‹ Dictionnaire de médecine usuelle (volume 2)Chapitre 57 sur 316 · ACH · texte numérisé non relu

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plication d’un bandage roulé sur la jambe, afin de comprimer les muscles du mollet, et de rapprocher l’extrémité supérieure du tendon de l’inférieure, sont les moyens que l’on emploie pour le traitement. On fait usage ordinairement de bandages et d’appareils particuliers qui ont été proposés par divers auteurs 5 le traitement est assez long et le malade est souvent très-longtemps avant de recouvrer le libre exercice du pied. Dans le cas d’un semblable accident!, les soins à prendre en attendant le médecin consistent à coucher le malade sur un plan horizontal, sur un lit, à mettre la jambe dans une demi-flexion, le pied étant étendu, et à appliquer quelques compresses d’eau fraîche sur le lieu de la rupture , si la douleur était vive.

Le tendon d’Achille peut aussi être divisé par une plaie. Les soins dans ce cas diffèrent peu de ceux que nous venons d’indiquer. La plus indispensable condition est de maintenir le malade dans le repos. Pour les soins spéciaux dans ce cas, voy. Plaies. J. B.

achix.XiÉs (bot.), s. m. ( Achillœa ), nom d’un genre de plante très-nombreux en espèces, appartenant à la famille des composées. Plusieurs espèces ont été employées autrefois en médecine.

La millefeuilee ( Achillœa millefolium ), plante fort commune sur le bord des chemins , où elle frappe les regards , par le bouquet de fleurs blanches qui la termine, par ses feuilles finement découpées, et l’odorat, par son parfum aromatique. On lui croyait autrefois des propriétés cicatrisantes, et on ne manquait pas de l’appliquer sur les plaies récentes : de là le nom d’herbe au charpentier, qui lui est resté dans quelques provinces. On sait maintenant que nulle plante n’a la propriété de cicatriser les plaies plus vite que cela n’aurait lieu si on les abandonnait à elles-mêmes; elies ne peuvent agir qu’en les préservant du contact de l’air atmosphérique. La millefeuille entre dans la composition de quelques eaux aromatiques, et en particulier de l’eau vulnéraire. En Dalécarlie, on l’emploie en guise de houblon dans la bière, ce qui rend cette boisson très-enivrante.

Genepi ( Achillœa moschata,A. nana, A . atrata). Ces trois espèces viennent dans les Hautes- Alpes ; elles sont très-aromatiques , et connues en Savoie sous le nom de genepi. Dans l’Engadine, une des vallées les plus élevées de la Suisse, on en fait une essence distillée, connu sous le nom d 'esprit cTiva, qui est fort estimée en Italie pour son odeur musquée.

Hebbe a étebnuer ( A . ptarmica). Cette plante vient le long des ruisseaux de presque toute l’Europe. Sa saveur est âcre ; ses feuilles, réduites en poudre et introduites dans le nez, excitent la membrane qui le tapisse à l’intérieur plus que le tabac le plus fort ; mâchées , elles provoquent la salivation : ce n’est qu’en Angleterre qu’on met des jeunes feuilles à’ A. ptarmica sur la salade, pour en relever le goût. Ms.

achor.es ( path .), s. m. pl., petites pustules qui

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existent à la tête et qui constituent une des variétés de la teigne. (Y. ce mot.)

acide ( chim .) s. m. (du grec aids , génitif akidos .) On donne, en général, le nom d’acide à tout corps composé doué d’une saveur aigre ou caustique, rougissant la couleur bleue du tournesol, et se combinant avec la plupart des bases salifiables pour former des composés particuliers nommés sels.

Ces caractères conviennent au plus grand nombre des acides, mais ils ne s’appliquent point à tous d’une manière absolue; ainsi les acides faibles et les acides très-peu solubles dans l’eau n’ont pas toujours cette saveur aigre, mais ils rougissent le tournesol; les plus faibles de tous, l’acide silicique ou silice , par exemple, sont également dépourvus de cette dernière propriété. On leur conserve cependant le nom d’acides, parce qu’ils sont susceptibles de se combiner avec les bases salifiables pour produire des sels.

Classification des acides. Lors de la réforme de la chimie phlogistique, on pensait que l’oxygène faisait partie constituante de tous les acides, ce qui avait fait donner à ce corps le nom de principe acidifiant. On donnait le nom de radical au corps qui, combiné avec l’oxygène, déterminait la nature de l’acide. On a bientôt découvert qu’il existait des acides dans la composition desquels il n’entrait point d’oxygène ; et comme on avait trouvé de l’hydrogène dans la plupart de ces acides, on crut que ce dernier corps était aussi un principe acidifiant, et on divisa d’après cette idée les acides en deux grandes classes : les acides ayant pour principe acidifiant l’oxygène, on leur donna le nom d 'oxacides; les acides ayant pour principe acidifiant l’hydrogène , et on leur assigna -le nom d 'hydracides. Mais une étude plus approfondie montra que dans les hydracides, le corps qui jouait le rôle de l’oxygène n’était pas l’hydrogène, mais le corps avec lequel il était combiné. L’analogie força ensuite à considérer comme acides des corps qui ne contenaient ni oxygène ni hydrogène. On voit par là combien les idées primitivement adoptées étaient ou incomplètes ou erronées.

On distinguait autrefois les acides en minéraux, végétaux et animaux , suivant qu’ils étaient fournis par des matières appartenant à l’un ou à l’autre de ces trois règnes. Cette classification , qui n’avait rien de philosophique, a été abandonnée. Voici les grandes divisions qui sont généralement adoptées aujourd’hui : oxacides , hydracides , acides divers , qui ne contiennent ni oxygène ni hydrogène. Nous n’entrerons pas à ce sujet dans des détails plus étendus, qui sont plus spécialement du ressort de la chimie.

