HYGIÈNE DES CAMPAGNES
Les campagnes, dans les conditions ordinaires, sont exposées à bien moins de causes d’insalubrité que les villes; les habitations rurales sont moins agglomérées, peu élevées, souvent isolées; elles sont toujours accompagnées de jardins et d’espaces assez vastes qui permettent à l’air et à la lumière de circuler avec facilité : aussi, est-ce à la campagne que le citadin languissant va puiser les forces et la santé. Mais pour qu’il en soit ainsi, il est indispensable que certaines conditions soient remplies: l’assiette des lieux doit avoir été choisie avec discernement; les terrains humides, le voisinage des marais, les lieux bas et enfermés qui sont difficilement balayés par les vents, et sur lesquels affluent des eaux qui n’ont point un écoulement suffisant 3 le voisinage trop immédiat des bois, en raison de leur humidité et du défaut d’une circulation rapide de l’air, sont des circonstances peu favorables à la salubrité des habitations rurales.
La pauvreté des habitants et la mauvaise construction des maisons viennent souvent créer des causes d’insalubrité. Ainsi, la nourriture est grossière, quelquefois insuffisante et le plus ordinairement privée des substances animales qui, si elles ne sont pas indispensables à l’alimentation de l’homme, sont nécessaires au développement de sa force et à l’entretien de sa santé. Les vêtements n’ont pas toujours la propreté désirable, et même ils sont quelquefois insuffisants dans la saison rigoureuse pour préserver de ses intempéries. Les maisons, le plus souvent, sont construites contre toutes les règles de l’hygiène; le sol en est bas, humide, le plafond peu élevé, les fenêtres étroites et donnant peu d’accès à l’air et à la lumière. Les animaux domestiques partagent les droits au foyer ; quelquefois l’étable est immédiatement voisine des pièces habitées;