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i devenir, suivant l’expression ancienne, non naturelles, se porter en excès sur certaines parties et | les rendre malades. Faisant concorder les phénoj mènes observés dans l’état de santé ou de maladie | avec la nature supposée des humeurs, le sang et la j bile devaient par leur prédominance dans l’écono- I mie donner naissance aux tempéraments sanguins ou bilieux, caractérisés parla force, l’ardeur, l’activité ; leur altération ou leur accumulation dans un organe, déterminer des accidents aigus, fébriles, inflammatoires. Au contraire, la pituite et l’atrabile fondaient les tempéraments mous et tristes du pituiteux et du mélancolique; les maladies qu’elles occasionnaient étaient lentes, chroniques, froides. Celte théorie séduisante pour l’époque où elle parut domina la science pendant tout le moyen âge. Déjà, cependant, un esprit novateur et audacieux, Paracelse, s’était efforcé d’ébranler l’édifice des quatre humeurs naturelles pour y substituer un système bizarre dans lequel le corps humain était transformé en un véritable laboratoire; les acides, les alcalis, les sels, remplaçaient la bile, la mélancolie et la pituite ; leurs combinaisons, leur dépôt sur les organes étaient la source des maladies. Bien que fortement combattues à l’époque de leur naissance , ces théories chimiques prirent place dans la science où elles se glissèrent peu à peu pendant le seizième siècle. Yan-Helmont, reprenant quelques-unes des idées de Paracelse, se posa comme le véritable fondateur de la chimie vivante : sa dialectique acerbe et entraînante, ses idées neuves, originales, mais trop souvent revêtues de formes mystiques et cachées sous des allégories ténébreuses, portèrent un grand coup aux théories de Galien et préparèrent la grande réforme qui s’accomplit dans la science, lorsque l’immortel Harvey eut découvert la circulation du sang (1628). Dès lors il ne fut plus permis de’ faire voyager la bile et la pituite parmi les tissus comme à travers une éponge : il fut bien reconnu que ces prétendues huj meurs primitives étaient des produits du sang modifié par les organes sécréteurs, et que le plus sou- | vent, loin d’être des causes de maladies, elles en i étaient au contraire l’effet, et comme la dernière expression. On admettait déjà les levains, les fermentations de Van-Helmont pour remplacer les autres humeurs, tandis que la découverte du système lymphatiqueen 1651 obligeait de substituer les maladies lymphatiques aux maladies pituiteuses: en définitive, on n’avait fait que changer d’hypothèses. Cependant le solidisme, c’est-à-dire la doctrine qui place la source des maladies dans les altérations des organes solides , le solidisme, disons-nous, ébauché dans l’antiquité par Thémison, repris et développé vers la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci par Cullen, Pinel, et M. Broussais, triompha pendant un moment des théories humorales. Celles-ci tant de fois modifiées, devaient dans ces derniers temps reparaître encore, mais épurées et mises ail niveau de la science.
Aujourd’hui nos meilleurs observateurs conviennent que le sang peut être altéré : mais la grande question est de savoir si ce liquide peut être altéré primitivement, et dès lors être la véritable cause première des maladies, ou bien si ses modifications
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lui sont imprimées d’une manière secondaire, c’està-dire s’il est altéré parce que les organes solides dont la décomposition le forme incessamment sont d’abord malades : tel est le grand problème dont la solution est encore à trouver et le sera peut-être long-temps encore. Ce que toutle monde accorde, c’est que le sang peut être en excès (voy. Pléthore), et donner lieu à des congestions cérébrales et autres ; ou en défaut (voy. Anémie), et déterminer certains accidents de faiblesse, la chlorose, etc. Quant aux idées renouvelées des anciens, et que se font encore les gens du monde sur la 1 bile, la pituite ou glaires, qui se trouvent dans l’estomac et se portent vers tel ou tel organe, nous verrons aux mots purgatif et purgation , ce qu’il faut penser de ces hypothèses contre lesquelles le médecin a tant de peine à se défendre.
Beaugrand.
hyacinthe (mat. méd.), s f. Pierre précieuse qui entrait autrefois dans la confection d’hyacinthe, mais elle est sans usage aujourd’hui. Elle faisait partie des cinq fragments précieux ou des cinq pierres précieuses. La confection d’hyacinte est une espèce d’électuaire dans lequel le safran entre comme base, on y ajoute aussi la cannelle, la myrrhe, le sent-al-citrin , les yeux d’écrevisses, la poudre d’hyacinthe , la terre sigillée , le corail ronge, les feuilles de diclame de Crète, de la corne de cerf, du miel de Narbonne , du sirop de capilaire , etc., etc. Enfin c’est une sorte de thériaque qui est presque sans usage aujourd’hui. J. B.
hyaloide ( anat .), adj. et s. f. (du grec ualos, vue); c’est une des membranes de l’œil, elle est mince, transparente et sert d’enveloppe au corps vitré. (Y. Œil.)
hydarthrose (path.), s. f. On donne ce Dom aux hydropisies des articulations. (Y. Articulation.)
hydatides (zool.), s. f., (hydatis, du grec udor, eau).On désigne sous ce nom des vers vésiculaires qui se développent dans le corps des animaux. Ces vers que l’on rangeait autrefois dans un seul et même genre sont maintenant divisés en plusieurs groupes qui sont les acéphalocystes, les cysticerques, \espolycéphales,leséchinocoques et les dilrachycères. Les acéphalocystes ont été décrits d’une manière assez étendue au mot qui leur est propre, et celte description des hydatides qui s’observent le plus ordinairement chez l’homme nous dispensera de donner à cet article toute l’étendue qu’il aurait réclamé sans cela.