Nomenclature des acides. Lorsqu’on veut désigner une combinaison binaire de l’oxygène qui est acide, on emploie d’abord le nom générique d’oxacide, ou, par abréviation, simplement le nom d’acide. Ce nom spécifique est formé par le nom du corps simple qui est uni à l’oxygène. Ce nom est ordinairement latinisé. En terminant ce mot par les désinences ique ou eux , ou le faisant précéder par la proposition hypo , on indique les diverses

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proportions suivant lesquelles ce corps simple est uni à l’oxygène. On est convenu que la terminaison ique indique plus d’oxygène que la terminaison eux , et enfin que la proposition hypo exprime toujours une proportion d’oxygène plus faible que le mot spécifique terminé en ique ou en eux. La nomenclature des acides binaires non oxygénés se forme d’après d’autres principes qui sont basés sur les propriétés électro-chimiques des corps, et pour lesquels nous renvoyons aux traités spéciaux , ainsi que pour d’autres détails qui ne peuvent entrer dans cet article.

Propriétés chimiques des acides. Les acides peuvent être solides, comme les acides borique et citrique ; liquides, comme les acides nitrique ou sulfurique ; gazeux , comme les acides carbonique et hydro-cldorique. Leur saveur est en général suivant 'eur degré de concentration aigre ou caustique; leur odeur est ou nulle ou très-variable. La plupart sont blancs ou incolores ; quelques - uns sont diversement colorés.

Les acides sont presque tous solubles dans l’eau, et la plupart sont inaltérables à l’air ; quelques-uns en absorbent l’oxygène, d’autres y répandent des vapeurs blanches, ce qui dépend de leur grande affinité pour l’eau qu’ils enlèvent à l'air.

La plupart des acides rougissent la couleur bleue du tournesol à la température ordinaire, quelquesuns à la température de l’ébullition. Ce changement de couleur tient à ce que le tournesol est composé d’une matière rouge qui devient bleue par sa combinaison avec un alcali, la potasse , par exemple ; or, l’acide s’empare de l’alcali et met la couleur rouge à nu. Le caractère fourni par le tournesol est tellement facile à constater, que la teinture, ou le papier coloré par le tournesol, sont regardés par les chimistes comme le réactif des acides, et réciproquement ils emploient le tournesol rougi par un acide pour constater la présence des bases salifiables. Les acides rougissent ou jaunissent l’hématine, mais, .nous le répétons, le caractère le plus général des acides, c’est de former des sels par leur combinaison avec les bases.

État. Les acides se trouvent souvent dans la nature tantôt libres, tautôt combinés ; quelques-uns de ces acides naturels peuvent être obtenus par l’art, tels sont les acides acétique, sulfurique, etc. Il en est qui sont constamment le produit de l’art , tels sont les acides hyposulfureux, mucique, etc. Les acides organiques existent ordinairement à l’état de liberté dans la chair des fruits, dans les feuilles qui tombent tous les ans. On ne les rencontre pas communément dans les graines ou dans les racines.

Ve V action des acides sur l’économie animale. Les acides peuvent, suivant leur nature et leur état de concentration, être regardés, ou comme des poisons, ou comme des médicaments. Nous allons successivement les considérer sous ces deux points de vue : nous n’examinerons dans cet article général que leurs propriétés communes d’acides; plusieurs d’entre eux, tels que les acides hydrocyanique, hydrosulfurique, etc., ont une action toute spéciale que nous indiquerons dans des articles particuliers.

Des effets des acides comme poisons. Les acides corrosifs introduits dans l’estomac agissent avec beaucoup d’énergie. Quand ils sont concentrés, ils déterminent la mort par l’inflammation et la corrosion du tube digestif et par l’irritation sympathique du système nerveux. Étendus, il est probable qu’ils peuvent être absorbés dans certaines circonstances et occasionner la mort par leur action directe sur le sang qui est coagulé. Injectés dans les veines, ils coagulent le sang et causent une mort instantanée. Appliqués sur la peau, ils donnent lieu à tous les phénomènes de la brûlure.

Ou remarque les symptômes suivants , lorsque ! les acides ont été introduits dans l’estomac : saveur acide, âcre et brûlante , douleur aiguë à la I gorge, qui se propage rapidement à l’estomac et aux intestins. La matière des vomissements pro- ' duit dans la bouche une sensation d’amertume, bouillonne ordinairement sur le carreau, et rougit la teinture de tournesol ; l’intérieur de la bouche et des lèvres est souvent brûlé, épaissi et parsemé de taches blanches, noires, jaunes ou bleues.

Contre-poisons. S’il n’y a pas longtemps que l’acide a été avalé, il faudra immédiatement administrer en abondance une boisson composée d’eau sucrée, dans laquelle on aura délayé une once de [ magnésie calcinée, par litre. A défaut de magnésie, : il faudra administrer une once de savon dissous j dans un litre d’eau. Si on n’a pu se procurer de sa- 1 von, on pourra employer avec succès la craie dé- ] iayée dans de l’eau, et même, à défaut d’autre chose, | une lessive de cendre assez légère pour ne point! attaquer la membrane muqueuse : l’essentiel est! d’agir promptement. S’il y a longtemps que le poison j a été avalé, s’il y a eu des vomissements et des I selles abondantes, et qu’on présume qu’il ne reste I plus d’acide dans les voies digestives, il faudra s’oc- 1 cuper de l’inflammation développée et la combattre I par les antiphlogistiques.

