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mieux appréciée, rien ne serait plus facile que de remplacer en totalité ou en partie , dans certaines circonstances , les farines des céréales par celles des légumineuses, pouvu toutefois qu’on en effectuât la panification au moyen d'une addition plus ou moins considérable de gluten que l’on extrairait des farines de froment avariées ou de celle que retient le son, comme l’a proposé M. Herpin.
C’est avec raison que dans une circonstance grave l’Académie de Médecine consultée sur les inconvénients qri pourraient résulter de l’addition des farines de légumineuses dans le pain des prisons, répondit, par l’organe de son rapporteur, M. Chevalier, au ministre de l’intérieur, quilaconsultait, que ce genre d’addition devait être considéré plutôt comme un acte frauduleux que comme étant manifestement nuisible sous le rapport sanitaire. Il n’est en effet pas douteux pour nous qu’on ne puisse, par l’addition de gluten, faire avecles farines les plus réfractaires, pour ainsi dire, à faction de l’estomac, du pain dont l’assimilation s’effectuerait alors facilement.
On doit regretter que les haricols, qui contiennent. comme on l’a vu plus haut, une si nolable proportion de principe nutritif, ne soient pas plus abondamment cultivés, et partant d’un prix moins élevé; car ils pourraient être utilement mis à profit pour la nourriture des bestiaux et des animaux domestiques.
Les principales espèces sont : 1° le haricot commun; sa gousse esl allongée droile et falciforme; sa graine diffère delà fève en ce que l’ombilic est situé an centre des cotylédons , tandis que dans la première il esl situé à l’extrémité supérieure ; 2» , le haricot multijlor ; son nom indique suffisamment en quoi il diffère du premier; ses gousses sont grosses et pendantes, sa graine est rose violet marquée de taches noires. Il esl originaire de l’Amérique méridionale et a été importé par la voie d’Espagne, d’où lui vient la dénomination rie haricot d Espagne. lien exisledeux sousuvariélés, l’une à fleurs écarlates , l’autre à fleurs blanches ; 3° , haricot nain. Il ne diffère du haricot commun que par le volume de sa graine, qui est beaucoup moindre. Il est originaire des lndes-Orienlales.
Ces espèces se subdivisent en un grand nombre de variétés, qu’il serait trop long de signaler ici.
Cou VERCH EL ,
de l’Académie de Médecine et de la Société de Pharmacie.
haut-mal | mécl. ), s. m. On donnait autrefois ce nom à l’épilepsie , que l’on nommait aussi mal sacré, parce que l’on pensait qu’il tenait à une cause surnaturelle. (Voyez Epilepsie.)
hectique (mécl.), adj., fièvre hectique. (V. Fièvre.)
hellébore (pot. et mat. mécl ), s. m. , helleborus. On désigne sous ce nom d’hellébore ou d’ellébore un genre de planles herbacées de la famille des Renonculacées, el quiconlienl un assez grand nombre d’espèces ; mais les plus connus sont : l’hellébore noir, helleborus niger, l'hellébore oriental, helleborus officinal! s, qui est celui des anciens; il paraît même, suivant quelques auteurs, qu'ils employaient indifféremment les deux espèces. L’hel- j lébore blanc n’appartient pas à ce genre, ni même \
à cette famille ; c’est le varaire ( vcratrum album), de la famille des colchicaoées; il a de l'analogie par son aclion avec l’hellébore.
L’uellébore noir croît sur les montagnes de la Bourgogne, des Vosges, de l’Auvergne, des Pyrénées et surtout des Alpes. Ses fleurs, qui apparaissent en hiver, sont d'un rose pâle el onl reçu le nom de rose de Noël; les feuilles sont radicales, coriaces, glabres, et découpées, les tiges sont dépourvues de feuilles et ne portent qu'une ou deux fleurs très-grandes ; la racine, qui est la seule partie de la plante qui soit employée en médecine, est noirâtre à l'extérieur, blanche intérieurement , elle a la forme d’une souche de laquelle part un assez grand nombre de fibres cylindriques, charnues et tomenleuses. Sèche , celle racine conserve encore de sa puissante activité. M. Orfila dans sa Toxicologie, ci le des expériences dans lesquelles deux gros et demi de poudre d’hellébore introduite dans l’estomac ont déterminé la mort chez un chien; deux gros de la même poudre appliquée sur une plaie fa: le à la cuisse d'un fort chien onl déterminé la mort en moins d’une heure.
Cette plante, qui est lrès-irritan(e, jouit de propriétés émétiques el purgatives , et e'ie paraît d'après les anciens avoir une action spéciale sur le cerveau. L'analyse chimiqn-e faite par Vauquelin a démontré dans la racine d'hellébore i’exislence d’une huile. âcre et caustique, de l’amidon, d'une substance végélo-animalc , du sucre el d’une matière extractive. La partie active de cette racine est contenue, suivant Vauquelin, dans l’huile âcre et caustique, ce quia lieu dans toutes les planles de cette famille. Celte racine, qui était autrefois fort employée en médecine, est peu usitée aujourd’hui ; les anciens et surtout Hippocrate en faisaient un fréquent usage, surtout dans la folie; l’usage de l’hellébore remonte même aux temps fabuleux : Hercule fut guéri de sa folie au moyen de celle plante; le berger Mélampe délivra de la même maladie les filles de Prœlus en leur faisant boire du lait de chèvres qui avaient été nourries avec celte planle. On faisait aussi usage de l’hellébore dans l'épilepsie, l’hydrophobie , l’hypochondrie , enfin dans toutes les affections nerveuses et même les fièvres intermittentes.
Hans les derniers siècles , on préconisait la racine d hellébore comme vermifuge, et dans les hydropisies avec atonie, dans les ma'adies de la peau; les morsures des serpents venimeux, le lélanos,. l'hystérie. Appliquée sur les parties extérieures de la génération, l’hellébore provoque, suivant Dioscoride, le retour des règles; il peut être employé d’une manière analogue pour les hémorrboïdes qu’il fait fiuer abondamment.
La racine d'hellébore doil être renouvelée souvent, car elle s’a’tère, surtout lorsqu’elle est en poudre. On l’emploie en solution aqueuse, en teinture, en vin , sous forme d’extrait, el de vinaigre, d’oximel et de pommade, elle fait la base des pilules toniques de Bâcher : nous ne donnerons pas la j composition de ces diverses préparations, qui sont ! presque toutes abandonnées aujourd’hui, j L'hellébore oriental, qui est celui dont les \ anciens faisaient usage, est peu différent de l’hellé-
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borenoirdont il partage les propriétés. Toumefort qui en a fait usage lui a reconnu la même action âcre, irritante et purgative. Celte plante croît dans les contrées montueuses de la Grèce, de la mer Noire, et surtout à Anlkyre d’où Tourneforl l'a rapportée. L’helleborus viridis et Yhclleborus fœtidus croissent en France, en Italie; la seconde espece se trouve même en Allemagne et en Angleterre, et a reçu le nom vulgaire de pied-de griffon; on en fait usage dans la médecine vétérinaire.
hématémèse (méd.) s. f., gastron’liagic ( hœmate mesis ), du grec aima, sang, et cmeô, je vomis. Vomissement de sang provenant de l’intérieur de l’estomac. L’hématémèse ou hémorrhagie gastrique peut avoir lieu de deux manières, soit par exhalation, soit par larupture d’un ou de plusieurs vaisseaux sanguins; dans le premier cas les nombreux vaisseaux capillaires qui forment un réseau dans l’estomac laissent suinter le sang de toute part sous une influence morbide inconnue , absolument comme on l’observe dans l’épistaxis ou saignement de nez; dans le second cas, le sang provient d'un vaisseau rompu ou déchiré.
1» hématémèse PAit exhalation. Elle s’observe plus souvent chez la femme que chez l’homme; la suppression des règles en est une des causes les plus fréquentes ; l’hémorrhagie par l’estomac remplace alors l’écoulement menstruel; un étal nerveux particulier, le tempérament bilieux et sanguin, les chagrins profonds, un mouvement violent de colère, l’immersion des pieds ou dès mains dans l’eau froide, le scorbut, la suppression d'une hémorrhagie habituelle, sont les autres causes signalées par les auteurs.
Le début de l’affection est marqué par un ensemble de symptômes qui s’observent dans toutes les hémorrhagies actives , et que l’on a désignés sous le nom de molimen hemorrhagicum. Le malade éprouve un malaise général, quelques frissons, du refroidissement aux pieds et aux mains et en même temps un sentiment d’oppression à l’estomac, la face se décolore, il semble que la syncope soit imminente; puis le pouls se relève, la chaleur générale se rétablit; il se manifeste alors une sensation de chaleur, quelquefois de douleur dans l’estomac; cette sensation est suivie d’envies de vomir avec goût de sang; ce signe annonce que l’épanchement a eu lieu; dès lors les vomissements sanguins ne tardent pas à se déclarer, le sang sort d'abord par gorgée et ensuite à flots ou par masses en partie coagulées; ce sang est en général noir, visqueux et mêlé d’aliments si l’estomac en contenait; il exhale ordinairement une odeur aigre : si l’hémorrhagie est abondante, elle peut amener un état de faiblesse extrême, la syncope et même la mort, quoique celte terminaison soit fort rare ; le plus souvent l'hémorrhagie , après avoir fait perdre au malade dix à douze onces de sang, quelquefois plus, quelquefois moins, s’arrête d'ellemême et peu à peu. sauf à se reproduire plus tard; le jour même ou le lendemain les selles du malade sont noires et sanguinolentes àcause du sang qui de l’estomac a passé dans les intestins. Chez les
personnes scorbutiques les symptômes précurseurs sont bien moins prononcés ; l'hémorrhagie n’est pas précédée de congestion locale, et le sang s’épanche par suite de l'atonie et du relâchement des parois gastriques; aussi a-t-on désigné alors la maladie sous le nom d’hématémèSe passive ou asthénique.
La maladie, comme nous l’avons dit, peut se reproduire à divers intervalles ; chez les femmes elle se montre surtout à l’époque et à la place des règles ; elle n'est pas extrêmement dangereuse par elle-même, puisqu’on cite des individus qui en ont été atteints assez fréquemment pendant une longue suite d’années.
