Moyens médicaux
Ici se rangent les remèdes proprement dits, c’est-à-dire les différentes substances fournies par les règnes organique et inorganique, et qui soqt employées à l’intérieur ou à l’extérieur pour
INTRODUCTION
le soulagement ou la guérison des maladies. Les divers médicaments usités dans le traitement des maladies et dont la connaissance constitue la matière médicale , ont été classés de différentes manières; nous adoptons la division suivante comme la plus simple et la plus commode. Toutes les substances médicamenteuses sont rangées en huit groupes principaux : 1° les caustiques ; 2° les irritants , rubéfiants, vésicants; 3° les toniques et stimulants ; 4° les astringents ; 5° les narcotiques ou calmants ; 6° les évacuants ; 7° les antiphlogistiques (rafraîchissants, émollients); 8° les anlhelmintiques ou vermifuges.
Ire classe. Caustiques ou cautérisants. On appelle ainsi les substances qui, par leur action chimique ou leurs propriétés physiques, désorganisent les tissus avec lesquels elles sont en contact. Tels sont les acides minéraux concentrés ; les alcalis caustiques, tels que l’ammoniaque, la soude, la potasse, la chaux; certains sels ou composés minéraux, tels que le nitrate d’argent fondu, le chlorure d’antimoine ou beurre d’antimoine, le chlorure de zinc, la pâte arsenicale, etc. ; tel est encore le fer rougi au feu.
IIe classe. Irritants , qui déterminent l’inflammation des parties sur lesquelles on les applique sans les détruire. On peut en faire deux genres.
1° Rubéfiants. Ils produisent seulement l’irritation, la rougeur des tissus. Les moyens qui produisent ces effets sont les frictions sèches, la flagellation avec les orties, les acides minéraux étendus, le vinaigre, l’alcool, l’ail pilé, la moutarde, le suc d’euphorbe, la poix, la verveine, la clématite, etc,
2° Vésicants. Ici l’irritation est poussée au point d’enflammer la peau et de produire le soulèvement de l’épiderme par une sécrétion séreuse ou séro-purulente plus ou moins abondante. Les vésicants sont : les cantharides, l’eau bouillante, l’écorce de garou, le daphné-mesereum, l’ammoniaque, l’acide acétique concentré.
IIIe classe. Toniques et stimulants. Nous rangeons dans cette classe tous les médicaments qui ont pour effet d’augmenter l’action vitale des organes sans la porter jusqu’à l’inflammation. On peut en faire plusieurs genres assez distincts.
1° Toniques proprement dits , ceux qui par leur action générale tendent à augmenter l’action de l’organisme. On y range le fer et ses composés, les eaux minérales qui en contiennent (Forges, Passy, Spa, etc.); le quinquina, la quassia amara, le simarouba, le Colombo, la gentiane, la petite centaurée, la germandrée, le houblon, la chicorée sauvage, etc.
2° Stimulants. Leur action est plus énergique que celle des précédents ; ils ont surtout pour effet d’agir sur le tissu des organes en particulier, d’augmenter l’activité de leurs fonctions et surtout de leurs sécrétions. Ils diffèrent des précédents en ce que leur action plus active, ainsi que nous venons de le dire, est aussi moins durable. On peut établir parmi les stimulants plusieurs divisions assez bien justifiées et commandées dans la pratique.
A. Stimulants généraux ou excitants. Ce sont en quelque sorte des toniques élevés à une plus haute puissance. On peut y placer les hydrochlorate, sous-carbonate et acétate d’ammoniaque, les arsenites et arseniates, le chlore et les chlorures, les acides nitrique, sulfurique hydrochlorique ; les eaux minérales acidulés et gazeuses (de Mont-d’Or, Seltz, etc.). Parmi les stimulants tirés du règne végétal, nous citerons d’abord les vins spiritueux, les alcooliques, les éthers, la cannelle, la cascarille, l’écorce de Winter, la serpentaire de Virginie, les clous de girofle, la muscade, le gingembre, le poivre, le piment, l’anis étoilé, le café, la vanille, le thé, les plantes aromatiques, sauge, romarin, menthe, etc., l’anis, l’angélique, le fenouil, le carvi, le cumin, la coriandre, l’aunée, la camomille romaine, le raifort sauvage, le cochléaria, le cresson de fontaine, le benjoin, le baume de Pérou, le baume de Tolu, le galbanum, la térébenthine, le baume de la Mecque, etc.
