GRAS DES CADAVRES OU GRAS DES CIMETIÈRES
( chim .) On désigne sous cette dénomination un produit blanchâtre, qui est le résultat de la décomposition des substances animales dans l’eau et dans la terre; Fourcroy regardait cette substance comme analogue à la cholestérine et au blanc de baleine. M. Chevreul la regarde comme un composé de chaux de potasse et d’ammoniaque combinée avec l’acide margarique et oléique qui sont des acides qui entrent dans la composition des graisses. On a voulu utiliser cette substance dans les arts industriels, pour la faire servir à la fabrication des bougies ; mais les essais faits en grand n’ont pas eu de résultat avantageux jusqu’à ce jour.
grasseyement {path.), s. f. C’est une prononciation vicieuse de la lettre r, que certaines personnes ne peuvent prononcer qu’en lui substituant la lettre l, ou en faisant entendre une espèce de roulement dans la gorge , analogue à celui que l’on produit lorsqu’on se gargarise. (V. Voix, et Bégayement.)
gratteixe (path.) s. f. On donnait autrefois ce nom à une variété de la gale , que l’on désignait aussi sous le nom de gale miliaire. (V. Gale.)
grateron (bot.), s. m. (Y. Caille-lait.)
gratiole (lot.) s. f. (gratiala officinalis); herbe à pauvre homme ; en Allemagne , herbe à la grâce de Dieu, C’est une plante de la famille des scrofulariées,!.,décandrie monogynie; son nom lui vient du latin gratia Dei. — La gratiole est vivace, haute d’environ un pied ; elle croît sur le bord des étangs et dans les lieux humides. Sa tige est couchée , rampante à sa base, et elle se redresse dans sa partie supérieure; les fleurs sont d’un blanc rosé et leur pédoncule sort de l’aisselle dfes feuilles qui sont opposées et demi embrassantes. Parmi les plantes de nos climats , la gratiole est une de celles qui jouit des propriétés les plus énergiques; elle les doit surtout à une matière résineuse et amère que Yauquelin en a séparée par l’analyse ; celte matière, qui forme la plus grande partie de l’extrait de cette plante, est éminemment purgative et irritante. M. Orfila a déterminé la mort de deux chiens en leur donnant trois gros de cet extrait. Les propriétés actives de la gratiole en ont fait un médicament fort usité dans les campagnes et sur-
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tout par les charlatans ; une infusion d’un d gros à un gros détermine des purgations très-fortes, et ce ne serait même pas sans dangers que l’on emploierait ce moyen chez une personne faible et irritable. Lorsque la plante est sèche, on peut en porter la dose jusqu’à deux gros. On a proposé aussi de faire usage de la poudre de gratiole comme émétique et pouvant remplacer l’épicacuanha; mais cette substitution n’est pas approuvée à cause des propriétés irritantes de cette plante. La gratiole a été conseillée dans toutes les maladies où l’on a employé les purgatifs , dans les hydropisies , les engorgements abdominaux, les rhumatismes, la goutte, l’apoplexie, la manie, on l’a même indiqué dans les ulcérations syphilitiques anciennes.
La poudre, à la dose de vingt-quatre à quarante grains, produit des purgations très-énergiques; L’extrait, à la dose de six à douze grains par jour, produit des effets analogues. Administrée en lavement par erreur, ou conseillée par des charlatans, la gratiole a souvent déterminé des accidents gra. j ves, des coliques, des su per purgations, des diarrhées sanguinolentes ; on cite même plusieurs cas dans lesquels ces lavements ont déterminé , chez des femmes . des accès de nymphomanie. Cette plante, qui doit exciter la juste défiance des médecins par l’énergie de ses propriétés , ne doit jamais être laissée, quant à son usage, entre les mains I des personnes ignorantes ; on ne doit la prendre que lorsqu’elle a été prescrite par le médecin. Cette recommandation est d’autant plus importante que la vulgarité de ce remède a toujours déterminé les charlatans à le faire entrer dans la com- 1 position de leurs drogues. La gratiole fait la base 1 de l’eau médécinale d’Husson, et de celle de Meu- ■ nier. J.-P. Beaude.
gravelle, (méd.), s. f., maladie des voies urinaires, dans laquelle un sable diversement coloré, de volume et de composition variables, est entraîné ‘ parles urines hors du canal de l’urèthre. Cette affection est en général le premier degré des maladies ij calculeuses des voies urinaires.
La gravelle a, depuis l’antiquité, excité les re- > cherches des observateurs, mais sans un grand i» profit pour la science , car on s’est surtout attaché I à émettre sur sa nature des hypothèses plus ou I moins absurdes, qui changeaient avec les doctri- j nés régnantes, et qui avaient moins éclairci qu’embrouillé cette importante question. Il était réservé 1 à la méthode expérimentale de faire justice de ces I vaines théories, et dJ élucider, à l’aide de faits ri- I goureusement observés et d’expériences directes, I ce point important de la pathologie. C’est ce que je crois avoir fait dans un traité ex-professo, publié j| en 1818, sur les causes, les symptômes et le traite- I ment de la gravelle, et dont le succès est à mes I yeux la sanction des idées qu’il renferme.
Nous dirons d’abord d’une manière générale que la gravelle attaque de préférence les vieillards , et , parmi eux, ceux qui sont adonnés à la bonne chère, jji surtout quand ils se nourrissent de substances l< très-animalisées, telles que le gibier, la viande de boucherie, le poisson, etc.
Dans la plupart des cas, l’expulsion des giarle«s