Les Cysticerques ont un corps cylindrique ou légèrement déprimé, terminé par une vessie caudale et pourvu d’une tête fort petite et souvent difficile à distinguer à fœil nu, elle est terminée par une trompe garnie de quatre suçoirs. Ces hydatides jouissent de plus que les acéphalocystes de la faculté d’exécuter quelques mouvements. Les cysticerques sont presque toujours contenus dans des kystes membraneux ; rarement ils sont plusieurs dans un même kyste, et ils sont baignés dans une sérosité abondante C’est chez les mammifères que s’observent ces sortes d’hydatides, elles habitent presque toujours un organe particulier tel que le
foie, la rate, les poumons; il en est une espèce qui se rencontre dans tous les organes et que pour celle cause l’on a nommé cysticerque du tissu cellulaire, c’est cette espèce qui constitue la ladrerie qui s’observe si souvent chez les porcs.
Chez l’homme on a aussi rencontré plusieurs espèces de cysticerques et même l’espèce ladrique en assez grande quantité; on l'a trouvé dans le tissus cellulaire qui unit les muscles, et même entre les faisceaux musculaire du cœur ; d’autres espèces ont été trouvées dans le cerveau et même dans les organes les plus ténus et les plus délicats, telle que la membrane choroïde qui tapisse l’intérieur de l’œil. Ces hydatides se multiplient moins que les acéphalocystes. Quant à la cause de leur développement, elle est aussi inconnue; seulement on a remarqué qu’un mauvais régime et l’action de l’humidité favorisait leur apparition chez les animaux. Ces causes ont-elles une action analogue chez l’homme, c’est ce qu’il est permis de supposer jusqu’à un certain point, en raison des analogies de fonctions qui existent entre l’homme et les animaux.
Les Polycéphales ont une structure analogue à celle des cysticerques; il en existe deux espèces : l’une qui se développe dans le cerveau des bœufs et des moulons, et elle détermine chez ces derniers la maladie désignée sous le nom de tournis. La deuxième espèce se rencontre dans le foie et les poumons de quelques des animaux de nos étables ; aucune de ces espèces n’a encore été observée chez l’homme.
Les deux derniers genres Echinocoques et Ditrachycères s’observent assez rarement chez l’homme, le premier est analogue aux deux genres précédents; le dernier qui parait en différer est encore i un objet de doute pour les naturalistes, ceux que l’on dit avoir été observés habitaient le canal intestinal.
Ainsi que l’on a pu le supposer, il est difficile d’établir le diagnostic d’une semblable affection; comment reconnaître que les accidents que l’on observe sont déterminés par une tumeur contenant des hydatides? cette difficulté de constater leur existence fait que l’on possède peu de moyens de combattre leur développement. Cependant quand la tumeur fait saillie à l’extérieur et que l’on peut reconnaître à la crépitation que développent ces corps en se froissant les uns contre les autres lorsqu’on les comprime, que l’on a affaire à des hydatides, on peut ouvrir les tumeurs en agissant comme il est prescrit pour les abcès profonds et ceux des organes parenchymateux. Voyez pour plus de développement sur le traitement et sur les hydatides en général, le mot Acéphalocysle.
J.P. Beaude.
hydragôgue (mat. méd. J, adj. et s. m. (du grec udor eau, etdeagù.je chasse.) On donne ce nom aux médicaments qui sont employés pour faire résorber les sérosités qui sont épanchées soit dans l’œdème soit dans l’hydropisie. Ces médicaments sont ou des diurétiques puissants , ou des purgatifs drastiques, tels que le scille , la gomme gutle le jalap, l’aloès etc. (Voyez Hydropisie.)
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blydrakgxre (méd.J , s. m. C'est un nom donné au mercure. (V. ce mot.)
hydrargirie {méd.J, s. f. On donne ce nom à une éruption qui apparaît ordinairement sur le scrotum, la partie interne des cuisses et des avantbras; et qui est caractérisée par des taches plus ou moins foncées et un peu élevées. Cette maladie qui est attribuée au mercure, a aussi reçu le nom d’érithème mercuriel, d’éczema mercuriel, de lèpre mercurielle. (V. Mercure.)
hydrate { chim .), s. m. (du grec udor eau). On donne ce nom à la combinaison d’un oxide métallique avec l’eau. C’est ordinairement en précipitant au moyen d’un alcali, l’oxide métallique d’un sel en dissolution que l’on obtient les hydrates , ils retiennent l’eau à laquelle ils ont été combinés même lorsqu’ils sont à l’état sec, et ce n’est qu’au moyen de la chaleur rouge qu’on peut chasser l’eau combinée à l’oxide métallique.
hydriodate { chim. J , s. m. On donne ce nom à un sel formé par l’acide hydriodique et une base. (Y .Iode.)
hydriodique (Acide) (chim.{, s. f. On désigne sous ce nom un acide composé d’iode et d’hydrogène. ( Y. Iode. )
hydrocèle (, chir ..), s. f., (de udor, eau et hèlè, tuneur, hernie; tumeur d’eau). On appelle ainsi tout épanchement desérosités dans les bourses.
Quelques détails anatomiques sont indispensables pour faire comprendre l’histoire de cette maladie. Chezîe fœtus, les testicules sont placés dans le ventre, surles côtés de la colonne vertébrale; mais, vers le cinquième ou le sixième mois de la vie intra-utérine, ils descendent graduellement jusque dans les bourses. Dans ce trajet, ils repoussent devant eux le péritoine , grande membrane qui enveloppe tous les viscères de l’abdomen, s’en coiffent comme d’un bonnet, et arrivent ainsi dans le lieu de leur destination. Ajoutons qu’ils ont également refoulé jusque dans le scrotum les expansions musculaires et membraniformes qui constituent la parois antérieure du ventre au niveau de l’aine, et qu’ils ont rencontrées sur leur passage. Il y a donc d’abord une communication entre la portion refoulée du péritoine et la cavité du ventre ; mais celle-là finit par s’oblitérer, et le testicule reste entouré d’un sac sans ouverture qu’on nomme tunique vaginaie. Les vaisseaux , les nerfs du testicule, et les canaux qui servent à porter la semence dans les vésicules séminales (Voy. Génération ), forment un faisceau connu sous le nom de cordon spermatique, qui passe par l’ouverture de l’aine franchie par le testicule et porte celui-ci comme suspendu à son extrémité inférieure. Or, de la sérosité peut s’amasser dans les enveloppes du cordon ou dans celles du testicule ; de là, deux espèces principales d’hydrocèles.
