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leur insuffisance et de la pauvreté réelle de la thérapeutique. Il est aussi une remarque importante, c’est que les moyens vantés n’agissent pas de la même manière sur tous les sujets ; tel moyen qui amène la guérison chez un malade est impuissant jet môme nuisible chez un autre , sans qu’on puisse Ise rendre compte de cette différence d’action ; on Moit donc procéder par une sorte de tâtonnement /et s’arrêter au moyen dont l’utilité aura été reconnue par l’expérience individuelle.
Les soins hygiéniques tenant un des premiers rangs parmi les moyens reconnus utiles pour combattre ou adoucir les douleurs goutteuses , nous commencerons par indiquer les principaux préceptes d’hygiène relatifs à cette affection.
Traitement hygiénique. — Le malade évitera l’humidité , le passage brusque du chaud au froid ; il portera de la flanelle appliquée immédiatement sur les principales articulations. Le régime alimentaire est surtout d’une grande importance ; nous avons dit que les causes les plus puissantes de la goutte étaient l’excès d'alimentation , l’usage exclusif d’un régime animal , l’abus des boissons alcooliques. Un régime opposé est donc absolument nécessaire; une alimentation végétale et l’abstinence du vin sont des préceptes rigoureux. Le vin doit être bu au moins étendu d’eau ; du reste les vins généreux , alcooliques , tels que ceux du midi, sont plus nuisibles que les vins blancs légers et chargés d’acide carbonique , ceux-ci ont même semblé, dans certaines circonstances, apporter du soulagement. La bière et le cidre sont, aussi moins à redouter que le vin ; l’eau-de-vie et les liqueurs doivent être tout-à-fait bannies. On doit maintenir la liberté du ventre et prévenir la constipation si ordinaire chez les goutteux, par des lavements et de légers purgatifs ; il faut éviter tout ce qui peut supprimer la transpiration. Les bains froids ou chauds, de mer ou de rivière , sont aussi assez souvent conseillés. On s’abstiendra de tout travail intellectuel prolongé ; l’usage des plaisirs vénériens est nuisible, surtout chez les vieillards. Enfin le malade devra mener une vie active et faire de l’exercice sans excès, pourtant : l’on connaît le vieux dicton populaire : goutte tourmentée est à demi guérie. C’est principalement à cause de l’exercice que prennent les malades que les voyages aux eaux minérales ont eu dans beaucoup de cas de l’efficacité.
Ne pouvant donner à la partie hygiénique de la goutte tous les développements dont elle est susceptible, nous devons renvoyer le lecteur intéressé à avoir des détails plus complets, à l’ excellent ouvrage publié récemment par un des médecins les plus distingués de la capitale, M. le docteur Réveillé- Parise, sous le titre de Guide-pratique des goutteux et des rhumatisants. Les parties les plus importantes de cet ouvrage, précédemment publiées dans le Bulletin de thérapeutique, ont reçu du public médical l’accueil honorable qui ne peut manquer à tous les ouvrages de M. Réveillé-Parise, médecin aussi judicieux qu’habile et élégant écrivain.
Le traitement de la goutte est général ou local.
Le traitement général a pour bases le tempérament de l’individu, son âge , son idiosyncrasie et
les caractères de la maladie. Si le malade est fort, pléthorique , et que la goutte présente un état d’acuité extrême, l’on pourra débuter paF une saignée, qui sera répétée s’il y a lieu. Mais à cet égard le médecin, selon nous, ne doit pas perdre de vue que presque toujours dans la goutte, le cœur et le système sanguin sont moins excités que le système nerveux. Sydenham avait renoncé complètement à saigner les goutteux, et Scudamore observe avec raison que quand les déplétions sanguines sont nécessaires, il faut les porter beaucoup moins loin dans cette maladie que dans les autres phlegmasies. M. Réveillé-Parise est du même avis.
Les purgatifs ont des effets plus avantageux , plus constants et plus durables. On les voit en général abréger les accès, et les prétendus spécifiques de la goutte ont le plus souvent pour effets physiologiques apparents les plus tranchés, l’excitation du tube intestinal et des évacuations alvines plus ou moins nombreuses. Nous n’avons point de préférence particulière pour un purgatif ou pour un autre. Suivant les cas et la révulsion plus ou moins énergique que nous voulons obtenir, nous employons les sels neutres, le sulfate de soude ou de magnésie à la dose d’une à deux onces, l’huile de ricin, ou les drastiques ; l’huile de croton-tiglium à la dose d’une à deux gouttes a souvent la préférence à cause de la commodité de son administration .
