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était de deux ans, suivant un placard de Charles- Quint du 8 octobre 1540.
Toutefois, celte prescription n’est point absolue, et n’empêche pas le médecin ou le pharmacien de poursuivre devant les tribunaux ceux qui leurs doivent ; mais alors, ils doivent déférer le serment à ceux qui leur opposent cette prescription. Ainsi, à l’expiration du délai d’un an, il ne suffit pas qu’un malade vienne dire à son médecin : je vous dois telle somme, mais je ne vous la paierai pas, attendu la prescription qui m’est acquise; il faut que le débiteur affirme par serment qu’il ne doit rien, ou qu’il a payé. Alors le médecin perd tout droit contre lui. Le débiteur ne pourrait non plus invoquer le bénéfice de la prescription si la dette était constatée par un litre quelconque ; dans ce cas, il ne serait pas même nécessaire de lui déférer le serment.
La prescription court quoiqu'il y ait eu continuation de fournitures; les raisons, services et travaux, (art. 2274 du code civil.) Donc on considère chaque visite de médecins, comme élabl ssantune créance distincte des précédentes. Ainsi, les visites faites le 31 décembre doivent être payées au 31 décembre de l’année suivante, sous peine de prescription, quand bien même le médecin aurait continué à voir le malade pendant le mois de janvier.
Dans le cas de mort du malade , les médecins peuvent déférer le serment aux veuves, héritiers ou tuteurs de ces derniers, pour qu’ils aient à déclarer, s'ils savent ou non que la dette existe. Nous avons rapporté dans notre jurisprudence de la médecine, un arrêt important rendu sur cette question par la cour de cassation.
En reconnaissant aux médecins le droit de réclamer leurs honoraires en justice, la loi veut que ces honoraires soient proportionnés à l’importance du traitement et surtout à l’état de fortune du malade ou de ses héritiers. Lorsque les mémoires paraissent exorbitants, les débiteurs peuvent donc faire des offres sur ce qu’ils croient légitimement dû , et en cas de refus de la part du médecin , se laisser actionner devant les tribunaux. Dans le jugement de ces causes , les tribunaux ne doivent pas perdre de vue, que s’il est de leur devoir de réprimer la cupidité du médecin, ils doivent, d’un autre côté, éviter de favoriser l’ingraülude du malade.
Nous avons reproduit dans ce court article, les questions principales auxquelles peuvent donner lieu les honoraires des médecins. Elles peuvent se multiplier à l’infini; tant de causes peuvent venir compliquer ce qui se rattache au paiement des honoraires, que ce ne serait pas trop d'un livre spécial sur cette importante matière. Mais, disons-le en terminant, la sagesse elle désintéressement des médecins font plus pour prévenir les procès de cette nature, que toutes les dispositions législatives. C’est bien comprendre la dignité de leur profession; c’est ainsi qu’ils conserveront au corps médical le rang élevé qui lui appartient dans la société.
Ad. Trebuchet,
Avocat, Chef du bureau sanitaire à la Préfecture de Police. honteux fanat J, adj. On donne ce nom aux artères et aux nerfs qui se rendent aux organes de
la génération. Les artères honteuses sont la honteuse interne qui naît de l’artère hypogastrique et se divise en deux branches, une inférieure ou périnéale, qui donne les artères hémorrhoïdales inférieures, et l’autre supérieure qui fournit l’artère transverse du périnée et les artères des corps caverneux et l’artère dorsale de la verge; chez les femmes, cette dernière est remplacée par l’artère dorsale du clitoris. Les artères honteuses externes sont fournies par l’artère fémorale, et se distribuent aux parties extérieures de la génération : le scrotum , chez l’homme, et les grandes lèvres c; ez la femme. Le nerf honteux vient du plexus sacré , et il se distribue aux parties géni.ales spécialement : le pénis chez l’homme et le clitoris chez la femme. On a donné aussi le nom de parties honteuses aux organes génitaux; mais cette désignation est peu usitée.
hôpitaux civils [pol.méd .). C’est aux premiers temps de la chrétienté qu’il faut remonter pour trouver l’origine des établissement ouverts à l’humanité pauvre et souffrante. Le culte païen n’avait rien créé de semblable, et , à l’exceplion des maisons publiques où les voyageurs recevaient une hospitalité de courte durée, il n’y avait aucun asile ouvert à la pitié. Il est vrai qu’alors la mendicité était inconnue, parce que la mendicité ne peut exister avec l’esclavage ; mais le christianisme ayant proclamé l’égalité parmi les hommes, beaucoup cessèrent d’être esclaves, sans devenir capables de subsister par eux-mêmes; de là celle plaie de la mendicité , qui , durant les premiers siècles de 1ère nouvelle , menaça d’envahir la sociélé toute entière. Il fallut donc multiplier les établissements publics pour y recevoir les pauvres et les malades, et dès le quatrième siècle, il en existait déjà dans tous les pays où le christianisme avait été importé. Les léproseries furent les plus nombreuses, et vers le treizième siècle, on en comptait environ dix-neuf mille. En France seulement, il y en avait deux mille, ainsi qu’il résulte de la disposition testamentaire par laquelle saint Louis lègue à chacun de ces établissements cent sous, qui reviennent à environ cent francs de notre monnaie. Ce nombre d’hôpitaux ne fit que s'accroître par suite des expéditions d’oulre-mer, eide l’inefficacité des traitements employés pour combattre les maladies contagieuses.
Les rois conservaient sur les hôpitaux un pouvoir absolu, et presque tous , ils étaient établis dans la maison de l’évêque ou dans l’intérieur des communautés; à l’exemple de saint Basile, dit M. Labat , saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople, fonda, dans cette ville, plusieàrs hôpitaux au service desquels il attacha, sous la direction de deux prêtres , des médecins , des cuisiniers et un certain nombre d’ouvriers qui n’étaient pas mariés. L’administration des hôpitaux était une charge ecclésiastique, qu’on ne conférait qu’à des prêtres ou à des diacres d’une charité reconnue, et qui ne relevaient que de leur évêque. Il en fut ainsi tant que l’église consacra un quart de ses revenus fixes à l’entretien de ces établisse-
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menls; mais, dans la suite, ce quart n’étant plus payé exactement , les hôpitaux ne se soutinrent que par la libéralité des fidèles, et on en fonda plusieurs avec exemption de la juridiction épiscopale.
Plusieurs édits ordonnèrent même que les hôpitaux seraient régis et administres par des gens laïcs, lien resséants et solvables , deux au moins; lesquels seraient élus par les maires, échevins et consuls des villes, et commis de trois en trois ans , à la charge d" en rendre compte d’an en an, délaissant seulement une pension aux titulaires pour leur vivre et vestiaire. On peut consulter à cet égard les ordonnances de 1543 et 1561; cependant, quelques dispositions obligeaient les administrateurs des hôpitaux à prendre des provisions du grand aumônier , d’autres leur permettaient d’administrer en vertu de la seule nomination des bourgeois; d’autres enfin, exigeaient qu’on présentât les procès-verbaux de nomination au grand-aumônier qui choisirait les administrateurs parmi les candidats.
Henri II attribua au grand aumônier de France la surveillance et la visite de tous les hôpitaux du royaume, fonctions que François Ier avait confiées aux juges royaux des lieux où les hôpitaux étaient situés. A la suite des contestations auxquelles donnèrent liéu ces dispositions contradictoires , il fut arrêté eu parlement que les ordinaires qui feraient opposition, auraient seulement le droit d’assister aux visites des juges royaux, soit en personne, soit parleurs députés.