l° Hydrocèle du scrotum. Les auteurs en font deux variétés , l’une qu’ils appellent hydrocèle par infiltration, et qui est constituée par de la sérosité
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accumulée dans les mailles du tissu cellulaire des bourses; l’autre, hydrocèle de la tunique vaginale , résulte d’un épanchement séreux dans cette tunique. Nous ne nous occuperons pas de la première variété , qui n’est autre chose qu’un œdème des bourses (Voy. OEdèmeJ. QuanLà la seconde, elle mérite toute notre attention. Si la sérosité vient à se former en collection dans l’enveloppe du testicule pendant les premiers temps de la naissance, alors que la communication, dont nous avons parlé, subsiste encore, l’hydrocèle est dite congénitale ; mais si elle se produit quand ce canal est oblitéré, l’hydrocèle est appelée acquise ou accidentelle : celte dernière est de beaucoup la plus fréquente.
Les causes de cette maladie sont fort obscures : assez souvent cependant, elle parait se développer à la suite de contusions ou de froissements répétés du scrotum. C’est ainsi que, suivant M. Larrey, les cavaliers en sont bien plus fréquemment attaqués que les fantassins. Des fatigues prolongées peuvent encore la produire; enfin elle est une conséquence assez commune soit de l’inflammation du testicule , et elle se montre alors à l’état aigu, soit des dégénérations squirrheuses et cancéreuses de cet organe. Quant aux causes mécaniques de l’hydropisie (V. ce mot), elles paraissent avoir plutôt pour résultat une œdème des bourses qu’une hydrocèle proprement dite. On a dit que l’hydrocèle se produisait quand il y avait défaut d’équilibre, l’exhalation et l’absorption. Nous renvoyons au mot Hydropisie pour l’appréciation de celte théorie.
On a trois choses à étudier dans une hydrocèle : 1° le liquide ; 2° l’enveloppe ; 3° l’état du testicule. Le liquide est ordinairement d’une couleur légèrement citrine, du reste parfaitement limpide et transparent ; quelquefois il est d’un jaune foncé; ailleurs , trouble et floconneux ; ailleurs encore , boueux, épais, semblable à du chocolat. Ces différents degrés de coloration et de consistance paraissent tenir à un mélange de sang exhalé en proportion variable. M. Gerdy et quelques autres observateurs ont trouvé dans cette sérosité de petites paillettes brillante de cholestérine.
La sérosité est contenue immédiatement dans la tunique vaginale recouverte elle-même par trois autres enveloppes : la tunique érythroïde, le darîos et la peau. La tunique vaginale peut subir diverses dégénérations; elle peut s’épaissir, devenir cartilagineuse et même s’encroûter de sucs calcaires, et alors se transformer en tissu d’apparence osseux. D’autres fois, sa cavité est cloisonnée en deux, trois ou un plus grand nombre de loges ; ailleurs , elle est seulement parcourue par des brides fibreuses.
Le testicule, s’il n’est pas malade primitivement, peut le devenir; ainsi, on l’a vu s’atrophier dans des hydrocèles anciennes, et se réduire à uü trèspetit volume. Il est habituellement situé en arrière de la tumeur, mais il faut bien être prévenu qu’il peut se rencontrer en avant ou au milieu.
Les symptômes de l'hydrocèle résultent évidemment des conditions anatomiques que nous venons d énumérer. Elle se présente ordinairement sous la forme d’un ovoïde ayant sa grosse extrémité tour-
née en bas, dans d’autres cas, elle est cylindrique, en forme de boudin, ou bien en gourde. Lorsque la cavité de la tunique vaginale est partagée en loges multiples, cette disposition se traduit à l’extérieur par l’aspect inégal et bosselé de la tumeur : mais ces cas sont assez rares. Le volume de l’hydrocèle dépend de la quantité du liquide amassé ; tantôt offrant à peine le volume d’un œuf, ou l’a vue acquérir et même dépasser les dimensions de la tête d’un adulte. Sa consistance dépend aussi de la quantité du liquide et de sa nature, mais principalement de l’état des enveloppes : si la tunique vaginale s’est changée en tissu cartilagineux, l’hydrocèle est solide et résistante. Mais habituellement le palper de cette tumeur donne une sensation de fluctuation bien manifeste, comme si l'on touchait une vessie pleine d’eau. Dans le cas d’hydrocèle congénitale, xme compression nême légère fait refluer le liquide dans le ventre. Un phénomène fort important et qui est dû au peu d’épaisseur des enveloppes et à la limpidité du liquide séreux, c’est la transparence. Si, mettant le malade dans l’obscurité, l’on place une bougie d’un côté du scrotum et que l'on regarde de l’autre, on peut constater cette propriété fort importante pour le diagnostic; ce mode d’exploration permet aussi d’apprécier la situation du testicule qui forme un point noir en arrière des parties transparentes. Mais on le reconnaît encore mieux par le toucher, en le serrant doucement entre les doigts , à la douleur énervante qu’éprouve le malade.
Il est fort important de distinguer l’hydrocèle des diverses tumeurs des bourses, mais surtout du sarcocèle et de la hernie inguinale; cet examen trouvera place dans l’histoire de ces deux maladies (Voy. Sarcocèle et Hernie).
L’accroissement de l’hydrocèle se fait tantôt rapidement , tantôt avec lenteur : et quant à sa durée, on en a vu qui dataient de quinze, vingt , trente , quarante ans et même plus encore, sans incommoder les malades autrement que par leur volume. Lorsque la tumeur a acquis des dimensions trèsconsidérables , son accroissement se fait aux dépens delà peau de la verge, et celle-ci finit quelquefois par disparaître cachée sous les poils du pénis , et se montre au centre d’une dépression semblable à celle du nombril.