Les diurétiques sont extrêmement utiles. Roërhaave, dans ses accès de goutte, se gorgeait de petit-lait ; et en Angleterre, terre classique de la goutte, on en fait un très-grand usage, seulement on active l’effet qu’on en attend en le coupant avec un tiers de vin de Champagne. Ce moyen a été reconnu un très-bon diurétique par plusieurs praticiens français, et nous sommes de ce nombre. Il n’est pas nécessaire de faire le détail de tous les médicaments qui ont la vertu d’activer la sécrétion urinaire. Chaque praticien choisira dans cette classe celui ou ceux qui conviendront au malade. L’acétate de potasse, l’oxymel colchique, le sirop des cinq racines apéritives , sont ceux auxquels nous avons eu le plus fréquemment recours.
Les sudorifiques constituent une des principales médications de la goutte , et nous ne doutons pas que s’il était possible au premier début d’un accès de déterminer une diaphorèse abondante, en même temps qu’on calmerait le système nerveux agacé, on n’arrêtât souvent l’invasion de la maladie. La poudre de Dower remplit admirablement ces iü. dications et n’est pas assez employée. Administrée à dose convenable, en commençant par huit ou dix grains par jour, et en faisant couvrir un peu le malade, elle amène une détente chez un grand nombre de sujets. M. Réveillé-Parise s’est bien trouvé de l’addition d’un peu de carbonate d’ammoniac à la poudre de Dower ; nous croyons cette addition avantageuse. Les bains de vapeur, lorsque les sujets peuvent les supporter, les bains de calorique, qu’on obtient en mettant une lampe à esprit de vin dans une baignoire vide et en couvrant la baignoire après qu’on y a placé le malade, entrent dans cette ligne de moyens. Il en est de même delapotion suivante dont beaucoup de médecins,M. Réveillé entre autres, se sont bien trouvés:
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Prenez : Résine de gayac i scrupule.
Sel volatil de corne de cerf. 13 grains.
Jaune d’œuf n° 1.
Eau distillée 3 onces.
Sirop de guimauve 1 once.
à prendre en trois doses le soir avant de se coucher.
Les calmants sont aussi indispensables pour le traitement d’un accès de goutte aiguë; la sensibilité étant exorbitamment développée , un des premiers soins du médecin est de l’éteindre; il y parvient par les opiacés. L’extrait gommeux d’opium en potion ou en pilules, le laudanum parlabouche ou en lavement , l’hydrochlorate de morphine ou le sulfate de morphine, à la dose d’un quart de grain ou d’un demi-grain, lui prêtent leur secours. Ces moyens doivent être maniés avec une certaine expérience. Il est des heures d’exacerbation qu’il faut savoir prévoir pour prévenir les accès. Au demeurant, une dose d’opium est toujours convenablement administrée le soir pour procurer au malade le calme de la nuit.
Nous n’avons pas encore parlé des remèdes empiriques qui ont été tentés tour à tour comme des spécifiques de la goutte; le nombre en est grand, mais aucun ne mérite ce titre et n’a une telle valeur. Le colchique d'automne a été vanté depuis long-temps; cette plante entre dans la composition de la fameuse eau d'Husson, dont on cache encore la formule. La teinture alcoolique des bulbes de colchique et le vin surtout sont usités. La première s’administre à la dose de dix jusqu’à trente gouttes progressivement dans une potion ou un verre d’eau sucrée ; le vin de colchique se donne à la dose d’une once trois fois le jour. Ils agissent comme purgatifs et quelquefois comme diurétiques : On ne doit pas oublier que pris à trop forte dose le colchique peut être un poison.