Des propriétés et de V emploi en médecine des I acides étendus ou acidulés. On distingue deux J grandes classes d’acidules , les minéraux et les vé- 3 gétaux. Les premiers[sont les acides sulfurique, hy- j drochlorique ou nitrique, dissous dans l’eau à la j dose de 5 à 25 gouttes pour une livre d’eau, ou les: mêmes acides alcoolisés à la dose de demi-gros à I un gros : c’est à cette même classe d’agents, qu’ap- j partiennent les eaux acidulés gazeuses, comme les eaux de Seltz, les eaux gazeuses, etc. Les acidulés! végétaux sont beaucoup plus nombreux; les acides j tartrique, malique, citrique, oxalique, pectique,! associés à la gomme, aux sucres, à l’amidon, con-| stituent une foule d’acidules naturels, qui se trou-)j vent dans un grand nombre de plantes qu’on ren-| contre sous toutes les latitudes. Les citrons, les oranges, les grenades, les groseilles, les cerises, les framboises, les raisins, etc., parmi les fruits; l’o-l seille, les oxalis, parmi les feuilles, fournissent les! acidulés naturels les plus employés. I

Les sucs acidulés purs , lorsqu’ils sont appliqués! sur les membranes muqueuses, produisent une j sorte d’astriction , accompagnée d’une sensation I de fraîcheur, qui est bientôt remplacée par une j sensation vive et piquante. Le sang des vaisseaux | capillaires est d’abord refoulé, mais à ce premier!

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effet, succède bientôt une réaction caractérisée par un peu de chaleur et par un afflux plus considérable de sang.

Les acidulés convenablement étendus d’eau et sucrés forment des boissons très-agréables , connues généralement sous le nom de limonades ; elles produisent une sensation agréable de fraîcheur dans le tube digestif, elles apaisent la soif, elles diminuent la chaleur et l’accélération du pouls; ce qui les a fait considérer comme tempérantes et rafraîchissantes.

L’usage continu des boissons acidulés, en titillant légèrement l’appareil gastro - intestinal , réveille l’appétit et détermine souvent des évacuations plus fréquentes en agissant à la manière des laxatifs doux. L’usage trop longuement continué des boissons acidulés affaiblit la sensibilité de l’appareil gastro-intestinal, s’oppose à la nutrition et peut occasionner l’amaigrissement.

Les boissons acidulés ne conviennent pas à tous les tempéraments ; chez certaines personnes qui ont l’estomac irritable, elles déterminent souvent une douleur épigastrique légère , avec un sentiment d’astriction qui se communique souvent au système nerveux et cause une sorte d’agacement général. Lorsque les organes de la respiration sont ou irritables ou déjà malades, les acidulés augmentent le plus souvent l’enrouement et les douleurs de poitrine, et causent quelquefois une extinction de voix. Cet effet a souvent lieu très-promptement et au moment où ils sont à peine introduits dans l’estomac.

On ne connaît pas encore bien le mode d’élimination des boissons acides, tout ce que l’on sait de positif, c’est qu’on ne retrouve pas dans les urines les acides que l’on a pris. Si on a affaire à un acide organique, il est probable qu’il a subi une assimilation particulière , car lorsqu’on mange une certaine quantité de fruits, contenant un acide végétal saturé en partie par un alcali , on retrouve dans les urines l’alcali combiné non plus avec l’acide organique, mais avec l’acide carbonique.

Bouchard at,

Professeur agrégé à la faculté de médecine, pharmacien en chef de i’Hôtel-Dieu.

acides minéraux ( maladies des ouvriers qui fabriquent les ) ( path .). Si l’on en croit les auteurs qui ont écrit sur les maladies des ouvriers, les fabriques où l’on prépare les acides minéraux, tels que Y acide sulfurique , Y acide nitrique , Y acide hydrochlorique, etc., en laissant dégager une partie de ces acides à l’état de vapeurs , deviennent des causes déterminantes de certains phénomènes et de certaines maladies, qui ont été observés : 1° chez les ouvriers qui travaillent dans ces établissements ; 2° chez les personnes qui habitent le voisinage de ces fabriques : ainsi ces ouvriers éprouveraient de la gêne dans la respiration , ils seraient sujets à la toux, aux crachements de sang , à des maux de tête, à des coliques , à la diarrhée. Les voisins seraient exposés à des affections analogues, mais moins intenses ; enfin, il en résulterait pour leurs propriétés des dommages, puisque les vapeurs qui sortent de ces fabriques, disent les auteurs, ont une action délétère sur les plantes, sur les arbust. r.

tes, qui se flétrissent et deviennent comme calcinés, action qui est d’autant plus marquée que le temps est plus chaud et plus sec.

Les moyens préservatifs qui ont été indiqués sont les cheminées d’appel, les appareils de condensation ; enfin, dans les maladies, l’administration de l’eau de gomme et du lait.

Sans vouloir critiquer ici les personnes qui , dans un but de philanthropie, ont écrit sur les maladies des ouvriers qui fabriquent les acides minéraux, nous ferons observer que ces auteurs ont dû faire leurs observations sur un bien petit nombre de manufactures, puisque, si l’on remonte aux ouvrages qui font connaître l’établissement des fabriques en France, on voit que la fabrication de l’acide sulfurique en grand n’a guère que trente années d’existence , et que les fabriques où l’on fait maintenant des masses immenses de cet acide sont trèspeu nombreuses; il en est de même pour l’acide hydrochlorique. Mais, sans discuter sur ce qui a été dit, nous avons pensé qu’il serait utile, dans l’intérêt de la vérité et pour les progrès de la science, de prendre, pour l’étude des maladies des ouvriers, une marche contraire à celle suivie jusqu’à présent, marche qui consiste à visiter les fabriques, à interroger les ouvriers, à consulter les registres des hôpitaux et des bureaux de charité, à faire au besoin des expériences, enfin à négliger les documents imprimés pour consulter les chefs de fabriques et recevoir leurs conseils et leurs avis.