Le pronostic de l’hydrocèle ne saurait être grave, sauf le cas de complication avec un sarcocèle, une hernie, etc. L’hydrocèle congénitale est plus fâcheuse que l’accidentelle.
Quel est le traitement deJ’hydrocèle ? Il est palliatif ou radical. Dans le premier cas, on se propose seulement de remédier à la gêne que la tumeur occasionne par son volume, lorsque des circonstances telles que l’âge avancé ou la faiblesse du malade ne permettent pas de tenter l’opération . Alors on se contente de soutenir les bourses avec un suspensoir, ou bien on fait une ponction pour évacuer le liquide. Après cette ponction, il est bon de recouvrir le scrotum de compresses imbibées de liqueur résolutive (sureau ou eau tiède animée avec del’eau de-vie camphrée), pour s’opposer au retour trop prompt de la sérosité. On a quelquefois guéri ainsi sans retour. D’autres chirurgiens di-
sent avoir obtenu d’excellents résultats d’applications topiques excitantes sous forme de pommade ou de lotions; l’iode paraît avoir fourni de bons résultats ; enfin , entre les mains de Dupuytren, le vésicatoire sur les bourses a quelquefois guéri des hydrocèles déjà anciennes. Pour mon compte, j’ai observé un cas dans lequel un vésicatoire ayant été appliqué après une ponction, il y eut une violente inflammation des bourses suivie d’une cure radicale.
Je ne parlerai pas ici des diverses méthodes en usage dans les siècles précédents, telles que la cautérisation, le séton, l’incision, l’excision, etc.; ces méthodes, sauf certaines circonstances accidentelles, sont généralement abandonnées; je décrirai seulement en peu de mots la cure par injection , dont l’invention , faussement attribuée à Monro, chirurgien anglais , revendiquée ensuite en faveur d’un certain Lambert de Marseille, remonte à la plus haute antiquité. Le scrotum étant maintenu d’une main , de manière à faire bien saillir la tumeur, on plonge dans sa partie antérieure et inférieure, en ayant bien soin d’éviter le testicule , l’extrémité acérée d’un trois-quarts garni de sa canule; on enfonce l’instrument d’une quantité suffisante pour pénétrer dans la poche aqueuse, on retire alors le trois-quarts et on laisse la canule par laquelle le liquide s’évacue. La tunique vaginale étant parfaitement vidée, on injecte parla canule à l’aide d’une seringue d’une moyenne dimension , du vin chaud â trente ou trente-deux degrés environ. Cette injection ayant ramené le scrotum aux dimensions qu’il offrait avant la ponction , il faut s’arrêter, laisser la matière de l’injection quelques minutes en bouchant la canule avec le doigt, puis l’évacuer de nouveau et recommencer à deux reprises. Pendant ces différentes manœuvres, il faut avoir bien soin que la canule n’abandonne pas la cavité de la tunique vaginale, car alors on s’exposerait à injecter le vin dans le tissu cellulaire des bourses, et il en résulterait une violente phlegmasie et la gangrène de ces parties. Pendant les injections, le malade éprouve une assez vive douleur, qui retentit jusque dans le flanc en suivant le trajet du cordon spermatique. Cette injection a pour but de déterminer dans la tunique séreuse du testicule une inflammation qui fasse intimement adhérer ses parois et s’oppose au retour de l’épanchement.
Ce traitement ne saurait convenir pour l’hydrocèle congénitale, caria matière irritante de l’injection pénétrerait dans le ventre, et ferait naître une péritonite, maladie fort grave. On fait rentrer l’eau dans l’abdomen par une pression méthodique; on applique un bandage semblable à celui des hernies, le trajet s’oblitère et le malade est guéri, ou du moins, si l’hydrocèle reparaissait ensuite , l’injection deviendrait pratiquable.
2° Hydrocèle du cordon. Si la sérosité vient à s’épancher dans le tissu cellulaire qui lie les différentes parties du cordon spermatique ou dans de petites vésicules, débris du prolongement péritoj néal qui unissait la tunique vaginale à la cavité du ventre, il en résulte ce qu’on appelle l’hydrocèle enkystée du cordon , qui forme dans la région de ' l’aine une tumeur inégale et bosselée , et dont le
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traitement est tout-à-fait semblable à celui de l’hydrocèle de la tunique vaginale.
Beaugrand ,
Docteur médecin, ancien interne des hôpitaux.
hydrocéphale aigue. (méd.J, s.f.Ce mot, comme j l’indique son étymologie grecque, signifie hÿdropisie j de la tête. C’est cette maladie si commune dans le premier âge, connue vulgairement sous le nom de fièvre cérébrale. Elle est avec le croup un juste sujet d’effroi pour les mères, d’autant plus redoutée, qu’elle moissonne en général les enfants dont l’inielligence est plus précoce, et qui promettaient le plus de joies au cœur paternel :
Quand ils ont trop d’esprit, les enfants Yivent peu,
a dit Siiakspeare, et par malheur, le nombre des victimes de la fièvre cérébrale ne justifie que trop la parole du poète.
Les différentes causes qui produisent cette maladie sont ou prédisposantes ou efficientes. L’âge, ainsi que nous venons de le faire entendre, est certainement en première ligne parmi les causes prédisposantes. Les hydrocéphales aiguës se rencontrent plus fréquemment dans l’enfance, jusqu’à l’époque de la seconde dentition; il résulte de calculs assez nombreux faits à ce sujet, que le maximum de fréquence se trouve dans les sixième, septième et huitième années ; à partir de la huitième année, l’affection devient de plus en plus rare, bien qu’on l’observe encore trop souvent vers l’âge de puberté; on la retrouve ensuite dans la vieillesse, car, de même que le vieillard dont l’intelligence faiblit se rapproche de l’enfant, de même ces deux âges extrêmes se touchent par plusieurs maladies, qui sont communes à l’un et l'autre.
