‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 54 sur 316 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous terminons cette Introduction par un dernier avis que nous avons déjà indiqué dans notre Avant-propos. C’est que nos lecteurs ne devront pas s’étonner s’ils ne trouvent point dans cet ouvrage tous les détails que leur désir de connaître pourrait leur faire rechercher. Pour atteindre ce but, il eût fallu le faire vingt fois plus volumineux, et encore n’aurions-nous pas tout dit ; de plus, les lecteurs eussent perdu dans les détails l’exposé simple , clair et précis des faits que nous voulons leur faire comprendre. Pour bien comprendre les détails, il faut avoir des notions positives, des faits généraux qui composent l’ensemble d’une science, et c’est en partie pour cette cause que les ouvrages spéciaux sont si peu intelligibles pour le commun des lecteurs. Nous avons donc dégagé les faits principaux des faits secondaires qui les entourent et les dissimulent pour ainsi dire ; nous les avons mis en saillie dans un langage aussi clair et aussi intelligible qu’il nous a été possible, afin qu’ils puissent être compris de tous. Aussi considérons-nous notre Dictionnaire autant comme un ouvrage élémentaire pouvant préparer à l’étude de la médecine , que comme un livre usuel pouvant répandre de saines et d’utiles notions sur les sciences médicales.

Nous devons ici adresser nos remercîments à ceux de nos confrères qui ont bien voulu donner à notre Dictionnaire l’appui de leur nom et de leur talent ; ils ont compris que notre œuvre avait un but utile et vraiment philanthropique ; la célébrité de leur nom a popularisé notre livre, et donné de l’autorité à nos préceptes. Tous n’ont pu le voir terminer, et quelquesuns des plus célèbres ou des plus laborieux sont morts en nous laissant le regret de nous voir privé de leurs travaux.

Alibert , dont la plume facile et élégante savait prêter le charme de son style aux parties les plus sèches et les plus arides de la science, et qui, dans son traité de thérapeutique et dans celui des maladies de la peau, a montré que le talent du littérateur n’enlevait rien à la justesse de la pensée et à la précision des descriptions du praticien. Marc , connu par ses travaux sur la médecine légale et sur la police médicale, auxquels il consacra ses études, et qui mourut assez tût pour n’être pas témoin du malheur de l’auguste famille à laquelle il avait dévoué sa vie. Pariset, son ami, esprit fin, éclairé, littérateur distingué, qui savait revêtir des formes brillantes de son style les descriptions les plus scientifiques; qui, par sa position de secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine ne devant être étranger à aucune des parties des sciences médicales , les saisissait avec son imagination rapide et les reproduisait sous les aspects les plus pittoresques et les plus inattendus, sans leur rien ôter de leur vérité. Guersent, la providence des mères de famille, qui les rassurait par sa seule présence, lorsqu’elles tremblaient pour les jours d’un enfant chéri : médecin de l’hôpital des enfants, il consacra tout son temps à l’étude si obscure des maladies des premiers âges delà vie , et les succès qu’il obtint couronnèrent ses laborieux

efforts. Olivier d’ Angers, notre collègue et notre ami , aussi distingué comme médecin légiste que comme physiologiste, anatomiste et pathologiste. Son traité des maladies de la moelle épinière, ses articles nombreux sur divers sujets d’anatomie et de physiologie , ses mémoires sur la médecine légale , lui ont assigné une place honorable parmi les auteurs modernes : homme probe, esprit droit et élevé, il a laissé un vide douloureux et de profonds regrets parmi ses collègues et ses amis. Dalmas , enlevé au milieu de sa carrière à ses nombreux amis , et déjà connu l»ar d’importants travaux qui lui promettaient un rang éminent dans la science. Capitaine, esprit vif, âme de feu, dévoré de l’amour de la science et de l’humanité, qui ne pouvait garder de mesure ni dans ses études ni dans son dévouement : emporté par ce sentiment auquel se mêlaient les principes de la religion la plus pure, il oubliait même les besoins les plus impérieux de la vie. Épuisé par ses travaux et par son austérité, son corps ne put résister aux élans de son âme, et il succomba au milieu d’un hiver rigoureux, alors qu’il allait prodiguer les secours de son art et de sa fortune aux malheureux. Miquel , fondateur du Bulletin de thérapeutique, journal qui rendit de nombreux services à la science ; médecin éclairé, il alliait les études pratiques avec la littérature médicale, et lorsqu’il promettait d’être encore longtemps utile, il succomba à une affection du cœur. Cottereau, agrégé de la Faculté de médecine, homme laborieux, qui ne commença que tard l’étude de la médecine, en quittant la pharmacie, qu’il exerçait après avoir été reçu à l’École de Paris : déjà il s’était fait connaître par des concours distingués et des travaux honorables, lorsqu’il mourut regrettant sans doute de ne pouvoir achever ce qu’il voulait faire pour la science. Puisse le peu de lignes que nous adressons ici à la mémoire de ces hommes qui furent nos maîtres, nos collègues et nos amis, être un témoignage de nos profonds regrets et de notre bon souvenir.