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B. Stimulants spéciaux. Ou appelle ainsi ceux dont l’action se porte plus spécialement sur un ou plusieurs organes. On en a fait plusieurs espèces.
a. Stimulants de l'appareil urinaire, ou diurétiques. — Ce sont: l’urée, les carbonate, nitrate et acétate de potasse, les carbonates et acétates de soude, le vin blanc, la scille, la digitale, le colchique, l’asperge, le fraisier, le petit houx, la bardane, la pariétaire, l’ache, le persil, le chardon-Roland, les queues de cerises, l’alkekenge, etc.
b. Stimulants de la peau, diaphorétiques ou sudorifiques. — Ce sont : la bourrache, la bardane, le thé, la canne de Provence, la douce-amère, la scabieuse, le sureau, et en général toutes les boissons aromatiques chaudes. — A un degré d’activité plus élevé nous trouverons le sassafras, le gayac, la squine, la salsepareille, l’ammoniaque et ses préparations, le soufre et ses préparations, les eaux minérales sulfureuses.
c. Stimulants de l’appareil génital. — On peut les partager en deux sections: 1° médicaments qui provoquent l’éruption des règles, emménagogues. — Les gommes résines fétides, la rue, la sabine, le safran, les préparations et les eaux minérales ferrugineuses, etc. On peut y joindre l’ergot du seigle, dont l’action sur la matrice est bien connue. 2° Médicaments qui provoquent les désirs vénériens et exaltent la puissance génératrice, aphrodisiaques.— Les cantharides, le phosphore à petites doses, la vanille, le musc, et en général tous les stimulants énergiques.
d. Stimulants de l'appareil salivaire, sialagogues. — Racine d’angélique, de gingembre, de pyrèthre, d’impératoire, les clous de girofle, etc.
e. Stimulants de la muqueuse des fosses nasales, sternutatoires. — Tabac , racine de bétoine, d’arnica, les feuilles de ptarmique, etc.
f. Stimulants de lamuqueuse des bronches, expectorants ou béchiques. — La scille, les baumes de tolu, du Pérou, le benjoin, les térébenthines, le soufre, le kermès, l’hyssope, le lierre terrestre, le polygala de Virginie, le sulfate de potasse, l’ipécacuanha à petites doses, etc.
g. Stimulants du système nerveux. — Phosphore, noix vomique et ses préparations, fève de saint-ignace, bois de couleuvrée, upas-tieuté, fausse angusture, brucine, vin et alcool.
3° résolutifs ou altérants. On appelle ainsi des excitants qui ont pour propriété d’activer l’absorption et de favoriser la résolution des engorgements. Tels sont l’iode, ses nombreuses prérations et les eaux minérales qui en contiennent : le mercure et ses composés, quelques sels d’or, l’hydrochlorate de platine et de soude, le chlorure de barium, I’hydrochlorate de chaux, le soufre, la ciguë, l’ipécacuanha, les purgatifs à petite dose, etc.
HVe classe. Astringents. — On appelle ainsi les substances qui ont pour effet de produire un resserrement dans leS tissus vivants avec lesquels on les met en rapport : l’effet est ordinairement local. Les substances douées de cette propriété sont : l’acide sulfurique affaibli, l’alun, ie sulfate de fer, le sulfate de zinc, les acétates de plomb, le borax, le cachou, le sang-dragon, la noix de galles, le ratania, la gomme kino, la garance, la bistorte, le grenadier, la rose rouge ou de Provins, la tormentille, le fraisier, l’aigremoine, le coing, la ronce, le vinaigre et la plupart des acides végétaux affaiblis; il faut y joindre le froid appliqué sous forme de glace ou d’eau très-froide.
Ve classe. Narcotiques et calmants ou antispasmodiques. — Nous réunissons ces deux ordres de médicaments à cause de leur action sur le système nerveux.
