il rehausse le goût, et l’on sait que les Asiatiques supportent des aliments d’une saveur qui serait intolérable pour un Européen : le piment et le bétel en offrent des exemples. A l étal frais on prépare avec le gingembre des conserves en faisant baigner ses racines convenablement préparées dans du sirop de sucre ; elles sont souvent employées dans cet état en Europe et elles arrivent candies; elles sont mangées au dessert, et avec le thé ; on les considère comme propres à favoriser la digestion et même à stimuler l'app tit.

A l’état sec, le gingembre est souvent employé en poudre en Allemagne, on en saupoudre souvent les viandes et les ragoûts, on le met dans les sauces; en Angleterre on le mêle dans la bière, et l’ébullition ne lui fait perdre aucune de ses propriétés aromatiques. En médecine on emploie cette substance comme alexitère sudorifique et cordial; elle entre dans la composition de la thériaque , du diascordium, du mithridate,dela confection II amèc; les Anglais en font encore un fréquent usage. Quoiqu’il soit très-peu employé chez nous, c’est surtout dans certaines coliques, dans les catarrhes pulmonaires chroniques qu’on l’emploie avec utilité.

On prépare avec le gingembre une infusion dans laquelle cette racine est employée à la dose d’un à deux gros pour une chopine d’eau ; la teinture de gingembre se prépare avec une partie de racine pour huit d’alcool ; elle s’administre à la dose de quarante à cinquante gouttes. On fait également un sirop et des pastilles de gingembre qui sont assez usités à l’étranger, et qui jouissent des mêmes propriétés que les autres préparations. J .-P. Beaube.

gingivite ( path ), s. f. C’est l’inflammation des gencives. (V. ce mot.)

GiNGiiTME ( anat .), s. m. (du grec ginglumos, charnière, gond) ; nom donné à une articulation qui ne permet que des mouvements dans le sens angulaire. (Y. Articulation.)

ginseng (mat.méd.) s.m. On désigne sous cenom u mieux encore sous celui de gin-seng ou gen-seng, i racine d’une plante qui est fort recherchée en bine et au Japon; on lui attribue les propriétés les lusmerveilleuses : c’est un remède contre toutes les laladies; les Chinois le vendent un prix très-cher, ar elle est rare, et ce n’est qu’avec une peine exrême que l’on opère sa récolte ; comme elle croit les montagnes de la Tartarie, on dit qu il faut

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une armée pour accompagner les hommes qui vont la recueillir. Long-temps cette racine fut connue en Europe sans que l’on sût quelle était la plante qui la produisait; l’on s’en procura enfin des dessins et l’on reconnut qu’elle appartenait a la famille des ombellifères ; le père Lafiteau la retrouva au Canada, celait 1 epannax quinquefolium de Linné. La joie fut très-grande parmi les savants ; on croyait avoir trouvé la panacée universelle, car d’après l’opinion des Chinois, il n’est pas une maladie qui puisse résister à 1 usage de ce précieux remède dontl’empereur Kien-Longdisait qu’il rendrait immortel, s’il était donné à l’homme de pouvoir acquérir cette faculté.

La nouvelle racine fut portée à la Chine, et les Européens firent avec ce commerce des bénéfices considérables ; mais le gin-seng devenant trop commun , on trouva que ses propriétés étaient moins efficaces ; on déclara alors que celui qui était importé par les étrangers était de faux ginseng, l’on brûla tout celui qui fut soupçonné d’étre frauduleux et l’on prohiba son entrée; depuis cette époque il a recouvré en Chine toutes ses vertus ; mais il n’en est pas de même chez nous : les expériences faites surleginsengquinous a été apporté de Chine et du Canada ont prouvé que cette racine, qui pouvait être alimentaire, en raison de là grande quantité de fécule qu’elle contient, ne jouissait d’aucune propriété médicale; aussi l’usage du gin-seng est-il complètement abandonné. J. B. girofle. (V. Gérofle.) gira'JMON (bot.), s. m. C’est le nom d’une espèce de courge. (Y. Courge.)

