‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 278 sur 316 · HIP · texte numérisé non relu

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hêtre (bol.) s. m., fagus silvatica. C’est un arbre fort élevé de nos forêts, de la famille des Amentacées, section des Quercinées , J. , Monœcie Polyandrie, L. Son nom latin fagus dérive du grec fago, je mange, sans doule à cause de ses fruits, les faînes , qui étaient mangés comme nourriture. Ces fruits sont plutôt employés aujourd’hui pour faire de l’huile bonne à manger et qui est regardée comme la meilleure après l’huile d’olive; elle peut même se conserver pendant plusieurs années ; mais elle perd de ses qualités en vieillissant. Les animaux se nourrissent sans inconvénients des faînes, excepté les chevaux pour lesquels ce fruit est quelquefois un poison. Les hommes en mangent aussi sans inconvénient; mais on a vu quelquefois, lorsqu'ils en prenaient en trop grande quantité, des accidents en être la suite. C’est surtout chez les enfants , qui souvent mangent de ces fruits outre mesure, quecesaccidenlssesontmonlrés. J. Bauhin dit qu’ils agissent sur le cerveau à la manière de l’ivraie; le docteur Hesse pense qu’ils contiennent une espèce de poison qu’il suppose être de l’acide hydro-cyanique, mais les proportions en sont trèsfaibles ; car quelques personnes peuvent en manger une assez grande quantité sans inconvénient, tandis que d’autres sont indisposées après en avoir pris fort peu. Les feuilles de hêtre sont employées en décoction contre les engelures; c’est un de ces nombreux moyens prescrits contre cette indisposition et sur l’efficacité duquel on ne saurait être convenablement fixé. J. B.

hiatus (anat.), s. m., d ehiare, bâiller. On a donné ce nom à plusieurs ouvertures qui se remarquent dans l’économie. L'hiatus deFallopeest une petite ouverture qui se fait remarquer sur une des faces de la portion pierreuse du temporal , et qui donne passage à un filet du nerf vidien. L’hiatus de Winslow est l’ouverture qui fait communiquer la grande cavité du péritoine avec celles des épiploons ; elle est placée derrière les vaisseaux et les nerfs du foie J. B.

hidrogène. (Voy. Hydrogène.)

HIÈBLE fbot.J, s. m. , sambucus ebulus; ièble, yèble, sureau en herbe; plante de la famille desCaprifoliées, Pentandrie Trigynie, c’est le petit sureau à lige herbacée ; il croit dans les lieux frais et humides, le long des fossés, sur lebord des chemins. On le trouve dans toute la France, où il est fort commun ; il s’élève à deux ou trois pieds en touffe • ses feuillessontlancéolées, longues etmarquées de dents aiguës; ses fleurs sont blanches et disposées comme celles du sureau; leur odeur se rapproche aussi de celte dernière plante; des baies noires succèdent à ces fleurs ; elles sont employées dans la teinture. Autrefois on faisait usage en médecine de celte

plante, dont les propriétés sont analogues à celles du sureau ; aujourd'hui, elle est presque complètement inusitée. j jj

hippocampe, (anat.) s. m. Ce sont les cornes d’ammon du cerveau. (Voy. Cerveau }

hippocras (mat. méd.) s.m., vinum hippocraticum; vin d’Hippocrate. On donne ce nom à un vin composé dans lequel on met infuser un peu de can-

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nelle, d’ambre, d’amandes douces et de musc; on y ajoute un peu d’eau-de-vie et de sucre, et l’on passe dans une chausse que l’on nomme chausse d’Hippocrate , mais que les anciens auteurs nomment chausse d’hippocras ; on dit que c’est de celte opération que lui vient son nom. L’hippocras était vanté dans le moyen-âge comme une liqueur trèsagréable. lise buvait vers la fin du festin.

hippocratique (méd.), adj. Qui appartient à Hippocrate; on dit médecine hippocratique pour désigner la doctrine d'Hippocrate; face hippocratique pour indiquer une manière d’être de la face qui est un symptôme important dans les maladies. (Voy. Face.)

homéopathique, (méd.) (Voy. Homœopathique.)

homme (physiol J, s.m. Limitons d'abord noire sujet sur lequel ont paru tant d’ écrits remarquables. Le naturaliste décrit et classe l’homme. Le philosophe observe les actes ou manifestations de cet être organisé, dont ses regards n’ont point pénétré l’écorce; et il en signale les instincts, les penchants, les facultés, les aptitudes, fondements obligés de la psychologie, de la morale et de la politique; le théologien, plus hardi dans ses investigations, recherche quelle est l’origine et la destinée de la plus noble des créatures, avant et après son apparition sur cette terre où elle ne fait que passer. Le médecin étudié l’homme sous tous les différents aspects qu’il peut présenter, mais ses points de vues spéciaux et caractéristique de la profession, sont :1a connaissance de l’organisation, du jeu régulier des organes en santé, de leur dérangement dans les maladies, des moyens de maintenir et de rétablir l’harmonie des fonctions. Jusque-là, la médecine semble avoir son domainenetlement circonscrit, et n’avoir rien à démêler avec le naturaliste, le philosophe et le théologien . C’est parla recherche in dispensable des causes que le médecin entre à pleines voiles dans l’histoire naturelle, la psychologie, la morale, la politique ; il s’éclaire sur la structure, l’action normale et le trouble des fonctions del’homme, par des comparaisons avec l’anatomie, la physiologie et la pathologie des végétaux et des animaux. Remarque-t-il des penchants, des facultés, le médecin ne s’arrête pas, comme le simple philosophe, aux manifestations extérieures, il en poursuit la source dans l'organisation, dans la conformation des organes, dans les tempéraments, les âges, les sexes. Après l’influence du physique sur le moral, vient l’influence du moral sur le physique , et ici se découvre le vaste champ de l’éducation , des institutions sociales et politiques : car ce n’est pas d’aujourd'hui , mais de plus de deux mille ans que date l’observation que la différence d’état social et de gouvernement des peuples, influe puissamment sur la santé publique. Si l’espèce humaine est susceptible d'amélioration, disait le plus illustre des philosophes français, à la renaissance des lettres, c’est à la médecine qu’il en faut demander les moyens, qui agissent sur le physiquepour modifier le moral, qui agissent sur le moral pour modifier le physique : car on ne peut isoler l’homme des influences

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qui l’entourent; toute la nature agit sur lui, et il réagit sur toute la nature.