2n hématémèse par rupture. Celte variété reconnaît ordinairement pour cause une lésion mécanique, telle qu'une plaie, un corps étranger aigu introduit dans l’estomac, une sangsue avalée, etc., un coup violent dirigé vers le creux de l’estomac, une ulcération delà muqueuse gastrique, le cancer de l'estomac, l’empoisonnement par des substances corrosives; dans ce dernier cas, il se forme dans l’eslomacdes escarres, et c'est à la chute de cellesci que l'hémorrhagie se déclare. Par l’action de ces différentes causes, un des vaisseaux (artères ou veines) de l’estomac est divisé, et fournit le sang qui, après s’être accumulé, est rejelé parle vomissement ou par les selles; dans le cas de cancer des parois gastriques, ce sang rejeté est ordinairement noir, quelquefois en petites parcelles; il ressemble assez bien à du marc de café ; les anciens désignaient alors la maladie sous le nom de melœna.
Dans l’hématémêse par rupture, on n’observe jamais de symptômes précurseurs ; l’hémorrhagie se fait brusquement, sa durée et la quantité de sang rejelé sont variables et dépendent du calibre du vaisseau; pour peu que celui-ci soit considérable, la mort peut survenir et souvent en peu d’instant s ; dans le cas contraire, le sang s’arrête peu à peu, et l’hémorrhagie ne se reproduit pas, à moins que la rupture qui l’a amenée ne persiste ou ne se renouvelle.
Diagnostic. Il importe de ne pas confondre l’hémalémèse avec Y hémoptysie, maladie où le sang rejeté provient de la poitrine. Dans celle dernière affection, qui est plus fréquente que l’hématémèse, la poitrine est en général souffrante, le sang rendu est très-rouge , écornant; il est plutôt expectoré que vomi; l’hémorrhagie s’accompagne de toux et de bouillonnement. Dans l’hémalémèse au contraire, le sang est moins grumeleux, aigre et mêlé d'aliments, et le creux de l’estomac rend un son mat à la percussion ; le sang rendu par ’es vomissements peut provenir, dans quelques cas rares, d'une épistaxis, et avoir été avalé ; mais la circonstance d'un saignement de nez, l’absence de tout autre symp'ôme du côté de l’estomac, rendront le x diagnostic facile. Il ne faut pas oublier aussi que l’hémalén èse a été quelquefois simulée; ainsi on a vu à l'Hôtel-Dieu de Paris une jeune fille avaler I de temps en temps le sang des saignées pratiquées ; à d’autres malades; elle éprouvait alors des vomissements qui simulaient une hémorrhagie de I l’estomac ; son but était de prolonger son séjour à
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l’hôpital, mais sa supercherie ne tarda pas à être découverte et elle fut renvoyée.
Traitement. Lorsqu’un malade est atteint de vomissement de sang, on doit le faire coucher, si cela est possible, et luiprescrirelereposelle silence; eu attendant l’arrivée du médecin on lui appliquera des sinapismes aux jambes ; les mains seront trempés dans de l’eau chaude, une vessie remplie de glace ou des compresses imbibées d’eau froide seront placées sur le creux de l’estomac. Le médecin, à moins de contre-indication, lui pratiquera une saignée du bras ou mieux du pied; dès quele malade pourra boire, on lui fera prendre une petite quantité ( deux à trois cuillerée^ de temps temps) d’eau à la glace ou très-froide. Lorsque l’hémorrhagie sera tout-à-fait arrêtée , on doit prescrire en général les tisanes et les potions astringentes, les pilules de tannin pur obtenu par le procédé de M. Pelouze ; la tisane conseillée est ordinairement celle de riz édulcoré avec le sirop de grande consoude , la décoction ou l’infusion de cachou (un gros et demi de cachou pour un litre d’eau), la limonade sulfurique (vingt gouttes d’acide sulfurique pour un litre d’eau), le sirop de coing étendu d’eau, etc. On peut faire entrer dans les potions, l’alun, le ralanhia l’eau de Rabel, etc.; voici un exemple de potion : prenez une infusion de roses de Provins (une pincée de roses par demi-litre d’eau) quatre onces ; eau de fleurs d’oranger, un gros ou la valeur d’une cuillerée à café; eau de Rabel, quinze gouttes; sirop de coing ou de grande consoude, une once ou deux cuillerées à bouche ; à prendre par cuillerée d'heure en heure.
L’hématémèse scorbutiquesera combattue en outre parles toniques, le fer, le quinquina, elc.; mais l’indication principale, pour prévenir le retour du mal, est d’en combattre la cause, rappeler les règles par des sangsues aux cuisses etaulres moyens (voy. Menstruation), rétablir les évacuations supprimées, etc.; une bonne nourriture, le séjour à la campagne, un exercice modéré, les distractions sont aussi à conseiller. Pour les complications avec l hystérie. (Voyez ce mot.)
J. -P. Beaüde.
hématine ( chim .), s. f. On donne ce nom au principe colorant du bois de campêche ; cette substance est sans usage dans la médecine.
hématocèle ( chir .), s. f., du grec aima, sang, et kèlê, tumeur. On a donné ce nom aux tumeurs sanguines formées dans le scrotum , dans la tunique vaginale des testicules, ou dans le cordon; cette maladie ne réclame pas un traitement différent que les autres tumeurs de ces organes; il est toujours important de remonter aux causes pour fixer le diagnostic et le traitement à ce sujet. (Voy., pour plus de détails, les mots Hydrocèle, Bourses, Testicules, etc.) J. B.
hématode (chir.), adj. Les Anglais ont donné le nom de fongus hématode à une variété du cancer, qui est caractérisée par des fongosités et un écoulement abondant de sang, sous l'influence de la moindre lésion de la partie malade. La tumeur dé-
bute ordinairement par un tubercule petit et dur , qui s’amollit en augmentant de volume , et qui cependant est élastique. Des douleurs lancinantes se développent bientôt dans la tumeur, qui augmente de volume et devient irrégulière; des veines variqueuses se font remarquer sous la peau qui recouvre la tumeur; la peau finit elle-même par s’enflammer, s’amincir, et enfin il se forme une ulcération qui donne écoulement à un sang noir assez abondant ; la plaie ne se cicatrise plus et il se forme un champignon vasculaire de couleur noirâtre ou violacée qui donne lieu à un écoulement de sang , à des époques plus ou moins rapprochées, et surtout lorsqu'il est irrité par l’action d'un corps extérieur. Le fongus hématode n’est, comme on le voit, qu’une variété du cancer avec développement très-considérable du système veineux de la partie affectée. Toutes les applications de médicaments que l’on peut faire sur la tumeur sont sans résultats avantageux; ils ne font même qu’exaspérer la maladie, et le moyen efficace à mettre en usage consiste dans l’ablation de la partie malade par l’instrument tranchant combiné souvent avec l’emploi du fer rouge, pour détruire les restes que l’instrument de saurait atteindre (Voy. Cancer.) J. B.
hématose (physiol.J, s. f. C’est la fonction par laquelle le sang veineux acquiert dans les poumons les qualités du sang artériel, qui le rendent propre à la nutrition; celte fonction, qui s’exécute par l’acte de la respiration, est décrite à ce mot. (Voyez aussi Circulation.)
hématosine fchim.J, s. f. On donne ce nom à la matière colorante du sang; ce corps, qui jouit de qrelques-unes des propriétés de l’albumine, s’en distingue en ce qu’il contient du fer. M. Lecanu , qui a fait des travaux très-remarquables sur le sang, pense que les globules que l’on remarque dans le sang sont produits par la combinaison de l’hématosine avec l’albumine. On a donné à ces globules le nom de globulines. (Voyez Sang.)
hématurie ( path .), s. f., du grec aima, sang, et oureïn, uriner. On donne ce nom à une maladiequi est caractérisée par un pissement de sang. L’hématurie est une hémorrhagie qui a lieu dans l’intérieur delà vessie ou des voies urinaires, et qui peut être déterminée par un grand nombre de causes : ainsi, la présence d’une pierre dans la vessie, dans les uretères ou les reins, une inflammation très-vive de ces organes , l’introduction de corps étrangers dans la vessie, l’existence d’un catarrhe ancien, la suppression d’une hémorrhagie habituelle et surtout de la menstruation, des lésions extérieures , peuvent déterminer l’hématurie. A vrai dire, l’hématurie est plus souvent le symptôme d’une autre affection , qu’elle n’est une maladie essenlie le; ainsi, dans quelques affections scorbutiques, dans des fièvres typhoïdes, on voit souvent apparaître l’hématurie comme un phénomène nouveau de la maladie, et dans ce cas , il est presque toujours d’une indication fâcheuse. Des coups, des chutes, des blessures, l’introduction
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de corps étrangers dans la vessie, tels qu’une sonde, etc., peuvent, avons-nous dit, déterminer la sortie du sang par la verge; mais dans ces cas, l’hématurie indique une lésion dans l’intérieur des reins , delà vessie ou de l’urèthre, et l’écoulement du sang n’est pas la maladie principale. On a vu souvent l’écoulement des règles remplacé par une hématurie, et cette substitution avoir lieu pendant une grande partie des années de la période menstruelle; un fait analogue s’est aussi fait remarquer pour des flux hémorrhoïdaux.
Autant, ainsique nous venons de le démontrer, l’hématurie symptomatique est commune, autant la maladie essentielle est rare. Cullen dit ne l’avoir jamais observée, et Franck déclare n’en avoir vu que très-peu d exemples. Cette maladie, ainsi que toutes les hémorrhagies dont nous avons parlé, peut être active ou passive; mais lorsque l'affection est essentielle, l’hématurie active est presque la seule, que l’on doit observer. La maladie est facile à reconnaître, lorsque le sang présente ses caractères propres ; mais ce cas n’est pas le plus ordinaire. Souvent le sang est mêlé à l’urine, et il ne fait que communiquera celle-ci une teinte rouge; c’est ce qui a lieu dans les inflammations vives des organes urinaires, où le sangnefait quetranssuder en petite quantité à travers les vaisseaux. Dans d’autres cas, le sang épanché se forme en caillots, et ces derniers sortent en fragments petits et noirâtres ; il faut même un œil exercé pour reconnaître leur nature première. Dans quelques maladies, l’urine présente une coloration rouge qui est dueau sédimentqu’elle contient. Il ne faut pas confondre cette coloration avec celle produite par le sang, et croire à une hématurie alors que la cause de celte coloration est loul-âfail étrangère à la matière colorante du sang.