Qu’il nous soit permis ici de témoigner notre reconnaissance à MM. Cartier, Dizé et Payen, qui ont bien voulu nous éclairer de leurs lumières et de leur expérience sur ce qui concerne les ouvriers qui s’occupent de la fabrication des acides minéraux, fabrication que l’un de nous a étudiée spécialement, puisqu’à une époque il était chargé de la direction d’une des grandes fabriques de France.

Yoici le résultat de nos recherches : les ouvriers qui travaillent à la fabrication des acides minéraux se trouvant toujours environnés d’une atmosphère chargée d’exhalations gazeuses acides qui irritent les voies aériennes, le premier phénomène qu’ils éprouvent lors de leur entrée dans les fabriques et qu’ils y travaillent pour la première fois, consiste en une toux sèche connue sous le nom de toux de la gorge ; mais si la constitution des ouvriers est trop faible , et qu’ils soient disposés aux affections de poitrine, alors cette toux, quelques jours après le commencement de l’apprentissage, devient fatigante, pénible et quelquefois convulsive; dans ces derniers cas, elle est accompagnée de douleurs de tête et de gêne dans la respiration. Si les ouvriers ne cessent immédiatement leur travail, ces symptômes sont bientôt suivis d’une expulsion de crachats, d’abord aqueux , et ensuite sanguinolents, accompagnés de douleurs profondes dans les bronches et dans toutes les cavités de la poitrine.

Les effets de ces exhalations acides sur la santé des ouvriers , outre qu’ils varient selon la constitution des individus , varient aussi selon la nature des gaz , leur degré de condensation et la méthode suivie; ainsi les acides sulfurique et sulfureux irritent la membrane pituitaire et provoquent la toux;

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les acides nitreux et nitrique, particulièrement le premier, occasionnent l’oppression dans la respiration ; les vapeurs d’acide hydrochlorique sont mieux supportées par les ouvriers; cependant quelquefois elles produisent une espèce d’astriction pénible dans les fosses nasales et dans l’œsophage. Ces derniers inconvénients n’ont pas de suites; ils ne suspendent même pas le travail des ouvriers. Les vapeurs du chlore produisent des crachements de sang quand elles sont abondantes.

Malgré tout l’intérêt qu’a le fabricant à condenser le gaz, quels que soient les moyens que l’on emploie, une certaine quantité de ces gaz se répand dans l’air. Dans plusieurs fabriques, on emploie des tuyaux de communication pour réunir les gaz de plusieurs chaudières et les conduire dans un foyer commun; alors les vapeurs acides se répandent moins facilement dans i’atmosphère. Dans d’autres fabriques, des chambres de plomb de trente à quarante mille pieds cubes de capacité sont disposées à recevoir et à condenser les vapeurs de l’acide sulfureux, qui ensuite doit être converti en acide sulfurique, à l’aide de l’acide hyponitreux et de la vapeur d’eau.

L’acide nitrique et l’acide hydrochlorique, préparés dans des cylindres de fonte, sont condensés dans des appareils de Woulf sans pression. Le chlore est condensé dans des appareils clos, au moyen de la chaux délitée, avec laquelle il se combine et forme du chlorure de chaux.

Jusque dans ces derniers temps, on faisait usage de grandes cornues en verre pour la concentration de l’acide sulfurique, mais aujourd’hui on a substitué à ces cornues des vases en platine , et la santé des ouvriers est moins en danger; la plupart des maladies ne sont dues même qu’à des accidents; ainsi, par exemple, dans une fabrique de soude près Paris, un cylindre où l’on décomposait de l’hydrochlorate de soude par l’acide sulfurique s’étant délamponné au moment où les ouvriers prenaient leurs repas, l’un d’eux, qui voulut réparer le dégât, respira le gaz acide en plus grande abondance que ses compagnons, et mourut subitemeut dans la nuit.

M. Cartier nous a communiqué l’observation suivante. La rectification de l’acide nitrique a lieu généralement dans un espace clos. Une cornue s’étant cassée, un ouvrier nouvellement employé voulut y remédier , mais il perdit connaissance en peu de temps. Ayant été transporté à l’hôpital, les saignées et quelques jours de traitement suffirent pour le rétablir complètement.

Anciennement on croyait que, dans les temps chauds et secs, les émanations de ces fabriques étaient plus délétères qu’a l’ordinaire. Plusieurs fabricants que nous avons consultés sur ce sujet nous ont assuré ne pas avoir remarqué de différence bien tranchée dans l’action des vapeurs acides sur les ouvriers pendant l’hiver ou l’été. M. Dizé, qui a fabriqué les acides à la Glacière, à Saint-Denis et en Belgique, et qui a passé une partie de sa vie dans des fabriques d’acides, nous a dit qu’il préférait cependant l’hiver à l’été, parce qu’il avait remarqué que, dans l’hiver, l’atmosphère est chargée d'humidité qui affaiblit l'action des vapeurs acides, qui sont pour ainsi dire dissoutes par j’eau qui est dans cette atmosphère.

