‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 258 sur 316 · DE LA TRANSMISSION DES SENSATIONS BUCCALES · texte numérisé non relu

DE LA TRANSMISSION DES SENSATIONS BUCCALES

Les physiologistes ont fait beaucoup d’expériences et beaucoup discuté, pour déterminer quel est le nerf du goût, c’est-à-dire quel est le nerf qui reçoit et conduit les impressions des saveurs. M. Magendie affirme en termes contradictoires que la sensibilité générale et la sensibilité gustative semblent appartenir évidemment au même nerf. M. Mayo est porté à penser que le lingual n’est pas le nerf du goût seulement , mais qu’il sert au toucher. M. Paniza, professeur à Pavie, renverse par de nouvelles expériences l’ancienne théorie de la sensibilité gustative du lingual. Suivant lui, le lingual n’est que le nerf du tact, et c’est le glosso-pharyngien qui est sensible aux saveurs. Mais M. Paniza ayant contredit ses devanciers, l’a été à son tour par les expériences de M. Alcock , par la raison que le langage des vivisections est souvent si clair, que chacun peut y trouver des preuves à l'appui des idées les plus opposées.

Pour moi, n’ayant qu’une médiocre confiance dans les témoignages obscurs de dégustation involontaire donnés par des animaux dont les organes observés sont mutilés et souffrants, dans des témoignages dont l'interprétation contredit grossièrement ce que nous savons du siège du goût, je préfère m’en rapporter, pour le moment, aux oracles de l’anatomie. Or, pour moi, les organes du goût sont les portions de membrane muqueuse qui revêtent les parties indiquées plus haut comme siège du goût. Quant aux nerfs de la bouche je les regarde, ainsi que les nerfs en général , comme les conducteurs, seulement, des sensations que je ne leur vois pas recueillir immédiatement. Mais quels sont les nerfs conducteurs des différentes sensations dont la bouche est le théâtre ?

Fondé sur la distribution de ces nerfs, surtout, je pense 1° que le lingual est le conducteur des sensations sapides de la pointe et du bord de la langue; 2° que le glosso-pharyngien et le palatin postérieur sont les conducteurs des sensations sapides du fond de la bouche, des sensations de nausée que le contact d’un corps solide y fait naître, et du besoin de déglutition que des aliments suffisamment ramollis et imprégnés de salive ne manquent pas d'y provoquer. Je pense encore 3» que les sensations de chatouillement du palais sont transmises au cerveau par les nerfs palatins; 4« que celles des dents le sont par les nerfs dentaires; 5° que les sensations particulières indépendantes des précédentes et de celles du tact le sont par les nerfs sous-muqueux de la région où elles s’observent; 6° que les impressions tactiles et les sensations physiques générales le sont parla plupart de ces nerfs, peut-être par tous, et bien certainement celles des lèvres parles nerfs maxillaire supérieur et dentaire inférieur; celles de la membrane interne des joues par le buccal. Je n’attirme pas d'ailleurs que le facial et l’hypoglosse ne concourent pas à quelques-unes de ces fonctions, bien que l’on possède l’observation positive d’un cas où la compression de ce nerf futaccompagnée d’une paralysie des muscles de la langue.

GÜU

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