On s’est demandé si l’hérédité avait quelque influence sur le développement de l’hydrocéphale aiguë; et en effet, c’est principalement dans les affections cérébrales, l’aliénation mentale, l’épilepsie, etc., que s’exerce cette loi de transmission qui nous frappe des infirmités de nos pères ; mais si l’on a vu dans la même famille plusieurs enfants enlevés chacun à leur tour par la fièvre cérébrale, ces exemples ne sont pas assez fréquents pour qu’on puisse en rien conclure en faveur de l’action de l’hérédité.
Une autre cause plus positive, c’est l’existence d’une maladie antérieure qui a débilité la constitution. Ainsi, les enfants scrofuleux y sont trèssujets ; il en est de même des enfants phthisiques. Nous verrons plus loin qu’il existe une espèce d’hydrocéphale, où, après la mort, on retrouve dans les membranes du cerveau ces productions tuberculeuses si terriblement fréquentes dans les poumons des adultes, et qui coïncident alors avec une altération identique dans les organes respiratoires; cette variété d’hydrocéphale est même, à notre avis , la plus commune. Certaines fièvres éruptives, telles que la rougeole, la variole, et surtout la scarlatine qui s’accompagne assez souvent d’hydropisie générale lorsqu’on laisse le malade s’exposer au froid pendant la convalescence, y prédisposent également. Les maladies aiguës de l’estomac et de l’intestin, avec lesquelles coïncident souvent des symptômes cérébraux, se termi-
nent quelquefois dans l’enfance par un épanchement dans les cavités du cerveau. Les épanchements paraissent plus communs chez les filles que chez les garçons, et en général chez les enfants d’une constitution nerveuse et lymphatique, ayant un beau teint, des cheveux blonds ou châtains, et doués de beaucoup d’amabilité et d’intelligence. On remarque aussi que ces enfants ont la tête plus volumineuse elj le diamètre transversal du crâne plus étendu ; enfin, chez eux, tout indique une prédominance du système nerveux et des facultés intellectuelles, et par conséquent une fâcheuse prédisposition à contracter des maladies du cerveau. Combien de fois, en voyant jouer et folâtrer des enfants à l’œil bleu et vif, aux longs cils, à la chevelure dorée et ondoyante, puis auprès d’eux, leur mère sourire à leurs éclats de joie, combien de fois la pensée amère nous est venue que cette pétulance, ces saillies enfantines, cette exubérance de vie, étaient pour ainsi dire des gages d’une maladie cérébrale, peut-être plus ou moins prochaine et probablement funeste !
L’influence des saisons ne laisse pas de jouer un rôle important dans la production de l’affection qui nous occupe. Non-seulement l’hydrocéphale peut se montrer d’une manière épidémique, mais encore elle sévira dans certaines années, dans certaines périodes, plus que dans d’autres, tandis qu’elle ne se fera pas sentir pendant un temps assez long. Il semble que l’hiver et l’été en offrent moins d’exemples, que le printemps et l’automne, et si lJon s’en rapporte sur ce point à l’autorité imposante de M. Guersant, on verra que ce praticien n’en a pas observé un seul cas pendant les fortes chaleurs.
Plusieurs médecins ont sans doute exagéré beaucoup trop les funestes effets des suppressions de dartres ; mais bien qu’on ait fait la part trop large à la répercussion de ces éruptions cutanées chroniques, comme cause d’autres maladies , il n’en est pas moins vrai que cette action est parfois manifeste; et, par exemple, on trouve dans une bonne thèse sur l’hydrocéphale aiguë, soutenue en 1836, par M. Piet, à la faculté de médecine de Paris, on trouve, dis-je, cités trois cas évidents de fièvre cérébrale dus à la suppression trop brusque de dartres situées au cuir chevelu. Ces faits, quoiqu’ils ne se présentent pas en grand nombre , doivent rendre le praticien très-réservé sur l’emploi actif des moyens à l’aide desquels il combat les maladies dartreuses chez les enfants; ils doivent aussi servir d’avertissement aux mères qui par une tendresse mal entendue, veulent en finir à toute force avec ces éruptions rebelles, qui menacent la beauté de leurs filles, courant ainsi le risque de payer bien cher des sacrifices faits à une puérile coquetterie.
Toutes les causes débilitantes en général, et plus particulièrement celles qui agissent directement sur le cerveau, prédisposent plus constamment à - cette maladie, et la considération suivante le prouve: l’hydrocéphale qui se développe dans un âge plus avancé se montre moins fréquemment parmi les habitants des campagnes que parmi ceux des villes, et ceux qui sont endurcis aux travaux du corps y sont beaucoup moins sujets que ceux
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qui exercent plus leur esprit et leur imagination, que leurs facultés physiques.
Les émotions morales ne sont pas non plus sans action : chez les enfants dont les sensations sont si vives , les émotions si rapides et si fortes, bien que la cause en soit en général si légère, on a vu plus d’une fois un accès de colère, un violent emportement être suivi de fièvre cérébrale; la fibre nerveuse est chez eux si tendre quelle brise au moindre effort. Combien n’en voit-on pas à cet âge impressionnable , qu’un rien exaspère et met en fureur ! à la moindre contrariété , ils trépignent, ils poussent des cris affreux, leur figure rougit et pâlit lour-à-tour , et ils finissent par tomber dans des convulsions ; celte espèce de folie est courte d’ordinaire , mais que l’accès dure un peu plus, que la congestion cérébrale qui en est l’effet persiste; et la fièvre cérébrale pourra s’allumer. Une frayeur subite a parfois amené le même résultat : plusieurs faits viennent à l’appui de cette assertion : une petite fille est témoin de la mort de sa mère; presque immédiatement après elle est prise d’hydrocéphale aiguë. Un garçon de sept ans, étourdi, remuant, s’essaie à descendre d’un cinquième étage en glissant le long d’une corde qui lui brûle les mains ; il s’effraie , jette les hauts cris , on le saisit par une fenêtve au milieu de sa descente aérienne, et dès ce même jour il est pris de tous les symptômes d’une fièvre cérébrale dont il meurt. MM. Parent et Martinet rapportent dans leur ouvrage sur la méningite, l'histoire d’une jeune fille de sept ans qui, après avoir été maltraitée et menacée par une de ses maîtresses d’être renfermée dans un cabinet noir, fut prise aussitôt de convulsions; sa figure devint hébétée et elle ne répondit plus aux questions que par des larmes. Les jours suivants, tous ces symptômes acquirent plus d’intensité, les convulsions redoublèrent de fréquence , et le cinquième jour !a fièvre cérébrale était déclarée.