Un des moyens les plus efficaces pour préserver les ouvriers de l’action des vapeurs acides, et pour combattre les accidents qu’elles occasionnent, consiste dans l’emploi de l’ammoniaque liquide. On a soin de répandre cet alcali dans l’atelier pour saturer les acides, et si les ouvriers se trouvent incommodés des vapeurs ammoniacales , on leur place un linge imprégné d’alcali très-étendu d’eau, qui couvre la bouclie et le nez. Cette eau doit être assez faible pour ne pas déterminer de rubéfaction. On peut aussi leur faire encore respirer, mais avec précaution, un petit flacon contenant de cet alcali pur.

Dans quelques fabriques, on leur distribue quelquefois du lait; on le fait surtout ponr les ouvriers qui sont chargés du travail des chambres à chlore. \

Quand les ouvriers commencent à éprouver les symptômes que nous avons exposés plus haut, et ! que i’affection est limitée aux parties supérieures j des voies aériennes, on doit commencer à faire usage de tisanes adoucissantes et de gargarismes I avec de l'eau de mauve dans laquelle on a mis quelques gouttes de laudanum. On leur fait prendre des bains de pieds sinapisés tous les soirs, et ] on exige qu’ils s’abstiennent de travailler. Mais si ! l’affection a son siège dans les parties inférieures des bronches ou dans les poumons, et qu’il y ait de la fièvre et de la gêne dans la respiration, etc., alors, outre les moyens que nous venons d’indiquer , il faut recourir aux saignées et aux vésicatoires, et, s’il n’y a pas d’expectoration après que l’état aigu a cessé, on doit faire usage de légers expectorants : l’on finira par soumettre les malades à une médication dont le kermès fera partie.

Les ouvriers qui travaillent à la fabrication des acides minéraux sont généralement pâles ; ils ne sont jamais sujets aux affections de la peau; et l’on a vu des ouvriers affectés de dartres rongeantes guérir radicalement après quelque temps de tra- , vaii dans ces fabriques.

L’hygiène publique et la médecine peuvent tirer | un grand parti de la fabrication des acides miné- j raux. L’expérience de plusieurs années a prouvé j que ces fabriques ont une influence -sanitaire bien ] marquée dans des lieux jadis atteints de miasmes I résultant du voisinage des marais et d’autres eau- j ses qui occasionnent des fièvres intermittentes dans j le printemps et dans l’automne.

C’est, selon M. Dizé, grâce à la présence de la î fabrication des acides minéraux, et à l’emploi du chlore dans le blanchissage, que le hameau de la 3 Glacière fut débarrassé d’une épidémie annuelle de j fièvres intermittentes qui y avaient été observées; I c’est, toujours selon le même auteur, pour la même j cause, que la maison de Seine, File Saint-Denis et -j La Briche, devinrent des situations saines, d’insa- « Libres qu’elles étaient avant l’établissement de la i fabrication des acides sulfurique et hydrochlorique.

Quant à l’action délétère de ces vapeurs sur la |i végétation des plantes qui environnent les ateliers, | cette action a été, dit-on, notamment remarquée j§ dans le voisinage des fabriques où l’on prépare les acides sulfurique et hydrochlorique ; cependant , au dire d’autres fabricants qui émettent une opinion | contraire, lorsque le travail se fait mal, il y a pro- |

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duction de gaz sulfureux , et la masse des gaz est alors moins délétère.

Le gaz sulfureux a été reconnu , par suite d’observations, impropre à la végétation. Cependant il faut avouer que tout ce qu’ont dit les auteurs sur ce sujet est exagéré. En effet, nous avons vu des jardins magnifiques autour des ateliers, et les plantes de toute espèce qui y croissaient n’étaient ni flétries ni calcinées. On peut citer la fabrique de Deville, près Rouen, où des jardins de la plus grande beauté se trouvaient à côté de quatre énormes chambres dans lesquelles la fabrication de l’acide sulfurique était pratiquée jour et nuit.

A. Chevallier, Furnari,

Membre du Conseil de salubrité, professeur adjoint à l’École de pharmacie.

Docteur en médecine, membre de l’Académie royale de médecine de Palerme.

ACIDULE {mat. méd.), adj. On désigne sous ce nom les boissons qui sont composées avec un acide très-étendu ou affaibli. (Y. Acide.) On donne aussi ce nom à certains médicaments, tels que le tamarin, la crème de tartre, qui ont une saveur aigrelette. Certains fruits, tels que les groseilles, les cerises, les oranges, les citrons, ont reçu le nom de fruits acidulés. (V. Fruits.) J. B.

acier, {mat. méd.), s. m., carbure de fer, ou composé de carbone et de fer. On emploie quelquefois en médecine la limaille d’acier de préférence à celle de fer, qui souvent contient du cuivre. On fait avec l’acier, l’acide nitrique, l'alcool et la graisse, une pommade excitante connue sous le nom de baume d’acier. (V. Fer.)

acineux, euse, ( anat ..), adj. (du grec akinos, raisin). On désigne ainsi l’organisation de certaines glandes conglomérées ou en grappe.

acnée (palh.), s. f., maladie cutanée caractérisée par des pustules qui se développent sur la peau du visage, des épaules et de la poitrine. Lorsqu’elle existe au visage, on la nomme couperose. (Y. ce mot.)

aconit (bot.), s. m. (aconitum, de Aconè, ville deBithynie), genre delà famille des renonculacées. La fleur se compose d’une enveloppe formée de cinq pièces principales; la supérieure, arrondie en casque, en renferme deux autres dont la forme rappelle celle d’un marteau. Les étamines sont nombreuses, le fruit capsulaire. Toutes les espèces d’aconit sont vénéneuses ou suspectes; leurs propriétés étaient déjà connues des anciens. Virgile dit , en faisant l’éloge de l’Italie, qu’elle ne nourrit ni tigres ni serpents ,

.... nec miseros fallunt aconita legentes,

Ni le poison qui trompe une imprudente main ; et Ovide :

Lurida terribiles miscent aconita novercæ,

La marâtre féconde en noires trahisons Du terrible aconit exprime les poisons.