Les symptômes précurseurs de l’hématurie sont analogues à ceux qui précèdent presque toutes les hémorrhagies; ainsi, douleur gravalive avec sentiment de tension dans la région des reins et de la vessie, pâleur delà face, lipothymies déterminées par l’afflux du sang vers les organes malades et sa rareté vers le cerveau; ces symptômes, qui sont ceux des hémorrhagies actives, ne s’observent pas dans les hématuries passives ou celles qui ont lieu par l’une des causes accidentelles que nous avons indiquées, la sortie du sang est ordinairement accompagnée de douleurs plus ou moins vives dans le canal de l’urèthre; cette douleur est encore plus vive lorsque l’urèthre est le siège d’une inflammation.
Le traitement de cette affection, que nous n’avons cru que devoir indiquer à cause de sa rareté et parce quelle se rattache à d’autres maladies , est variable comme toutes les causes qui peuvent la déterminer; aussi, pour fixer le praticien, on avait divisé l’hématurie en rénale, vésicale et uréthrique, suivant qu’elle avait son siège dans les reins , la vessie ou l’urèthre. On comprend la difficulté que l’on doit éprouver pour déterminer dans beaucoup de cas, d’une manière positive, le siège exact de cette maladie. Le traitement varie suivant que l’hémorrhagie est active ou passive ; dans le premier cas, les saignées générales , les boissons rafraîchissantes et émollientes sont les moyens que
l’on doit mettre en usage; les réfrigérants, tels que les compresses d’eau froide appliquées sur la région de la vessie, les injections froides dans le rectum ou dans le vagin, ne doivent être employées que lorsque les premiers moyens ont échoué ; cependant, ces derniers sont les seuls qui arrêtent d’une manière efficace l’hémorrhagie, lorsque l’écoulement du sang est trop abondant. Les astringents , les toniques sont employés contre les hémorrhagies passives ; mais comme elles dépendent presque toujours d’une affection générale, c’est contre celte dernière qu’il faut diriger le traitement, et les moyens dirigés contre l’hématurie seront nécessairement modifiés par ce fait. On comprend aussi queles divers sièges delà maladie, tels queles reins, la vessie et l’urèthre, doivent aussi imprimer une direction différente au traitement, et que , dans tous les cas, c'est au médecin qu’il faut avoir recours. (Voy. Hémorrhagie.)
J. P. Beaude.
héméralopie fpalh.J, s. f., dugrec hèméra, jour, et de oplômai, je vois, je vois pendant le jour. C’est une maladie des yeux dans laquelle les personnes qui en sont affectées sont privées de la vue aussitôt que le soleil disparait de l’horizon . Il sera traité de cette maladie avec uneautre affection dans laquelle le malade ne voit que pendant la nuit ; c’est la Nyctalopic. (Voy. ce mot.)
hémicranie fméd.J, s. f. Maladie dans laquelle une douleur se manifeste dans une des moitiés de la tête; c’est la Migraine. (Voy. ce mot.)
hémiplégie fméd.J, s. f. On désigne ainsi une paralysie qui affecte toute une moitié du corps. (Voy. Paralysie.)
hémisphère (anal.), s. f., moitié de sphère. Les anatomistes donnent le nom d'hémisphère du cerveau ou du cervelet aux moitiés droite et gauche de ces organes, qui par leur forme se rapprochent un peu de la sphère. (Voy. Cerveau.)
hémitritée fméd.J, adj. f. On donne ce nom à une fièvre intermittente dans laquelle le fype tierce se trouve combiné avec le type quotidien; onia nomme aussi fièvre demi-tierce. (Voy. Fièvre.)
hémoptysie [méd.) s. f. ,d eaima sang, etd eptuô je crache. On désigne ainsi en pathologie interne, l’expulsion par la bouche de sang provenant de l’arbre laryngo-bronchique, soit que ce sang ait été exhalé parla membrane muqueuse qui tapisse les voies aériennes , soit qu’il y ait été versé par un vaisseau ouvert dans sa cavité.
Un phénomène aussi remarquable que le crachement de sang a dù attirer dès la plus haute antiquité l’attention des médecins; aussi voyons-nous depuis Hippocrate tous les auteurs en étudier les causes, en déterminer les symptômes et en chercher les moyens curatifs. On trouve sur ce sujet une multitude de documents précieux, mais épars, et qui auraient besoin d'être réunis par une main habile, pour former une histoire complète de cet important symptôme.
L’hémoptysie présente un grand nombre de différences , suivant qu’on l’envisage sous ses divers points de vue. D’après la définition que nous avons
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donnée, on voit que les causes immédiates peuvent se réduire à deux ; tantôt c’est une exsudation , une sorte de pluie de sang qui a lieu à la surlace interne des bronches ou du larynx, tantôt c’est un ou plusieurs vaisseauxsanguins , d’un calibre plus ou moins considérable , qui se trouvent lésés et en communication avec les voies aériennes. Le siège ou point de départ du sang n'est pas toujours le même; ainsi, tantôt il provient des extrémités les plus reculées des bronches, des vésicules pulmonaires, en un mot, tantôt de la trachée et du larynx. Le sang rejeté peut consister seulement dans quelques crachats sanglants; dans d’autres cas, la quantité peut s’élever à plusieurs livres : entre ces deux étals extrêmes viennent se ranger une foule de nuances intermédiaires. Le sang est ordinairement rouge vermeil , surtout s’il est en petite quantité ; plus abondant, il est rejeté par flots et sans mélange d’a'r.
Quant aux symptômes locaux ou généraux qui accompagnent l'hémoptysie , elle est quelquefois annoncée par un sentiment d’oppression , de chaleur dans la poitrine , puis survient de la toux sèche ou avec bouillonnements , sensation de démangeaison ou de picotement dans le larynx ouïes broncl es, dans certains cas, goût desang au palais. Bientôt le liquide est rejeté sous forme de crachats, si la quantité n’est pas considérable; si, an contraire, il est très-abondant, il est rendu à flots, il bouche et obstrue les voies respiratoires, amène de la suffocation , un sentiment d’anxiété horrible, et pour le maladeet pour les assistants : le liquide peut refluer par les fosses nasales , déterminer des efforts de vomissements ou même le vomissement, surtout si du sang a été avalé au milieu des mouvements convulsifs de la gorge et du larynx. Les symptômes généraux dépendent surtout de la quantité de sang expectoré ; si l'hémoptysie est fort abondante, il survienlles phénomènes ordinaires aux hémorrhagies, de la pâleur, du refroidissement, des syncopes, etc., etc.; mais ces divers accidents peu ven' aussi être le résultat delà frayeur qui saisit ordinairement les malades affectés de crachements de sang.
La marche de l’hémoptysie est très-variable; tantôt elle dure plusieurs jours, le malade continuant à expectorer pendant ce temps des crachats sanglants; tantôt, au contraire, et c’est le cas le plus fréquent, l'hémorrhagie ne dure que quelques instants pour cesser à jamais, ou se reproduire à des intervalles plus ou moins rapprochés. Dans certains cas enfin , c’est tous les mois, tous les quinze jours, etc., que l’aCcidentse renouvelle. Celte régularité dans l’ intermittence se rencontre surtout, comme nous le verrous bientôt , dans l’hémoptysie Succédanée.
L’hémoptysie peut être spontanée ou traumatique ; spontanée quand elle survient en quelque sorte d’elle-même et par un travail intérieur; traumatique, quand elle est le résultat d’une contusion violente ou d'une plaie de poitrine. Nous n’avons à nous occuper que de la.première dont nous ferons trois variétés principales : 1" l'hémoptysie idiopathique, qui a lieu par exsudation sanguine à la surlace des bronches ; 2° l'hémoptysie symptomati-
que qui survient comme effet d’une maladie préexistante du poumon ou des parties voisines; 3» l'hémoptysie critique ou succédanée qui remplace une hémorrhagie habituelle d’un organe plus ou moins éloigné.
Comment reconnaître ces différentes formes?
1° L’hémoptysie se montre chez un sujet jeune et pléthorique qui s’est livré à des efforts de voix (chant, cris, etc.]; chez une personne quia la poitrine comprimée habituellement par un corset ou par une attitude pénible; ou chez une personne qui se trouve dans un air trop raréfié ( comme il arrive sur les hautes montagnes), etc., l’affection est idiopathique.
2° Si elle survient chez une personne atteinte déjà d’une maladie des voies respiratoires , elle est alors symptomatique, ainsi que le crachement de sang, si elle se montre sur un individu qui éprouve de l’oppression , chez lequel un des points des parois de la poitrine donne, par la percussion, un son mat ; qu’en ce point, on n’entende pas la respiration et qu’à l’entour il y ail du râle crépitant, on aura affaire à une apoplexie pulmonaire (voy. Poumon maladies du). Les symptômes delà phthisie, l’existence constatée de cavernes dans le poumon, feront reconnaître l’hémorrhagie d’un vaisseau ulcéré et ouvert dans le poumon. S’il s’agit d’une personne encore assez bien portante, mais qui maigrit depuis quelque temps , qui a des sueurs la nuit, qui tousse, dont les parents sont morts de phthisie, on pourra craindre le développement de tubercules; le sang rendu loul-à-coüp en grande abondance par un malade qui p ésentailles signes d’un anévrysme de l’aorte annoncera l’ouverture de cet anévrysme dans les bronches ou le larynx, surtout si la mort en est le résultat presque immédiat. C’est ainsi qu’en interrogeant les autres symptômes qui accompagnent ou précèdent l’hémoptysie, on peut arriver à reconnaître la cause qui lui a donné naissance.
3° Le phénomène qui nous occupe , précédé de quelque malaise, d’un peu d’oppression , atiaque une femme dont les règles manquent ou sont trèspeu abondantes depuis un, deux ou plusieurs mois; on peut croire qu’il est question d’une hémorrhagie destinée à remplacer ou à compléter celle qui a manqué; le diagnostic sera confirmé si le mois suivant le crachement de sang, renfermé dans de justes limites, se montre de nouveau ; hhémop'ysie sera encore succédanée, si on la rencontre chez un hémorrhoïdaire dont les tumeurs ont cessé de fluer.