Des actes qui suivirent et qui méritent d’être cités comme ayant le plus influé sur lalégislalio des hôpitaux, nous n’avons à mentionner que l’ordonnance de Charles IX, du 10 mai 1561 , celle de Henri IV, de 1606 ; celle de Louis XIII, de 1612; et enfin les déclarations de 1695 et de 1698 : la première, confirmant les évêques, les archevêques, leurs grands vicaires, et autres ecclésiastiques, dans le droit de présider et d’avoir soin de l’administration des hôpitaux; la seconde, réglant cette administration et la composition du personnel
On peut encore consulter l’édit de 1662, ordonnant : « qu’en toutes villes et gros bourgs il y ait des hôpitaux, pour loger , enfermer et nourrir les pauvres mendiants invalides natifs des lieux ou qui y auront demeuré pendant un an ; comme aussi les enfants, orphelins ou nés de parents mendiants; tous lesquels pauvres y seront instruits à la piété chrétienne et aux métiers dont ils pourront se rendre capables. »
Des dispositions analogues à celles prescrites par les règlements que nous venons de citer, se trouvent dans les actes de 1747, 1750 et 1767.
Cependant , malgré les soins donnés à l’administration des hôpitaux, et la sagesse des règlements dont ils étaient l’objet, ces établissements, jusqu’à la fin du siècle dernier, laissèrent beaucoup à désirer, sous le rapport du service intérieur et surtout de la salubrité. Qu’on se reporte seulement à l’année 1786 ; alors, le plus grand nombre des indigents de la Salpétrière et de Bicêtre couchaient dans le même lit ; à la même époque, l’Hôtel-Dieu, et Saint-Louis sa succursale, n’avaient ensemble [que cinq cent trente-huit petits lits et
neuf cents quatre-vingt-sept grands lits, en tout, quinze cent vingt-cinq lits pour coucher deux mille cinq cents malades, ce qui ne permettait pas de donner un lit à chaque malade. Antérieurement, la population de l'IIÔtcl-Dieu s’étant élevée jusqu'à quatre et cinq mille malades, on fut obligé de placer quatre et cinq personnes dans un seul lit, et l’on fut même quelquefois dans la nécessité de porter à huit le nombre des malades de chaque lit, en en couchant quatre dans l’intérieui et quatre sur le ciel du lit.
Tel était à celte époque l’état des hôpitaux ; mais aussi on faisait de l’administration dite à bon marché, et cette branche de service ne coûtait pas, comme aujourd’hui, environ 12,000,000 par an, à la ville do Paris. Ces sommes permettent d’avoir dans les hôpitaux et dans les hospices un nombre de lits suffisant pour qu’ils ne reçoivent chacun, qu’un malade; de payer annuellement la dépense de deux millions de journées de malades dans les hôpitaux, et de quatre millions de journées d’infirmes dans les hospices ; d’entretenir seize mille enfants trouvés , élevés à la campagne, d’instruire huit mille garçons et sept mille filles dans les écoles de charité et de secourir à domicile, soixante-dix mille nécessiteux. La taxle des pauvres, si pesante pour l’habitant de Londres et pour toute l’Angleterre, ne satisfait cependant qu’à une partie de ces besoins. Dans l’espace de trente-quatre ans, c’est-à-dire, de l’an vi à 1825 , la ville de Paris a consacré 167,000,000 au soulagement des indigents, savoir : de l’an vi à l’an XIV, 32,019,637 fr.; de l’an xiv à 1815, 49,836,687 fr.; de 1816 à 1826, 52,500,000 fr. Nous donnerons à la fin de cet article, uni aperçu des nôpitaux de Paris.
L’organisation administrative actuelle des hôpitaux et hospices repose sur la loi du 7 octobre 1796 (16 vendémiaire an v),(sauf quelques modifications. Ces établissements sont administrés par des commissions administratives.
Tous les hospices situés dans une même commune dépendent d’une seule et unique comftiission .
Les commissions administratives des hospices doivent être assistées par des conseils de charité.
Les fondateurs délits dans les hospices ou leurs représentants, ont le droit de présenter les indigents pour occuper les lits dépendant de leurs fondations, aux clauses et conditions insérées aux actes de fondation, et en fournissant, soit en argent, soit en rentes sur l’état, le supplément pour compléter la somme jugée nécessaire, pour l’entretien des lits.
En cas d’urgence, à défaut de domicile connu ou de moyens suffisants pour être traitée chez elle, toute personne trouvée blessée ou malade sur la voie publique, est dijrigée sur l’hôpital le plus à proximité pour y recevoir des secours.
La commission des hospices civils de Paris est composée d’un conseil général et d’une commission administrative.
Le conseil général est composé de quinze membres qui sont nommés par le roi, sur la présentation de trois candidats faite pour chaque vacance par le conseil général, indépendamment du préfet de
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police , et du préfet de la Seine qui préside le conseil ; leurs fonctions sont gratuites.
La commission administrative est composée de cinq membres, qui sont nommés par le ministre de l’intérieur, sur la présentation du préfet.
Les fonds nécessaires pour l’entretien de chaque lit fondé dans les hospices de Paris, et pour lesquels le fondateur fait présenter les indigents sont fixés à cinq cents francs de revenu net, et pour les incurables à quatre cents francs.
Nous ajouterons enfin que les places de médecins, des pharmaciens, d’élèves internes ou externes dans ces établissements sont données au concours, et qu’à Paris on ne peut être nommé médecins des hôpitaux ou hospices, qu’après avoir été nommé au concours des médecins du bureau central d’admission.
On peut consulter, pour tout ce qui concernel’administration des hospices, l’ordonnance du roi du 31 octobre 1831 , l’arrêté du gouvernement du 16 fructidor an xi, celui du 27 nivôse an xx ; enfin l’ordonnance royale du lSfévxûer 1818.
A Paris , les établissements qui dépendent de l’administration des hospices sont au nombre de vingt-sept, qui se divisent en hôpitaux généraux et spéciaux et hospices, savoir: sept hôpitaux généraux; la Pitié, fondé en 1612, pour des enfants trouvés; Beaujon, fondé en 1784, par M. de Beauion, conseiller d’état, pour l’éducation des enfants pauvres du quartier; l’ Hôtel-Dieu ,1e plus ancien des établissements de ce genre et dont l’origine remonte aux époques les plus reculées ; la Charité, qui fut autrefois le chef-lieu de l’ordre de la charité institué en 1540, et dont les premières constructions remontent à latin du seizième siècle; Cochin, fondé en 1782, par l’abbé Cochin, curé de Saint-Jacques du Haut-Pas; Necher, fondé en 1778 par madame Necker, femme du célèbre contrôleur des finances ; Saint-Antoine, établi dans les bâtiments de l’ancienne abbaye, fondée en 1198, et supprimée en 1790 ; sept hôpitaux spéciaux : les Enfants Malades', fondé en 1735, par M. Lanquet de Gergy, curé de Saint-Sulpice, pour les pauvres femmes de sa paroisse ; la Maison Royale de Santé, fondée par le conseil des hospices en 1802; la Clinique, ou Hospice de V Ecole de Médecine, fondé au commencement de ce siècle; Saint-Louis, fondé par Henri xv en 1607, pour les maladies contagieuses; la Maison d" Accouchement, établie en 1802 dans l’ancienne communauté de Port-Royal de Paris ; Y Hospice du Midi, établi en 1785 dans les bâtiments de l’ancien couvent des Capucins ; l’ Oursine, établi il y a quelques années seulement par la ville de Paris ; dix liospices; la Vieillesse (hommes) fondé à Bicêtre en 1634 pour les soldats estropiés ou blessés à l’armée; en 1671, il devint une annexe de l'hôpital général, pour les mendiants; sous Louis xvi, on y enferma des fous , des pauvres veufs , garçons invalides ; la Vieillesse (femmes), fondé en 1657; les Incurables, (hommes), fondés en 1790, dans l’ancien couvent des Récollets; les Incurables (femmes), fondé en 1637 par le cardinal de Larochefoucauld; les Ménages, fondé en 1657, sur l’emplacement de l’anciene maladrerie de Saint-Germain , ou l’on recevait en 1497 les personnes atteintes du maldeNa-
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pies, jusqu’alors inconnu en France; Larochefoucauld, l’onde en 1781, pour procurer un asile aux officiers et aux prêtres sans fortune ; les Orphelins, fondé en 1668; les Enfants-Trouvés, fondé au commencement du siècle dernier ; Sainte-Périnc , fondé en 1832 par E. Devillas , pour des hommes et femmes atteints d’infirmités incurables, ayant au moins soixante et dix ans, et inscrits sur le contrôle des pauvres.