GLABRE (bot.), adj. Se dit principalement en botanique d’une surface privée de poils.

glace (phyl. et hyg.), s. f. C’est le nom que l’on donne à l’eau congelée; la glace s’emploie comme remède et comme comestible rafraîchissant. Comme moyen thérapeutique , la glace est surtout usitée pour empêcher le développement d’une inflammation; ce médicament demande à être mis en usage seulement par le médecin , car il pourrait résulter de graves inconvénients d’applications réfrigérantes, faites sans opportunité; l’eau fraîche et l’eau refroidie à la température de la glace fondante sont plus souvent employées que la glace elle-même. (V. Froid.)

La glace fait aussi fréquemment la base des rafraîchissemens que l’on prend pendant les chaleurs de l’été ou dans les réunions du monde; ces rafraîchissements ne sont pas toujours sans inconvénients, surtout lorsqu’ils sont pris en grande quantité, ou lorsque l’on a trop chaud; des congestions et des inflammations graves des organes intérieurs ont souvent été la suite de l’ingestion des glaces ou des boissons glacées. Dans les grandes chaleurs de l’été, on a vu des glaces donner lieu à des vomissements et à des accidents tellement graves que i’on -pouvait les considérer comme les résultats d’un empoisonnement; des visites ont même été faites par la police chez des glaciers, à la suite d’ accidents de ce genre, et l’examen le plus minutieux n’a démontré aucune absence de soin , ni aucun mauvais procédé dans la préparation de ces

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rafraîchissements. Pourles propriétés physiques et chimiques de l’eau congelée, voy. Eau. J. B.

glaire (path.), s. f. On donne ce nom à des mucosités épaisses et filantes, semblables au blanc d’œuf et qui sont sécrétées par les membranes muqueuses affectées de sub-inflammation. Ces humeurs, que l’on a cru pendant long-temps des causes de maladies, ne sont que des produits morbides qui disparaissent lorsque l’on a fait cesser la causes qui les déterminent ; on voit par ce simple exposé que lesmaladies dites glaireuses ne sauraient exister, et que c’est à tort que l’on dirige un traitement contre une prétendue cause qui elle-même est subordonnée à une affection qu’il importe de guérir, si on veut voir disparaître une sécrétion qui ne présente aucun autre danger que ceux de la maladie qui la déterminent. On doit surtout, dans ces cas, se défier des purgatifs qui sont presque toujours les remèdes indiqués-par les charlatans dans les affections glaireuses ; il existe un élixir dit antiglaireux qui est composé des purgatifs résineux les plus énergiques et dont nous ne saurions trop défendre l’usage : car , entre des mains inexpérimentées, un purgatif de celte nature peut avoir le plus fâcheux résultat. Les maladies dont nous parlons, qui, presque toujours, sont des inflammations chroniques, peuvent souvent être ramenées à l’état aigu par ce remède et avoir la terminaison la plus funeste. ^

gland (mat.méd), s. m., fruit du chêne, quercu s. C’est une noix monosperme formée d’une cupule écailleuse, enveloppant en partie la semence; celle-ci est lisse , sans suture apparente , et de grosseur variable, suivant les espèces; sa forme est tantôt ronde, tantôt ovale; sa couleur verte dans la partie apparente; sa saveur généralement acerbe, âpre et désagréable. .

Il est fort douteux que les premiers habitants de îa Grèce aient pu se nourrir exclusivement de gland, comme il en est fait mention dans les saintes Écritures; il est plus vraisemblable quils donnaient ce nom aux fruits de divers arbres dont les semences étaient renfermées dans un péricarpe osseux ou membraneux. Cependant quelques, espèces de chêne fournissant des fruits assez doux pour être comestibles , tels sont ïesculus et le ballotta , peut-être n’étaient-elles pas inconnues des anciens, et ne doivent-elles pas àlaculture moderne ce précieux avantage. Ce qu’il y a de certain, c est qu el. les forment encore de nos jours , en Espagne , en Portugal, en Afrique et même en Grèce, une partie importante mais non pas exclusive de la nourriture des habitants. .

