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de la dartre squameuse, qui occupe quelquefois ces même régions, par l’épaississement delà peau et l’absence de vésicules , de papules et de tout suintement. Les écailles épidermiques sont plus blanches et jamais jaunâtres.
Traitement. Toutes les substances irritantes employées en frictions extérieurement peuvent guérir la maladie. Parmi les préparations proposées , celles qui réussissent le mieux sont : la pommade de goudron ( axonge, un once, goudron de bois, deux gros), indiquée dans l’ouvrage de Bateman, et employée depuis long-temps en Angleterre, la pommade de proto-iodure de mercure (axonge, une once, proto-iodure de mercure, un gros), celle d’euphorbe (axonge , une once , euphorbe , un scrupule), l’eau rouge de l’hôpital Saint-Louis (eau distillée, un litre, sublimé, quatre-vingts grains, matière colorante l'ouge , quantité suffisante ; on colore la solution en rouge pour éviter que par erreur on ne la prenne à l’intérieur, elle serait en effet un violent poison ). On doit frictionner le soir ou lotionner de temps en temps avec ces préparations les parties affectées. La pommade de goudron est le moins irritant de tous ces topiques ; mais elle a l’inconvénient d’altérer le linge et d’exhaler une mauvaise odeur. Les préparations mercurielles, employées imprudemment, peuvent donner lieu à la salivation. Quoi qu’il en soit, ces médicaments ne doivent être employés que tant qu’ils ne déterminent pas trop d’inflammation ; dès que la peau rougit et se couvre d’éruptions, on doit les discontinuer et recourir aux cataplasmes de fécule de pommes de terre, et aux bains émollients. On recommence les frictions quand l’irritation aura disparu. Pendant la durée du traitement, les bains de vapeur et les bains alcalins sont de trèsutiles auxiliaires. Souvent dans les cas peu graves, ils ont suffi pour amener la guérison. On peut en dire autaut des eaux minérales sulfureuses naturelles ou artificielles. Le traitement doit durer en général un mois et plus . Par son influence, on voit les écailles tomber sans être remplacées, et les plaques rouges persistantes disparaître peu à peu. Malheureusement, les récidives sont fréquentes. Le traitement intérieur a une importance moindre. Une ou deux saignées sont utiles si le malade est fort et pléthorique; on a aussi beaucoup vanté la tisane de douce-amère.
D’autres médecins emploient à l’intérieur les préparations arsénicales : la solution de Pearson, à la dose d’un scrupule à un gros progressivement, la solution de Fowler, à la dose de trois gouttes jusqu’à douze gouttes en augmentant progressivement et avec prudence, les pilules asiatiques, une par jour. Ces médicaments ont eu des succès incontestables; mais comme ils sont dangereux, qu’ils ne guérissent pas mieux , et que d’ailleurs ils ne mettent pas plus à l’abri des récidives que les onctions externes , nous pensons que celles-ci doivent leur être préférées.
Le traitement par les purgatifs, dit méthode d’Hamilton, ne nous a jamais réussi; nous en dirons autaut de la teinture de cantharides. Après la guérison, et pour éviter autant que possible les récidives, le malade aura fréquemment recours aux
bains émollients ; il entretiendra la transpiration , et évitera toute espèce d’excès ; quelques médecins conseillent l’usage du thé, comme légèrement
diaphorétique.
Troisième variété, herpès furfuraceus circinatus. Dartre furfuracée arrondie (lepra vulgaris de Willan ). Cette dartre présente tous les caractères de la précédente, à l’exception que les plaques moins étendues ont une forme circulaire , et que leur centre est sain et déprimé ; elles semblent former ainsi plusieurs sortes d’anneaux ou cercles irréguliers; cette variété est aussi un peu moins rebelle que la dartre furfuracée lichenoïde ; on la rencontre un peu plus souvent chez les personnes d’un tempérament lymphatique ; du reste, la marche de ces deux affections est la même. Elle commence par de petits points rouge, légèrement saillants au-dessus du niveau de la peau; ces points rouges s’étendent en se recouvrant d’écailles épidermiques, qui se renouvellent sans cesse au fur et à mesure qu’elles tombent; mais le centre des plaques, au lieu de rester malade, se guérit, et l’élevure de la peau ne persiste qu’à la circonférence. Au reste, tout ce que nous avons dit touchant les causes, la durée, le traitement, etc., de la variété précédente peut s’appliquer à celle-ci.
Quelquefois une portion de la circonférence des plaques se guérit, en sorte qu’il ne reste plus qu’un quart ou un demi-cercle.
On pourrait facilement confondre cette affection avec l' olophlyctide circulaire (herpes circinatus TV., ringvorm des Anglais), passée à l’état chronique. On évitera celte erreur en remarquant que les écailles d’épiderme que présente l’olophlyctide ont été précédées de vésicules, et que le cercle formé est bien plus régulier, plus tranché que dans la dartre furfuracée arrondie. L’olophlyclide circulaire chronique, est d'ailleurs une maladie légère qui cède facilement à une ou deux cautérisations avec le nitrate d’argent. (V. Olophlyctide.) Pour les autres affections de la peau, comprises dans le groupe de dermatoses darlreuses du professeur Alibert, nous renvoyons le lecteur aux mots esthiomène (dartre rongeante); mèlitagre (dartre crustacée, croûles de lait), varus et mentagrc. Pour les considérations générales sur les dartres , voyez le mot Peau.
Albin Gras,
Docleur en médecine , Docteur ès-sciences , Professeur adjoint de Pathologie à l'école de Grenoble, ancien interne de l’hôpital Saint-Louis.
Herpès, ( ’path .), s. m. Le nom d’herpès a été donné aussi par Willan à une affection delà peau désignée par le professeur Alibert, sous le nom d 'olophlyctide. C’est cette éruption légère qui survient souvent aux lèvres des enfants sous l’influence du froid, ou delà fièvre. (V. Olophlyctide )
herpétique. ( path .) adj., du grec herpès, dartre. Se dit des choses qui ont rapport aux dartres. (V. Herpès , et Peau ( maladies de la ).
hétérogène, adj., du grec étéros , autre, et génos, genre ; autre genre. Ce mot s’emploie pour indii quer des corps de nature différente.