Ces différents établissements, en y comprenant les secours à domicile, coûtent annuellement à la ville de Paris, ainsi que nous l’avons dit plus haut, douze millions, dans lesquels la nourriture et le traitement des malades figurent pour une somme de quatre millions ; le personnel du service est à peu près de deux mille cinq cents individus.
La population des hospices est, année commune, de treize mille personnes; le nombre des malades admis dans les hôpitaux est de soixante-douze mille, dont il meurt le sixième. Du reste, le nombre des admissions augmente annuellement, et il faut l'attribuer à l’accroissement de la population , aux excellents soins dont les malades sont l’objet et qui décident sans doute beaucoup d’individus â se faire traiter dans un hôpital ; à la manière plus rapide dont les malades sont traités ; à l'ouverture et à l’agrandissement de divers établissements hospitaliers; enfin , à l'appât offert par le secours de la fondation Monthyon (un franc à chaque convalescent).
Tel est l’aspect général des hôpitaux de Paris. Il semblerait au premier abord, qu’ils ne laissent plus rien à désirer, et que l’on a épuisé tous les genres d’améliorations qu’ils pourraient recevoir: mais, où peut s’arrêter le zèle infatigable , la philanthropie éclairée de l’administration des hospices? Il n’est pas de jour qu’elle n’adopte une mesure nouvelle dans l'intérêt des établissements quileursont confiés; et qu elle n'acquière ainsi de nouveaux droits à la reconnaissance publique.
Ad. Trébuchet,
Avocat, chef du bureau sanitaire à la préfecture de police.
hôpital militaire, (chir. milit.) s. m. Curandis militum morbis et vulneribus. Ces paroles, insci’ites sur la façade du grand hôpital de Vienne, sont la définition aussi simple que complète d'un hôpital militaire. C’est donc un asile exclusivement destiné aux gens de guerre malades ou blessés ; il n'admet ni femmes, ni enfants , ni vieillards , ni même d’hommes étrangers au métier des armes, à moins de cas d’urgence tout-à-l'ait exceptionnels. Cela ne veut pas dire cependant qu’il y ait partout des hôpitaux spécialement réservés aux militaires.
L’article précédent nous dispense de revenir sur les considérations historiques, administratives, médicales et hygiéniques de l’organisation commune aux hôpitaux civils et aux hôpitaux militaires.
Ceux-ci, institués pour la première fois en France sous Henri iv au siège d’Amiens (1597), furent alors si utiles que les soldats appelaient cette expédition la campagne de velours.
Une si noble institution ne devait pas dégénérer
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à travers toutes les guerres que la France eut à soutenir depuis cette époque mémorable; mais ce serait à écrire un trop long chapitre de l’histoirede îa chirurgie militaire.
Les hôpitaux de l’armée se divisent en deux catégories : les hôpitaux d'instruction et les hôpitaux ordinaires de premier ou de second ordre. Il y avait, avant le régime du directoire, quarante hôpitaux ordinaires et cinq hôpitaux d’instruction. Ceux-ci supprimés pendant long-temps, et ceux-là réduits à trente, obligeaient souvent le soldat à chercher un refuge dans les hôpitaux civils et à prendre ainsi la place du pauvre. Mais il n’en fut pas long-temps ainsi.
Fondés par Lamartinière en 1775, sous le nom d’ Amphithéâtres, dans les grands hôpitaux de Metz, Lille et Strasbourg, détruits à la révolution et reconstitués en l’an v de la république, supprimés de nouveau six ans après, et rétablis définitivement à la fin de 1814, les hôpitaux militaires d'instruction ont éprouvé des chances diverses malheureuses surtout pour le recrutement des officiers de santé aux armées.
Chaque hôpital d’instruction forme une petite école de médecine dans laquelle les principales branches des sciences médicales sont enseignées aux élèves qui, un jour, doivent être répartis comme chirurgiens dans les différents corps, où dans les hôpitaux, comme officiers de santé militaires , médecins, chirurgiens, et pharmaciens.
Ces hôpitaux d’instruction au nombre de quatre, sont ceux de Paris, Lille, Metz, et Strasbourg. Un cinquième a été organisé à Alger, mais, soumis aux éventualités de la colonie, il n’a pas de stabilité définitive.
L’hôpital d’instruction de Paris, nommé d’après l’ordonnance de 1834, hôpital de perfectionnement , n’est autre que le Yal -de -Grâce , fondé par Anne d’Autriche en 1645 , sept ans après qu’elle avait donné naissance à Louis xiv. Elle en fit un couvent de femmes, qui subit, comme tant d’autres, sa destinée révolutionnaire par une transformation plus utile. Devenu aujourd'hui l’école centrale de la médecine militaire, le Val- de-Grâce est constitué au grand complet, comme hôpital, pour la plus grande partie de la garnison de Paris, et comme école d’enseignement, pour les élèves en médecine qui se destinent à la carrière militaire.
Les hôpitaux d’instruction -de Lille, Metz et Strasbourg sont organisés d’après les mêmes principes, avec un nombre à peu près égal de professeurs nommés par ancienneté de grades ou par voie de concours.
La régularité des services assurée par la discipline militaire, prescrit de faire la visite des malades à six heures du matin en été, à sept heures en hiver, avec réserve d’une contre-visite le soir. Les cliniques et les conférences commencent aussitôt après ; puis les cours se succèdent jusque dans l'après-midi, et les travaux anatomiques achèvent ia journée. Un examen sémestriel garantit le zèle et les progrès des sous-aides (internes) et des élèves (externes); de même que des concours annuels décident de l’avancement aux grades supérieurs dans d’autres hôpitaux ou dans les régi-
ments, sans préjudices des examens de faculté et du diplôme obligatoire de docteur en médecine.
L’utilité de ces écoles d’enseignement se fonde incontestablement sur trois grandes spécialités de la médecine et de la chirurgie militaire; savoir: l'hygiène du soldat , les épidémies des camps, et les blessures par armes de guerre.
Ce n’est pas tout ; car en dehors même du but d’instruction pratique, un hôpital militaire n’est point seulement comme un hôpital civil, un asile de charité nationale, il est encore une dette de l’état envers ses défenseurs. Les grandes villes de France ont chacune un hôpital militaire proportionné aux forces de la garnison. Quelques-uns de ces hôpitaux sont des modèles de construction; celui de Lyon, par exemple, réunit toutes les conditions de salubrité intérieure : emplacement , espace, distribution des localités, promenoir, etc. Le service administratif dépendant de l’intendance militaire se compose d’officiers comptables ou agents d’administration et d’infirmiers, (sous-officiers et soldats) chargés de fonctions dans les salles auprès des malades et exercés aux manœuvres militaires.
Le service de santé des grands hôpitaux militaires comprend les médecins, chirurgiens et pharmaciens de tous grades. Les salles sont réunies en divisions de fiévreux, blessés et vénériens, ayant chacune un chef de service, un chef de clinique et plusieurs sous-aides et élèves. Des salles sont réservées aux officiers.