Dans un cas tout récent, M. Guersant a vu des symptômes cérébraux mortels se développer sous l’influence de la masturbation.
Enfin, pour terminer ce quia rapport aux causes de celte maladie , nous dirons que dans certains cas, elle a paru manifestement succéder à des violences extérieures: un coup, une chute sur la tête, ont pu la déterminer, et, entre autres faits, Th. Bonet raconte dans son répertoire si curieux, f Sepulchretum J celui d’un enfant qui fut pris d’hydrocéphale après avoir été roulé dans un tonneau par un de ses camarades.
Symptômes. Première période. Quelle qu’ait été la cause déterminante, la maladie est en général précédée de symptômes qui sans être caractéristiques, doivent tenir éveillée l’attention du médecin. Presque toujours le début est insidieux et réclame toute la vigilance de l’homme éclairé qui doit être appelé, sitôt que les yeux maternels, d’ordinaire si clairvoyants, ont entrevu le danger. L’enfant paraît avoir un malaise général, on remarque de la nonchalance dans ses mouvements, dans ses réponses ; ses jeux n’ont plus d’attraits pour lui; au lieu de courir, de sauter, au lieu d’être bruyant et babi lard, il est tranquille, taci-
turne, morose; il prend nonchalamment un tabouret vient s’asseoir contre les genoux de sa mère, en se rapprochant d’elle comme s’il avait froid ; il y a dans sa démarche une sorte de langueur et d’incertitude tout-à-fait singulières; il se plaint de temps en temps, porte la main à sa t'ête qui lui fait mal. Celte céphalalgie, cette tristesse inaccoumée persistent. Quelques jours après surviennent des vomissements : c’est le premier symptôme qui ait de la valeur, et dès ce moment le médecin doit être sur ses gardes. A ceux qui ne savent point ou qui sont inatlentifs, ces vomissements font croire que l’estomac est en jeu, qu’il existe une inflammation de cet organe, et vite d’attaquer le mal à l’épigastre, là où il n’est point. Cette souffrance n’était que sympathique, et, trompés par ce mensonge, ils perdent un temps précieux à frapper à côté de la maladie. Pour ne point se laisser abuser de la sorte, il faudra se souvenir que ces vomissements, sur l’importance desquels nous insistons ' avec intention , ne s’accompagnent pas de la rougeur ni de la sécheresse de la langue, ni de la douleur au creux de l’estomac qui caractérisent la gastro-entérite, à moins qu’il n’y ait une complication. Us coïncident ordinairement avec les élancements douloureux delà tête, ont souvent lieu sans effort, et presque toujours on observe en même temps une constipation opiniâtre.
L’hydrocéphale aiguë débute encore par d’autres phénomènes, tels que des horripilations vagues ou un frisson plus ou moins intense suivi de chaleur et d’accélération du pouls. La céphalalgie est vive et se fait sentir tantôt au front, tantôt en arrière ou sur le sommet de la tête : elle s’accompagne de somnolence. Elle est continue , mais augmente par accès de courte durée qui arrachent quelquefois aux enfants des cris particuliers , des criailj leries traînantes qui semblent sortir de la tête, et ! qui ont été regardés comme caractéristiques par certains auteurs. Ces cris hydrencéphaliques comme les a appelés M. Coindet de Genève, sont tantôt l’expression évidente de la douleur, car l’enfant promène vaguement les mains sur son front; tantôt ils lui échappent au milieu d’un calme parfait, sans qu’il sorte de son immobilité , et le repos de son corps contraste avec ses plaintes. Elles semblent alors plutôt l’effet d’une habitude ou d’une manie que la traduction d’une véritable souffrance, puisqu’à l’instant même où le petit malade se plaint davantage, il répond qu’il se trouve bien. Poussées par intervalles, elles s’éteignent en dégénérant en un murmure sourd, ou font brusquement place à l’assoupissement et à une tranquillité complète. Dans cet état d’abattement et de somnolence, il grince souvent des dents, ou mâchonne, comme s’il avait quelque chose dans la bouche.
La figure exprime toujours la douleur; les malades froncent les sourcils et le sillon qui se porte des ailes du nez vers la commissure des lèvres. Ils ne sortent de l’état de somnolence et de côma que pour s’agiter, se plaindre et quelquefois délirer. C’est presque toujours un délire tranquille, une sorte de rêvasserie calme, accompagnée de mots sans suite , mal articulés , entremêlés d’un marmottement sourd. Les mouvements qu’on imprime
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au corps réveillent et augmentent les douleurs de tête. La tête est pesante et se renverse quelquefois en arrière, comme si elle était entraînée par son propre poids. La face est souvent un peu gonflée, tantôt colorée, tantôt pâle, etces changements brusques de coloration coïncident ordinairement avec les élancements douloureux dans la tête. Les paupières sont presque constamment fermées dans cette première période, parce que les yeux sont très-sensibles à la lumière, et si on cherche à les soulever, même dans l’état de somnolence, le malade les contracte avec force. Les pupilles sont tantôt très-dilatées , tantôt très-resserrées et souvent agitées d’une oscillation évidente. On observe aussi quelquefois , dès celte première période, de légers mouvements convulsifs dans les muscles de la face et des yeux; mais c’est surtout dans la seconde et la troisième période que ces symptômes se rencontrent le plus ordinairement. La fréquence du pouls dans cette première période s’accompagne déjà d’une respiration le plus souvent lente et irrégulière. Il est rare que les urines s’écoulent involontairement alors, à moins que la maladie ne soit portée à un très-haut degré et le coma trèsprofond. Coindet a attaché une grande importance à l’urine qui présenterait un dépôt blanchâtre, farineux, et une pellicule brillante et micacée à sa surface. Mais ce dernier signe est loin d’être constant-.les mines déposent beaucoup dans celte maladie , comme dans toutes celles où la sécrétion urinaire est peu abondante, et à cause de la quantité de sels calcaires qui y sont contenus, dans l’enfance particulièrement.
