‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 256 sur 316 · T. TI · texte numérisé non relu

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ministre en boisson tiède (une demi once de gomme arabique en poudre, ou deux à trois onces de sirop de gomme pour un demi-litre d’eau), en potion (un gros de gomme pour six onces de véhicule) ; en pâte (elle entre dans la pâte de guimauve ordinaire); en sirop (une à deux onces pour édulcorer des boissons émollientes). Yoici la formule de la potion gommeuse usitée dans les hôpitaux pour combattre les rhumes et inflammations de poitrine : prenez gomme arabique , un gros ; eau , trois onces; eau de fleur d’oranger, deux gros; sirop de sucre ou deTolu, une once.

Enfin, cette substance, dissoute dans une petite quantité d’eau, sert à donner la consistance molle de pilules à diverses poudres , et favorise, par sa viscosité, le mélange de certaines huiles avec l’eau lorsqu’on veut en faire une émulsion.

gomme de bassora ( gummi foredonense). Cette substance, qui n’est connue dans le commerce que depuis trente ans environ, nous vient d’Arabie. On ignore encore quel est le végétal sur lequel on la récolte. On la rencontre en petits morceaux irréguliers, d’un blancjaunâlreetun peu opaque; elle est insipide et crie sous la dent. Elle' se gonfle beaucoup dans l’eau comme la gomme adraganthe avec laquelle elle présente quelquespointsde ressemblance. On extrait de celle gomme la bassorine, principe découvert par Yauquelin et retrouvé par Pelletier dans les muscilages de coing, des semences de lin, etc. Celte partie de la gomme est insoluble dans l’eau, n’éprouve pas la fermentation alcoolique, et donne de l’acide mucique par l’acide nitrique. La bassorine n’est pas plus employée que - la gomme de Bassora.

gomme du pays (gummi nostras ). Tout le monde a pu remarquer cette substance qui découle spontanément du cerisier, de l’abricotier, du pêcher, du prunier , de l’amandier, etc. On la rencontre dans le commerce en fragments irréguliers, rarement transparents et presque toujours salis d’impuretés. Elle jouit d’une sorte d’élasticité qui l’empêche de se briser sous la dent. Avec l’eau elle forme une masse visqueuse plus épaisse que la gomme arabique et moins épaisse que la gomme adraganthe. Si elle était plus pure, elle pourrait servir à remplir,, r en médecine ces deux espèces de gomme. Elle est employé principalement dans l’art du chapelier.

On a encore donné le nom de gomme à des substances très - différentes de celles dont nous venons de traiter; ce sont pour la plupart des résines ou des gommes - résines ; nous allons en parler dans l’article suivant.

gomme-résine s. f. On désigne ainsi des produits végétaux formés principalement d’une résine dissoute dans une huile essentielle et tenue en suspension dans un liquide aqueux ou gommeux. Elles s’écoulent de certaines plantes des contrées chaudes ûu globe et se durcissent à l’air; leur odeur est en général forte, leur saveur âcre et peu agréable. Elles sont peu solubles dans l’eau et l’alcool fort, et beaucoup plus solubles dans l’alcool faible, le vin et le vinaigre. Les diverses gommes-résines possédant des propriétés très-distinc-

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tes les unes des autres, nous traiterons à part de chacune d’elles. (Voyez Ammoniaque (gomme), As~ sa-fœtida , Euphorbe, Galbanum , Gutle , Myrrhe, Scammonée, etc. ) J. -P. Beaude.

gomme adraganthe. (Voy. Adraganthe.) gomme arabique. (Voy. Gomme.) gomme acacia. C’est la gomme arabique. (Voy. Acacia et Gomme.)

gomme ammoniaque. (V oy .Ammoniaque (gomme). GOMME ÉLASTIQUE. (Voy. Caoutchouc.) gomme de gayac. C’est la résine de gayac. (Voy. Gayac.)