Divers végétaux riches en principes amers et aromatiques ont joui d’une grande réputation. Nous citerons parmi eux l’arnica , la cannelle , la menthe , le gingembre , le piment , le bois amer de Surinam, la sabine, etc. La poudre du duc de Portland , si renommée dans le siècle dernier, est composée de parties égales d 'aristoloche longue, de gentiane, de chamœdrys, d'ivette ( teucrium chamœdrys. L .) et de petite centaurée ; le malade doit en prendre un gros tous les matins pendant plusieurs mois. Il est plus que douteux que ce remède puisse avoir une grande efficacité. Plusieurs auteurs allemands ont conseillé le gayac et la racine d 'acorus calamus. Le soufre et les préparations d’antimoine ont eu aussi leurs partisans. Voici du reste quelques-unes des formules qui ont le plus de réputation :
Pilules de Gall. Prenez : extrait aqueux de gayac, deux gros; antimoine cru, un demi-gros; extrait thébaïque, six grains. On fait de cette masse cinquante pilules dont on prend trois le matin, trois à midi et trois le soir.
Poudre de Richter : calomel , soufre doré d’antimoine, extrait sec d’aconit, de chaque, deux grains ; poudre de douce-amère et de sucre , de chaque, un scrupule; divisez en seize paquets dont on prend un le matin et un le soir.
Potion du même auteur : carbonate de soude cristallisé, un gros; extrait d’absinthe, deux gros ; eau de menthe poivrée, quatre onces ; sirop d’écorce d’orange ; une once. On en prend à jeun quatre cuillerées par jour. Pilules de Rust : résine de gayac, extrait de douce-amère, extrait de fleur d’arnica , deux gros ^ extrait d’aconit , soufre doré d’antimoine, de chaque un demi-gros; calomel quinze grains; on en fait des pilules de deux grains et on en prend de cinq à huit dans la journée et à jeun Stork et Royer-Collard ont beaucoup vanté les pilules d’extrait d’aconit (un grain à vingt grains en allant progressivement). Le docteur Chrestien de Montpellier conseille le traitement suivant : le malade doit prendre à jeun, le matin et le soir, six pilules , composées chacune de trois grains de baume de copahu et de trois grains de fleur de farine de froment ; après chaque dose de pilules il doit avaler une grande tasse d’une décoction de trente semences de café cru entières, qu’on a fait bouillir à gros bouillon dans deux litres d’eau pendant une demi-heure Une troisième lasse est prise dans la journée. Ce remède, continué pendant plusieurs mois, lorsqu’il ne fatigue pas l’estomac, aurait , suivant son auteur, procuré quelques guérisons. Il doit être combiné avec un régime frugal; le malade doit aussi substituer un vin blanc sec au vin rouge ordinaire. C’est dans la goutte chronique surtout qu’on peut expérimenter les divers moyens que nous venons d’indiquer.
Lorsque la goutte présente des accès périodiques réguliers, tous les médecins sont d’accord pour prescrire le quinquina.
Nous ne parlerons pas de tant de remèdes inventés par le charlatanisme, de tant d’élixirs, de sirops , de lotions qui , grâce aux annonces et aux affiches, prélèvent chaque jour, au détriment de la morale, un impôt sur la crédulité publique. La loi sera-t-elle toujours impuissante pour réprimer de si scandaleuses spéculations sur la douleur? Nous appelons de toutes nos forces la révision de la législation sur les remèdes secrets. Ne faudrait-il pas même rayer ce nom de nos livres ? Quand un praticien est arrivé à la découverte d’un traitement que des succès soutenus recommandent à l’attention générale , est-il pour lui un autre moyen honorable d'être utile que de le soumettre à la critique impartiale de ses confrères et à l’expérimentation dans les cas analogues à ceux auxquels il l’a appliqué ? Nous disons ceci à un hom mequijouit d’une considération des mieux méritées, et par son caractère et par ses travaux justement appréciés en pharmacie. M. Lartigue , de Bordeaux , qui possède d’ailleurs tous les titres à l’estime publique, a le tort de ne pas publier la composition des pilules anti-arthritiques , dont il a entretenu l’année dernière plusieurs praticiens de Paris, et qui jouissent, selon lui, de propriétés réelles contre la goutte.
Le traitement local de la goutte se compose de toutes les applications externes propres à diminuer l’engorgement et la douleur et à hâter la terminaison des accès. Ils rentrent tous, quelle que soit leur composition, dans l’une des trois classes
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suivantes : antiphlogistiques, calmants, résolutifs et excitants.