2e Période. Celle période est caractérisée par l’ac* croissement de tous les symplômes et surtout des symptômes nerveux;la céphalalgie devient souvent alors plus intense et plus aiguë, la somnolence plus profonde, portée quelquefois jusqu’à un assoupissement complet. A cet état se joint fréquemment une diminution notable de la sensibilité dans une partie quelconque du corps. La face et les membres sont agités de mouvements convulsifs, de soubresauts des tendons, les yeux sont affectés de strabisme; les pupilles, dilatées ou contractées, oscillent d’une manière remarquable, quelquefois les yeux restent tout grands ouverls pendant le sommeil, ou bien l’un est fermé, tandis que l’autre est ouvert. La chaleur de la tête est presque toujours très-élevée et s’accompagne de rougeur, surtout pendant la durée des exacerbations qui reviennent fréquemment et avec beaucoup d’irrégularité ; mais le reste du corps est rarement très-chaud, les malades même se plaignent quelquefois du froid et se cachent sous leurs couvertures. Les symptômes les plus caractéristiques de cette seconde période se rencontrent dans le pouls; il est souvent, comme nous l’avons annoncé, très-lent, très-irrégulier et tombé même au-dessous de l’état naturel. Si le pouls reste plus fréquent que dans l’état ordinaire, il est rare au moins qu'il ne devienne pas très-irrégulier. L’irrégularité du pouls coïncide en général avec une inégalité très-grande dans les inspirations. Elles s’accélèrent par moment, deviennent très-courtes, et bientôt après sont suiviesd’une I longue inspiration suspirieuse , après laquelle la |
respiration semble suspendue pendant quelque temps. Cette période est ordinairement la plus longue. Quand la maladie marche d’une manière peu aiguë, elle peut durer douze à quinze jours.
Troisième période : terminaison fatale de la maladie. Quand on n’a pas été assez heureux pour combattre le mal dès le principe, quand on a méconnu sa gravité, ou qu’on l’a attaqué faiblement, cette funeste terminaison est presque inévitable: la troisième période commence, et elle est toujours beaucoup plus courte que la seconde. La céphalalgie a complètement cessé , et est souvent remplacée par le coma le plus profond, qui n’est troublé que par les agitations convulsives des membres, de la face et par les grincements de dents. Le pouls est très -fréquent, très-régulier, la respiration égale est en rapport avec la circulation; mais elle devient souvent râlante à l’approche de la mort. Les yeux sont injectés, les pupilles largement dilatées, tout-à-fait insensibles à la lumière. La déglutition est alors très-difficile à cause du resserrementdes mâchoires, et presque toujoursl’ingestion des liquides dansl’œsophage détermine de la toux, et une sorte de régurgitation accompagnée de nausées, parce que les liquides tombent en partie dans le larynx. Les exacerbations sont accompagnées en général d’une grande chaleur de la peau, de rougeur à la face et de sueur. Mais à mesure que les forces s’affaiblissent, les sueurs deviennent froides, et le refroidissement des extrémités avec une respiration râlante termine cette scène de douleur, à moins que de violentes convulsions n’accélèrent le terme delà vie.
Diagnostic. Certes s’il est possible d’arrêter le mal à son début, l’importance de- le reconnaître à sa naissance est de première nécessité, et l’on ne saurait donner des règles trop précises sur la valeur des symplômes de l’hydrocéphale aiguë, et sur les différences qui la séparent d’autres affections au premier abord semblables.
Nous insisterons encore sur le symptôme qui donne l’éveil un des premiers : pour juger ce que vaut ce symptôme lorsqu’il se présente à notre observation, on peut se demander quelles sont les maladies qui le provoquent dans la seconde enfance, et l’on trouve la gastrite, le catarrhe pulmonaire, la coqueluche, la variole et les vers. Si donc, chez un enfant vacciné ou qui a eu la petite vérole, chez un enfant qui digère bien et ne tousse pas, il survient des vomissements accompagnés de mal de tête, il y a lieu de craindre l’invasion trèsprochaine d’une fièvre cérébrale.
Avec de l’attention, on ne confondra pas les symplômes de l’hydrocéphale avec ceux que détermine la présence des vers. En effet, la céphalalgie, la dilatation des pupilles, les vomissements, les convulsions même qui dans quelques cas, sont dus à la présence des vers, n’offrent qu’une durée passagère, ne sont point ordinairement précédés et accompagnés d’un mouvement fébrile et d’une respiration inégale et suspirieuse, et enfin ne représentent qu’une analogie momentanée avec la marche successive des symplômes que nous avons tracés longuement. Les mêmes considérations s’appliquent aux convulsions que la dentition détermine, et qui
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alarment mal à propos le praticien inexpérimenté. D’ailleurs l’examen de la bouche ne devra jamais être négligé , dans les cas où l’on soupçonnerait l’existence de cette condition physiologique.