Il suffit sans cloute de ce premier aperçu pour faire comprendre que, dans un ouvrage du genre de celui-ci, nous ne pouvons qu’à peine effleurer le vaste sujet qui nous occupe. Nous nous bornerons donc à jeter un coup-d’œil sur les caractères saillants qui distinguent l’homme du reste de l’animalité , et sur ceux qui le font différer de la femme. Comparé seulement à celle intéressante moitié de son espèce, il offre ses particularités d’organisation, d’instincts et d'aptitude, d’hygiène et de pathologie.

Vainement une philosophie inquiète et misanthrope, s’appesantissant sur les imperfections qui en obscurcissent la sublimité, a prétendu ravaler l’homme au niveau de la brute; tout révèle en lui le chef-d'œuvre de la création, le roi de la nature, la noblesse de son origine elles plus hautes destinées. Qu’importe que le souffle divin qui l’anime ne doive qu’à la plus parfaite des organisations les prodiges d’intelligence et de vertu qui ont fondé pour l’homme seul le dogme consolant de l’immortalité de l’âme. Convaincu que les croyances spiritualistes sont plutôt du domaine du sentiment que de la raison, se sentent mieux qu’elles ne se prouvent, nous nous interdirons toute discussion à ce sujet .(Voy. cime.) Disons seulement que nul animal ne peut soutenir le parallèle avec l’homme. Sans doute on peut trouver dans l’échelle zoologique, les éléments brutes et épars des facultés dont le développement distingue et ennoblit l'espèce humaine; on peut voir dans les échelons ascendants de l’animalité, l’intelligence s’agrandir à mesure que l’organisation se perfectionne; mais lorsque du singe on veut passer à l’homme, la chaîne est rompue , celui-ci reprend le rang élevé d’où il domine les autres animaux d’une hauteur presque égale à celte qui le sépare lui, de l’ordonnateur suprême des mondes. Ce n’est point par humilité, mais plutôt par humeur chagrine, par esprit paradoxal , ou pour étayer le matérialisme qu’on a voulu contester la suprématie de l’homme sur le restant de l’animalité. Quelle dérision d’ailleurs de taxer d’orgueil le sentiment de la dignité de la nature humaine. C’est dans de présomptueuses comparaisons avec ses semblables que l’homme peut se montrer orgueilleux, pour s’inquiéter de l’idée qu’il aurait conçue de sa supériorité sur les animaux, il faudrait vraiment être bien ombrageux des égarements de son amour-propre. S’il est borné relativement aux merveilles de la création qu’il admire sans les comprendre, il lui est permis de s’enorgueillir d'être le seul dans la nature, capable de sonder les mystères delà vie et de contempler religieusement les magnificences de l’univers. A lui seul appartient la faculté d'analyser les sensations, de généraliser les çonceptions, d’avoir une idée de l’espace, du temps , de l’infini , de l’éternité , de vivre dans le passé par les souvenirs , dans le présent par les sensations, dans l’avenir par l’espérance, et d’avoir cette intime foi que la mort même ne sera pour lui qu’un changement etnon une cessation d’existence. Où trouver ailleurs que dans l’homme le sens philosophique qui nous initie à la connaissance de

nous-mêmes plus sûrement encore qu’à celle du monde extérieur, et ce sens moral, ce tribunal de la conscience devant lequel nos actions sont sanctionnées avant qu’apparaissent à l’esprit le blâme de l’opinion publique, les sévérités de la loi, ou les menaces de la religion ? Existe-t-il pour d’autres que l’espèce humaine , celte sphère intellectuelle dans laquelle sont placés les sciences, les lettres, les beaux-arts, enfin tout ce qui jette le plus d’éclat sur la civilisation dont l’homme seul est susceptible ?Pourquoi faut-il que tant de privilèges accordés à sa sublime nature soient souillés par tant de vices et de forfaits, et qu’ après avoir laissé loin de lui les animaux par son intelligence et ses vertus, il se montre encore leur supérieur dans le crime.

