HYGIÈNE DES PROFESSIONS
Les diverses professions et les grandes industries peuvent avoir une influence marquée sur la santé de ceux qui les pratiquent, comme de ceux qui, par l’effet du voisinage, sont soumis à leur action ; de là deux manières diverses d’examiner leur influence , soit sur les ouvriers , soit sur les habitants voisins. Il a été traité de l’action des principales professions sur les ouvriers dans les articles spéciaux qui leur ont été consacrés dans le cours du Dictionnaire (v. Allumettes , Cuivre, Cérusiers ,Egoutiers , etc.). Comme dans chaque profession, les influences varient suivant la nature des circonstances ou des agents auxquels sont soumis les individus qui les pratiquent ; il en résulte nécessairement une série de préceptes qui n’ont rien de général, mais qui doivent varier suivant les espèces : nous n’avons donc rien de particulier à ajouter ici à ce qui a été dit dans les articles spéciaux.
Il n’en est pas de même de l’influence des professions sur leur voisinage ; cette importante question a été l’objet de règlements d’administration publique qui ont donné naisance à la législation des établissements insalubres. Un décret de 1810 a posé les bases de cette organisation. Il a divisé les établissements réputés dangereux , insalubres et incommodes en trois classes, suivant le degré de préjudice qu’ils pouvaient causer au voisinage. Ici le législateur s’était moins préoccupé de la santé des individus qui pratiquaient ces industries que de leur influence nuisible sur les alentours. Depuis, l’administration a étendu son action à ce sujet, car aujourd’hui l’on prescrit aux chefs des fabriques et des usines les précautions que l’on juge utiles sous le rapport de la santé de leurs ouvriers.
Dans la classification adoptée par l’autorité , on voit que ce n’est pas la seule question d’insalubrité qui a déterminé le classement, mais également les dangers et l’incommodité que peuvent présenter les établissements. Ainsi les dangers d’explosion , d’incendie, ont déterminé à ranger les fabriques de poudre, les artificiers, les distilleries d’essence de thérébentine, dans la premièreclasse; comme l’insalubrité y a fait placer les fabriques de céruse, d’acides minéraux, etc., tandis que l’incommodité produite seulement par le bruit des marteaux, par la fumée, a fait ranger les chaudronnries, les forges, dans la troisième classe.
Des conditions diverses sont imposées aux établissements suivant leur nature et suivant les classes auxquelles ils appartiennent. Ainsi les établissements de la première classe doivent être éloignés des habitations à des distances qui varient suivant les causes d’incommodités et les dangers qu’ils présentent. Pour les établissements de la deuxième classe, au terme du décret, l’éloignement des habitations n’est pas rigoureusement nécessaire, mais il importe de n’en permettre la formation qu’après avoir acquis la certitude que les opérations qu’on y pratique ne peuvent incommoder les propriétaires voisins, ni leur causer de dommages. Dans la troisième classe sont placés les établissements qui peuvent être formés sans inconvénient près des habitations, mais qui doivent cependant rester soumis à la surveillance de la police.
Nous ne parlerons pas ici des formalités administratives que nécessite la création des établissements classés. L’un de nos collaborateurs , M. Trébuchet, a publié sur cette jurisprudence un ouvrage fort important , sous le titre de Code des établissements dangereux , insalubres et incommodes, auquel nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui désireraient avoir des détails plus étendus sur la matière, ainsi que la nomenclature des établissemenis rangés dans les trois clas-
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INTRODUCTION
ses, avec l’indication des inconvénients qu’ils peuvent causer. Le même auteur vient de publier, dans le numéro d’octobre 1848 des Annales d'hygiène, un Mémoire sur les établissements insalubres qui pourra être consulté utilement par ceux de nos lecteurs qui voudraient de plus amples développements.