A propos des antiphlogistiques localement appliqués, nous répé terons ce que nous avons dit au traitement général pour la saignée. On peut employer avec avantage des sangsues, des ventouses scarifiées dans quelques cas seulement, mais c’est le plus petit nombre, et encore dans ces cas, il faut se garder d’en abuser. Les cataplasmes purement émollients peuvent aussi être considérés généralement comme mauvais; ils doivent être à peu près proscrits. Les cataplasmes de farine de graine de lin arrosés d’alcool camphré ont une propriété légèrement tonique, et peuvent être appliqués ; il en est de même des cataplasmes faits avec les feuilles de jusquiame et arrosés de laudanum ; ceuxci ont une vertu calmante qui les rend souvent avantageux. Nous avons vu des goutteux se trouver très-bien des onctions grasses. Un morceau de flanelle trempée dans de l’huile très-chaude et appliquée sur l’articulation malade calme fréquemment la douleur. M. Réveillé-Parise s’est applaudi souvent de l’application d’une couche de suif chaud sur le membre, recouvert ensuite d’une plaque d’amadou et de taffetas ciré. Un autre antiphlogistique avantageux sont les frictions mercurielles à la dose d’une demi-once à une once par jour. Ces onctions, dont j’ai eu récemment à me louer chez un malade, modèrent plus rapidement la douleur que les autres moyens, et ont l’avantage par le sentiment de fraîcheur qu’elles occasionnent sur le point de la fluxion d’être plus agréables aux malades que les applications chaudes.
Les calmants locaux sont les liniments avec l’opium, le laudanum ou l’acétate de morphine. Ce dernier sel, dissous dans l’huile, constitue un moyen à part meilleur que les autres liniments. Nous vanterons aussi dans cette classe le cyanure de potassium à la dose de trois grains par once d’eau. Des applications de compresses trempées dans cette solution parviennent très-souvent à enlever la douleur en une ou deux heures ; c’est une des applications extérieures les plus actives et, les plus efficaces auxquelles on puisse recourir. Quelques médecins vantent le cataplasme suivant, comme propre à calmer les douleurs goutteuses très-intenses : prenez mie de pain, quantité indéterminée , eau-de-vie camphrée , quantité suffisante pour donner à la mie de pain la consistance d’un cataplasme ; faites chauffer à une douce chaleur ; versez à la surface du cataplasme, laudanum de Sydenham une demi-once, extrait de belladone dissous dans le laudanum , deux gros ; laissez ce cataplasme appliqué pendant quarante-huit heures. Il arrive quelquefois qu’il y a chez les goutteux contre-indication à l’administration des opiacés à cause dune susceptibilité conges tionnelle vers la tête; l’on peut, dans ces cas, avoir recours au finirent suivant :
Prenez .- Eau de laurier-cerise 4 onces.
Éther sulfurique i/y once.
Extrait de belladone. ..... 2 scrupules.
Extrait de strammonium.. . . 2 scrupules.
Faites un Uniment.
Il est inutile d'ajouter que le repos du corps et de l’esprit est indispensable dans un accès de goutte ; que le membre doit être tenu dans l’immohilité, et incliné de telle sorte que le talon soit un peu plus élevé que la jambe.
Dans l’intention d’accélérer le développement delà fluxion goutteuse et d’abréger ainsi la durée de l’accès, on a employé depuis long- temps un grand nombre de substances jouissant de la propriété d’irriter vivement la peau C’est ainsi qu’on place sous les articulations affectées des cataplasmes de farine de moutarde , ou composés avec la verveine , le persil et autres plantes aromatiques cuites dans le vinaigre. On a appliqué aussi des morceaux d’étoffes imbibés d’eau ou d’eau-de-vie chaude. Le fameux remède de Pradier, si vanté de nos jours, agit de même en stimulant la peau ; voici la composition de ce médicament : Prenez : baume de la Mecque, six gros ; quinquina rouge, une once ; safran, une demi-once; sauge, une once; salsepareille, une once; alcool rectifié, trois livres. Faites dissoudre à part le baume dans le tiers de l’alcool ; faites macérer dans le reste de l’alcool les autres substances pendant quarante-huit heures ; filtrez et mêlez les deux liqueurs. Emploi du remède : on prépare un cataplasme de farine de lin qu’on étend bien chaud et épais d’environ un doigt sur une serviette pour en envelopper la partie. Il faut que le cataplasme soit très- visqueux; quand on le prépare , comme cela a lieu le plus ordinairement , pour en envelopper les deux jambes et les pieds jusqu’au dessous des genoux, il faut employer trois livres de farine de lin. Le cataplasme étant préparé aussi chaud que le malade pourra l’endurer, on verse à sa surface deux onces de teinture alcoolique préparée , et on étend cette teinture uniformément. Les deux membres inférieurs sont alors recouverts chacun d’un semblable cataplasme et bien enveloppés de flanelle et de taffetas gommé pour conserver la chaleur de l’appareil. Le tout est assujetti par des bandes. On change les cataplasmes après vingt-quatre heures. Peu de temps après son application il y a diminution des douleurs , à ce point même de permettre le sommeil. Après huit à dix jours de l’emploi de ce remède, il se dégage , lors de la levée de l’appareil, une odeur fétide , nauséabonde et qui annonce la cessation des douleurs. Il est probable que l’on pourrait remplacer sans inconvénient la teinture composée de oe médicament par une simple solution alcoolique et aromatique , l’eau de Cologne , par exemple.