Les lumières et la conscience, tel est le sceau le plus noble et le plus caractéristique de l’humanité. Il est vrai que, dans l’homme, l’intelligence est admirablement servie par les organes. L’est en vain que quelques animaux doivent à leur instinct d’imitation, à la conformation de leur langue et de leur gosier, de pouvoir articuler des paroles pour eux insignifiantes ; il n’est donné qu’à l’homme d’exprimer ses idées avec des sons convenus, et de les présenter aux yeux par l’artifice non moins remarquable de l’écriture et de l’imprimerie. Le précieux don de la parole qui a contribué si prodigieusement au progrès des lumières, est donc encore un attribut exclusif à l’humanité; on ne trouve dans les autres espèces animales, qu’un petit nombre de sons inarticulés et une pantomime bornée à quelques signes. Des naturalistes ont prétendu que l’invention et l’usage de la parole élaieut un simple bénéfice de la structure de la langue et du larynx. Nous ne partageons pas cette philosophie, fille adoptive du matérialisme, qui rejette les facultés primordiales , et qui veut que ce soit l’instrument même qui apprenne l’intelligence à s’en servir. Sans doute l’homme privé de l’appareil vocal ne pourrait parler, niais l’absence des organes exécutifs dans l’acte de la parole, n’empêcherait pas de subsister la faculté qui a créé les langues. Si l’homme seul parle, c’est que seul il pense. Nous tiendrons un langage semblable relativement à la main, autre apanage exclusif de l’espèce humaine, caries pattes du singe ne peuvent lui être comparées. Oui, certes, si les mains manquaient à l’homme, ses conceptions seraient bien mal secondées ; mais encore une fois ce ne sont pas ses mains qui apprennent à son intelligence le parti qu’il en peut tirer, pas plus que ce n’est la langue qui lui donne la parole. Les idiots ont ces organes et n’en font rien de bon, parce que leurs facultés mentales ou cérébrales sont inhabiles à les diriger. Même difficulté se rencontrerait si l’on pouvait ajouter seulement des mains et un appareil vocal semblable au nôtre à un animal; ce seraient d’inutiles serviteurs donnés à un maître incapable de s’en servir. La station verticale, autre avantage exclusivement dévolue à l’homme, favorise admirablement l’emploi de ses facultés. En même temps elle donne à son port une majesté, une altitude de commandement qui sied bien au roi de la nature. Grands et petits, tous les animaux semblent ramper ou se traîner devant lui: plusieurs affectionnent sa domi-

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nation et recherchent sa société; tous l’aiment ou le redoutent. Il est a peine croyable qu’on trouve dans la plupart des ouvrages de physiologie, une sérieuse discussion sur la question de savoir si l'homme est conformé pour se tenir debout ou peur marcher à quatre pattes. C’est trop de déférence pour un paradoxe de quelques philosophes justement célèbres à d’autres égards. Il est cerle bien inutile de citer minutieusement la figure du pied, de la jambe, du bassin , de la main , du bras , du trou occipital, etc., pour démontrer ce qu’ont établi l’expérience universelle et le sens commun, savoir : que la station verticale etles autres positions qu’il adopte sur toute la terre sans travail d’éducation, sont les seules naturelles à l’homme.

Nous n’entrerons pas dans des détails d’anatomie et de physiologie comparées, pour signaler les différences et les similitudes, qui séparent ou rapprochent l’homme des espèces animales si inférieures à lui; mais puisque nous avons tiré ses caractères les plus saillants de ses facultés intellectuelles et morales, nous ne pouvons passer sous silence le système nerveux qui est leur instrument le plus immédiat. Le père de l’histoire naturelle (Aristote) en avait déjà fait l’observation d’homme est detousles animaux celui dont le cerveau est le plus considérable, relativement au volume total de son corps. Le petit nombre d’exceptions qu’on pourrait citer sur ce point, ne sauraient détruire celle remarque importante. Mais ce qui ne distingue pas moins le cerveau humain que sa masse relative, c’est le développement de ses parties antérieures; aussi n’y a-t-il que l’homme qui ait le front saillant et rapproché de la ligne perpendiculaire (voy. Angle facial). Le siège des plus nobles facultés est surtout là, comme on peut s’en convaincre, en étudiant les rapports de l’intelligence avec le volume et la conformation de l’encéphale dans la série des animaux. (Yoy. Phrénologie.)

Après avoir jeté un coup-d’œil sur les facultés et quelques particularités d’organisation qui distinguent l’espèce humaine, s’offriraient les questions intéressantes de savoir si c’est une impulsion naturelle, ou le hasard et la force des circonstances qui l’ont réunie en société ; puis quel est l’ordre social le plus conforme à ses besoins, à la raison, à la justice, à l’humanité, et par là même au bien-être du plus grand nombre. Mais ce simple énoncé doit faire pressentir que nous serions entraîné trop loin sur un terrain également occupé par la philosojjhie, la morale et la politique.

Exceptionnellement aux espèces animales et végétales qui sont invariablement fixées, sous peine de mort, à des zones plus ou moins étendues du globe terrestre, l’homme a le privilège de vivre sous tous les climats; on le trouve partout depuis l’équateur jusqu’au-delà des cercles polaires. Il est vrai qu’il ne doit pas moins ce cosmopolitisme aux ressources de son industrie qu’à la souplesse de son organisation. A l’aide des vêtements, des abris, du calorique artificiel, il peut se procurer près des pôles les chaleurs de la ligne, tout comme il sait tempérer par l’ombrage, la ventilation, l’évaporation, etc.; l’ardeur du soleil des régions équinoxiales. Toutefois le même homme ne

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lente pas toujours impunément de jouir d'un avantage réservé à l’espèce, en bravant tout les climats. Les grandes épreuves d'acclimatement sont loin d’être innocentes, et l’on peut juger par les différences remarquables qui distinguent, au physique, tant de peuples de la terre, combien sont profondes les empreintes émanées du site géographique et des dispositions topographiques. (Yoy. Climat , Races humaines.)