Un ou deux chirurgiens aides-majors assistent ou suppléent les chefs dans les visites ou les opérations, et sont chargés de la surveillance des sousaides et des élèves dans les diverses parties de leurs fonctions.
A chaque trimestre ordinairement, les services sont renouvelés successivement dans les divisions de médecine, chirurgie et pharmacie.
L’entretien , les fournitures , les approvisionnements sont aux frais du gouvernement, qui retient du reste une somme de, sur la solde de chaque militaire , selon la durée de son séjour à l’hôpital. Quelquefois cependant les dépenses sont à la charge d’une entreprise particulière; cette disposition subsiste encore à Paris pourl’hôpitaldu Gros- Caillou qui, dépuis la révolution de juillet, a cependant perdu ses prérogatives d’hôpital de la garde.
Les hôpitaux militaires réduits quelquefois à de petites proportions, sont même représentés dans beaucoujp de villes par des salles dépendantes des hôpitaux civils. A Montpellier, par exemple, la clinique médicale de l'hôpital Saint-Eloi est bien moins entretenue par les malades des salles civiles que par ceux des salles militaires. Mais il faudrait que partout où ily a une garnison, même peu considérable, il y eût un hôpital militaire proportionné; et ne pourrait-on imposer cette utile transformation à d’anciens couvents , comme il est advenu pour le couvent des Carmes à Rennes, et ailî leurs?
Ajoutons que dès qu’ils sont malades ou blessés , les militaires, avant d’être envoyés aux hôpitaux, I sont examinés par les chirugiens du corps, dont
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ils reçoivent les premiers soins à l'infirmerie régimentaire.
Ils sont enfin admis à Y Hôtel des Invalides , pour leurs infirmités acquises au service, quand elles équivalent à la perte d’un membre.
Les hôpitaux militaires de la marine, établis dans les principaux ports de mer, sont organisés à peu près comme les grands hôpitaux de l’armée de terre; ceux de Brest et de Toulon ressemblent assez aux hôpitaux d’instruction et représentent comme eux des écoles de médecine militaire.
Chaque flottille compte un vaisseau exclusivement réservé aux malades et aux blessés ; c’est le vaisseau hôpital ; et à bord de chaque bâtiment isolé se trouve une salle basse disposée en infirmerie.
Les hôpitaux militaires étrangers sont organisés dans certains pays sur un plan vaste, tout-à-fait monumental. En Autriche, par exemple, Y Académie Joséphine impériale devienne fondée par Joseph n , d’après les grands hôpitaux militaires de France, peut servir de modèle à son tour aux construc tions à venir de ce genre. L’hôpital militaire de Berlin appelé la Pépinière, et le grand hospice de St-Pétersbourg, doivent aussi être signalés. Il y a en Angleterre deux sortes d’hôpitaux militaires, hôpital général et hôpital régimentaire. En Belgique, en Hollande et en Italie, c’est à peu près de même. Plus loin de nous enfin, un hôpital militaire d’instruction a été créé dans les derniers temps sous le nom d'école de médecine d' Abou-Zabel, pour devenir un jour la pépinière des médecins de l’Egypte.
Il resterait à dire quelque chose de l’organisation improvisée d’un hôpital en temps de guerre , lors d'une grande épidémie, ou après une bataille sanglante, mais déjà nous avons dû nous restreindre à des considérations sommaires, et nous ne pourrions encore retracer les services d'humanité nationale rendus aux armées par ces nobles institutions qui assurent un refuge et des secours à toutes les douleurs de la guerre, sans distinction égoïste d’amis ou d’ennemis, d’alliés ou d’étrangers dans la grande communauté européenne.
Hippolyte Larrey,
Professeur agrégé à la Faculté de Paris , Chirurgien aide-major à l’hôpital du Yal-de-Grâce.
hoquet frnéd.J, s. m. On désigne ainsi une contraction convulsive du diaphragme, accompagnée d’un mouvement spasmodique dans le larynx, et d’une inspiration rapide et bruyante.
Les auteurs ne sont pas d’accord sur le siège du hoquet. Les anciens le plaçaient avec Hippocrate dans l’estomac ; F. Plater, dont le sentiment a été suivi par la plupart des médecins, l’attribue au diaphragme ; d’autres , tels que Dolée , au rapport de Planque, prirent un moyen terme et dirent que l’orifice supérieur de l’estomac était affecté le premier et que le diaphragme ne l’était que par correspondance. Suivant delà Mettrie, la contraction des fibres longitudinales de l’œsophage joue un certain rôle dans le hoquet ; cette contraction élève l’œsophage vers le gosier, tandis que le diaphragme et l’estomac sont tirés en bas. Quelques autres ont placé ce phénomène dans la poitrine. Quoi
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! qu’il en soit de ces diverses hypothèses, si le siègo j de la convulsion qui constitue le hoquet est bien | véritablement dans le diaphragme, le point de déj part semble être dans l’estomac, du moins pour la plupart des cas.
Causes. Examinons en effet les causes qui peuvent produire l’accident dont nous parlons : on l’observe très-fréquemment chez les enfants ou les personnes qui mangent trop précipitamment, qui avalent de trop gros morceaux, qui restent trop long-temps à jeun, ou enfin dont l’estomac est surchargé d’une trop grande quantité d’aliments; on le rencontre chez les sujets dont l’estomac est assez habituellement rempli de flatuosités ; mais ici il faut faire une remarque , c’est que l’existence des flatuosités a lieu presque toujours chez les personnes très-nerveuses ou hypochondriaques ; chez les femmes grosses ou hystériques, il est fort difficile de déterminer, si , dans ce cas , le hoquet est sympathique d’une affection nerveuse générale dans laquelle il coïncide accidentellement avec les flatuosités, ou s’il est le produit de ces dernières; notons en faveur de la première opinion que le hoquet est un phénomène sympathique fort commun dans l’hystérie et quelques autres affections convulsives ou spasmodiques. Les affections aiguës ou chroniques de l’estomac , telles que les gastrites, les gastralgies, etc., s’accompagnent assez communément dehoquet; j'en dirai autant de quelques inflammations aiguës du diaphragme , ou de la portion des plèvres ou du péritoine qui tapissent les faces supérieure et inférieure de ce muscle. Le hoquet s’observe souvent d’une manière symptomatique dans une foule de maladies des organes contenus dansl’abdomen :dans les péritonites aiguës générales ou partielles, dansles hernies étranglées, dans les inflammations des voies urinaires et spécialement de la vessie, comme cela se voit chez les vieillards. Enfin , il peut être tout-à-fait idiopathique, c’est-à-dire, sans cause appréciable ou matérielle, tel est celui qui survient après une émotion vive de plaisir ou de peine, une peur, etc.
Sxjmptômcs. Quant aux phénomènes que présente le hoquet, cet accident nous offre peu de chose à noter ; il est assez souvent précédé de quelques éructations difficiles et pénibles, d’un sentiment de gène à la région épigastrique; d’autres fois, et peut-être le plus souvent, il survient tout-à-coup et se présente tel que nous l’avons indiqué dans notre définition, c’est-à-dire, que le malade ressent une secousse brusque dans le diaphragme qui se manifeste par une sensation douloureuse dans toute la région de l'estomac, en même temps la glotte et le larynx sont pris d’un mouvement convulsif, l’air entre avec force dans les voies aériennes , et en faisant entendre un bruit particulier bien connu , assez justement comparé à l’entrée de l’air dans un gros étui que l’on ouvre tout-à-coup. Ce bruit est quelquefois très-violent, les auteurs citent des cas dans lesquels il s’entendait de fort loin. Ainsi on lit dans Lazare Rivière une observation qui lui a été communiquée par H. Roux, professeur à Grenoble, et dans laquelle il est question d’un homme atteint d’un hoquet si violent qu’on j’entendait dans la rue à quatre maisons de dis-
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tance. Ces mouvements convulsifs laissent à la base delà poitrine une douleur plus ou moins vive, suivant l’intensité de ce phénomène. Dans les cas ordinaires , tout se borne à un seul accès , qui dure de quelques minutes à plusieurs heures et se termine assez souvent par quelques éructations.