J. P. BEAUDE.

DE

abaisseur (anat.), subst. et adj. m.,seditd’un muscle destiné à abaisser ud organe. Il y a un abaisseur de l’œil, que l’on nomme aussi droit inférieur; un abaisseur de l’aile du nez, nommé myrtiforme, à cause de sa ressemblance avec une feuille de myrte, un abaisseur de la lèvre inférieure ( carré du menton) ; de l’angle des lèvres ( triangulaire ) ; de la mâchoire (digastrique) ; quelques auteurs admettent un abaisseur de la lèvre inférieure, c’est le carré du menton. J. B.

abattement ( méd .), s. m., diminution considérable des forces : en médecine, l’abattement est un symptôme que l’on observe presque toujours au début des maladies, il accompagne ordinairement la fièvre qui annonce l’invasion de la maladie : l’abattement s’observe même dans certaines indispositions; il accompagne ordinairement les rhumes, les indigestions, les courbatures, etc. L’abattement prend différents noms, suivant son degré d’intensité : lorsqu’il est le résultat de déperditions sanguines considérables, de sueurs excessives, d’une longue et abondante diarrhée, il prend le nom < l'épuisement . L'affaissement est un degré plus avancé de ce symptôme on l’observe surtout après la période d’excitation des maladies aiguës. L’accablement est caractérisé par un sentiment de pesanteur dans tout le corps qui se joint à l’abattement qu’éprouve le malade : c’est un symptôme qui s’observe surtout au début des maladies graves. L’abattement dans le moral est aussi un symptôme dont l’on tient compte dans les maladies ; il accompagne ordinairement l’extrême abattement physique ; il le provoque même lorsqu’il n’en est pas le résultat. Indépendamment des affections morales qui peuvent produire cet état : on le voit souvent se manifester dans les maladies longues que l’on nomme chroniques; dans ces cas, il conduit quelquefois au désespoir. J. B.

ABATTOIRS [hyg. publ .), s.m. On appelle ainsi

les lieux destinés à l’abattage des animaux. Cependant le mot abattoir n’est généralement appliqué qu’aux établissements où l’on tue les bestiaux destinés à la nourriture des hommes ; ceux où l’on abat les autres animaux, et notamment les chevaux, sont vulgairement nommés clos d’équarrissage. Nous ne traiterons ici que ce qui concerne les abattoirs proprement dits.

Avant la création des abattoirs, les bestiaux étaient tués dans l’intérieur des villes où les bouchers possédaient des tueries ou écorcheries particulières , et l’on comprend les inconvénients graves que devaient offrir de tels usages, surtout dans une ville comme Paris. Outre le danger de voir les animaux s’échapper, ce qui arrivait fréquemment, des troupeaux de bœufs encombraient la voie publique, des ruisseaux de sang traversaient les rues, et les environs de ces tueries, placées pour la plupart dans des quartiers populeux, étaient rendus inhabitables par l’odeur infecte qui s’en exhalait. En vain et depuis des siècles on avait cherché à détruire ces établissements et à les reléguer hors de la ville ; l’habitude et les préjugés opposaient à la sagesse des règlements des obstacles insurmontables, et oe r ru’après l’examen de nombreux projets, où . on aval. ’:?nrté v°c soin les intérêts du commerce et ceux de l’administration, où l’on s’était occupé de la facilité de l’exploitation et de l’approvisionnement de la ville, que le décret du 10 novembre 1807 ordonna la construction des abattoirs généraux pour le service de la ville de Paris. Mais on ne commença les constructions que longtemps après la promulgation de ce décret, et les abattoirs ne furent ouverts qu’en 1818. Ces établissements, les premiers qui furent construits en France, servirent de modèle à la plupart des abattoirs qui s’élevèrent dans les autres villes.

Les abattoirs doivent être situés aux extrémités

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