La nature, si libérale envers lui, ne s’est pas bornée à doter l’homme de la faculté de vivre en tous lieux où la vie étend son domaine, elle a organisé son appareil digestif, de manière à admettre selon sa convenance ou la nécessité, des substances végétales et animales. De graves auteurs, faisant du sentimentalisme, en matière d’hygiène, ont prétendu que l’homme avait dépravé l’instinct, transgressé les lois delà providence, et cruellement abusé de sa force envers les animaux, en les détruisant pour se nourrir de leur chair. Celte thèse est belle du point de vue de la sensibilité; elle a inspiré des pages empreintes d’une éloquence chaleureuse et entraînante; mais la philosophie naturelle qui se base plus solidement sur l’expérience et la raison, n’a pas de peine à prouver que les aliments tirés de l’un et de l’autre règne organique ont été primordialement destinés à l’espèce humaine. A moins de nier l’harmonie des causes et des effets dont nous voyons tant de preuves éclatantes, il faut bien admettre qu’en nous donnant le penchant et les moyens de le satisfaire, la nature a voulu la fin; or la mâchoire de l’homme offre une association de dents d’herbivore et de carnivore, incisives et canines) et son tube digestif présente une longueur moyenne de celui des deux classes d’ animaux. (Voy. Digestion, Aliments. )Enfin tous les peuples de la terre , et cette seule observation générale est une preuve de sens commun, se nourrissent, quand ils le peuvent, de végétaux et d’animaux. Toutefois les substances végétales doivent, d'après l'expérience et la raison déduite à priori de l’examen de l’appareil digestif comparé, entrer pour la plus large part dans le régime alimentaire de l’homme, et cette règle est d’autant mieux observée qu’on s’avance davantage du nord au sud.

Ces brèves considérations sur le genre de nourriture le mieux approprié à l’espèce humaine, nous amènent fort naturellement à parler de ses maladies : car la bouche, sans contredit, en est la source la plus féconde. (Yoy. Appétit, Condiments, Alcooliques,etc.) La sensualité l’a emporté sui l’instinct, et un déluge de maux a suivi celle infraction à la simplicité des lois delà nature. Il est parfaitement avéré que l’espèce humaine est la plus sujette aux maladies, et cette malheureuse compensation aux avantages éminents qu’elle possède, résulte moins peut-être de la délicatesse de son organisation, que de l’emploi abusif de ses facultés. Du reste ce n’est pas seulement le choix capricieux, ou les excès ! d’aliments et de boissons qui contribuent à rendre | l’homme plus fréquemment malade que les animaux; l’artifice qui s’est glissé dans la plupart de ses usages , de ses habitudes , concourt au même résultat. Tantôt la fatigue excède la réparation des forces, tantôt le superllu de la nutrition n’est point

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dépensé par le travail; celui-ci se précaulionne trop contre les influences atmosphériques, celui-là pas assez; les caprices de la mode vont jusqu’à torturer ses organes, etc., etc.

Indépendamment des influences physiques auxquelles il est devenu d’autant plus impressionnable, qu’il a voulu les soumettre davantage à ses calculs, à ses désirs, à ses volontés, il est pour l’homme, une source à peu près exclusive de maladies; c’est l’action du moral sur le physique.

L’homme qui médite est un animal dépravé, a dit un philosophe dont la brillante éloquence a accrédité tant de paradoxes. Nous ne nous constituerons pas le défenseur de celui-ci, mais nous reconnaîtrons que l’essor démesuré des facultés intellectuelles et morales, les contentions d'esprit, les passions, sont une cause trop fréquente de perturbation dans l’organisation humaine. L’âme, d’autres diraient le cerveau ou le système nerveux, concentre sur un point les forces vitales qui devraient être également réparties dans tout l’organisme, et il en résulte un état général de trouble, de surexcitation ou de langueur. Sous l’influence des préoccupations excessives d’esprit ou de cœur, la digestion, l’absorption, la circulation, la respiration, les sécrétions, l’action musculaire, les facultés génitales, toutes les fonctions enfin sortent fréquemment de l’ordre normal. Ainsi se découvre la puissance des causes morales, dans une foule d’affections qui atteignent l’homme. Quant aux maladies nerveuses et mentales qui sont plus que les autres spéciales à l’humanité, elles ne reconnais- ) sent pas de source plus directe et plus fréquente i que l’influence déréglée du moral. Quelque abrégé j que soit cet aperçu, nous pensons qu’il suffira j pour faire comprendre pourquoi l’homme est plus souvent malade que les animaux, et pourquoi la mort (naturelle, ou par épuisement lent de la vie, est si rare dans son espèce. Aussi, sans prétendre que l’existence extra-séculaire ait été un privilège du plus grand nombre dans les temps primitifs ; sommes-nous persuadé néanmoins que le genre humain peulavoir subi de réelles détériorations, soit par les artifices croissants d’une civilisation progressive, soit par l’hérédité de plusieurs maladies peut-être inconnues dans les sociétés primitives. (Voy. Héréditaires (maladies). Ages, Longévité.)

Jusqu’ici nous n’avons relaté que les généralités saillantes qui différencient l’humanité des espèces animales. Examinons maintenant les caractères physiologiques et pathologiques principaux, qui distinguent l’homme de la femme. Nous n’avons pas besoin de rappeler les particularités anatomiques connues , qui , hormis des cas exceptionnels (voy. Hermaphrodisme) , ne permettent pas de confondre les sexes, et nous passons de suite aux différences les plus ordinaires du tempérament général. Plus de vigueur dans les organes, et par suite plus d’énergie dans les fonctions, tels sont les premiers attributs de l’homme. Son organisation est tellement empreinte de ce double cachet, qu’il suffirait souvent à l’anatomiste et au physiologiste exercés, d’examiner séparément les muscles , les os, le cœur et les vaisseaux sanguins, les poumons, l’appareil digestif, le système nerveux; et même d’explorer les

forces musculaires, la circulation, la respiration, la voix, la digestion, les manifestations intellectuelles et morales, pour prononcer, sans l’aide des apparences distinctives vulgaires, si c’est, un homme ou une femme dont on a soumis les organes et les fonctions à son examen. Les longueurs et l’aridité que comporteraient les développements de cet énoncé, nous déterminent à supprimer les détails d’anatomie et de physiologie comparées, à l’aide desquels nous ferions ressortir la différence d’organisation dans les deux sexes. Pour ne citer que le trait le plus général, nous dirons que chaque système et appareil organique présente communément chez l'homme plus de développement, de consistance, de solidité et conséquemment de force, de résistance quand il est en action. II est pourtant une exception pour les systèmes lymphatique, cellulaire et graisseux, qui prédominent chez la femme.