Mais il ne suffit pas de distinguer entre elles les différentes variétés de 'hémoptysie, il faut encore la séparer de quelques hémorrhagies qui pourraient la simuler. Ainsi , dans la stomatorrhagie ou hémorrhagie des parois de la bouche, en examinant celte cavité, cki voit d’où le sang s’échappe; en outre ce liquide n’est point écumeux , il n’y a point d'oppression, de chatouillement dans les bronches. Une épistaxis abondante dans laquelle le sang refluerait par la partie postérieure des fosses nasales et serait rejeté par la bouche ne saurait non plus en imposer; d’abord le liquide est noirâtre non soumeux; ils’en écoule de pareil par tenez,
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oy du moins on peut en obtenir en faisant moucher le malade. Quant au vomissement de sang, voy. Hématémèse.
Le pronostic varie suivant la nature de l'hémoplysie : toujours assez grave, il l'est surtout dans celle qui lient à une affection organique du poumon. Rarement on a vu mourir des malades d'hémoptysie idiopalhique; les observations qui en renferment des exemples peuvent même, pour la plupart, êlre rapportées à des lésions préexistantes plus méconnues par l’observateur. Si lliémorrhagie est succédanée, le danger est beaucoup moindre.
Le traitement qui doit nous occuper ici est surtout celui de l’hémoptysie idiopathique. La première chose à faire est de calmer l’imagination du malade, de le faire tenir assis, de rafraîchir l’air autour de lui, eide l’astreindre au repos et à un silence absolu. Les saignées abondanteset répétées, les applications de sangsues ou de ventouses sèches ou scarifiées sont Indiquées en proportion des accidents, de la constitution du sujet, etc., etc.; des boissons rafraîchissantes, telles que la limonade vé, étale ou minérale, le petit-lait, etc., seront administrées ; on appliquera des sinapismes sur les membres inférieurs , on les préfère ici aux bains de pied qui nécessitent des mouvements de la part Üu malade. Une hémoptysie très-abondante exigerait l’emploi de boissons glacées , et même l’usage de vessies de glace sur la poitrine. Pour l’hémoplysie symptomatique, nous renverrons aux mots Poumon (maladies du), Phthisie, Pneumonie, etc ; enfin , si le crachement de sang est succédané d’une hémorrhagie habituelle , on rappellera celleci par des moyens appropriés (voy. Menstruation , Hémorrhoïdes ) , car il ne faut pas laisser à la nature l’habitude des fluxions sanguines vers le poumon. J. P. Beaude.
hémoptysiqüe fpath.J, s. m., qui est affecté d’hémoptysie. (Voy. Hémoptysie.)
hémorrhagie , (méd.), s. f., de aima, sang, et rheô, je coule. Le mot hémorrhagie, comme l’indiquent suffisamment ses racines , signifie tout écoulement de sang hors des vaisseaux qui renferment ce liquide.
Les hémorrhagies se partagent en deux classes bien distinctes : 1» les hémorrhagies spontanées ou nées d' elles-mêmes , qui sont dues à une affection interne, à un travail local ou général par suite duquel le sang s’échappe de ses vaisseaux; 2° les hémorrhagies traumatiques ou dues à une violence extérieure, ce sont les plaies des artères et des veines. Les premières appartiennent à la médecine, les secondes à la chirurgie. Il en sera traité à part. Causes, symptômes, marche, moyens curatifs, tout diffère dans les deux grandes divisions que nous venons d’établir. Nous ne nous occuperons ici que des premières considérées d’une manière général, renvoyant pour les détails spéciaux a°ux articles qui traitent de chaque hémorrhagie en particulier, considérée sous le point de vue du siège qu’elle affecte. (Voy. apoplexie, épistaxis, stnmatorrhagie, hématémèse, hémoptysie, hémorrhoïdes, métrorrhagie , etc.) On ne considère pas comme j
hémorrhagie l’écoulement de sang périodique que présentent les femmes pendant une partie de leur existence; il ne prend ce nom que quand il dépasse ses limites habituelles , et survient entre les époques régulières et normales, pendant la grossesse , etc.
Les causes des hémorrhagies peuvent se réduire à trois : 1» , par suite d’une irritation locale développée idiopalhiquement ou sympathiquement â l’occasion d’une irritation dans un organe p'us ou moins éloigné, il se fait un appelée fluide sanguin , une vérilable congestion dont le résultat est l’exhalation, la transsudalion en quelque sorte de ce liquide hors de ses vaisseaux, le plus souvent sans rupture de ces derniers ; 2° ; il y a au contraire relâchement, défaut de ton dans la partie qui devienne siège de l’hémorrhagie; le sang est souvent altéré dans sa composition , il est moins consistant, plus ténu , plus aqueux ; il sort et s’épanche avec facilité ; 3°; une ulcération venant de dedans en dehors ou de dehors en dedans a déiruil en un point la paroi d’un vaisseau , le sang s’écoule alors librement au dehors; celle hémorrhagie forme en quelque sorte le degré intermédiaire entre les hémorrhagies spontanées et les traumatiques. Quant à celles qui sont dues à la première cause, depuis Slahl en les désigne sous le nom d’ hémorrhagies actives , et quant à celles qui se font par atonie, on les appelle passives.
Les circonstances qui prédisposent aux hémorrhagies sont les suivantes ; la jeunesse, surtout avec prédominance de tempérament sanguin et pléthorique ; le sexe féminin , les températures extrêmes soit en chaud , soit en froid , mais surtout le brusque passage de l’une à l'autre. On croit avoir remarqué que dans les temps ou dans les pays froids , les hémorrhagies se font plutôt par le rectum, la vessie, tandis que dans les conditions opposées elles ont lieu par le nez et les voies aériennes; on a dit aussi que dans l’enfance, les épistaxis étaient plus communes; dans la jeunesse, les hémoptysies ; dans l’âge mûr, les hématuries, les hémorrhoïdes; et enfin dans la vieillesse, les apoplexies. En général , tout ce qui peut augmenter la quantité de sang on la vitesse deson cours doit contribuer à la production des hémorrhagies.
Re’ ativement au siège , les hémorrhagies peuven t être parlagées en deux groupes bien tranchés , les hémorrhagies internes , qui ont lieu dans la substanceou dans la cavité des organes , et les hémorrhagies externes, dont le produit est directement versé àl'exlérieur. Il n’est presquepas de parties qui ne soient susceptibles de laisser écouler du sang: cependant il en est qui présentent plus fréquemment que d’autres ce remarquable phénomène : telles sontles membranes muqueuses, sans doute à cause des nombreux vaisseaux qui s’y distribuent. Les auteurs citent des exemples fort curieux d’hémorrhagies presque universelles ou par des organes qui en sont bien rarement affectés; voici un fait des plus curieux en ce genre rapporté par Mésaporiti, dans les Transact. philosoph. (an 1705). L’auteur a vu une jeune fille qui eut successivement et à plusieurs reprises des épistaxis, des vomissements de sang , des écoulements de ce liquide par les
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oreilles , par les extrémités (les doigts, des mains et des pieds ,par l’ombilic, parles pores delà peau, le milieu de la poitrine , le creux et le dos des deux mains , par le menton pendant deux jours , et le bout de la langue durant une nuit. On lit dans la bibliothèque de Planque plusieurs observations analogues, extraites de divers recueils : Maurice Hoffmann a vu sortir du sang des lombes d’une petite fille, du front d’un enfant nouveau-né , du haut de la tête d’une femme de quarante-trois ans , dont les règles étaient supprimées depuis six années ; sans parler de l’effrayante histoire de Charles xx , plusieurs médecins ont mentionné des sueurs de sang, etc., etc. Pour mon compte, j’ai vu une dame d’une cinquantaine d’années très-replète et d’un tempérament pléthorique, qui , ayant éprouvé un retard dans ses menstruations, eut une hémorrhagie fort abondante par une petite éraillure à la pommette de la joue droite. Cet accident eut lieu pendant la nuit ; elle se réveilla couverte de sang et guérie du malaise qu’elle éprouvait depuis quelques jours. Enfin , un grand nombre d’auteurs ont l'apporté des exemples de femmes qui avaient leurs règles par le grand angle de l’œil , l’extrémité des doigts , l'ombilic, etc.
Les symptômes diffèrent suivant que l'hémorrhagie est active ou passive.
1° Active. L’écoulement sanguin est assez ordinairement précédé de malaises vagues, de fatigue, d’horripilations, de chaleurgénérale, desomnolence, avec engourdissement dans les membres, fréquence avec plénitude ou concentration du pouls, puis ces diverses sensations de chaleur et d’engourdissement se dirigen t et semblent converger vers l’organe qui doit devenir le siège de l’hémorrhagie; il s’y fait une véritable turgescence, c’est l’effort hémorrhagique des auteurs ( molimen hemorrhagicum} qui se termine par l’écoulement du sang en quantité qui varie de quelques gouttes à plusieurs livres; ce sang est assez ordinairement rouge, vermeil, à moins qu’il n’ait séjourné quelque temps dans une cavité et qu’il n’ait été rejeté au-dehors que consécutivement à son exhalation, comme cela a lieu dans l’hématémèse. (Voir ce mot.) Si l’hémorrhagie est peu abondante et que le sujet soit vigoureux, il en résulte un soulagement marqué; si au contraire elle est trop considérable, le malade s’affaiblit, ses extrémités se refroidissent, la vue se trouble, il survient des vertiges, des bourdonnements d’oreilles, une sueur froide inonde le corps, des défaillances, des syncopes ou des mouvements convulsifs se déclarent, et le malade peutsuccomber. Il est vrai de dire que plusieurs de ces accidents peuvent être occasionnés par la frayeur qu’inspire au malade la vue de son sang.
Ces hémorrhagies présentent plusieurs variétés qu’il est important de signaler à l'attention du lecteur. Ainsi les unes ne présentent pas d’autres causes appréciable qu’une congestion sanguine vers le point par lequel elles s’effectuent, elles sont dites essentielles ou idiopathiques; d’autres au contraire peuvent être symptomatiques d'une foule d’affections organiques; ainsi l’hémoptysie révèle souvent l’existence de la phthisie, l’hématémèse, d’un cancer de l’estomac, etc., etc.; certaines sont
en quelque sorte inhérentes à la constitution du sujet; elles se renouvellent assez souvent alors d'une manière périodique, on les appelles constitutionnelles. (V. hémorrhoïde.) On nomme accidentelles, celles qui se montrent une ou deux fois pour ne plus reparaître ensuite, et qui, assez souvent, reconnaissent pour cause une émotion morale vive. Les hémorrhagies succédanées sont celles qui remplacent des évacuations sanguines habituelles; cela s’observe surtout chez le sexe féminin comme dans les cas cités plus haut, des femmes qui avaient leurs règles par différentes parties du corps. Enfin quand une hémorrhagie survient dans le cours d’une maladie aiguë, et que celle-ci diminue ou cesse à la suite de l'écoulement sanguin, l’hémorrhagie est dite critique : tel est le cas intéressant de celle femme dont parle M. Andral, et qui fut délivrée en quelques heures d’une pleurésie assez grave par l’éruption menstruelle beaucoup plus abondante que de coutume ; telles sont les nombreuses observations rapportées par les auteurs d'affections jugées par une hémorrhagie.