Les accès peuvent se renouveler plus ou moins fréquemment , soit dans une même journée , soit pendant un temps quelquefois très-considérable. On en rapporte des cas qui ont duré plusieurs années : Barlholin cite l’exemple d’une femme qui fut affligée pendant deux années d’un hoquet si violent qu’elle paraissait possédée du diable. Le même auteur fait mention d’un hoquet qui dura trente ans.
Une circonstance assez singulière dans l’histoire du hoquet, c’est la régularité avec laquelle il se reproduit à des époques fixes chez certaines personnes; ainsi on l’a vu revenir tous les deux ou trois jours (Hazon, Hoffman); mais de ces observations la plus curieuse, est sans contredit celle d’OIaüs Borrichius. Il a vu un hoquet qui reparaissait tous les ans à la même époque, chez une jeune fille de vingt quatre ans; elle n’en était incommodée que pendant le jour et dormait parfaitement la nuit. Celle attaque durait chaque fois quatorze jours: elle fut guérie par une SSignée copieuse faite au bras.
Quelques auteurs ont distingué le hoquet en aigu et chronique, d’autres en idiopathique et symptomatique ; Sauvages dans sa Nosologie, passant en revue toutes les causes qui peuvent le produire, en a admis jusqu’à vingt-neuf variétés. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit des causes du hoquet, nous noierons seulement qu’il est idiopathique quand il survient sans causes connues ou après une émotion morale : symptomatique dans les maladies de l’estomac, les blessures de cet organe, dans les phlegmasies , les diverses lésions organiques des viscères de l’abdomen , certaines fièvres d’accès, nommées fièvres singullueuse par les auteurs anciens, etc., etc. Enfin qu’il est sympathique de certains états nerveux , tels que l'hystérie et l’hypochondrie. Existe-t-il un hoquet critique? les exemples rapportés par les auteurs me paraissent peu concluants; je crois qu’il s’agissait tout simplement de hoquet survenu dans la convalescence des maladies.
Quant au pronostic que l’on doit porter du hoquet, il dépend des symptômes qui l’accompagnent. Il est un signe, assez fâcheux vers la fin des péritonites, des phlegmasies aiguës de la vessie, dans les fièvres typhoïdes, etc. On a vu le hoquet fatiguer tellement les malades que la mort en était le résultat.
Traitement. Dans la cure du hoquet il est important de déterminer s’il est idiopathique , symptomatique ou sympathique, car on ne saurait le combattre delà même manière.
Le premier est ordinairement peu grave, et cesse le plus souvent de lui-même; je ne passerai pas en revue la série des procédés plus ou moins bizarres que possèdent les commères pour guérir cet accident. Je m’arrêterai aux moyens approuvés par la raison et qui réussissent généralement : une surprise, une peur, quelques gorgées d’eau froide suffisent dans la plupart des cas. Si le
mal se prolonge , s’il tourmente excessivement le malade, on retirera de grands avantages des bains froids donnés par surprise, c’est-à-dire en plongeant et retirant tout-à-coup le patient. On pourra avec succès lui appliquer sur la région de l’estomac une vessie pleine de glace, on lui en fera encore avaler des morceaux. Les narcotiques, les topiques opiacés pourront être utilement employés. Ces moyens conviennent généralement dans les cas de hoquet symptomatique ou sympathique, à moins que l’état du sujet ne s’oppose à l’emploi de quelquesuns d’entre eux; c’est au reste au médecin à apprécier ce qu’il convient de faire dans ces cas gra ves. Un moyen qui a encore réussi quelquefois pour faire cesser le hoquet dans des maladies graves, c’est l’application d’uu vésicatoire à l’épigastre, mais je le répète, dans ces cas, l’intervention d’un praticien est indispensable. J. P. Beaude.
hordéine ( chim .), s. f., du latin hordeum , orge. C’est une substance pulvérulente blanchâlre, qui se trouve mêlée à l’amidon dans l’orge et dans d’autres plantes de la famille des céréales; cette substance est tout-à-fait sans usage. (Voy. Orge.)
horripilation fpath.J,s. f., en latin horripïlatio, de horrere, être hérissé, etd epilum, poil. On désigne ainsi la saillie que forment les bulbes des poils dans le début du frisson ou lorsque la peau est excitée par la sensation du froid; c'est ce qu’on appelle vulgairement la chair de poule. ( Voy. Frisson.)
houblon (bot. et mat. mêd.), s. m., humilias lupulus. Le houblon est une plante vivace et grimpante de la famille des Urlicées, J., Diæcie Pentandrie, L. Son nom dérive de humus, qui indique la nature de terre dans laquelle il croît préférablement; cette plante qui se trouve dans presque toute l’Europe, pousse spontanément le long des haies. Dans le nord de la France on la cultive en grand pour les besoins du commerce, qui en fait une consommation considérable dans la fabrication la bierre. (V. ce mot.)
Le houblon a une lige herbacée, anguleuse, rude au toucher ; il s’enveloppe autour des arbres et de leur branches jusqu’à une hauteur de quinze à seize pieds ; ses feuilles, qui ont à peu près la même forme que celles de la vigne , sont opposées , pétiolées et palmées ; les fleurs sont unisexuées . les fleurs mâles forment des grappes irrégulières, et les fleurs femelles sont disposées en cônes formés d’écailles foliacées , à la base desquelles sont de véritables fleurs ; ces écailles ou bractées s’accroissent et forment le fruit; les cônes sont les seules parties du houblon qui soient employées en médecine ; autrefois on a fait usage de la racine comme sudorifique , mais elle est inusitée aujourd’hui. A la base des écailles des cônes et sur les fleurs existe une poussière jaunâtre qui a été confondue par quelques auteurs avec le pollen de cette plante, mais qui en est distinct. Cette poussière qui a reçu le nom de lupuline est la partie active du houblon ; les follioles des cônes sont sans action marquée, lorsqu’ils ont été privés de la lupuline. Cette poussière est composée, d’après MAI. Payen et Chevallier, d’huile volatile , de
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résine, de gomme , de matières grasses. L’huile volatile, qui est la partie la plus active, est d’une couleur jaunâtre , d’une odeur alliacée , soluble dans l’eau , d'une saveur âcre et qui prend à la gorge; en vieillissant la lupuline perd de ses proportions d’huile qui se transforme en résine. Il paraît que c’est à cette substance que le houblon doit ses propriétés sédatives et narcotiques ; les préparations de lupuline sont employées avec avantage pour calmer la douleur ; en Angleterre, dans les cas d’insomnies on fait coucher le malade la tète posée sur un sachet rempli de houblon et ce moyen procure presque constamment le sommeil.
Cet effet narcotique du houblon a été observé dans les magasins où il se trouve en grande abondance. Il se manifeste chez les personnes qui ne sont pas habituées au séjour de ces localités, par des vertiges, des étourdissements avec disposition au sommeil. On a vu des individus soumis à cette influence, tomber dans un sommeil profond et léthargique qui , dans quelques cas, a été suivi de la mort.