Quant à la question, tant de fois agitée de savoir si c’est par abus de sa force physique, et en façonnant les institutions à son gré, ou bien par un juste privilège de sa nature que l’homme occupe le premier rang dans la société, ce serait s’enthousiasmer pour un paradoxe, et fermer les yeux à l’évidence que de méconnaître en lui, une supériorité fondée sur la raison et non sur la tyrannie. Promenez vos regards, fixez votre attention sur les objels dont la grandeur, la magnificence, la sublimité, frappent d’admiration et desurprise; contemplez les palais, les temples, les routes, les canaux, les navires , etc., et puis les grandes actions héroïques , les découvertes scientifiques, les vastes conceptions intellectuelles dans l’ordre philosophique, moral, politique, les chefs-d’œuvre dans les lettres et les beaux-arts, les prodiges de l'industrie, etc ; contemplez, disons-nous, toutes ces merveilles et bien d'autres, et dites-nous où est la femme; elle ne se montre nulle part, tandis que vous voyez partout le génie et la main de l’homme. Mais si celui-ci est l’âme incontestable de la société, la femme en est le cœur. Oh! pour tout ce qui tient aux sympathie*, l’amour, la pitié, le dévouement poussé jusqu’à la plus entière abnégation, n’hésitons pas à proc'amer la supériorité de la femme. Elle est bien loin aussi d’être disgraciée sous le rapport intellectuel; au contraire, pour la finesse du discernement, les charmes de l’esprit , elle l’emporte sur l’homme. Seulement nous dirons de l’intelligence de la femme ce que nous avons dit de son organisation, c’est que la délicatesse et la grâce sont substituées à la vigueur qui distingue l’homme au moral comme au physique.

Conséquemment à cette supériorité de forces, l’homme est appelé a de plus grands travaux , et son hygiène diffère sensiblement à quelques égards de celle de la femme. Indépendamment que nos usages ne lui ont pas permis de contracter des habitudes auxquelles se refuserait d'ailleurs son organisation, la femme ne s’exposerait pas impunément aux fatigues, aux privations et aux dangers que brave plus sûrement l’homme, dont les occupations sont plus dures et la vie pius aventureuse. L’hygiène de l’homme doit donc être plus mâle comme son corps, et celui que ses usages ont ren-

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du efféminé perd les avantages de sa nature sans gagner ceux du sexe dont il a contracté le tempérament et les mœurs.

Enfin, quoique sujets aux mêmes maladies, à l'exception de celles des organes existant dans un sexe et non dans l’autre, l’homme et la femme ne sont pas également partagés dans le tribut des souffrances et des infirmités de l’humaine nature. La femme est toute douleur , toute maladie, a dit le père de la médecine; mais si chez l’homme elle sont moins fréquentes, elles sont aussi plus fortes, plus aiguës, plus graves; c’est la comparaison du roseau et du chêne, celui-là plie, celui-ci rompt. On observe encore certaines prédominences maladives dans un sexe comparativement à l’autre. L’homme est plus sujet à la goutte, au rhumatisme, à la gravelle et à la pierre, à l’apoplexie, aux anévrismes, aux affections des organes digestifs, aux accidents chirurgicaux, etc. Ses maladies réclament ou, tout au moins, supportent généralement mieux un traitement actif. (Voy. Femme.)

A. Lagasquie,

Docteur en médecine , Directeur de l’école auxiliaire de médecine.

homœopathie (philos, méd.), s. f., du grec omoïon, semblable, et de pathos, maladie. On désigne sous ce nom ou sous celui de médecine homœopalhique, un nouveau système introduit dans la médecine par Samuel Hahnemann, qui consiste à guérir une affection déterminée par un médicament qui produit une perturbation analogue à la maladie que l’on veut combattre, et qui substitue ainsi une maladie artificielle à une maladie naturelle ; lorsque l’on cesse l’emploi du médicament, la maladie artificielle qui a chassé la maladie naturelle cesse également et la guérison se trouve ainsi obtenue : enfin au lieu de cet ancien aphorisme qui disait, que le contraire guérit le contraire, la doctrine d’Habnemann établit que le semblable guérit le semblable. Mais ce n’est pas seulement dans l’énoncé de cette proposition que consiste l’homœopalhie , elle a créé un système tout nouveau , qui répudie toutes les connaissances physiologiques et palhalogiques acquises jusqu’à ce jour; elle nie l’existence des maladies telles qu’elles ont été définies; elle crée des causes nouvelles aux affections, et déclare celles reconues jusqu’à ce jour, comme étant sans action réelle; non-seulement , ainsi que l’indique son nom , elle change la nature du traitement, mais encore elle crée pour les médicaments un nouveau mode d’action par lequel ils sont supposés agir avec d’autant plus d'énergie qu’ils sont pris à des doses infiniment moindres.