Nous croyons devoir, à l’appui de cette opinion, extraire le passage suivant d’une traduction de Pline le naturaliste, par Antoine de Pinet, en 1543 . « Il est encore des nations, dit cet ancien auteur, qui ne savent que c’est que de guerre, lesquelles n’ont autres richesses que de gland. E temps cherté on fait de farine et de pain de glai-d. Parla loi des douze tables, est permis à chacun de cueillir son gland qui serait tombé sur le fo«dsd a trui (Cette circonstance tendrait a prouver que

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mot glaner dérive de celui de gland ) . Au reste il y a plusieurs sortes d’arbres, dit-il encore, qui néanmoins sont différents et en fruits et en territoire, et en sexe , et en goût ; car les veillottes sont faites d’une sorte , et les glands des chênes communs d’une autre. Il y a des chênes sauvages qui sont comme privés, pour ce qu’on les cultive. Les uns aussi aiment la montagne, les autres nepourraient vivre qu’en plaine. Finalement, il y a des chênes mâles et des chênes femelles. Encore y a-t-il différence en lasaveur des glands; car les veillotes sont plus douces que tous autres glands. Aussi Cornélius Alexander dit que ceux de Chios ou Sio se maintinrent et gardèrent leur ville encore qu’elle fût bien étroitement assiégée, n’ayant autre munition que les veillottes, de sorte qu’ils contraignirent l’ennemi à lever le siège. »

Les temps modernes fournissent aussi un exemple de l’emploi du gland au temps de famine : en France, lors de la disette de 1709, les malheureux furent obligés d’avoir recours à cette chétive ressource, devenue pour eux exclusive. Réduit en farine et converti en pain, le gland commun ou sauvage devint dans celte circonstance un objet de consommation considérable. Fort heureusement une semblable calamité n’est plus à craindre depuis que grâce à Parmentier la pomme de terre, ce tubercule si riche en principe nutritif, s’est multiplié si abondamment dans nos campagnes.

La proportion assez notable de fécule amylacée que contient le fruit du chêne rouvre ou commun, quercus robur, a fixé l’attention des économistes, et ils ont cherché, pour l’approprier à la nourriture de l’homme, à le priver de la saveur âpre qui le distingue. C’est ainsi qu’on y parvient, suivant M. Bosc, en faisant cuire le gland dans une lessive alcaline, après toutefois avoir séparé les deux enveloppes de l’amande, le tegmen et la torique."Rien que le procédé soit simple, il est cependant peu applicable en grand , et surtout lorsqu’il s’agit, comme dans les temps de disette, de fournir aux besoins d’une nombreuse population. Si l’on en juge par analogie, peut-être conviendrait-il mieux de les soumettre à une légère torréfaction. Ce qu’il y a de certain c’est que le gland d’yeuse, quercus ilex, acquiert, en cuisant sous la cendre, un goût de noisette assez prononcé.

Sous l’empire, lors de l’établissement du système continental, quelques économistes industriels imaginèrent de remplacer le café par le gland torréfié réduit en poudre. Cette substitution reçut la qualification un peu ambitieuse de café indigène, mais la saveur de ce succédané rappelait trop imparfaitement celle du café exotique pour le faire oublier.

Le gland, dans l’état où la nature nous l’offre, ne paraît pas contenir de tannin; mais après la cuisson au four, à une température de 80° Réaumur, on trouve qu’il s’en produit une quantité assez notable. Cette circonstance se présentant également dans la torréfaction du café, il y a lieu de croire ^Vait supposé Vauquelin, que l’albuminé végétal, dont la formation précède toujours le tannin, fournit les éléments de sa composition Ce qu’il y a de certain, c’est que le gland acquiert par cette

opération un degré d’astringence très-prononcé» on a quelquefois mis à profit cette propriété dans l’usage médical, et elle pourrait trouver dans les arts d’utiles applications.

COUVEKCHEL,

de l’Académie de Médecine et de la Société de Pharmacie.

gland ( anat .), s. m. On donne ce nom à l’extrémité du pénis et du clitoris. (Voyez ces mots et Génital ,)

glande ( anat .), s. f., de glana, fruit du chêne; en grec aden. Ce nom a été donné à divers organes bien distincts et bien différents, quant à leur nature et à leurs fonctions. On a appelé ainsi : 1® certains organes de forme obronde , et pourvus de conduits excréteurs qui séparent du sang un liquide particulier; tels sont le foie, le testicule, la parotide, les follicules, etc., elles sont dites glandes conglomérées; 2® des petits corps arrondis globuleux que l’on rencontre de distance en distance sur le trajet des vaisseaux lymphatiques, surtout au cou, aux aisselles, à l’aine et qu’on nomme encore ganglions lymphatiques, glandes conglobées ; 3° divers corps dont les fonctions sont inconnues, telle est la glande pinêale du cerveau.