gomme en larmes. (Voy. Galbanum.) gomme du Sénégal. C’est une des variétés de la gomme arabique. (Voy. Gomme.) gomme-résine. (Voy. Gomme.) gonflement ( path .) s. m. On désigne sous ce nom l’augmentation de volume d’une parlie;les causes du gonflementsontlrès-diverses ettrès-nombreusesdacongestion, l’inflammation, l’infiltration, sont des causes de gonflement; les épanchements sanguins, gazeux et d'autre nature le produisent aussi; enfin le gonflement est plutôt un symptôme qui accompagne et qui caractérise une affection qu’il n’est lui-même une maladie; ce signe na même qu’une valeur relative qui se trouve modifiée par les circonstances qui l’accompagnent. Nous ne pouvons indiquer ici toutes les affections dans lesquelles peut apparaître le gonflement , et i encore moins discuter la valeur de ce symptôme qui sera apprécié à la description de chacune des maladies , dans lequel il apparaît avec une valeur déterminée. (Voy. Inflammation, Contusion.) J. B.

gonorrhée (méd.). (Voy. Blennorrhagie.)

gorge (anat.) s. f. Ce mot est quelquefois employé dans le langage familier comme synonyme de mamelles. Voy. ce mot. Mais dans son acception propre, il sert à désigner l’arrière-bouche et le pharynx. (Voy. Bouche.)

gorgeret (chir.) s. ni. On donne ce nom à un instrument en bois en forme de gouttière , qui est em» ployé dans l’opéraiion de la fistule à I anus ; le gorgeret est ordinairement en ébène ; il est long de six à huit pouces , large de six lignes , et terminé à sa partie supérieur par un cul-de-sac ; cet instrument n’est employé que dans l’une des méthodes de l’opération de la fistule à l’anus ; il existe d’autres procédés dans lesquels son usage devient inutile. On se sert aussi d’un gorgeret en fer, qui est destiné à servir de conducteur au litholome dans l’opération de la taille , par le procédé de frère Corne ; quelques chirurgiens ont inventé des gorgerets lilholomes, destinés à faire l’incision df la vessie dans cette opération ; l’un des plus connus est celui d’Hawkins, qui a été long-temps employé par les chirurgiens anglais. J. B.

goudron (mat. méd .), s. m. (pix liquida, pissa officinalis). Produit résineux provenant de la combustion, dans un four particulier, de branches de pins et autres arbres de la même famille. C’est un

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mélange impur d’huiles essentielles, de résines à demi-brûlées , d’huile empyreumatique et d’acide acétique. Il est demi-liquide , visqueux, brun noirâtre, d’une saveur amère, d’une odeur forle et particulière. L’eau en dissout une partie et acquiert une couleur jaune et une saveur piquante et empyreumatique. Pour l’usage médical, on le purifie en le liquéfiant au bain-marie et le passant au tamis de soie.

Le goudron, et en particulier sa dissolution dans l’eau {eau de goudron ), ont été fort préconisés dans le dix-huitième siècle contre les vers, le scorbut, la dyssenterie, le rhumatisme, la goutte, le catarrhe vésical et pulmonaire, les maladies de la peau , et surtout contre la phthisie. Sa réputation ne s’est pas soutenue jusqu’à nos jours, et aujourd’hui on ne l’emploie guère que comme topique dans certaines dartres. Quelques praticiens pourtant en font encore usage contre la phthisie, etil n’est peut-être pas démontré que cette substance soit sans efficacité. La meilleure méthode consiste à en faire respirer la vapeur ; pour cela , on place le goudron dans un vase en fonte, et on le fait évaporer à un feu doux ; il faut éviter qu’il ne bouille, sans quoi il se formerait des vapeurs empyreumatiques qui seraient très-nuisibles. On laisse dégager cette vapeur de goudron dans la chambre qu’habite le malade. D’après le docteur Wall, de Berlin , sur cinquante-quatre phthisiques ainsi traités, dix auraient été guéris ou soulagés. L’eau de goudron s’administre aussi dans la même maladie à la dose d’un litre ou d’un demi-litre par jour, seule ou coupée avec du lait. Le goudron, soit en dissolution soit en pilules (un demi-gros à un gros et plus par jour) est encore employé contre l’ichthyose, le prurigo et quelques autres affections chroniques de la peau. Sous forme de pommade (axonge une once, goudron deux gros), son efficacité est moins douteuse. Il est alors usité pour la guérison de la gale et surtout de la dartre furfuracée ( psoriasis et lepra de Willan) (Voy. Herpès). Cette pommade, conseillée d abord en Angleterre a été ensuite employée pour la première fois en France par le professeur Alibert. Le malade doit s’en frictionner chaque jour toutes les parties du corps qui sont le siège de l’éruption, et prendre dans la journée un bain alcalin. Le traitement dura plusieurs semaines.

gourme ( path .), s. f. Croûtes de lait, rache, teigne bénigne, teigne muqueuse, porrigo larvalis de Willan; impétigo larvalis de quelques nosologistes français; achor mucifluus de M. Alibert, qui range cette affection dans le groupe des teignes.