Le houblon est un tonique stimulant; on l’emploie surtout en tisane dans les affections scrofuleuses ; c’est une boisson qui est très-bien supportée par les enfants et elle convient surtout à ceux qui sont d’uneconstitution lymphatique. Beaucoup de médecins l’ordonnent en décoction, mais il convient mieux, ditM. Soubeiran, de faire usage de l’infusion, caria décoction retient toujours une portion de résine qui la rend trouble. L’infusion se prépare avec : sommités d« houblon , une demionce, eau bouillante, un litre; on peut ne mettre que deux ou trois gros de houblon lorsque l’on prépare celte tisane pour des enfants ou des personnes qui ont l’estomac faible. L’infusion de houblon peut être sucrée avec du sirop de gomme ou même édulcorée avec de la réglisse ; cependant elle agit avec plus d’activité lorsqu’on la prend pure parce que le principe amer est plus à nu ; on peut aussi faire usage de cette boisson dans les repas et même la couper avec un peu de vin.
On prépare une teinture alcoolique de houblon avec : fleurs de houblon , une partie; alcool à 22 degrés , huit parties ; une pommade de houblon avec : houblon, une partie; axonge , dix parties ; on fait digérer, et l’on passe avec expression; cette pommade est surtout employée pour calmer les douleurs vives que l’on observe dans certaines dégénérescence organique, et surtout dans les cancers ulcérés; on prépare également une eau distillée et un extrait de houblon.
Depuis que l’on a reconnu que les propriétés actives du houblon résident dans la lupuline, on a substitué avec avantage la préparation de cette substance à celle du houblon, surtout lorsque l’on veut produire un effet calmant. M. Magendie a indiqué une série de formules dont voici quelquesunes ; la poudre de lupuline se prépare avec : lupuline, une partie; sucre, deux parties; la dose en est de douze à dix-huit grains , ce qui fait de quatre à six grains de lupuline]; à plus haute dose, à 30 grains, par exemple, elle peut donner lieu à des nausées, à des vomissements et à l’engourdissement des membres ; c’est même celle pro-
priété toute particulière du houblon qui donne un caractère si particulier à l’ivresse causée par la bierre. La teinture se prépare avec : lupuline, une partie ; alcool à 36 degrés, quatre parties; le sirop avec : teinture alcoolique de lupuline, une partie; sirop de sucre , une partie ; la pommade se fait avec : lupuline, un gros, axonge, trois gros; faites digérer et passez. Cette dernière préparation a été indiquée par Freake.
Les parties herbacées du houblon sont presque inusitées ; leur décoction est fade et sans amertume , et par conséquent sans aucune des propriétés de la plante; les feuilles, soumises à l’ébullition , ont été employées comme cataplasmes résolutifs ; les jeunes pousses sont , dans quelques lieux, mangées comme des asperges, et cet aliment n’a aucune propriété malfaisante.
J. -B. Beaude.
houppe ( anat .), s. f. Nom donné par quelques anatomistes à un muscle placé au-devant de la symphyse du menton et que l’on nomme houppe du menton, ou incisif inférieur ; les fibres de ce muscle vont en s’épanouissant se rendre à la peau du menton , et leur contraction détermine ces rides que l’on remarque sur cettejpartie dans certains mouvements de la face, et surtout lorsque l’on élève le menton ou que l’on renverse la lèvre inférieure. On a donné le nom de houppe nerveuse aux épanouissement des nerfs, mais on se sert plus ordinairement du nom de papilles nerveuses pour désigner ces expansions. (Y. Nerfs.) J. B.
houx épineux [bot. etmat.mèd.)s. m. Ilex aquifolium. C’est un arbre qui croît dans nos forêts et qui affecte le plus souvent la forme d'arbrisseau ; aussi est-il fréquemment usité pour former les haies, et les épines qui arment ses feuilles les rendent impénétrables. En Bretagne, on dit que cet arbre atteint quelquefois une hauteur de 50 pieds. Le houx appartient à la famille des Célastrinées de Decandolle et àla Tétrandrie Télragynie de Linnée. Son tronc est droit, divisé en rameaux nombreux recouverts d’une écorce verte et lisse ; les feuilles sont ovales coriaces, vertes et luisantes ; elles sont dentées et épineuses sur leurs bords; les fleurs sont petites et nombreuses, disposées en bouquet axillaires; les baies sont globuleuses, rouges et elles renfermentquatre petits noyaux oblongs; elles sont d’un goût douceâtre et désagréable; on dit qu’elles jouissent de propriétés purgatives.
Les feuilles de houx sont employées comme fébrifuges; il paraît même que leur effet est assez marqué ; on les emploie en poudre à la dose de un à deux gros ; celle dose même a été portée à une once. Les propriétés fébrifuges du houx ont fait l’objet de plusieurs mémoires qui, en 1822, 1827, 1829 et 1830 ont occupé l’Académie de Médecine ; plusieurs médecins distingués disent avoir obtenu des guérisons de fièvres intermittentes par son emploi ; quelques-uns l’administrent trois heures avant l’accès, en faisant infuser la dose de poudre dans du vin blanc. M. Chomel, qui en 1830 a répété ces expériences à l’ Hôpital de la Charité, a été moins heureux ; il avait porté même la dose à trois
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onces chez un malade qui ne fut guéri que par le sulfate de quinine. Ces feuilles ont été employées autrefois comme résolutives et béchiques. C’est avec l’écorce moyenne de cet arbre que l’on prépare la glu : on met cette écorce pourrir à la cave, puis on la bat dans un mortier et on la malaxe dans l’eau.
Les feuilles analysées par M. Lassaigneont donné de la cire, de la clorophylle, une matière amère neutre et incristallisable , de la gomme et des sels à base de chaux et de potasse. J. B.
houx (Petit-), {mat. méd.), s. m. Ruscus aculeatus, houx frélon, fagon piquant , myrte sauvage. C’est une plante de la famille des asparaginées, qui était autrefois employée comme apéritive et diurétique; aujourd’hui elle est tout-à-fait sans usage en médecine, mais dans quelques localités on mange les jeunes tiges comme des asperges ; en Corse , on torréfie ses graines et on les emploie en guise de café. Cette plante, qui est haute d’environ deux pieds, croit surtout dans les contrées de l'Europe méridionale; ses feuilles, qui ontla forme des feuilles de myrte , sont armées de piquants, ce qui fait qu’on en couvre les viandes que l’on veut préserver de la voracité de petits animaux ; en Italie on nomme cette plante pougilopi , pique-souris.
huiles fpharm.J, s. f. On donne cenom à des corps de différentes natures, mais qui ont pour caractères généraux d’être gras, onctueux, fluides, inflammables, quoique ces propriétés, excepté la dernière, ne leur appartiennent pas d’une manière absolue, puisqu’elles manquent chez quelques-unes d’elles. Les graisses fluides des animaux portent le nom d’huiles; mais ce sont les substances végétales qui fournissent le plus ordinairement ces corps.
On divise les huiles en deux grandes classes :les huiles fixes ou grasses, et les huiles volatiles ou essentielles, ou plus simplement essences.
Les huiles fixes sont celles qui réunissent le plus grand nombre des propriétés qu’on a l’habitude de trouver dans les corps huileux. Leurs éléments sont l’oxigène, l’hydrogène et le carbone ; mais ces deux derniers y dominent ; elles ont, comme les autres corps gras, pour principes immédiats, la stéarine, là margarine, l’oléine; la stéarine qui est solide à la température ordinaire appartient plus particulièrement aux graisses. Les huiles sont d'autant plus fluides, et d’autant moins facilement congelables qu’elles contiennent une plus forle proportion d’oléine; cependant toutes se solidifient par un froid plus ou moins intense.
Elles peuvent supporter, sans altération apparente, un degré de température bien supérieur à celui de l’eau bouillante ; c’est ce qui fait que les brûlures causées par les corps gras sont plus profondes et plus dangereuses que celles produites par les liquides aqueux en ébullition. Cependant si on chauffe les huiles fixes jusqu’à un certain degré, elles paraissent bouillir, mais cet effet est produit par le dégagement des vapeurs et des gaz produits de leur décomposition ; ce sont des gaz hydrogènes plus ou moins carbonés et chargés d'huiles empyreumaUques, qui s’enflamment avec la plus grande
facilité par l’approche d’une bougie ou de tout autre corps en ignition ; de là, la cause des accidents si fréquents qui surviennent pendant l’opération culinaire, si connue sous le nom de friture, et dans laquelle des corps gras sont toujours portés à un haut degré de température. Bans aucun cas les huiles fixes ne se volatilisent sans altération.