2> Hémorrhagies passives. Elles se présentent dans des conditions toutes différentes : elles affectent des sujets débilités, le sang transsude sans obstacle à travers les tissus et sans offrir les symptômes du molimen hemorrhagicum ; on les observe surtout chez les scorbutiques, dont toutes les parties du corps deviennent le siège d'hémorrhagies souvent fort difficiles à arrêter, les taches pétéchiales ou pourprées dans certaines fièvres de mauvais caractère, les épistaxis, les flux de sang qui surviennent dans les mêmes circonstances sont des hémorrhagies passives dans toute l’acception du mot : loin de soulager, elles ne font qu’augmenter la faiblesse des malades, le sang est ordinairement noirâtre, très-fluide, quelquefois, surtout vers lafin, séreux et décoloré.
Quant aux hémorrhagies suites de rupture artérielle, nous renvoyons au mot anévrysme; elles sont presque toujours promptement mortelles.
La marche des hémorrhagies présente quelquefois une particularité fort curieuse, c’est la périodicité ou retour à des intervalles égaux ou réguliers, mais le plus souvent elles se montrent à des époques indéterminées.
Terminaison. Lorsque la perte de sang a été fort abondante ou s’est reproduite plusieurs fois, elle laisse à sa suite une grande faiblesse, le teint se décolore, prend une nuance verdâtre et demi-transparente, la vue s'affaiblit, les membres inférieurs s’infiltrent, il y a des palpitations au moindre mouvement, le malade présente en un mol les caractères de Y anémie. Une chose importante à considérer, c’est la tendance à la reproduction, qui persiste souvent avec une invincible opiniâtreté et finit quelquefois par faire périr le malade.
Le pronostic varie nécessairement suivant la cause et la nature de 1 hémorrhagie, la quantité de sang écoulé, l’âge du sujet, etc., etc.
Traitement. Quand l'hémorrhagie est faible ou qu’elle se présente avec le caractère critique, il faut la laisser aller. Une hémorrhagie habituelle ou succédanée qui s’interrompt doit être rappelée par des moyens excitaqts appliqués sur la partie qui
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en est le siège ordinaire, ou vers une autre partie si l’hémorrhagie se fait par une voie dangereuse; tel est le cas de l’hémoptysie. Il est des cas où l’on doit prévenir l’hémorrhagie, c'est quand elle affaiblit le malade, affecte un organe important, etc.; on atteint surtout ce but en combattant l’action des causes prédisposantes dont nous avons parlé plus haut- Enfin, quand l’écoulement sanguin est trèsconsidérable, il faut le faire cesser à l'aide de saignées et des applications froide, si le sujet n’est point affecté de la poitrine, si ce n’est point une femme actuellement dans la menstruation, etc.; les substances astringentes à l’intérieur et à l’extérieur ont aussi de l’efficacité ; les révulsifs appliqués loin de la partie affectée peuvent être encore fort utiles, ainsi que les purgatifs, etc. C’est surtout dans les hémorrhagies passives que le sang doit être arrêté le plus promptement possible ; les hémorrhagies périodiques seront combattues avec succès par le quinquina. On conçoit que dans cet article nous n’entrons pas dans le détail des divers moyens dont nous parlons, nous devons nous borner aux indications les plus générales.
HÉMORRHAGIE TRAUMATIQUE ( chir .). Toutes les
fois qu’une solution de continuité vient à intéresser un organe renfermant des vaisseaux, ceux-ci, étant divisés, laissent échapper le liquide qui les parcourt; c’est à cet écoulement de sang qu’on donne le nom d’hémorrhagie traumatique ( trauma , blessure). On pourra voir au mol plaie ce qui se passe dans les tissus eux-mêmes ; nous ne nous occupons ici que de la blessure des vaisseaux et de ses phénomènes
Le système vasculaire se composant de trois ordre de vaisseaux, les artères , les veines et les vaisseaux caoillaires, nous allons d’abord examiner ce qui se passe quand ces différents conduits sont lésés; nous pourrons ensuite réunir tout ce que ces hémorrhagies offrent de généra! , et nous les comparerons sous le rapport du diagnostic, du pronostic et du traitement.
1° Hémorrhagie par les vaisseaux capillaires. On sait que la plupart de nos organes sont parcourus par une multitude de petits vaisseaux ramifiés et divisés à l’infini , s’abouchant , s’anastomosant, comme on ledit, mille et mille fois les uns avec les autres, de manière à former un véritable réseau dans lequel est déposé la substance ou le parenchyme de l’organe. Plus une partie renferme de ces vaisseaux , plus l’hémorrhagie sera abondante ; c’est ce que l’on voit pour les lèvres, la langue, etc., etc., pour certains tissus dits érectiles normaux, comme ceux des parties génitales, ou accidentels comme certains fongus hémalodes; leurs solutions de continuité sont suivies d'un écoulement sanguin très-considérable. Le liquide s’écoule en bavant sur les bords de la plaie, et le plus souvent , il s’arrête de lui-même, au bout d un quart d'heure ou d’une demi-heure , parla rétractation et le resserrement spontané des vaisseaux, ou la formation de caillots qui jouent le rôle d’obturateurs. Mais chez quelques sujets doués d’une circulation fort active ou affectés de maladies graves, comme le scorbut, l’hémorrhagie est très-dif-
ficile à faire cesser. Quelquefois ce n’est pas au moment de la blessure que l’écoulement a lieu, mais vingt ou trente minutes après : ce phénomène s'explique par l'émotion qui a accompagné l’accident et qui a déterminé un spasme dans les vaisseaux; le sang qu’ils renferment ne peut s’échapper que lorsque la constriclion a disparu avec la cause qui l’avait fait naître.
2° Hémorrhagie par les veines. On démontre en physiologie (v. Circulation), que le sang se meut avec beaucoup plus de lenteur dans les veines que dans lesartères, etde plus, qu’il y suitune marche continue, tandis qu’il parcourt les secondes par saccades suivant les mouvements du cœur; ces considérations sont fort importantes pour ce sujet, car si la veine n’est pas coupée complètement et quele sang puisse facilement passerparlesautres veines collatérales, en un mot s’il n’y a pas de corn pression entre le cœur et la blessure lesang, qui au premier moment s'échappait sous forme d’un jet continu, netarde pas à s’arrêter, à se coaguler entre les lèvrcsde laplaie; il seforme ainsi un obstacle qui suspend l’hémorrhagie; le caillot s organise et la cicatrisation se fait très-promptement ; au contraire, si la section est complète, et que les conditions de circulation existent , le vaisseau revient peu à peu sur lui-même . le sang sort d’abord plus difficilement , puis s’anêle tout-à-fait par son dépôtsous forme decoagulum à l’ouverture du vaisseau.
3° Hémorrhagie par les artères. Les phénomènes que présentent les blessures des artères , la manière dont l’hémorrhagie peut être arrêtée, n’ont été bien étudiés que dans ces derniers temps, par Jones en Angleterre, et Béclard et M. J. Cloquel en France; notons cependant que dans le siècle dernier d’illustres chirurgiens , tels que J. L. Petit, Morand, Pouteau , etc., s’étaient, déjà livrés à d’intéressantes recherches sur ce sujet. De même que pour les veines , il faut diviser les blessures des artères en complètes et en incomplètes. S’il n’y a qu’une simple piqûre, le sang, à chaque impulsion du cœur, franchit l’ouverture; et si la position des parties, l’étal de la plaie, etc., le permettent, il jaillit par saccades à l’extérieur; si, au contraire, la plaie est profonde , que le vaisseau piqué soit recouvert et enveloppé de parties molles, le sang s’infiltre ou s’épanche dans les tissus voisins, de manière à former un anévrisme faux par diffusion ou enkysté (voy. Anévrisme), et, à moins que la blessure ne soit très-petite et qu’un caillot ne finisse par l’obstmer, circonstances excessivement rares, lesang continue de couler jusqu'à ce qu’on ait employé ües moyens propres à l’arrêter définitivement. Si une artère est coupée dans une partie de sa circonférence, il se passe la même chose que si l’on pratiquait une section sur un tuyau de caoutchouc assez fortement tendu; les deux lèvres de la plaie s’écartent l’une de l’autre de manière à donner à la solution de continuité la forme arrondie, ovalaire nu même de deux becs de flûte joints par leurparlie la plus étroite, selon que la blessure intéresse le quart , la moitié ou les trois quarts du tube artériel ; ici encore la guérison spontanée est presque impossible, ce quijusti-
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fie la fameuse proposition de Celse : arteria lœsa nequecoit neque senescit , une arlère blessée ne se ferme et ne se guérit jamais. Quand la section est complète, les deux bouts de l’artère se retirent brusquement, s’éloignent l’un de l’autre et se cachent au sein du tissu cellulaire quiles enveloppe, et qui se plisse au-devant de l’ouverture; il en résulte une gêne au cours du sang et quelquefois la formation d'un coagulum qui bouche le calibre du vaisseau. Ce caillot a la forme d’un champignon, dont le pédicule sert de bouchon à l’artère, tandis que le chapeau ou la partie évasée l’embrasse extérieurement : s’il est assez fort, assez consistant pour fermer le passage au sang de manière à donner au tube artériel le temps de revenir sur luimême, l’hémorrhagie est suspendue : alors le caillot se durcit de plus en plus, une lymphe plastique coagulable l’unit à l’intérieur et à l'extérieur du vaisseau, et, par un travail inflammatoire, l’ensemble de ces parties est changé en une masse compacte qui prend l’aspect fibreux et qui est résorbée en partie, à la longue, laissant une cicatrice ferme et résistante; mais cela n’a guère lieu que pour les très-petits vaisseaux ou quand l’hémorrhagie a été si abondante que le sang ne coule plus qu’en petite quanti'*, et avec une extrême lenteur; alors les phénomènes favorables que nous venons de décrire peuvent se présenter. C’est ce qui arrive quelquefois quand il y a syncope. Dans les plaies par arrachement, l’artère étant violemment tiraillée s’allonge , comme un tube de verre qu’on effile à la lampe, les tuniques se déchirent et se rompent dans l’ordre de leur friabilité, et quand la rupture a eu lieu , les fibrilles allongées , qui se rétractent dans le vaisseau séparé en deux, servent d’obstacle , du moins momentané, au cours du sang. Tels sont les principaux phénomènes que pré entent les hémorrhagies par suite de lésion artérielle. Je n’en finirais pas si je voulais entrer dans tous les détails que comporte celte intéressante question.