Éruption croûteuse particulière aux enfants et qui survient principalement à la tête et à la face. Cette éruption débute par une foule de petites pustules ou vésicules très-rapprochées, pouvant former plusieurs groupes , et se développant sur une portion de peau rouge et enflammée. Ces pustules, dont l’apparition est accompagnée de démangeaisons et quelquefois de fièvre, durent à peine un jour ou deux; elles se rompent bientôt d’ elles-mêmes ou sont déchirées par les ongles du malade; elles laissent alors suinter une humeur

visqueuse, souvent très-abondante, qui ne tarde pas à se concréter en formant des croûtes verdâtres ou jaunâtres, molles, d’une odeur particulière, nauséabonde, surtout au cuir chevelu. Ces croûtes augmentent peu à peu de volume ; elles deviennent parfois très-épaisses à la figure des enfants, où elles forment comme une sorte de masque aux joues, aux oreilles, autour des yeux, du nez et des lèvres. Lorsqu’on parvient à les détacher, on aperçoit au-dessous la peau rouge, enflammée, et comme criblée par une infinité de petits trous ou porcs, par où s'échappe un liquide visqueux, qui ne tarde pas à reformer les croûtes.

La gourme est, comme nous l’avons dit, une maladie de l’enfance; elle se manifeste en général vers l’époque de la première et seconde dentition ; sa durée est variable et peut dépasser un à deux ans. Une constitution lympha.ique, molle, un embonpoint trop considérable, le séjour dans des lieux humides, l’automne et l’hiver, une mauvaise nourriture composée presque exclusivement de légumes farineux , la malpropreté , le défaut d exercice, les mauvaises qualités du lait des nourrices, sont autant de causes prédisposantes à cette affection, qui du reste n’est pas contagieuse. Parmi les symptômes de la maladie, nous devons signaler en outre le gonflement des glandes du cou, qu’il n’est pas rare d’observer, et une démangeaison très-vive qui porte le malade à se gratter sans cesse; de petits abcès surviennent aussi quelquefois comme complication.

Lorsque la gourme se guérit, on observe d’abord une diminution dans le suintement du liquide qui forme les croûtes; celles-ci cessent ensuite de se former et sont remplacées par des écailles d’épiderme, qui disparaissent peu à peu.

L’affection qui nous occupe est sans danger; elle constitue même le plus souvent une sorte d’exutoire utile à la santé de l’enfant, et que dans beaucoup de circonstances il faut se garder de supprimer. A cause même de la bénignité de cette maladie et de la sécurité dans laquelle elle doit laisser le médecin, il est très-impprtant de bien la distinguer de la vraie teigne ou teigne faveuse. Cette dernière affection, qui est contagieuse et souvent incurable, offre les caractères suivants: les croûtes isolées sont parfaitement arrondies et comme composées de plusieurs cercles concentriques ( porrigo scutulata, W.) ; ou bien les plaques croûteuses ont une forme irrégulière, mais leur surface est creusée de plusieurs petites dépressions ou godets, qui rappellent les alvéoles d’une ruche à miel (d’où le nom de favus, que l’on donne à celle teigne) ; ou bien les petits enfoncements que l’dn observe dans les graines du lupin { lupinus albus, L.) D’ailleurs la teigne faveuse, qui attaque la racine des cheveux, détermine une alopécie incurable, qui n’est jamais la suite de la gourme.

Traitement. Ainsi que nous l’avons dit, on doit en général se garder de supprimer trop brusquement cette éruption. On se contentera de couper très-près les cheveux de la tête, et de couvrir pendant la nuit les parties affectées avec des cataplasmes de fécule de pomme de terre ; pendant le jour, l’on placera sur la tête du malade des

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