On comprend que dans l’exposé seul de cette doctrine, il y a toute une nouvelle science médicale, et que pour être acceptée par des hommes graves et consciencieux , en renversant une suite d’observations de plus de vingt siècles , il lui fallait des faits nombreux d’une grande évidence et surtout une déduction logique et rigoureuse dans les conséquences des principes qui auraient été posés comme base du système. Or, l’homœopalhie a-t-elle rempli ces conditions? Non , sans doute , et il suf-

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lira d’un rapide examen pour démontrer à nos lecleurs la légèreté et nous dirons même l’absurdité des faits et des raisonnements sur lesquels repose cette doctrine.

C’est en 1790 que, pour la première fois, Hahnemann publia, en Allemagne, les principes de sa doctrine, à laquelle il dit avoir été conduit par l’étude de l’action du quinquina dans les fièvres intermittentes , qui guérit cette maladie en produisant des symptômes analogues à ceux de la fièvre. En 1796 , il imprima dans le journal de Huffland des fragments de ses observations. Ces publications se répétèrent dans le même journal en 1805 et 1807 ; en 1810 il imprima à Dresde l’exposition complète de sa doctrine sous le litre de Organon delà Médecine rationnelle. La troisième édition de ce livre par ut en 1824 sous le titre de : Organon de l’Art de guérir. Plusieurs écrits relatifs à ce sujet furent publiés en Allemagne , mais ce n’est qu’en 1827 pour la première fois que parut dans les journaux de médecine français une analyse de cette doctrine, qui fut faite par le docteur Hollard dans le Journal des Progrès des Sciences et institutions médicales. Cette publication eut peu de retentissement, et l’homœopalhie fut regardée en France comme une de ces rêveries germaniques qui , de temps à autre, ne surgissent dans la science que pour étonner par leur étrangeté , et qui sont destinées à disparaître sans avoir d’autres résultats que le bruit qu’a fait leur apparition.

Ce ne fut qu’en 1833 que l’attention se porta de nouveau sur l’homœopalhie. Un médecin français publia un écrit ayant pour titre: V Homœopathie considérée dans sesrapports théoriques et pratiques .Cette publication, et déplus, l’application de cette doctrine à la pratique qui , jusqu’à ce moment , n’avait été en France qu’un objet de théorie, fixa l’attention du public étranger à la médecine. La nouveauté amena des clients aux homœopathes, et les médecins français furent obligés d’examiner sérieusement un système que jusqu’alors ils avaient rejetée par la seule intervention du bon sens. Chose bien remarquable, c’était lorsque l’homœopathie se mourait en Allemagne, lorsque l’on cessait même de s’en occuper pour la combattre, lorsque ses partisans l'abandonnaient, lorsque l’on oubliait jusqu’aux persécutions qu’avait eu à subir l’inventeur de cette nouvelle et mystérieuse doctrine, que l’on commençait à s’en occuper en France; et, chassé plus efficacement de l’Allemagne par l’indifférence et l’oubli, qu’il n’en avait été chassé par la proscription, Hahnemann se fit précéder dans notre pays par ses disciples pour préparer les voies à la prédication et à l’établissement de l’homœopathie.

Nous n’entreprendrons pas dans cet article une discussion scientifique , qui , indépendamment qu’elle serait peu comprise par nos lecteurs , aurait l’inconvénient plus grave de ne point présenter de bases réelles ; car, sur quel point établir la discussion avec un système que l’on pose à l’aide d’une négation absolue; dans lequel tous les faits antérieurs possédés par la science sont niés avec impudeur, non pas en les opposant à eux-mêmes et en les combattant à l'aida de la logique ; mais

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en les pulvérisant au moyen d’arguments que l’on tire d’un système nouveau sorti complet et formé tout d’une pièce du cerveau de son inventeur; d’un système enfin qui ne tire ses arguments que de lui-même. et qui , après s’être posé comme un fait révélé , ne défend ses conséquences que par l’énoncé de sa proposition, et l’énoncé du système que par les prétendus corollaires qui en ont été déduits. Pour juger une semblable doctrine, il reste deux choses dont on ne peut contester la puissance : c'est l’expérience et surtout le sens commun.

Ainsi, pour commencer l’examen de ce système par les causes assignées aux maladies, Iiahneroann admet qu’elles sont de trois sortes : la syphilis , la sycose et la gale ; que l’on demande à l’auteur pourquoi il a choisi ces trois maladies plutôt que d’autres, il n’en donne nulle raison, et il déduit avec un sang-froid imperturbable de ces trois principes l’existence de toutes les affections qui affligent l’humanité.

Rien ne peut rendre à un lecteur français la nullité du raisonnement et, osons le dire, l’effronterie avec laquelle sont posés ces principes; il semble que le chef de l’école ait supposé qu’il n’aurait à parler qu’à des dupes et à des sots, car ce n’est pas à notre époque et avec la forme qu’ont prise les sciences exactes que l’on peut oser établir une doctrine sans autre preuve que la voix du maître, et en faisant abnégation de toute réflexion et de tout examen.

La syphilis est, nous n’en pouvons douter, une cause fréquente de maladies ; mais ces maladies ont toutes un cachet et un caractère particulier qui les font ranger dans un même cadre , et qui font de ces affections différentes les symptômes d’une seule et même maladie; car jamais la syphilis n’a donné lieu à une affection privée des caractères spécifiques qui la caractérise. La sycose ou maladies des fies. Les fies sont, ainsi que nous l’avons indiqué à ce mot, des excroissances particulières delapeau, qui sont souvent dues aune cause syphilitique ; Hahnemann désigna-t-il encore par ce mot la maladie tuberculeuse que l’on observe au menton et qui a été indiquée par quelques auteurs sous le nom de sycosis, et par Alibert sous le nom de mentagre ; nous ne voyons pas quel rapport ces maladies toutes locales peuvent avoir avec les causes générales des autres affections. La gale est une maladie toute spéciale et qui, si nous en croyons les nouvelles expériences , est due à l’existence d’un animal particulier, l’acarus, qui existe et se propage sous l’épiderme ; cette maladie , qui se communique par contagion , peut quelquefois donner lieu à d’autres affections de la peau ; mais ces maladies, qui d’ailleurs se manifestant souvent sous l’influence d’autres causes, une fois développées, n’ont plus rien de commun avec la gale qui en a été la cause déterminante, et elles guérissent par un traitement différent de celui employé contre la gale elle-même.