On connaît en tout vingt-deux espèces d’aconit qui appartiennent toutes aux pays froids ou aux

montagnes élevées des pays tempérés. -En France il existe cinq espèces qui habitent le Jura, les Pyrénées et les montagnes de l’Auvergne ; les deux plus remarquables par leurs propriétés malfaisantes sont l’ aconitum lijcoctonum et VA. napellus.

Aconit tue-loup (A. lycodonum). Cette plante a reçu ce nom parce que les propriétés vénéneuses de sa racine sont si énergiques, dit-on, qu’il suffit de la hacher et de la mêler avec de la viande pour donner la mort aux loups qui mangeraient de ce mélange.

Aconit napel {A. napellus). Il s’élève à deux ou trois pieds, et se termine par une grappe de grandes fleurs bleues fort belles; aussi a-t-il été introduit dans les jardins, où sa présence n’est pas sans danger pour les jeunes enfants, quoique la culture, comme nous le verrons tout à l’heure, modifie singulièrement ses propriétés délétères. Toutes les parties de cette plante sont vénéneuses. Haller raconte que des bergers ayant mangé du miel que des abeilles avaient recueilli sur des fleurs d’aconit napel, furent tous empoisonnés. Au premier abord, l’énoncé de ce fait éveille l’incrédulité; on ne manque pas d’objecter que les abeilles ne recueillent jamais leur miel sur une seule espèce de plantes ; mais il faut savoir que. lorsque l’aconit napel se rencontre dans les Hautes-Alpes il couvre exclusivement de grandes surfaces de terrain ; c’est ce qui a lieu sur la Gemmi , par exemple, où dans l’espace d’une lieue environ on ne voit que l’aconit. On conçoit alors que le miel d’une ruche a pu être recueilli sur des fleurs d’aconit uniquement. Les feuilles n’ont pas des propriétés moins énergiques : appliquées sur la peau, elles déterminent la vésication, et on lit dans les Transactions philosophiques de 1734 que des feuilles d’aconit, mangées sur la salade par méprise, produisirent les effets suivants : les yeux fixes, les mâchoires immobiles, le pouls misérable, le corps froid, la respiration précipitée ; un vomitif et des cordiaux rétablirent le sujet. La racine est encore plus vénéneuse. Quatre individus ayant bu d’une espèce d’élixir où on avait mis de la racine d’aconit en place de livêche {ligusticum levisticum), trois en moururent au bout de deux ou trois heures, un seul fut sauvé par le vomitif et les adoucissants.

Mais de tous les aconits, le plus dangereux est celui qui vient dans les montagnes du Népaul , où il est connu des Indiens sous le nom de bikh. M. Wallich l’a décrit et figuré dans son magnifique ouvrage sur les plantes rares de l’Inde, sous le nom d 'aconitum jerox. Les Gorkaleses le regardent comme le meilleur défenseur de leurs montagnes. Ils avouèrent au docteur Hamilton que si l’on voulait envahir leur pays, ils empoisonneraient toutes leurs sources, et détruiraient ainsi l’armée qui voudrait s’emparer de leur territoire. MM. Pereira et Hamilton s’accordent à représenter l 'aconitum ferox comme un poison des plus redoutables qui existent ; il est également mortel, ingéré dans l’estomac ou appliqué sur une plaie. L’extrait aqueux ou alcoolique des feuilles est la préparation la plus redoutable de toutes; un grain d’extrait alcoolique appliqué sur une plaie faite à un animal a suffi pour le tuer en dix minutes.

La médecine, qui souvent a trouvé des remèdes

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salutaires dans les poisons les plus énergiques, a rais en usage quelques-uns de nos aconits d’Europe, et en particulier l’aconit napel. Stoerck a publié, en 1762, ses premières observations sur les effets de cette plante dans le rhumatisme articulaire, les névralgies, etc.; depuis on a démontré que toutes les propriétés de ce végétal étaient dues à un principe que les chimistes ont appelé aconitine , et c’est lui que l’on emploie de préférence. Cependant l’extrait est aussi fort en usage. Depuis Stoerck, Murray, Royer-Collard, Chapp, MM. Récamier et Fouquier, Colin et Rosenstein ont expérimenté sur l’aconit ; ils ont confirmé les essais de Stoerck, constaté de plus son action diurétique; et son utilité dans les cas de syphilis ancienne, pour apaiser les cruelles douleurs qui accompagnent cette maladie. Cependant il existe encore des praticiens qui nient les propriétés de cet extrait ; cela vient de ce qu’eux-mêmes ou le pharmacien auquel ils ont recours, n’ont pas assez approfondi l’étude de l’histoire naturelle. Notre observation s’applique non-seulement à l’aconit , mais à toutes les autres plantes médicinales ; leurs propriétés , quelles qu’elles soient, varient suivant une foule de circonstances auxquelles les pharmaciens , et même les médecins, ne prêtent pas la plus légère attention , et qui expliquent de la manière la plus satisfaisante les contradictions qui existent entre les thérapeutistes, sur l’action et l’inertie d’un médicament; ainsi, tandis que l’un proclame l’aconit un calmant, un diurétique et un sudorifique puissant , l’autre lui dénie toutes ces propriétés ; mais ici on peut éiever une foule de questions qui ne sont pas résolues , s’enquérir d’une foule de précautions dont aucune n’a été prise. L’aconit employé était-il à l’état sauvage ou à l’état cultivé ? au sommet ou au pied d’une montagne? en fleurs, en boutons ou en graine? croissait-il dans un lieu sec ou humide, ombragé ou exposé au soleil ? Chacune de ces circonstances modifie les propriétés de la plante, et il est peu surprenant que les/ésultats aient varié, puisque l’agent employé n’était semblable qu’en apparence.