Le traitement de la goutte chronique mobile pré sente une indication des plus importantes ; c’est de rappeler sur une des articulations la fluxion goutteuse déviée sur un des viscères importants de l’économie. Les secours doivent être prompts et multipliés; la vie du malade est menacée à chaque instant. Il faut recourir alors aux révulsifs les plus énergiques, aux liniments irritants ou sinapismes , etc. , en application sur les jointures qui étaient le plus habituellement le siège des douleurs; afin de déplacer la maladie et la ramener aux articulations sur lesquelles on agit.
Si avant l’invasion de l’accès on doit toujours chercher à en diminuer la violence par le repos, la
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diète, les bains généraux et locaux tièdes, l’emploi des narcotiques à doses convenables , les laxatifs et les divers moyens que nous avons indiqués, il faut à la fin de l’accès combattre l’engorgement, l’œdème et le malaise du membre par des moyens opposés. C’est parles fortifiants locaux, les frictions sèches, la compression, un léger exercice, les douches sulfureuses, etc., qu’on redonnera du ton aux parties, et que l’on remédiera aux empâte, ments des articulations, aux fausses ankylosés, aux nodosités des ligaments, etc., suites si fréquentes des affections goutteuses.
Les concrétions tophacées, une fois formées, dimi. nuent rarement de volume , quel que soit le traitement. On cite cependant des cas ou les eaux de Vichy, continuées pendant long-temps, auraient produit des améliorations notables. Les eaux minérales alcalines et sulfureuses sont, en général, à conseiller contre les empâtements et les engorgements des articulations, et autres conséquences de la goutte, dont nous avons parlé plus haut.
Miquel ,
Docteur en médecine, rédacteur en chef du Bulletin de thérapeutique.
goutte sereine ( path .) s. f. C’est un des noms sous lequel on désigne l’amaurose. (V. ce mot.)
goutte sciatique [path.), s. f. On donne quelquefois et vulgairement ce nom à la névralgie du nerf sciatique. (V. ce mot et Névralgie.)
goutte -rose. (V. Couperose.)
grains de santé [pharm.) , s. m. plur. On désigne sous ce nom des pilules purgatives dans lesquelles entrent l’aloès, le jalap et la rhubarbe. Les grains de santé de Franck ont joui d’une grande réputation. Ils se préparaient avec l’aloès, la cannelle, l’extrait de quinquina et le sirop d’absinthe ; ces pilules purgatives se prennent au nombre de deux ou trois. C’est un purgatif commode, mais qui n’est pas toujours sans inconvénient.
graisse ( anat . etphysiol.) s. f .(adeps), substance animale non azotée, molle ou huileuse , fade, inflammable, aisée à fondre , insoluble dans l’eau , peu soluble dans l’alcool froid, bien plus soluble dans l’éther et les huiles fixes, qu’on rencontre chez les mammifères et plusieurs autres classes d’animaux ; chez les premiers elle est renfermée dans un tissu particulier que les anatomistes ont nommé tissu adipeux , et que d’autres ont confondu avec le tissu cellulaire ordinaire ; elle y forme des masses ! qui s’y divisent et s’y subdivisent en masses de plus en plus petites et enfin en grains adipeux qui, vus au microscope, ont un huit centième à un six centième de pouce de diamètre. Une des préparations des graisses consiste à les débarrasser par la fusion de ce tissu adipeux qui les pénètre de toute 1
part. Chez les mammifères on peut diviser les grais- ■
ses en molles ou saindoux, et en fermes ou suif; celles des animaux carnivores, de l’homme, du porc, appartiennent à la première classe ; le suif se rencontre chez les ruminants. Des proportions diver- !