1® Glandes proprement dites, glandes conglomérées.— On peut en faire deux classes, entre lesquelles il est toutefois impossible d’établir une ligne de démarcation bien tranchée; l’une renferme les glandes les plus parfaites et les moins équivoques ; l’autre comprend les follicules. Dans la première classe sont rangées les glandes lacrymales } dans chaque orbite destinée à sécréter les larmes ; les glandes salivaires, au nombre de trois de chaque côté, savoir : la parotide, la maxillaire et la sublinguale, qui fournissent la salive ; le pancréas et le foie, qui versent dans l’intestin duodénum, la première le fluide pancréatique, la seconde la bile; les reins (qu’on nomme vulgairement rognons chez les animaux), un de chaque côté dans l’abdomen, qui sécrètent l’urine; les deux, testicules, qui fournissent le sperme chez l’homme ; les deux ovaires chez la femme, d’où se détache l’œuf, .premier rudiment de Fembryon; enfin les mamelles, organe sécréteur du lait. La forme de ces glandes est irrégulièrement arrondie, leur volume est très-variable : c’est ainsi que le foie pèse de trois à quatre livres, et que les glandes lacrymales, sublinguales, et les ovaires ont à peine le volume de la moitié du pouce. Elles sont pourvues de conduits excréteurs qui versent, soit à la peau, soit à une membrane muqueuse, le liquide particulier qu’elles ont sécrété dans leur intérieur. (Voyez pour les détails le mot Secrétion, et chacune de ces glandes en particulier.)

Les follicules ou cryptes sont de petits sacs ou replis en forme de bourses, situés dans l’épaisseur de la peau ou d’une membrane muqueuse, et dont les parois sécrètent un fluide versé au dehors par une ouverture étroite que présente leur sommet. Cette matière sébacée (vulgairement vers de peau), que font sortir certains individus en pressant les ailes du nez, n’est autrechose que l’humeur sécrétée par les follicules de cette partie du corps. Les amygdales ne sont que des amas de ces petits organes ; il

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en est de même des glandes dites de Brunner et de j Beyer, qui existent à la partie interne des intestins. A la peau, les follicules ont pour fonctions de sécréter une matière grasse destinée à lustrer l’épiderme et à empêcher les poils de se feutrer; ils sontsurtout abondants à la face, aux aisselles, aux parties génitales, etc. Les follicules des membranes muqueuses fournissent divers liquides muqueux, cérumineux, etc., destinés à lubréfier les surfaces avec lesquelles ils se trouvent en contact.

2° Glandes conglobées, ganglions lymphatiques . — Ils sont situés, comme nous l’avons dit, sur le trajet des vaisseaux lymphatiques qui s’v rendent d’une part et en sortent de l’autre. Leur volume varie, dans l’état de santé, depuis celui d’une lentille jusqu’à celui d’une amande ; leur forme est arrondie ou oblongue et un peu aplatie; ils sont en général d’un blanc rougeâtre, mais leur couleur varie un peu suivant les régions ; c’est ainsi que ceux des poumons sont noirâtres, ceux des environs du foie jaunâtres, etc. Il existe beaucoup de ces ganglions au cou, aux aisselles, dans l’aine, vers la racine des poumons, et dans le mésentère; mais on n’en a pas rencontré dans le canal vertébral; on ignore leur usage, d’après leur position ils doivent être traversés par le fluide que charrient les vaisseaux lymphatiques, sans qu’on sache quelle espèce de modification ils font subir à ce fluide. Les petits corps arrondis, roulants, qui se développent sous la peau du cou des personnes qui, ayant chaud, se sont refroidies, ou qui ont été soumises à une autre influence morbide, ne sont que des ganglions lymphatiques engorgés. (Y. Lymphatiques ( vaisseaux ).

3° On ne saurait rien dire de général sur la troisième classe des corps auxquels on a donné le nom de glandes. (Y. Pinéale, Thyroïde, etc.)

maladie des glandes.— 1° Les glandes proprement dites sont susceptibles d’éprouver tous les genres d’altération auxquels sont soumis les autres organes. Elles sont assez souvent le siège de dégénérescence cancéreuse : le foie, le testicule, et surtout les mamelles, y sont plus particulièrement exposés. (Voyez pour les détails chacun de ces organes en particulier.) Pour les affections des follicules , nous renvoyons le lecteur aux mots Peau et Muqueuses (maladies) et à Varus.