Ces huiles sont insolubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool, excepté deux d’entre elles, les huiles de ricin et de croton tiglium qui s'y dissolvent complètement. Elles sont solubles dans l’éther. Les acides énergiques agissent sur elles et les altèrent, les alcalis les transforment en produits nouveaux , avec lesquels ils se combinent et donnent ainsi naissance aux savons, dont les usages économiques et industriels sont si connus. Certains oxides leur font éprouver une altération de même nature, mais le produit, insoluble dans l’eau, forme la base des médicaments qui portent le nom d 'Emplâtres. (Voyez ce mot.)
Les huiles exercent elles-mêmes une action dissolvante sur d’autres corps, tels que les résines, le camphre, les huiles essentielles, un petit nombre de principes actifs des végétaux.
Sur ces diverses propriétés des huiles fixes sont basés leurs usages en médecine et en pharmacie. La plupart ne jouissent pas, par elles-mêmes, de qualités médicamenteuses bien marquées; elles sont adoucissantes à l’état frais, quelques-unes sont purgatives à haute dose, mais elles semblent plutôt agir alors d’une manière mécanique, ou par indigestion, que par une action spéciale sur les intestins ; et il nous paraît probable que trois d'entre elles, qui sont des purgatifs énergiques, devraient celte propriété à un principe particulier qu’elles tiendraient en dissolution. Ce sont les huiles de ricin, d’épurge, de croton tiglium.
On rend les huiles médicamenteuses en les faisant agir par infusion ou décoction sur différents végétaux, ou en y dissolvant directement leurs principes ; l’huile à demi saponifiée par l’ammoniaque forme le Uniment volatil , si fréquemment usité comme excitant et rubéfiant, et dont on modifie l’action par celle du camphre ou du laudanum; les huiles forment aussi la base de la plupart des autres liniments. C’est l’huile d’amandes douces qui est ordinairement employée, mais les huiles d’olives, d’œillet ou tout autre, pourvu qu’elle soit récente et exemple d écrété, peuvent, presque toujours, lui être substituée. Unies aux résines et à la graisse, les huiles fixes donnent la consistance aux onguents, ou elles leur apportent les principes actifs dont elles ont été chargées.
A l’intérieur, elles sont rarement administrées pures, mais on les associe dans des potions, à des sirops et des eaux distillées; on les y suspend, soit au moyen du mucilage naturel des amandes qui les contiennent, soit par l’intermède du jaune d’œuf, de la gomme adraganthe et mieux encore de la gomme arabique ; ce mélange , convenablement fait , constitue alors ce qu'on nomme une émulsion.
Nous allons donner le mode de préparation des huiles fixes le plus employées en médecine.
Huile d’amaîndes douces. On fait sécher les aman-
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des; on les secoue fortement dans une toile pour faire tomber la poussière jaune adhérente à leur surface; on les pulvérise ensuite grossièrement dans un mortier et mieux encore au moyen d’un moulin; la poudre ainsi obtenue est soumise à la presse dans des sacs de toile de crin , pour en exprimer l'huile. Avec une bonne presse , elle s’obtient facilement à froid, et il faut éviter toute élévation de température qui altérerait sa qualité. On peut obtenir des amandes amères une huile de même nature, ces amandes ne développant l’odeur et la saveur qui leur est propre qu’autant qu’elles ont été humectées.
On obtient de même les huiles de noisettes, de noix, après avoir dépouillé les amandes de leur coque ligneuse; les huiles de semences de pavot , de lin, de chanvre, l’huile douce de moutarde, etc.
Huile de ricin. Les semencesde ricin doivent être dépouillées de leur enveloppe et de leur germe qui communiquent à l’huile une couleur et une âcreté particulière. L’huile de ricin doit s’exprimer à froid, comme l’huile d’amandes douces; il est vrai que, comme elle est très- visqueuse, on l’obtient plus difficilement; aussi a-t-on proposé différents moyens pour l’extraire par l’application de -a chaleur, celle de l’eau ou de l’alcool bouillants; mais ces procédés ne donnent que des produits de qualité inférieure et sont généralement abandonnés.
L huile de ricin bien préparée est presque sans couleur; sa saveur est douce, ne développant ensuite que peu ou pas d’ âcreté. La dose pour un adulte est d’une once et demie à deux onces et rarement plus La meilleure manière de l’administrer est de la faire prendre dans du bouillon de viande très-chaud; on l’émulsionne aussi avec la gomme ou le jaune d’œuf, dans des potions aromatisées avec l’eau de menthe et de fleurs d’oranger.
Huile de crotontiglium. Cette huile est un purgatif violent, qui ne s’administre intérieurement qu'à la dose d’une goutteou deux, en pilules, ou dans une potion appropriée ; elle produit quelquefois un effet purgatif par des applications extérieures , ce qui la rend d'un emploi commode dans certains cas. On l’obtient des semences de lilly des Moluques ou faux pignons d'Inde. On pile ces graines et on les exprime ; mais comme elles ne donnent ainsi que fort peu d’huile, on délaie le marc dans l’alcool bouillant et on le met de nouveau à la presse ; on distille ensuite pour retirer l'alcool. Les plus grandes précautions doivent être prises pendant ces opérations pour mettre les manipulateurs à l’abri du contact de l’huile ou des vapeurs qui s’en échappent et qui irritent vivement les parties du corps qu elles atteignent.
Huile d’oeufs. Elle s’obtienten prenant des jaunes d’œufs durcis que l’on amène à un état de complète dessiccation. On les soumet alors à la presse entre des plaques d’étain échauffées au moyen de l’eau bouillante.
L huile d’œufs est d’une couleur jaune foncé, d’une saveur douce; elle s’emploie utilement pour le traitement des crevasses et gerçures au sein.
Huiles médicamenteuses composées. On prépare par solution l 'huile camphrée et quelques hui- I
i les aromauques. On ajoute du laudanum ou de la solution d’extrait d’opium pour obtenir l’huile opiacée. L’opium n’y est qu’interposé et on doit agiter l’huile pour l’y mélanger parfaitement chaque fois qu’on s’en sert.
Les huiles de lys, de rose, d’hypéricnm, de camomille se préparent par la macération des plantes à une douce température. Les pétales de lys doivent être renouvelés plusieurs fois dans la même huile en exprimant fortement après chaque infusion ; ils ne lui cèdent guère cependant qu’un peu de mucilage et une résine jaune provenant du pollen des étamines. Les roses ne fournissent aussi que peu de principes aux huiles fixes, maison est dans l’usage de colorer l’huile rosat avec de l’orcanette et de l’aromatiser avec l’essence de roses.
Les huiles de jusquiame, de belladone , de feuilles de pavots, de nicotiane, et autres plantes inodores se préparent par décoction ; on incise les plantes fraîches , on les pile, et on les fait cuire dans l’huile jusqu’à ce que toute l’humidité soit à peu près évaporée et que l’huile ait pris une belle couleur verte. On réunit la décoction et l’infusion pour obtenir l’huile des labiées composées, plus connue sous le nom de baume tranquille.