Ainsi, l’aconit pris à l’état sauvage, dans les Alpes, est une plante des plus actives; cultivée dans un jardin, provenant de graines qui ellesmêmes ont mûri entre quatre murs, c’est un végétal presque inerte. L’aconitine a été expérimentée tout récemment (1835) par un médecin de Londres, le docteur Turnbull.

Il emploie l’aconitine tirée des racines. Appliquée a l’extérieur, elle produit de la chaleur et du fourmillement d’abord, puis un sentiment de pesanteur ou de constriction ; un centième de grain de l’alcaloïde très-pur suffit pour cet effet, qui persiste souvent pendant toute la journée; l’aconitine n’agit pas sur la circulation capillaire, jamais la peau ne rougit sous son influence.

Chez un homme souffrant cruellement d’une névralgie au doigt qui avait résisté à tous les moyens les plus énergiques, tels que la strychnine, l’arsenic, l’acide hydrocyanique, l'acouitine a eu un plein succès à l’hôpital de Saint-Thomas. Le docteur Roots obtint un résultat semblable chez une femme affectée de sciatique.

Telles sont les propriétés médicales de l’aconit;

dans un cas d’empoisonnement par cette plante, il faudrait recourir de suite aux vomitifs (2-4 grains d’émétique), puis faire usage d’adoucissants, tels que le lait , l’eau avec le sirop de gomme, des émulsions d’amande douce, etc. Mabtins.

aconitine. (V. Aconite.)

acoustique ( anat .), adj. (du grec acoustilcos, qui appartient à l’ouïe). On désigne sous ce nom un conduit qui est destiné à recevoir les sons, un nerf qui est destiné à les transmettre au cerveau. On nomme aussi en physique acoustique la partie | de cette science qui traite de la théorie des sons, i (V. Oreille , Audition.) J. B.

acre (mat. m.éd.), adj. (du grec ahros, sommet, I ou de afcis, pointe). Sorte de saveur qui donne un sentiment de brûlure et de chaleur dans la gorge. On a désigné sous ce nom un certain ordre de poisons. Les médecins entendent sous le uom de chaleur âcre celle qui, au doigt, donne un sentiment de sécheresse et de picottement. Les anciens médecins admettaient ! i’âcreté des humeurs. J. B. i

acrimonie ( path .), s. f. Les médecins humo- j ristes se servaient de ce mot pour désigner ce qu’ils j appelaient Décrété des humeurs, et ils attribuaient j à cette cause un grand nombre de maladies ; au- \ jourd’hui, ce mot n’est presque plus en usage, bien j que les larmes, le lait, l’urine, le pus et d’autres J humeurs soient souvent assez âcres pour enflammer | la peau.

acroléine (chim.), s. f. Principe âcre qui | s’obtient dans la distillation des graisses et. qui ir- J rite fortement les yeux ; le repos de l’œil et des Io- i tions adoucissantes suffisent pour faire disparaître g l’inflammation souvent produite par cette cause.

acromion (anat.), s. m. (du grec acros , sommet, et de ômos , épaule) ; prolongement osseux qui j termine l’omoplate supérieurement, et qui s’articule j avec la clavicule. On a donné le nom d’artère et de j veine acromiales à deux vaisseaux qui se distribuent j aux muscles qui avoisinent cette éminence.

actuel ( chir .), adj. On donne le nom de cautère <| actuel au fer rougi au feu que l’on emploie pour dé- f truire des tumeurs , arrêter des hémorrhagies, ou : activer le travail de résorption dans certaines tumeurs indolentes. Cette désignation sert à distin- | guer ce mode de cautérisation de celui qui a lieu f par les agents chimiques que l’on a nommés eau- J tères ■potentiels. (V. Cautérisation , Cautère.) J. B.

acuité (path.) , s. f. Se dit du caractère aigu d’une maladie.

acupuncture (thérap.) , s. f. (de acus, ai- f guille, etd epunctura, piqûre). On désigne sous ce i) nom une petite opération qui consiste à enfoncer j une aiguille longue et mince dans une partie malade dans le but de procurer un soulagement. C’est r à la médecine des Chinois et des Japonais qu’est emprunté ce moyen. Un médecin hollandais, Ten- j*

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Rhyne, publia à Londres, en 1683, un mémoire sur cet objet, et le premier il fit connaître l’usage fréquent que les peuples que nous venons de citer font de cet agent thérapeutique; non-seulement ils l’emploient, dans presque tous les cas de maladies, mais ils en font encore usage comme moyen préservatif. Les instruments dont ils se servent sont des aiguilles d’or et d’argent, quelquefois d’acier, disent des auteurs plus modernes; ces aiguilles sont ordinairement fixées à un manche d’ivoire, contourné en forme de vis; leur longueur est de cinq à six pouces. L’opérateur est un homme privilégié qui n’acquiert le droit de faire cette opération qu’après de nombreux essais et un long exercice sur une espèce de statue de bois, percée d’un grand nombre de trous aux endroits où l’on pratique ordinairement l’acupuncture, car chaque maladie et chaque indisposition ont un lieu d’élection particulier, dans lequel il est plus convenable d’introduire l’aiguille. Cette introduction se fait au moyen d’un petit marteau d’ivoire ou de corne, dans l’intérieur duquel est une petite masse de plomb; un ou deux coups de ce marteau font pénétrer l’aiguille à travers la peau ; lorsque cette enveloppe est traversée, l’opérateur continue à faire pénétrer l’aiguille en lui imprimant avec les doigts un mouvement de rotation. La durée du séjour de l’aiguille dans les tissus est très-courte ; ils ne la laissent souvent que le temps de deux ou trois inspirations.