2° Les maladies des glandes conglohèes ou ganglions lymphatiques sont intimement liés à celles des vaisseaux lymphatiques du même nom, et noue n’indiquerons ici que quelques détails particuliers aux ganglions : ils sont susceptibles de s’engorger, comme on le voit souvent , au cou à la suite d’une angine , d’une affection cutanée à la tête, ou d’une autre maladie ; il en est de même à l’aine à la suite d’une longue marche ou d’une plaie de la jambe ou du pied. Les anatomistes qui se piquent en disséquant sont très-exposés à l’engorgement et à l’inflammation des glandes de l’aisselle. Souvent, en effet, lorsque la cause irritante a agi avec énergie, il n’y a pas seulement engorgement, mais plus tard inflammation et suppuration des ganglions; l’abcès qui se forme alors est presque toujours accompagné de fièvre et de symptômes généraux.

Il importe de ne pas confondre ces abcès avec ceux qu’on observe dans la scrofule (écrouelle, humeurs froides) . Les ganglions lymphatiques, dans cette dernière affection, ont subi une altération particulière ; ils se sont convertis en tubercules.

, Beaucoup d’autres causes spécifiques peuvent déterminer l’inflammation et la suppuration des ganglions ; les bubons qu’on observe dans la syphilis et la peste, sont une affection de ce genre.

Le simple engorgement des ganglions, dû à une marche forcée, à l’action du froid, à une angine, à une inflammation locale de la peau, est une affection légère qui se guérit spontanément. Il faudra vêtir chaudementla partie affectée, et porter toute son attention sur la cause du mal. Lorsque l’inflammation ganglionnaire survient à la suite d’une

plaie négligée ou d’une piqûre, elle exige plus de soin ; on a à redouter alorsla formation d’un abcès, surtout s’il existe de la fièvre; il faudra recourir, dans ce cas, au traitement antiphlogistique : des sangsues seront appliquées sur les ganglions enflammés, la plaie ou la piqûre, point de départ du mal, sera recouverte de cataplasme de farine de graines de lin, et le malade sera mis à une diète convenable. (Voyez du reste, pour les maladies des ganglions, les mots Abcès, Bubons , Lymphatiques {maladies des), Peste, Scrofules , Syphilis et Tubercules. J. P- Beaude.

glandulaire (anat.), adj. Se dit en anatomie des corps qui ontla forme et l’aspect d’une glande.

glaucome ( path .), s. m. Le glaucôme, désigné encore par le nom de glaucedo, glaucosis, cataracte verte, etc. , est une affection qui a pour caractère principal la couleur vert de mer que prend le fond de l’œil, avec perte plus ou moins complète de la vue.

Les ophthalmologistes ne sont pas d’accord sur les causes du glaucôme ; les uns l’attribuent à une dégénérescence du corps vitré , les autres à une inflammation chronique de cette humeur. Quelques ophthalmologistes allemands l’attribuent à un vice arthritique. Ce qu’il y a de certain, c’est que le glaucôme est une maladie du corps vitré et de la rétine, et qui survient quelquefois après des contusions du globe de l’œil, et à la suite des ophthalmies. Cette maladie attaque de préférence les femmes qui ont dépassé l’âge critique, les individus bilieux ayant les yeux bruns sujets aux affections intestinales , ou hémorrhoïdales.

Les premiers symptômes du glaucôme sont à peu près les mêmes que ceux de l’amaurose en général. Le glaucôme commençant se manifeste par des douleurs dans l’œil et la tête. L’individu affecté aperçoit d’abord un brouillard très-distinct , si l’autre œil est déjà affecté; quelquefois ce brouillard se manifeste sous l’apparence d’une fumée, d’une poussière répandue dans sa chambre; d’autres fois, le malade croit apercevoir des mouches volantes; s’il regarde une bougie allumée, la flamme lui en paraît placée au centre d’un nuage ou d’un brouillard blanc bordé par un anneau présentant les couleurs de l’arc-en-ciel.

Si un œil seul est affecté du glaucôme, l’autre œil ressent promptement de la fatigue. A mesure que la

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