Si nous écrivions cet article pour des médecins, nous nous garderions bien de donner ces réfutations, car elles paraîtraient superflues. L’énoncé geul de ces propositions suffit aux yeux d’un mé-

decin instruit et de bonne foi pour en démontrer le ridicule. Ces causes, disent les homœopalhes, agissent d’une manière indéfinie; ainsi, par exemple, il ne suffit pas d’avoir eu la gale pour éprouver les symptômes que peuvent produire les diverses modifications de celle affection , car le vice psorique, sans qu’il se soit manifesté à l’extérieur, peut se communiquer par voie decontagion à tous les degrés, et, en donnant la main à votre ami, en embrassant votre femme , vous pouvez contracter le principe d’une affection d’autant plus grave qu’elle a, dit Ilahnemann, des analogies les plus grandes avec la lèpre. Hâtons-nous, pour rassurer nos lecteurs , de leur dire que ces analogies n’ont jamais existé que dans le cerveau de l'inventeur, et qu’aucune de ces propositions n’a jamais pu être soumise même à l’apparence de la démonstration.

II nesuffisait pas à la doctrine qui voulait être complète de nier les maladies , de créer de nouvelles causes aux symptômes , il fallait aussi inventer tout un nouveau système de traitement; ce système, qui est le complément de toutes les folies que nous a révélées l'homœopalhie , est cependant ce qui a fait dans le public tout le succès de la méthode; les doses mystérieuses, les globules fractionnées au décilliomème ont séduit les gens à imagination vive, ceux qui acceptent la mode, qui cherchent toujours des impressions nouvelles et qui n’hésitent pas à répudier le bon sens et la vérité, lorsqu’ils ont le malheur d'être entaché de vulgarité; pour ces faciles croyants, l’homœopalhie est toute dans le traitement, et ils sont tous tombés en adoration devant les globules; eux qui eussent jetés un regard de mépris sur celle doctrine, si elle ne leur était apparue qu’entourée du fatras demi-mystique sur lesquels son auteur voulait en établir les bases les plus solides.

Nous allons tâcher de faire comprendre à nos lecteursle système de traitement des homœopalhes, convaincus que, si nous y parvenons, nous aurons rendu un véritable service, en faisant, apprécier cette singulière méthode; car nous ne connaissons rien au monde, parmi les folies de toutes les époques, qui soit plus ridicule et plus absurde. On sait, ainsi que nous l’avons dit , que les homœopathes ne voient dans les maladies que des symptômes, et ces symptômes peuvent être nombrés à l’infini, car Hahnemann qui établi 9 genres de symptômes, est parveuu à diviser la douleur qui est le second de ces genres en 73 espèces, et le vertige en 22; de plus chaque genre et chaque espèce peuvent se combiner l'un avec l’autre et exiger par conséquent un médicament différent. Or, pour appliquer un médicament, on a dû chercher qu elle était la substance qui produisait sur un homme sain des phénomènes tout-à-fait analogues à ceux observés sur le malade, et, d’après le précepte similia similihus, on administre ce médicament, non pas à la dose d’une goutte, ce qui est une proportion monstrueuse, non pas même quelquefois à la millionième partie d’une goutte, ce qui est encore un médicament beaucoup trop énergique , mais à cette fraction divisée jusqu'à huit et dix fois par elle-même.

Les homœopathes mesurent les fractions par

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ce qu’ils appellent des dilutions; la première dilution, c’est une goutte d’une substance liquide mise dans cent gouttes d’alcool, ou un grain d’une substance solide mise dans cent grains de sucre de lait; la deuxième dilution, c’est une goutte de la première dilution mise dans cent nouvelles gouttes d’alcool, ce qui fait un grain fractionné dans dix mille; la troisième dilution, est une goutte de la deuxième mise de nouveau dans cent gouttes d’alcool ou un grain dans un million de gouttes ; l’on peut aller ainsi jusqu’à dix-sept dilutions, et ce n’est ordinairement qu’à la quinzième ou seizième que les médicaments commencent à avoir des effets héroïques. Les substances que l’on administre à la cinquième ou sixième dilution sont douées d’une vulgarité d’un prosaïsme, et qui ne permet pas d'en faire une mention sérieuse, c’est l’eau de graine de lin des alléopatlies.

Et que l’on ne croie pas que lors que l’on a ainsi fractionné, les substances, on puisse en prendre une quantité notable, une cuillerée, par exemple; il faut bien se garder d’une semblable hérésie; on prend une goutte de celte liqueur, contenant, par exemple, un grain de suc de persil, un grain de sel de cuisine, un grain de charbon ou de suc de douce-amère, divisé dans une quantité d’alcool que l’on ne pourrait mesurer, et qui ferait plus du volume de la terre, si elle était réunie; on en touche de petits globules de sucre de lait dont six pèsent un grain; on fait prendre avec beaucoup de soin un , deux, trois de ces globules dans une journée , suivant que l’étal plus ou moins grave du malade l’exige ; quelquefois, dans la crainte de produire un effet trop énergique, on se garde bien de lui faire prendre les globules, mais on se contente de passer sous son nez le flacon qui les contient , et la vapeur, dans ce cas , a un effet suffisamment curatif; Hahnemann emploie de cette manière le rhus, « qui est, dit-il, le meilleur » spécifique contre les suites souvent mortelles des » efforts musculaires et des contusions. En pareil » cas, on guérit le malade comme par enchanle- » ment, en lui faisant flairer une seule fois un glo- » Iule imprégné de la trentième dilution , » et le lecteur saura bientôt ce que c’est qu’un médicament à la trentième dilution! ...