Diagnostic comparatif des hémorrhagies. Une plaie avec hémorrhagie étant donnée, déterminer à quel ordre de vaisseaux appartienne sang qui s’écoule, tel est l’énoncé du problème que nous nous proposons de résoudre. Si le liquide s’écoule en naj pe de toute la surface de la p'a'e et ne semble pas jaillir et s'échapper d’un seul point ; si lorsqu’on étanche le sang avec une éponge humide et bien exprimée, et qu’en la retirant brusquement, on voit la plaie se couvrir d’une multitude de gouttelettes qui se réunissent immédiatement et cachent les tissus d’où elles émanent, l’hémorrhagie prend sa source dans les capillaires. Le diagnostic différentiel de l’hémorrhagie artérielle et veineuse offre souvent plus de difficulté. Dans la première le sang s’échappe et bondit en arcade par jets intermittents qui correspondent aux battements du pouls ; dans la seconde le sang sort d’une manière continue et régulière et s’élance d’ordinaire moins loin, surtout
au bout de quelques secondes. Le liquide est rouge, vermeil dans le premier cas, noir dans le second. Si l’on comprime entre le cœur et la plaie et que le sang s'arrête, il venait d'une arlère; si l’on comprime au-dessous et que la même chose arrive, l’hé-
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morrhagie était veineuse. Il faut toutefois être averti qu’une multitude de circonstances peuvent faire varier ces signes ; qu’ ainsi, vers la fin d’une hémorrhagie veineuse, le sang peut sortir rouge et par saccades, etc., etc.
j Quant au pronostic, il dépend de la nature du vaisseau blessé, de son calibre, de la force du sujet, du temps depuis lequel dure l’hémorrhagie, du ( siège qu’elle occupe, etc., etc. Ce que nous avons dit jusqu’à présent suffit pour faire comprendre ce qui doit résulter de semblables conditions.
Traitement. Il diffère suivant l’espèce d’hémor- ( rhagie. 1° Hémorrhagie capillaire. On peut se proposer plusieursbuts: ainsi on pourra déterminer le resserrementdespetitsvaisseauxblessésaumoyendesrcfrigérants (eau froide, glacejoudessubstancesa^n'ngentes (l’eau vinaigrée, alumineuse, etc.), desstypti- 1 gués (solution concentrée ou poudredesulfatedecuivre J oude fer, eaudeRahel,etc.); d’autres fois on formera unemassecompactepourbouchertouteissueauliquide enappliquantsurlaplaiedespoudresoudessubstances j absorbantes qui s’imbibent de sang, et parlacoagula- | tion decelui ci, sechange iten substances solides; telle est l’action de l’amadou, de la charpie sèche, du lycoperdon ou vesse de loup, etc.; quelquefois on est obligé de cautériser avec le fer rouge la surface saignante, afin de transformer en escarre sèche l’orifice béant des vaisseaux divisés. Enfin, dans des cas moins graves, une compression modérée exercée par l’appareil sur toute la surface de la plaie suffit pour arrêter le sang.
2° Hémorrhagie veineuse. Nous avons dit qu’elle s’arrêtait assez facilement d’elle-même; mais si un tronc un peu considérable était ouvert, il faudrait le comprimer à l’aide d’un bandage approprié ou seulement par la pression des doigts, afin de donner le temps au caillot de se former. La facilité avec laquelle les veines s’enflamment et les dangers de cette inflammation (voy. phlébite) s’opposent à ce qu’on emploie les mêmes moyens qi:e pour les artères.
3° Hémorrhagie artérielle. Si le vaisseau est peu considérable et peu profond, on est quelquefois obligé d’y porter un bouton de feu ; mais si l’on peut le saisir avec des pinces, il vaut mieux le lier; on a parlé plus en détail dans un autre article ( voy. anévrisme) de la manière de lier les vaisseaux; nous dirons seu'ement ici que dans les hémorrhagies suites de plaies, si l’artère ne peut être saisie dans la plaie et que la cautérisation soit insuffisante, il faut tenter la compression de l’artère principale du membre, et enfin sa ligature à l’aide d’une opération spéciale.
hémorrhoidal (path. et anat.J adj. On donne le nom de flux hémorrhoidal au sang qui s’écoule des hémorrhoïdes; on nomme aussi tumeurs héniorrhoïdales les bourrelets formés par les hémorrhoïdes. (Voy. ce mot.) En anatomie, on désigne sous le nom de vaisseaux hémorrhoïdaux les artères et les veines qui se distribuent dans l’intestin rectum, parce qu’il est le siège des hémorrhoïdes. Les artères hémorrhoïd îles sont au nombre de trois , que l’on divise en supérieure , moyenne et inférieure : la su-
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p érieure est la terminaison de l’artère mésentérique inférieure, qui prend son nom lorsqu’elle est parvenue à la partie supérieure et postérieure de l'intestin reclum ; la moyenne est fournie par Tarière hypogastrique ou par l’artère honteuse interne; elle se distribue à la partie antérieure et inférieure du reclum; les inférieures sont des rameaux fournis par Tarière honteuse interne. Les veines hémorrhoïdales suivent la même direction que les artères et elles se rendent dans la veine petite mésaraïque et hypogastrique. Les nerfs hémor rhoïdaux naissent du plexus sciatique et hypogastrique et se divisent en filets nombreux dans l’épaisseur de l’intestin rectum. J . B.
hémorrhqide ( méd .), s. f. (de aima, sang, et rliéô, je coule). Comme on le voit, les racines de ce mot sont exaclementles mêmes que celles du mol hémorrhagie, aussi quelques auteurs anciens ont-ils donné à peu près le même sens à ces deux expressions; et cependant à une époque très-reculée, l’auteur inconnu du traité De Hemorroidïbus consigné parmi les ouvrages d’Hippocrate, limite l’acception du mot aux écoulements sanguins par l'anus; depuis cependant, on a décrit des hémorrhoïdes de la bouche, du nez, de la vessie, etc., pour indiquer des hémorrhagies avec dilatations veineuses dans ces organes. Nous ne parlerons pas d’un prétendu serpent hémorrhoïs , qui , suivant certains écrivains, a donné son nom aux flux de sang, parce que sa morsure faisait, disait-on, naître cetaccident. Tout ce qu’en ont dilThévenin et quelques autres, ne repose que sur un passage mal interprété d’Aëtius. Aujourd’hui, on entend par hémorrhoïdes les tumeurs sanguines de l’anus accompagnées ou non de flux de sang.
Cette maladie est signalée dans les livres les plus anciens; on voit dans le Deutéronome (chap. xxvm, verset 27), que Dieu frappera d' hémorrhoïdes son peuple infidèle. Samuel (liv.i, chap. v), répète plu-‘ sieurs fois que les Philistins qui touchèrent l’arche furent frappés dJ hémorrhoïdes. Les traductions vulgaires ne sont pas aussi explicites; elles n’indiquent pas la nature de la maladie, elles disent seulement que les ennemis de Dieu furent atteints au fondement, ce qui exigea pour expiation le don de cinq anus d'or, au sujet desquels s’est si bien exercée la verve satirique du fameux auteur de l'Essai sur les mœurs. Toutefois, je tiens d’un jeune orientaliste fort distingué, M. Belin, que le mot hébreu apholym, employé dans le Deutéronome et par Samuel, signifie littéralement une tumeur à l'anus : s’agissait-il d’hémorrhoïdes proprement dites ou de toute autre tumeur, c’est ce qu’il est impossible de déterminer; mais la fréquence de cette maladie chez les Orientaux et les expressions employées com m e synonymes d ans les différentes versions de la Bible en arabe et en syriaque, et dont quelques-unes signifient écoulement de sang par le fondement, semble faire croire qu’il est véritablement question d’hémorrhoïdes. Hippocrate et après lui tous les médecins ont parlé de celte maladie dans un sens plus ou moins étendu, comme nous l’avons dit plus haut, et nous verrons par la suite les idées théoriques qu’ils s’étaient faites au sujet de cette maladie.
Les causes générales des hémorrhoïdes sont toutes celles qui peuvent gêner la circulation dans les veines de la partie inférieure du reclum ; nous les diviserons en prédisposantes ou générales et en causes locales.