1° antispasmodiques ou calmants. Us ont pour effet de calmer la stimulation nerveuse. Ou indique comme tels : les éthers, le camphre, l’assa-fœtida, la gomme ammoniaque, le galbanum, l’opoponax, la valériane, les fleurs d’oranger, le tilleul, la pivoine, le musc, le castoréum, la civette, l’ambre gris, le succin, l’huile animale de Dippel, etc.
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2° narcotiques. Leur action est plus énergique, ils servent à diminuer ou même à suspendre, à pervertir les fonctions du sytème nervenx. Nous citerons : l’opium , les tètes de pavot ou de coquelicot, les préparations extraites de l’opium ; la belladone, la mandragore, le datura stramonium, le tabac, la jusquiame, la laitue vireuse, la digitale, la ciguë, l’aconit, le laurier-cerise,
/ ’acide cyanhydrique, le cyanure de potassium ou de zinc.
VIe classe. Évacuants. Ce sont, à la rigueur, des excitants de l’appareil digestif qui ont pour résultat de provoquer une sécrétion abondante à la surface de la muqueuse qui tapisse ces appareils; tels sont : les vomitifs et les purgatifs.
î° vomitifs ou émétiques. Nous citerons comme tels : le tartre stibié (émétique), le kermès minéral, les sulfures d’antimoine, l’ipécacuanha, la racine de violette, etc.
2° ruRGATiFS. On les divise en trois sections suivant leur degré d’activité.
a. Laxatifs dont l’action est légère, qui produisent un simple relâchement; tels sont : la magnésie, la crème de tartre, le lait, l’huile, le miel, la mélasse, la manne , les pruneaux, le tamarin, la graine de moutarde, la mercuriale, la rose pâle, la fleur de pêcher.
b. Cathartiques. Ils purgent, mais doucement et sans fatigue. On range dans cette classe l’huile de ricin, la rhubarbe, le séné, les sulfates de potasse, de soude, de magnésie, le sulfate de soude, l'émétique en lavage, le calomel, etc.
c. Drastiques. Ce sont des purgatifs violents et ordinairement agissant à faible dose. On regarde comme tels: le nerprun, l’agaric blanc, le jalap, la scammonée, l’aloès, les huiles de crotontiglium et d’épurge, la gratiole, la coloquinte, l’ellébore, le colchique, la gomme-gutte, etc.
VIIe classe. Antiphlogistiques. Ils ont pour effet d’apaiser Féréthisme, l’irritation des parties enflammées. On en fait deux tribus distinctes:
1° Rafraîchissants. Ce sont surtout les acides minéraux et végétaux étendus d’eau, tels que: les acides acétiques, tartariques, sulfuriques, etc. ; les sucs de citron, de groseille, de cerise, de framboise, d’orange ; les solutions de sirop d’orgeat, le petit-lait, l’eau fraîche pure, etc.
2° Émollients. Leur titre indique suffisamment leur action, qui est de ramollir, de relâcher les parties irritées et tendues. Les principaux émollients, sont : la gomme arabique, la mauve, la guimauve, le mélilot, la bourrache, le beurre de cacao, la grande consoude, le lin, l’huile de lin, le lait, l’huile d’amandes douces, le sucre, la betterave, le chiendent, Forge, le riz, le gruau, l’amidon, le son, le sagou, le salep, le tapioka, l’arrow-root, la fécule de pomme de terre, les pruneaux, les raisins secs, les dattes, les figues, les jujubes, les semences de courge, de melon, de concombres, de coings, le lait, le beurre, la graisse, les bouillons de veau, de poulet, de grenouilles, de limaçon, de tortue, la cire, le blanc de baleine, etc.
VIIIe classe. Anthelmintiques. Ce sont les substances qui tuent etfont expulser les vers. — La mousse de Corse, la fougère mâle, le semen-contra, l’ail, la coralinede Corse, l’écorce de racine de grenadier, l’étain, l’huile de naphte, le pétrole, l’éther sulfurique.
Quelques auteurs forment une classe à part pour les spécifiques. Mais à l’exception du mercure contre la syphilis, des préparations de quinine contre les affections intermittentes, des sulfureux contre les affections dartreuses, quels sont les médicaments réellement spécifiques, c’està-dire détruisant d’une manière à-peu-près constante et certaine la maladie à laquelle on les oppose?...