‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 53 sur 316 · MÉDECINE LÉGALE · texte numérisé non relu

MÉDECINE LÉGALE

La médecine légale, que quelques auteurs ont désignée, en la joignant à l’hygiène publique, sous le nom de médecine politique, est l’application des connaissances médicales à la législation et à l’administration de la justice. La médecine légale n’est point, à proprement parler, un corps de science; elle se compose de nombreux emprunts faits à toutes les branches qui composent l’ensemble des sciences médicales, l’anatomie, la physiologie, la pathologie, la toxicologie, la pharmacie, la chimie, la botanique, etc. Les médecins seulement ont réuni sous ce nom et pour les besoins de l’étude , en corps de doctrine, tous les emprunts faits à ces sciences, avec leur application à des cas déterminés comme espèce , suivant les besoins du législateur et du juge. Ainsi qu’on le voit, la médecine légale est subordonnée à l’ensemble des connaissances médicales et aux prescriptions de la justice ; c’est le flambeau qui éclaire le magistrat dans la constation des délits et des crimes, ainsi que dans l’application de la loi. Nous ne reviendrons pas ici sur ce qui est dit dans le Dictionnaire sur la médecine légale, dans les divers articles spéciaux; et nous nous contenterons de donner la classification adoptée dans les traités sur cette matière ; c’est un fil qui pourra servir de guide à nos lecteurs pour leurs recherches dans les notions qui ont été consignées dans ce livre. Ceux qui voudront des détails plus étendus devront consulter les traités particuliers, et notamment les ouvrages de M. Orfila et de M. Devergie, qui résument d’une manière complète l’ensemble des connaissances sur cette partie de la médecine.

L’opinion du médecin légiste émise en justice fait l’objet d’un rapport, lorsqu’elle lui est demandée par le juge ou par un magistrat administratif ; d’une consultation ou d’un mémoire à consulter, si elle est demandée par la défense, ou enfin d’un simple certificat si la partie ne demande que la simple constatation d’un fait; ces diverses pièces exigent des formes particulières dont il a été parlé aux mots Certificats, Rapports. Telle est l’entrée en matière des traités les plus modernes de médecine légale. Viennent ensuite les questions d'honoraires dus aux médecins, et de responsabilités médicales ; l’histoire des âges , les questions d’identité, les attentats à la pudeur, le viol ; les questions relatives au mariage, V impuissance, la stérilité ; les faits relatifs à la grossesse, à Y accouchement, à Y avortement, à la suppression de part, à la viabilité des fœtus, à Y infanticide. Ensuite se présentent les coups et blessures volontaires et involontaires pouvant occasionner la mort ou une incapacité de travail plus ou moins prolongé; l’homicide, le suicide, Y asphyxie par des gaz, par submersion, par strangulation ; les combustions spontanées ; les questions de survie ; les maladies simulées ou dissimulées; Y aliénation mentale, la monomanie , Y idiotie, la démence : puis l’appréciation de ces états sur la liberté et la criminalité des actes des accusés. Vient après, Y empoisonnement avec toutes ses variétés, tant sous le rapport des nombreuses substances toxiques, que sous celui des modes employés pour commettre le crime ; la nature des symptômes et des lésions produites par l’empoisonnement, examinés sur le vivant et sur le cadavre; la recherche du poison; les antidote-s ou moyens de neutraliser son action ; puis les maladies et les symptômes qui peuvent simuler l’empoisonnement. Les falsifications ou sophistications des substances alimentaires , les moyens de les reonnaître et les accidents produits par l’emploi de ces aliments sont aussi compris dans les matières traitées dans la médecine légale.

INTRODUCTION

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Enfin, pour terminer le tableau, le médecin légiste traite de la mort , de ses caractères, des moyens de reconnaître ses causes, de distinguer la mort réelle de la mort apparente; puis viennent les ouvertures de cadavres ou autopsies médico-légales, les altérations cadavériques par l’action de l’air, de l’eau, dans le sein de la terre, après la combustion ; les exhumations juridiques, les soins et les précautions dont elles doivent être entourées; la persistance des traces de certains poisons dans les restes de l’organisme; les caractères du squelette pour distinguer les sexes, les âges, les dispositions individuelles. Tel est l’ensemble tracé d’une manière rapide des faits qui constituent les connaissances des médecins légistes. On trouvera dans ce Dictionnaire, à leurs mots spéciaux, les principaux articles qui traitent des sujets que nous venons d’indiquer.

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