ses d ’élaïne et d 'oléine, ainsi que quelques acides particuliers, en sont les principes constituants; elles sont susceptibles comme les huiles fixes de former des savons lorsqu’on les met en contact avec des alcalis ou des terres. C’est même ainsi qu’on prépare les bougies dites stéariques.
Graisse humaine. — Elle est en général molle et liquide à la température du corps, comme on s’en aperçoit lorsqu’on fait des incisions sur le vivant. Sa fusibilité n’est pourtant pas la même dans toutes les parties du corps; la graisse des reins commence à se figer à 25°, tandis que celle des mollets est encore fluide à 15°; elle est soluble dans quarante fois son poids d’alcool environ.
Chez un homme adulte et d’un embonpoint ordinaire la graisse forme environ la vingtième partie du poids du corps. On la rencontre sous la peau où elle forme une couche plus ou moins épaisse surtout aux joues, dans l’orbite , aux fesses, principalement chez certaines femmes de la tribu des Bosjesmans, aux mamelles des femmes, àla plante des pieds, etc . ; à l’intérieur du corps, et à moins que le sujet ne soit maigre, elle existe en assez grande abondance dans l’intérieur du bassin, autour des reins, du mésentère et du cœur. Les paupières, le membre viril, les petites lèvres , le tissu cellulaire situé au-dessous de la peau du crâne , du nez , de l’oreille, du menton, en sont totalement dépourvus. Au reste, quel que soit le marasme d’un individu, la graisse ne disparaît jamais en entier. Le fœtus n’en présente pourtant pas jusqu’à mi-terme; elle est reprise continuellement par l’absorption; aussi disparaît-elle promptement lorsque la nutrition ne répare pas les pertes ; le corps semble même se nourrir quelque temps à ses dépens , comme on l’observe chez les animaux qui passent l’hiver sans manger et engourdis par le froid. On peut donc la considérer comme une sorte d’aliment en réserve. La diminution de la graisse des orbites et des joues fait paraître ceux-ci plus enfoncés chez les personnes amaigries.
Lorsque les tissus où abonde la graisse sont incisés ou enflammés , ils ont une fâcheuse tendance à suppurer et même à se gangréner.
La formation de la graisse est favorisée par le repos, par la castration, par l’absence de tout travail intellectuel, par les aliments doux et amylacés, par de petites saignées habituelles. La plupart de ces conditions se trouvent réunies chez les femmes des orientaux qui acquièrent un embonpoint considérable qui fait le charme de leur maître. On a observé aussi que la graisse était plus abondante chez la femme que chez l’homme et qu’elle commençait à s’accumuler surtout vers l’âge de quarante ans ( voyez Obésité et Polysarcie ). Cette substance s’amasse quelquefois d’une manière anormale dans certaines parties du corps et forme des tumeurs connues sous le nom de lipomes (voy. Tumeur).
Les graisses , particulièrement celle du porc ( voy. Axonge ), sont employées en médecine comme excipients pour composer des pommades fraîches et non rances ; elles sont émollientes et assouplissent la peau. Les prétendues graisses d’ours, aussi bien que la graisse humaine, ne jouissent d’aucune pro-
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priété particulière, et ce que l’on vend le plus souvent sous ce nom n’est qu’un mélange d’axonge et de suif avec quelques autres principes inertes ou actifs. J.-P. Beaude.
graminées (lot.) s. f. plur. On donne ce nom a une famille de végétaux dans laquelle sont rangées les plantes céréales et le chiendent. (Yoy. ces mots.)
granulation ( path .) , s. f. Ce sont de petites aspérités arrondies et comme miliaires qui s’observent à la surface des membranes séreuses. Les granulations s’observent ordinairement à la suite des inflammations chroniques de ces membranes ; ce mot s’emploie , ainsi que celui de granuleux , pour désigner des symptômes morbides analogues dans d’autres tissus de l’économie. J. B.