On pourrait penser que l’action d’un médicament si fugace passe aussi rapidement que son application ; loin de là, celle action peut durer un mois ; mais quinze jours est le terme moyen de la durée de l’action d’un globule, et comme il faut traiter chaque symptôme isolément, un individu qui n’aurait eu que trente symptômes dans sa maladie, ce qui est même très-peu pour un homœopathe, pourrait se trouver guéri en quinze mois d’un rhume ou d’une fluxion de poitrine; à moins que par malheur les médecins alléopalhes n’aient rendu son mal incurable par leur mauvais traitement , qui même, lorsqu’il ale plus de succès, n’est jamais qu’un traitement palliatif, puisqu’il laisse à la cause de la maladie toute son énergie.

Que l’on ne croie pas que nous avons voulu égayer nos lecteurs en chargeant le tableau; cet exposé est encore au-dessous de la vérité ; car tous ces faits sont consignés dans les ouvrages du chefde

la doctrine, dans l’ Organon de Hahnemann. Ainsi, il est des médicaments qui donnent lieu à treize ou quatorze cents espèces de symptômes. Le mercure donne quatorze cent quatre-vingt-onze symptômes, le soufre onze cent vingt et un , la belladone quatorze cent quarante; et ces symptômes sont par exemple de la nature de ceux-ci : douleur de crampe à la racine du nez; — chute de cheveux pendant une heure ; — petits élancements dans le bout du nez le soir; — geste de charlatan; — le malade dit des absurdités ; — il parle beaucoup de chiens ; — ronflement en dormant; — il se jette dans l’eau ; — petit tiraillement dans le talon gauche ; — douleur dans le trochanter ; — envie de dormir de trop bonne heure le soir;— la pipe ne plaît pas ; — rêves absurdes; — et mille autres extravagances qu’il serait ridicule et fastidieux de rapporter ici quoique extraites littéralement de l 'Organon.

Nous ne pouvons résister, pour donner à nos lecteurs une idée du degré d’atténuation des substances employées par les homœopathes et par conséquent de leur degré d’efficacité, au désir de rapporter un calcul cité dans un journal de médecine, et qui établit les proportions de liquide qu’il faut pour opérer une dilution, en supposant que l’on place un grain de la substance que l’on veut diviser.

« Un litre d’alcool pèse 887 grammes ou 29 onces; le gramme contient 40 gouttes au plus, ce qui élablit pour le litre environ 35,480 gouttes; ainsi, comme pour arriver à la troisième dilution , il faut un million dégouttes, il faudradonc pour faire parvenir un grain de sel à la troisième dilution plus de 28 litre d’alcool , caries 28 lilres ne produisent que 993,440; or, si l’on veut que le médicament homœopathique jouisse de quelque propriété curative, il faut qu’il soit porté à la seizième ou dixseplième dilution : que l’on suppose maintenant une futaille ayant une hauteur d’une lieue de poste, (4,000 mètres) et un diamètre d’un quart de lieue (1,000 mètres), remplissez-la d’esprit-de-vin et délayez-y , selon la méthode homœopalhique , un grain d’opium, de silice, de suc de persil ou de n’importe quel autre médicament : vous croirez être arrivé fort loin , eh bien ! vous aurez passé la huitième dilution pour laquelle il vous aura fallu moins de cent douze quatrillons de gouttes et si vous voulez parvenir à la neuvième pour laquelle vous avez besoin d’un quintillon de gouttes, il faudra vous procurer pour les contenir huit tonnes semblables à la première ou si vous aimez mieux un vase de huit lieues de haut sur deux lieues de diamètre. »

« Nous ne sommes pas au bout du chemin ; on sait que les mers couvrent à peu près les trois quarts de la surface du globe et que leur profondeur moyenne est de 7,000 mètres, une lieue trois quarts ; eh bien ! si l’on imagine un grain d’opium dissout homœopathiquement dans une quantité d’alcool quatre-vingt-dix fois plus considérable que toutes les mers réunies, vous n’aurez encore que la quatorzième dilution, c’est à-dire que votre dilution sera encore beaucoup trop active pour l’usage homœopalhique!.... Comprenez-vous, maintenant ? »

« Youlez-vous encore davantage ? Procurez-vous

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cinq globes de crystal, ayant chacun un diamètre de trois mille lieues, juste le volume de la terre; remplissez-les tous cinq d’alcool ; délayez-y votre grain d’opium et puis transvasez, transvasez, vous n’aurez que la quinzième dilution. Votre médicament pourra encore produire des effets violents et vous ne pourrez l’employer que chez les sujets robustes; mais vous pourrez y avoir recours sauf à vous procurer cinq cents globes semblables au précédent, ou mieux , si vous voulez , un seul vase , un bocal de quinze cent mille lieues de diamètre, si, ayant affaire à des personnes très-nerveuses et très-irritables, vous voulez exécuter à la rigueur l’ordonnance homœopalhique et obtenir absolument votre grain d’opium, de sel de cuisine, de charbon de bois ou de crystal de roche à leur décillionième

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