1. Causes prédisposantes. On a remarqué depuis fort long-temps que les enfants étaient bien rarement affectés d’hémorrhoïdes. Cependant les auteurs en citent des exemples, et presque toutes ces observations portent sur des enfants âgés de plus d’un an ; passé l’âge de vingt-cinq ans, elles commencent à devenir plus fréquentes, mais c'est surtout au-delà de la quarantième année qu’on les voit communément se développer. Hippocrate avait déjà noté ( Traité de Vair des lieux, etc.) que les hommes étaient singulièrement prédisposés aux hémorrhoïdes, et depuis, l’expérience a sanctionné ce! te proposition du père de la médecine : on en comprendra parfaitement la raison, les femmes étant assujéties pendant une partie de leur existence a un flux sanguin régulier, elles doivent être exemptées du flux hémorrhoïdal. L’on a encore observé, ce qui pouvait être prévu d’avance, qu’elles y devenaient plutôt sujettes dans un âge avancé , alors quelles avaient cessé d'être menstruées; dans certains cas on a vu les hémorrhoïdes remplacer les règles, lorsque celles-ci venaient à se supprimer pendant quelque temps, ou bien enfin alterner avec elles. Les personnes qui sont le plus fréquemment affectées de la maladie dont nous parlons présentent les caractères du tempérament bilieux ou mélancolique (voyezj Humorisme et Tempérament ): or, les anciens, qui attribuaient cette modification particulière de la constitution à la prédominance d’une humeur toute spéciale, l’atrabile ou mélancolie, en induisaient naturellement que les tumeurs sanguines de l’anus étaient dues à cette humeur mêlée au sang, qui s’écoulait ainsi naturellement et débarrassait l’économie d'une source d’affections graves; mais ce n’était là qu’une hypothèse, et la fréquence des hémorrhoïdes chez les personnes mélancoliques lient à d'autres causes dont nous allons parler, savoir : une vie trop sédentaire et les affections tristes de l’âme. On conçoit que l’exercice pris à pied et d’une manière modérée doit activer la circulation, et dès-lors s’opposer aux stases de sang qui favorisent la production des tumeurs sanguines à l'anus ; d'un autre côté, on sait quelle influence exercent sur les fonctions des intestins les passions vives et profondes, on sait qu’elles ont pour effet général, comme le dit fort bien de Monlègre, de concentrer à l’intérieur toute la circulation : il ne faut donc pas s’étonner que les personnes tristes, inquiètes, colériques, etc., soient plus fréquemment que les autres affectées d’hémorrhoï les. Ce terrible et puissant génie qui, sous le roi Louis XIII, gouverna si glorieusement la France, Richelieu, fut, diton, tourmenté pendant toute sa vie par un flux hémorrhoïdal très-rebelle; Voltaire a regardé cette affection comme la cause des penchants sanguinaires du cardinal-ministre; mais, grâce au ciel, les hémorrhoïdes n’ont pas de si redoutables effets.
La nature des aliments etdes boissons influe puis- [ samment sur la formation des hémorrhoïdes; ainsi
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toutes les substances fortement épicées, l’ail, les oignons, la moutarde, les liqueurs alcooliques ou douées de propriétés aromatiques et stimulantes trôs-prononcé:js, telle que le café, déterminent dans les intestins une irritation dont la continuité a pour effet l’engorgement des vaisseaux kémorrhoïdaux; les substances prises à l’intérieur agissent, non-seulement parleurs propriétés excitantes, mais encore par leur température ; Hildebrand et de Monlégre attribuent aux boissons chaudes prises trop abondamment la fréquence, chez les peuples du Nord, de la maladie qui nous occupe. On sait en effet quel abus font du thé et du café les nations anglaise et germanique. A ce propos, nous dirons que les auteurs ont beaucoup agité la question de savoir, si les habitants des climats chauds n’étaient pas plus exposés que ceux des régions septentrionales aux fluxions sanguines à l’anus; mais de ces longues discussions il semble résulter que tous les peuples y sont à peu près également sujets, mais que peut-être la manière de vivre des septentrionaux compense, sous le rapport de la prédisposition , l’influence climatérique du midi. Que doit-on penser de la transmission héréditaire des hémorrhoïdes? Je crois qu’en dépit des assertions contraires d’un certain nombre de médecins on ne saurait nier cette hérédité, non plus que pour une foule d’autres affections organiques, que pour le tempérament, le caractère, les traits du visage, etc. On a vu des familles entières atteintes d’hémorr ioïdes et dans d'autres cas, non moins remarquables, la transmission en être suivie pendant plusieurs générations. On a peut-être exagéré le danger des vêtements trop serrés, comme cause prédisposante. On a dit que les ceintures particulièrement devaient, si elles embrassaient trop étroitement le corps, empêcher la libre circulation du sang dans les veines du bassin, et dès-lors favoriser l'engorgement du rectum; mais je crois que celte cause seule n’est pas suffisante, car les Orientaux qui portentdes vêtements fort lâches sont, comme nous l’avons dilen parlant des climats, aussi exposés que les autres aux congestions hémorrhoïdales.
2° Il est un autre ordre de causes qui entraînent d’une manière presque nécessaire et plus ou moins difectela dilatation des vaisseaux hémorrhoïdaux. Nous placerons en première ligne la constipation , qui agit de plusieurs manières : d’abord , l'accumulation de matières fécales très-consistante dans les intestins détermine sur les parties voisines une compression dont le résultat est de s’opposer au libre cours du sang dans les branches veineuses qui vont se distribuer au pourtour de l’anus ; en second lieu , l’expulsion de ces matières endurcies ne peut pas avoir lieu sans de grands efforts et sans une pression de dedans en dehors, bien capable de faire refluer le sang dans les vaisseaux dont nous venons de parler, et, par la continuité et la répétition du même phénomène, de produire l’effet fâcheux dont il est question ici. Les tumeurs développées dans le ventre, les maladies du foie, les irritations et inflammations abdominales répétées, en fixant le fluide sanguin dans les parties inférieures du ventre, doivent prendre une part active à la for-
mation des hémorrhoïdes; j’en dirai autant des lavements chauds habituels , des purgatifs trop fréquemment employés (surtout la rhubarbe, l’aloès, etc.), et des applications répétées de sangsues à l’anus. D’après les détails dans lesquels nous sommes entrés jusqu’à présent, il est aisé de concevoir par quel mécanisme doit agir la grossesse , la compression qu’exerce sur les veines du bassin la matrice distendue par le produit de la conception en est la véritable raison. Je terminerai par quelques remarques sur la position assise long-temps continuée : son premier effet est de favoriser l’embarras delà circulation vers le fondement, d'échauffer celte région , comme on le dit vulgairement; mais est-il vrai que cette fâcheuse tendance soit encore augmentée par l’usage des coussins percés? Quelques auteurs, entre autres de Monlégre et M. Raige Delorme, ont prétendu que sur ces coussins, l’anus n’étant pas soutenu, les inconvénients delà position assise se trouvaient encore augmentés ; à priori, cette opinion semble très-bien fondée et peutêtre doit-on regarder ces sortes de sièges comme nuisibles sous le rapport de la prédisposition , mais n’est-on pas allé trop loin en voulant les proscrire chez lespersonnes déjà atteintes d’ hémorrhoïdes ? c’est ce que je crois; nous en reparlerons d’ailleurs à l’occasion du traitement.
Mais en voilà assez sur l’origine de cette maladie; passons aux caractères intérieurs que la dissection fait reconnaître dans les tumeurs hémorrhoïdales. On peut en distinguer trois formes principales : 1« Tumeurs variqueuse. Elles sont constituées par la dilatation partielle d’une ou de plusieurs veines du rectum, dont le trajet présente ainsi un certain nombre de renflements ou de nodosités : le volume de ces dilatations varie depuis la grosseur d’u n pois jusqu’à celle d’une noix ordinaire. Les tissus environnants sont plus ou moins épaissis et indurés suivant quela maladie est plus ou moins ancienne. On a vu aussi des veines dilatées à peu près également dans unè grande partie de leur étendue ( Yésale, Morgagni , etc.), mais ces cas sont rares. 2° Tumeurs enkystées. Ici le sang est renfermé dans une poche plus ou moins volumineuse, et à parois d’une épaisseur variable selon qu’elle a été le siège d’inflammations plus ou moins répétées. Ces kystes peuvent se former de deux manières différentes ou bien, comme le pense M. Raige Delorme, c’est une dilatation veineuse qui cesse de communiquer avec le tronc de la veine qui lui a donné naissance ; ou bien du sang échappé d’une veine s’est épanché en foyer dans le tissu cellulaire voisin qui forme autour de lui une poche analogue à celle que présente les anévrismes faux (voy. Anévrisme). 3° Tumeurs érectiles. Elles sont formées de petits vaisseaux mille et mille fois entrelacés et anastomosés les uns avec les autres ; les nombreux abouchements que présentent ces vaisseaux donnent alors à la masse hémorrhoïdale un aspect spongieux. Les tumeurs que l’on a désignées sous le nom de marisques sont moinsune forme particulière delà maladie qui nous occupe , qu’une terminaison de l'une des trois variétés que je viens de décrire. Ce sont de petites tumeurs quelquefois assez dures , flétries , susceptibles cependant de s’engorger, de s’enflammer et
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de devenir la cause de souffrances fort vives. On a aussi décrit plusieurs variélés ou formes anomales d’hémorrhoïdes , mais ce que nous avons dit est suffisant pour faire concevoir leur structure générale.
Symptômes et marche. Les tumeurs hérnorrhoïdales siègent à la marge de l’anus, au niveau ou au-dessus du muscle sphincter externe : de là la division établie par Stahl , en bémorrhoïdes internes et externes. Elles forment des bourrelets circulaires ou partiels , qui résultent de la réunion de plusieurs tumeurs à surface unie ou irrégulière , à contours hémisphériques ouinégaux, à base large ou pédiculée; extérieurement , elles sont recouvertes par la membrane muqueuse du rectum ou par la peau.
L’apparition de ces tumeurs est brusque et instantanée, survenant pendant des efforts de défécation , ou bien au contraire, et c’est le plus souvent, elles se forment avec lenteur et sont précédées ou accompagnées de démangeaison avec chaleur à l’anus , de la sensation répétée du besoin d’aller à la garde-robe, de lassitudes générales avec constipation, pesanteur de tête, tristesse insurmontable , dégoût, flatuosités dans l’estomac, etc., etc.; quelquefois la sortie des matières fécales endurcies déchire les tumeurs et il en résulte un écoulement d’une petite quantité de sang qui teint les excréments et soulage un peu le malade. Au bout de quelques jours, les accidents cessent peu à peu , et leur retour est plus ou moins rapproché suivant les individus, le régime habituel, l’action des causes, etc. La seconde attaque est ordinairement plus forte que la première, la douleur est plus vive, la tuméfaction plus considérable, enfin, il peut même y avoir de la fièvre : un nouvel écoulement de sang termine d’ordinaire ce nouvel accès. Après plusieurs attaques semblables, la fluxion se fixe au fondement. Pendant les fluxions, les tumeurs sont dures , tendues, rouges ou violacées , douloureuses au point de gêner notablement la marrhe et la station ; mais dans les intervalles , elles restent ordinairement flétries ; à mesure que les attaques se renouvellent, elles subissent les modifications que nous avons indiquées.