Quoique, depuis le mémoire de Ten-Rhyne , Kæmpfer et Vicq-d’Azir se soient occupés, au commencement et à la fin du siècle dernier, de ce singulier mode de traitement, ce n’est cependant que depuis quelques années que l’attention des médecins s’est fixée sur l’acupuncture; c’est à M. Berlioz, Bretonneau de Tours et Jules Cloquet que l’on doit les recherches qui furent faites dans ces derniers temps. M. Jules Cloquet surtout, pendant les années 1824, 1825 et 1826, se livra, à l’hôpital Saint-Louis, à une longue expérimentation sur ce moyen curatif : c’est surtout dans les affections rhumatismales, dans les névralgies, dans les inflammations anciennes, enfin dans les douleurs nerveuses, et dont la cause n’était pas bien déterminée, que fut. employée l’acupuncture. Cette opération se pratique ordinairement au moyen d’une aiguille d’acier non trempée, de peur qu’elle ne se rompe dans les parties où elle est enfoncée ; elle est longue de trois à cinq pouces et terminée par une tête en cire à cacheter ou en acier ; on tend la peau et l’on fait pénétrer l’aiguille, en lui imprimant seulement un mouvement de rotation. L’aiguille séjourne dans les tissus, depuis quelques minutes jusqu’à plusieurs heures ; quelquefois on l’a laissée depuis vingt-quatre jusqu’à soixante heures. L’introduction n’est pas très-douloureuse; le séjour de l’aiguille cause diverses sensations, suivant les individus qui sont soumis à cette opération : quelquefois il détermine une douleur assez vive, d’autres fois la sensation de petites étincelles ou d’un fluide qui s’échappe; souvent le malade n’accuse aucune sensation spéciale. On a reconnu que l’aiguille devenait pendant son séjour le siège d’un courant électrique, et ce courant a même été assez fort pour faire dévier d’une manière notable un

galvanomètre. L’aiguille retirée est ordinairement oxydée à sa pointe et dans divers points de son étendue; cette oxydation est d’autant plus forte, que le séjour a été plus prolongé : elle ne se fait point remarquer lorsque l’on a employé des aiguilles d’or et de platine.

L’on comprend qu’il est important, lorsque l’on pratique cette opération, d’éviter les grosses artères et les gros nerfs, les organes importants, tels que le cœur, l’utérus, etc. Cependant les dangers de la lésion de ces organes sont moins graves que l’on pourrait se l’imaginer. On a traversé sur des animaux, avec des aiguilles très-fines, les grosses artères, sans qu’il en soit résulté d’accidents.

M. Velpeau a traversé le cerveau de plusieurs jeunes chiens, dans diverses directions; quelquesuns n’ont rien éprouvé; un ou deux seulement sont morts à la suite de ces piqûres. M. Bretonneau de Tours avait fait antérieurement des expériences analogues sur les grosses artères, et les résultats avaient été sans danger. Sur l’homme j’ai vu, avec des aiguilles fines et longues de plus de six pouces, traverser l’estomac, le foie, les intestins, les poumons, sans qu’il en soit résulté d’inconvénients, et que le malade ait manifesté une douleur plus vive.

L’incertitude de l’efficacité de cette opération, comme moyen curatif, fait qu’on l’a presque abandonnée aujourd’hui; cependant il est des cas dans lesquels le médecin pourrait y avoir recours avec avantage, surtout lorsque les autres moyens ont été employés sans succès. On a proposé un mode particulier d’acupuncture, qui consiste à mettre l’aiguille, lorsqu’elle est entrée dans les tissus, en contact avec un courant électrique, de manière à exciter plus directement les filets nerveux. Ce procédé, que l’on a nommé électro-puncture , et que l’on a employé contre la paralysie et les rhumatismes anciens, est, ainsi que l’acupuncture, presque entièrement abandonné aujourd’hui.

J. -P. Beaude.

adductj.uk ( anat .), s. m. (de adducere , amener, conduire vers). Ou donne ce nom aux muscles qui rapprochent une partie ou un membre de l’axe du corps. Il y a un adducteur de l'œil; trois adducteurs de la cuisse , qui ont reçu les noms de petit , moyen et grand adducteur ; un adducteur du pouce , un du petit doigt , un autre du gros orteil. L'adduction est le mouvement qui est déterminé par ces muscles ; il est l’opposé de l’ abduction , qui est la faculté d’éloigner. Lorsqu’il s’agit d'un doigt ou d’un orteil, l’adduction s’entend du mouvement qui rapproche cet organe de l’axe du membre. On a remarqué que les muscles adducteurs sont beaucoup plus puissants que les abducteurs. J. B.

adénite ( path .), s. f. (du grec adèn, glande). On désigne sous ce nom l’inflammation d’une glande. (V. Glandes , maladies des.)

adénodogie (anat.), s. f. (de adèn, glande, et de logos , discours). L’on donne ce nom à la partie de l’anatomie qui traite des glandes.

adéno-méningée, fièvre ( méd .), adj. Nom donné par Pinel à la fièvremuqueuse.Le même auteur

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