Formule du baume tranquille. — On prend des feuilles récentes de stramonium, morelle, jusquiame noire, belladone, nicotiane, pavots blancs, de chaque quatre onces; on les traite par décoction dans six livres d’huile d’olive, de la manière qui vient d’être indiquée plus haut ; on passe en exprimant, et on verse l’huile encore chaude sur les sommités sèches, et préalablement incisées des plantes suivantes: romarin, sauge, rue, absinthe, hysope, lavande, thym, marjolaine, menthe coq, menthe aquatique, fleurs de sureau et d’hypéricum, de chaque une once. On laisse macérer pendant quinze jours, on exprime fortement, et on filtre au papier.
des huiles essentielles. Les huiles essentielles, sont des liquides odorants, volatils, inflammables, qui diffèrent des huiles fixes , et par leurs propriétés physiques, et parleurs compositions chimiques.
Elles ne présentent pas toutes les mêmes éléments, et on les a divisées sous ce rapport, en trois classes : 1° celles qui sont formées uniquement de carbone et d’hydrogène, telles sont celles de térébenthine, citron, sabine, etc.; 2° celles qui sont oxigénées ; on trouve dans leur nombre, les essences de lavande, anis, roses, menthe poivrée ; 3° enfin, celles qui contiennent en outre de l’azole ou du soufre; elles sont toutes remarquables par leurs propriétés énergiques : ce sont les huiles essentielles de moutarde, raifort, amandes amères, laurier-cerise.
Les huiles essentielles sont aussi formées de plusieurs principes immédiats, ce sont une ou plusieurs huiles fluides et une huile solide et cristalisable, nommée stéaroptène.
Les huiles essentielles entrent en ébullition à une température qui n’est jamais moindre de 150°. Quelques-unes s’évaporent ainsi sans laisser de résidu, mais il en est d’autres qui sont décomposées
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avant la fin de l’opération, si on n’a pas employé 1 intermède de l’eau pour les distiller.
A la température ordinaire et à l’air libre, elles s’évaporent lentement, absorbent l’oxigène, et éprouvent ainsi des altérations diverses sous l’influence desquelles elles s’acidifient et se rapprochent de la nature des résines.
Les huiles essentielles sont peu solubles dans l’eau, mais elles le sont beaucoup dans l’alcool et dans l’éther. Les alcalis réagissent lentement et forment avec elles des combinaisons imparfaites ; c’est de l’action de la potasse sur l’essence de térébenthine, que résulte le médicament connu sous le nom de savon de Starhey.
C’est le règne végétal qui donne constamment les huiles essentielles ; toutes les parties des plantes peuvent en offrir, ainsi ce sont des racines qui fournissent les essences de valériane et de sassafras; des tiges et des feuilles, celles de menthe, de thym, de laurier-cerise; des bois ou des écorces, celles de rhode, de cannelle; des semences, celles d ’anis , de cubèbes, de badiane; des fleurs, celles de roses et de fleurs d'oranger. Certains fruits en contiennent en si grande abondance à la partie extérieure de leur enveloppe, qu'on peut l’extraire par simple expression, c’est ainsi qu’on obtient les essences si suaves de citron, d’oranges, de cédrat, de bergamolte; mais ordinairement c’est au moyen delà distillation, et par l’intermède de l’eau en vapeur, qu’on sépare les huiles essentielles des tissus végétaux qui les recèlent; elles passent avec l’eau distillée dans les récipients, et là, si elles sont d’une pesanteur spécifique plus considérable que celte dernière, elles gagnent le fond ; si au contraire, et c'est le cas le plus ordinaire, elles sont plus légères, elles se rassemblent à la surface, alors on se sert pour les recueillir, d’un vase d’une forme particulière nommé récipient florentin; il a un col étroit et une large base comme une carafe ordinaire, mais de sa base part un tube qui s’élève et se recourbe de manière à laisser écouler toute l’eau qui passe dans le vase en retenant l’essence qui se rassemble dans le col où on peut la séparer aisément du reste du liquide.
L’eau distillée qui a servi à une première opération et qui est saturée d'essence, doit être remise dans l’alambic avec de nouvelles plantes pour les opérations subséquentes, en opérant ainsi, on obtient un produit plus abondant.
Beaucoup de praticiens ont conseillé d'ajouter du sel marin à l’eau dans laquelle on faisait bouillir les substances dont on voulait extraire les huiles essentielles, afin d’en élever la température ; Baumé avait nié l’utilité de celte méthode qui, cependant, était restée préconisée. M. Soubeiran a prouvé que si elle pouvait avoir quelques avantages pour rectifier, sur l’eau, des essences déjà obtenues, elle était inutile et quelquefois même nuisible, lors de leur primitive extraction.
Les règles générales que nous venons de tracer peuvent servir sans modification à la préparation de presque toutes les essences ; on devra remarquer seulement que lorsqu’on veut les obtenir de parties dures et ligneuses, il est nécessaire de bien diviser ces substances, et de les laisser macérer dans l’eau plusieurs jours avant de distiller, r. ii.
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Certaines essences, telles que celles de roses et d’anis, se concrètent à une température modérément basse; il est nécessaire de laisser échauffer un peu l’eau du condensateur , autrement l’essence s’arrêterait entièrement dans l’intérieur du serpentin.
Les huiles essentielles représentent assez exactement par leur odeur, les arômes divers des plantes qui les ont fournies ; elles diffèrent aussi par leurs couleurs , quelques-unes sont blanches , comme les essences de menthe et de cubèbe ; la plupart sont de couleur citron ou légèrement ambrée; l’essence d’absinthe est d’un vert brun , celle de camomille d’un beau bleu. Toutes ces qualités s’altèrent promptement si on ne prend pas pour leur conservation des soins convenables ; nous avons dit avec quelle rapidité elles absorbaient l’oxigène de l’air, la lumière agit aussi sur elles. On doit les conserver dans des vases qui ne soient pas entièrement remplis, placés dans un lieu obscur et d’une basse température.
Les usages médicaux des huiles essentielles sont nombreux, ainsi les huiles de laurier-cerise et d'amandes amères ont des propriétés analogues à celles de l’acide prussique. L’essence de moutarde est un puissant rubéfiant. Les huiles volatiles de rue, de sabine sont emménagogues, celle de valériane est antispasmodique; la plupart des autres sont d’agréables aromates et s’emploient comme tels; ou, à cause de leurs propriétés excitantes, elles entrent dans la composition du baume opodeldoch t du baume nerval, de Veau de Cologne et de beaucoup d’autres alcoolats.
Nous avons encore, avant de terminer cet article, à dire quelques mots des huiles empyreumatiques ; celles qui sont employées en médecine proviennent de l’action du feu sur les substances animales , elles sont regardées comme des antispasmodiques puissants dans certaines maladies des femmes. Un grand nombre étaient autrefois en usage ; celles qui sont principalement restées dans la pratique médicale sont : l'huile volatile de corne de cerf et l'huile animale de Dippel.
On introduit dans une cornue de grès lulée, de la corne de cerf en morceaux, on chauffe graduellement jusqu’au rouge dans un fourneau à réverbère, on ajuste à la cornue , pour recevoir les gaz et vapeurs qui se dégagent , une allonge et un ballon en verre que l’on lient continuellement refroidis; lorsqu’il ne passe plus rien malgré l’action continuée de la chaleur , on cesse le feu , on démonte l’appareil et on trouve dans les récipients trois espèces de produits : des sels ammoniacaux et un liquide aqueux surnagé par une huile brunâtre, c'est celte huile qui , rectifiée par de nouvelles distillations fournit le produit officinal connu sous le nom d’huile volatile de corne de cerf.
On obtient de la même manière l'huile de succin et les autres huiles empyreumatiques, ce sont des liquides d’une nature chimique très-complexe, ils sont volatils, inflammables, d'une odeur forte, pénétrante et désagréable ; ils sont incolores lorsqu’ils ont été rectifiés avec soin, mais ils ne lardent pas à brunir par l’action de l’air et de la lumière.
Ils s’administrent à la dose de quelques gouttes