Les auteurs anciens ont beaucoup insisté sur l’écoulement sanguin dans les fluxions hémorrboïdales ; ils l’attribuent généralement à une rupture des vaisseaux ou à une déchirure des tumeurs : à une époqne plus rapprochée de nous , on crut qu’il y avait seulement exhalation où suintement , enfin aujourd'hui, on a repris l’ancienne opinion, sinon pour la totalité du moins pour la majorité des cas. Rien de plus variable que la manière dont s’échappe le sang rendu par l’anps pendant les attaques ; tantôt il ne sort que goutte à goutte et seulement lors du passage des matières fécales ; tantôt il coule avec abondance pendant assez long-temps et à plusieurs reprises. On l’a vu même sortir par jet de crevasses bien apparentes (de la Tour, de Monlègre, Richerandl. La quantité de sang rendu par certaines personnes est vraiment effrayante. Pezold raconte qu’un chevalier saxon perdit en un seul accès jusqu’à soixante-quatre livres de sang; Smétius, Hoffman disaient avoir vu des cas où la quantité de sang
s’éleva à vingt ou trente livres; une foule d’autres auteurs parmi lesquels je citerai Cornarius, Pomme, Lanzoni, Panarola et Tissot, ont vu rendre une ou plusieurs livres de sang par jour pendant un espace de temps assez considérable. Ainsi, tout en faisant la part de l’exagération dont ces histoires portent l'empreinte , il est certain qu’un flux de sang fort abondant peut avoir lieu par l’anus sans être mortel , et même dans quelques-uns des faits rapportés par les auteurs déjà indiqués les malades furent délivrés d’incommodités plus ou moins graves dont ils étaient tourmentés.
Les hémorrhoïdes présentent un assez bon nombre de différences ou de variétés bonnes à connaître et dont nous indiquerons seulement les principales.
1° Relativement au siège. On attachait autrefois une grande importance à la distinction des hémorrhoïdes en internes ou externes, mais cette classification fondée sur une erreur d'anatomie est aujourd’hui rejetée; disons toutefois que les tumeurs situées un peu haut dans le rectum sont sujettes à un inconvénient dont nous allons bientôt parler
2° Quant à la structure , nous avons vu qu’on en pouvait établir trois espèces : les tumeurs variqueuses, les tumeurs enkystées et les tumeurs érectiles. Ces dernières paraissent être plus que les autres sujettes aux flux de sang.
3» Quant aux symptômes et aux complications , les hémorrhoïdes sont fluentes ou non fcoecœ aut fluentes des auteurs). Nous avons suffisamment parlé plus haut de l’écoulement sanguin, mais il est un autre accident qu’il est important de noter : chez beaucoup de malades, soit à la suite du flux de sang, soit dans l’intervalle des attaques, il y à un écoulement d’un fluide blanchâtre assez souvent muquer.x et filant comme du blanc d’œuf, très-variable dans sa quantité ; c’est ce que lJon a appelé flueurs blanches ou leucorrhés anales, hémorrhoïdes blanches, etc.
Les tumeurs hémorrhoïdales sont assez sujettes à s’enflammer; elles font alors beaucoup souffrir les malades, et si l’inflammation s’est terminée par suppuration, il se forme des abcès dont l’ouverture a souvent pour résultat une fistule à l'anus (voy. Fistule); d’autres fois cesont des fissures, des rhagades accompagnées fort souvent de spasmes douloureux des plus violents (voy. Fissure ) ; un accident qui arrive quelquefois aux hémorrhoïdes internes est lesuivant: dans les efforts de la défécation, les tumeurs sont elles-mêmes chassées hors de l’anus, et entraînent avec elles la membrane interne du rectum qui lesrecouvre; alors le muscle sphincter qui ferme l'anus comme un anneau contractile se resserre et étrangle ainsi la masse hémorrhoïdaii e expulsée. Il en résulte une inflammation et dos douleurs fort vives, et même au rapport de Ravaton, la gangrène peut s’emparer de tumeurs ainsi étranglées ; celles-ci se détachent, tombent , et le malade se trouve radicalement guéri; mais ces cas sont fort rares, le plus souvent il se fait une rupture, le sang s'écoule en assez grande abondance, les parties se dégorgent et peuvent reprendre leur place : mais si cet accident se renouvelle fréquemment, la membrane interne du rectum se relâche
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et reste disposée au prolapsus [\ oy. Rectum, maladies du). Nous ne terminerons pas les remarques j sur les accidens propres aux hémorrhoïdes sans noter les coliques qui les précèdent ou les accom- j pagnent si fréquemment, surtout quand l’attaque esi légère; c’est la colique hémorrhoïdale d’Alberli et des autres disciples de Slahl.
Les caractères propres aux tumeurs hémorrhoïdales sont trop évidents pour qu'on puisse les confondre avec des végétations syphilitiques de la marge de l’anus, des polypes du rectum, le cancer de cet organe, etc.; il en est de même du fl ix sanguin ; il diffère trop de la dysenterie ou du melæna suite d’hématémèse pour induire en erreur.
Pronostic. Les anciens, qui, comme nous l’avons dit, voyaient dans cette maladie un émonctoire de la mélancolie, attachaient beaucoup d’importance à la production des hémorrhoïdes : dans une foule de circonstances ils cherchaient à les provoquer, à l’aide d’applications de sangsues répétées, d’irritations de toutes sortes, portées dans certains cas, au point d’occasionner une vive inflammation suivie d’abcès, puis de fistules à l’anus, comme le raconte Boyer. On avait aussi beaucoup exagéré les dangers delà suppression du flux hémorrhoïdal, les recueils d’observations de Planque, Rivière, etc., renferment beaucoup d’exemptes d’accidents graves survenus à la suite de celte suppression, mais la plupart de ces faits sont fort mal interprétés par leurs auteurs : ainsi, à part quelques circonstances p'us rares qu’on ne le pensait , mais plus communes que le disent certains auteurs modernes , les hémorrhoïdes sont une fâcheuse incommodité dont il faut autant que possible débarrasser les malades.
Le traitement des hémorrhoïdes est hygiénique , médical, ou chirurgical. 1° Hygiénique, il consiste à éviter les causes que nous avons longuement énumérées ; ainsi, on réformera une alimentation trop stimulante, pour faire usage de substances plus douces; on prendra des bains frais, on remédiera à la constipation au moyen de lavements émollients répétés, etc., etc. Quant aux coussins percés dont nous avons parié, ils ne sont réellement admissibles que pour des personnes qui ont déjà des hémorrhoïdes, et, en dépit de toutes les spéculations théoriques, il reste prouvé par l’expérience que l’usage de ces coussins apporte un grand soulagement quand les tumeurs sont engorgées, car il s’oppose à la pression insupportable qu’un siège bombé exercerait sur les parties malades. Le traitement médical consiste surtout à calmer les accidents. Si la congestion est violente, on appliquera des sangsues à l’anus autour des tumeurs, ou bien même on pourra faire des mouchetures sur celles-ci. On fera prendre de doux purgatifs, des bains et des lavements frais. Si les douleurs sont violentes, s’il y a des spasmes à l’anus, les pommades narcotiques surtout avec la belladone seront d’un excellent usage. Un flux trop abondant et inutile serait arrêté par les réfrigérants, la glace même, le repos sur un lit un peu ferme, en ayant soin de maintenir le siège un peu plus élevé que les épaules. Le seigle ergoté serait peut-être ici d’un excellent
usage. (M. Raige-Delorme.) Enfin si rien n’arrêtait l’hémorrhagie, on aurait recours à un moyen chirurgical, on exciserait les tumeurs. Quand celles-ci sont sorties de l’anus il faut les faire rentrer, les réduire , comme on le dit ; pour cela on les comprime doucement en les refoulant avec les doigts enduits d’un corps gras, puis on calme les douleurs avec une pommade narcotique ; avec un peu de résolution les malades opèrent souvent la réduction eux-mêmes. Si l’accident s’était fréquemment reproduit et qu’il y eut procidence de l’anus on rendrait du ton aux parties relâchées au moyen de lotions toniques et astringentes, de noix de galle, d’écorce de chêne, de quinquina, etc. Les mêmes lotions sont très-bonnes dans le cas d’écoulement muqueux désigné sous le nom d’hémorrhoïdes blanches. Quand les hémorrhoïdes sont supprimées et qu’il en résulte des accidents graves on les rappelle à l’aide d’applications de sangsues en petit nombre et fréquemment renouvelées , de fumigations, de toniques et stimulants, de suppositoires slibiés, etc.
Le traitement chirurgical consiste dans l’incision , la cautérisation, la rescision, la compression, la ligature et l’excision des tumeurs hémorrhoïdales ; de ces moyens plusieurs sont abandonnés, et je ne dirai que quelques mots des indications qui réclament quelques-uns d’entre eux; lorsque les tumeurs sont saillantes, douloureuses, engorgées, quelques incisions opèrent un dégorgement qui soulage presque immédiatement le malade. L’excision ou la ligature des bourrelets hémorrhoïdaux sont les seuls moyens de guérir radicalement les hémorrhoïdes, on ne tente guère ces opérations quand elles sont enflammées, et l’hémorrhagie qui suit quelquefois l’excision est aisément arrêtée par les toniques froids ou, à la rigueur, par le tamponnement du rectum. Dans le cas de procidence de l’anus, Dupuylren s’est opposé avec succès à l’issue de la muqueuse du rectum au moyen de l’excision d'un certain nombre des plis rayonnés qui existent autour de l’anus. Le plan de cet ouvrage ne me permet pas d’entrer ici dans de plus grands détails.
Je ne terminerai cependant pas cet article sans parler des amulettes qui ont joué de tout temps un si grand rôle dans l’histoire des hémorrhoïdes. C’est ainsi que suivant les anciens (Galien, Aélius, Paul d’Ægine), la pierre hiéracite portée sur la cuisse avait la propriété de desséc’ er les hémorrh lïdes. L’orpin [sedum télephium ) a joui de la même réputation surtout en Italie. En Espagne, c’est la corne du taureau tué dans l’arène (De Montègre), il suffit de le porter dans sa poche. En France, c’est le marron d'Inde qui a la vogue; les commères, et il en est de tous les sexes et de tous les rangs, citent de nombreux cas de guérison par l’emploi de ces moyens, mais on le sait, les fluxions hémorrhoïdales s’arrêtent très-souvent d’el’es-mêmes toul-à-coup; enfin il est possible, comme le pensent Truka et de Montègre, qui l’imagination frappée par l’idée d’une influence mystérieuse contribue à la guérison.
Beaugrand,
Docteur médeein, s. -bibliothécaire de la faculté de médecine.'
hériosposie (Y. au Supplément.)