Certaines formes delamaladie complexe, connue autrefois sous les noms de fièvre putride, maligne, nerveuse, etc., et décrite de nos jours sous la dénomination de lièvre typhoïde, se rapprochent pour les phénomènes extérieurs de l’hydrocéphale aiguë; les signes d’excitation cérébrale sont à peu près les mêmes au début des deux maladies; mais la marche en est ensuite différente. Dans la fièvre nerveuse, l’agitation, l’anxiété, les spasmes, le délire et les soubresauts des tendons, alternent souvent très-promptement avec un calme trompeur, et quelquefois même un véritable sommeil; dans la fièvre cérébrale au contraire, il y a peu d’agitation et les mouvements convulsifs coïncident avec un état de somnolence ou de côma très-prononcé. Ces symptômes sont plus ou moins permanents dans l’hydrocéphale, et rarement on observe d’intermittence ou de calme parfait, excepté dans la première période. Dans la fièvre nerveuse, les lésions fonctionnelles du système nerveux sont plutôt le résultat d’une véritable perturbation, tandis que dans l’autre elles sont dues à une altération plus profonde et qui frappe les organes dans leur tissu. Du reste, les symptômes fournis par les autres fonctions, celles de la respiration, par exemple, et delà digestion, serviront à tracer une ligne plus nette de démarcation entre ces deux fièvres, puisque dans la fièvre nerveuse il y a presque toujours de la diarrhée et de la toux, phénomènes qui manquent, le premier surtout dans la fièvre cérébrale.
Enfin, des accès de fièvre intermittente pernicieuse céphalique, où se montreraient des accidents cômateux, pourraient simuler l’hydrocéphale; maisl’intermittencerégulièreouirrégulière des attaques, l’état de santé presque naturel dans l’intervalle, devront éclairer le médecin et l’engager à donner aussitôt et à haute dose ce médicament précieux ( le sulfate de quinine ), qui , manié habilement, fait cesser les accidents d’une manière si énergique et si prompte.
Le diagnostic sera plus difficile et demandera la plus scrupuleuse attention dans les cas complexes. Ainsi les complication» de la fièvre cérébrale avec des maladies des organes de la digestion ou de la respiration, sont assez fréquentes, et ces complications modifient nécessairement les caractères propres à l’hydrocéphale. Il n’est pas rare de la voir succéder à une gastro-entérite, ou compliquer cette affection abdominale; onia rencontre quelquefois aussi avec la fluxion de poitrine. Il est plus commun encore de voir les enfants poitrinaires être pris de fièvre cérébrale, et après la mort on trouve dans les membranes de leur cerveau, des productions tuberculeuses analogues à celles qui se rencontrent dans leurs poumons. On sait que la phthisie fait le désespoir de la médecine, qui, trop souvent impuissante pour la guérir, se borne à en suspendre ou bien à en mitiger les ravages ; énoncer l’existence fréquente ce cette complication, c’est faire sentir tout le danger de la fièvre cérébrale, puisque c’est montrer le malheureux enfant en
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proie alors à deux maladies, dont une seule suffirait pour l’enlever.
Dégagée de ces complications, la- fièvre cérébrale est encore une affection extrêmement grave, mais au moins dans cet état de simplicité, reste-t-il quelque espoir au médecin si l’on réclame à temps ses secours.
Traitement. Que cet espoir soit fondé ou non, le devoir du praticien est d’agir, et de toutes ses forces. Il n’y a point de maladie dans laquelle il soit en effet plus pressant d’agir que dans celle-ci : le plus léger retard est alors bien plus fâcheux que dans toute autre inflammation de même nature. Cette temporisation sageen d’autres circonstances, et que plusieurs médecins ( Cunctalores) adoptent comme méthode générale, serait ici plus qu’une faute, ce serait un crime. Si on laisse arriver l’inflammation à la période de suppuration, et qu’il ne s’opère pas une prompte résorption, elle entraîne presque nécessairement une terminaison mortelle. Aussi dès qu’on peut soupçonner une fièvre cérébrale , la méthode dite antiphlogistique, graduée suivant les forces et l’âge du sujet, doit être vigoureusement appliquée. Les saignées générales sont presque toujours préférables aux saignées locales parles sangsues et les ventouses scarifiées. On pratiquera d'abord une saignée au bras, au pied ou à la jugulaire. On aura recours, si ces moyens sont insuffisants ou impraticables, à des applications de sangsues aux tempes , derrière les oreilles, sur les parties du cou, à la base du crâne ou à la nuque, suivant le siège des douleurs et les probabilités que l’affection occupe telle ou telle région. Les saignées doivent être secondées par un régime sévère, des boissons très-légères, adoucissantes ou acidulées, des lavements émollients ou laxatifs. On emploiera en même temps des révulsifs sur les extrémités inférieures, les pédiluves . les cataplasmes chauds légèrement sinapisés. Il est nécessaire que la proportion de moutarde ne soit pas assez considérable pour exciter une vive douleur, qui, réagissantsur l’état général, augmenterait indubitablement la fièvre et l'afflux du sang vers le cerveau. Les applications froides et même glacées doivent être constamment et soigneusement continuées sur la tête, tant qu’il y a beaucoup de chaleur et de réaction. Lorsque ces moyens échouent, il faut se hâter, dès la première période, de recourir aux affusions flroides sur la tête et le tronc. Ce moyen dont nous avons vu de très-heureux effets , est employé avec plus de succès au moment des exacerbations. La température de l’eau et la durée de l’affusion seront réglées avec soin d’après les forces du malade et son tempérament : elle doit toujours être courte , de deux à trois minutes pour commencer ; on en augmentera ensuite la durée, si les résultats sont évidemment avantageux. Si les affusions sont sans effet, ou n’ont pas pu être mises en usage à cause de l’état delà poitrine ou par d’autres raisons, les dérivatifs sur le canal intestinal tels que le calomel ou l’émétique à haute dose , peuvent être utilement employés , pourvu toutefois que les organes de la digestion ne soient pas malades.
Dans la seconde période de l’hydrocéphale, lors-